Le patron de la confédération des PME dit sur RTL vouloir "discuter avec tout le monde", y compris le RN
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Vous êtes le président de la CPME, vous représentez donc les petites et moyennes entreprises.
- 0:25OuverteRéponse directe
Vous avez envoyé une invitation au président du RN, vous aussi ?
- 1:05OuverteRéponse directe
C'est un point de vue que vous partagez ?
- 1:25RelanceRéponse directe
Ça veut dire qu'elle a tort, Marie-Élise Léon, de considérer que c'est une attitude cynique ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Et vous cherchez à les convaincre de quoi, les candidats, lors de ces rencontres ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Vous avez eu l'impression d'être sur la touche ces dernières semaines ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, ce n'est pas la CPME ou le MEDEF qui a choisi qui sont les candidats ou qui sont au Parlement. »
- 1:07Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, si le RN a plus de 120 députés au Parlement, ce n'est pas nous qui les avons choisis, c'est les Français. »
- 2:46Invité politiqueChiffre
« Un accord qui fait plus d'un milliard d'économies par an en diminuant la durée d'indemnisation des ruptures conventionnelles. »
- 3:10Invité politiqueChiffre
« Plus de trois quarts des Français sont pour. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Nous, on a été entendus parce qu'on a poussé justement le fait de débloquer des aides ciblées sur des secteurs comme les transporteurs routiers, sur les voyagistes. »
- 4:38PrésentateurChiffre
« Je crois que ce soit très clair de 100 à 500 euros par camion. »
- 5:30Invité politiqueChiffre
« Les PGE qui sont les prêts garantis à l'État, la très très grande majorité, plus de 95%, ont été remboursés. »
- 6:42Invité politiqueChiffre
« On a eu un record de défaillance au premier trimestre sur le nom d'entreprise. »
- 8:12Invité politiqueFait
« Le SMIC est indexé en partie sur l'inflation. »
- 8:22Invité politiqueChiffre
« Ils n'ont pas pris 20%, mais je n'ai plus le chiffre en tête, ça a été très important. Je n'ai plus le chiffre exact en tête, c'était 12-14% depuis 2022. »
- 9:42Invité politiqueFait
« La réalité, c'est qu'on a en plus des entreprises en France qui n'ont pas les mêmes niveaux de marge que les entreprises européennes. »
Temps de parole
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Céline Landreau, RTL Matin. Il ne brigue pas l'Elysée mais prépare eux aussi. 2027, c'est difficile d'écarter de l'équation. Le parti qui caracole en tête des sondages. Les patrons ne se cachent plus pour discuter avec le Rassemblement National. Bonjour Amir Reza Tofighi.
Bonjour.
Vous êtes le président de la CPME, vous représentez donc les petites et moyennes entreprises. Vos homologues du MEDEF, déjeunent avec Jordan Bardella ce midi. Vous avez envoyé une invitation au président du RN, vous aussi ?
Non, je n'ai pas envoyé d'invitation et je pense qu'il ne faut pas faire de faux procès au MEDEF et ni à son président Patrick Martin. Aujourd'hui, ce n'est pas la CPME ou le MEDEF qui a choisi qui sont les candidats ou qui sont au Parlement. Nous, on parle avec tous ceux qui aujourd'hui sont au pouvoir ou briguent à être au pouvoir parce qu'on défend les entreprises. Et donc, c'est normal de parler avec toutes les sollicitations qu'on va avoir des différents partis. Il faut arrêter un peu cette hypocrisie. Donc oui, on parle avec tout le monde, on parle avec tout le monde en fait. Et je pense qu'il n'y a rien de choquant.
Michel Picon, on l'entendait tout à l'heure dans le RTL événement à 7h15, disait que la dédiabolisation, c'est les Français qui ne l'ont fait, pas les patrons. C'est un point de vue que vous partagez ?
Aujourd'hui, si le RN a plus de 120 députés au Parlement, ce n'est pas nous qui les avons choisis, c'est les Français. Moi, mon rôle, c'est de défendre l'entreprise. C'est de m'assurer que les idées économiques qui sont bonnes pour la France soient portées par l'ensemble des candidats. Donc, je vais parler avec l'ensemble des candidats et je réponds à toutes les sollicitations que je reçois.
Ça veut dire qu'elle a tort, Marie-Élise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, d'estimer que c'est une attitude cynique de considérer que l'économie passe avant tout. Ce sont ses mots. Elle explique, elle, que pour la CFDT, les enjeux démocratiques sont au moins aussi importants et que ces enjeux démocratiques nécessitent de ne pas discuter avec le RN comme avec n'importe quel autre parti.
Moi, je pense que pour porter nos idées, il faut discuter avec tout le monde. Et je suis d'accord, les enjeux démocratiques, les enjeux sur les valeurs, les enjeux économiques, tous ces sujets sont importants. Mais est-ce qu'on est plus efficace en parlant avec les candidats et en poussant nos idées ou en les boycottant ?
Donc avec le RN comme avec n'importe quel autre parti aujourd'hui ?
Bien sûr, moi je réponds à toutes les sollicitations.
Et vous cherchez à les convaincre de quoi, les candidats, lors de ces rencontres que vous organisez ?
Déjà que le sujet de l'économie doit être un point central de la campagne présidentielle. Aujourd'hui, on est à un moment donné où si on ne parle pas de ce que les entreprises ont besoin, de ce que notre économie a besoin en 2027 et pour les années qui viennent, ça va être compliqué pour les années qui viennent.
Le dialogue avec le gouvernement actuel. Hier dans la tribune dimanche, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farando, disait vouloir vous remettre au centre du jeu, vous, les organisations patronales et syndicales. Vous avez eu l'impression d'être sur la touche ces dernières semaines ?
Non, pas du tout. D'ailleurs, on a signé un accord sur l'assurance chômage suite au fait que le gouvernement nous avait sollicité. Un accord qui fait plus d'un milliard d'économies par an en diminuant la durée d'indemnisation des ruptures conventionnelles. Donc non, non, on n'est pas sur la douche.
Et sur le 1er mai ? Sur le travail du 1er mai ?
C'est un sujet qui est incompréhensible. Vous savez, ça fait plus d'un an que la CPME porte ce sujet. Le sujet, c'est quoi globalement ? C'est de dire que dans certains métiers de proximité, des métiers de bouche, ils puissent ouvrir le 1er mai, sur la base du volontariat pour les salariés, payés double. Plus de trois quarts des Français sont pour. Le Parlement allait voter un texte pour permettre justement ce travail du 1er mai pour certains métiers. Et le gouvernement a reculé sous la pression des syndicats de salariés. C'est incompréhensible aujourd'hui. Donc nous, on s'est battus la semaine dernière, on s'est battus pour que le gouvernement remette un texte sur le sujet. Il l'a fait.
C'est insuffisant, mais on va continuer à se battre.
Pour élargir plus largement le travail du 1er mai en 2027 qu'il ne le sera cette année. Où on sait que boulangers et fleuristes pourront faire travailler les salariés qu'ils souhaitent.
Oui, mais par exemple pour les boulangers. Ils ont choisi les boulangers artisans. Mais en fait, tous les boulangers ne sont pas des artisans. Vous savez, dans certaines villes, il y a un boulanger, ce n'est pas forcément un artisan. C'est un boulanger qui va cuire du pain, qui l'achète. Et donc, on va permettre à certains boulangers d'ouvrir et pas à d'autres. C'est incompréhensible. Encore une fois, on fait du symbole. Au lieu de dire, tous les boulangers, tous les fleuristes devraient pouvoir ouvrir. Et même peut-être les bouchers, les poissonniers. Donc, soyons à un moment donné un peu pragmatiques.
Vous êtes critique, on l'entend, avec l'attitude et la ligne du gouvernement sur cette question du 1er mai. Sur la gestion de la crise du carburant. Est-ce que vous avez l'impression d'être entendu ? Ça y est, on l'a dit, le plan d'aide au secteur routier annoncé fin mars va pouvoir entrer en vigueur. Ces 50 millions d'euros qui sont débloqués pour ce secteur. C'est suffisant comme geste ?
Est-ce que c'est suffisant ? C'est difficile de le dire parce qu'on voit bien aujourd'hui que la situation évolue en permanence. Nous, on a été entendus parce qu'on a poussé justement le fait de débloquer des aides ciblées sur des secteurs comme les transporteurs routiers, sur les voyagistes.
Je crois que ce soit très clair de 100 à 500 euros par camion.
Oui. En fait, qu'est-ce que cette crise montre aujourd'hui ? C'est que le fait d'avoir des finances publiques qui sont très mal tenues depuis maintenant très longtemps fait que dès qu'on a une crise, on n'a pas du tout les moyens de soutenir notre économie ni soutenir les Français. Et ça, ça doit vraiment nous questionner une fois que la crise sera passée. C'est notre capacité à avoir des finances publiques bien tenues, à ne pas avoir les déficits comme aujourd'hui, pour que lorsqu'on rentre dans une crise comme ça, pouvoir soutenir les entreprises. Les pays autour de nous le font. L'Espagne le fait, l'Allemagne le fait, l'Italie le fait. Nous, on n'a pas les moyens de le faire.
Donc oui, on a été entendus avec les peu de moyens que l'État a aujourd'hui.
Parce que ces peu de moyens, c'est aussi la conséquence des aides massives qui ont été accordées aux entreprises pour tenir pendant la pandémie de Covid. Ce n'est pas que la résultante de ça, mais c'est aussi celle-ci.
Oui, enfin, il y a eu le Covid et depuis, on voit bien qu'on est le pays dans l'Union Européenne qui n'a pas réussi à remettre ses finances à l'équilibre. Et j'aimerais juste revenir par rapport à ce que vous dites. Vous savez, on dit souvent les aides aux entreprises pendant le Covid. Les PGE qui sont les prêts garantis à l'État, la très très grande majorité, plus de 95%, ont été remboursés. Le gros, en fait, des aides Covid, c'était aussi tout ce qui était le chômage partiel. Alors oui, c'était une aide aux entreprises, mais une aide aux entreprises pour qu'ils ne licencient pas les salariés.
Sinon, les salariés auraient été licenciés parce qu'on n'aurait pas eu les moyens de garder des salariés sans avoir du travail en face.
Juste pour revenir sur ces 50 millions d'aides au secteur routier, le ministre des Transports, Philippe Tabarro, dit d'avoir trouvé un plan qui satisfait tout le monde, qui est ciblé sur les petites et moyennes entreprises. Ça, c'est vous. Donc, en clair, vous êtes content aujourd'hui. Il a raison, le ministre.
Encore une fois, nous, on est satisfaits des premières mesures qui ont été annoncées. On les a portées. On a été les premiers à dire qu'il fallait soutenir les transporteurs routiers, qu'il fallait soutenir les voyagistes, qu'il fallait soutenir tous les métiers qui, aujourd'hui, sont touchés. Il n'y a pas que les transporteurs routiers. Il y a d'autres métiers, aujourd'hui, qui sont touchés. Donc oui, je ne vais pas vous dire qu'on est cool.
Donc, ça veut dire qu'il faut les élargir, ces aides, parce que là, on parle peut-être de les prolonger au mois de mai. Il faut élargir, les étendre à davantage de secteurs ?
Oui, on a aussi des secteurs sur lesquels les salariés sont des gros rouleurs. Comment on fait pour soutenir les entreprises qui n'ont pas forcé le moyen d'accompagner les salariés qui prennent leur voiture et qui font parfois 1000 ou 2000 kilomètres par mois ? Donc oui, on va devoir, si la crise perdure, trouver des moyens de soutenir d'autres secteurs. Sinon, ça va être potentiellement beaucoup d'entreprises qui seront au tapis, de salariés qui seront licenciés. Et moi, j'aimerais juste le redire, on a eu un record de défaillance au premier trimestre sur le nom d'entreprise. Donc, on est dans une situation économique qui n'est pas facile.
Donc oui, il faut aussi que notre pays soit derrière son économie.
Ça veut dire qu'on sous-estime, selon vous, aujourd'hui les conséquences économiques que pourrait avoir cette crise au Moyen-Orient qui, on le voit bien, est loin d'être terminée ?
On sous-estime peut-être l'état de notre économie actuelle et sa capacité à absorber une crise qui est quand même une crise majeure, si elle dure longtemps.
La capacité des entreprises à absorber cette crise en inquiète une partie, en tout cas. Certaines demandent à rouvrir les négociations commerciales avec la grande distribution parce que leurs coûts vont flamber, c'est ce qu'elles disent, en tout cas à cause de la guerre au Moyen-Orient. Et qu'elles ne pourront pas les répercuter. Pour l'instant, le gouvernement se refuse à rouvrir ces négociations commerciales. Il devrait changer d'avis, selon vous ?
Vous savez, c'est des sujets de filière, de secteur entre distributeurs et industriels. Je n'ai pas d'avis sur le sujet.
Et vous pensez qu'on sous-estime l'inflation que la guerre provoque ?
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que si la guerre ne dure pas, on aura une situation qui peut revenir à l'équilibre. Maintenant, si elle dure, oui, on sous-estime peut-être l'impact que ça peut avoir en termes d'inflation.
La guerre en Ukraine, depuis en tout cas le début de la guerre en Ukraine, début 2022, les produits de grande consommation ont augmenté de 21%, ce qui est très lourd évidemment pour le consommateur. Est-ce que c'est quelque chose qu'on a suffisamment pris en compte aujourd'hui ? Est-ce qu'on l'accompagne suffisamment ?
Vous savez, le SMIC est indexé en partie sur l'inflation. Les salaires ont aussi beaucoup évolué depuis 2022.
Ils n'ont pas pris 20% depuis 2022 ?
Ils n'ont pas pris 20%, mais je n'ai plus le chiffre en tête, ça a été très important. Je n'ai plus le chiffre exact en tête, c'était 12-14% depuis 2022. Il y a eu des grosses évolutions sur le SMIC depuis 2022 avec l'indexation sur l'inflation. Il ne faut pas non plus sous-estimer les évolutions de salaire qu'il y a eu depuis la crise.
Amir Reza Tofighi, j'imagine que vous œuvrez pour l'égalité entre femmes et hommes, pour les droits des femmes dans vos entreprises. Un jour férié pour défendre la cause, le 8 mars, comme le propose Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT. C'est une bonne idée pour vous ?
Mon combat aujourd'hui à la CPME, c'est de permettre aux salariés de gagner plus. Aujourd'hui, on voit bien que la France est un pays où le travail ne paye plus assez. Et le travail ne paye plus assez, entre autres parce qu'on a un coût du travail qui est bien trop élevé. C'est-à-dire qu'à la fin, quand un salarié gagne 1 euro dans sa poche, ça lui coûte 2 euros à l'entreprise. Mettre un jour férié de plus, c'est l'opposé parce qu'on va continuer à augmenter le coût du travail. C'est l'inverse de pouvoir permettre aux salariés de gagner plus. Moi, je préfère qu'on se concentre collectivement sur ce combat qui est de dire qu'il faut que le travail paye plus.
Et ça doit être un combat collectif. Et donc, réfléchissons plutôt à comment on fait pour qu'à la fin, le travail paye plus, plutôt qu'à faire en sorte que les gens travaillent moins.
Donc ça, c'est l'idée que vous allez pousser auprès de tous les candidats à la présidentielle que vous allez rencontrer dans les semaines et mois qui viennent.
Mais je pense que ça va être le sujet 2027. Aujourd'hui, on doit se rendre compte que le travail ne paye plus assez en France. Et il faut avoir un regard lucide. Arrêtons de dire que c'est les entreprises qui gagnent trop d'argent et qui ne veulent pas payer les salariés. La réalité, c'est qu'on a en plus des entreprises en France qui n'ont pas les mêmes niveaux de marge que les entreprises européennes. Donc le sujet, c'est de voir qu'on a créé un système où, à force de charger le travail avec un niveau de taxe aussi élevé, le travail ne paye plus assez. Et l'écart entre le travail et le non-travail n'est plus assez élevé.
Donc oui, le combat de la CPME pour 2027, ce sera que le travail paye plus. Et donc pour ça, on aura des vrais échanges avec tous les candidats pour porter nos propositions.
Avec tous les candidats, y compris le RN, on l'a compris. Vous êtes sur la même ligne que le MEDEF et que l'UDEP sur cette question. Merci beaucoup Amir Reza Tofiguie.