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interviewBLAST· 15 mai 2026 37 min

TERREUR CHEZ LES ULTRA-RICHES : LE RETOUR DE LA TAXE ZUCMAN

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans 10 dissolution. Vous nous avez manqué. K k k k k mais stop là.

La vieille rff à PCR, c'est hyper old. Non, moi je te dis les rêves de boomer, ça Ah oui, je l'ai. Et ça alors, attendez, on va le refaire.

Ils étaient pas prêts. Merci à toi. Vous nous avez manqué et puis tant de choses se sont passées entre- temps.

Mais bref, on revient en force. Nouvelle rubrique, nouvelle macronnerie, nouveaux défis. Mais avant ça, on va parler d'impôts.

Et oui, quand c'est pas le budget, c'est les impôts. Enfin, c'est un peu pareil mais mais je suis sûr que vous là, vous vous avez pas encore fait votre déclaration. Attention, la date butoire est proche.

Si vous aviez oublié, dites-le en commentaire. Bon, les impôts, c'est pas la première fois qu'on en parle. On vous a déjà montré comment le système fiscal actuel permet aux ultra riches d'éviter légalement ou pas, de payer l'impôt.

On a vu les systèmes koukum, la méthode de la holding et du nantissement. Bref, toute la boîte à outil de l'optimisation fiscale. En effet, le groupe Liot pour liberté indépendant, autre mer et territoire a lancé une commission d'enquête sur l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et sur leur contribution au financement des services publics.

Oh ! Bah sacré titre hein. Ils veulent pas ajouter sur l'optimisation fiscale transfrontalière et les holdings patrimoniales intergénérationnels.

Gaby Zukman, je t'invoque, j'utilise ton pouvoir taxe pour faire cracher les ultra riches. Ah, ça va vraiment pas mieuxin. Surtout qu'on va aussi regarder où cette taxe se situe dans l'histoire de l'imposition des revenus et du patrimoine.

Est-elle si révolutionnaire ? Qu'as-t-on fait à d'autres moments face aux grosses compressions budgétaires ? Bon épisode de dissolution. [musique] Je dis donc ce soir l'Assemblée nationale.

La commission d'enquête sur l'imposition des plus hauts patrimoines a ainsi auditionné Gabriel Zucman mais aussi Thomas Piquetti et Agnès Vermicel de Pied. Agè Vermel de pied. Ah non mais les blagues sur les noms ça.

Puis quoi encore ? Agnès vomi, moisier, Agnè va magouiller, merier bon, on arrête les noms et on parle du fond enfin bon de ce qu'elle raconte quoi parce que c'est pépite. Pour répondre de la manière la plus en terme de granularité, la plus fine à vos questions, il nous faudrait un niveau plus fin que ces fameux 5 % sur lesquels nous on bute à ce stade.

Alors justement, entrons dans le vif du sujet. Normalement, plus on gagne d'argent, plus on p d'impôts. L'euro gagné jusqu'à environ 11500 € par an n'est pas imposé.

Entre 11500 et 29000 €, il est taxé à 11 % puis 30 % jusqu'à 83000 €, 41 % jusqu'à environ 180000 € et enfin 45 % au-dessus. Quand vos revenus augmentent, vous gagnez toujours plus d'argent mais [raclement de gorge] la part prélevée augmente aussi. L'idée est simple, les premiers euros servent à vivre, se loger, manger, se chauffer.

Le 180 m Iem est évidemment moins vital que le premier. Mais surprise, pour les très riches, les 1 % des 1 % les plus riches, ça ne marche plus comme ça. C'est même pas le millièe, c'est le milliè au sein des 1 %.

Donc c'est les les 0,001 % les plus riches. En gros, les 500 familles du du magazine challenge, c'est ça ? 500 familles sur presque 50 millions de de foyers fiscaux en France.

Bon, pour eux, l'équation devient un peu différente. L'Institut des politiques publiques, l'IPP, a publié en juin 2023 une note basée sur des données inédites de la Direction Générale des finances publiques. L'IPP montre que les 0,1 % les plus riches payent environ 45 % d'impôts.

Jusque-là, tout va bien. Mais quand on va regarder les 0,002 %, à savoir le 5000 des 1 % les plus riches, le taux effectif plonge à 25 %. Et ça se voit très bien dans leur graphique.

Ici, la courbe d'imposition monte avec les revenus fiscaux, mais la dégressivité fiscale est tout aussi visible. Quand on regarde le patrimoine, ça monte puis ça redescend. Et la petite ligne grise montre justement le taux attendu.

L'espace blanc, c'est l'argent qu'on devrait récupérer si les ultra riches payaient réellement ce qu'ils devraient payer. Pour comprendre leur mécanique, on vous renvoie notre vidéo sur le sujet. En gros, les riches placenturs entreprises sous une autre entreprise qu'ils possèdent, la holding.

Officiellement, ce n'est plus eux qui touchent les bénéfices, mais la société. Les profits restent donc dans cette structure. Ce sont les revenus encapsulés qui échappent au barê classique de l'impôt.

Aujourd'hui, on a quand même et c'est ça qui nous intéresse aussi et c'est pas du tout, c'est simplement pour y voir clair, c'est que on a des possibilités pour certains d'encapsuler certains revenus dans des sociétés holdings et de pas les distribuer tout simplement. et et donc de ne pas avoir de revenus qui est au barem. La vraie question derrière tout ça, c'est comment cette sous-imposition permet une concentration du capital à des niveaux historiques ?

Vous vous doutez bien qu'Agnè Verdier Moligier n'a pas laissé passer ça et on a eu le droit à tout le bingo néolibéral. Nous ce qui nous a ce qui nous a frappé dans le débat public et on l'a dit dans notre étude de septembre, c'est qu'il y a eu beaucoup d'interventions euh dans le débat public pour dire que les Français sont taxés à environ 50 % de leurs revenus en impôts et cotisation sociale, tout prélèvement compris, et que ce chiffre tombait à 27 pour les milliardaires. Et ça, on le retrouve pas dans euh nos nos statistiques à nous.

Et c'est là que je pense qu'il va falloir essayer de faire la lumière si possible dans le cadre de cette commission. d'enquête euh puisque euh nous je vous l'ai dit, quand on réintègre tous les impôts, y compris les impôts indirects, sur l'ensemble des défils, on a une moyenne à à 45,6 % et un dernier décil, les 10 % les plus élevés à 66,8. D'abord, en fait, la dégressivité de l'impôt n'existerait pas.

Pour déguiser le bousin, elle balance une salade de chiffre la plus confuse possible. On ne peut faire une granularité plus importante dans notre étude et ça c'est ce que vous avez cité euh monsieur le rapporteur. On ne peut faire une granularité plus importante que sur les impôts directs.

Donc là sur le haut de la distribution où on regarde les 9 %, les 1 %, les 0,9 % et les 01 %. Effectivement, on arrive au chiffres que vous avez cité. Euh sur les 1 % euh avec les revenus les plus élevés, on est à 55,8 sur la totalité des impôts direct par rapport à leur revenus sur les 0,9 à 56 et sur les 01 à 55,2.

Donc on trouve bien aussi une mini régressivité mais qui est vraiment euh beaucoup plus faible euh que celle qui est évoquée quand on parle euh de la note que vous avez cité de l'Institut des politiques publiques. La belle granularité de l'escroquerie et surtout elle ajoute des données franchement pipotées. Les droits de mutation à titre gratuit, les droits de succession encore appelés DMTG.

Comment avez-vous pu faire d'ailleurs vos calculs sur les droits de mutation à titre gratuit alors que ils ne sont pas mis sur informatique et et que nous-mêmes nous l'avons demandé aux services fiscaux de nous donner la répartition des DMTG par niveau de revenu et nous ne les avons pas. Mais au-delà des chiffres fantaisistes, comment fonctionne son raisonnement ? simple, elle additionne les impôts indirects, TVA, impôt sur les sociétés, CSG, CRDS, tout en excluant les revenus non distribués, c'est-à-dire précisément l'argent caché dans les holdings.

Évidemment, ça change les résultats et ça a été rapidement recadré par le rapporteur de la commission, pourtant issu de la droite libérale classique. Oui madame. Euh tous les travaux dont nous disposons montrent qu'il y a une progressivité du système euh jusqu'à 99,9 % des familles. [grognement] La dégressivité commence pour le dernier non pas centiè mais le dernier millièe.

Elle déplace ainsi volontairement le débat. En parlant des 1 %, elle masque le fait que la déformation concerne surtout le 5è de ce 1 %. Les autres, eux, payent à peu près normalement les impôts.

Puis elle sort l'argument classique, les riches prennent des risques, donc leur enrichissement serait finalement normal. Est-ce que on peut reprocher finalement à des personnes qui sont investisies dans l'économie, qui ont monté des entreprises, qui prennent des risques aussi avec leur argent de payer un tout petit peu moins, un tout petit peu moins parce qu'on parle de d'une différence entre le 01 qui est à 55,2 et le 1 % qui est à 55,8. payer un tout petit peu moins d'impôts globalement que celui qui va être un salarié avec un très gros salaire.

Vous voyez à quel point nos entreprises sont mal mené en ce moment donc et et ont des difficultés. On a eu quand même 70000 défaillances euh en 2025. Euh donc une entreprise elle a elle est pas assurée de de de son avenir quel que soit le le temps économique.

Donc moi je je vois pas en fait en quoi c'est choquant. Oh le pauvre Bernard Arnaud et tous les risques qu'il prend. Alors tous ces miracles statistiques d'Anè virement montiier on avait dit non.

Bon ok cette manigance statistique sert surtout à masquer l'accumulation croissante de richesse dans les mains d'une minorité comme l'a très bien montré Thomas Piquetti. Ce qu'on constate au cours du au cours du 20e siècle enf sur le long terme c'est que la concentration des patrimoines a fortement baissé juste pour fixer quelques chiffres. les les 10 % des des Français les plus élevés.

Aujourd'hui, l'INC va nous dire qu'elle possède entre 50 et 60 % du patrimoine total, mais à la veille de la Première Guerre mondiale, c'était 90 %. Donc, c'est juste pour fixer les choses, c'est-à-dire qu'on on est dans un monde qui est à la fois très concentré notamment du point de vue des patrimoines, hein, puisque les les 50 % les plus pauvres en gros ne possèdent rien, possèdent 5 % du patrimoine total, les 10 % les plus riches 50 60 % du total. L'égalisation relative des conditions de vie au 20e siècle a été le produit de lutte politique et fiscale.

Pas un phénomène spontané. Et cette dynamique semble aujourd'hui reculer dans les années 70, le patrimoine privé total d'un d'un pays comme la France, c'estàd la valeur de tout l'immobilier, de toutes les actions, de tous les titres financiers possédés par les ménages, des comptes en banque et cetera net de dette, ça représentait l'équivalent de à peu près 200 % du PIB, c'est 2 années de PIB et aujourd'hui c'est l'équivalent de 500 % du PIB. 5 années de pipe.

Mais cette richesse produite, où va-t-elle ? Est-elle répartie équitablement ? Ou bien est-ce que les riches s'enrichissent beaucoup plus vite que les autres ?

Qu' a 40 millions de foyers fiscaux en France, les 1 % les plus riches, c'est donc 400000 foyers fiscaux. Et si vous regardez les 400 foyers fiscaux les plus riches, grosso modo les familles qui sont recensées tous les étés par le par le magazine challenge, cette population là a connu une envolée extraordinaire de sa richesse et l'explosion de la fortune des milliardaires. Non, alors pas ce genre d'explosion.

Les classements du magazine Challenge, la première édition de leur classement, c'était en 1996. Et en 1996, la richesse de ces de ces plus grandes familles, de ces familles les plus riches s'élevait à l'équivalent de d'environ 6 % du PIB. D'accord ?

Ça veut dire si les 500 plus grandes de fortune avaient dépensé tout leur argent en 1996, elles auraient pu acheter l'équivalent de 6 % de tous les biens et les services qui sont produits une année donnée en France. Euh en 2010, ce chiffre était passé à 12 %. Il y avait eu un doublement.

Mais entre 2010 et 2024, la fortune des 500 familles les plus riches est passé de 12 % du PIB à 42 % du PIB. Pendant que la richesse française passée de 200 % à 500 % du PIB soit multipliée par 2,5, la richesse détenue par les ultra riches passé de moins de 6 % à 42 % du PIB, soit multiplié par 7. Autrement dit, les plus riches se sont enrichis environ trois fois plus vite que la moyenne nationale.

Cette concentration de la richesse doit évidemment être mise en rapport avec l'endettement public de la France. Les riches n'ont jamais été aussi riches et la France aussi endettée. Or, un État endetté finance et services publics et sa solidarité nationale par l'emprunt plutôt que par ses ressources propres, les impôts et les taxes.

Pourtant, les services publics sont une richesse collective, surtout pour ceux qui n'ont pas ou peu de patrimoine. Pour un étudiant, l'État dépense 13000 € par an pour des frais d'inscription d'environ de 400 €. Comparé aux 50000 € annuels demandés par certaines universités américaines, le gain permis par le service public est vertigineux.

Plusieurs dizaines de milliers d'euros économisés sur un cursus. Pour les études longues, l'écart devient immense. Un doctorat coûte aux alentours de 100000 € à la collectivité en France contre des montants pouvant approcher les 400000 € de la poche des docteurs aux États-Unis.

Ce financement public est donc une contribution directe à l'enrichissement des classes populaires et moyennes. Envoyer ses enfants à l'université a longtemps été un rêve inaccessible pour beaucoup de familles et l'accès à l'enseignement supérieur reste une des conditions essentielles pour éviter qu'une société ne reproduise tout simplement les dominations de classe. Mais surtout l'accès à l'éducation supérieure est aussi une des grandes explications de la prospérité.

Thomas Picketti prend l'exemple des États-Unis. Pendant longtemps, le taux d'imposition maximale y atteignait 95 %. Et pourtant, cette période correspond aussi à l'une des plus fortes phases de croissance économique du pays.

La productivité aux États-Unis à l'époque et la croissance de la productivité était plus élevé que ce qu'elle a été depuis les années 80. Je je pense parce que le vrai facteur de prospérité à long terme, il est plus dans l'accès à la formation. Les États-Unis dans les années 50 60 avaient une avance éducative sur l'Europe considérable. enfin était à 90 % d'accès euh de au lycée en dans les années 50, là où on était à 20 % ou 10 % en France ou en Allemagne.

Donc le problème est donc assez simple. Les riches s'enrichissent toujours plus, captent une part croissante de la richesse collective parce que leurs revenus du capital sont beaucoup plus rentables fiscalement. Comme on l'a vu, l'euro supplémentaire gagné par le travail du 1 % des plus riches est axé autour de 45 %.

Mais chez les ultra riches, cet euro supplémentaire n'est axé qu'à environ 25 %. Et cet écart entre 25 et 45 % explique beaucoup. Ces nouveaux euros peuvent être réinvestis, produire de nouveaux revenus eux-mêmes sous-xés et ainsi de suite.

Bref, c'est le ruissellement inversé. Plus vous gagnez, moins vous êtes taxé, plus vous accumulez. L'inégalité vient donc aussi d'une différence de rendement de l'argent selon qu'on est riche ou très riche. cette mise en perspective par rapport au niveau d'endettement public de 1945 et de la Révolution française parce que je pense que vu le niveau d'endettement public actuellement, on ne peut pas refuser ce type de comparaison, refuser de voir les solutions qui ont été trouvées à l'époque, l'impôt du solité nationale en 45, refuser de les examiner sereinement en parlant de spoliation avec un impôt à 2 % quand à l'époque il y avait un impôt à à 20 % et un impôt jusqu'à 100 % sur les enrichissements, je pense que ça aide pas la clarté du débat. public.

Historiquement, surtout depuis la Révolution française, c'est justement le rôle de l'impôt, modifier le rendement du capital pour redistribuer une partie de la richesse vers les plus vulnérables. L'impôt sera déconcentrer le capital, ce qui n'a jamais enchanté les capitalistes. Les plus hauts patriones en question, si on leur avait annoncé ça il y a un siècle, aurait dit "Voilà, le monde va s'effondrer, l'économie va s'effondrer, notre épargne va s'effondrer, comment allez-vous faire sans sans notre épargne et nos investissements ?" Et la vérité c'est que la France et tous les pays riches avec elle s'en sont pas si mal sortis.

Pourquoi ? Parce que les classes moyennes, les classes moyennes supérieures ont produit finalement encore plus d'épargne que ce que les plus riches produisaient avant et il y a eu de l'investissement public. et encore, il n'était pas prêt pour ce qui est venu ensuite parce que certaines solutions ont parfois été radicales.

L'impôt de solidarité nationale adopté par l'Assemblée nationale en 1945, adopté et appliqué avec succès avec des recettes considérables, le taux d'imposition donc monte jusqu'à 20 % sur les plus hauts patrimoines et avec en plus un taux supplémentaire sur l'enrichissement entre 1938 et 1945. Le problème aujourd'hui, comme on l'a vu dans la vidéo sur l'optimisation fiscale, c'est que les ultra riches ont trouvé des moyens de transformer leurs richesse en forme peu ou pas imposable, notamment via le nantissement aussi appelé prélombard. En gros, ils déguisent leur revenus en dette.

Leur richesse ne ressemble plus à du revenu imposable mais à de l'emprunt. Pour mieux comprendre, n'hésitez pas à aller voir la vidéo. Bon, mais on en parle quand de la taxe Zucman du coup ?

Parce que j'ai préparé mon coup avec la carte là, mais on a toujours pas le fin mot de l'affaire. Bah justement, on y vient. L'idée de l'attaque Zucman est simple.

Quand vous êtes vraiment très riche, plus de 100 millions d'euros, vous payez chaque année 2 % de cette fortune au fisque. Point. Pas de montage compliqué, pas de sous-exceptions obscures.

L'objectif, c'est de ramener le taux d'imposition effective des très grandes fortunes à des niveaux comparables à ceux du reste de la population. Avec un taux planché de 2 % le du patrimoine, le taux de préobligatoire pour les ultrariches montrait à peu près 50 % du revenu autant que le français moyen. Bien entendu, ça ne plaît pas du tout mais alors pas du tout au capitalistes et à leurs psychophanes.

Leur quoi ? Leurs psychophantes, leurs avocats, leur porte-voie ? Et ben dis ça alors.

Psychophane. Non, je dis psychope. Il y a quoi ?

Donc là, on est toujours en train de se dire où là, il y en a qui vont contourner la législation du fiscal avec un niveau de taxation qui est très élevé en France. Euh et alors, on va aller chercher à créer une taxe supplémentaire pour aller rechercher la recette alors qu'il y a plein de pays qui sont en train d'essayer de faciliter au maximum le transfert de génération en génération de leurs entreprises pour garder leurs entreprises sur leur territoire. et et nous euh on focalise sur ce sujet des holding.

Moi je je pense pas que ce soit le sujet numéro 1. Face à cette perspective effrayante pour le capital, les procapitalistes ont ressorti l'arsenal classique, l'exil fiscal et l'inconstitutionnalité. Par rapport au redevables de l'hier en général qui ont quitté la France, ceux qui sont dans les très hauts revenus et bien il y en a plutôt plus qui partent que moins.

Vous voyez ? Donc est-ce que on devrait pas arriver à faire une publication qui ne prenne en compte que [raclement de gorge] les foyers redevables de l'hier et [grognement] qui regarde quel est le taux d'expatriation en montant dans les niveaux de revenus ? Nous, on considère que c'est au moins trois fois plus par rapport à la moyenne des foyers redevables de l'hier qui ont quitté la France.

L'argument est connu. Si vous créez la taxe dumane, les riches vont partir. [chant] [musique] Dans cette même note, le CAE montre que les ménages à haut revenu du capital sont sensibles aux réformes touchant la fiscalité et que les tentatives d'augmenter la fiscalité des hauts patrimoines des hauts revenus ne sont-elles pas voué à augmenter mécaniquement l'exil fiscal rendant ces mesures contre-productives si elles sont prises dans un seul cadre national ?

Déjà, il faudrait appeler ça par son vrai nom, le chantage fiscal. et aussi la façon dont on a organisé les relations économiques internationales en laissant libre cours aux forces de la concurrence internationale, en particulier de la concurrence fiscale. Ce qui a permis aux détenteurs, aux entreprises multinationales et et à leurs propriétaires en gros de faire du chantage à la à la délocalisation pour obtenir soit des baisses d'impôts, soit différentes réglementations, régulations plus favorables.

Et cette possibilité d'exil n'est pas tombée du ciel. Elle résulte de choix politiques et historiques bien identifiables. Il y a eu un basculement à partir des années 80 90 qui est évidemment la conséquence du fait que on a on a mis en place un système de de de des des accords internationaux sur la circulation des capitaux sans aucune mention de la fiscalité.

C'est on crée un droit et un système légal extrêmement sophistiqué permettant d'appuyer sur un bouton de déplacer ses actifs sans aucun système de traçabilité, sans aucun système pour faire payer l'impôt qui est dû dans le pays dans le pays qu'on a quitté. Et après on dit "Ah ben mince à l'heure, on sait pas quoi faire, ils sont partis, on peut plus les faire payer. On va être obligé de mettre des taux d'imposition plus faible sur la venue du patriale." Mais en réalité, l'argument de l'exil fiscal sert surtout à décourager tout nouvel impôt parce qu'en pratique, partir fiscalement, c'est pas si simple.

Par exemple, Pierre Edward Sterrain, monsieur ma France, je l'aime, a commencé son exil fiscal en 2012, mais il n'a abouti complètement qu'en 2025 quand il consolide enfin son empire économique dans une holding définitive comme l'a révélé l'observatoire des multinationales. 13 ans, c'est long. Ce que ça montre surtout, c'est le manque de volonté politique pour lutter contre les revenus exilés alors que des exemples comme la Californie montrent qu'on peut agir.

Une proposition d'impôts sur le patrimoine des milliardaires de 5 %, prélèvement unique, pas annuel, qui serait dû par toutes les personnes qui au 1er janvier 2026 étaient résidentes de l'État de Californie et avait plus d'un milliard de dollars de de patrimoine et donc elle devrait payer 5 % de leur leur fortune. et la Californie va même assez loin contre l'exil fiscal. Quitter l'état de Californie du point de vue fiscal et il y a des règles très strict et donc pour pour rompre le lien fiscal avec l'État de Californie, il faut il s'agit pas simplement d'acheter une propriété dans un autre état ami ami et cetera.

Il s'agit pas simplement de déménager des entreprises. Non non, il faut pouvoir démontrer que on a changé son lieu de vie. Il faut pouvoir le démontrer en ayant changé de médecin, en ayant changé de vétérinaire.

Ça montre le manque d'ambition des autorités françaises. On pourrait d'ailleurs imaginer un mécanisme simple. Vous partez très bien, mais si votre nouveau pays taxe moins que la France, vous continuez à payer la différence pendant quelques années.

Bref, l'exil cesse d'être rentable. Si vous partez, vous installer dans un pays qui vous taxe moins que la France, alors pendant 5 ans ou 10 ans ou 15 ans, la France devrait collecter la différence entre l'impôt que vous payez dans votre nouveau pays et celui que vous auriez à payer si vous étiez encore en France. Ce serait parfaitement neutre du point de vue fiscal de vivre à Paris ou à Milan ou à Dubaï ou aux île cailleman.

Donc le premier argument contre l'attaque Zukman, son inefficacité à cause de l'exil fiscal tient assez mal. Mais les responsables de la commission avaient un autre argument. L'attaque serait tout simplement inconstitutionnelle.

Beaucoup d'interlocuteurs ont pointé le risque de censure par le Conseil constitutionnel d'une taxe à hauteur de 2 % du patrimoine global sans plafonnement par rapport au revenus. Et donc on a des obstacles disons constitutionnels. Il découle de la jurisprudence de ce dernier qu'on ne peut atteindre des taux marginaux de 1 et demi qu'à condition de prévoir un tel plafonnement ou à condition que l'imposition soit strictement exceptionnelle.

Le conseil n'a admis l'absence de plafonnement que pour une imposition à 0,5 % dans une jurisprudence qui maintenant commence à prendre des années. Ce dont il parle, c'est cette décision et les critiques contre la constitutionnalité de la taxe duman reposent toutes sur la même question. Jusqu'où l'État peut-il taxer un patrimoine sans porter atteinte aux droits de propriété ?

En jargon juridique, on parle d'un potô confiscatoire. Confiscatoire, forcément, les riches le prennent mal. Normalement l'impôt est progressif.

Or la taxe Zucman, elle n'est pas progressive. 2 % par an. Point bar.

Ma question est la suivante : selon la nature des investissements, la rentabilité est très différente et donc dès lors, au-delà du mécanisme à taxe mam, vous semblerait-il pertinent d'envisager des taux différenciés de taxation du patrimoine en fonction de la composition et de sa s rentabilité. Mais c'est un dessin poser ce principe simplissime que si vous êtes extrêmement riche, il doit y avoir un plancher incompressible point à la ligne. Et à partir du moment où on commence à introduire des cas particuliers, des distinctions, des échappatoirs, on lance la machine à optimisation fiscale.

Les ultra riches exploitent la moindre exception pour détricoter l'impôt et surtout l'argument n'est pas très convaincant. En France, il existe déjà des impôts calculés sur la valeur du patrimoine indépendamment de son rendement économique comme les droits de succession. les DMTG ou la taxe foncière.

Pour juste attirer votre attention sur le fait qu'il existe déjà un impôt annuel sur le patrimoine en France qui s'appelle la taxe foncière a des taux effectifs qui sont très souvent supérieurs à 0,5 % et même parfois très nettement supérieur à 0,5 %. Et la taxe foncière est même bien plus injuste que la taxe dumane. Pour moi, le vrai le gros problème de la taxe foncière actuellement, c'est que vous possédez un logement de 200000 € vous avez une dette de 190000, vous payez la même taxe foncière que quelqu'un qui n'a aucune le même logement, aucune dette et qui a un portefeuille financier d'un million d'euros.

Alors là, en terme de rupture de l'égalité face à l'impôt, enfin c'est quand même bah c'est quand même c'est quand même incroyable. tout le monde s'émeut des des de ce que vont payer les les les gens qui ont plus de 100 millions de patrimoines avec 2 % de d'imposition. Mais al l'augmentation des recettes de taxe foncière depuis 15 ans en France là ça voilà tout le monde est très content, ça pose aucun problème.

Alors que derrière vous avez des situations individuelles de personnes qui par rapport à leur patrimoine net, parce que c'est ça qui compte d'un point de vue économique, quelqu'un qui a une maison de 200000 et un emprunt de 190000 c'est 10000 et il peut se retrouver à payer une taxe foncière de de 2000 ou 3000 € c'est en fait par rapport à son patrimoine net de 20 % de son patrimoine net. Et alors là, aucun problème. Euh la constitution est respectée.

Oui, mais monsieur le professeur, ça concerne surtout les petits propriétaires, donc s'intéresse beaucoup moins le Conseil constitutionnel quand il s'agit de protéger les grandes fortunes. Le deuxième argument confiscatoire, c'est que certains contribuables devraient vendre une partie de leur patrimoine pour payer la taxe. Les taxes polierraient donc les propriétaires.

Vous ne pouvez payer vos impôts que sur vos revenus. Si vous avez pas de revenu, comment vous payez vos impôts ? Vous dites "Bah, vendez le capital." vend [rires] mais vous vendez le capital.

Bon, c'est ça votre thèse. Mais mais ça fait non, attendez, si je permets d'aller jusqu'au bout de ma réflexion. Voilà.

Mais à ce moment-là, on va vous dire c'est expropriatoire. Si les gens veulent pas louer leur capital, voilà, leur bien ou je sais pas quoi, bon c'est leur liberté. Mais à ce moment-là, vous voyez, donc il y a une limite mais en réalité c'est pas vraiment un problème.

Comment est-ce qu'on répond à ce problème ? On y répond de deux façons. Premièrement, en permettant un étalement des paiements et deuxièmement on permet au contribuable en question qui n'aurait pas la liquidité pour payer l'impôt sur les successions de payer en nature, c'estàd avec des œuvres d'art.

Et ce que j'ai proposé, c'est simplement d'élargir un petit peu ces dispositifs, ces mécanismes deation pour qu'ell s'appliquent pas seulement aux œuvres d'art, mais qui puissent s'appliquer aux actions possédées par les foyers fiscaux qui seraient redevables de l'impôt planché. Et c'est pas un problème nouveau la loi la loi sur l'impôt de solidarité nationale adoptée par cette assemblée. Je pense c'est quand même le moment de se repencher dessus quand même parce que là c'est c'est le patrimoine de cette maison, le patrimoine de la France.

Cette loi que prévoit-elle ? Elle prévoit évidemment le paiement en titre. Bon, c'est dans une époque où par ailleurs on nationalise et cetera, donc ça paraît très naturel pour tout le monde le paiement en titre, mais dans tous les pays où on fait des impôts sur le patrimoine, à ce moment-là, le paiement en titre est la forme privilégiée.

Les Dion en paiement pour les droits de succession existent depuis longtemps et payer une partie de la taxe Zucman en action permettrait même de maintenir des entreprises et du capital en France. Comme ça, ce serait l'ensemble du du de du pays qui bénéficierait du succès de nos de nos licornes si elles en ont. Euh et euh où la puissance publique pourrait aussi revendre ses actions et j'ai proposé qu'elle les revende en priorité aux salariés des entreprises en question.

Et s'il y a pas assez de preneurs chez les salariés, que les actions soient revendues à d'autres investisseurs en interdisant la revente à des non résidents. Donc dans tous les cas, la propriété des entreprises de ces licornes, elle reste française. Donc pas vraiment de blocage de ce côté-là non plus, mais l'argument le plus intéressant, c'est peut-être l'inverse.

Et si la situation actuelle était elle-même inconstitutionnelle ? Et si la taxe duman était justement le moyen d'y remédier ? La constitution en matière fiscale en gros dit principalement une chose qui est de reprendre dans son préambule la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui pose dans son article 13 le principe d'égalité devant l'impôt. principe dont l'interprétation minimaliste qui puisse être faite et que l'impôt ne devrait pas pouvoir être régressif, c'est-à-dire que les personnes les plus fortunées ne devraient pas pouvoir payer moins d'impôts que le reste de la population.

C'est la situation actuelle qui est qui bafoue notre Constitution. Bon, entre ce que démontre Gabriel Zuckman et ce que fera réellement le Conseil constitutionnel, il y aura probablement un monde. Mais l'argument mérite d'être avancé parce que derrière toutes ces questions fiscales et constitutionnelles, il y a surtout un choix politique.

Comment organise-ton la production de richesse et l'investissement ? Concentrer entre les mains d'une minorité toujours plus riche ou déconcentrée ? il y a différentes façons d'organiser l'investissement et que l'idée que seuls les détenteurs actuels du patrimoine euh dont quand même le patrimoine a été publiqué par 5 en pourcentage du PIB sur 10 ans sont les seuls à mêmes d'organiser l'investissement dans ce pays.

Euh vous voyez mais dans ce cas-là où le raisonnement il s'arrête où ? Si on continue de multiplier par 5 leur part dans le patrimoine total, on dira forcément un moment où le raisonnement s ces débats sont essentiels mais restent encore largement absent des médias dominants. Si vous voulez continuer à entendre des choses que la bolosphère et les plateaux de convenance préfèrent éviter, n'oubliez pas de vous abonner et de soutenir Blast.

On a besoin de vous pour continuer ce travail. Et comme vous êtes nombreux à nous suivre, on va arrêter là les atrocités fiscales. Rubrique suivante.

Alors pour se détendre un peu ou crever de cringe, retour au classique les macronneries parce qu'il nous a tout fait. Emmanuel à la cuisine, Emmanuel sur la piste de danse, Emmanuel joue au ping-pong et même Emmanuel Colom. En voyage officiel au Kenya à Nairobi, il s'est mis en scène avec un influenceur cuisine. [musique] [musique] Ah mais quel homme !

Brigitte doit être ravie maintenant. Il s'est raté de nouveaux plats en plus de pas savoir danser. Mais ce niveau de gênant, son sourire débile, c'est pas de danse de Christine 5050 de la Conta et Manu.

Personne t'oblige à danser mais au moins chèque un peu le boutil quoi. [musique] Bon, après Macron cuisine et Macron danse, il y a eu Macron colon. Alors, pas ce genre de colon làin, même si les bruits se ressemblent.

Excuse. Hey hey hey. Oh oui, une présentation sur la création culturelle africaine interrompue par un président français venu remettre de l'ordre.

H, pas mal, non ? Stop. Non, c'est pas fini.

Oh là là, mais le bruit insupportable, c'est surtout lui. Mais ces cris de frat br mais quelle horreur, quelle angoisse ! Le mec est un robot, hein.

Pour dire discussion à deux, il dit bilate peut pas parler normalement lui aussi. OK. Oh, vraiment président européen en Afrique qui explique aux gens présents comment se comporter pour rester là, ça fait temps béni des colonies.

Voilà, là c'est là que tu peux le mettre. Pas mal, non ? Ouais, mais c'est tombé à plat là.

Bon, allez, rubrique suivante. 2027 approche et les politiques s'adonnent à leur sportv, le lancer de bullshit. Alors, on va faire notre part et nettoyer un peu ces écuries d'oggias.

On va commencer par le délicieux, le subtil, le magnifique Eric Chotti. Hier, deux drames terrifiants liés au narcotrafic ont frappé notre pays. À des signes, cela a été dit, trois morts dans un incendie et à Nice dans ma ville, 11 personnes impliquées, [grognement] deux sont décédés.

Monsieur le Premier ministre, les tarcotrafiquants nous ont déclaré une guerre. Ils ont déclaré une guerre à la République. Cette guerre, je crains que nous soyons en train de la perdre.

Chaque jour, le cancer du narcotrafic gagne du terrain. Chaque jour, des victimes tombent. Alors, évidemment, de tout ça, il en tire une conclusion.

Nous avons besoin d'une mobilisation générale, d'un combat national. Nous avons besoin d'une force. Nous avons besoin d'un quoi qu'il en coûte sécuritaire.

Bon, le propos d'Éric Sioti est simple. La France se transformerait en orange mécanique. La violence serait partout et contaminerait les rapports sociaux.

Sauf que les chiffres du ministère de l'intérieur, pourtant généreux sur les questions sécuritaires, racontent autre chose. Pour l'ensemble de la délinquence enregistrée par la police, les chiffres restent globalement stables depuis 2016. Le ministère indique entre 2016 et 2025, + 1 % d'homicide, - 8 % de vol violent sans armes, - 2 % de cambriolage, - 2 % de destruction et dégradation volontaire.

Mais comme souvent à droite sur la sécurité, on oublie vite les chiffres gênants. + 11 % sur les VSS, 15 % pour les viols et tentatives, + 5 % pour les atteintes à la probité, la corruption, + 8 % d'actes racistes et + 13 % d'actes antiLGBT. Ce tableau n'est jamais mis en avant par l'extrême droite.

Il décrit une France plus raciste, plus LGBTQI àobe et plus corrompu. Les chiffres sur les VSS sont aussi parlants, mais tout est passé par là et les victimes parlent davantage, portent plus plainte, dénoncent plus leurs agresseurs. Pas un mot là-dessus.

Non. Eric Sioti préfère parler du narcotrafic présenté comme un danger omniprésent, comme si chaque jour la France tombait dans une guerre de gang. Bref, il s'agit surtout de provoquer la peur pour empêcher de réfléchir aux spolations de masse qu'il prépare pour les ultra riches.

Parce que sur la même période, c'est aussi + 6 % d'infraction pour usage de stupéfiant et + 3 % pour le trafic. Et pour quel résultat concret ? L'État qu''estime décrire justement Eric Siotti.

La logique du tout sécuritaire nourrit les conditions d'existence du narcotrafic comme pendant la prohibition aux États-Unis où les gangs ont combattu la légalisation de l'alcool en s'organisant en syndicat criminel. Alors non, Ericoti, la France ne devient pas orange mécanique. Les chiffres même du ministère montrent surtout une stabilité globale de la délinquence et une hausse dans des domaines largement négligés par l'extrême droite.

Quant à la politique de répression des stupéfiants, elle ne montre aucun succès dans le démantellement de ce fameux narcotrafic. Voilà pour cette fois. On se retrouve très bientôt pour commenter l'actualité politique et parlementaire.

N'oubliez pas de liker, commenter, [musique] partager pour diffuser une information libre, indépendante et accessible à tous. Et en attendant la prochaine fois, on vous laisse avec cette citation inspirante. Le capital est du travail mort qui ne s'anime qu'en suçant tel un vampire du travail vivant et qui est d'autant plus vivant qu'il en suce davantage.

Carl Marx, le Capital, chapitre 8. Hei hei hei. Yes. [musique]