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interviewBFMTV· 9 novembre 2023 6 min

Gaza: la prise de parole d'Emmanuel Macron lors de la conférence humanitaire internationale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Le 7 octobre dernier, un groupe terroriste, le Hamas, a mené une attaque massive contre Israël et commis des crimes d'une gravité exceptionnelle contre sa population. Plus de 1 400 personnes sont mortes, 239 otages sont toujours aux mains du Hamas. Nos premières pensées vont évidemment aux victimes de l'attaque du Hamas à leur famille et parmi elles de nombreux Français. Je sais que plusieurs d'entre vous ont aussi de nombreux ressortissants. Face au terrorisme, notre unité, notre détermination, notre compassion sont entières et les otages doivent être libérés immédiatement et sans condition.

Lorsqu'il a attaqué Israël, le Hamas a pris la responsabilité d'exposer les Palestiniens à de terribles conséquences. Aujourd'hui, ce sont les civils de Gaza qui souffrent. Près d'un million et demi de personnes ont été déplacées, des milliers sont mortes ou ont été blessées. Et au malheur des Israéliens s'ajoute désormais celui des Palestiniens. Et nous ne pouvons pas nous y résoudre. Parce que toutes les vies se valent et parce qu'il n'y a pas, pour nous qui portons des valeurs universelles et humanistes, de double standard. Disons-le clairement, face au terrorisme, Israël a le droit de se défendre et le devoir de protéger les siens.

Il a aussi une éminente responsabilité qui est celle de toutes les démocraties. Respecter le droit et protéger les civils. Et la lutte contre le terrorisme ne peut jamais aller sans règles. Israël le sait, le piège du terrorisme est pour nous tous le même. Céder à la violence et renoncer à nos valeurs. Or, nous partageons des valeurs et avons des engagements communs qui nous amènent aujourd'hui, d'accord avec les autorités israéliennes et palestiniennes, à nous préoccuper de la situation humanitaire à Gaza. Les civils doivent être protégés. Et c'est absolument indispensable. Ce n'est pas négociable. C'est une nécessité immédiate.

Et à plus long terme, c'est aussi une condition même de l'efficacité de notre lutte contre les terroristes. Aujourd'hui, la situation est grave et se dégrade chaque jour davantage. Dans l'immédiat, c'est à la protection des civils qu'il nous faut travailler. Il faut pour cela une pause humanitaire très rapide. Et il nous faut œuvrer à un cessez-le-feu. Celui-ci doit pouvoir devenir possible. Il faut créer l'espace nécessaire aux acteurs humanitaires pour agir à Gaza.

Nous allons les entendre et je souhaite que cette réunion nous permette d'être efficaces ensemble dans un esprit de consensus et dans l'objectif qu'au-delà du drame que vivent aujourd'hui de trop nombreuses familles israéliennes et palestiniennes, nous sachions prendre une véritable initiative de paix et de sécurité pour tous au Proche-Orient. Cette initiative repose sur, évidemment, ce pilier humanitaire sur lequel nous allons avancer concrètement aujourd'hui. Elle repose sur un deuxième pilier sécuritaire. Nous avons su le faire ensemble contre Al-Qaïda, contre Daesh, contre d'autres groupes dangereux pour tous.

Personne ne peut plus dire que le Hamas n'est pas un groupe dangereux et un groupe terroriste. Des mesures devront donc être prises pour tarir ces financements, sanctionner ceux qui sont liés de près ou de loin à l'attaque du 7 octobre. Je proposerai également une série d'actions pour éviter que d'autres groupes terroristes de la région ne se joignent plus avant aux hostilités pour tarir leur flux d'argent, d'armes, de propagande. Enfin, mais ce sera pour plus tard, nous ne ferons pas l'économie d'une réflexion plus large sur l'évolution du terrorisme aujourd'hui. Et pour cela, nous aurons à nouveau à nous coordonner.

Il y a un deuxième pilier sécuritaire qui est indispensable, mais qui doit être ciblé, précis, qui exige une coordination étroite entre nos services de renseignement, qui est une action sécuritaire, mais aussi financière, et qui nécessite l'implication de toutes les parties régionales et internationales. Et puis le troisième pilier, même s'il est difficile à imaginer aujourd'hui, surtout peut-être parce qu'il est difficile à imaginer aujourd'hui, est plus encore indispensable. C'est le pilier politique. Nous devons apprendre de nos erreurs et ne plus accepter que la paix au Proche-Orient soit toujours remise à plus tard.

Il nous faut donc, dès maintenant, reprendre l'initiative et trouver les forces d'aller enfin vers la solution de deux États, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité. Démontrons avant toute chose que la création d'un État palestinien sert la sécurité d'Israël. Démontrons que l'État soit satisfaite. Et une solution durable nécessite que la question palestinienne puisse réaliser. Ces trois aspects, humanitaires, sécuritaires, politiques, sont profondément indissociables, mais notre ambition aujourd'hui est de pouvoir apporter une part de cette réponse par la coordination de toutes les bonnes volontés.

Et je souhaite que nous puissions, pour cela, identifier les besoins en argent et en matériel pour les populations, des éléments aussi d'organisation très concrets sur le terrain que nous devons avoir et qui sont acceptables, et les demandes que nous devons faire aux différentes parties prenantes, là aussi, de manière très concrète, pour que cette aide puisse s'acheminer et pour que nous puissions préparer, donc, cette pause humanitaire puisse cesser le feu, qui sont, comme je l'ai dit, indispensables. Merci.