Ruffin provoque un tollé avec la sortie de sa BD - L'édito de Françoise Degois
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Françoise. Bonjour mon cher Benjamin. Bon la présidentielle qui occupe déjà tous les esprits et François Ruffin Tené qui n'en finit pas de se justifier sur sa bande dessinée qui a fait polémique.
Il a intérêt selon vous à justifier car on a vu des présidentiels perdus pour moins que ça franchement. Oui. Alors Benjamin écoutez c'est ferrier aujourd'hui enfin pour la plupart des gens.
Donc on fait un petit historiquein. La présidentielle vous savez c'est une course de tous les dangers. Vous faites jeu égal avec votre adversaire et patatra vous glissez parce que vous avez fait la boulette. le mot qu'il ne fallait pas prononcer, l'attitude qu'il ne fallait pas avoir.
La vie politique française et bien elle est pleine de ces accidents. Souvenez-vous, nous sommes en mars 2002, vous êtes à peine né hein. Lionel Jospin est dans l'avion qui le ramène de la Réunion, voyez, il rentre de son meeting de campagne et il se lâche.
Il est 4h du matin, il se lâche sur Jacques Chirac, qu'il trouve vieux, usé, vieilli, fatigué. Cette phrase fait la une des journaux le lendemain et Jacques Chirac très opportunément dénonce dit-il un délit de sale gueule. À l'époque les deux candidats sont à stricte égalité mais Jospin est absolument sûr de gagner péché d'orgueil.
Et bien cette phrase Benjamin, elle marque, vous le voyez tout de suite dans les sondages, la descente inexorable du candidat socialiste avant le premier tour. La bravitude, vous vous souvenez ? Moi oui très bien parce que j'y étais hein sur la grande muraille avec tous les journalistes.
C'était en janvier 2007 quand c'est Golen Royal qui cherche ses mots dans un froid glacial sort ce néologisme qui va faire le tour du monde et de la France hein. La bravitude est moquée avant de devenir culte décliné sous toutes ses formes. la coulitude, la franchitude mais le mal est fait pour la candidate socialiste qui fait quasiment jeu égal avec Nicolas Sarkozi mais se met à décrocher car elle tombe dans la ridiculitude.
Ouais mais il y a des cas inverses Françoise où une phrase bah peut tout changer. Oui, absolument. Nous sommes le 17 février 1995, porte de Versailles, meeting incand descent.
Jacques Chirac, voyez, il n'est même pas l'outsider tellement Édouard Baladur domine le match et le devance de plus de 20 points. À l'époque Nicolas Sarkozi, directeur de campagne Rican en disant il y aura même pas de deuxème tour, il est directeur de campagne d'Edouard Baladur. Mais c'est sans compter sur l'art politique de Jacques Chirac qui a repéré un thème majeur abandonné par la droite libérale, la fracture sociale.
Deux mots qui vont permettre une remontada inimaginable. La plus belle de l'histoire de la 5e. La formule fait mouche, les journalistes s'en part.
On connaît la suite. Chirac gagne contre toute attente la présidentielle tout comme c'est Golan Royal d'ailleurs la même qui écrase ses concurrents Fabius DSK dans la primaire interne avec une expression qui est toujours autant d'actualité. Vous savez laquelle ?
L'ordre juste. Et puis il y a les formules les bons mots qui claquent et impriment une marque indélébile et positive. Débat sur TF1 en 2017 entre tous les candidats.
Tout le monde parle, s'engueule et Jean-Luc Mélenchon secoue gentiment ses adversaires en leur disant "Oh là, vous allez arrêter avec vos pudeurs de gazelle." Cette phrase sera plébiscitée dans l'opignion. Ça lui permet de doubler le candidat socialiste et de laisser Benoît M à 7 % alors que lui frise la barre du second tour.
Mais ces phrases n'est pas que de la com parce que à vous entendre, j'ai l'impression qu'une campagne se joue juste sur de la communication. Et bien mais non, pas du tout. Mais bien du tout.
La communication c'est de la zoubia. On peut quand même se le dire vous et moi ce matin. La com c'est du vent, c'est des jolies photos, c'est des phrases bien léchées.
Dites-moi ce qui reste de Gabriel Natal, sa déclaration de candidature. Ça, c'est de la communication qui est complètement évancente et qui ne repose sur rien. Pourquoi ces phrases provoquent de tels changements ?
Car elles ont du sens. Elle touche au cœur comme la fracture sociale qui est véritablement un concept ou l'ordre juste ou bien elles abîment l'image d'un candidat comme la bravitude qui soulligne la trop grande originalité de ces golines royales pour l'exercice présidentiel ou bien vieux usé vieilli fatigué la caractéristique méprisante qu'on voyait à peine mais qui existait pourtant de lionpin pour Jacques Chirac dans une campagne tout imprime puissance 10 mais surtout pas la communication ce qui imprime ce qui fait sens c'est ce qu'on appelle les convertisseur d'opinion, ce qui touche au cœur du pays, au cœur des gens et que parfois on ne soupçonne même pas. C'est vertigineux, c'est une aventure intense, unique et dingue.
François Ruffin