Pourquoi la justice empêche N.Sarkozy de voir G.Darmanin ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
13h [musique] 14h Europ avec Kelly Mathias sur Europe il est 13h19 on vous retrouve avec Sébastien Lignet chef du service politique et chefs actuell bonjour Sébastien Lignet bonjour Clé juste avant de parler de la menace terroriste et de Salah Abdislam un mot sur la remise en liberté de Nicolas Sarkozi hier la décision de la cour d'appel peut être interprétée comme un revirement par rapport à la condamnation du tribunal correctionnel la première condamnation ce n'est pas forcément le cas mais vous comment l'avez-vous interprété Moi je trouve que cette décision prouve le caractère politique surtout de la condamnation en première instance parce que euh ça prouve ce que on avait compris, c'est-à-dire que la justice avait voulu se payer Nicolas Sarkozi en l'envoyant en prison avec mandat de dépôt exécution provisoire. C'est-à-dire que au fond euh ce qui était important pour la justice en première instance, c'est que Nicolas Sarkozi dorme en prison ne serait-ce que quelques jours, quelques heures, quelques semaines. Il savait pertinemment que tout portait à croire que Nicolas Sarkozy serait libéré.
Mais il fallait pour le symbole pour humilier l'ancien président de la République, l'envoyer en prison. Donc eux ils ont eu leur trophée ou est-ce que c'est pas plutôt que tout portait à croire qu'il allait faire appel et donc dans ce cas-là qu'il y aura un deuxième procès et donc que le mandat de dépôt n'avait peut-être pas forcément lieu d'être puisque là c'est c'est ce qui a c'est ce qui a été dit et c'est ce qui est dit. Il a la tribunal correctionnel l'a condamné à 5 ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé exécution provisoire.
Donc ils l'ont condamné. Il fait sa peine de prison. Mais là où ça change les choses, c'est parce qu'il a décidé de faire appel.
Oui. Non mais d'accord mais enfin infé je ne peux pas croire une seule seconde que la justice n'avait pas anticipé tout cela, que Nicas Sarkozi n'allait pas s'il était s'il avait un mandat de dépôt qu'il allait pas tout de suite faire une demande de liberté et que cette demande de liberté serait acceptée parce que c'est c'était évident que cette demande de liberté a été acceptée. Donc en fait il fallait l'envoyer en prison.
Pour moi, c'est le point central. C'est-à-dire que même dans dans les dans les mots qui avaient été utilisés en première instance euh euh don il jugeait le le l'effet extrêmement grave des faits d'une telle gravité d'une telle gravité qu'elle justifiait le fait de l'envoyer en prison. Et hier euh dans le délibéré, on nous explique que rien ne justifiait le fait de le maintenir en prison.
Donc pour moi, il y a évidemment un caractère politique. C'est pour ça que je pense même pas que la les juges de première instance se sentent désavoués ce matin parce que je pense qu'ils ils ils avaient totalement compris ce qui se passé. Mais eux, l'essentiel était ailleurs.
Ils se sont fait ils se sont payés la tête d'un ancien président de la République. Ils ont envoyé un symbole à tous les autres. C'est-à-dire que à partir de maintenant, on peut envoyer un ancien président de la République en prison.
C'était le but. Ils l'ont eu. Voilà.
Parmi les conditions du contrôle judiciaire, il a un contrôle judiciaire qui lui a imposé. Là, il a été remis en liberté mais avec un contrôle judiciaire. Il a l'interdiction de voir plusieurs personnes, notamment ceux qui sont dans l'affaire avec lui, j'allais dire dans le dossier libien.
Il y a aussi l'interdiction de voir le garde des saut. À propos de cette interdiction d'entrer en contact avec Gérald Armanin, écoutez le journaliste Gérard Carrirou qui voit lui l'intrusion du pouvoir judiciaire dans le politique. On y revient.
Il était sur europein, c'était dans l'heure des pros ce matin. J'y vois quand même un conflit de pouvoir. Là, on a objectivement, me semble objectivement, me semble-t-il, une intrusion forte du pouvoir judiciaire sur le pouvoir politique.
Je m'explique en deux mots pourquoi. Parce que l'homme qui dirige aujourd'hui la justice, à moins qu'on décide qu'il y a plus de ministre de la justice et qu'elle s'auto gère, mais sinon elle est redevable vers le ministre de la justice qui s'appelle aujourd'hui monsieur Darmanin. Alors il y a un message envers Nicolas Sarkozi bien sûr et son influence mais il y a aussi un message envers Gérald Darmanin.
C'est surtout contre Gérald Armanain que ce message est adressé. Pour moi, on assiste à une attaque sans précédent honnêtement. euh de la magistrature à l'encontre de leur ministre de tutelle.
C'est-à-dire que c'est inoui. On a aujourd'hui des juges qui euh euh remettent ouvertement en question l'intégrité et l'indépendance du ministre de la justice. C'est du jamais vu une telle attaque, une telle guerre civile entre la magistrature et leur ministre de tutelle.
Et c'est évidemment un message politique qui est envoyé aujourd'hui. Vous avez une partie de la magistrature qui a dit à leur ministre, vous pouvez vous avez beau, vous avez le poste, bravo, vous êtes gardé saut mais ceux qui dirigent la justice c'est nous. Mais parce qu'ils ont dit voilà que c'était choquant qu'il aille voir Nicolas Sarkozy en prison et qu'il lui apporte son soutien.
C'est c'est une excuse. Déjà, je rappelle quand même que le garde des saut est garant devant la constitution française de du de la bonne santé de tous les détenus de France. Et donc le garde des sauts a le droit, selon la Constitution, de se rendre dans n'importe quelle prison à n'importe quelle heure pour rencontrer n'importe quel détenu pour s'asser s'assurer de sa sécurité.
Et évidemment dans le cas de Nicolas Sarkozi, c'était important que le garde des sauts aille vérifier que le dispositif de sécurité était à la hauteur. Mais c'est pas ça qu'il vise évidemment que c'est c'est ce geste symbolique euh du garde des SAAU qui qui est notamment reproché, mais c'est un ensemble. C'est le fait qu'aujourd'hui vous avez une partie de la magistrature qui reproche à Gérald Armanin d'être un ministre de droite, qui reproche à Gérald Arrmanin de vouloir mener une révolution pénale, qui reproche à Gérald Armanin ses positions passées lorsqu'il était ministre de l'intérieur.
Et donc oui, c'est une prise d'otage de l'appareil judiciaire par certains magistrats politisés. Mais ce que vous nous dites depuis le début, d'ailleurs, c'est intrusion du politique dans un jugement, dans le en fait dans le juridique, que ça soit donc pour la condamation de Nicolas SarkoZi ou là pour les conditions de du contrôle judiciaire, c'est éminemment grave. Mais c'est extrêmement grave.
Et surtout le point assez révolutionnaire dans cette histoire, c'est que pendant longtemps, c'était le politique qui critiquait la politisation de certains juges. Aujourd'hui, le rapport de force est inversé. Nous avons des juges qui critiquent ouvertement leurs ministres sur des faits politiques.
C'est complètement insensé. Je veux dire, les juges ne sont pas censés critiquer leur ministre de tutelle ou si c'est le cas, il faut revoir le système. Imaginez une seule seconde que dans la grande muette dans l'armée, vous ayez des haut gradés euh en place qui critiquent ouvertement euh le leur ministre des armées.
Ce serait vu comme comme une une tentative faxieuse. Et ben je pense qu'il faut traiter de la même manière ce qui est en train de se passer au niveau de la justice. Un bon système juridique doit apporter des garanties pour éviter l'arbitraire ou la politisation.
C'est Béatrice Bruger, magistrate, secrétaire général du syndicat unité magistrat qui s'exprime ainsi dans les colonnes du du Figaro. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il y a justement un problème de confiance, de pédagogie, de lisibilité des décisions dans le système judiciaire ?
Ah bah évidemment en général si je si je sors un peu même du cas Nicolas Sarkozy, moi je pense que l'une des solutions possibles euh c'est de faire en sorte que les jurés populaires soient démocratisés et qu'on retrouve des jurés populaires dans beaucoup plus de procès que simplement euh dans les affaires des assises comme on l'a vu récemment pour le procès jubilard. Je trouve qu'il y a quelque chose de de de l'ordre de de oui de la justice avec un grand J. Mais oui, mais en fait c'est-à-dire que vous prenez le procès jubilard, c'est très intéressant.
C'estd qu' on a tous notre avis sur cette question mais à la fin vous avez un juré qui a tranché en âme et conscience et il y aura un appel avec un autre juré qui pourra trancher différemment. Je pense que ce modèle-là fonctionne. Je pense qu'il faudrait euh le faire dans beaucoup d'autres affaires et notamment dans les dossiers politiques.
Moi, je considère que ce sont aux citoyens de juger leur représentants politiques quand ce ces derniers se retrouvent devant la justice.
Gérald Darmanin