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interviewRMC — Face à Face· 8 février 2022 21 min

L'interview : Gérald Darmanin - 08/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Gérald de Darmanin, bonjour. Bonjour. Vous êtes ministre de l'Intérieur et des cultes, ministre de l'Intérieur d'un président que les Français jugent mauvais sur les questions de sécurité. La sécurité, c'est même le point faible du bilan d'Emmanuel Macron aux yeux des Français, 69% des Français qui le jugent négatif. Le ministre, du mauvais bilan, a deux mois du premier tour de l'élection. Comment est-ce que vous allez pouvoir dire aux Français, votez pour moi, enfin votez pour lui ?

0:37
Gérald Darmanin

D'abord, c'est toujours comme ça dans une élection. La sécurité, c'est jamais un endroit où on fait le plein, si j'ose dire, du positif. Parce que d'abord, nous traversons des crises extrêmement difficiles. N'oublions pas qu'il y a eu des crises terroristes extrêmement fortes dans le quinquennat du président de la République. Ce n'est pas le seul quinquennat qui les ait subis. Les problèmes d'ordre public très importants, c'est les gilets jaunes. Aucun autre quinquennat les a subis, évidemment. Et puis de manière générale, la sécurité, depuis que je suis petit et que je regarde la télévision, c'est l'objet des campagnes électorales.

Cependant, il y a plus de 30% qui considèrent que c'est un bon bilan. Je veux aussi dire que je constate que la moitié des Français voient que nous avons lutté contre le terrorisme puisqu'ils donnent au président de la République un satisfait-cite. Et c'est d'ailleurs le premier et grand sujet qui touche les Français que le président de la République a réglé, au sens où il y a mis les moyens. 1.900 personnes en plus à la DGSI au renseignement territoriaux. 37 attentats et stabilistes déjoués pendant son quinquennat. Doublement des moyens de la DGSI.

1:29
Présentateur

On va regarder plus précisément, mais c'est quand même étrange quand je vous parle sécurité. Alors, on va regarder dans le détail. C'est principalement les chiffres des atteintes aux personnes qui ont évolué. Mais vous dites, notre bilan, c'est sur le terrorisme. Mais est-ce que ça veut dire que, par contraste, vous considérez que François Hollande doit être tenu responsable du mauvais bilan sur le terrorisme ?

1:49
Gérald Darmanin

Non, pas du tout. Mais ce qui est sûr, c'est que nous avons subi, nous avons hérité d'une situation dont je rappelle qu'elle était l'état sécuritaire d'urgence, ce qu'a fait le président de la République. Il a réarmé l'état régalien. Il a recréé des services de renseignement. Il a doublé les moyens aux services secrets. Il a fait déjouer par les services 37 attentats terroristes islamistes pendant son quinquennat. Il y a eu évidemment aussi des attentats qui se sont déroulés. Le cas de Samuel Paty étant le plus blanche emblématique, je l'imagine. Mais par ailleurs, il a sorti la France de l'état de sécurité permanent, l'état d'urgence.

2:21
Présentateur

J'entends quand même dans votre propos, Gérald Denarmanin, par contraste, une forme d'accusation du quinquennat précédent de ne pas avoir su protéger les Français du terrorisme.

2:31
Gérald Darmanin

C'est Bernard Cazeneuve, on fait ce qu'ils ont pu, dans des conditions difficiles, où il y avait moins de policiers et moins de services de renseignement, où on ne connaissait pas les menaces à la fois exogènes, c'est par exemple le cas du Bataclan, où les menaces endogènes, la personne qui prend un couteau et qui assassine son voisin, si j'ose dire. Mais ce qui est sûr, c'est que c'est le président de la République qui a donné les moyens aux services de renseignement de mieux fonctionner, de protéger au maximum les Français. Et par ailleurs, on a beaucoup de discussions aujourd'hui sur les états d'urgence. C'est lui qui a sorti le pays de l'état d'urgence.

A l'époque, on lui avait dit, vous allez voir, malheureusement, ce que vous faites, ce sera le terrorisme à tous les coins de rue. Ça n'a pas été le cas. Donc, il est vrai que la priorité du quinquennat a été la lutte contre le terrorisme. Aujourd'hui, fort heureusement, même si la menace est très forte et reste forte, on en parle moins.

3:15
Présentateur

Est-ce que sur les questions de sécurité, vous ne vous êtes pas réveillé un peu tard ? Vous venez, enfin, Emmanuel Macron vient d'annoncer une grande loi d'orientation sur la sécurité. C'était à trois mois de la fin du quinquennat. Est-ce que vous ne vous êtes pas réveillé un peu tard sur ces questions de sécurité ? J'en veux pour preuve les chiffres qui viennent de votre propre ministère. Les hausses de la violence, des atteintes aux personnes, homicides en hausse, coups et blessures volontaires en très nette hausse, violences sexuelles notamment en hausse, tellement en hausse qu'on parle même d'explosion en l'occurrence.

3:44
Gérald Darmanin

J'ai regardé votre logo, je pensais qu'on était sur CNews, mais en fait, on est bien sur BFM. Mais je ne vois pas le rapport. Vous ne dites pas non plus, et ça c'est terrible. Mais je ne vois pas le rapport. Parce que vous ne dites pas non plus. Mais je ne vois pas le rapport. Je vous parle en l'occurrence des atteintes aux personnes. Non, mais votre présentation, elle est très rapide et un peu populiste.

3:56
Présentateur

Bon, franchement, alors là, allez-y, essayez de démontrer l'inverse.

3:58
Gérald Darmanin

Ce sont vos chiffres. Non, mais calmez-vous, madame, ça va bien se passer. Aujourd'hui, il y a une baisse de 30%.

4:03
Présentateur

Ça va bien se passer.

4:04
Gérald Darmanin

Il y a 30% de baisse.

4:07
Présentateur

Oh, je vous demande pardon. Comment vous parlez ?

4:08
Gérald Darmanin

Ça va bien se passer, madame. Vous allez voir. Il y a 30% de baisse sur les biens. Moi, j'en ai marre des discours populistes toute la journée.

4:14
Présentateur

Les discours populistes, ce sont vos chiffres. Ils sont tirés du site du ministère de l'Ontario.

4:16
Gérald Darmanin

Vous n'évoquez même pas la baisse des biens, la baisse des cambriolages. Je vous ai immédiatement dit que je m'adressais à vous à propos des violences faites aux personnes. Ne souhaiter pas que je réponde.

4:24
Présentateur

Non, je trouve ça si bien votre manière de répondre. Ce n'est pas une réponse, c'est presque une enfance.

4:28
Gérald Darmanin

Je réponds comme vous ne m'agressez pas. Je réponds comme vous m'agressez. Moins 30% de cambriolages. Moins 26% de vols sans armes. Moins 25% de vols avec armes. On voit bien qu'il n'y a plus d'hémeutes urbaines telles que nous les connaissions. Une lutte acharnée contre la drogue. Avec des saisies records. En revanche, vous avez raison. Il y a des augmentations très fortes d'atteintes contre les personnes. Vous faites de la politique ou vous êtes journaliste ?

4:53
Présentateur

Je vous pose la question de savoir si les atteintes aux personnes ont augmenté. Je vous dis les chiffres et vous répondez que j'ai raison.

4:58
Gérald Darmanin

En 10 minutes d'intervention, vous arrivez effectivement à ne pas dire un mot positif du travail extraordinaire que font les policiers et les gendarmes indépendamment de la classe politique. En revanche, sur l'orientation...

5:08
Présentateur

Je dis tous les jours ce que font les policiers et les gendarmes, Gérald Denormevin. Madame, madame, si M. Zemmour et Mme Le Pen augmentent... Si 69% des Français jugent votre bilan négatif, c'est peut-être qu'il y a un problème.

5:18
Gérald Darmanin

Madame, vous savez, je croise très souvent les électeurs puisque j'ai le bonheur et la chance d'être élu souvent dans des quartiers populaires difficiles. Je connais leurs difficultés. Je vois bien l'appréhension qu'ils ont vers les femmes et les hommes politiques. Et si je me suis engagé dans la politique, c'est justement parce que j'essaie de résoudre ces problèmes. On n'y arrive pas toujours, mais j'essaie de les résoudre. Ce qui est sûr, c'est que dans l'augmentation générale et continue des populistes depuis de très nombreuses années, une partie des médias en sont responsables. Notamment par la présentation parfois fallacieuse, comme vous l'avez fait.

Et je le pense profondément des chiffres de la délinquance. Il y a effectivement une augmentation des violences de personnes, mais il y a surtout aussi des actes terroristes qui sont en diminution et une baisse profonde des atteintes aux miens.

5:56
Présentateur

Et vous avez pu l'exprimer ce matin, Gérald Denormevin ?

5:58
Gérald Darmanin

Heureusement que j'ai pu ouvrir mon clapet, parce que sinon vous m'auriez...

6:02
Présentateur

Mais c'est pour ça que je vous ai invité, si vous m'auriez vous, Gérald Denormevin ?

6:04
Gérald Darmanin

Quelle agressivité !

6:05
Présentateur

Mais non, je trouve ça incroyable votre façon de faire, Gérald Denormevin.

6:07
Gérald Darmanin

C'est très difficile, franchement c'est très difficile de travailler ainsi.

6:09
Présentateur

Non, c'est très difficile, je comprends bien d'être ministre intérieur quand 69% des Français jugent votre bilan négatif. Ça, je comprends que ce soit difficile.

6:15
Gérald Darmanin

Non mais j'entends bien, vous savez les critiques, j'y suis très habitué. Et c'est le rôle normal du ministre et singulièrement du ministre intérieur. Mais ce qu'il faut dire quand on dit la vérité, on ne la chante pas à moitié, comme disait Jean Ferrat. La problématique aujourd'hui, c'est que dans l'augmentation des violences faites aux personnes, vous avez deux types d'augmentation qui poussent toutes les autres. Puisque sur 100% des augmentations des violences aux personnes, 80-85% c'est les violences conjugales, sexuelles ou qui touchent les enfants, qu'on appelle les violences intrafamiliales.

En grande partie dues à la libération de la parole et en grande partie dues à des plaintes qui sont déposées aujourd'hui et qui, pour des faits, ont été commises il y a plusieurs années.

6:48
Présentateur

Donc c'est moins une augmentation des actes qu'une augmentation des plaintes ?

6:51
Gérald Darmanin

Je pense qu'il y a les deux. Je pense qu'il y a les deux. Il est encore trop tôt pour le savoir. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, désormais, beaucoup de personnes, beaucoup de femmes, d'enfants, mais aussi d'hommes qui subissent ces actes, déposent des plaintes. Et aujourd'hui, alors qu'hier on aurait plus facilement dit c'est une main courante, aujourd'hui, alors on les prend et on renouvre systématiquement une enquête lorsque le procureur de la République en est saisi. Donc effectivement, il y a une augmentation statistique importante. Par ailleurs, le Covid et le confinement ne nous a pas aidés.

Le confinement a été malheureusement un accélérateur des violences conjugales et parfois des violences sexuelles ou des violences contre les enfants. Et puis il y a une deuxième augmentation qui est tout à fait inquiétante, qui là dure depuis 15 ans malheureusement, c'est la violence faite aux personnes. Les personnes dépositaires de l'autorité publique, les policiers, les gendarmes, les pompiers, les élus. Mais si nous retirons les violences conjugales à 80% de ces augmentations de violences aux personnes et des attaques aux policiers et aux gendarmes, alors nous constatons que le niveau d'homicide, le niveau de meurtre est à peu près le même depuis 10 ans sur le territoire national.

Donc il y a une baisse très importante de violences contre les biens, un terrorisme qui a été contenu, c'est-à-dire qu'on peut dire ça comme ça, et par ailleurs une augmentation, notamment des violences conjugales et des violences sexuelles. Comment vous expliquez donc que les Français jugent à 69% que le bilan est négatif ? Parce que les Français, vous savez, aujourd'hui c'est bien normal, ils souhaiteraient avoir un bilan plus complet d'une sécurité plus forte et je suis le premier à vouloir être comme eux, à satisfer du fonctionnement général de notre société et le travail que nous faisons aujourd'hui, ils payent.

Et vous disiez, vous vous réveillez tard, c'est oublié que nous avons créé les 10 000 postes du début du quinquennat et qu'il faut du temps pour recruter, trouver des écoles de police, les recréer, former ces policiers qui arrivent seulement dans les commissariats.

8:29
Présentateur

Et qui sont arrivés notamment au commissariat du Havre où vous avez accueilli un certain nombre de nouveaux fonctionnaires de police. Un mot sur un policier qui est en fuite ou en tout cas qui n'est pas trouvé, qui est soupçonné d'avoir tué sa compagne vendredi 28 janvier, ça fait 10 jours qu'il est en fuite, susceptible donc de porter sur lui son arme de service. Est-ce que vous avez des nouvelles ?

8:49
Gérald Darmanin

Alors nous suivons attentivement cette affaire horrible puisque nous avons retrouvé cette femme effectivement morte dans cet appartement. Beaucoup de choses soupçonnent ce policier bien évidemment. Les moyens très importants sont mis pour le trouver. De nombreuses opérations de police et de gendarmerie sont faites en ce moment même. Je ne peux pas en dire beaucoup plus. Par ailleurs, j'ai demandé au préfet de police saisir l'inspection générale de la police nationale pour connaître l'histoire, le pédigré de ce policier qui jadis avait déjà été condamné pour violence conjugale. Mais si je veux dire seulement, je mets des guillemets à un stage de sensibilisation.

Il y aurait peut-être eu erreur.

9:22
Présentateur

On sait que par exemple, la hiérarchie policière aurait pu, à la suite justement de ce stage, décider de le désarmer que la hiérarchie n'a pas jugé nécessaire de faire.

9:32
Gérald Darmanin

On verra ce que dira l'inspection générale. Ce qui est sûr, c'est que j'ai donné comme consigne depuis que je suis ministre de l'Intérieur que toute personne, dans la police et dans la gendarmerie, condamnée pour violence conjugale ou condamnée pour trafic ou consommation de stupéfiants, les deux difficultés, à la prison ferme ou avec sursis, doit quitter la police nationale et la gendarmerie nationale. Et effectivement, il appartient à la hiérarchie s'il constate un fait comme celui-ci dans la vie personnelle d'un policier ou d'un gendarme de retirer l'arme administrative s'il juge que c'est nécessaire.

Le stage de sensibilisation à l'époque où le policier avait été condamné n'est pas une peine très importante, vous en conviendrez. Donc nous attendons de voir ce que dira l'inspection générale.

10:08
Présentateur

Gérald de Darmanin, vous avez inauguré samedi de nouvelles instances représentatives de l'Islam de France. Ça s'appelle le Forum de l'Islam de France. Et il y a une question qui demeure qui est la question du financement, du financement des cultes, du financement des mosquées et du financement des imams. Il y a toujours, au moment où on se parle, 300 imams qui sont financés par l'étranger mais qui exercent sur le sol français et viennent principalement du Maroc ou de la Turquie. Vous avez dit qu'il fallait mettre fin à ces imams qui soient financés par l'étranger sauf que ça ne prendra fin qu'en 2024. Est-ce que vous estimez que c'est satisfaisant ?

10:42
Gérald Darmanin

Le président de la République, il a pris une décision extrêmement courageuse, c'est la fin de ces imams détachés. Donc effectivement, comme vous l'avez dit, ce sont des fonctionnaires des états étrangers, l'Algérie, la Turquie par exemple, le Maroc, qui étaient payés, qui sont encore payés d'ailleurs, pour venir être ministre du culte, imam en France. Et nous ne pouvons pas accepter que des états étrangers financent des fonctionnaires de leur pays pour venir être ministre du culte en France. Puisqu'il n'y a que pour l'islam que les choses fonctionnent ainsi. Ça peut vous expliquer il y a 5, il y a 10 ou il y a 15 ans.

C'est tout à fait accepté par l'État et par des conventions internationales, je vais le dire aux Français qui nous écoutent, mais le président de la République, il y a mis fin. Fin en 2024. Évidemment, la question qui se pose, c'est comment payer ?

11:18
Présentateur

Et pourquoi pas plus tôt ?

11:19
Gérald Darmanin

Parce qu'il faut du temps pour former des ministres du culte. Parce que vous dites,

11:22
Présentateur

ça n'est plus supportable, mais en effet, il va y avoir encore d'autres.

11:23
Gérald Darmanin

Parce qu'il faut du temps pour former des ministres du culte. C'est-à-dire qu'on ne forme pas un imam si facilement que ça, comme on ne forme pas si facilement que ça un rabbin ou un curé. Il faut du temps pour apprendre sa religion. Il faut que ces personnes parlent évidemment français lorsqu'elles ne le sont pas. Et il faut effectivement qu'on ait des moyens de contrôler ce qu'ils puissent faire dans des lieux de culte. Donc ça prend un petit peu de temps, mais 2024, c'est demain. Et c'est une grande décision prise par le président de la République pour couper le lien entre l'islam et les États étrangers.

En gros, ce qu'on a essayé de faire et ce qu'on essaye de faire, c'est de dire l'islam est une religion française. Les musulmans français n'appartiennent à personne d'autre qu'à la communauté nationale. Et aucun pays ne peut dire ce sont les miens. Et donc je les finance ou donc j'y envoie mes ministres du culte. Non, ce sont des Français comme tous les autres. En France, la République ne reconnaît aucun culte. Ça veut dire qu'il n'en méconnait aucun, qu'il n'en déteste aucun et qu'il n'en préfère aucun.

12:11
Présentateur

Gérald Darmanin, un mot de Roubaix. Il y a eu ce reportage de Zone interdite sur M6 depuis la journaliste Ophélie Meunier qui était présentatrice de ce documentaire consacré à l'islam à Roubaix est menacée de mort sous protection et une enquête a été ouverte hier par le parquet de Nanterre. Quelle est votre réaction à cette ouverture de l'enquête ?

12:32
Gérald Darmanin

D'abord, je me félicite de l'ouverture de cette enquête. Des moyens qu'on met dans la police de la gendarmerie, à la DGSI, évidemment au ministère de la Justice pour retrouver les auteurs de ces attaques immondes. D'abord, attaque immonde de s'en prendre à quelqu'un et de menacer de mort de manière générale. Et qui plus est, à une journaliste courageuse. C'est une émission que j'ai non seulement suivie mais dans laquelle elle m'a demandé de participer qui démontre des réalités pour lesquelles d'ailleurs l'État avance beaucoup et je crois qu'elle l'a souligné.

Mais il est évidemment inacceptable qu'on soit menacé de mort par sa liberté d'expression et par son travail démocratique de journaliste.

13:04
Présentateur

Vous avez rencontré aussi Amine Elbaï qui est également menacée, qui est un des habitants de Roubaix qui est en quelque sorte le lanceur d'alerte comme on dit dans ce documentaire.

13:12
Gérald Darmanin

Qui est également protégée. Voilà, je veux dire que toute personne, c'est le cas d'Ophélie Meunier comme toutes les personnes qui seraient menacées à la suite de ce reportage seront protégées par la République le temps qu'il le faudra. Et nous mettons tout en œuvre pour retrouver les auteurs et nous espérons les faire condamner à les peines les plus exemplaires.

13:27
Présentateur

Est-ce que vous gardez votre amitié pour le maire de Roubaix ?

13:29
Gérald Darmanin

C'est mon ami, effectivement. Guillaume Delbarre il traverse un moment difficile. Indépendamment de ça, il répond des difficultés qu'il doit avoir dans la gestion de sa commune. Et je ne mélange pas les deux. C'est d'autant plus vrai que c'est le ministère de l'Intérieur qui a fait le signalement au parquet pour le cas d'une association dont je rappelle que rien aujourd'hui ne permet de dire que le maire de Roubaix a été le responsable de ce qu'on pourrait appeler le communautarisme. Vous savez, être maire de Roubaix c'est très difficile. Être maire de Tourcoing, être maire d'une ville très populaire, c'est très difficile.

Et le maire de Roubaix il a trouvé une situation dans sa ville extrêmement dramatique. Personne ne peut penser que le jeune maire de Roubaix est responsable de 30, 40, parfois 50 ans de renoncement de la République. Donc moi je ne jette pas des pierres sur des...

14:10
Présentateur

Mais en l'occurrence ce qu'il lui reproche c'est une subvention de 80 000 euros accordée à une association qui est sous couvert de soutien scolaire avait en réalité visiblement d'autres visées.

14:21
Gérald Darmanin

C'est tout à fait vrai. C'est pour ça que c'est le ministre de l'Intérieur qui a saisi le procureur de la République. Donc vous voyez pendant ce quinquennat-ci il n'y a pas de préférence. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas être sensible à ce qu'il arrive Et vous disiez d'ailleurs pardon mais je rebondis

14:35
Présentateur

sur ce que vous dites vous dites nous faisons beaucoup est-ce que l'école est fermée aujourd'hui quand on dit fermée fermée fermée parce que justement dans ce documentaire on voyait que certaines mosquées qui sont dites fermées sont en réalité pas fermées.

14:46
Gérald Darmanin

Alors la mosquée consola dans ce reportage a été fermée et a été fermée avant la diffusion du reportage. Le restaurant à Roubaix où on voit les femmes et les hommes séparés a été fermé au lendemain puisque nous avons pu permettre d'avoir un certain nombre de contrôles sanitaires qui nous permet de le faire. Il y a eu 15 établissements fermés à Roubaix l'année dernière sur plus de 50 contrôles faits par les services de la préfecture et notamment pour cette association il n'y a plus d'enseignement de cours tel que ça a été évoqué dans le reportage.

15:13
Présentateur

Gérald Darmanin la ville d'Ottawa au Canada est entièrement paralysée par les convois de la liberté des chauffeurs routiers qui refusent la vaccination obligatoire. Et ici en France sur des boucles de messagerie ou sur Facebook il y a des convois qui disent s'organiser qui disent partir prévoir de partir demain depuis Bayonne, Nice, Strasbourg ou encore Cherbourg pour converger vers Paris et ensuite vers Bruxelles. Est-ce que vous prenez ces projets au sérieux et est-ce qu'il y a une menace de blocage ?

15:37
Gérald Darmanin

Comme toute chose nous prenons les choses au sérieux ce qui est certain c'est que nous mettons les moyens de renseignement et d'action si jamais des gens voulaient bloquer la liberté des uns et des autres surtout un accès à la capitale donc les moyens sont importants la réponse de l'État sera extrêmement ferme si c'est le cas aujourd'hui nous n'avons pas de renseignement qui démontre que ce que vous dites est tout à fait constitué et vrai en nombre

15:56
Présentateur

Je ne sais pas je dis ils disent s'organiser

15:59
Gérald Darmanin

Je l'ai bien compris et ce que je vous dis c'est qu'aujourd'hui nous n'avons pas les renseignements qui nous démontrent que cela s'organise dans des proportions qui seraient importantes mais nous sommes très attentifs les policiers et les gendarmes sont très mobilisés et nous prendrons nos responsabilités pour ne jamais laisser entraver la liberté de circulation

16:14
Présentateur

Vous avez observé j'imagine Gérald Darmanin le match à distance entre Éric Zemmour et Marine Le Pen ce week-end près de 30% d'intention de vote à eux deux est-ce que ça vous le prenez quand même comme quelque chose en tout cas d'inquiétant ou même peut-être comme une défiance vis-à-vis de vous vis-à-vis de la question de la sécurité qui est l'un de leurs thèmes majeurs à tous les deux ?

16:36
Gérald Darmanin

Alors il y a la sécurité mais il y a plein d'autres choses notamment le pouvoir d'achat si j'ai bien écouté les discours de cette samedi après-midi vous savez moi depuis que j'ai l'âge de voter je vote contre les extrêmes la première fois que j'ai voté la présidentielle c'était Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen ça fait donc 20 ans qu'on voit des extrêmes extrêmement forts dans notre pays et je vois Marine Le Pen je vois M.

Zemmour très très haut dans les sondages et je vois des LR qui maintenant basculent de plus en plus vers leur discours politique c'est ce que je disais au début de notre émission la poussée poujadiste la poussée populiste est extrêmement forte et il faut qu'on fasse tous attention les politiques en premier les politiques en premier parce que c'est eux évidemment qui décident et qui sont là pour démontrer aux gens que les populistes ne sont pas une bonne voix mais il faut faire attention aussi à cette atmosphère un peu lourdingue que l'on entend entre Zemmour et Le Pen toute la journée dans nos écrans de télévision qui font qu'effectivement au bout d'un moment ça influence aussi l'opinion publique le problème c'est la télévision

17:28
Présentateur

c'est le fait de les montrer

17:29
Gérald Darmanin

il y a une partie de responsabilité de la classe médiatique comme une grande partie de responsabilité de la classe politique

17:34
Présentateur

donc si on ne les montrait pas vous pensez qu'ils n'existeraient pas

17:36
Gérald Darmanin

samedi j'ai eu l'impression que la classe politique se résumait entre M. Zemmour et Mme Le Pen

17:39
Présentateur

vous n'avez qu'à faire des meetings vous n'avez qu'à vous déclarer

17:43
Gérald Darmanin

oui bien sûr mais en même temps

17:44
Présentateur

on ne demande que ça je veux dire montrer les meetings et d'ailleurs vous savez que Fabien Roussel qui a fait un grand meeting ce week-end a été également diffusé en tout cas sur notre chaîne dimanche

17:53
Gérald Darmanin

Mme Malher moi ce que je voulais vous dire mais chacun peut prendre sa critique sur le marché de Tourcoing bien sûr les femmes et les hommes qui me font confiance ou qui ne me font pas confiance d'ailleurs je suis à portée d'engueulade comme dirait l'autre nous disent mais qu'est-ce que vous avez fait on va voter à l'extrême droite ou à l'extrême gauche parce que vous ne faites rien pour mon pouvoir d'achat pour la sécurité pour l'immigration pour mon logement et nous prenons notre part je crois d'engueulade et nous avons bien raison de la prendre puisque nous sommes responsables de la situation politique du pays mais ils me disent aussi oh là là moi je ne regarde plus tellement à la télévision ou dès que je le regarde ça me pose des problèmes parce qu'effectivement c'est lourdingue c'était le mot d'expression du marché c'est lourdingue de voir tout le temps et Zemmour et Le Pen et Zemmour et Le Pen donc oui ça devient un peu lourdingue dans un débat démocratique où au bout de 30 minutes vous ne m'avez pas posé une seule question sur l'honneur de la France d'hier soir de voir par exemple le Président de la République dans la vocation et de fabriquer le pays mais je crois que vous étiez

18:42
Présentateur

ministre de l'Intérieur

18:43
Gérald Darmanin

oui oui bien sûr mais d'occasion hier il s'est passé quelque chose de formidable le Président de la République a remis la France au milieu de l'histoire il a permis en tout cas il a essayé de permettre un discours avec le Président Poutine pour régler un problème tout petit qui s'appelle la guerre en Ukraine parce que je suis ministre de l'Intérieur madame mais s'il y a un problème en Ukraine il y aura peut-être des dizaines de milliers des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens qui vont venir en Europe et donc en France et là vous me direz peut-être dans quelques mois mais qu'est-ce que vous faites contre l'immigration et bien le problème de l'immigration le problème des réfugiés c'est peut-être le travail que fait excellemment le Président de la République

19:16
Présentateur

vous avez dit que sur les marchés de Tourcoing vous étiez à portée d'angueulade ce que j'ai toujours apprécié dans cette interview c'est qu'on est à portée de claque comme on dit et on n'a pas manqué de pouvoir se dire les choses franchement il y a quand même une question que je voudrais encore vous poser c'est après toutes ces défiances que je vous ai décrites alors visiblement trop est-ce que vous diriez toujours qu'il n'y a pas un Français qui pense qu'Emmanuel Macron n'a pas été un bon président ?

19:36
Gérald Darmanin

Je pense que pendant la crise Covid les Français dans leur immense majorité et à partir du moment où on ne se dit pas que ça veut dire exactement un vote soutiennent le Président de la République ils ont gardé leur travail ils ont gardé leur commerce ils ont pu faire garder leurs enfants lorsqu'ils ont travaillé ils ont pu être soignés dans des conditions de gratuité dont on compare à travers l'international qu'il n'y a pas d'équivalent parce que le système social français est l'un des plus généreux du monde et fort heureusement avec le Président de la République oui il a été au devant de la crise

20:07
Présentateur

Donc pas un Français qui pense qu'Emmanuel Macron n'a pas été un bon président

20:10
Gérald Darmanin

C'est un slogan politique qui me pousse à le redire oui les Français je pense dans leur immense majorité dans leur immense majorité remercier le Président de la République pour ce qu'ils font ça ne veut pas dire qu'ils voteront pour lui ça veut dire qu'ils ont trouvé que c'était quelqu'un qui était le chef au moment où il fallait prendre des décisions il a su prendre des décisions économiques que l'Europe entière a suivies aujourd'hui on a le taux de chômage le plus bas d'Europe madame le plus bas d'Europe lorsque l'on compare par rapport à ce qu'on était il y a 20 ans on a des investissements étrangers extrêmement importants

20:39
Présentateur

Le chômage baisse partout en Europe mais on aura le temps d'en reparler quand vous serez Premier ministre

20:43
Gérald Darmanin

J'espère madame quel que soit mon poste que vous serez moins agressive la prochaine fois

20:49
Présentateur

Alors en aucun cas je donne les chiffres merci en tout cas d'avoir répondu à mes questions Gérald Denarman nous sommes le mardi 8 février 2022 J-61 avant le premier tour J-55

20:58
Locuteur

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L'interview : Gérald Darmanin - 08/02 — Gérald Darmanin · Pourquijevote