Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 décembre 2025 23 min

Accord sur le Mercosur et blocages de routes… Le 8.30 franceinfo d'Arnaud Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Arnaud Rousseau, vous êtes le président du premier syndicat agricole de France, juste après cette interview où vous filez à Matignon, vous serez reçu par le premier ministre Sébastien Lecornu pour parler de la stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire, on va y revenir, mais d'abord ce report de la signature du fameux accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, ces quatre pays d'Amérique latine, report de la signature sous pression de la France mais aussi de l'Italie, qui a joué un rôle déterminant, la signature qui a été prévue ce week-end est reportée au mois de janvier, vous étiez opposé à cet accord, est-ce que vous criez victoire ce matin ?

0:41
Arnaud Rousseau

Non, il s'agit d'un sursis, il s'agit d'un sursis puisque nous savons maintenant que la présidente de la commission, madame Van der Leyen, elle dit qu'elle souhaitait que ce soit signé en janvier, mais écoutez, la position de la FNSA en décembre sera la même en janvier, cet accord n'est pas un bon accord, vous savez c'est un accord qui a été négocié il y a 25 ans, que personne n'arrive à faire passer depuis et qui a comme cœur de notre réaction le fait qu'on va importer des produits de ces pays qui sont interdits à la production en Europe et nous, notre vision elle est claire, nous ne voulons pas voir arriver en Europe des produits qui ne sont pas des produits que l'on peut produire en Europe, ça protège le consommateur, ça protège l'activité agricole et encore une fois c'est le sens de cette action.

1:23
Invité

Donc ce que vous dites c'est que la France, ce qu'elle n'a pas obtenu en 25 ans comme garantie, elle n'arrivera pas forcément à l'avoir en quelques semaines ou quelques jours et que finalement ce sursis ne sert à rien, qu'il faut rejeter tout ce texte ?

1:37
Arnaud Rousseau

Nous ce qu'on dit en tous les cas c'est que sur le volet agricole, ce texte n'est pas acceptable pour les raisons que je viens de vous indiquer qui concerne la réciprocité, j'entends que par ailleurs d'autres secteurs se prévalent d'intérêts offensifs mais voyez-vous, quand un accord ne peut pas être obtenu en 25 années, 25 années, c'est que fondamentalement, structurellement, il a été mal construit et on peut aujourd'hui continuer à commercer sans avoir ce type d'accord, je ne veux pas faire le spécialiste mais il y a notamment une clause de rééquilibrage qui n'est pas entendable enfin voilà, cet accord il est décrié et il ne convient pas à l'agriculture, il ne convenait pas en décembre, il ne conviendra pas en janvier et ensuite nous verrons bien ce que fait l'Italie qui a soutenu ce report, ce que fera la France mais notre position est claire

2:22
Présentateur

L'Italie qui a basculé dans le camp des opposants pour l'instant à ce texte, je vous propose d'écouter la réaction de la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen qui a annoncé donc le report au mois de janvier de cette signature, on écoute la présidente de la commission européenne

2:38
Invité

Je suis confiante pour que nous ayons la majorité nécessaire, après 26 ans de négociation, un délai de 3 semaines est tolérable Je suis très confiante, on va ramener cet accord commercial à la maison

2:52
Présentateur

Très confiante, vous parliez de sursis au début de cet entretien, Arnaud Rousseau ça veut dire que vous ne pensez pas que l'accord va être abandonné vous avez peu d'espoir au final sur un retrait de ce texte ?

3:03
Arnaud Rousseau

Non absolument pas, d'ailleurs je ne suis pas tout à fait sûr en regardant la présidente de la commission qu'elle soit aussi confiante que ça parce que c'est un revers pour elle, elle a expliqué à qui voulait l'entendre que ce serait signé fin décembre et je vous le dis encore une fois, pour le monde agricole, la question de fond derrière le Mercosur c'est que veut faire l'Europe de son agriculture et doit-on ouvrir à tous les vents de l'importation d'alimentation qui ne correspond à rien aux standards ? C'est ça la question de fond, ça n'est pas tel ou tel accord, c'est vraiment...

3:33
Présentateur

Et vous pensez qu'on peut revenir sur le fond du texte qui a été négocié ?

3:37
Arnaud Rousseau

Je vous dis que nous ne voulons pas de ce texte, donc revenir sur le fond du texte au bout de 25 ans ça ne nous paraît pas possible La question c'est est-ce qu'on est capable de mettre un nouveau texte sur la table qui est un texte dans lequel l'agriculture n'est pas une variable d'ajustement et pour lequel la vision de la production agricole en Europe est cohérente ?

3:54
Invité

Arnaud Rousseau, vous étiez hier justement à Bruxelles, aux côtés des agriculteurs qui étaient mobilisés pour faire entendre leur opposition à ce texte de libre-échange Est-ce que vous appelez ce matin à poursuivre ce mouvement ?

4:08
Arnaud Rousseau

Écoutez, comme vous l'avez indiqué, nous avons rendez-vous chez le Premier ministre dans quelques heures et nous verrons ce que sont les déclarations du Premier ministre et comment il entend gérer cette crise Vous l'avez vu, depuis deux ans et cette crise de l'hiver 2023-2024 nous avons dit que l'agriculture avait besoin d'une vision en France et en Europe Si un certain nombre de choses ont avancé, le logiciel n'a pas changé Regardez ce que sont les résultats de l'agriculture, que ce soit la balance commerciale ou les résultats d'exploitation En 2024, ça sera moins 20% de revenus pour les exploitations françaises de manière globale Qui accepterait en France de voir son revenu amputé de 20% ?

4:48
Invité

Quelle demande vous allez lui formuler concrètement ce matin au Premier ministre ? Vous dites qu'il n'y a pas de vision pour l'agriculture Il y a quand même beaucoup de lois, de textes, de politiques publiques qui ont été entérinées, adoptées, mises en œuvre depuis plusieurs années On a l'impression que ça ne sert à rien en fait et que finalement les problèmes ne se règlent pas Qu'est-ce qui pourrait changer la donne et inverser cette tendance, comme vous dites pour l'agriculture française qui est en grande souffrance ?

5:11
Arnaud Rousseau

Vous avez raison Malti Siro, il y a beaucoup de choses qui ont été faites Le sujet c'est que les lois, les textes, les règlements, tout ça ne sont que des moyens des moyens au service d'une vision Et quand la vision n'existe pas, vous pouvez faire tout ce que vous voulez autour Quand vous construisez une maison sur des fondations dont personne ne sait ce qu'elles sont bien évidemment ça ne tient pas C'est ça le sujet

5:30
Invité

C'est un problème politique en fait, c'est le président de la République Emmanuel Macron Vous dites qu'il n'y a pas de vision pour l'agriculture donc il n'y a pas de stratégie de long terme et on le subit nous en tant qu'agriculteurs

5:40
Arnaud Rousseau

C'est ce que je ne cesse de répéter Pourtant il vous a défendu hier à Bruxelles

5:44
Présentateur

Il a dit que l'accord n'était pas acceptable dans l'état

5:46
Arnaud Rousseau

Oui oui, c'est ce qu'il a dit hier à Bruxelles et je l'ai constaté et la position de la France hier me semble aller dans le bon sens mais vous l'avez compris, on veut aller plus loin Je reviens sur la vision parce que c'est ça, la dernière fois qu'on a parlé d'agriculture c'était en 2017 avec le discours du président de la République à Rungis sur la montée en gamme Ce discours, depuis le Covid et la guerre en Ukraine il n'existe plus il ne tient pas parce que nos compatriotes ont des sujets de pouvoir d'achat

6:10
Invité

Parce qu'on importe beaucoup plus de produits bas de gamme c'est ce que vous dites

6:12
Arnaud Rousseau

Parce qu'on importe beaucoup plus de produits bas de gamme mais vous ne savez pas qu'en agriculture vous avez entendu ce qui se passe sur Chine toute l'industrie dit on importe des produits de partout sur la planète et on n'est pas capable de contrôler si ça correspond au standard européen ça n'est pas qu'un problème agricole ça n'est pas un problème sectoriel c'est un problème de vision de ce qu'on veut pour la production en France dans ce pays et pour ce qui nous concerne singulièrement en agriculture

6:32
Invité

Mais alors justement vous rappelez ce contexte très compliqué à la fois la guerre tarifaire avec les Etats-Unis cette guerre commerciale aussi avec la Chine est-ce que nous en tant qu'Européens on n'a pas tout intérêt malgré tout à trouver de nouveaux débouchés de nouveaux accès à des marchés et là je pense, je reviens sur l'accord du Mercosur pour certains ça a quand même des effets bénéfiques et on avait les mêmes genres de critiques pour l'accord du CETA avec le Canada on n'a pas constaté un déferlement forcément de produits canadiens dans nos supermarchés

7:05
Arnaud Rousseau

Oui, oui, c'est exact et moi je redis que nous aurons besoin de continuer à rester ouverts et échangés et notamment pour que ceux qui nous écoutent continuent à boire un café le matin parce qu'il ne sera pas produit en Europe demain matin donc il ne s'agit pas de se refermer sur soi C'est déjà pas forcément le cas pour le café Pardon ?

7:23
Présentateur

Le café qu'on boit ici n'est pas forcément produit en Europe

7:27
Arnaud Rousseau

C'est exactement ce que je disais et je pourrais vous prendre l'exemple du chocolat aussi si vous le souhaitez ce que je dis c'est que l'Europe ne peut pas commercer au prix d'une naïveté qui détruit sa capacité de production en Europe Regardez les chiffres vous savez les chiffres ils sont assez clairs nous perdons de la production dans tous les secteurs en Europe et en France on produit de moins en moins on importe de plus en plus notre alimentation à un moment où on voit les tensions géopolitiques monter si on ne se réarme pas sur la question alimentaire nous le paierons très cher collectivement

7:56
Présentateur

Alors justement sur les chiffres si on entre dans le détail de ce que prévoit cet accord avant sa signature l'arrivée de 16 millions de tonnes de sucre en provenance de ces 4 pays d'Amérique latine 180 000 tonnes de volaille 99 000 tonnes de bœuf mais si on parle du bœuf parce que c'est ce produit qui inquiète le plus les agriculteurs français 99 000 tonnes de bœuf ça peut paraître énorme mais en réalité ça ne représenterait qu'un pour cent de la production européenne du coup est-ce qu'il faut vraiment s'en inquiéter ?

8:25
Arnaud Rousseau

Alors c'est une très bonne question parce que évidemment présenté comme ça les gens se disent et pour aller plus loin ça représente un steak par an et par habitant européen pas de quoi se lamenter me direz-vous mais le petit problème c'est que en fait ce ne sont que des morceaux haut de gamme sur lesquels les pays européens font de la valeur notamment la loyau et le deuxième sujet de fond et c'est celui-là probablement le plus important qui heurte les agriculteurs c'est que quand vous produisez de la viande bovine dans ces pays vous la faites souvent avec des produits notamment des antibiotiques accélérateurs de croissance qui sont interdits en Europe depuis plus de 25 ans quand je vous parle de réciprocité c'est de ça dont on parle et le problème c'est qu'on ne sait pas le contrôler savez-vous que moins de 1% de ce qui rentre en Europe comme produit agricole ou agroalimentaire fait l'objet de contrôles et la plupart du temps sur papier donc tout ça ne tient pas

9:12
Présentateur

parce qu'Emmanuel Macron lui demande justement des mesures de réciprocité des clauses miroir qu'on fabrique en gros les produits là-bas dans les mêmes conditions que chez nous ça ça va plutôt dans le bon sens

9:22
Arnaud Rousseau

oui si on est capable de le contrôler mais le commissaire européen Varelli qui s'occupe des sujets alimentaires et de protection des consommateurs dit lui-même que 1% est contrôlé mais que personne ne s'inquiète on va augmenter les contrôles de 50% et bien ça fera 1,5% et je suis désolé mais à 1,5% on ne contrôle rien

9:40
Invité

vous n'avez pas confiance dans les argentins les brésiliens pour respecter nos normes ou pour ne pas utiliser des pesticides qui sont par exemple interdits chez nous en Europe

9:49
Arnaud Rousseau

D'abord je voudrais dire que ces pays sont des pays souverains et que moi je ne commande pas les décisions que les argentins ou les brésiliens prennent pour leur propre pays je suis très respectueux des états et par ailleurs nos collègues agriculteurs argentins ou brésiliens avec lesquels on peut discuter certaines fois de l'année le font avec les conditions que leur donne leur pays mais là encore quand sur le maïs par exemple 75% des molécules utilisées sont interdites en Europe je ne leur fais pas grief je dis simplement que si c'est interdit en Europe pour défendre la santé publique pour permettre une production parmi les plus durables de la planète pour protéger l'environnement on ne se drape pas dans un voile pudique quand ça vient d'ailleurs ça n'est pas possible

10:27
Invité

Vous reconnaissez que pour certaines filières et là on pense bien sûr à la filière laitière mais aussi à la filière viticole ça pourrait faire quand même des gagnants cet accord de libre-échange

10:36
Arnaud Rousseau

Oui vous avez raison pour certaines filières il pourrait y avoir des intérêts offensifs comme pour d'autres filières industrielles j'ai entendu parler de la voiture de l'industrie C'est pour les Allemands

10:44
Présentateur

notamment la voiture

10:45
Arnaud Rousseau

Oui mais vous savez que l'Allemagne a la première industrie européenne et donc elle défend ses intérêts mais la France a la première agriculture européenne et moi j'entends que le président de la République défende les intérêts de la France et donc vous parliez des filières qui ont des intérêts offensifs ils le disent mais ils sont aussi très conscients que le faire dans des conditions déloyales d'échange ça n'est pas tenable et que si sur cet accord précis ils peuvent avoir un intérêt offensif peut-être demain sur d'autres n'en auront-ils pas et donc ils sont conscients que cette réciprocité elle est nécessaire

11:14
Présentateur

Juste d'un mot sur l'attitude à adopter avant cette signature reportée donc au mois de janvier qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs est-ce qu'il faut bloquer en France certains endroits certains ronds-points par exemple jusqu'à la signature de cet accord ?

11:28
Arnaud Rousseau

Vous savez qu'aujourd'hui ce sera déjà le cas puisqu'on attend ce rendez-vous avec le Premier ministre et que c'est un rendez-vous évidemment décisif Est-ce que vous vous appréciez

11:34
Présentateur

des agriculteurs ?

11:35
Arnaud Rousseau

Non mais ils le sont déjà pardon nos troupes sont sur le terrain ils le seront dans l'Oise aujourd'hui j'ai noté que ce matin un certain nombre d'entre eux étaient déjà dans le Pas-de-Calais au Touquet devant la maison du Président de la République et même si je les appelle évidemment à respecter les biens et les personnes Vous constatez mais est-ce que vous cautionnez ? Non mais je redis que nous avons appelé nos troupes à nous mobiliser je pense que ce discours est clair la question que vous me posez c'est est-ce que finalement les agriculteurs vont prendre en otage les vacances de Noël auxquelles tiennent les Français ?

Mon souhait c'est qu'on puisse avoir une trêve de Noël et que nous ne sommes pas là pour ennuyer les Français et ne pas leur permettre de profiter de cette trêve de Noël mais par ailleurs nous attendons un certain nombre de réponses et puis vous savez d'ici le mois de janvier il peut se passer encore beaucoup de choses voilà donc nous allons faire le point au terme de ce rendez-vous avec le Premier ministre nous annoncerons très clairement quelle est notre position mais vous le voyez que ce soit dans le Sud-Ouest sur des questions sanitaires que ce soit dans le Nord que ce soit hier à Bruxelles les agriculteurs ils sont sur le pied de guerre parce qu'ils considèrent que la situation n'est pas tenable Merci d'être avec nous

12:38
Invité

ce matin sur France Info nous sommes toujours avec notre invité ce matin Arnaud Rousseau président de la FNSEA principal syndicat agricole en France nous l'avons dit vous allez être reçu dans une petite heure maintenant avec le Premier ministre Sébastien Lecornu alors on a longuement évoqué ce sujet du Mercosur et l'autre colère évidemment c'est cette crise sanitaire l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse la DNC avec la FNSEA vous étiez plutôt en soutien à la doctrine sanitaire mise en place par le gouvernement la politique d'abattage de vaccination pour autant il y a de nombreux blocages qui persistent sur les axes routiers ce matin à quelques jours des fêtes de Noël beaucoup de remise en cause de cette politique par les agriculteurs français écoutez la porte-parole du gouvernement Meute Brojon elle s'est exprimée sur le sujet ce matin sur RTL les français doivent pouvoir aller retrouver sereinement leur famille de même que les commerçants parce qu'on est aussi dans une période où les commerçants travaillent beaucoup doivent pouvoir faire fonctionner leur commerce et leur entreprise nous ne tolérons plus de nouveaux blocages et nous ferons tout ce qui est nécessaire et je le dis aux gens qui s'apprêtent peut-être à partir pour que les françaises et les français puissent aller retrouver sereinement leur famille à partir de quand ?

nous ne tolérons plus de blocages alors vous aussi vous avez appelé à une trêve pendant les fêtes de Noël pour autant est-ce que le gouvernement a raison de s'exprimer ainsi ? est-ce que ce n'est pas une façon de mettre de l'huile sur le feu ?

14:04
Arnaud Rousseau

pardon mais j'ai dit que nous souhaitions une trêve de Noël à la condition sine qua non que le rendez-vous avec le Premier ministre porte du fruit je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu ce n'est pas une simple vision de l'esprit on a rendez-vous vous l'avez dit ?

bien sûr et je vous le dis les agriculteurs préféraient au moment où nous sommes être en famille chez eux pour partager Noël et tout ce qui va autour de Noël et s'ils ne le sont pas c'est parce qu'ils sont très déterminés et donc nous allons attendre les réponses du Premier ministre par ailleurs pardon mais quand on sait ce qu'ont été les images de l'Ariège quand on voit quel est le niveau de tension avec le monde agricole pardon mais ce type de propos me paraît totalement hors sujet ne pensons pas que les agriculteurs font ça par plaisir ne pensons pas que depuis des jours tout le monde est mobilisé parce que notre seul objectif serait d'ennuyer les français nous avons conscience que cette période c'est une période de repos de convivialité de partage dans les familles de tous les français ne sommes pas nous hors sol et je le redis cette période de Noël dans le monde agricole c'est aussi le moment de partage de nos produits et de la fierté qu'on a de nourrir les français enfin si on en est là c'est parce qu'il nous manque un certain nombre de réponses parce que comme je l'ai indiqué il n'y a pas de vision à Bruxelles il n'y a pas de vision à Paris donc que la porte-parole du gouvernement fasse ce type de déclaration très bien qu'est-ce qu'on veut on veut la guerre civile on veut provoquer le monde agricole écoutez nous on appelle tout le monde à la raison je pense qu'on a un discours responsable depuis le début mais je ne voudrais pas que certains pensent qu'on serait peut-être un peu mou ou un peu finalement défaillant face à la crise agricole et la colère qui s'exprime

15:39
Présentateur

mais sur la dame à tous vous attendez quoi exactement du premier ministre parce que vous soutenez jusqu'à présent la stratégie mise en place par l'état

15:44
Arnaud Rousseau

non on soutient pardon mais là aussi d'être précis on soutient la stratégie que portent les vétérinaires et le monde scientifique depuis le début pardon de rappeler et qui est défendu

15:54
Présentateur

par la ministre de l'agriculture

15:55
Arnaud Rousseau

oui qui est défendu par les gens qui aujourd'hui regardent cette maladie absolument dramatique dramatique pour les éleveurs parce que c'est un crève-cœur mais il faut la regarder avec lucidité pour la combattre avec pour nous un double objectif le moins d'animaux abattus possible et le maintien d'un prix qui rémunère les producteurs la ministre de l'agriculture madame Gennevard a mis en place une commission scientifique dans laquelle siège également un certain nombre de présidents de chambres d'Occitanie et de représentants d'Occitanie nous l'avons dit nous sommes derrière la doctrine scientifique si elle devait évoluer nous évoluerons avec la doctrine scientifique je ne sais pas ce que dira cette commission mais pour nous la position est très claire aujourd'hui c'est la position qui est portée par les vétérinaires sur le terrain et par les scientifiques si elle bouge nous bougeons

16:39
Présentateur

vous vous dites c'est pas nécessaire forcément d'abattre tout un troupeau dès le premier cas il faut peut-être faire preuve de davantage de souplesse pour que ce soit bien clair

16:47
Arnaud Rousseau

pardon mais assez de tous ceux qui savent je ne suis pas vétérinaire je ne suis pas scientifique je m'appuie sur les gens qui ont des compétences et cessons dans ce pays de penser que tout le monde est compétent sur une maladie extrêmement contagieuse compliquée et les vétérinaires qui ont fait plusieurs années d'études et qui ont un métier extrêmement complexe aiment les animaux ils nous disent aujourd'hui que la solution la moins intrusive et la plus efficace pour juguler cette maladie qu'on ne veut pas voir se déployer c'est un l'abattage total ce qu'on appelle le dépeuplement publiquement mais l'abattage total des troupeaux là où c'est infecté la vaccination en deux et surtout on ne bouge pas les animaux voilà ce qu'on nous dit si demain ça doit changer on sera prêt à changer je ne suis pas compétent pour parler de la dermatose il y a des gens qui le font et il y a une commission scientifique qui va rendre un avis nous serons derrière les avis de cette commission

17:40
Invité

sur le volet de la vaccination pour vous ça se déploie suffisamment rapidement cette campagne

17:46
Arnaud Rousseau

en tous les cas nous on pousse tout notre réseau à agir le plus vite possible vous savez c'est une course contre la montre et le plus vite nous aurons vaccinés le plus vite nous serons en sécurité notamment dans cette zone de l'arc pyrénéen donc tous ceux qui sont disponibles doivent aller aider les vétérinaires parce que encore une fois c'est une course contre la montre puis après il faudra le temps de l'immunité environ trois semaines et j'espère que dans un mois ce drame sera derrière nous en tous les cas je rappelle tout le monde à la responsabilité et au fait de ne absolument pas bouger les animaux parce que c'est aussi ça qui véhicule la maladie

18:16
Invité

vous nous dites ce matin que vous Arnaud Rousseau vous faites confiance en ce discours scientifique des vétérinaires sur la DNC ce n'est pas le cas de tous vos homologues dans les différents syndicats agricoles est-ce que vous constatez cette rupture de confiance quelque part cette défiance à l'égard d'un discours scientifique d'un discours officiel peut-être aussi

18:37
Arnaud Rousseau

vous savez que la science doute c'est le cœur du recteur et moi j'ai noté que les scientifiques avaient pour un certain nombre d'entre eux des avis différents et je dirais tant mieux c'est ça qui nourrit la réflexion mais moi je parle d'un consensus scientifique c'est-à-dire qu'après avoir écouté tous ceux qui sont des sachants de cette maladie il y a un consensus scientifique mais vous savez cette défiance vis-à-vis du consensus scientifique elle n'est pas nouvelle le Covid a montré aussi une forme de distance ou une forme de mise en doute de cette parole pour ce qui nous concerne et après avoir consulté nous pensons que c'est aujourd'hui la meilleure position celle du consensus scientifique mais moi je le redis aux éleveurs qui sont extrêmement inquiets dans les Pyrénées mais pas seulement dans les Pyrénées dans toute la France rapprochez-vous de votre vétérinaire le vétérinaire c'est le médecin de famille c'est celui qui connaît votre élevage c'est celui qui vient chez vous c'est celui que vous appelez à des heures tardives quand vous êtes coincé donc faisons confiance aux vétérinaires c'est à eux de nous dire où on doit aller

19:33
Présentateur

vétérinaires qui ont été agressés peut-être pas physiquement mais verbalement dans plusieurs endroits vous avez vu les images comme nous

19:40
Arnaud Rousseau

oui je l'ai vu et je redis ici comme je l'ai déjà dit que nous sommes en soutien de ce métier vous savez être vétérinaire rural c'est une vocation et on a besoin on a besoin d'eux dans nos exploitations donc moi je les soutiens je veux leur dire que nous sommes derrière eux que ce qui se passe en termes de menaces qu'elles soient physiques ou verbales n'est pas acceptable et qu'on essaye de sortir de cette torpeur pour essayer de construire une relation le sanitaire dans un élevage c'est incontournable je dis un mot aussi pour ceux qui aujourd'hui ont la grippe aviaire je pense notamment au Grand Ouest et la Vendée qui subissent aussi sur le plan sanitaire une période extrêmement difficile

20:15
Invité

Est-ce qu'il y a un risque que ici ou là des éleveurs ne signalent pas des cas de DNC ou même de grippe aviaire ?

20:24
Arnaud Rousseau

Oui certains l'ont annoncé l'ont dit ne faites pas ça de grâce ne faites pas ça je le dis aux éleveurs c'est la meilleure manière de continuer à ce que la maladie perdure or je crois que quelles que soient les sensibilités des uns et des autres nous avons tous à coeur que cette maladie soit derrière nous qu'on puisse la juguler et qu'on puisse regarder l'avenir avec confiance et donc tous ceux qui ne déclareront pas ou qui bougeront des animaux en infraction avec les règles ne font qu'une chose c'est amplifier la maladie et ça je crois que qui que nous soyons personne ne le souhaite dans l'élevage français

20:54
Invité

Ce qui frappe sur ce mouvement notamment en Occitanie pour de nombreux acteurs et observateurs c'est cette coalition entre guillemets entre d'un côté la coordination rurale et la confédération paysanne confédération paysanne plutôt ancrée à gauche coordination rurale davantage en lien avec des incointances avec l'extrême droite est-ce que vous constatez cette coalition des extrêmes est-ce que pour vous syndicat FNSEA ça vous complique aussi la tâche ?

21:23
Arnaud Rousseau

Encore une fois je l'ai dit la FNSEA n'est pas un syndicat politique et nous avons au sein de nos rangs des gens aux sensibilités très différentes Il y en a qui sont

21:31
Présentateur

sur les barrages d'ailleurs

21:32
Arnaud Rousseau

Absolument et j'observe que certains en voudraient en faire un sujet politique le sanitaire n'est pas un sujet au traitement politique c'est un sujet qui doit être réglé sur le terrain c'est techniquement après qu'il y ait des débats scientifiques qu'il y ait des débats politiques pour dire que le gouvernement n'a pas été vite ou que la parole C'est vrai ça

21:50
Invité

le gouvernement n'a pas agi suffisamment

21:51
Arnaud Rousseau

J'observe que sur les vaccins l'accélération va dans le bon sens j'observe qu'un certain nombre de choses sont mises en place mais là aussi n'oublions pas que la DNC n'est pas arrivée en Occitanie elle était en Savoie à la fin du mois de juin et moi je n'ai entendu personne depuis 4 mois parler de la dermatose personne et nous y étions nous à l'accompagnement des éleveurs donc ne faisons pas de ce sujet un sujet politique après qu'il y ait des sujets politiques et qui opposent les syndicats c'est pas nouveau et c'est pour ça que moi ce qui m'intéresse c'est la vision et je le redis en Occitanie la DNC est la goutte qui fait des bordels vastes parce qu'en Occitanie la viticulture l'état sanitaire les grandes cultures rien ne va les gens n'ont plus de revenus et ils ont besoin d'avancer

22:27
Présentateur

Merci beaucoup Arnaud Rousseau président de la FNSE à Premier Syndicat Agricole de France vous avez rendez-vous dans une heure maintenant à Matigny avec le Premier Ministre Merci et bonne journée