Pouvoir d'achat, budget : la majorité en difficulté ? - Reportage #cdanslair 21.07.2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un rare moment de concorde, la nuit dernière à l'Assemblée.
Pour 428, contre 1, adopté.
Tous les députés ou presque debout pour l'article du projet de loi pouvoir d'achat qui réforme l'allocation adulte handicapé. Le gouvernement obtient pour la première fois un soutien unanime de la gauche à l'extrême droite.
On se combat durement dans les assemblées. Et puis il y a des moments où on est capable de se réunir. Et je crois que s'il y a un sujet qui mérite ce soir de voter ensemble, c'est bien celui qui va permettre la déconjugalisation de la hache.
Les revenus du conjoint ne réduiront plus le montant versé aux personnes handicapées. Quelques minutes plus tard, deuxième succès pour l'exécutif.
Pour 296, contre 2, l'Assemblée nationale a adopté cette partie.
Écrasante majorité encore pour la revalorisation des retraites et des prestations sociales de 4%. La gauche cette fois s'est abstenue, dénonçant des miettes. Mais le texte est passé, le ministre du Travail peut souffler.
C'est une miette qui pèse 6,7 milliards d'euros pour la fin de l'année. Et c'est ce qui va permettre de manière effective de protéger, et je ne dis pas augmenter, je dis protéger le pouvoir d'achat des retraités et des bénéficiaires de prestations.
Deux éclaircies, au milieu d'une semaine houleuse, où le projet de loi avance à pas de fourmis. Le gouvernement espérait que le pouvoir d'achat soit un thème fédérateur, mais depuis lundi les débats s'éternisent, agités. C'est le cirque, ça fait plusieurs heures que nous parlons, nous n'avançons pas. La majorité s'agace du temps pris par la gauche pour défendre ses amendements, quasiment tous rejetés.
Oui, la parole est libre pour défendre son amendement, tant qu'on est sur la question, et la question c'est le débat qui est ici sur le pouvoir d'achat. Et nous ne nous empêcherez pas de parler et de défendre nos positions.
Invective, musclé et suspension de séances à répétition.
Je rappelle, je rappelle, l'on ne s'interpelle pas dans cet hémicycle.
Il faudra ajouter des séances, probablement jusqu'au week-end, pour boucler l'examen du texte. Le pouvoir d'achat attendra, les élus France Insoumise assument.
On va prendre un ou deux jours de retard, mais vous avez des choses très intéressantes qui passent. Vous avez des débats qui sont importants aussi. En fait, si jamais on avait une assemblée nationale qui servait juste à prendre tout ce que demande le gouvernement à voter pour ou contre comme ça, abandonnons directement la démocratie. Ils proposent des choses qui, factuellement, vont donner un petit peu d'argent aux gens. Mais le problème, c'est que ça ne compensera absolument pas l'augmentation des prix, et que derrière, ils ne touchent pas, mais vraiment pas un euro sur les super profits, rien sur les salaires.
Pas de compromis avec la gauche. Le gouvernement aussi assume. C'est vers l'air qu'il se tourne pour faire adopter sa loi. Des accords sont passés, des amendements de la droite acceptés.
Vous trouverez toujours une oreille attentive, constructive de la part de la majorité et des membres du gouvernement sur la meilleure valorisation du travail. Vos propositions sur les heures supplémentaires, sur les RTT, sur la possibilité de racheter les RTT, sont les bienvenus pour enrichir notre texte sur le pouvoir d'achat.
Alors cette semaine chaotique présage-t-elle des mois à venir pour l'Assemblée, quand des textes encore plus clivants seront examinés ? Ce matin, Bruno Le Maire, toujours, martèle la promesse de la Première Ministre de bâtir des compromis.
Nous avons changé dans nos méthodes. Nous écoutons davantage, nous dialoguons plus. Nous sommes plus attentifs aux oppositions. Tant mieux.
Mais les alliances de circonstances tiendront-elles sur les enjeux sécuritaires ou bien d'immigration ? Les chefs de file de la majorité s'en tiennent à la méthode Coué.
Attendons les textes, nous ne faisons pas des montagnes sur telle ou telle proposition. Avec les bonnes volontés, on arrivera à construire des majorités. Je n'ai aucune inquiétude là-dessus. Évidemment, ça demandera un travail plus important et surtout plus en amont. La recherche du compromis, de la théorie à la pratique,
sans doute le premier travail de l'été pour les députés de la majorité.
Emmanuel Macron