Réforme des retraites, accord avec le gouvernement... L'interview d'Olivier Faure en intégralité
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La déclaration de politique générale qui sera prononcée à 15h tout à l'heure par François Bayrou. Bonjour Olivier Faure, merci d'être dans ce studio. Ça vous fait rêver ? C'est une autre forme d'aventure quand même, le Vendée Globe.
Oui c'est vrai, mais enfin il y a une comparaison possible. En fait, la politique c'est aussi savoir prendre les vents, c'est aussi savoir que quand le vent est de face, il faut tirer des bords et toujours garder le cap.
Et là, en l'occurrence, le cap pour vous, c'est notamment la suspension de la réforme des retraites. Olivier Faure, est-ce que vous l'avez obtenu ?
Écoutez, au moment où nous nous parlons, nous n'avons pas encore conclu. Mais vous savez que dans une négociation, il y a ce qu'on appelle le money time. Et nous sommes dans ce fameux money time, ce moment où tout se joue. Et ce que je vois, c'est qu'entre hier 14h et hier soir minuit, les choses ont beaucoup avancé et que nous sommes peut-être, je dis bien peut-être, à quelques encablures, à quelques heures d'un accord possible, non pas sur l'ensemble de l'œuvre de ce gouvernement. Je rappelle, je suis dans l'opposition et je vais y rester.
Mais je suis dans une opposition qui cherche des compromis pour permettre aux Françaises et aux Français d'obtenir des concessions qu'ils ne verraient pas le jour sans nous. Et donc, nous allons chercher jusqu'au bout à obtenir ce que nous cherchons à obtenir, qui ne se limite pas à l'action des retraites. Parce que je sais bien qu'on a beaucoup focalisé sur cette question. Et je veux bien y revenir. Je ne cherche pas à écarter le sujet. Mais je dis qu'il y a aussi, pour les Françaises et les Français, beaucoup d'avancées à obtenir. Je prends un exemple simple sur la question de la santé. Il est prévu, normalement, de faire en sorte que les médicaments soient pour partie déremboursés.
que, quand on va chez le médecin, la consultation médicale soit aussi moins rembroussée parce que le ticket modérateur sera réduit. Donc, on a là, aujourd'hui, des enjeux qui sont de taille. Je pense à l'éducation. Est-ce qu'il y aura vraiment 4000 postes d'enseignants supprimés ? Qu'est-ce qu'on fait pour les enfants handicapés ?
On a bien compris que tout le reste, vous l'espérez, mais qu'il y a un point sur lequel, véritablement, vous avez joué votre bras de fer avec François Bayrou, avec ce qu'on peut appeler un deal. C'est-à-dire, s'il s'engage à suspendre, suspendre quoi ? Immédiatement, la réforme des retraites, alors vous vous engagez, vous, à ne pas censurer. On est bien d'accord ?
On est d'accord que c'est notre proposition, effectivement. Et nous avons fait une proposition...
Et c'est là-dessus qu'au moment où l'on se parle, vous n'avez pas conclu cet accord. Vous ne vous êtes pas tapé dans la main.
Pourquoi est-ce que nous avons demandé une suspension ? Parce que c'est la garantie que nous avons derrière une négociation qui n'est pas un enfumage. Et ce que je veux, c'est qu'on puisse remettre à plat cette réforme des retraites qui a été adoptée dans les conditions que l'on sait, qui ont été d'une brutalité inouïe, avec des Français qui étaient, dans leur immense majorité, hostiles à cette réforme des retraites. Et donc, il faut maintenant la garantie que, effectivement, tout sera reposé, y compris la question de l'âge légal de départ à la retraite.
Mais quand vous dites que c'est ça qui fera que l'on n'est pas dans l'enfumage, ça veut bien dire que, quand même, vous vous demandez toujours un petit peu à cette heure-ci si vous n'êtes pas en train de vous faire enfumer.
Non, ça veut dire que c'est une vraie négociation. Dans une vraie négociation, on a des gens qui argumentent, d'autres qui contre-argumentent, on revient et on se dit...
Vous vous êtes vu encore hier, à 18h30, vous avez été reçu à nouveau pour une réunion d'urgence, à Matignon, pour les toutes dernières tractations. Il y avait autour de la table, si j'ai bien compris, non seulement vous, avec Patrick Cannaire et Boris Vallaud, qui sont à la tête des groupes socialistes à l'Assemblée et au Sénat, et il y avait face à vous le Premier ministre, le ministre de l'Économie, la ministre du Budget. Ça veut dire qu'ils prennent extrêmement au sérieux votre demande. Pour autant, qu'est-ce qui continue à bloquer ? Pourquoi ils ne vous ont pas dit oui hier soir ?
Mais pour tout vous raconter, au moment où nous nous sommes quittés, à 20h, il n'y avait toujours pas d'accord, et nous leur avons dit que si ça restait en l'État, nous serions obligés de censurer.
Ça veut dire quoi ? Pas d'accord, ça a été flou ?
Ça veut dire que nous n'avions pas d'accord, ça veut dire que nous n'étions pas encore d'accord sur les sujets que je viens d'évoquer, sur la question aussi des indemnités journalières, sur la façon dont on a regardé les jours de carence, sur ce qu'on fait sur l'outre-mer, sur ce qu'on fait sur la taxe sur l'électricité, ce qu'on fait sur la fiscalité. Il y avait beaucoup de sujets sur lesquels nous n'étions pas encore...
Vous vous renvoyez là, avant 15h ?
Et donc, nous avons continué à discuter, y compris après ce rendez-vous. Alors cette fois-ci, plus en visuel, nous étions au téléphone, nous avons cherché, et nous avons fait une proposition que je ne peux pas dévoiler, parce que je sais que c'est frustrant pour tout le monde, mais d'abord, si le Premier ministre l'accepte définitivement, eh bien c'est à lui de l'annoncer, et parce qu'il y a aussi, au moment où je vous parle, la volonté d'avoir cet accord, non pas simplement avec les partis politiques, mais que nous puissions aussi avoir l'accord des partenaires sociaux.
Olivier, ce que vous nous dites ce matin, c'est que vous avez fait une dernière proposition hier soir, que vous avez en quelque sorte tendu la main une dernière fois à François Bayrou. Cette proposition, c'est ça qui signera l'accord, oui ou non ? Absolument. Dans cette proposition, est-ce qu'il y a le mot suspension ?
Non, je ne vous répondrai à aucune de manière précise.
Franchement, ça ne sert à rien de venir dans ces cas-là.
Mais peut-être que c'est très frustrant pour vous, j'en conviens, mais ce que je vous dis...
Vous savez quoi ? Quand vous voudrez reparler, vous reviendrez, parce que là, on va d'abord, mais vous restez évidemment, je vous redonne la parole dans un instant, mais il y a Charlie Dalin qui s'exprime justement, lui. ...le mettre au point,
et tout le monde s'est donné à fond le bateau, il était nickel, et voilà, on savait 4 ans qu'on vit pour ça, et ça y est, on a atteint l'objectif. C'est super. Mais tu t'interdisais toujours de penser au résultat, tu pensais d'abord à la manière, tu l'as montré tout au long de la course, tu as fermé toutes les portes à Johan ces 3 derniers jours, vraiment jusqu'à cette nuit, on regardait la ligne, et tu tricotais des bords vraiment jusqu'au dernier bout pour aller chercher chaque oscillation du vent. Maintenant, tu peux savourer le résultat quand même. Ouais, ouais, je suis super heureux de ce résultat, c'est génial, quoi.
Du Vendée Globe, la victoire du Vendée Globe, c'est quelque chose d'unique, et c'est super. Je sais même pas quoi dire, tellement je suis heureux d'être de retour au sable, avec un record en plus. Et non, c'était une course vraiment intense, j'ai l'impression d'être parti avant-hier. Franchement, j'ai l'impression d'avoir fait une course de 48 heures, tellement c'était intense, tellement c'était rapide, tellement ça a enchaîné, on a descendu l'Atlantique Sud à une vitesse folle, 23 jours de mer du Sud, c'est incroyable aussi, remonter l'Atlantique, pareil. Tout à l'heure, avant de se franchir la ligne d'arrivée, je me disais, j'ai l'impression d'être parti il y a deux jours, quoi.
Vraiment, j'ai vraiment l'impression d'être parti il y a deux jours, quoi. Il y a juste la température qui a changé, quoi. Mais non, non, vraiment, super cette course. Le bateau, j'ai eu quelques soucis, mais vraiment pas grand-chose. Le bateau est en parfait état. Grâce au super travail de l'équipe, j'ai eu les meilleurs du monde dans l'équipe. Guillaume Convescure, Jean-Yves Gault, Pierre, Coquin, Binge, Matt, c'est tous les champions du monde. Le bateau, il est incroyable. Le bateau, il est incroyable. Ils sont allés dans un détail fou de préparation. J'avais vraiment un bijou entre les mains pour faire ce tour du monde. J'ai pu tirer dessus comme jamais.
Il n'y a pas grand-chose qui a bougé. En tout cas, tout ce qui a bougé, j'ai pu le récupérer, parce que j'ai pu le réparer ou le remplacer, parce que aussi, tout le matériel embarqué était très, très bien pensé. et à chaque fois que j'ai eu un problème, j'ai pu le résoudre et remettre le bateau à 100% et continuer à attaquer. Ça fait le résultat que ça fait. Je suis le plus heureux du monde aujourd'hui. Tu es quand même le premier marin à gagner et en tout cas, à couper la ligne consécutivement, deux fois sur un Vendée Globe en première place. Michel Desjoyeaux reste le seul double vainqueur.
Mais je suis heureux de partager avec lui le fait d'avoir franchi deux fois en premier la ligne d'arrivée de cette course mythique. Je suis fier de partager ça avec lui. Il faudrait que je revienne une troisième fois pour rejoindre au club de la double victoire. Mais je suis vraiment heureux deux fois de suite d'arriver à franchir cette ligne. mais je pense que ma copie 2024 elle est vraiment à maturité. Elle est vraiment meilleure. Une qualité bien supérieure à ce que j'ai pu sortir en 2020 même si 2020 était déjà super. Mais je suis vraiment content de mes trajectoires, de mes choix. C'est un super bilan de ce tour du monde.
On t'a trouvé super serein même dans ce match contre ton meilleur ennemi depuis des années. Oui, c'était un match incroyable avec Johan. Vraiment chapeau à lui. C'est son premier Vendée Globe et pourtant on dirait que c'est son troisième ou quatrième. Il est attaqué comme un fou dans le sud. C'était vraiment incroyable à quel point il... On a l'impression qu'il avait fait le Vendée Globe toute sa vie. Et vraiment bravo à lui. Je pense que c'est grâce à lui qu'on a fait le tour du monde en si peu de temps parce que ça m'a aussi, moi, poussé à toujours renvoyer de la toile, renvoyer des riz, re-régler le bateau en permanence pour aller chercher les systèmes, creuser, creuser, creuser.
Et je pense que c'est grâce à ce duel qu'aujourd'hui, il y a un record de battu. Je pense que c'est grâce à Johan et au duel intense qu'on a vécu pendant une grande majorité du tour du monde. Juste quelques sensations en anglais pour nos amis qui nous suivent à l'étranger. Tell us about your feelings today.
Et vous l'avez entendu, c'était évidemment non seulement l'émotion mais la très très grande fierté de Charlie Dallin. On y reviendra d'ailleurs dès 9h sur BFM TV. On va revenir évidemment sur cette course mythique et on revivra en direct non seulement l'arrivée mais aussi là, toutes les heures qui vont se passer jusqu'à 14h, l'arrivée véritablement dans le port des Sables d'Olonne. Retour à la politique, Olivier Faure. Un bonheur contagieux quand même. Oui, un bonheur contagieux. Je suis complètement d'accord. Je trouve ça non seulement émouvant mais on en a la chair de poule. C'est extraordinaire, c'est mythique et c'est très beau. Cela dit, la politique, c'est une aventure aussi.
Olivier Faure, je n'ai pas oublié que juste avant que Charlie Dallin, lui, ne dise son émotion, sa fierté, vous faisiez peut-être des cachotteries. Vous dites, j'ai fait une proposition, je ne peux pas vous dire ce qu'il y a dedans. Moi, ce que j'aimerais savoir, Olivier Faure, c'est, est-ce que vous allez conclure ? Vous avez dit, au moment où on se parle, on n'a pas conclu, mais est-ce que vous vous dites que ce sera fait ?
Je pense que nous pouvons conclure mais je suis comme Charlie Dallin. Moi, je ne vends pas la pelouse avant de l'avoir tué et j'attends que la ligne d'arrivée soit franchie pour dire victoire.
Mais au moment où on se parle, on le sent bien, vous êtes quand même relativement confiant.
Je suis serein parce que d'abord, nous avons fait ce que nous devions faire. Nous avons cherché tout au long de ces semaines un compromis et faire en sorte que le pays puisse avancer, que nous ne bloquions pas les institutions tout en étant chacun dans son rôle. Nous sommes dans l'opposition, nous y restons, mais nous sommes d'une opposition qui est utile. Utile au pays, utile aux Français.
Vous n'êtes pas en train quand même un peu de jouer les uns avec les autres. C'est-à-dire que vous l'avez dit, je ne veux pas me faire enfumer, c'est votre mot. Est-ce qu'à l'inverse, vous n'êtes pas en train, vous aussi, de tenter de les enfumer ? C'est-à-dire quand même, on sent bien que derrière les mots, vous écoutez chacun ce que vous avez envie d'entendre. Quand eux, ils diront suspension, peut-être qu'ils voudront simplement dire pause et que vous, vous entendrez suppression. Est-ce qu'il n'y a pas ce risque-là ?
Non, il y a... Moi, je veux une vraie discussion, une vraie négociation, là aussi, sur les retraites. J'entends bien qu'il y a aujourd'hui de forts enjeux. Il ne s'agit pas de dégrader les comptes publics. On voit bien la dette qui est aujourd'hui abyssale. Et d'ailleurs, au passage qui est d'abord du fait de ces gouvernements précédents et qui sont tous issus de la même famille politique. Mais donc, nous sommes bien conscients de l'enjeu et du risque qu'il y aurait à simplement dire qu'on abroge sans avoir de solution de remplacement. Donc l'idée est bien de remplacer...
Si votre solution de remplacement, c'est d'aller chercher de l'argent dans le fonds de réserve des retraites,
ce n'est pas vraiment une solution de long terme. Ça, c'est une blague. Ça, c'est effectivement... D'accord. Ce n'est pas la solution
que vous proposez.
Bien sûr que non. Nous avons toujours dit... Amélie... Non, la crise panocion, ministre du Travail, a chiffré le prix d'une suspension sur l'année 2025 à 500 millions d'euros. Et c'est là que nous avons dit que ce soit entre 500 millions et même 3 milliards...
D'autres estimations portent plutôt sur 3 milliards effectivement sur la première année.
Mais donc, peu importe, il y a 20 milliards dans le fonds de réserve des retraites. Et donc, nous disions simplement que sur l'année 2025, la question ne s'oppose pas. Mais au-delà de 2025, évidemment que la question s'oppose. On ne va pas piocher pendant toute notre existence sur ces petits 20 milliards qui, de toute façon, s'épuisent très vite.
Quand on dit petits 20 milliards, c'est quand même qu'il ne faut pas oublier que c'était Lionel Jospin, socialiste, qui, à l'époque, avait créé ce fonds de réserve avec l'idée d'y mettre 150 milliards. On en est déjà très loin. Il n'y en a plus que 20 milliards. Et vous voulez encore puiser peut-être 3.
Nicolas Sarkozy. Non, mais ce n'est pas parce que ce fonds a été réutilisé à d'autres fins depuis. Exactement.
En fait, à chaque fois qu'on n'a pas de solution, on se dit, tiens, au fait, il nous reste des milliards dans le fonds de réserve.
Oui, sauf que le fonds de réserve, il a été créé précisément pour ce que je vous dis. Donc, il y avait là la matière à, effectivement, financement pour l'année 2025. Mais ensuite, évidemment, il faut qu'il y ait une vraie négociation avec les partenaires sociaux qu'il y ait la possibilité de se dire est-ce que la seule façon de financer nos retraites, c'est le recul de l'âge légal. Notre réponse à nous, c'est non. Et donc, nous voulons que le débat ait lieu, qu'on puisse mettre sur la table d'autres modes de financement. C'est qu'il n'y ait plus
cette référence à l'âge.
Oui, absolument.
Ce que vous voulez, c'est que de manière immédiate, les 70 000 personnes pour qui ça avait un impact là, dans les deux ans, ne subissent pas cette loi.
Absolument.
Et ce que vous voulez, c'est une conférence sociale pour justement trouver des alternatives. C'est-à-dire, vous dites il ne faut pas réformer les retraites. Vous ne dites pas on revient à 62 ans.
Mais ce n'est pas ça
que vous dites.
Moi, ce que je souhaite, c'est effectivement l'ordre de 62 ans. Mais maintenant, c'est la discussion qui permettra de dire comment est-ce qu'on fait, comment est-ce qu'on avance.
Mais ce n'est pas 62 ans ou rien.
Moi, ce que je vous ai dit depuis le début, c'est que je souhaitais au départ l'abrogation de la réforme des retraites. Je n'ai pas changé d'avis sur le fond. Je suis toujours persuadé qu'il y a d'autres moyens de financer nos retraites et que ce qui a été fait en 2023 par Emmanuel Macron et Olivier Dussopt doit maintenant être corrigé. Et donc, pour le corriger, il faut malgré tout ne pas simplement se limiter à dire on abroge, c'est tout. Il faut trouver des solutions de financement puisqu'on sait que c'est 3 milliards vraisemblablement à un horizon bref et c'est à horizon à moyen terme c'est 15 milliards à trouver par an.
Donc, on ne peut pas dire aux Français voilà, on se limite à vous dire qu'on balaye, etc. Donc, on ne fait pas que ça. On discute, on montre qu'il existe d'autres modes de financement et là, de mon point de vue, on ne passe pas la loi pour changer et donc, on arrive à une nouvelle loi sur les retraites.
Vous l'avez vu, Olivier Faure, bien sûr, les propos de Jean-Luc Mélenchon qui estiment que cet accord que vous cherchez ne le concernera jamais. Il dit même que c'est une façon de négocier dans le dos du nouveau Front Populaire contre son programme mais nous dormirons tranquilles. La petite gauche traditionnelle n'a rien à offrir. Ces négociateurs, c'est de vous qu'il parle, sont juste ridicules de servilité. Comment vous avez pris cette phrase ?
Écoutez, je ne lis plus les insultes quotidiennes désormais de Jean-Luc Mélenchon. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a une gauche qui braille et une gauche qui travaille. Et moi, celle qui m'intéresse, c'est celle qui rapporte des concessions, qui permet d'avancer. Et je le dis par exemple sur la taxe sur l'électricité, moi, je ne veux pas qu'elle puisse intervenir. Je ne veux pas que les Outre-mer soient oubliées. Je ne veux pas que l'éducation soit abandonnée. Je veux que l'hôpital puisse retrouver les moyens pour fonctionner. Dans la discussion. Et donc, cette discussion, elle a permis d'avancer sur de nombreux sujets.
Et tout à l'heure, j'espère que le Premier ministre et donc, à partir de là, on verra ce que les Français jugent utile. On peut très bien dire moi, la seule chose qui m'intéresse dans la vie, c'est l'élection présidentielle. Et tant qu'il n'y a pas d'élection présidentielle, je m'en fous d'obtenir quoi que ce soit. Ce n'est pas mon cas. L'élection présidentielle, elle aura lieu... Là, c'est toujours les Mélenchons que vous parlez. On l'a bien entendu. L'élection présidentielle, elle aura lieu seulement le jour où, en 2027, le mandat du président sera achevé. Vous estimez que c'est une obsession ? Oui, c'est une obsession.
Soit, et s'il l'émissionne, mais nous n'avons aucune prise sur cette décision. Donc, on ne va pas dire pendant les deux ans et demi qui viennent, écoutez les amis, nous, on est en vacances pendant ce temps-là, on se prépare, on est sur le starting block, etc. Mais, pour les Français, il n'y a rien à demander, il n'y a rien à faire, etc. On ne bouge pas, on ne parle pas avec le gouvernement. Mais si on parle avec le gouvernement, parce que si on ne parle pas avec le gouvernement, qu'est-ce qu'il se passe ? Eh bien, il ne se passe pas ce qui se passe depuis sept ans. C'est-à-dire qu'en fait, ils déroulent, ils déroulent, ils déroulent.
La chance que nous avons, c'est qu'ils n'ont pas de majorité absolue à l'Assemblée. Et donc, ils sont obligés de compter sur nous aussi pour avancer. Non pas pour que nous avancions ensemble dans un gouvernement. Nous avons refusé, j'ai refusé, d'entrer dans le gouvernement de François Beyrou. Si c'était vraiment ça, l'intérêt, si c'était ça, de se dire, voilà, enfin, on a le gyrofahr et la voiture avec le chauffeur. Mais ce n'est pas ce que nous avons demandé. Nous avons demandé à être entendus et à faire entendre les Françaises et les Français qui se sont exprimés clairement à plusieurs reprises, notamment le 7 juillet. Donc, voilà ce que nous obtenons.
Nous sommes en train d'obtenir un certain nombre de concessions que je trouve remarquables parce qu'elles permettent de rompre avec ce que nous avons censuré nous-mêmes, les uns et les autres, c'est-à-dire le budget Barnier.
Je remarque qu'entre 8h35, quand on a pris l'antenne et maintenant, vous êtes passé de on n'a pas conclu à on a obtenu des concessions. On espère juste qu'il va les confirmer.
Bien sûr, mais je vous ai dit que nous étions dans le Money Time. Dans ce Money Time, il y a des choses qui continuent à être discutées. Il y a des réglages à avoir. Je l'ai dit aussi parce qu'on est passé un peu vite parce que c'était le moment où Charlie Danin et je le comprends parfaitement. Mais nous cherchons un accord qui non seulement mêle des partis politiques mais aussi que les syndicats soient consultés. Ça veut dire quoi ça, Olivier Faure ?
Ça veut dire que vous considérez que là, dans les tout prochains jours, ça ne doit pas se jouer uniquement comme ça s'est fait dans les dernières heures des discussions entre vous et le gouvernement. Vous voulez que la CGT, la CFDT soient associées dès maintenant ?
Oui, je souhaite que les contacts soient pris et que tout soit vérifié.
Le sont-ils ?
Ils le sont pris. En réalité, il y a déjà des contacts entre les uns et les autres et je souhaite que... Pas uniquement
les contacts officiels. Ce que vous voulez dire, c'est qu'en réalité, la discussion en coulisses, elle avance déjà.
Oui, il y a une discussion qui avance déjà et moi, je souhaite, parce que c'est sérieux, parce qu'on n'est pas simplement en train de faire une espèce de grande mise en scène pour laisser penser aux Français qu'on s'occupe d'eux, mais qu'en réalité, on fait autre chose. Et donc, je veux qu'effectivement, tout le monde soit dans cette négociation au bout de la table et qu'on puisse conclure dans des conditions qui font que demain, on aura la garantie que tout est effectivement remis à plat et qu'on peut avancer et qu'on peut travailler dans des conditions de sincérité et de lucidité. J'ai encore deux questions, une sur la méthode
et une sur les autres points que vous voulez négocier avec le gouvernement. Sur la méthode, quand on dit accord de non-censure, ça dure jusqu'à quand ? Est-ce que ça veut dire accord de non-censure pour la censure dans trois jours qui sera déposée par LFI ? Ou est-ce que ça veut dire accord de non-censure à plus long terme ? C'est-à-dire, vous vous engagez à ne pas censurer y compris dans trois semaines, dans un mois sur le budget ?
Ça concerne à la fois le budget de la Sécu et le budget de l'État. Est-ce que ça concerne toute l'œuvre à venir de ce gouvernement ? Non. En fait, on avait proposé au départ... Mais ça veut dire qu'au moins
pour le budget qui est quand même la part la plus importante au départ de ce gouvernement, vous vous engagerez, encore une fois, si c'est confirmé cet après-midi, à ne pas censurer. Absolument.
Olivier, allez-y. Non. Et après, ce que nous ferons, c'est que, évidemment, si à un moment, il revenait dans l'idée de ce gouvernement de lier son avenir à celui de l'extrême droite, alors la censure serait immédiate.
Ça peut se manifester comment, ça ?
À partir du moment où il chercherait à complaire à l'extrême droite sur le fond, par exemple, en revenant... Mais là, vous savez bien,
cet après-midi, il y aura toute une partie sur les retraites qui vous fera, semble-t-il, plaisir, au sens où vous aurez obtenu effectivement un certain nombre d'avancées, mais il y aura sans doute une autre partie sur l'immigration, portée plutôt par un Gérald Darmanin et un Bruno Retailleau, qui sera plutôt du côté de la droite et de l'extrême droite.
Mais s'ils reviennent sur les dispositions qui étaient censurées par le Conseil constitutionnel il y a un an, alors ils nous trouveront face à eux. L'État de droit, ça n'est pas négociable. Nous n'avons pas, aujourd'hui, changé d'avis sur cette question. Parler d'immigration...
C'est votre ligne rouge.
Mais parler d'immigration, moi, j'y suis favorable. Je n'ai aucun problème pour parler d'immigration. C'est un sujet. Les Français sont aujourd'hui à la demande de solutions sur la question migratoire, mais pas à n'importe quel prix. Pas au prix de sacrifier des femmes, des hommes qui s'exilent, qui fuient la misère, qui fuient le climat, qui fuient la guerre. Et je ne suis pas d'accord pour qu'on en fasse désormais les boucs émissaires de tous nos maux. Donc, oui, c'est absolument une ligne rouge. C'est-à-dire que, dès lors qu'ils chercheront leur survie avec les voix de l'extrême droite, alors, ils nous trouveront face à eux et ce sera non négociable.
Merci, Olivier Faure, d'être venu ce matin, à quelques heures, donc, de cette déclaration de politique générale. Olivier Faure, qui est Premier secrétaire du Parti socialiste, bien sûr, et on l'a compris, vous êtes à deux doigts de conclure, comme on dit, puisque c'est le mot que vous avez utilisé à quelques heures, en tout cas, et vous avez plutôt bon espoir qu'il ne s'empare de la proposition que vous avez faite il y a quelques heures. Merci, en tout cas, de nous l'avoir révélé ce matin sur RMC et BFM TV. Il est 8h58.
Olivier Faure