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InterviewCNEWS (sur YouTube)· 12 juin 2026 16 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

Nicolas Sarkozy rend hommage à Bernadette Chirac

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous en quoi Bernadette Chirac a compté pour vous.

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous vous rappelez encore de cette première rencontre ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Elle était toujours là, y compris dans les moments difficiles. Pouvez-vous nous en dire plus ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Vous parlez de sa résilience. Comment la décririez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Nicolas SarkozyFait
    « Je travaillais à l'époque comme floriste chez Truefo. »
  • 6:00Nicolas SarkozyFait
    « Elle disait d'ailleurs qu'elle avait aimé représenter la France. »
  • 6:00Nicolas SarkozyFait
    « Elle appelait d'ailleurs l'Élysée la maison des Français. »
  • 6:00Nicolas SarkozyFait
    « Elle était d'une gentillesse, d'une attention. Elle donnait des conseils. »
  • 8:00Nicolas SarkozyFait
    « Elle n'aimait pas tous les collaborateurs de son mari. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et notre invité exceptionnel ce matin sur C News et sur Europin, c'est Nicolas Sarkozy. Bonjour monsieur le président de la République. Bonjour Ferrari.

Merci d'avoir accepter de répondre à nos questions pour évoquer la mémoire d'une grande dame, une dame qui vous était chère, Bernadette Cherc, l'épouse de l'ancien président Jacques Chirac qui s'est éteinte à 93 ans dont les obsèques seront célébrés en la basellite Saint-Clotilde à Paris. C'était une femme exceptionnelle et qui a compté pour vous tout au long de votre vie. Expliquez-nous.

Oui, elle a beaucoup compté. La France a perdu une femme exceptionnelle que j'ai connu en 1975, j'avais 20 ans et qui m'a accompagné pendant 51 ans. Vous vous rappelez encore de cette première rencontre ?

Absolument. Nous étions Jacques Chira qui était premier ministre. J'étais tout jeune, j'avais 20 ans et je venais de faire le discours de Nice aux assises.

Je travaillais à l'époque comme floriste chez Truefo. Et la secrétaire de Jacques Chirac, madame Esnou, que je ne connaissais pas, m'avait appelé pour me fixer un rendez-vous l'après-midi à Matignon où j'avais jamais mis les pieds. Et je suis arrivé à Matignon et là, on m'a pas fait attendre dans le bureau de Jack Chirac, mais on m'a fait monter dans l'appartement.

Je je l'ai suis après sur un moment, je sais pas. [grognement] Et Jacques Chirac est arrivé et quand il est rentré d'ailleurs, il a pas ouvert la porte, la porte a explosé et avec cette façon Jack Chirac de dire bonjour avec les doigts écarté, j'ai jamais vu quelqu'un comme ça. Il disait toujours boum.

Il était suivi par sa fille Laurence. C'est d'ailleurs l'une des dernières fois que je l'ai vu puisque il y a eu l'été tragique après où il a obtenu sa maladie. a eu sa maladie en en Corse et Bernadette et je l'ai juste croisé, elle était très intimidante parce que tuit une chaudron de courselle et franchement on nait pas envie de mettre les pieds sur la table et puis après j'étais déjeuné à l'hôtel de ville de Paris tout un tas de choses et on a été très proche.

Je lui suis très reconnaissant. Elle a beaucoup compté pour moi et sur le plan politique et sur le plan personnel. C'estàd qu'elle était là pour les bons et les mauvais moment pour vous.

Elle était toujours là, y compris quand avec son mari on était un peu en regard parce que j'ai beaucoup aimé Shakesque Chirc puis je l'ai beaucoup affronté aussi et la réciproque est vrai. Nos relations étaient complexes mais avec Bernadette on a toujours été proche. Et même quand il y avait des grandes oppositions entre Jacques et moi, je voyais toujours Bernadette.

Il lui avait d'ailleurs interdit de me voir à une période partic. Elle n'a pas obéi bien sûr, comme d'habitude. Comme d'habitude [raclement de gorge] parce qu'on ne donnait pas d'instruction à Bernadet Chirac.

C'était une femme très droite, très drôle, qui avait un sens de la formule exceptionnelle et à qui vous nez vous ne faisiez pas prendre des vessis pour des lanternes. Elle avait ses idées et elle disait toujours au pire moment entre Jacques et moi, non mais il vous soutiendra. Ne vous inquiétez pas Nicolas, ne vous inquiétez pas.

Et d'ailleurs pendant plusieurs mois, on s'est vu en secret à Versailles dans un appartement qu' trouvé chez des amis. J'étais ministre de l'intérieur et on passait une ou de heures à bavarder ensemble. C'était une personne que j'ai beaucoup aimé.

Et quand Laurence est décédé, [grognement] un jour je reçois un appel sur mon téléphone. C'était Bernadette en larme. Laurence vient de mourir.

La fille est née du couplec. La fille est née, rejoignez-moi tout de suite. Et je l'ai rejoint dans l'appartement de Laurence qui était au rez-de-chaussée pour des raisons qu'on peut imaginer.

Et on a parlé une heure avec Laurence qui était sur son lit et c'était des choses que je peux pas oublier. Je lui dois beaucoup et ça ça son décès m'a fait beaucoup de peine et c'est toute une époque qui pour les Français comme pour moi se tourne et se termine. C'était une très grande dame.

Une grande dame et une première dame de France très aimée par nos compatriotes. Elle disait d'ailleurs qu'elle avait aimé représenter la France. Je l'ai fait du mieux possible.

Elle appelait d'ailleurs l'Élysée la maison des Français. Oui. Puis la maison de verre aussi parce que tous savait.

Et quand on est arrivé à l'Élysée avec Carla, on peut pas dire qu'entre Carla et Bernadette, c'est exactement le même style. Elle était d'une gentillesse, d'une attention. Elle donnait des conseils.

C'était vraiment une personne différente et je pense que les Français l'ont aimé pour cette différence. Elle était très politique, très une femme politique qui avait fait son pot. Elle n'aimait pas tous les collaborateurs de son mari.

Je me souviens très bien ce qu'elle disait notamment d'un de ses premiers ministres. Mais c'était une personnalité assez indomtable. et elle aimait Jacques, elle aimait sa famille, elle aimait sa vie.

J'entends beaucoup de commentaires, pas toujours d'ailleurs très élégants, de gens qui parlent de leur couple mais en fait qui n'ont pas connu l'intimité de ce couple. Ils parlent sans savoir. Moi, je pense que Jacques n'aurait pas fait la carrière qu'il a fait sans elle.

Et vous savez quand j'ai remis la légion d'honneur à Bernal de Chiraak à la maison de Solen qu'elle a créé avec les pièges jaunes et la fondation des hôpitaux Jack qui était là au premier rang, il était plus président de la République et c'est pas lui qui était à l'honneur. Et Bernadette fait son ensuite, son petit discours. Elle termine en disant "Et je voudrais monsieur le président remercier celui qui m'accompagne depuis 52 ans." Elle remerciait [raclement de gorge] Jacques Chirac de l'avoir accompagné.

C'est une femme qui a eu beaucoup d'humour, qui ne s'en laissait pas compter et qui je crois a eu une vie qu'elle a aimé. Était-il vrai qu'elle disait que lui disait chaque matin vous savez que vous avez une chance immense de m'avoir éposé et qu'elle disait mais c'est le contraire qui est vrai mon cher parce qu'il se taquinait. J'ai assisté à des déjeuners des dîners des dizaines où il se taquinait mais Jacques était une très forte personnalité avec un charisme extraordinaire faisait attention avec Bernadette hein.

C'est-à dire que Bernadette vous ne lui parliez pas comme ça hein. Elle pouvait se défendre. une petite femme.

Elle me rappelait ma mère, elle avait cette autorité naturelle, hein. Et quand Jacques venait la chercher un petit peu, elle pouvait répondre et et et répondre fortement. Et vous savez, entre la personnalité de Jacques, la personnalité de Claude qui est une grande personnalité, il fallait se faire une place et le miracle c'est que Bernadette Chirac avait sa place.

Elle n'a pas disparu derrière son mari ou derrière sa fille. Et ça déjà c'était pas si simple. Vous parlez beaucoup de sa résilience dans vos livres.

Vous dites "Elle est dotée d'une force, d'une vivacité exceptionnelle. Vous la comparez même à la reine Élisabeth I qui ne se plainait jamais et qui exécutait ce qu'elle avait à faire jusqu'au bout. Écoutez, je ne l'ai entendu se plaindre qu'à deux reprises dans les centaines de rencontres que nous avons eu.

C'est quelqu'un qui ne se plaignait jamais. Elle avait été très touchée lors de la condamnation de Jacques qui était déjà affaiblie par la maladie et bien sûr le décès de de Laurence qui a été pour la cette famille un drame. Mais il était toujours impeccable.

Quelle que soit l'heure de la journée était impeccable. J'étais en Corè pour les élections européennes, tout un tas d'élections, la soutenir, faire campagne avec elle. Qu'on soit en Corèse, à Tul ou à Paris, elle était toujours impeccable.

Pas un cheveux qui dépassait, une grande élégance. Et si vous saviez comment on a ri, je riais avec elle parce que c'est pas quelqu'un qui était méchant du tout, mais elle était vive. Elle savait piquer.

Elle n'avait aucune illusion ni sur les choses ni sur les gens. Mais on riait. On riait aux éclats.

Et c'est vraiment quelqu'un qui va me manquer. J'ai vraiment l'impression avec elle, c'est pas elle qui a été élue. Et pourtant, j'ai l'impression que c'est toute une page de la vie politique française qui se tourne.

Elle est de la dimension et de la force. de ces géants que sont Jacques Chirac, François Miteran, Charles Pasquis, vous savez tout, je dis pas que c'est les mêmes, mais tous ces personnages qui ont rythmé la vie politique pendant 50 ans et bien Berman être à sa place dans ces personnages là. Et pour toutes les femmes aujourd'hui qui veulent exister, qui veulent pas disparaître au prétexte que c'est le mari qui travaille, c'est un exemple.

Au fond, sous des dehors un peu classiques, le vousvoiement et toutes ces ces habitudes, elle était d'une modernité fantastique. C'est elle a compris qu'une femme ne devait pas disparaître derrière son mari. Fut-il Jacques Chirac ?

Parce que le Jacques Chirac de la belle époque, c'était une force extraordinaire. C'est un acteur de cinéma, un physique extraordinaire, une énergie extraordinaire. Et elle qui trotait derrière, elle a jamais été effacée.

C'est pas rien. Et c'est pas rien pour toutes les femmes d'aujourd'hui. C'était aussi une femme politique et vous l'avez très bien dit, élue en Corè, qui donnait son avis à Jacques Cherc sur les décisions politiques qu'il prenait.

On se rappelle de ce qu'elle avait dit sur la dissolution. Euh elle elle prenait des risques par rapport à son mari. Elle lui disait elle ce que personne ne lui disait dans son entourage.

Écoutez, vous savez, en 2004, Jacques Cherc me met dehors du gouvernement parce que je prends l'UMP. Il me dit soit tu te présentes et tu quittes le gouvernement, soit tu restes. Et je préfère que tu restes.

Je pars. Je pars parce que je suis mis dehors. Disons les choses comme sont.

Je je le veux pas du tout. C'est la vie politique et donc on fait le Congrès fondateur de l'UMP avec moi comme président et qui je vois au premier rang Bernadette. Son mari venait de me dire quitte le gouvernement.

Tout le monde savait que son mari ne souhaitait pas que je devienne président de l'UMP. Qui était au premier rang ? Bernard.

Alors vous comprenez que je lui dois beaucoup et que cette femme n'avait peur de rien. C'est c'est de l'acier maadette. C'est de l'acier et qui assumait totalement était chrétienne, catholique, pratiquante.

Elle allait à la messe et mais et puis quand elle dit vous savez chez les chez les courselles ose vous voir ça on dit non sur ce qu'elle pensait et sur l'équilibre du couple. Franchement c'est une femme exceptionnelle. C'est un destin d'une femme française comme vous nous l'avez bien décrit monsieur le président qui a eu des épreuves aussi. vous décrivez qu'il y a eu des moments difficiles pour elle, des humiliations personnelles, mais elle disait aussi que son grand homme, celui de sa vie et bien il ne pouvait faire sa route sans elle.

Ils étaient indissociables. C'était un vrai couple politique et un couple évidemment personnel. C'était un vrai couple.

C'est un couple extraordinaire et je note d'ailleurs qu'ils ont passé leur vie ensemble. Il est pas parti et elle n'est pas partie. Et quand dans une interview vous savez moi aussi hein, j'aurais pu batifoler hein.

Euh c'est c'est à mourir de rire hein. Je crois qu'elle prenait comme exemple un beau marin ou un beau sportif. Oui oui est mort.

Mais ils sont restés ensemble, ils étaient indissociables et je crois que comme elle l'a dit elle-même, elle était le point fixe de Jacques et que personne ne pouvait mettre un coin entre elle et lui. Et puis moi je pense, c'est très personnel que je vais dire, c'est qu'elle était jusqu'au bout épâtée du physique de son mari. Elle le trouvait beau, magnifique.

Il y avait un côté un peu midinette dans J'ai connu ça chez moi avec ma ma mère et mon père qui ma mère était pareille était épâtée par la beauté de mon père et et je trouvais que c'était très touchant. Alors vous dites elle a été humiliée, vous savez n'est humiliant que ce qu'on ressent comme humiliant. Elle était au-dessus les vilainies, les les bassesses, je pense qu'elle les écartait.

Et je dois dire d'ailleurs que Claude que je connais très bien a fait mon admiration dans la façon dont elle s'est occupé de son père et de sa mère jusqu'au bout. Et s'en dit beaucoup de cette famille au fond une famille extrêmement politique mais qui a jamais sacrifié les liens personnels sur l'hôtel de la politique. Et j'ai vécu avec eux beaucoup de choses.

L'enterrement de Laurence, les mariages de Claude, les beaucoup beaucoup de choses. Vous vous faisiez partie de la famille en fait ? Non, je faisais pas partie de la famille mais on était très proche.

Et pour moi la famille Cherak, oui, c'est un peu la mienne parce que même quand on s'est opposé, même quand on a été frontalement en opposition, il y avait un lien, on était fait du même sang des passionnés qui vivaient la politique totalement et les Chirak la vivaient avec le clan familial. J'ai eu du du mal à comprendre ça, mais c'est une très belle leçon parce qu'au fond leur relation, leur rapport était vrai. Une vraie famille, c'était pas faux.

Il y avait pas de dissimulation. Et je le dis après les avoir beaucoup aimé mais avec Bernadette, c'est l'histoire d'une fidélité de 52 ans quand même. Ça m'a pas rajuné et j'ai été plus touché par sa disparition. que je leur ai pensé, y compris quand car quand elle a appris que les obserces auraient lieu aujourd'hui, m'a dit "Je veux y aller parce que la façon dont Nadette m'a accueilli, je peux pas l'oublier." Et c'est une première dame qui a aussi ouvert la voix à celles qui l'ont suivi en étant active, en créant, vous l'avez dit, la maison de Soline, en prenant à bras le corps la cause pour les enfants, les pièces jaunes.

C'est très difficile. Il y a pas de statut de la première dame. C'est très machiste d'ailleurs tout ça.

On demande tout à la première dame mais il y a pas de statut. Et s'il a une secrétaire, tout le monde se choque. Elle a créé pour toutes les premières dames qui ont suivi un espace, une réalité, une autonomie.

Au fond, c'était très moderne, je vous le dis. Et c'est quelqu'un qui a compté dans le cœur des Français. Quelle que soit l'opinion politique des gens, elle était au-delà de la politique et par exemple des moments très difficiles d'impopularité du gouvernement de son mari, je n'ai jamais vu de manifestation d'hostilité d'une foule de français contre Bernadette.

Jamais. Ce qu'on dit beaucoup sur le respect des gens pour elle. beaucoup.

J'ai perdu une grande amie et la France a perdu une grande dame. Merci beaucoup monsieur le président d'avoir rendu ainsi hommage sur ces news et sur europé à Bernadette dans les obsès qu'ont lieu aujourd'hui. C'est important pour moi.

Merci de m'avoir accueilli.