Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
videoyoutube.com· 10 juillet 2026

« Pour la première fois, nous allons considérer que tuer peut être un soin »

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

où là, il y avait eu plus de 200 personnes interpellées, des violences, des heurts. Et je le disais, et merci d'être avec nous François-Xavier Bellamy, on va essayer de prendre un peu de hauteur, dans notre société qui s'est ensauvagée, une nuit festive, plutôt calme, avec malheureusement ce drame qu'on vient de relater, mais on s'est tellement habitué aux violences émeutières qu'aujourd'hui on souffle, on se dit « ah bah tant mieux, tant mieux, on n'a pas eu tant de violences que ça ». Qu'est-ce que ça dit de notre société François-Xavier Bellamy ?

Je peux même vous partager une petite expérience personnelle, j'étais toute la semaine à Strasbourg pour la session plénière du Parlement européen, et ces derniers jours, les collègues que je croisais de tous les pays d'Europe me disaient « alors vous avez un match jeudi, est-ce que vous allez encore brûler Paris ? » Et aujourd'hui cette image qui est renvoyée de la France, elle touche aussi le reste du monde, et elle dit effectivement la gravité d'un problème de société, heureusement ne s'est pas manifesté la nuit dernière, grâce en particulier à la mobilisation des policiers et des gendarmes qui étaient sur le terrain, mais c'est vrai que ça dit l'ampleur du travail que nous allons devoir faire dans la durée pour reconstruire une sécurité, une unité de notre société qui permette d'éviter que la fête ne rime presque quasiment systématiquement avec la violence. Oui, Stanislas Godon, est-ce que c'est vrai que les renseignements territoriaux espéraient une victoire de l'équipe de France parce qu'en cas de victoire du Maroc, ils imaginaient plus de heurts ?

Oui, alors en fait il y avait une note des renseignements territoriaux où ils avaient élaboré plusieurs scénarios, notamment, rappelez-vous, ça a été évoqué sur votre plateau je crois hier, avec des supporters algériens qui auraient mis des t-shirts des supporters marocains pour s'infiltrer justement au cas de victoire et puis peut-être mettre le bazar. Bon, voilà, ça c'était des projections, les renseignements, ils le font en fonction de ce qu'ils collectent, évidemment sur la toile, par rapport à leurs sources, et bon, ils sont obligés d'anticiper. Voilà, maintenant ça n'a pas été le cas, voilà.

Eh bien tant mieux, mais tant mieux ! Tant mieux, mais effectivement ça devrait être la normalité, on est bien d'accord. André Valigny, tant mieux !

Non mais j'ai l'impression que vous jubilez...

On ne peut pas repasser l'émission d'hier soir. Qu'est-ce que vous pouvez dire par là, André Valigny ? Eh bien hier soir, il y avait un sujet très très long sur la France qui se barricade, la France qui a peur, Paris qui est en l'état de siège.

C'est vrai. Et moi très modestement, j'ai dit attendez, il ne s'est encore rien passé, il ne faut pas trembler avant d'avoir la fièvre, peut-être que tout se passera bien, et tout s'est bien passé. Mais tant mieux !

Et là maintenant je suis en train d'entendre que, ah oui, mais alors si le Maroc avait gagné, il y aurait eu...

Mais qu'est-ce que vous en savez ? Mais c'est les renseignements territoriaux ! Oui, c'est les renseignements territoriaux !

Ah d'accord, donc vous êtes sombré dans le complotisme ! Vous avez un côté Donald Trump ! Non, là c'est les renseignements territoriaux qui sombrent parfois dans le complotisme.

Vous pensez que les renseignements...

Ça s'est bien passé, réjouissons-nous, ça s'est très bien passé. Vive la France, vive le Maroc, vive le football ! Pardon, mais puisque vous interpellez effectivement le travail notamment des renseignements, heureusement qu'on fait un peu d'anticipation.

Si on ne faisait pas d'anticipation dans tous les domaines, ça poserait un sérieux problème. Y compris d'ailleurs en matière de terrorisme, vous voyez par exemple. Ah sur le terrorisme, c'est autre chose !

Non, mais bien sûr, non, non, mais...

Sur le terrorisme, ils sont très...

La filière du renseignement, c'est une doctrine, c'est une manière de faire. Et en fait, on collecte des infos et on fait de l'analyse, de l'introspection, de la prospection sur ce qui peut se passer. Parce que sinon, vous vous retrouvez à faire du commentaire sur ce qui s'est déjà passé.

C'est bien ça le problème. Et si vous voulez mettre des forces en présence, à la fois sur le tandem police-justice d'ailleurs, parce qu'il faut qu'il soit effectivement sur le terrain et qu'il soit à pied d'œuvre lorsque il est potentiellement possible que des choses arrivent, et bien moi je pense que c'est bien d'anticiper, vous voyez. Et alors quand il y a eu la finale de la Ligue des Champions, avec 400 interpellations, des émeutes partout, Paris à feu et à sang, d'après ce qu'on a pu voir ici ou là, ce qui n'était pas le cas d'ailleurs.

Mais le renseignement territorial...

Il y a eu 300 policiers blessés ! Le renseignement territorial n'avait pas prévu ça du tout alors ? Le renseignement territorial n'avait pas prévu ?

Mais bien sûr que si, puisqu'il y avait des notes comme quoi il y avait des risques de débordement, bien évidemment. C'est pour ça qu'on a mobilisé 8 000 policiers sur la plaque parisienne, 22 000 sur l'ensemble du...

Mais vous voulez en mettre combien ? 150 000 des policiers ? Est-ce que la doctrine de maintien de l'ordre était la même hier soir ?

Je pense que ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est peut-être si on réinstaurait l'autorité de l'État, et j'interpelle notamment un député, enfin un homme politique qui notamment est engagé. Et bien voilà, ça c'est peut-être le sujet de demain.

C'est réinstaurer l'autorité de l'État avec un tandem police-justice qui soit efficace et qui applique les lois déjà existantes. Si on faisait preuve juste d'un peu de fermeté, peut-être que ça changerait un peu la donne. Cher André, le 31 mai, sur la finale de Ligue des Champions, il y a eu 230 policiers et gendarmes blessés.

Donc quand vous dites, soi-disant, à feu et à sang, alors que vous avez 230 policiers et gendarmes qui sont blessés dans une soirée qui se voulait festive, ça me surprend de votre part. Alors peut-être que ce n'est pas ce que vous vouliez dire et que vous voulez...

Je sais très bien ce que je voulais dire. C'est exactement ça. Je suis évidemment très embêté quand des policiers sont blessés, évidemment, mais la France n'était pas à feu et à sang.

Il y a eu quelques quartiers, quelques débordements très violents ici ou là, mais la France n'était pas à feu et à sang. Je pense que André Valini, je reviens à ce que je disais tout à l'heure. C'est toute l'Europe, c'est le monde entier qui sont sidérés de voir les images de Paris après des moments comme cela.

Vous croyez que je les apprécie ces images ? Vous voulez dire que ce n'était pas si grave que ça, que ce n'était pas si grave que ça ? Vous avez même expliqué que c'était de la faute des policiers.

Vous vous concentrez sur quelques quartiers. Puisque vous mettez une loi sur la doctrine de maintien de l'ordre. Sous-entendu, si ça s'est bien passé hier, c'est parce que les policiers n'ont pas provoqué les émeutes, c'est ça ?

Non, je ne sais pas, je ne sais pas. C'est stupéfiant comme réaction. C'est une question que je pose.

C'est beaucoup d'estime pour vous, mais j'ai du mal à comprendre. C'est une question que je pose. J'entends des spécialistes dire qu'il y a parfois des doctrines qui ne sont pas les mêmes d'un événement à l'autre.

Attendez, André Valini, si des magasins sont pillés sur les Champs-Elysées, si vous avez des boutiques entières qui sont dévalisées, si des gens sont blessés, si des gens se font agresser, c'est parce que les policiers et les gendarmes gèrent mal le maintien de l'ordre ? Non, mais attendez, c'est incroyable. Je n'ai pas dit ça, je dis qu'il y a des doctrines qui sont différentes d'un événement à l'autre.

Et alors, qu'est-ce que ça veut dire du coup ? Je ne sais pas, je ne suis pas spécialiste. Il faut assumer ce que vous dites quand même.

Mais j'assume ce que je dis. J'entends des spécialistes qui disent que les doctrines ne sont pas toujours les mêmes, que la police fait son métier différemment selon les préfets de police, selon les consignes qui sont données. Je parle sous le contrôle d'un professionnel.

Non, parce que le schéma du maintien de l'ordre, il est établi, puisqu'il y a une doctrine, il y a des règles qui sont établies, notamment pour les compagnies républicaines de sécurité et pour les escadrons de gendarmes mobiles. Enfin, l'événement, il fait que vous gérez d'une manière différente un événement sportif. Et vous le faites en fonction de quoi ?

En fonction justement des remontées des renseignements. Parce que vous êtes obligés d'adapter les forces en présence, la mobilité. Ça, c'est très très important dans le cadre du maintien de l'ordre.

Parce que rappelez-vous notamment l'épisode des Gilets jaunes. L'épisode des Gilets jaunes, c'était des manifestations qui n'étaient pas autorisées. Très mobiles.

Ça partait dans tous les sens. Et vous ne déplacez pas une compagne républicaine de sécurité aussi facilement. Donc on s'est adapté et on a créé notamment les braves M.

Je dis aux auditeurs d'Europe 1, c'est Stanislas Godon que vous entendez actuellement, délégué national à l'Alliance. Je suis plutôt surpris par votre analyse, cher André Valigny. Parce que j'avais quand même l'impression que face à un tel niveau de violence...

Il n'y a pas eu de violence hier soir. Laissez-moi terminer. Il n'y a rien eu hier soir et vous continuez à parler des violences.

Hier soir, ça s'est bien passé. Je n'ai pas fini ma phrase. Soyons heureux quand même.

J'ai commencé en disant, enfin on a pu parler de football et on n'a pas parlé de ces heurts. Très bien. Et on a tellement basculé dans une société où la violence émeutière devient une habitude qu'on se félicite qu'il y ait une nuit plus calme que les autres malgré certains drames et notamment ce qui s'est passé pour cette gamine de 17 ans.

D'accord ? J'ai commencé comme ça. En revanche, ce qui me surprend, c'est que vous nous expliquiez que le 31 mai, c'était pas à feu et à sang.

Quand vous avez 230 policiers et lendarmes blessés, que dans plus d'une dizaine de villes, vous avez des émeutes, que dans plus d'une dizaine de villes en France, vous avez des pillages et que vous me dites, écoutez, le problème c'est peut-être aussi la doctrine qui change, etc. Ça explique peut-être pourquoi sur ces 30 dernières années, vous avez aujourd'hui une délinquance qui avance et finalement des Français honnêtes qui avaient peut-être envie de faire la fête, qui reculent, qui se disent, au lieu d'aller dans un bar, je vais peut-être rester chez moi. Il est 9h22, on revient dans quelques instants.

François-Xavier Bellamy est avec nous pour cette émission. Je vous sais presser, monsieur l'eurodéputé. Donc j'aimerais qu'on arrive à aborder quelques thématiques majeures avec vous dans les prochaines minutes.

Première thématique, c'est évidemment l'actualité politique et judiciaire, la présidentielle. On est à neuf mois tout pile du premier tour de la présidentielle et il y a une candidate officielle. C'est Marine Le Pen, elle l'a annoncé cette semaine dans un contexte judiciaire là aussi inédit.

Quel regard vous portez sur la Cour de cassation qui annonce vouloir rendre sa décision, son pourvoi avant le premier tour de la présidentielle ? En un sens, c'est légitime que les décisions judiciaires soient prises avant que les Français n'aient un choix à faire. Maintenant, ce que j'espère, c'est que cette présidentielle va être l'occasion de parler d'autre chose que d'un feuilleton judiciaire.

Il faut qu'on parle de la France, il faut qu'on parle des Français, il faut qu'on parle de tous les problèmes du pays qui sont si grands. Et 2027 doit être un moment démocratique déterminant pour relever ce pays qui a tellement besoin d'action. Et si on doit parler de justice, c'est d'abord, je parle sous le contrôle de Georges Fenech, mais pour parler d'André Valigny, de la reconstruction de notre appareil judiciaire.

Ce dont les Français ont besoin, c'est d'être sûrs que leur justice sera au rendez-vous pour assurer cette continuité entre le travail des forces de l'ordre, le travail de la justice pour assurer que l'État fonctionne. Et voilà, ma crainte, ce serait qu'on passe des semaines maintenant à parler d'un feuilleton judiciaire qui a bien sûr son importance, mais qui ne doit pas éclipser le sujet majeur de cette élection présidentielle qui est le grand choix démocratique qui nous attend. Question politique toujours, vous êtes un soutien assumé, affiché de Bruno Retailleau.

Je regardais les premiers sondages, ça reste une photographie de l'instant. Le sondage du mois de juillet ne peut pas forcément dire que ce sera le résultat du mois d'avril. On ne peut pas dire du tout le résultat du mois d'avril.

Bien sûr, mais il est parfois question de dynamique. Sondage Opinion Web pour les échos et radios classiques réalisé le 8 et 9 juillet dernier. 8% des Français voteraient pour Bruno Retailleau.

Ils étaient 10% fin juin. Comment vous expliquez que cette campagne, pour l'instant, ne prenne pas forcément autour de votre candidat ? Je pense que tous les Français qui nous regardent savent que la campagne n'a pas encore commencé.

Les Français ne sont pas encore dans l'élection présidentielle et c'est parfaitement normal. Nous en parlons beaucoup, mais la vérité, c'est que le moment de la campagne, il commencera sans doute à l'automne prochain, quand nous allons vraiment rentrer dans cette ligne droite vers l'élection présidentielle. Et je suis heureux que d'une certaine manière, au moins cette semaine, on voit le paysage se dessiner plus clairement.

Le Rassemblement National a désormais une candidate. On attend que chacun fasse ses propositions. Bruno Retailleau, lui, avec constance, il déroule son projet déjà depuis des mois.

Et nous avons, je crois, le programme le plus avancé aujourd'hui. Nous attendons de voir ce que les autres camps vont proposer pour pouvoir faire en sorte que les Français se prononcent d'une manière qui soit vraiment libre et vraiment éclairée. L'idée, c'est aussi de la grande clarification, savoir où les candidats veulent aller et faire avancer le pays, bien sûr, mais avec qui ils pourraient s'allier.

Quel regard vous portez sur la candidature d'Edouard Philippe ? Bruno Retailleau disait, c'est en quelque sorte le copier-coller de la Macronie. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites, jamais nous nous rallierons à Edouard Philippe ?

Pour moi, la grande question de 2027, c'est est-ce qu'on veut continuer ou est-ce qu'on veut tout changer ? Et je pense que les Français le savent bien, aujourd'hui, dans ce pays, après dix ans d'en marche, il n'y a plus rien qui marche. Et donc, il faut une alternance.

Donc, jamais vous allez rallier Edouard Philippe ? Moi, j'ai été, comme Bruno Retailleau, un opposant pendant dix ans au macronisme. Et même quand Bruno Retailleau a été au ministère de l'Intérieur seulement pour empêcher la gauche et l'extrême gauche de prendre le pouvoir en France, il continuait de dire que le macronisme était terminé, qu'il fallait sortir du macronisme.

Et je pense que nous n'avons plus le droit d'attendre le « en même temps » qui a mis la France dans le mur doit enfin trouver une conclusion. Parce que la France a besoin de choix clairs et courageux dans tous les domaines. On pourrait parler de budget, on peut parler d'école, on peut parler de sécurité, on en a parlé.

On peut parler, bien sûr, de justice. Tous ces sujets-là vont supposer maintenant d'affronter des choix courageux et de sortir des ambiguïtés qui ont marqué les dix dernières années. Cette position, peut-être les auditeurs d'Europe 1 et les téléspectateurs de CNews la trouveront plus claire que Laurent Wauquiez.

Je n'ai pas compris si Laurent Wauquiez était votre allié, votre partenaire ou votre adversaire, c'est-à-dire un soutien de M. Édouard Philippe. Moi, je vais vous dire les choses très franchement.

Je n'ai pas bien compris, c'est pour ça que je vous pose la question. Moi non plus, je n'ai pas bien compris, pour être très honnête. Je n'ai pas bien compris ce que Laurent Wauquiez avait voulu dire.

Laurent Wauquiez, je le connais depuis longtemps. J'ai mené bien des combats avec lui au moment, par exemple, des élections européennes de 2019. Bref, je l'ai toujours connu très dur sur le bilan du macronisme.

Lui aussi, il a fait le choix de rester un opposant. Et aujourd'hui, je ne m'explique pas qu'il puisse considérer qu'Édouard Philippe peut relever le pays. Moi, je ne crois pas qu'on réparera les problèmes de la France avec ceux qui ont contribué à les causer ou à les aggraver.

Et je ne dis pas ça par animosité personnelle. Vous savez, la politique, ce n'est pas une question de combat entre des individus. Parfois un peu ?

Non, ce qui compte d'abord, c'est la France et les Français. Et je crois profondément que, quand j'écoute d'ailleurs ce que dit aujourd'hui Édouard Philippe, quand je vois ce que font ces parlementaires à Bruxelles, à Strasbourg, on vient de voter un texte très important contre l'immigration illégale, le règlement retour. Sur ce texte, les députés d'Édouard Philippe se sont abstenus.

Les députés macronistes ont voté contre en expliquant qu'on était en train d'attaquer les droits fondamentaux seulement parce qu'on porte un projet qui est soutenu aujourd'hui par 25 pays sur 27. On voit une incompatibilité idéologique avec, visiblement, ce que vous dites, avec Horizon dans votre discours. Vous savez, on a parlé de football, on va filer la métaphore, il y a ce qu'on appelle l'avare en télé.

C'est-à-dire, ce que vous venez de me dire, je pourrais vous le ressortir dans quelques semaines. Il nous reste quelques semaines. Oui, c'est la continuité.

Moi, vous me connaissez, Édouard de Val, je n'ai jamais changé de discours. On peut être d'accord ou pas avec moi, mais moi, je n'ai jamais changé. Mais Bruno Rodailleux ne changera jamais de discours, lui non plus.

Mais lui non plus. Et d'ailleurs, c'est ce que même ses adversaires lui reconnaissent. Bruno Rodailleux, là encore, on peut être d'accord ou pas avec lui, c'est la beauté de la démocratie.

Mais tous ceux qui le suivent depuis longtemps savent que Bruno Rodailleux n'a jamais changé de cap ni de ligne. Question très importante, j'en ai deux. Et après, je vous laisse, François-Xavier Bellamy.

Première question sur une question qui est existentielle, un choix civilisationnel. Le 15 juillet prochain, il y aura ce vote définitif à l'Assemblée nationale sur la fin de vie. On a vu cette polémique notamment naître ces dernières heures avec un ministre des Relations avec le Parlement et le CESE qui voulait se réunir autour d'un cocktail.

Pour célébrer la mort, administrer. Voilà, un cocktail. Alors, il nie l'aspect cocktail dînatoire avec les membres du CESE au sortir de ce vote.

Mais allons plus profondément. Que pensez-vous de cette loi qui sera très certainement votée le 15 juillet prochain ? Je ne dirais pas qu'elle sera très certainement votée.

Et moi, je crois à la vie démocratique. Je crois que le débat parlementaire a permis de montrer la gravité de cette décision qui nous est proposée aujourd'hui. Vous savez, vous l'avez dit, c'est un choix de société majeur.

En fait, la question qui se pose pour nous, c'est qu'est-ce que signifie soigner celui qui est dans la détresse ? Bien sûr, on vit tous la détresse, l'épreuve, la dépendance, la vieillesse. On vit celle de nos proches.

On vit cette expérience de la dépendance aussi chacun d'entre nous dans nos propres existences. Et la question qui se pose, c'est comment est-ce qu'on répond aujourd'hui à l'épreuve ? Est-ce qu'on y répond par le soin ?

Est-ce qu'on y répond par la mort ? Et c'est aujourd'hui ce choix qui nous est proposé, qui consiste pour la première fois à considérer que tuer peut-être un soin. C'est la première fois, y compris dans l'histoire de la médecine, le serment d'Hippocrate qui est très ancien, dit que jamais le médecin ne doit administrer la mort.

Et aujourd'hui, ce que voudrait célébrer M. Panifou, ce que voudrait célébrer tous ceux qui ont orchestré cet agenda, ce que manifestement Emmanuel Macron est très pressé de célébrer lui aussi, c'est le fait que le suicide puisse devenir un droit auquel l'État, c'est-à-dire chacun d'entre nous, contribue. Moi vous savez, c'est très simple, si un jour je devais me trouver dans une situation de souffrance telle que je demande à un ami de m'aider à mourir, j'espère que cet ami me dira « mais non, la vie a un sens et je vais t'aider à y retrouver goût ».

Et aujourd'hui, en particulier dans le moment où nous sommes, nous avons tous les moyens de soulager la souffrance. Nous vivons dans une époque où la médecine n'a jamais été aussi efficace dans le fait de protéger les Français de l'expérience de la souffrance, y compris de la souffrance physique ou de la souffrance psychologique. Et donc la vraie question, c'est est-ce qu'on veut se donner les moyens de soulager la souffrance ou est-ce qu'on veut dire à quelqu'un qui demain demandera la mort qu'on va l'aider à partir, qu'on va lui garantir les conditions du suicide ?

Moi je ne crois pas à cette société-là. À 9h41, François-Xavier Bellamy est l'invité de l'Or des pros. Dernière question, on en parlera en longueur bien évidemment dans cette émission, mais ça m'intéresse d'avoir votre regard.

C'est vrai que c'est rare comme parole quand ça vient du monde culturel, artistique. J'ai souvent tendance à dire que la gauche croisette est plutôt consensuelle quand il faut attaquer la peste brune, l'extrême droite, et rarement pour condamner l'extrême gauche. Il s'avère qu'Elie Semoun a pris la parole pour dire qu'il considérait que la France insoumise était plus dangereuse que le rassemblement national.

Et vous, vous diriez quoi ? Moi je dis la même chose depuis très longtemps pour le coup, donc ça n'est pas nouveau. Et d'abord je crois que ça n'est pas tellement une hiérarchie des dangers, mais je crois qu'il faut regarder la menace existentielle pour notre vie démocratique que représente la France insoumise.

Parce que la France insoumise, depuis des mois, nous le voyons bien, nous en avons malheureusement eu bien trop de confirmations, légitime le retour de la violence politique. La France insoumise veut contourner l'exercice de la démocratie. On entendait encore tout récemment des militants de la France insoumise nous expliquer que si les Français blancs s'inquiètent pour leur avenir, ils ont bien raison et qu'ils sont lucides et qu'on doit leur reconnaître le droit d'avoir peur pour leur avenir.

Cette racialisation du débat, cette communautarisation, il est absolument incroyable, vous l'avez dit à l'instant, que nous ne soyons pas tous unis pour la dénoncer aujourd'hui. Tous, que nous soyons de gauche, de droite, ça devrait être pour tous les responsables politiques aujourd'hui un devoir que de dénoncer ce risque majeur qui pèse sur notre vie démocratique. Je vous reconnais votre constance sur le sujet, il n'y a aucun débat.

En revanche, on a l'impression qu'Élysée Moune est un peu plus courageuse que certains membres de votre propre famille politique qui, eux, ne font pas le choix aussi clair que le fait Élysée Moune. Il y a certains responsables LR qui n'ont pas envie de trancher entre la France insoumise et le RN. On pourrait parler des désistements aussi qu'il y a pu avoir lors des élections législatives.

Sans les cités, vous pensez à Xavier Bertrand, Jean-François Coupé, par exemple. Je sais que vous ne partagez pas la ligne avec la même ligne. Il n'y a eu aucun désistement dans les dernières élections législatives et nous, à la différence de M.

Attal, par exemple, nous n'avons jamais appelé à sauver la démocratie avec un bulletin LFI. Ça fait une différence majeure parce que moi, je ne crois pas que le barrage républicain consiste à s'allier avec un parti qui est si profondément contraire à l'esprit de notre pays. Mais vous savez, à la fin de ce débat, évidemment, il faudra le trancher.

Je crois que notre devoir, et je le redis, il y a un mois encore à Strasbourg, lors d'un vote au Parlement européen, information que je partage avec vous sur ce plateau, nous avons voté un amendement déposé par des députés libéraux qui demandaient le désarmement du Hamas. Tout le Parlement a voté cet amendement. Tout le Parlement, sauf les députés de la France insoumise.

Eh bien ça, vous voyez ça, je crois que tous ceux qui croient qu'on peut mettre un signe égal entre la France insoumise et n'importe quel autre parti politique en France aujourd'hui devraient répondre de la manière dont ils considèrent un vote comme celui-là. François-Xavier Bellamy, chose promise, chose due, avec 4 minutes de retard malheureusement. Merci d'être venu nous voir.

Merci à vous, merci infiniment de vous accueillir. Et d'Europe 1. Je pourrais dire un mot ?

Vous allez en dire même plus, mais permettez-moi de dire au revoir à François-Xavier Bellamy qui est pressé. Non mais à François-Xavier Bellamy. Alors là c'est de la faute de François-Xavier Bellamy.

Lui dire que le sujet de la fin de vie est le sujet par excellence qui transcende les clivages politiques. Parce qu'en ce qui me concerne, de gauche, progressiste entre guillemets, je partage mot pour mot ce que vous avez dit sur la loi fin de vie. Eh bien nous nous en parlerons dans cette émission.

Je suis très touché et je crois que je suis très marqué de ce que vous venez de dire, de votre courage aussi. On connaît tous votre courage et votre liberté de parole. Ce qui me marque beaucoup dans ce débat, c'est qu'il n'est pas réductible à des clivages politiques.

Et je vois aujourd'hui, comme d'ailleurs dans d'autres pays du monde, que la gauche sait se mobiliser quand elle est fidèle à son identité politique pour défendre les plus vulnérables et le devoir de les soigner. Et j'espère, c'est pour ça que j'espère que ça n'est pas joué d'avance et que ceux qui ont voulu organiser ce petit cocktail de l'indécence seront démentis bientôt. Merci beaucoup.