MÉDIAS MAINSTREAM : SERVIR LES PATRONS, INVISIBILISER LES TRAVAILLEURS
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 91 %Défensif 9 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Fait
« le travail trop taxé ne paye plus assez »
- 4:00Fait
« les Français sont gagnés par la flemme symptôme d'une inquiétante crise de l'effort »
- 6:00Chiffre
« les salariés français à temps complet sont ceux qui travaillent le moins dans l'année 1668 he en 2022 »
- 7:00Chiffre
« il y aurait actuellement en France une épidémie de flemme épidémie qui ciblera en plus essentiellement les jeunes »
- 8:00Chiffre
« 45 % des Français ont régulièrement la flemme de sortir de de chez eux »
- 10:00Chiffre
« il y aurait en France aujourd'hui 3 millions de jeunes qui ne font plus rien de leur vie »
- 12:00Fait
« les fonctionnaires sont des nantis »
- 16:00Chiffre
« un salarié français est absent du travail plus de 10 semaines par an »
- 18:00Chiffre
« 37 % des actifs leur travail était insoutenable »
- 4:00Fait
« l'organisation des salariés est d'ailleurs un angle mort total des journalistes »
- 6:00Fait
« le journalisme social est de fait une espèce en voie de disparition »
- 7:00Fait
« militantisme et référence au monde ouvrier sont progressivement apparu comme une ressource dévaluée »
- 10:00Fait
« les directions ont fait de la critique sociale l'une de leurs cibles favorites »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bonjour à toutes et tous et bienvenue dans ce nouveau numéro d'acrimet chez blast 4e pouvoir le 10 janvier 2025 comme chaque semaine ça sentait très fort la naftaline au Figaro Magazine outre la une à la gloire du tribin Le Pen la rédaction a choisi de consacrer 8 pages à cette question très originale parisseux les Français le casting était tout aussi renversant un débat ou plutôt une causerie mondaine et franchement amicale entre deux amoureux du marché l'économiste médiatique Oliv babo grand admirateur de jaavier My et Denis Oliven désormais patron d'éditis Mastodon de l'édition sous la coupe du milliardaire Daniel kretansski tous deux ont évidemment commis un nouveau livre ce qui leur offre un droit automatique à défiler sur les plateaux télé en plein débat budgétaire je le disais vous arrivez avec une idée simple la France doit travailler plus c'est même le titre de votre livre publié chez Albin Michel si Français sur 10 ne travaillent pas ça veut dire queou Français sur 10 il a que qu français oui ça veut dire que la charrette France c'est c'est quatre personnes qui travaillent et qui qui traînent qui tirent un véhicule sur lequel sont assis 6 França simplement nos politiques publiques nos lois et et l'ensemble de nos règles notamment fiscales ne nous incite pas à travailler j'ai l'impression d'avoir écrit un moin un livre de gauche le chapeau du Figaro Magazine donnait déjà le ton de gauche Denis Oliven et Olivier babo tire la sonnette d'alarme les Français ne travaillent pas assez pour le premier le travail trop taxé ne paye plus assez pour le second les Français sont gagnés par la flemme symptôme d'une inquiétante crise de l'effort comme souvent l'obscénité du propos tient autant à ce qu'il dit qu'à ce qu'il cache dans le cas d'oliven outre ses prouesses de patron de presse le plus talentueux de France comme le surnommé ironiquement le Canard Enchaîné en 2019 on rappellera ce petit incident de parcours révélé par le palmipède en 2005 15 lui et son épouse étaient poursuivi au Prudhomme par leur domestique pour travail dissimulé et licenciement abusif elle était payée 1560 € brut par mois auquel elle devait soustraire 350 € réclamé par le couple au titre de loyer du mobilehome attenant à la villa de luxe qu'elle occupait avec son [Musique] fils Denis Oliven est donc un expert tout indiqué pour nous parler du travail qui paye mal et ce qu'il faut faire pour y remédier plus c'est gros plus ça passe ce dispositif du Figaro n'en fait pas moins office de ligne éditoriale carte blanche aux exploiteurs pour expliquer aux exploités qu'ils n'en font pas assez la fête serait d'ailleurs incomplète sans mentionner le troisème compère en charge de l'entretien giselin de montalambert giselin est officiellement journaliste au Figaro mais il y fait plutôt office d'expert conseil en patrimoine expliquz aux aristo comment rester noble dans le monde des affaires transcrire le cauchemar des propriétaires immobiliers face à la rénovation énergétique indiquer au riches retraités les six pays où s'installer pour payer moins d'impôts ventiler les intérêts du Medef prodiguer aux héritiers ses conseils pour optimiser son héritage et ainsi de suite puis entre deux journées de dur labeur giselin de montalombert fait une pause et il publie des enquêtes comme celle du 29 novembre 2024 par exemple dans laquelle il entreprend d'exposer ce que nous coûte vraiment les privilèges des cheminau éternel ping ball bref vous l'aurez compris c'est le thème médiia et travail qui va nous occuper dans ce nouvel épisode il y a pas mal de pain sur la planche alors c'est parti parce que la presse est libre et la presse n'est pas contrôlée par 10 milliardaires vous êtes sérieux séux qui dans ce pays défend les boîtes du C40 à part moi r je pense qu'on est d'une d'une objectivité et d'une impartialité totale un journaliste de la pédagogie qui donne à réfléchir mais qui ne vous dit pas ce qu'il faut penserer la mal pas la mal allez petit indice tout le monde rêve de savoir ça les journalistes sont des des contrepouvoirs dans une société c'est une plésenterie tout de suite là ça a commencé l'émission a commencé on est à l'antenne depuis 5 minutes le travail c'est un sujet titanesque qui fait l'objet d'un nombre incalculable de travaux en sciences sociales et on va donc devoir faire des impasses dans les grands médias il en est régulièrement question partant de mobilisation sociale mais ça on se le garde garde en réserve pour un futur épisode ce qu'on va plutôt faire aujourd'hui c'est exposer quelques- uns des traits les plus saillants du bruit médiatique ordinaire ce qui est visible ceux qui demeureent dans l'ombre c'est une manière de cadrer la question à partir des pouvoirs qui justement découlent du travail des médias porteter le regard ici plutôt que là sélectionner les informations dignes de faire la Une et reléguer cell qui ne mérit que des brèves visibiliser et légitimer certains intervenants plutôt que d'autres et cetera dans cette perspective on s'est notamment demandé quels étaient les les métiers les plus visibles et les travailleurs qu'on ne nous montre quasiment jamais comment est-ce qu'on nous parle du travail quelle question se pose quelles autres ne se posent pas et d'ailleurs est-ce vraiment du travail dont on nous parle dans l'épisode précédent on a expliqué comment et pourquoi les grands médias ont contribué au cours des 40 dernières années à imposer la doctrine néolibérale comme une évidence indiscutable dans le débat public une servitude volontaire des médias disionsnous entretenu par des chefriies éditoriales sociologiquement solidaires des intérêts et des points de vue des classes dirigeantes c'est une toile de fond qu'il faut garder en tête pour comprendre l'épisode du jour en premier lieu parce qu'une large partie des productions médiatiques opère un réancodage libéral du travail dans lequel le travailleur est perçu au prisme de son employabilité comme une variable économique désincarnée pour le dire simplement ce n'est pas tant du travail dont nous parle en priorité beaucoup de médias que de la situation de l'emploi en général compte tenu de l'hégémonie des discours néolibéraux depuis les années 80 il n'est pas étonnant que les médias dominants aient approuvé les philosophies et les politiques qui renforcent la subordination du travail au capital et qui dans le monde réel conduisent à l'éclatement des collectifs et à la destruction des conditions de travail parce que le principe du capitalisme consiste en une maximisation perpétuelle des profits il réclame comme l'écrivait le sociologue Alain Bir l'allègement sinon la suppression de toutes les contraintes légales et de toutes les rigidités sociales l'assouplissement de toutes les pratiques collectives et de tous les comportements individuels dans le seul but de rendre plus fluide et plus rapide le process de reproduction du capital auquel plus rien ne doit désormais faire obstacle septembre 2015 France 2 David Pujadas Jean-Paul petite question complémentaire est-ce que cela va alléger ceci notre fameux code du travail si lourd pas très original Pujadas portait alors à l'écran une couverture du Figaro Magazine et relayait l'une de ces idées reçues que les journalistes ne peuvent s'empêcher de reprendre en cœur pierre Marol se heurte à un obstacle av d'un,5 1,5 plus de 8000 articles rarement limpides difficile de s'y retrouver le code du travail pour lui synonyme de cassette sans compter que ça c'est le code du travail mais il y en a au moins encore autant de jurisprudence ah oui c'est c'est assez lourd 1422 g exactement il faut dire qu'en matière de travail le prête à penser libéral est particulièrement riche Alain Bir qu'on cité tout à l'heure ou d'autres comme Eric aan ont bien analysé cette nove langue néolibérale qui fonde une propagande du quotidien relayé par des discours médiatiques le dogme néolibéral a en effet forgé son propre abécédaire pour parler du travail vous connaissez bien sûr le coût du travail la flexibilité les charges sociales les collaborateurs les plans sociaux et cetera ce lexique performatif conduit à ehémiser les relations de domination au sein du conflit capital travail à rendre invisible la prédation du capital à faire passer pour une évidence par exemple l'idée que les salaires sont un fardeau pour l'employeur en 2009 pierre Rimbert écrivait dans Le Monde diplomatique ne dites pas cotisation sociale dites charge social et exigez leur allègement généralisé après la Seconde Guerre mondiale le système des cotisations sociales évoque encore cette autre partie du salaire socialisé puis reversé aux malades aux retraités aux chômeurs ternir cet aura exigeait qu'on y associe l'idée de pesanteur de paralysie voire d'asphyxie pour Leurent jefrein PDG du quotidien Libération on peut je cite contribuer à l'emploi en allégeant les charges sociales salariales et patronales pour tout le temps travailler et non pour les seules heures supplémentaires c'était dans Libération le 10 juillet 2007 il en va de même pour le choix du terme coût du travail pour parler du salaire un terme déjà particulièrement connoté et qui en plus n'est jamais mise en regard du coût du capital une formulation que les journalistes n'utilisent pour ainsi dire jamais autre invention ralienne l'expression plan social pour parler des licenciements parlons-en d'ailleurs puisque le sujet est d'actualité et pourtant particulièrement maltraité trop rares sont en effet les journalistes à rattacher les licenciements aux logiques ordinaires des entreprises capitalistes compresser la masse salariale tout en empochant quantité d'argent public pour mieux distribuer des dividendes record plus de 98 milliards en 2024 une bonne nouvelle dont on aurait tort de s'offusquer selon un verdict de l'expresse le récit médiatique est tellement imprégné du point de vue patronal et la plupart des journalistes tellement loin d' réalité des travailleurs que la question des licenciements peut faire l'objet des moqueries les plus arrogantes au point même de déclencher des f rires en plateau comment est-ce qu'on impose à un patron de les licenciements déjà qu'il a pas beaucoup de temps de parole on rép les questions Philippe Poutou vous voulez interdire les licenciement comment interdit-on le licenciement mais on y pas on y est pas du tout vous voulez que je fasse mais il faut interdire les licenciements comment on interdit les licenciements pense pense à Twitter pense à Twitter Philippe Poutou c'est quelqu'un qui qui me donne envie d'être un grand patron de virer mes employés et de délocaliser je trouve que c'est vraiment l'idiot utile du capitalisme Philippe Poutou c'est vraiment à chaque fois qui qui qu' dénonce des choses ça me paraît tellement tellement bête hormi quelques reportages de bonnees facture et un suivi relativement plus aigu dans la presse locale on constate d'ailleurs que les travailleurs licenciés sont loin de faire la une des médias nationaux conformément à une tendance que nous aborderons un peu plus tard pire dans les grands médias cette case du travail coexiste parfaitement bien avec la célébration intemporelle de la valeur travail nous allons maintenant nous intéresser à la valeur travail pourquoi ne pas parler de la valeur travail la valeur travail est-elle en perdition le travail reste la valeur cardinale la gauche n'est plus associée à la valeur travail les syndicats eux n'ont pas délaisser la valeur travail la valeur travail la valeur travail la valeur travail la valeur travail la valeur travail le travail est une valeur de droite et si vous êtes travailleur vous êtes réactionnaire vous êtes légèrement fasciste et le camp de rééducation vous attend dans un livre tout juste paru le sociologue et professeur de ses au lycée Denis Colombie écrit si récurrent soit ces polémiques elle ne permettent jamais de voir véritablement le travail pas même de le montrer encore moins d'en discuter la question de la valeur travail n'est jamais posée qu'en termees moraux il faut être pour ou contre il faut savoir si dans l'abstrait le travail c'est bien ou pas la thématique de la valeur travail participe ainsi directement de l'invisibilisation de celui-ci l'autre fonné de ce paradigme c'est la cantate médiatique du sens de l'effort irrémédiablement perdu en France selon une étude de la fondation jeanoress il y aurait actuellement en France une épidémie de flemme épidémie qui ciblera en plus essentiellement les jeunes sommesnous frappés par une épidémie de flemme la pétence pour le travail est quand même moins forte aujourd'hui en France qu'elle l'était il y a quelques années l'appel du canapé se fait se fait ressentir effectivement ce chiffre 45 % des Français ont régulièrement la flemme de sortir de de chez eux la sédentarisation et l'espèce d'épidémie de flemme qu'on constate aujourd'hui c'est aussi la conséquence de bah de de cette maladie et de cette succession de crise chez la jeune génération la France est-elle vraiment touchée par la grande flemme vous parlez aussi d'apathie de ramollissement généralisé ce sont la jeune génération qui depuis la crise sanitaire ont le plus de mal à revenir au travail ont le plus de mal à revenir au bureau que ce type de rouleau compresseur s'accompagne à chaque fois d'idées reçues et de mensonges importe assez peu aux direction de médias dont la propagande en cette matière ne connaît que peu de limite pas même déontologique en février 2019 par exemple M6 diffusait le premier épisode d'une émission précisément intitulé Le sens de l'effort ressué d'une émission de 2016 au titre encore plus éloquent garde à vous le concept était pour le moins alarmant rééduquer des jeunes au chômage ou en situation de décrochage scolaire à l' d'un stage sous la houlette d'un ancien militaire instructeur dans les commandos marines ils ne sont pas à l'école ils ne sont pas dans l'emploi ils ne sont pas en formation ils sont nulle part il y aurait en France aujourd'hui 3 millions de jeunes qui ne font plus rien de leur vie les valeurs militaires peuvent leur redonner l'envie de s'en sortirz pas me chier dans les B le sens de l'effort mardi 19 février sur M6 l'ordre militaire est télévisé et le domptage passionne M6 qui n'hésite pas à mettre en scène des séquences de soumission des rituels d'humiliation et des situations de mise en danger CIS que tu seras toujours à l'aise dans la vie personnel ou professionneless de le tout rythmé par les brimades du rééducateur qualifié par la chaîne de simple langage cru et direct et ben vous repartez avec votre mère tranquillement chez vous et vous continuez votre train de vie de de l'AR je sais pas quoi vous continuez il faudra pas venir après me faire chier en chialant comme vous faites avec vos parents ou autre chose fascination pour les valeurs martiales et virilistes autoritarisme méthode vexatoire érigé en vertu pédagogique et morale le tout mise en forme comme n'importe quel programme de téléréalité et diffusé à une heure de grande écoute aux jeunes qui auraient l'insolence de se rebeller la voix of rettorque je cite ils ont en commun un problème avec l'autorité et ce depuis longtemps incarné ici dans dans un dispositif caricatural ce sens de l'effort n'en reste pas moins une valeur cardinale ordinaire déclinée à l'infini en fonction des exigen de l'actualité en particulier dans l'audiovisuel à l'approche des périodes estivales ou hivernal on retrouve bien sûr le refrain sur la galère des employeurs face aux pénuries de salariés qui ne veulent plus travailler en toute saison on a le couplé sur les cheminaux et les fonctionnaires ces privilégiés très fénéants mais aussi évidemment la complainte contre les chômeurs profiteurs de la cistana les fonctionnaires sont-ils des des privilégiés en matière de retraite c'est la question à laquelle répond la Cour des comptes dans un rapport qu'elle a publié hier est-ce que vous diriez que les fonctionnaires en France sont des privilégés Eugénie les fonctionnaires sont des nantis disait déjà raymondb en 1980 en terme de message politique c'est toujours bien de dire que avant d'avoir du chômage faut avoir travaillé et que le chômage ne doit pas être aujourd'hui une solution que vers laquelle opte certains salariés dans une logique de la sistana que permet le système français on a le sentiment que cette vieille gauche justement qui était la gauche du travail qui était la gauche des usines qui était la gauche des ouvriers et bien elleelle cédait le pas justement à cette gauche prétendument morale et prétendument qui est plutôt dans la cistana si on arrête d'expliquer qu'il faut travailler moins si on arrête de faire tout pour dissuader d'investir ça peut repartir ça peut monsieur le ministre Nicolas merci alors ce que devrait fairevecti c'est s'intéresser à la différence entre celui qui travaille et celui qui arrive à vivre sans travailler avec des aides des exonérations des machins des trucs dans tous les sens en guise d'autodéfense intellectuelle on vous recommande chaudement de vous détourner de ces pseudo savants pour le coup très paresseux au profit de travaux bien plus sérieux le démontage des stéréotypes qui alimentent la haine des fonctionnaire et beaucoup de portraits donant à voir les réalités des métiers très différents qu'ils exercent mais aussi l'excellente BD signée Damien cuvilier et du journaliste bonau Colomba le choix du chômage de Pompidou à Macron enquête sur les racines de la violence économique reste que comme on le voyait en introduction la presse de droite met régulièrement beaucoup de cœur à l'ouvrage le point fait d'ailleurs figure d'avant-garde avec ses unes à répétition fustigeant ces Français qui n'ont plus envie de travailler la France des tir au flan des enfants gâtés des fénéants des paresseux ou encore le sport national qui plombe notre économie la frudte sociale rappelons qu'au cours des 10 dernières années entre 2014 et 2023 l'hebdomadaire de François Pinot 8e fortune de France aura cumulé près de 7 millions d'euros d' directe à la presse et donc d'argent public l'implication des médias dominants dans le paradigme de la valeur travail est telle que nombre de ces entreprises de presse n'hésite pas à se constituer comme de véritables intermédiaires entre patronat et salariés sur le grand marché du travail comme d'autres titres Le Figaro monie ses espaces internet pour que des agences d'intérim viennent y poster des annonces depuis 2015 en intermittence TF1 mène une vaste opération annuelle intitulée une semaine pour l'emploi un partenariat entre Paul emploi désormais France travail et les rédactions des journaux vé notre nouvelle édition d'une opération que vous connaissez la Semaine pour l'emploi ce sera une semaine spéciale dans cette édition de 13h avec Pascal vinquel à partir du 2 novembre on verra plein de reportag et Pascal donnera des conseils à ceux qui cherchent un emploi mais le site est d'ors et déjà ouvert pour que les chef d'entreprise qui cherchent des salariés publient leurs annonces le site multiplie par la suite les publ reportages concoctés spécialement pour le JT par le service économie en toute indépendance bien sûr ça a permis à beaucoup de gens de trouver des salariés et à d'autres de trouver des emplois un exemple du côté de fontainebau avec Fabien Chad et al Ponsard 6h du matin dans Paris Nicolas et François livre l'un de leurs premiers clients un métier physique des horaires décalés autant de handicap pour recruté apâé par l'esprit de tel dispositif C8 en livre depuis plusieurs années une version encore plus trache mais à l'esprit totalement similaire attention les yeux c'est l'émission job pour jeune objectif boulot on peutess d'acquérir un peu d'expérience mais vous l'expérience en foutez parce que tant que ça vous plaî pas vous dites allez je balaye ça je préfère rester chez moi plutôt que d'acquérir de l'expérience dans un domaine que j'aime pas pour accéder à un domaine que j'aime ça ça vous a jamais parlé par exemple oui faut faire des choses qu'on n'aime pas mais moi je pars du principe on peut quand même choisir un peu ou j'ai beaucoup entendu le moi je le moi je je suis pas sûr que les patrons soient d'accord avec votre moi je ou des jeunes Desil en plateau pour se voir inculquer le catéchisme du bon salarié avant de recevoir une proposition d'emploi je rappelle qu'en tant qu'experte Nina alerte souvent sur le fait que les étudiants doivent être capables de bien jongler entre l'entreprise et les études et surtout apporter une valeur une réelle valeur ajoutée à l'entreprise c'est-à-dire que voilà je vais pas vous dire de de de donner autant qu'un CDI mais c'est c'est ce qu'il faudrait dans l'idéal non vraiment on narrête pas le progrès je pense qu'un jour si on a un président intelligent un gouvernement intelligent je serai forcément ministre de l'Emploi il ne faut pas croire que les médias privés ont le monopole de ce mélange commercial des genres chaque année depuis 2013 France Info organise par exemple l'événement c'est mon boulot des clés pour réussir un cycle de conférence visant je cite à accompagner les publics dans les grandes mutation du monde du travail et en langue commune à offrir des tribunes au patrons et au gouvernement édition 2022 en direct de rouan vraiment l'idée c'est d'être le plus concret possible c'est que vous ressortiez d'ici avec des idées des pistes des solutions une meilleure compréhension des secteurs des métiers des compétences quiattendent les entreprises des secteurs d'avenir des voies sur lesquelles vous pouvez vous engager que ça soit dans le numérique l'industrie l'artisanat on va le faire avec des chefs d'entreprise des gens de terrain sur ces 2 heures d'événement on aa entendu l'autopromotion de deux élus de 5 PDG du privé de trois directeurs d'école de formation ou d'un organisme parapubl mais aussi de H cadres dirigeants et un économiste travaillant pour la boîte d'intérim inded en queue de peloton seulement une salariée lambda de quoi méditer la question de clôture du journaliste de franceino est-ce que c'est un métier d'avenir journaliste si l'on entend par journalisme un métier consistant à faire le SAV des intérêts des dirigeants d'entreprise sur le marché du travail incontestablement la réponse est oui en 2021 nous interrogions le journaliste Julien brigot à propos de la médiatisation du travail au fond nous disait-il ce qui intéresse les journalistes c'est ce vers quoi ils sont poussés à écrire valoriser le travail et valoriser une société dans laquelle il faut accepter la subordination inconditionnel du salarié vis-à-vis du patron le travail des journalistes permet de normaliser tout ça il y a bien sûr des périodes de parenthèses pendant les crises on va avoir des papiers sur l'exploitation et les méchants patrons leur salaire mirobolant mais dès le lendemain on en revient au discours habituel on ne peut pas faire sans eux ce sont des évidences qui modèlent l'opinion et fabriquent le consentement il s'agit de rendre désirable une société profondément indésirable parmi ces évidences celles que les Français travaillent moins que les autres occupe une très bonne place dès qu'il est question de temps de travail dans le débat public les grands médias raffolent de comparaison avec d'autres pays européens notamment l'Allemagne ou la Grande-Bretagne ces comparaisons parfois simplifiées souvent biaisées constituent même un véritable maronnier elles reviennent notamment avec la publication des rapports de l'Institut patronal Corex code dont les journalistes font une lecture par cel sur la dernière décennie et malgré de vieux démunquage dans la presse le matraquage est réglé comme du papier à musique ici en 2012 mais aussi 2 ans plus tard en 2014 ou comme on le voit de nouveau en 2016 et rebolote en 2023 et bien sûr dans un vaste élan moutonnier l'audiovisuel prend le relais à chaque fois Emmanuel gessua bonsoir vous êtes directeur des études de l'Institut rexcode et vous venez de publier une étude sur le temps de travail en Europe vous avez comparé le temps de travail pour les salariés dans les 28 pays de l'Union européenne alors c'est le résultat d'une étude sérieuse mené par ex code organisme plutôt libéral les salariés français à temps complet sont ceux qui travaillent le moins dans l'année 1668 he en 2022 nettement moins qu'en Allemagne en Espagne ou en Grande-Bretagne ça explique peut-être une partie de nos difficultés économiques non ce qui creuse l'écart ce sont nos jours d'absence oui un un salarié français est absent du travail plus de 10 semaines par an et c'est bien d'avantage qu'ailleurs en décembre 2024 encore le 20ur de TF1 ne laissait planer aucun doute en France les salariés à temps complet travaillent 1673 heures par an contre 1790 he en moyenne dans l'Union européenne pour vous donner une idée nos voisins allemands travaillent 3 semaines de plus outre qu'il polarise l'agenda au détriment d'autres études sur le travail ces chiffres sont souvent sortis de leur contexte notamment lorsqu'ils ne prennent pas en compte les les heures supplémentaires les congés les petits jobs plus fréquents chez nos voisins et les différentes pratiques organisationnelles du travail dans chaque pays mais l'idée est tenace à cause des 35 heur répète nombre de médias les salariés français qui travaillent à temps plein travaillent moins que leurs voisins sauf que si l'on ajoute les temps partiels moins fréquent et plus longs dans l'Hexagone et les emplois non salariés ça change tout pour clore le débat une étude sur le temps de travail hebdomadaire effectif au sein des pays européens publié par Eurostat en en mai 2024 révèle qu'en 2023 les personnes âgées de 20 à 64 ans travaillaient en moyenne 36 heur par semaine et que la France se situe pile dans cette moyenne devant l'Allemagne 34h la Belgique le Luxembourg ou les Pays-Bas mais aussi très loin derrière la Turquie 44h ou la Pologne 39h sans doute des modèles pour nos médias enfin peut-être que ces différen signifi qu' en réalité de telles comparaisons n'ont pour ainsi dire aucun sens car encore faudrait-il comparer le temps de travail par catégorie d'emploi et dans des conditions similaires comme l'écrit Denis Colombi cette réduction du travail au temps est typique de la façon dont on voit le travail sous le capitalisme sans qualité il n'est caractérisé que par des grandeurs numériques le temps donc mais aussi éventuellement son prix ou sa productivité les deux étant souvent confondus au point de n'en devenir qu'une abstraction qui masque le travail concret ces heures d'antenne et de bavardage constitue donc un autre ressort médiatique de l'invisibilisation du travail au service d'un variant idéologique exiger que soit renié sans fin les conquêtes du mouvement ouvrier cet acharnement il n'est pas nouveau il est même aussi vieux que la lutte des classes est consubstantielle à l'histoire d'une partie de la presse dont la dépendance à l'égard du pouvoir économique est très loin d'être une spécificité contemporaine au fil des époques en effet qu'il a été question d'augmentation de salaire ou de diminution du temps de travail les mêmes refrains se sont fait entendre inlassablement présager de conséquences économiques néfastes et agiter le spectre de la faillite de la France décréter que les avancées sociales n'arrivent pas au bon moment pester contre les modalités d'encadrement du temps de travail toujours rigide toujours contraignante et prenit en conséquence leur détricotage instantané opposer les travailleurs entre eux en triant le bon gris laborieux de l'ivra privilégiés aussi quand on se promène dans les archives de presse on n'est pas vraiment dépaysé retour par exemple en 1919 au lendemain de la Première Guerre mondiale malgré une presse ouvrière et communiste bien plus puissante qu'aujourd'hui les idées du patronat disposent de haut-parleurs autrement plus influents notamment auprès des élites politiques revendication de longue date du mouvement ouvrier la journée de 8h est alors poussée par la CGT et un projet de loi est adopté en ce sens le 23 avril 1919 quelques jours auparavant le quotidien catholique Lacroix très conservateur à l'époque n'avait pas de mot assez dur pour fustiger je cite la loi du moindre effort la journée sans travail des bolcheviques et ceux qui n'aiment pas travailler la réforme se réaliserait en d' EMP sans heur sans méces il ne semble pas devoir en être de même à l'heure actuelle et sa réalisation hative et inopportune semble destiné à jeter un nouveau trouble sur le marché commercial autre exemple délicieux tiré du quotidien Le Temps ancêtre du monde le 16 juin 1919 les fêtes ne tombent pas forcément un dimanche jour de l'an lundi de pâqu ascension lundi de pancôte 14 juillet Assomption tout saint Noël ajoutez-y le 1er mai et le 11 novembre les ponts les vacances les congés pour mariage enterrement baptême maladie et cetera en réalité la journée de travail nominalement de 8h serait en fait de 6h on voit par là qu'il n'est pas exagéré de dire que la formule de la semaine de 48h peut avoir des conséquences graves pour l'ensemble de la production nationale ça vous rappelle des choses la France compte 11 jours fériers 5 comme aujourd'hui pour des commémorations et 6 pour célébrer des fêtes religieuses comme la toussin ou Noël alors s'il fallait vraiment choisir un lequel faudrait-il supprimer et pourquoi pas donc le 11 novembre que certains ont chôumé hier d'abord pourquoi bah parce que effectivement les statistiques sont implacables nous Français ne travaillons pas assez le Lund de pôte on a contribué à financer le 4è âge et ce franchement 3 milliards dans le contexte on prend alors c'est pas mal il y a pas de quoi mettre le Pay à fl mais c'est pas mal pourrait au nom de l'effort collectif Suppr unre je pas faire que des amis près de 20 ans plus tard on retrouve les mêmes contre la semaine de 40h fruit de grève massive concédé par le gouvernement de Léon Bloom en juin 1936 comme le soulligne le journaliste Pierre Anser sur retro news la presse conservatrice de droite et d'extrême droite fait preuve d'une violence inouie Le Figaro anticipe alors je cite un sombre avenir nous sommes sur la pentete de l'expérience socialiste nous glissons c'était le 14 juin 1936 pour le compte de l'organisation patronale ordre et bon sens la revue l'animateur des temps nouveaux édite des affiches qui résument assez bien la propagande de l'époque misère vie plus chère faillite chômage accru rendement des impôts moindres la semaine de 40 he écrasera le travailleur français bien-être amoindri une fois de plus trompé par l'International le travailleur français se laissera-t-il prendre au mirage le patronat se déchaîne contre cette conquête sociale qui doit encore s'arracher par des grèves au moment des négociations par branche le très influent quotidien L'Écho de Paris soutien du parti social français du colonel de laaroc va même jusqu'à lancer dans ses pages un grand référendum sur les 40 he près d'un an après l'adoption de la loi c'est le journaliste Henry de Kerilis qui en est à l'initiative il déploie une féroce campagne contre je cite un drame dans lequel le pays risque de sombrer une grande calamité publique une politique mortelle les caranteurs ruinent les entreprises et jettent patrons et ouvriers sur la paille elle vouent les petits rentiers les pensionnés et les fonctionnaires à la famine écrase le petit commerce arrache les paysans à la terre et vide les campagnes pendant près d'un mois les lecteurs sont quasi quotidiennement incités à signer un bulletin de protestation reproduit dans le journal dans le but de faire pression sur le gouvernement on le voit au fil des années l'asservicement d'une partie de la presse aux intérêts économiques au R généré sans trêve c'est l'eau de matraquage patronal filant cet héritage quantité d'économistes experts et journalistes ont engager toute leur force dans la bataille contre les 35 heur mises en place à la veille des années 2000 rendre compte du fait fanatisme avec lequel les néolibéraux ont fait campagne à cette période et longtemps ensuite nécessiterait une vidéo entière grande signature du Figaro du point des échos mais également éditorialiste au monde l'illustre Nicolas bavz n'aura par exemple cessé d'écumer les plateaux et les colonnes des journaux alors Nicolas bavrez alors la France tombe PAF regardez la crise de l'hôpital de cet été parce que c'est valable dans le service on peut parler aussi du service public cette fermeture des lits elle s'explique par les 35 he parce que vous pouvez pas créer des des postes d'infirmière du jour au lendemain donc quand on a dit qu'elle travaillit pas plus de 35 he et ben vous n'avez plus d'infirmière ça c'était en 2003 au moment où les chferies médiatiques lui déroulaient un éè tapis rouge dont le seul mérite est d'avoir produit quelques pépites pour la postérité notamment celle-ci dans l'émission d'Alain finkelcroot sur France Culture la gauche française elle a toujours pas fait son adjournamento idéologique elle a toujours pas coupé le cordon ombilical avec Marx aujourd'hui on on est train de s'apercevoir de quoi on est en train de s'apercevoir que les 35 HE sont une catastrophe certaines études médicales montrent que le temps libéré par les 35h c'est aussi de l'alcoolisme en plus des violences conjugales et que plus on descend dans la société et plus les avantages y compris sociaux soit-disant des 35 heur sont éminemment contestables oui jadis contre les améliorations des conditions de travail et depuis 40 ans pour la destruction des conquêtes ouvrière la régularité avec laquelle se déploient les campagnes du travailler plus ou plus longtemps a bien sûr tout tout à voir avec les orientations des politiques publiques du Parti socialiste à la droite traditionnelle mais face à la CE de l'État social les grands médias sont loin d'exercer un rôle de contrepouvoir le cas des multiples réformes des retraites suffirait à classer l'affaire autre registre même esprit la couverture de la loi dite pour le plein emploi adopté très récemment depuis le 1er janvier 2025 celles et ceux qui bénéficient du RSA soit près de 2 millions de personnes en France se retrouent automatiquement inscrit à France travail et selon la logique de la carot du bâton ils devront attester de 15 heures d'activité par semaine pour continuer de toucher cette allocation le tout sur fond d'intensification de contrôles en tout genre au sein d'une institution qui subit et produit de la violence sociale face à cela BFM TV applaudit et tente de rassurer 15 he par semaine voilà dont on a beaucoup parlé bah ça on va en fait généraliser un dispositif qui a été testé pendant des mois dans plusieurs dizaines de départements et qui a été beaucoup critiqué alors sauf que non contrairement à ce que beaucoup pensaient l'idée de ceux qui ont conçu ce système c'est pas de dire ah bah de toute façon c'est fait pour des gens qui se laissent vivre et qu'on pas envie de s'en sortir donc on va lesouer un petit peu ça leur fera du bien non c'est pas ça c'est pas ça personne pense ça personne vraiment je pense qu'on a été au bout de la logique consistant à consistant à assister les gens je serais pour qu'on qu'on panache un petit peu notre modèle soviétique avec le modèle américain et je pense franchement qu'on a fait fait le tour de la cistana et qu'il faut aller vers qu'il faut lui tourner le dos et qu'il faut aller vers une société du travail ailleurs dans les médias on ne parle pas avec un tel cynisme mais de toute évidence la logique de la loi n'a rien pour déplaire on évoque des zones d'ombre ou des critiques mais on leur laisse peu de place comme le fait le nouvel Ops on titre sur un dispositif jugé efficace testé dans différents départements en France en septembre 2024 le monde saluait aussi une expérimentation encourageante et des ultat prometteur s'agissant du dit retour à l'emploi idem au 20EUR de France 2 comme agivor désormais partout en France il faudra effectuer 15 heures d'activité par semaine pour toucher le RSA comme suivre un stage en entreprise passer le permis de conduire apprendre à rédiger son CV plus de 74000 bénéficiaires du RSA ont testé le dispositif 40 % avaient un travail comme un CDD par exemple après 6 mois de parcours mais emploi quel contrat pourquoi faire et dans quelles conditions peu importe l'important c'est de cocher la case travail s'appuyant quelques secondes sur les témoignages d'une mère isolée le reportage de France 2 dit bien que le dispositif je cite fait polémique mais quels arguments de fond sont avancés on n'en saura strictement rien un comble lorsque l'on constate que la rédaction du 20EUR répertorie parmi ces sources le rapport premier bilan des expérimentations RSA coréalisé par un ensemble d'associations il il eut été intéressant d'en faire part aux téléspectateurs notamment parce qu'il regorge d'exemples des dérives engendrées par les expérimentations en question substitution à de véritables emplois et glissement vers le travail gratuit contrôle social de l'intimité aggravation de la mécanique des radiations et des non recours contreacours dans des secteurs aux conditions de travail difficiles on en passe et des meilleurs bref dans la droite ligne des politique contre les pauvres cette séquence reconduit la vulgade du travail à tout prix en plus de nier les réalités de l'entraide des contributions bénévoles et de toutes les activités non reconnues comme du travail privé de statut de reconnaissance et de valorisation sociale car en dehors du travail emploi point de salut si vous êtes encore avec nous à cette étape de la vidéo vous vous dites peut-être que le point commun à tous ces discours qui prennent tant de place dans les grands médias c'est que le travail y est à la fois partout et nulle part c'est précisément le constat général que dresse Denis Colomb quand il parle d'une cécité qui affecte l'ensemble du débat public ainsi écrit même quand il est question du travail il est rare qu'on regarde celui-ci en face pour ce qu'il est ce que les gens font et vivent il n'est donc pas inutile à ce stade qu'on se demande ce que l'on peut réellement voir du travail dans les médias que reste-t-il du journalisme social et quel métier capte l'attention journalistique pendant la semaine du 2 décembre 2024 on s'est livré à un petit exercice d'observation des journaux de 13h et 20h sur TF1 au niveau des professions mentionnées interviewé ou visiblebl à l'écran ce sont les artisans les chefs et responsables d'entreprises ou directeurs de service ainsi que les agriculteurs et les forces de l'ordre police et gendarmerie qui sont le plus régulièrement misise en avant quant à la vision du travail elle ne laisse guerre de place à l'évocation des conditions de travail celles-ci sont le plus souvent éludé ou évoqué très à la marge à la faveur par exemple de circonstances particulières comme des mobilisations sociales ou lors de la question ou des recettes du jour ces dernières laissant la Parbelle aux artisans il en va là d'un tropisme fort connu de T F1 dont les directions successives ont d'ailleurs fait une politique éditoriale à part entière pour élargir la focale on peut se reporter au baromètre de l'arcom qui chaque année analy la manière dont la société française est représentée à la télévision tant dans des émissions de fiction que d'information des magazines et documentairire des programmes de divertissement et cetera en 2022 les cadres profession libéral et chefs d'entreprise tiennent le haut du pavé il représente 61 % des personnes visibles à l'écran alors qu'il ne constitue que 10 % de la popul française avec les artisans et les commerçants 3 % de la population mais 6 % des personnes indexées à la télévision ces catégories sociopressionnels sont les seuls à être surreésentés regardons par exemple le cas des professions intermédiaires telleles que les catégories Linc c'est-à-dire un ensemble très hétéroclite regroupant des métiers de l'enseignement de la santé de l'administration de la fonction publique mais aussi les professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises les techniciens les agents de maîtrise et cetera 14 % de la population exerce ses métiers mais à l'écran 6 %. idem pour les employés et les personnels de service 15 % de la population seulement 9 % des personnes visibles à la télévision mais le décalage le plus important c'est chez les ouvriers qu'on l'observe comptant pour 12 % de la population ils ne sont représentés qu'à hauteur de 2 % à la télévision c'est-à-dire 6 fois moins qu'il le devrait si nos écrans étaient un reflet un tant soit peu fidèle des réalités professionnelles françaises la défiguration du réel est permanente et elle s'est aggravée au fil du temps le dernier rapport de l'arcom en date de novembre 2024 établit qu'entre 2013 et 2023 le total des employés et des ouvriers représentés sur les écrans est passé de 16 à 8 %. la télévision n'est pas le seul médium concerné en 2019 dans une enquête pour le Monde diplomatique le journaliste David Garcia avait réalisé pendant une semaine un portrait robot des studios de France Inter 177 invités tous issus des classes moyennes supérieures culturellement et économiquement favorisé à deux petites exceptions près à des heures de faible écoute sur France Info le même tropisme se donne à voir y compris dans des chroniques spécifiquement dédiées au travail l'émission c'est mon boulot par exemple aurait pu tout aussi bien s'appeler vie ma vie de cadre majoritairement ce sont bien leurs préoccupations qui sont surreprésentées leurs conditions de travail qui sont scruté leurs avancées qui sont célébrées même quand on parle de handicap de transition écologique d'égalité femm homme ou de chômage le prisme reste tendantiellement le même cet effet de loupe il s'adapte à toutes les conjonctures au moment du confinement malgré une attention médiatique plus forte aux métiers essentiels et une reconfiguration bienvenue d'une partie du débat publicque autour du sens du travail on aura vu surgir quantité de production publicitaire visant à promouvoir les perspectives radieuses qui s'offraent au cadre télétravail à madeadaire en Thaïlande mais aussi la Barbade Courchevel maie les î caillement et cetera les rédactions donnaient l'impression de se disputer la course au titre le plus navrant télétravailler au bout du monde pourquoi pas vous interroger les échos tandis que Courrier International égrainent des conseils pratiques pour travailler depuis un paradis sur terre quand je fais une pause je vais sur la plage sam'amuseê encore europin une radio qui parallèlement aura déployé la propagande la plus violente contre les salariés contraints d'aller sur leur lieu de travail inquiet des risques de contamination mais il y a sûrement aussi des arrière-pensées des motifs cachés des abus des des hypocondriaques du droit de retrait et cela porte une responsabilité particulière celle de provoquer une autre contagion une autre contagion c'est-à-dire une multiplication des arrêts de travail totalement dénué d'information cet ensemble de prospectus journalistique en disait finalement assez long sur le milieu social des rédactions dont l'entourage compé de toute évidence davantage de Digital nomades que d'éboueurs de caissières ou d'infirmières à cette C catégorie de travailleurs essentiels les grands médias ont d'ailleurs donné un nom particulièrement signifiant du point de vue de la critique des médias les invisibles mais invisible pour qui et à cause de qui dans les magazines féminins par exemple les travailleuses de première ligne sont totalement passées sous les radars des rédactions tout occupé à dégainer des injonctions à la productivité au travail et à l'efficacité à la maison donc au travail domestique à destination des télétravailleuses s'agissant de l'hôpital des reportages de bonne facture ont vu le jour à cette période mais les tranches d'informations rassemblant le plus grand nombre ont systématiquement ignoré un très large éventail de profession de santé au mois de mars et avril 2020 nous avions ainsi décompté les intervenants sollicités par cinq matinales radiophoniques France Inter RTL RMC franceino Europe 1 sur 287 invitations les professionnels de la santé on ont perçu 22 % et parmi ces 64 personnes les médecins étaient de loin les plus représentés à hauteur de 92 % au détriment d'autres catégories professionnelles pourtant essentielles à l'hôpital comme les aides soignantes les infirmières les agents de nettoyage et cetera mais aussi d'autres structures de soins profession de l'aide à la personne éepad psychiatrie et cetera si leur travail et leurs conditions de travail ont été évoqué les premières concernées puisque ce personnel est constitué en majorité de femmes ont bel et bien vu leurs paroles totalement confisqué parce que les milieux populaires sont généralement parlés par d'autres queeux mêmees Pierre Bourdieu les décrivait comm comme une classe objet par excellence ce phénomène certaines émissions l'ont d'ailleurs poussé à l'extrême au moment de la crise sanitaire 1er mai 2020 grand bien vous fasse France interre on s'intéresse au travailleurs longtemps invisible devenu visible indispensable les agents de propreté qui assurent des missions essentielles en ce moment ici à Radio France je salue raginiie ou Giselle toutes celles et tous ceux qui font en sorte que notre belle maison soit sécurisée d'un point de vue sanitaire au vu d'une telle présentation et bien que ces personnels soient présentés comme des objets de curiosité devenus indispensable et essentiel en ce moment comme s'il ne l'étaiit pas avant on aurait pu s'attendre à ce qu'une émission consacrée à l'invisibilisation des travailleurs du nettoyage leur donne la parole vous nous voyez venir casting nous recevons ce matin les professeurs au Collège de France Pierre Rosan vallon et François han Philippe Joan président de la Fédération des entreprises de propreté et Aurore desjonquier chargé d'études à la Darès on peut parler d'un exploit en majorité des hommes socialement privilégiés et blancs convoqués pour évoquer une profession particulièrement féminisée précaire et racisé CQFD dans l'enquête sur France interre que l'on citait précédemment David Garcia confrontait un grand reporter de la chaîne à ce type de médiatique voici ce qu'il répondait on a tendance à inviter les bons clients des professionnels du discours aptes à tenir le micro pendant 7 à 8 minutes ce n'est pas donné à tout le monde et encore moins sans doute à une femme de ménage ou à un ouvrier peu familier de de ce type d'exercice cela demanderait sans doute des efforts supplémentaires mais rien n'indique qu'il existe en France aucun gilet jaune ou aide soignante capable de répondre aux questions de Nicolas Demorand et de la salamet tout indique précisément que ces dispositifs sont pensés par des privilégiés pour des privilégiés il pourrait donc en être autrement pour peu que les professionnels des médias ne naturalisent pas les conditions de reproduction de l'entre soi et prennent la peine de les penser différemment mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'on en prend pas du tout le chemin récemment le service public en a d'ailleurs livré un exemple proprement spectaculaire le 9 novembre 2024 Léa Salamé justement consacrait une page de son émission quelle époque au dernier film de Gilles Perret et François Ruffin au boulot l'idée c'est pas ici de porter un avis critique sur le film mais bien de regarder ce qu'en fait l'équipe de France 2 en plateau le député est présent tout comme deux des femmes tournant dans le film Louisa HB auxiliaire de vie et la juriste et chroniqueuse réactionnaire Sarah saldman que François Ruffin entreprend précisément de mettre au boulot en lui faisant voir ou pratiquer pendant une semaine une série de métiers peu visibilisé par les médias livreur marieeur serveur employé de ménage auxiliaire de vie câur travailleur associatif et cetera pourtant de ces métiers il ne sera jamais question dans l'émission quant à Louisa ARB sur une séquence de 30 minutes elle n'aura la parole que durant une minute et 37 secondes celle qui fa événement c'est Sarah Salman je ne veux pas lui mouiller la compresse mais si elle est pas là ça passe par c'est pas le même film enfin moi à la fois je ne je supporte pas ce qu'elle dit et en même temps plus elle me fait marer je dit qu'il y a une tension entre mais la vraie question vous disiez en loge disait mais à quel moment ils sont tomb amoureux c ça vraiment Louisa ARB devra d'ailleurs attendre 7 minutes et 30 secondes avant d'être sollicité pour la première fois personne en plateau n'a l'air de le percevoir ou le ressentir comme un problème et pour cause tous sont issus du showbusiness du monde de la culture haut de gamme et du journalisme les écrans ce sont eux quand ils se parlent ils se parlent entre eux ainsi hormis pour lui demander combien elle gagne Louisa ARB ne sera jamais questionnée sur son travail et la première question qu'on lui pose on vous le donne en 1000 porte sur quelqu'un d'autre qu'elle évidemment vous saviez pas qui était Sarah Salman si si si si si je l' conissz ouais ouais entre deux interventions bah elle l' quand même traité de Fas en fait Heou voilà qu'est-ce qu' vous pensier d'elle qu'est-ce que vous pensiez d'elle quand vous l'entendiez parler de Fas de mais dans quel monde elle vit quoi noyer le réel sous les paillettes le sensationnel l'émotion qui fait de bonnes images la condescendance la satisfaction d'avoir bien fait la charité quelle chance Madame nous avons d'être à vos côtés éveillé bien s s à ce que la chose politique n'it jamais sa place ou si peu quelques secondes seulement entre deux tranches de rigolade Louisa si vous aviez Emmanuel Macron là sur ce plateau vous lui diriez quoi vous lui demanderiez quoi mais je lui demanderai la première chose c'est un vrai statue on n pas de statue et vous lui demanderiez aussi de récurer les chiotes un peu quand ouais un petit peu ouis je après il y a chez vous François Ruffin il y a une obsession des riches chez vous comme le riche depuis toujours depuis avant même que vous soyez député le riche forcément c'est le grand méchant loup le diable et cetera louisa est en plateau dans un monde qui n'est pas le sien mais en définitive les habitués ne l'auront jamais vraiment laissé rentrer et son quotidien de travail il est rester à la porte certains développements de Pierre bourdieux sembl avoir été écrit précisément pour cette séquence la télévision disait-il peut paradoxalement cacher en montrant la télévision a cette propriété qu'element montre bon mais on peut paradoxalement cacher en montrant B alors mainant évidemment en montrant autre chose qu' que ce qu'il faudrait montrer bon si on faisait ce qu'on est censé faire c'estàdire unmer mais on peut aussi cacher en montrant ce qu'il faut montrer mais en le montrant de telle manière qu'on ne le montre pas en montrant de telle manière que on on on le décompose ou on le déconstruit on le rend insignifiant ou au contraire qu'on le construit de telle manière prend un sens qui ne correspond pas du tout à la réalité alors bien sûr certains os tirent leur épingle du jeu proposent ce travailleur autre chose qu'un simple rôle de témoignage passif et réussissent à montrer le travail dans le monde parfois ou encore à Libération où on se souvient par exemple de cette riche enquête sur les forçats de l'agroalimentaire on peut également mentionner le récent reportage de complément d'enquête sur les conditions de travail au sein des magasins action si l'on cite ces exemples c'est pour appuyer ce qu'rimè répète souvent un autre journalisme possible la preuve il existe déjà mais si on garde ces reportages en mémoire c'est aussi parce qu'il relève davantage de l'exception que de la règle pour ainsi dire ce sont des productions hors norme qui par contraste rendent saillante la norme celle qui occulte en permanence les conditions de travail de millions de personnes en France et ailleurs dans le monde les reportages qui montrent vraiment le travail on les trouve surtout en dehors du paysage dominant dans des médias indépendants grâce à des journalistes soucieux de faire exister une véritable critique mais également grâce aux travaux de chercheuses et chercheurs sociologu pour la plupart toutes ces enquêtes ont en commun de donner à voir les conditions de travail réelles mais aussi de connecter directement l'exploitation des dominés au dominant ces journalistes ces universitaires qu'on est en train de voir ici vous les connaissez peut-être mais une chose est sûre contrairement au toutologue vous ne les croisez pas tous les 4 matins dans les colonnes des journaux et encore moins à la télévision certains sont bien sûr invités de C de là France Culture se dit distingue en leur accordant une place non négligeable mais l'espace qui leur est réservé dans le paysage médiatique dominant pèse relativement peu la conséquence c'est une invisibilisation des réalités peu ragoutûtantes des conditions de travail en France à la faveur d'un appauvrissement toujours plus grand du débat public et d'une prime à la médiocrité moi ça m'arrive de conduire des formules 1 c'est j'ai 70 ans ou presque ça r à rien qu'on me dise pas qu'à 52 ans on peut plus conduire un métro pour ne faire qu'une rapide comparaison les sondages à la petite semaine de l'instit Montaigne sur l'épidémie de flemme dont on vous parlait tout à l'heure auront fait infiniment plus de bruit médiatique que les enquêtes conditions de travail sur lesquelles s'appuie par exemple la sociologue Dominique MEDA depuis très longtemps dans ses travaux menés sur plusieurs décennies elles suivent un vaste panel d'actifs et croisent de très nombreux indicateurs l'enquête française met en évidence une dégradation du travail depuis plusieurs décennies après une pause entre 1988 et 2005 le processus d'intensification du travail a repris rendant le travail de plus plus en plus difficile à supporter pour de nombreuses personnes la vague 2019 a mise en évidence que pour 37 % des actifs leur travail était insoutenable de quoi questionner à tout le moins les mythologies sondagiaères régulièrement répondu par les médias sans aucune précaution mais aussi les excès de clairevyance du Figaro visiblement seul à percevoir une majorité silencieuse de Français qui s'épanouissent au travail ainsi à l'image des innombrables grèves ne bénéficiant pas du moindre écho médiatique de nombreuses réalités illustrant certains des aspects les plus conflictuels et les plus significatifs du monde du travail passent continuement sous les radars ce fut le cas par exemple de la condamnation définitive du groupe wig en janvier 2021 pour recours à du travail dissimulé sur le chantier de l'pr de Flamanville dans le paysage des médias généralistes un article dans Mia part un autre dans le Canard enchaîné trois lignes dans West France et c'est tout le jugement aurait pourtant justifié une couverture de grande ampleur à de nombreux égards celui des faits incriminés par exemple une centaine d'accidents du travail non déclaré et l'embauche illégale de 460 travailleurs roumains et polonais qui rapportent mediap ne disposaient d'aucune protection sociale d'aucun conget payé pour une majorité d'entre eux et pour certains d'aucun bulletin de paix il est vrai que le portrait d'un PDG du Cac40 et propriétaire de médias usant de méthodes esclavagistes sur un chantier pharaonique pour la construction d'un ouvrage aussi anodin qu'une centrale nucléaire ne correspond guère à la vision irénique du travail en voque dans les médias les accidents du travail leur sont d'ailleurs relativement étrangers alors qu'ils constituent pourtant un phénomène social majeur nous avions eu l'occasion d'en discuter avec Mathieu Lépine professeur d'histoire-géographie et auteur du livre l'écatombe invisible qui depuis plusieurs années recens les articles de la presse locale et nationale traitant de cette question ses observations étaient éta sans appel dans les grands médias le terme accident du travail est souvent tabout les reportages sur les familles des blessés ou des défunts sont inexistants et les enquêtes sur les politiques patronales ou les conditions de travail sont totalement résiduelles traités comme des faits divers les accidents du travail font l'objet d'une couverture dépolitisée qu'on pourrait résumer comme ça un grand malheur sans cause en ce domaine l'humanité et d'autres médias indépendants réhaussent le niveau mais leurs enquêtes ne circulent que très marginalement dans le pays paysage mainstream un travail réalisé grâce aux outils numériques de Lina permet par exemple de mettre en évidence les manquements de l'audiovisuel en la matière en 2023 dans cinq des principaux journaux télévisés le terme accident du travail a été employé seulement 13 fois sur les quatre chaînes d'information en continu on ne dénombre que 311 occurrences cumulées face à de tels angles morts les justifications avancé auprès de Mathieu Lépine par les journalistes ou par leur rédaction en chef sont finalement assez classiques le sujet n'est pas vendeur ou encore il n'y a pas d'actualité sur le sujet et pourtant nous disait-il tous les jours quelqu'un est mutilé par une machine tous les jours quelqu'un meurt au travail l'actualité il faut être vraiment aveugle pour ne pas la voir plutôt que d'informer réellement sur la souffrance au travail et sur la responsabilité des politiques patronales nombre de médias optent pour des formats magazine qui prescrivent de travailler sur soi fini le syndicalisme au revoir les débrayages l'heure est à la quête de solution individuell pour trouver le bien-être et développer sa résilience Laura est auto-entrepreneuse elle travaille régulièrement dans cet espace de coworking mais depuis quelques mois ce qui lui prend du temps c'est de partager sa nouvelle vie sur un blog intitulé Pourquoi je me lève à 5h et demi tous les matins est-ce que vous gagnerez à en faire autant elle y décrit point par point les étapes à suivre et ces journées commence toujours par le même rituel une séance de méditation c'est le livre en fait qui m'a incité à me lever plutôt et à avoir cette série d'activités qu'on appelle un rituel ou une routine matinale c'est le patron lui-même qui a proposé à ses collaborateurs de participer à des ateliers méditation et yoga et observer le la petite détente qui se crée dans le bas de votre dos c'est comme un petit massage ces ateliers font partie d'un programme complet établi par la team bien-être yango une société terarnaise qui accompagne les entreprises dans leur politique de qualité de vit au travail assis autour d'une table les yeux fermés nous nous sommes laissés guider par le gong des clochettes et la voix de Lucy pascuto une soprologue pour cette séance de méditation alors pourquoi vous rigolez c'est la meilleure excuse de l'histoire pour en réunion nous avons essayé de sortir de notre pilotage automatique pour se focaliser sur la tension observer les 6 rassurer les téléspectateurs ça ressemble pas à ça nos conférence de rédaction à dosser au tras à la mode journalisme de solution ces productions sont un concentré de dépolitisation et un véritable gâi autant de temps passer à ne pas poser les questions essentielles autant de temps à ne pas véritablement parler du sens du travail et de l'organisation de la production dans un monde en pleine crise écologique que produit-on pour faire quoi dans quelles conditions comment organise-t-on le travail et qui en décide l'organisation des salariés est d'ailleurs un angle mort total des journalistes le traitement médiatique des élections professionnelles par exemple que ce soit dans les très petites entreprises ou dans la fonction publique se distingue année après année par ses faillites à répétition quand à évoquer des formes alternatives d'organisation du travail qu'ell proviennent des travailleurs eux-mêmes du champ intellectuel politique ou associatif ne rêvez pas les réflexions proposées par Bernard Friot et le réseau salariat Daniel linart Nicolas dailva et tant d'autres n'ont quasiment pas droit de citer dans les grands médias après un tel panorama on peut sans mal affirmer que le journalisme social est de fait une espèce en voie de disparition reste à se demander dans cette dernière partie pourquoi comme le rappellent les sociologues Jean Baptiste Kombi et Benjamin Ferron le journalisme est une profession structurée malgré de fortes disparités internes par une tendance forte à l'ourgeoisement en particulier dans ces franches dominantes ou intermédiaires la sociologie des journalistes est indéiablement un facteur à même d'expliquer le désintérêt la méconnaissance voire le mépris des professionnels des médias et notamment des cheferies éditoriales vis-à-vis des classes populaires et des métiers qu'elles exercent relégué au bas de l'échelle sociale l'évolution spécifique du profil professionnel des journalistes sociaux en est un autre dans l'étude qu'elle leur consacre la politiste Sandrine lévque montre comment au début du 20e siècle l'engagement militant au côté des travailleurs politiques et syndical était un principe valorisé qui participait même intrinsèquement de la légitimation des journalistes sociaux en tant que groupe professionnel mais avec le triomphe du néolibéralisme et des discours enivrés proclamant la fin des classes sociales militantisme et référence au monde ouvrier sont progressivement apparu comme une ressource dévaluée le profil engagé des journalistes sociaux finit par être remis en cause et même dénoncé au profit d'un autre beaucoup plus technicien un ancien président de l'Association des Journalistes d'information sociale lagagis également rédacteur social dans un quotidien économique témoignait ainsi dans l'enquête de Sandrine lévec dans les années 80 on a beaucoup travaillé pour ouvrir les journalistes sociaux à l'économie on était tous formés à ça parce qu'on venait de l'économie de science pot ou des facs de droit alors on a essayé de faire comprendre aux journalistes sociaux qu'il fallait traiter les problèmes sociaux autrement qu'en terme de rapport de force syndicat patronat donc il fallait prendre en compte de nouvelles notions la rentabilité la productivité et cetera ils l'ont très bien compris tellement bien que le résultat a été que les journalistes sociaux ou dis sociaux ont très vite dérapé et n'ont plus traité que le caractère économique des conflits un recadrage de l'information social allant de paire avec la financiarisation des médias eux-mêmes dans lesquels tout concours a sapé les formats de report comme le travail d'enquête et d'investigation on pense à la FP marqué par des tentatives de démantellement pur et simple du service d'information sociale le cas de France Inter est aussi très parlant où les directions ont fait de la critique sociale l'une de leurs cibles favorites un seul exemple malgré de bons chiffres d'audience l'émission comme un bruit qui court qui avait succédé à labas j suis enterré par Laurence bloc en 2014 a été à son tour éjecté par la même directrice en 2019 parce qu'elle était je cite trop militante les deux journalistes animateurs Antoine Chao et Charlotte Perry ont alors hérité d'un créneau chacun 15 minutes le dimanche pour c'est bientôt demain et 10 minutes le samedi pour di française ces deux émissions étaient parmi les dernières sur la grille à faire le portrait de travailleurs et travailleuses de l'ombre mais aussi à rendre compte des luttes sociales et environnementales à l'été 2024 elles ont été supprimées il faut bien dire que les dirigeants de média mènent d'autant plus facilement la danse que la résistance collective s'amenuise dans les rédactions elles aussi éclaté comptant un taux de ricalisation extrêmement faible et où tout le monde ne fait clairement pas le même métier en haut une élite starifiée qui cumule prestige social au revenu et pouvoir éditorial en bas une armée précaire qui doit faire vite et chip en renonçant bien souvent à toute forme d'autonomie intellectuelle sur son travail tout cela a bien sûr de lourdes conséquences sur la production et la qualité de l'information on a beaucoup entendu parler des grèves à iTélé europin ou ojdd toute brisée par Boloré mais ce serait ignorer que la violence ACC cour partout dans ce milieu entre 2000 2012 et 2020 1469 équivalents temps plein ont été supprimés à France Télévision où s'vissent des réorganisations en cascade qui broit des journalistes à Radio France les salariés affrontent depuis des décennies des saigné budgétaires une précarisation organisée et massive du travail tout particulièrement à france-bleleue où les protestations ont lieu jusqu'à aujourd'hui dans un silence assourdissant on pourrait continuer encore longtemps la photographie de cette longue dégringolade pour pousser la réflexion on vous renvoie vers le livre du sociologue Alain un cardau journaliste précaire journaliste au quotidien ou celui plus récent de Sophie aostache bâtonné car le travail des soutier de l'information fait lui aussi l'objet d'une invisibilisation massive dans le débat public pour nous c'est une manière presque méthonimmique de boucler la boucle de cette vidéo comment informer correctement sur le travail dans un environnement où l'information est considérée comme une vulgaire marchandise dans des médias possédés par des industriels en quête de rentabilité sous la domination de cheferie socialement privilégié qui dicte le travail des autres c'est tout un système qu'il faut transformer nombre de perspectives existent en ce sens et on tâchera de vous les présenter dans un prochain épisode merci beaucoup d'avoir suivi ce 5e épisode de 4e pouvoir la série d'acrimè et de Blast s'il vous a plu pensez à liker la vidéo à la commenter à la partager et à activer la cloche encore un épisode qui nous aura demandé beaucoup de travail et forcé à regarder des séquences insupportables de mépris et de bêtises alors alors si vous souhaitez nous aider dans cette tâche laborieuse et pénible n'hésitez pas à vous abonner ou à faire un don à blast et bien sûr à soutenir le travail d'acrimè que vous pouvez retrouver sur notre site Internet ou à travers la revue média critique merci et à bientôt pour un nouvel épisode BW [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements]
Emmanuel Macron