Stratégie sanitaire du gouvernement, élections régionales en pleine pandémie de Covid-19... Le "8h30 franceinfo" de Karima Delli
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut prendre rapidement de nouvelles mesures supplémentaires en France et y compris dans les Hauts-de-France ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Faut-il maintenant durcir les mesures ?
- 4:16FerméeRéponse partielle
Est-ce que le message que vous entendez faire passer ce matin, c'est oui, il faut un reconfinement dur, y compris la fermeture des écoles ?
- 5:04OuverteRéponse partielle
Sur les écoles, qu'est-ce que vous feriez concrètement si vous en aviez la compétence ?
- 6:31OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez que la Grande-Bretagne durcisse ses contrôles aux frontières, notamment vis-à-vis des routiers dans votre région ?
- 8:50OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous les élections régionales doivent se tenir aux dates prévues en juin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Ils expliquent que compte tenu de la pression sur les hôpitaux, ils ne vont plus avoir d'autre choix que de trier les patients Covid et non-Covid. »
- 1:03InvitéFait
« Pourquoi aujourd'hui on est un petit peu au même niveau qu'au début de la crise, c'est-à-dire il y a un an. »
- 1:15InvitéFait
« Ce gouvernement a échoué. Il a d'abord échoué sur les masques, il a échoué sur les tests et sur la politique vaccinale. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Il explique encore une fois ce matin qu'il a pris des mesures proportionnées. »
- 2:00InvitéFait
« Le variant anglais allait accélérer, justement, la contamination. »
- 4:07InvitéFait
« Est-ce qu'on a donné plus de moyens aux hôpitaux, aux soignants ? »
- 4:33InvitéFait
« La première chose, c'est qu'il faut que les régions se dotent de la compétence santé. »
- 5:17InvitéFait
« Je rappelle que le confinement n'arrête pas le virus. »
- 6:18InvitéFait
« Dans les entreprises, il faut rendre obligatoire le télétravail. »
- 7:23InvitéFait
« Rien n'est décidé pour les prochains jours. »
- 8:55InvitéFait
« À l'heure actuelle, oui, elles doivent se tenir. »
- 20:16InvitéFait
« Nous sommes la dernière génération à pouvoir y remédier. »
- 23:03InvitéFait
« Il faut arrêter de tergiverser. »
Temps de parole
- Invité56 %
- Karima Delli20 %
- Invité 211 %
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Dans le 8.30 du dimanche sur France Info avec Jean-Jérôme Bertoluz, chef du service politique. Bonjour. Bonjour. Notre invité ce matin, Karima Dehli, eurodéputée Europe Écologie Les Verts et candidate dans les Hauts-de-France. Bonjour. Bonjour.
On commence par la gestion de la crise sanitaire. Bonjour Karima Dehli. Ce matin dans le JDD, une quarantaine de médecins urgentistes et réanimateurs poussent un véritable cri d'alarme. Ils expliquent que compte tenu de la pression sur les hôpitaux, ils ne vont plus avoir d'autre choix que de trier les patients Covid et non-Covid. Est-ce qu'il faut prendre rapidement, très rapidement, de nouvelles mesures supplémentaires en France et y compris bien sûr dans les Hauts-de-France ?
Ce qu'il faut se demander c'est pourquoi on en est là. Pourquoi on en est là ? Pourquoi aujourd'hui on est un petit peu au même niveau qu'au début de la crise, c'est-à-dire il y a un an. Et là, il faut le dire de manière assez forte, c'est que ce gouvernement a échoué. Il a d'abord échoué sur les masques, il a échoué sur les tests et sur la politique vaccinale. Rien n'a été anticipé. Et c'est là, pour moi, la grande catastrophe, en fait. C'est une catastrophe qui a été programmée et que les Français et les Françaises sont en train de payer le pari d'Emmanuel Macron.
Et vous parlez de ma... C'est un échec, ça, parce qu'effectivement, depuis quelques jours, depuis 72 heures, le président de la République ne cesse de défendre sa politique, son choix de ne pas avoir reconfiné la France. Il explique encore une fois ce matin qu'il a pris des mesures proportionnées.
Oui, mais il faut écouter les scientifiques. Depuis maintenant de nombreuses semaines, il tire la sonnette d'alarme, et je peux vous le dire, il disait très bien que le variant anglais allait accélérer, justement, la contamination. Et moi, chez moi, dans le Nord, à Dunkerque, vous savez, dès le début février, j'étais avec les élus, on a crié dans le vide. On disait, mais 80% des continuations étaient dues aux variants anglais. Mais M. Véran n'est arrivé que fin février, vous voyez, alors qu'on demandait juste quelque chose de simple.
Donc, nous demandions, à la veille des vacances, juste 5-6 jours avant, de fermer les écoles, et notamment les collégialisées, à la veille des vacances scolaires. Vous voyez, pour casser, justement, cette progression et la courbe. Mais nous n'avons pas été entendus, et là aussi, il y a un problème. C'est-à-dire que cette politique, notamment de gestion de la crise sanitaire, elle n'a jamais été faite avec les élus locaux. Donc, on applique des méthodes sans regarder ce qui se passe sur le terrain.
Alors, faut-il maintenant durcir les mesures ? La piste est sur la table. C'est ce que rappelle encore, ce matin, dans les colonnes du journal du dimanche, Emmanuel Macron. Une position qu'il avait déjà présentée il y a quelques jours, à la sortie du sommet européen. C'était jeudi soir. On l'écoute.
Et donc, sans doute, dans les prochains jours, les prochaines semaines, nous aurons des nouvelles mesures à prendre. On les prendra tous ensemble, à la lumière des faits, en étant transparents, on le fera en temps réel. Nous prendrons toutes les mesures utiles, en temps et en heure. Et il n'y a, à mes yeux, aucun tabou.
Aucun tabou, Karima Dely. Et on vous écoutait depuis le début de cette interview. Vous, qui aspirez à avoir des responsabilités régionales, vous dites finalement aux électeurs et aux citoyens des Hauts-de-France, oui, il faut aujourd'hui fermer les écoles. Oui, il faut un reconfinement dur. Vous dites à la jeunesse, eh bien oui, restez chez vous.
Non, d'abord, il faut dire merci aux Français. C'est ça qu'il faut dire. Les Français ont connu, aujourd'hui, trois confinements. Et les conséquences, ça a été sur leur vie affective, leur vie sociale. Mais qu'est-ce qu'on a fait depuis un an ? Est-ce qu'on a donné plus de moyens aux hôpitaux, aux soignants ? Alors, je ne dis pas que c'est ce gouvernement, parce que depuis Sarkozy, la politique d'austérité dans les hôpitaux...
Qui a eu Ségur de la Santé, mais juste, aujourd'hui, que faut-il faire ? Encore une fois, vous inscrivez à des grandes responsabilités. Est-ce que le message que vous entendez faire passer ce matin, c'est, oui, il faut un reconfinement dur, y compris la fermeture des écoles ?
Moi, je le dis, je vais faire un peu de la politique fiction, Jean-Jérôme Barsolus. La première chose, c'est qu'il faut que les régions se dotent de la compétence santé. Et moi, je serais à la tête de la région, tout d'abord, il y aurait une politique de prévention et une politique de santé. Certes, ce n'est pas de la compétence de la région. Je le suis aujourd'hui, mais j'aurais pris cette compétence et j'aurais tout fait pour, justement... Et ce matin, je les mets en débat, il est grand temps que la compétence santé soit une compétence partagée des régions. Ça, c'est la première chose.
Mais sur les écoles, par exemple, qu'est-ce que vous feriez concrètement si vous en aviez la compétence ?
La première chose, c'est d'écouter les scientifiques. Aujourd'hui, ils disent qu'ils sont dans une panique, c'est surtout sur... Je rappelle que le confinement n'arrête pas le virus. Il faut faire attention. Le confinement permet juste de mettre un arrêt, de soulager nos hôpitaux qui sont saturés. Donc maintenant, écoutons les scientifiques. Et si les scientifiques nous amènent à nous dire que le confinement, il faut le mettre en place, eh bien moi, je me plierai la décision notamment des scientifiques.
On sait que le virus circule dans les écoles, on sait qu'il se transmet parmi les élèves. Il y a beaucoup de classes qui ferment, c'en est la preuve. Mais il y a aussi l'utilité sociale, les aspects pratiques pour les parents qui sont les fermes. C'est vraiment la question d'un choix politique autant que sanitaire. Alors que feriez-vous ?
Eh bien d'abord, il faut anticiper. Dans les écoles, je veux dire, est-ce qu'on a armé nos écoles ? Est-ce qu'on a embauché plus de professeurs auxiliaires ? Est-ce qu'on a mis en place des véritables outils numériques pour tous ces enfants qui n'avaient pas accès au numérique ? Vous savez, toutes ces questions-là, il fallait les poser avant. Aujourd'hui, on attend toujours d'être au pied du mur pour pouvoir y répondre. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Là, hier, j'entendais quelque chose d'incroyable. On disait, au travail, il faut mettre en place des protocoles sanitaires. Mais non, dans les entreprises, il faut rendre obligatoire le télétravail.
Vous voyez, on sait ce qu'il faut faire, mais non, on ne le fait pas.
Très vite, une petite question. Est-ce que vous craignez que la Grande-Bretagne durcisse ses contrôles aux frontières, en particulier vis-à-vis des routiers qui franchissent la frontière dans votre région ?
Alors, c'est tout le but de ma responsabilité. L'Europe, c'est la libre circulation. Et donc, il faut protéger les routiers, c'est-à-dire qu'il faut leur permettre d'avoir des tests PCR antigéniques, etc. Mais le retour des frontières n'est pas à l'ordre du jour, M. Jean-Jérôme Bertolus.
Avec la Grande-Bretagne qui est sortie de l'Union Européenne, en plus, le vrai exit. Dans un instant, on va parler des régionales avec vous, bien sûr, puisqu'on le rappelle, vous êtes candidate dans les Hauts-de-France. Mais d'abord, 8h40, le Fil Info avec Diane Ferchit.
Emmanuel Macron ne dévie pas de sa position et défend à nouveau sa gestion de la crise sanitaire. Dans le journal du dimanche, le chef de l'État assure qu'à 7h, rien n'est décidé pour les prochains jours. Nous allons regarder l'efficacité des mesures de freinage déjà mis en place, déclare-t-il. Et sur France Info, l'épidémiologiste Philippe Amouyel estime qu'il faut étendre ces mesures à d'autres départements. Cela permettrait, selon lui, de gagner un peu de temps sur le virus. Également dans le journal du dimanche, une quarantaine de directeurs médicaux de crise de l'assistance publique hôpitaux de Paris mettent en garde.
Ce matin, ils se préparent, disent-ils, à devoir faire un tri parmi leurs patients dans les 15 prochains jours. Les enseignants du lycée de la Croix à Drancy, en Seine-Saint-Denis, évoquent quant à eux un danger grave et imminent. Dans un courrier adressé au gouvernement, ils réclament la fermeture de leur établissement où les cas de Covid se multiplient. Une vingtaine d'élèves du lycée ont perdu un de leurs parents depuis le début de l'épidémie. Un an et demi qu'il n'y avait pas eu de grande mobilisation pour le climat. Plus de 500 organisations appellent à défiler aujourd'hui pour demander davantage d'ambition aux députés.
Ils examinent à partir de demain la loi climat à l'Assemblée nationale. Deuxième match des éliminatoires du Mondial 2022 pour l'équipe de France de football. Les Bleus affrontent le Kazakhstan moins d'une semaine. Après leur match nul face à l'Ukraine, les Kazakhs sont 122e au classement FIFA. Coup d'envoi de cette rencontre à 15h.
France Info
Karima Daly, eurodéputée Europe Écologie Les Verts et l'invité de France Info ce matin. Vous êtes tête de liste de la gauche et des écologistes dans les Hauts-de-France pour les régionales qui doivent se tenir à priori les 13 et 20 juin prochains. On attend un avis du Conseil scientifique aujourd'hui remis au Premier ministre Jean Castex sur la tenue ou non de ces élections vu le contexte sanitaire. Est-ce que pour vous elles doivent se tenir à ces dates-là ?
À l'heure actuelle, oui, elles doivent se tenir. Le gouvernement insiste pour que les parents déposent leurs enfants à l'école, nous amènent à faire nos courses, à prendre les transports. On ne peut pas nous demander d'être consommateur, d'être travailleur, de produire et en même temps de nous dire non, vous n'allez pas avoir le droit d'aller voter. Je crois qu'il faut maintenir ces élections aujourd'hui, en juin. J'espère que d'ici juin, la situation s'améliorera.
D'après ce qu'on écoute, et j'espère qu'ils vont le faire, c'est que la montée en puissance de la politique vaccinale nous permettra aussi, dans un climat de beau temps, de faire en sorte que le virus nous laisse aller voter tranquillement.
Quoi que dise le Conseil scientifique, on les maintient, même si, par exemple, on ne le sait pas encore, mais s'ils préconisent un report, par exemple, rien que par sécurité...
Nous sommes en mars. Si vous posez la question aux Français vis-à-vis de la situation, je suis persuadée que les sondages disent qu'il faut les reporter. Maintenant, attendons, il y aura une clause de revoyure mi-avril, notamment par l'Assemblée nationale. Nous verrons la situation d'ici là. Et en même temps, en tant que femme politique responsable, et bien justement, je me plierai à la question... à l'avis des scientifiques, si c'est possible ou pas.
Vous avez lancé votre campagne vendredi, à Lille. Est-ce que les nordistes, ils ont la tête en ce moment à la politique, aux élections, où finalement vous allez rencontrer des difficultés, parce que chacun pense d'abord et avant tout à la crise sanitaire ?
Alors, les habitants et les habitantes des Hauts-de-France que je rencontre sentent un nouvel élan, notamment par cette liste qu'on appelle l'union de la gauche et des écologistes. Alors, je rappelle à tout le monde, il n'y a pas de petits ou de grands partenaires. Ce ne sont que des partenaires de Victoire. Je ne vais pas tous les citer. Il y a le Parti socialiste, le Parti communiste, la France insoumise, Place publique, Génération Est, Génération... Et le dernier en date, le Parti radical de gauche qui était là. Ce n'est pas le but, vous savez, de cumuler le goût sur une affiche. Ce n'est pas ça. Aujourd'hui, nous sommes une équipe. Et notre but, c'est ce que vous dites, M.
Verteluz, c'est de faire revivre ce qu'est la politique avec un grand P, de leur proposer un projet et d'éviter que demain, justement, il soit dé... Parce que beaucoup sur le terrain sont déçus par les partis politiques. Notre but, c'est de démontrer que les abstentionnistes, qu'on a un projet alternatif et que nous sommes l'alternative.
La politique avec un grand P, c'est aussi Xavier Bertrand, le président du Conseil régional. Lui, il voit la politique en grand, puisqu'il a déjà imposé cette semaine sa candidature pour 2022. Donc, vous allez affronter, finalement, un candidat à l'élection présidentielle dans les régionales ?
Les choses sont claires. Les masques sont tombés. Aujourd'hui, M. Xavier Bertrand, ce candidat permanent, a les yeux rivés sur l'Elysée. Moi, j'ai les yeux rivés sur Roubaix, sur Beauvais, sur Amiens. Voilà. Moi, je serai la présidente des Hauts-de-France, de toutes les Hauts-de-France, de rien que les Hauts-de-France. Moi, je ne suis pas dans une obsession permanente, notamment de l'Elysée. Je crois qu'aujourd'hui, c'est là où c'est quand même terrible. Il a fait une interview dans un journal. C'est le point. Les biomedaires, le point. Voilà. Il n'y a pas, vous savez ce qui est terrible, il n'y a pas, rien que le mot, les Hauts-de-France, les habitants des Hauts-de-France.
Moi, je serai au service, justement, de la vie, des projets, des espoirs.
Votre ambition, c'est de le faire chuter ?
Ah, mais moi, je n'ai qu'une ambition. Vous savez, c'est changer la vie des gens dans les Hauts-de-France. Et pour ça, il faut que je sois à la première place du podium.
Alors, pourquoi ce que vous avez obtenu dans les Hauts-de-France, c'est-à-dire l'union de la gauche et des écologies, pourquoi ça ne se répète pas ailleurs ? Un petit mot, par exemple, Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France Insoumise, il vous propose à vous, les Verts, des têtes de liste dans cinq régions et de prendre seulement la liste, la tête de liste dans une région. Par exemple, il dit à Julien Bayou, dans la région Île-de-France, allez, mettez-vous derrière Clémentine Autain, la candidate de la France Insoumise. C'est un bon deal ?
Écoutez, nous, nous n'avons pas fait cet accord pour être un modèle ou un exemple. C'est la situation impérieuse des Hauts-de-France qui nous a obligés à être responsables. Nous sommes en face, justement, d'une extrême droite suffocante qui essaie de prendre ses racines dans les Hauts-de-France et s'étend partout en France. Et on y a une droite qui, durant six ans, avait tous les pouvoirs. Et on voit quoi ? C'est M. Xavier Bertrand, beaucoup de blabla et pas de résultat. Une casse sociale sans précédent, Weirpool, Bridgestone, Cargrille, je ne peux pas tous les faire, et un recul coupable, il faut le dire, de la transition écologique.
Eh bien, nous, nous sommes une équipe et qu'est-ce qu'on dit ? Très simplement, nous ne laisserons pas notre région à la dérive. Nous allons en faire l'avant-garde de la transition écologique et de la justice sociale.
Et avec votre équipe, vous voulez porter les valeurs de la gauche dans les Hauts-de-France et vous n'êtes pas la seule. Vous avez sûrement remarqué que c'est aussi ce que veut faire Laurent Pietraszewski, tête de liste de la majorité. Personne n'a le monopole des valeurs de la gauche, dit-il. Il veut vous faire concurrence ?
Je ne crois pas qu'il puisse nous faire concurrence parce que nous sommes déterminés. On fera tout pour aller chercher la victoire. Et M. Pietraszewski, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Non, mais, vous savez, être de gauche ou les valeurs de gauche, ce n'est pas juste un slogan. C'est de les mettre en œuvre. Et lorsque lui, j'apprends, lorsqu'il était à la tête d'un groupe, il travaillait dans un groupe qui s'appelle Auchan et qui n'a pas pleuré lorsqu'il a renvoyé juste une salariée parce qu'elle avait pris un pain au chocolat, je crois. Vous voyez ? Elle a été renvoyée pour ça. Donc, moi, je ne vais pas rentrer dans ces polémiques-là.
Moi, je ne suis pas là pour dire plus de gauche, etc. parce que ce n'est pas mon but. Mon but, c'est de rappeler les valeurs. Et les valeurs, elles sont humanistes, écologistes et faire en sorte que nous gagnions sur ces nouvelles valeurs.
Valeurs et polémiques. Quand même, il y a eu une polémique cette semaine assez importante à propos, notamment, de la mairie de Strasbourg qui a sa tête Jeanne Barseguian qui est une élue écologiste et qui a accordé une subvention à un projet de mosquée qui est soutenu par une association pro-turque. Clairement, le ministre de l'Intérieur a expliqué que la mairie de Strasbourg favorisait une ingérence étrangère. Et d'un mot, Marlène Schiappa, la ministre déléguée, a expliqué que les Verts flirtaient de plus en plus dangereusement avec les thèses de l'islamisme radical. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Alors, tout d'abord, monsieur Jean-Jérôme Bertolus, je tiens à vous rassurer et à vous le dire que l'extension du Concordat ne fait pas partie de mon programme. Et donc, de vous dire tout de suite que nous ne serons là. Le Concordat s'applique en Alsace. Nous ne serons là pour ne pas financer de l'occulte, mais nous allons être là pour financer justement tous les endroits où la République a déserté dans les Hauts-de-France, les transports publics, la question notamment des lycées, etc. Mais sur l'islam radical, alors cette subvention,
elle a été votée, donc elle est légale, même si le ministre de l'Intérieur veut déférer cette décision devant la justice administrative.
Plus sérieusement, moi je voudrais revenir, je voudrais qu'on en finisse avec les polémiques stériles fabriquées dans le laboratoire d'un nouveau professeur qu'on appelle Raoul Darmanin, où on voit bien qu'aujourd'hui, les écologistes, lorsqu'on voit qu'il y a des victoires, tout de suite, nous sommes la cible.
Mais Anne Hidalgo aussi a expliqué que vous aviez un problème avec la République.
Alors, je le dis à Anne Hidalgo qui est une amie que je respecte, Anne Hidalgo est maire de Paris. Donc voilà, je crois que ça, c'est réglé. Maintenant, sur la question...
Je n'ai pas très bien compris votre réponse, mais bon. Quand Anne Hidalgo, responsable, maire de Paris, mais quand même responsable, enfin, une figure nationale du Parti Socialiste, accuse les Verts d'avoir un problème avec la République, vous ne pouvez pas juste répondre elle est maire de Paris ?
Non, mais moi, je voudrais juste dire que sur cette histoire, c'est assez simple. Si le gouvernement considère qu'il y a un problème avec cette association et qu'elle est hors la loi, eh bien, qu'il nous donne les éléments, qu'il donne les éléments à la maire de Strasbourg et qu'on applique la loi. La problématique, c'est qu'aujourd'hui, vous vous rendez compte, on est en train de créer dans notre société des crispations. on est en train de monter en une espèce de boule de neige des choses dans lesquelles les Français en ont ras-le-bol. Je vous le dis, on est en un moment de crise sanitaire qui est terrible. Je le vois sur le terrain.
On peut parler des choses sérieuses et faire de la politique. Monsieur Jean-Jérôme Bertolus, avec un grand P, comme je le disais tout à l'heure.
Chose sérieuse, à vos yeux et aux yeux de beaucoup de Français, c'est le climat, bien sûr, et on va en parler juste après le fil info qui arrive puisqu'il est 9h moins 10. C'est avec Diane Ferschit.
Ils disent se préparer à faire un tri des patients pour faire face à la troisième vague qui submerge l'Île-de-France. Une quarantaine de directeurs médicaux de crise de l'APHP signifie une tribune dans le journal du dimanche. Nous ne pouvons rester silencieux sans trahir le serment d'Hippocrate, disent-ils. Également dans le JDD, Emmanuel Macron lui assure que rien n'est décidé quant à un nouveau tour de vis face à l'épidémie. Le chef de l'État qui assure que la France va recevoir de plus en plus de doses de vaccins, la campagne de vaccination. Et ce sont au total plus de 7 700 000 personnes qui ont reçu au moins une injection contre le Covid.
Parmi elles, 2 600 000 Français ont reçu les deux doses. Désormais, les pharmacies vont pouvoir utiliser les sérums de Pfizer et de Moderna. Ils peuvent être stockés dans des congélateurs pharmaceutiques standards selon les précisions de l'Agence européenne du médicament entre moins 25 et moins 15 degrés contre moins 80 précédemment. Un concert test organisé hier soir à Barcelone en Espagne. 5 000 personnes rassemblées. Elles ont été testées dans le concert et ont reçu leurs résultats en 10 à 15 minutes. Le coût des tests et des masques était compris dans le prix du billet. L'Espagne qui durcit les conditions d'entrée sur son territoire.
A partir de mardi, il faudra présenter un test négatif datant de moins de 72 heures pour se rendre dans le pays sauf pour les travailleurs frontaliers et les transporteurs routiers. Le secrétaire général de l'ONU dénonce une tuerie en Birmanie. Près de 90 morts hier dont des enfants, des centaines de blessés lors de la répression par l'armée d'une manifestation pro-démocratie. C'est la journée la plus sanglante depuis le coup d'état militaire du 1er février dernier.
France Info
Karim Adéli, eurodéputée Europe Écologie Les Verts, candidate à l'Union de la Gauche dans les Hauts-de-France et notre invitée ce matin. Votre mot d'ordre pour ces régionales, climat et emploi sont compatibles ?
Totalement et ils sont urgents. Aujourd'hui, on voit bien que la crise climatique, nous sommes dans un moment où tout le monde ressent les effets du dérèglement climatique mais nous sommes la dernière génération à pouvoir y remédier. Donc le climat, il faut vraiment investir surtout d'autres transports, une autre agriculture et je ne vais pas tous les développer les thèmes ici et en même temps, c'est créateur d'emplois. L'emploi de demain, c'est les emplois de la transition écologique. Ce sont des emplois non délocalisables qui soient de qualité et qui fassent face aussi à ce rouleau compresseur qu'on appelle le dumping social et ça la mondialisation.
Concrètement, dans une région comme les Hauts-de-France, quelle initiative concrète on peut mettre en place pour justement rendre compatible l'emploi et la lutte pour le climat, créer des emplois avec cela ?
Par exemple, moi je suis fière qu'en Picardie, par exemple, nous avons des éoliennes, un exemple, 10 éoliennes permettent d'alimenter 36 000 foyers. Oui, c'est quand même dingue. Ça crée directement sur notre territoire de l'emploi. Moi, vous savez, je suis dans une région où le secteur automobile est très important. Il va falloir sortir notamment du diesel et du thermique. Allons-y, investissons sur une vraie transformation de l'industrie automobile, faire en sorte que demain, on puisse avoir une industrie de qualité.
Justement, Karim Adéli, à partir de demain, sera examiné le projet de loi climat qui est porté par Barbara Pompili à l'Assemblée nationale. Les débats promettent d'être assez denses. Est-ce que, par exemple, vous, concrètement, vous êtes favorable à l'interdiction de la publicité pour les voitures dites SUV ? D'ailleurs, tous les constructeurs français produisent des SUV. Mais est-ce que vous dites que maintenant, il faut être un peu ferme, il faut interdire la pub pour ces voitures ?
Moi, je suis totalement pour l'interdiction de ce genre de publicité. J'adorerais qu'on ait de la publicité pour des vélos. Mais encore faut-il faire naître l'industrie du vélo. Regardez, en France, on est le pays du Tour de France et on n'a pas de constructeurs de vélos. En tout cas, pas assez. C'est quand même dingue. Peugeot, si tu m'as aussi, par exemple. Oui, mais très, très minime. Regardez, les vélos viennent d'où en France ? Ils viennent de l'autre bout de la planète. Eh bien, on est capable de le faire. Alors, allons-y. L'industrie du vélo, c'est extraordinaire. On a une industrie du ferroviaire. Allons-y. Vous voyez, c'est gagnant-gagnant pour le climat et pour les emplois.
Sur le climat également, il y a eu un débat par rapport à ce projet de loi sur ce qu'on appelle les passoires thermiques qui représentent une bonne part effectivement du dérèglement climatique. Là encore, il faut être ferme, par exemple, interdire aux propriétaires de vendre les appartements s'ils ne les rénovent pas, de vendre des passoires thermiques ou, pour les bailleurs, de louer des passoires thermiques maintenant et pas dans des années futures.
C'est maintenant que tout se joue. Maintenant, il faut arrêter de tergiverser. Vous savez, l'écologie, ce n'est pas un gadget ou se faire plaisir ou comme le dit M. Castex, allez, tous écolos, c'est la cohérence. La cohérence c'est d'agir maintenant. Et il faut arrêter le en même temps aussi parce que moi, je regarde la loi et c'est assez terrible parce que M. Emmanuel Macron, notre président, avait promis un sans-filtre. Les filtres sont arrivés notamment avec les lobbies. Vous voyez ? Et aujourd'hui, on a l'air totalement ridicule. Pourquoi ? Parce qu'en 2015, nous étions les leaders des accords de Paris. Tout le monde nous regardait.
Aujourd'hui, on est les cancres de la classe, je vous le dis, parce qu'on ne va pas justement au devant. Et donc, on dit, allez, on est écolo mais on signe des accords de libre-échange comme pour le Mercosur. On dit qu'on est écolo mais en même temps, on réintroduit les néonicotinoïdes et vous savez quoi ? On devait sortir du glyphosètre Il y a un bilan
qui sera discuté à la présidentielle mais juste d'un mot, il y a aujourd'hui des marches pour le climat. Vous allez d'ailleurs battre le pavé comme on dit ?
Alors, je serai à 14h30 à Lille, place de la République. Donc à Lille,
est-ce que vous appelez tous les jeunes à descendre dans la rue aujourd'hui ?
Mais bien sûr qu'il faut y aller. Il faut vous rendre compte que la jeunesse aujourd'hui, elle est en train de prendre le pouvoir et c'est ça. Elle n'attend pas la révolution écolo. Elle l'a fait dans la rue et elle dit un mot d'ordre. Vous les adultes, vous les politiques, ne prenez pas en otage notre avenir. Et ils ont raison. Et donc nous, on doit être responsables et faire en sorte que toutes les lois qui sont adoptées, notamment en France comme en Europe, rentrent dans cette transition écologique. Il faut le faire et vite.
Avec ce débat, à partir de demain, vous vous appelez, les députés, y compris de la majorité, à aller plus loin, à contredire, pourquoi pas, le gouvernement dans les propositions qu'il a faites dans ce projet de loi. Prenez les promesses
de la Convention citoyenne. La Convention citoyenne, extraordinaire, outil démocratique, qui note la loi climat 2,5 sur 10. Vous savez, même pas la moyenne. Donc, les députés, je vous envoie ce matin, dimanche, à 8h58, un appel. Respectez la volonté des citoyens et vous allez voir que c'est bon pour la planète, c'est bon pour les gens et c'est bon pour la biodiversité.
Karim Adéli, heureux député, Europe Écologie, Les Verts, candidate dans les Hauts-de-France, en tête d'une liste d'Union de la Gauche et des écologistes invités de France Info en ce dimanche.
Karima Delli