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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 23 janvier 2025 27 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéNumériqueÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Drogue : le maire écologiste Éric Piolle demande à Emmanuel Macron "un référendum" pour dépénaliser le cannabis

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Il y a des endroits de votre ville où vous ne pouvez plus vous rendre ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Et ça, vous arrivez à en parler avec les parents, par exemple ?

  • 3:02OuverteRéponse directe

    Les mesures qui sont proposées, effectivement, par tous les ministres successifs, les ministres de l'Intérieur qui se sont succédés, c'est des mesures de répression.

  • 4:24RelanceRéponse directe

    Les mesures qui sont proposées, effectivement, par tous les ministres successifs, les ministres de l'Intérieur qui se sont succédés, c'est des mesures de répression.

  • 4:44FerméeRéponse partielle

    Pourquoi ? Les opérations place nette, ça ne sert à rien, ça ne marche pas ?

  • 5:56OuverteRéponse directe

    La dépénalisation, la légalisation, on parle du cannabis. Depuis ce matin, on parle notamment sur France Info de la cocaïne, qui, jusqu'à preuve du contraire, pas question de dépénaliser.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueChiffre
    « Plus d'un million de personnes ont consommé de la cocaïne au moins une fois dans l'année 2023 en France. »
  • 3:04Invité politiqueChiffre
    « l'actualité est marquée par des règlements de comptes, une cinquantaine de fusillades liées au trafic de drogue, selon le procureur, en 2024. »
  • 3:41PrésentateurFait
    « On peut constater que la consommation augmente. »
  • 3:42PrésentateurChiffre
    « On est à 50% de récidive. »
  • 6:20PrésentateurChiffre
    « Le narcotrafic, si vous lui enlevez le cannabis, c'est 50% du chiffre d'affaires qui disparaît. »
  • 8:52PrésentateurChiffre
    « plus 70% en 10 ans, 67% en 10 ans dans le monde rural »
  • 11:33PrésentateurChiffre
    « nous manquons de procureurs, il est tombé entre 8, il est censé avoir 16 postes »
  • 12:01PrésentateurFait
    « des enfants, des enfants, à 15 ans »
  • 14:39Invité politiqueChiffre
    « 300 millions de mois en 2025 et ce 4 mois après les JO. »
  • 15:37Invité politiqueChiffre
    « moins que ce qui était prévu avec le gouvernement Barnier moins de 2,2 milliards pour les collectivités locales »
  • 15:40Invité politiqueChiffre
    « c'était 5 avec Barnier »
  • 20:21PrésentateurChiffre
    « nous avons perdu là les dix dernières années c'est un million d'enfants en moins en France par rapport à la séquence précédente »
  • 20:25PrésentateurChiffre
    « nous sommes passés de 820 000 naissances par an à 670 000 »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Invité politique14 %
  • Invité13 %
  • Présentateur 25 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info

0:02
Invité politique

Bonjour Eric Piolle.

0:05
Présentateur

Bonjour.

0:05
Invité politique

Depuis ce matin, France Info Radio est en journée spéciale narcotrafic afin d'expliquer comment la drogue a envahi notre pays jusque dans nos campagnes. Des témoignages édifiants qui donnent la mesure de l'emprise du trafic sur le port du Havre notamment. Trafic qui a des conséquences. Plus d'un million de personnes ont consommé de la cocaïne au moins une fois dans l'année 2023 en France. Vous qui êtes maire de Grenoble depuis plus de dix ans, est-ce que vous avez vu ce tsunami blanc déferlé dans votre ville ?

0:33
Présentateur

On ne peut pas dire qu'on le voit. Je n'ai jamais vu de cocaïne moi-même. Je ne peux pas dire que je suis directement confronté. On en voit les traces. Les traces dans l'espace public avec les points de deal. Les traces pour les nuisances pour les services publics qui ont de plus en plus de mal à opérer autour des points de deal pour nettoyer la rue, pour les bailleurs sociaux s'occuper des appartements. Donc nous voyons ces traces-là.

0:57
Invité politique

Ils ne peuvent pas accéder par exemple à des bâtiments parce qu'il y a des dealers au pied des...

1:02
Présentateur

En tout cas, il faut trouver un modus vivendi avec les dealers. Et nous voyons que c'est de plus en plus difficile parce que les dealers sont maintenant des multinationales organisées qui exploitent des personnes qui sont là vraiment de plus en plus jeunes et de plus en plus paumées. Ça, j'ai vu l'évolution même sur mes dix ans de mandat. J'allais partout, je discutais avec tout le monde. Maintenant, je vais partout. Le dialogue peut être plus compliqué à certains points parce que les gens sont plus jeunes, sont plus fracassés. Et donc, il y a aussi plus de rotation. C'est vraiment une exploitation multinationale de la pauvreté et d'un mal-être de la société.

Il y a une partie récréative, mais il y a aussi une partie, comme l'a souligné le rapport sénatorial en janvier dernier, il y a une partie qui est liée au mal-être de notre société. Il faut se déstresser, fumer du cannabis, rester dans la performance avec la cocaïne. Donc, ça n'est plus que la partie, on va dire, récréative qu'il pouvait y avoir il y a 30 ans.

2:02
Invité

Il y a des endroits de votre ville où vous ne pouvez plus vous rendre ?

2:06
Présentateur

Non, je vais partout, évidemment, sans me sentir menacé. Mais le dialogue est plus compliqué. On a vu ce rajeunissement. Vous avez vu des morts des jeunes de 15 ans qui étaient pourtant pris en charge, mais fugueurs d'un foyer qui se retrouve sur le carreau.

2:25
Invité

Et ça, vous arrivez à en parler avec les parents, par exemple ?

2:28
Présentateur

Oui, c'est très douloureux. Très douloureux pour les parents qui, parfois, sont pris aussi dans cette gangrène. Et en tout cas, ont vu leurs enfants. Moi, j'ai travaillé, je fais des stages d'immersion. Donc, je vais, pour trois semaines, à temps complet, faire, donc j'ai été notamment faire du balayage de rue dans une commune à côté de Grenoble. J'ai vu le stress des parents qui ont peur que leur enfant bascule dans le trafic. Donc, ça, c'est une peur qui est frappante et qui plombe, quand même.

3:02
Invité politique

Parce qu'il faut le dire, régulièrement chez vous, l'actualité est marquée par des règlements de comptes, une cinquantaine de fusillades liées au trafic de drogue, selon le procureur, en 2024. Ce qui conduit certains à appeler votre ville, Grenoble, Chicago français, ou alors le petit Marseille, parce que, vous l'avez dit, les victimes, ceux qui participent à ce trafic, sont de plus en plus jeunes. C'est la responsabilité de qui ? Vous parliez des parents, ils ont l'air désemparés, mais est-ce qu'ils ont une responsabilité aussi ?

3:29
Présentateur

Nous avons une responsabilité collective, toute la chaîne. Nous devons lutter férocement contre le narcotrafic et nous devons aussi lutter pour l'émancipation des jeunes, leur proposer des solutions qui ne soient pas dans le trafic, donc ce que nous faisons, mais nous constatons qu'il y en a quand même qui basculent. Nous devons accompagner les parents. Les parents ont une responsabilité et, on va dire, notre système social a une responsabilité aussi de laisser ce narcotrafic prospérer. Les ministres de l'Intérieur successifs, en refusant tout dialogue sur la dépénalisation, le contrôle de la production, la légalisation, en fait, ils font de leur fonds de commerce. M.

Darmanin, quand il était ministre de l'Intérieur, M. Retailleau maintenant, M. Sarkozy, M. Valls, vous voyez bien que les figures qui ont émergé ont émergé sur ce fonds de commerce de « avec moi, nous allons reconquérir ». Et puis, c'est toujours ce « reconquérir ». C'est la répression.

4:25
Invité politique

Les mesures qui sont proposées, effectivement, par tous les ministres successifs, les ministres de l'Intérieur qui se sont succédés, c'est des mesures de répression. On l'a dit, par exemple, il y a eu les opérations place nette. Les opérations place nette, ce sont les forces de l'ordre qui investissent un quartier où les dealers ont pris place. Il reste quelques jours pour virer les dealers du quartier. Et vous, vous dites, ça ne sert à rien, ça ne marche pas ?

4:47
Présentateur

Le ministre de la Sécurité du Quotidien, M. D'Aragon, on l'a dit lui-même. Donc, en binôme avec M. Retailleau, ils contredisent eux-mêmes le ministre de l'Intérieur précédent, M. Darmanin.

4:58
Invité

On ne dit pas totalement que ça ne sert à rien,

5:01
Présentateur

parce que ça fait quand même du bien aux habitants de voir qu'ils ne sont pas abandonnés, parce que le sentiment d'abandon est fort. Donc, ça ne sert pas totalement à rien, mais c'est une goutte d'eau et une absence de vision stratégique. Donc, s'il n'y a pas cette volonté de s'attaquer au problème, s'il y a ce que j'appelle moi ce laxisme de faire qu'on répète toujours les mêmes opérations avec le même échec, s'il y a ce refus de s'attaquer à la récidive, peut-être que si les gouvernements n'ont pas assez de ce courage-là, moi, je les invite. Le président de la République disait qu'il voulait solliciter les Français, demander leur avis aux Français.

Allons vers un référendum sur la dépénalisation, le contrôle de la production, la légalisation du trafic de drogue. Ça fera un débat. Allons vers... Là, moi, je propose que le président de la République prenne l'initiative de faire un référendum sur le sujet. Ça permettra de poser le sujet avec hauteur plutôt que de s'embourger toujours dans la même polémique.

5:56
Invité

La dépénalisation, la légalisation, on parle du cannabis. Depuis ce matin, on parle notamment sur France Info de la cocaïne, qui, jusqu'à preuve du contraire, pas question de dépénaliser. Donc, de toute façon, le sujet restera sur la table. Quoi qu'il arrive, la question du trafic et de ces témoignages édifiants qu'on entend depuis ce matin sur France Info, ça reste.

6:18
Présentateur

Le narcotrafic, si vous lui enlevez le cannabis, c'est 50% du chiffre d'affaires qui disparaît. Aucune entreprise, qu'elles soient ces entreprises mafieuses, ne peut survivre à la coupe de 50% de ses rôles.

6:32
Invité politique

Oui, mais il y a un risque de glissement vers les drogues plus dures, effectivement, quand même la cocaïne.

6:35
Présentateur

Ça n'est pas ce qui a été marqué. Sortons de notre schéma français. On est toujours en train de regarder le modèle allemand pour des questions économiques. Les Allemands viennent de légaliser le cannabis. Sortons de ce schéma qui est de dire qu'on espère qu'en faisant toujours la même chose, tout d'un coup, les résultats changent. C'est absurde. C'est quoi ?

6:51
Invité politique

Vous dites que la répression, ça ne marche pas, en fait. C'est ça.

6:53
Présentateur

On peut constater, ce diagnostic, il est porté par tout le monde. Ce n'est pas que moi qui le dis. On peut constater que la consommation augmente. Ça ne marche pas. Donc, du point de vue de santé publique, ça ne marche pas. Sur la récidive, on est à 50% de récidive. Donc, notre système carcéral ne fonctionne pas pour remettre dans la société des gens qui soient mieux construits pour vivre qu'au moment où ils sont rentrés. Et donc, nos forces de police, la perte de sens du travail de la police, un policier me disait l'autre jour, j'ai l'impression de travailler à la commission comme si j'étais un vendeur à la commission, sauf que, un, je ne suis pas vendeur, deux, je n'ai pas de commission.

C'est-à-dire ? Cette politique de chiffres, parce qu'on les envoie en permanence ne faire que ça. Et donc, il y a un épuisement et une perte de sens alors que c'est aussi des gardiens de la paix et qu'ils appréciaient le fait d'être connus, reconnus, de pouvoir avoir un dialogue, de pouvoir faire de l'îlotage et donc de servir à la régulation sociale. C'était ça, le métier des policiers. Maintenant, ça n'est plus que la répression pour l'essentiel du trafic de drogue. Ils écopent la mer à la petite cuillère, c'est-à-dire qu'on met de plus en plus de gens en prison, mais pour autant, le niveau de la mer, le niveau du trafic est toujours aussi élevé.

7:59
Invité

Éric Piolle, vous nous dites dépénalisation ou légalisation du cannabis. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, ancien ministre de l'Intérieur, lui dit, les dealers, ils ne vont pas ouvrir une petite échoppe déclarée aux ursafs et aux impôts du jour au lendemain, payer des cotisations pour continuer à vendre au coin de la rue. Qu'est-ce que vous répondez ?

8:17
Présentateur

Je dis qu'ils se plantent. Je dis qu'il a fait, M. Darmanin, comme M. Valls, comme M. Sarkozy, comme M. Retailleau, ils ont fait du trafic de drogue leur fonds de commerce. Ils vont faire des grands coups de menton, ils vont à Marseille deux fois par an pour dire que ça suffit. Ils ciblent des maires qui ne sont pas de leur couleur politique, alors qu'on pourrait faire les mêmes reportages sur des maires LR à Nîmes, sans cibler aucun de mes collègues, mais nous vivons tous la même chose.

8:44
Invité politique

Vous avez été ciblés, c'est pour ça que vous dites ça. Oui, mais c'est un peu facile, mais même la propagation

8:49
Présentateur

dans le milieu rural, le rapport de la Cour des comptes, plus 70% en 10 ans, 67% en 10 ans dans le monde rural, ça montre bien que ce n'est pas une question de telle commune ou telle commune. C'est une politique nationale en échec.

9:02
Invité politique

Je vous donne l'exemple. Vous avez cité le rapport sénatorial qui dit que voilà, on est en voie de mexicanisation en France sur le trafic de drogue. Ça veut dire que ça prend une ampleur dingue. J'ai rappelé les chiffres de la consommation de la cocaïne en France. Vous, vous avez été visé effectivement par le ministre de l'Intérieur Bruno Rotaillot l'automne dernier quand il vous dit mais en fait, vous ne mettez pas les moyens pour lutter contre le trafic de drogue dans votre ville. Par exemple, le nombre de caméras de surveillance dans votre ville est ridicule. Il dit, pourquoi vous ne mettez pas les moyens ? Vous, vous dites les caméras de surveillance, ça ne marche pas non plus.

9:32
Présentateur

Oui.

9:33
Invité politique

Pourquoi ?

9:34
Présentateur

Parce qu'il ne faut pas s'écarter de la science. Pourquoi est-ce que sur la question de la sécurité, on fait juste un débat public où on se frite, on répète toujours les mêmes arguments de façon absurde et on ne va pas chercher les chercheurs qui ont fait des études sur le sujet. Après, notre expérience, d'abord, ce n'est pas ridicule, il y a 120 caméras à Grenoble, ça fait 6 par kilomètre carré donc en fait, c'est une surface déjà importante et en l'espace des 6 derniers mois, nous avons 3 exemples pathétiques, dramatiques de leur inefficacité en termes de dissuasion et en termes d'intervention.

Nous avons eu un agent de la propreté urbaine qui a été abattu sous l'œil des caméras, nous avons eu un jeune de 15 ans sur un point de deal qui a été abattu sous l'œil d'une caméra qui avait été détruite parce qu'elle gênait le trafic de drogue, nous avons eu un braquage à 10h du matin, ça c'est aussi la nouveauté, c'est que de plus en plus c'est dans la journée, c'est pour ça que ça fait peur de plus en plus en termes de tranquillité publique dans nos villes, un braquage à un endroit où il y avait 2 caméras. Donc voilà, nous avons 3 exemples là.

On prononce ce que nous avons écrit avec les maires de Grande Ville, France Urbaine, transpartisans, que ce soit gauche-droite parce qu'après sur le terrain vous savez, en fait on agit tous pareil. Évidemment, tous les maires s'occupent de la sécurité, tous les maires font de la prévention, tous les maires font...

10:51
Invité

C'est pareil mais il y a des nuances par exemple sur la question de l'armement des polices municipales. Le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmique, il a décidé finalement d'armer sa police municipale. Et vous ?

10:59
Présentateur

Notre police municipale, elle est armée. Elle a des bâtons télescopiques, elle a du gaz d'acrymogène, elle a des tasers, donc des pistols à impulsion électrique et effectivement, elle n'a pas d'arme à feu parce qu'en tant qu'employeur, je considère que c'est les mettre en danger et que ça ne correspond pas à leur mission de les armer d'arme à feu. Mais là-dessus, c'est une responsabilité d'employeur, on peut avoir des perspectives différentes mais ce n'est pas pour ça que les policiers municipaux vont devenir des chasseurs de dealers. Alors il vous manque quoi ?

Le procureur de Grenoble qui va partir là faisait le point et il disait nous manquons de procureurs, il est tombé entre 8, il est censé avoir 16 postes, il est entre 8 et 14 postes, nous manquons d'enquêteurs, on monte environ d'un quart d'enquêteurs et donc finalement, on fait quoi ? On arrête le bas du spectre, celui qui est dans la rue, qui est devenu, c'est vraiment le prolétariat du deal, exploité, de plus en plus jeune, de plus en plus déstructuré, ce qui fait que nous avons vécu tous à travers la France des drames avec des personnes de plus en plus jeunes, des enfants, des enfants, à 15 ans,

12:03
Invité

on est un enfant. Après, il faut quand même préciser qu'il y a en ce moment une réforme qui est à l'examen, qui arrivera bientôt dans les prochains mois au Parlement pour restructurer la justice et l'aider à mieux lutter contre la criminalité organisée avec un parquet spécialisé. C'est une bonne chose, ça au moins très rapidement ? Oui, pourquoi pas ? Ça ne va pas changer la donne.

12:24
Présentateur

Il y a plein de choses qui peuvent être faites qui ne sont pas absurdes dans ce qui est proposé. Essayer d'isoler les gros narcotrafiquants, ça n'est pas... Ça, c'est Gérald Darmanin. C'est un point d'accord avec... Mais ce n'est pas ça qui va changer la lutte générale contre le narcotrafic. Allons vers un référendum. Le président de la République peut s'en saisir. Ça fera un débat public de hauteur plutôt qu'on laisse faire les choses comme ça, ce qui est quand même atterrant en matière de débat public et en matière de santé publique, en matière de sécurité, en matière de tout,

12:52
Invité

d'usage de nos forces de police. Vous appelez à un référendum sur la dépénalisation du cannabis. Éric Piolle, vous êtes avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On laisse passer le fil info 8h46. Magali Homo.

13:03
Présentateur

Pas de nouveaux impôts sur les ménages. La promesse d'Éric Lombard, le ministre de l'Économie, écarte ce matin l'idée d'une taxation pour les retraités pour financer la protection sociale dans le budget 2025. Comme l'a suggéré cette semaine la ministre du Travail, le projet de budget qui sera soumis au vote du Sénat aujourd'hui. Il devrait être adopté sans trop de suspense. Le texte partira ensuite en commission mixte paritaire. Y aura-t-il un nouveau procès pour Dany Leprins, celui que l'on surnomme le boucher de la Sarthe qui demande à être rejugé.

Soura, en début d'après-midi, si la cour de cassation ouvre la voie à un nouveau procès, cet homme de 67 ans condamné à la perpétuité pour le meurtre de son frère, sa belle-sœur et deux de ses nièces en 1994 clament son innocence. Los Angeles n'en a pas fini avec les incendies dévastateurs. Un nouveau départ de feu s'est déclaré hier au nord de la ville. Les flammes se propagent à toute vitesse à cause du vent. En quelques heures, elles ont parcouru près de 4000 hectares. 30 000 personnes ont reçu l'ordre d'évacuer. Un PSG des grands soirs. La victoire, 4 buts à 2 face à Manchester City hier en Ligue des champions de foot. Septième journée, le club parisien entrevoit donc les barrages.

Il tentera de valider son billet sur la pelouse de Stuttgart mercredi prochain. France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Draclia

14:26
Invité politique

Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble. Le budget est voté aujourd'hui au Sénat et c'est bien simple, il est critiqué de toutes parts. On a vu les athlètes des JO qui se sont scandalisés par les coupes budgétaires dans le sport. 300 millions de mois en 2025 et ce 4 mois après les JO. Vous êtes d'accord avec eux ? C'est scandaleux ?

14:46
Présentateur

C'est scandaleux parce que les JO c'est un moment de fête extraordinaire, un moment de concorde nationale aussi il faut le dire extraordinaire. Mais le sport peut servir là aussi c'est connecté au sujet d'avant aussi peut servir de vecteur d'émancipation un peu partout peut servir de vecteur d'éducation il ne porte pas des valeurs intrinsèques mais nous savons qu'il est vecteur d'engagement. Il y a des clubs des pratiquants

15:13
Invité politique

il y a des conséquences

15:15
Présentateur

sociales majeures et je trouve ça désastreux alors qu'on a accueilli les jeux de dire finalement le sport on le met de côté c'est quand même vraiment dommage parce qu'il va y avoir des impacts concrets concrets là dans notre quotidien comme si d'ailleurs si les budgets effectivement des collectivités territoriales sont coupés comme il est prévu ça aura des conséquences

15:37
Invité politique

moins que ce qui était prévu avec le gouvernement Barnier moins de 2,2 milliards pour les collectivités locales c'était 5 avec Barnier

15:45
Présentateur

oui on peut dire que depuis la dissolution décidée par le président Macron la France vit dans un grand bordel voilà l'Assemblée est objectivement séparée en trois nous avons nous le NFP nous étions un peu devant mais loin d'être majoritaire c'est le bazar

16:01
Invité

et aujourd'hui divisé

16:02
Présentateur

on voit bien que c'est difficile d'avoir un budget c'est le bazar les français veulent à la fois de la stabilité et n'en peuvent plus des politiques d'injustice sociale qui sont conduites il y a un endroit pour l'instant qui fonctionne encore c'est les communes les régions les départements les intercos qui représentent les trois quarts quand même les deux tiers de l'investissement en France qui représentent des politiques sociales qui représentent des politiques éducatives des politiques sportives des politiques culturelles et on vient nous casser des pattes laissons-nous juste un pôle de stabilité un peu stabilité nous ça marche voilà c'est le bordel ailleurs nous ça marche laissez-nous vivre en fait ne venez pas bordéliser en plus les collectivités locales avec un impact récessif le patronat là il y a un consensus le patronat il dit en fait ça va aussi nous casser les pattes parce que c'est l'investissement public les acteurs culturels sociaux sportifs tous disent en fait arrêter

17:00
Invité

au passage d'ailleurs Eric Lombard dans une interview aux écoles ce matin le ministre de l'économie donne des gages aux entreprises qui étaient un peu inquiètes de ce budget il dit par exemple on ne touchera pas finalement à la flat tax à 30% pour les entreprises est-ce que ça c'est pas pour les entreprises c'est pour les particuliers mais sur ce point là est-ce que la poursuite de ce qu'on appelle la politique de l'offre pro-business c'est nécessaire pour éviter pour reprendre votre expression de casser les pattes aux entreprises

17:34
Présentateur

je ne crois pas que ce soit une politique pro-business c'est une politique pro-accumulation des profits

17:40
Invité politique

on fait trop de cadeaux aux entreprises

17:42
Présentateur

une politique c'est pas aux entreprises juste c'est à l'accumulation des profits donc vous avez vu les dividendes du CAC 40 ça n'a jamais été aussi gros vous avez vu les écarts de patrimoine en France ils n'ont jamais été aussi importants donc tant qu'on ne touche pas à ce dogme qui est de dire ne touchons surtout pas à cette accumulation du capital bah après effectivement on est en train de se discuter comment on se répartit les quelques miettes mais ça n'est pas une politique pro-business

18:07
Invité politique

une politique pro-business

18:09
Présentateur

serait une politique de relocalisation de l'économie de l'alimentation ça reconnecte avec la crise des agriculteurs il ne s'est rien passé pour eux ils ont manifesté il y a un an les paramètres de la crise sont toujours là donc or ils ont un métier qui a du sens qui a du sens pour tout de suite qui a du sens pour l'avenir donc ça n'est pas une politique pro-business c'est une politique pro-accumulation des profits avec des conséquences sociales néfastes

18:34
Invité politique

il faut quand même dire qu'il y a une surtaxe d'impôt sur les sociétés qui va s'appliquer alors pour un an pas deux voilà pour un an temporaire

18:42
Présentateur

petite c'est un bon premier pas c'était une petite fracture que j'avais trouvé effectivement intéressante pour dire dans le dogme qui était vraiment un dogme de Macron on ne touche pas à l'accumulation du pognon là il y avait une petite fracture et bien effectivement il faut rentrer là-dedans et se dire que c'est comme ça qu'on peut faire une société plus juste qui nous permettent de vivre mieux tout de suite et qui nous permettent de nous adapter à tous les changements que nous allons vivre dans les prochaines années

19:09
Invité politique

parce que l'idée du gouvernement c'est ce que disent les ministres qui défilent sur ce plateau c'est il faut que tout le monde participe à l'effort alors effectivement les entreprises les plus riches avec des mesures anti-optimisation fiscale et puis les retraités c'était une mesure sur la table la ministre du travail Astrid Panossian-Bouvé qui disait on peut cibler 40% des retraités les plus aisés pour assurer le financement de la sécurité sociale Eric Lombard le ministre de l'économie dit ce matin non non on touche pas à l'imposition des ménages ça vous fait sourire ça vous le regrettez qu'on touche pas aux retraités les plus riches

19:39
Présentateur

ça me fait sourire parce que en fait ça montre que le gouvernement n'a pas de ligne politique ce qui est compréhensible puisque en fait

19:48
Invité politique

il y a plusieurs personnalités de plusieurs parties dans le gouvernement

19:50
Présentateur

c'est un espèce de mélange d'un gouvernement qui n'a pas de fond de légitimité démocratique donc c'est pas étonnant qu'on se retrouve avec cette cacophonie nous pourrions parler des retraites les français étaient dans la rue pour protéger les petites retraites notamment mais là on parle

20:08
Invité politique

des plus riches il faut les taxer davantage

20:10
Présentateur

nous avons un débat de société à avoir sur comment prendre le grand âge et donc ça passe avec la question des retraites ça passe avec nous avons perdu là les dix dernières années c'est un million d'enfants en moins en France par rapport à la séquence précédente nous sommes passés de 820 000 naissances par an à 670 000 150 000 par an vous ne répondez pas Eric Piole

20:31
Invité

à la question est-ce qu'il faut taxer une partie des retraités les plus aisés

20:35
Présentateur

nous pouvons regarder en fait les inégalités sociales parmi les retraités et se dire là aussi qu'il peut y avoir une contribution des plus aisés mais d'abord je le redis cette accumulation du patrimoine est la première cible si nous ne touchons pas à ce dogme le reste nous discutons avec des miettes

20:52
Invité

il y a une autre question également dans ce budget qui est en préparation ce qui reste sur la table ce sont les 7 heures de travail supplémentaires par an pour financer pour essayer d'équilibrer les régimes sociaux là aussi qu'est-ce que vous en pensez c'est le retour de Raffarin Jean-Pierre Raffarin qui avait on nous ressort des premiers ministres qui était ministre de Balladur

21:19
Présentateur

et on nous ressort des mesures de premier ministre d'il y a 20 ans le travail de Pentecôte je crois qu'on travaille à Pentecôte pour financer le grand âge on peut continuer effectivement à discuter de ça

21:31
Invité politique

nous nous proposons

21:36
Présentateur

je pense fondamentalement que l'écologie politique aujourd'hui propose un chemin qui dit à la société nous pouvons en fait avoir pour objectif collectif d'être heureux la constitution de 1793 il va y avoir les grands principes il faut revenir parce qu'on discute de beaucoup de trucs très techniques l'article premier de la constitution de 1793 c'est le but de la société et le bonheur commun à partir de cela nous pouvons dire que la façon dont nous nous logeons pour un logement dans lequel il ne fasse pas trop chaud l'été qui ne consomme pas trop d'énergie l'hiver la façon dont nous alimentons avec des produits autour qui ne soient pas dangereux pour notre santé qui ne soient pas de l'exploitation de l'agro-industrie dans ces grands élevages animaliers nous pouvons avoir là la façon dont nous déplaçons nous pouvons gagner en liberté le projet écologiste c'est un projet de liberté donc nous pouvons gagner de nouvelles libertés notre temps a été rongé par le capitalisme le néolibéralisme le consumérisme on nous promet toujours on dit le bonheur c'est d'avoir c'est d'avoir c'est d'avoir nous vivons dans une frustration forte du coup on n'a jamais assez les inégalités sont fortes le climat se dégrade la biodiversité aussi or nous pouvons prendre un autre chemin donc ce chemin il passe effectivement par dire nous ne pouvons pas accumuler des richesses ce qui produit de la valeur c'est le travail ce n'est pas l'argent et donc revenons à quelques principes simples de société et ça se traduit

23:03
Invité

très concrètement que les électeurs entendent ces principes il faut parler de cette élection qui a eu lieu chez vous la semaine dernière la gauche a perdu et largement la législative partielle de l'ISER dimanche dernier circonscription qui est en partie sur votre commune de Grenoble le nouveau front populaire a été représenté par un candidat LFI quelle lecture faites-vous de cette défaite du nouveau front populaire ?

23:31
Présentateur

alors cette circonscription elle a toujours été à droite dans la 5ème république elle est passée au parti socialiste uniquement parce que Carignan ancien ministre qui sortait ancien maire de Grenoble corrompu est venu la faire perdre nous étions absents du deuxième tour en 2017 nous avons gagné en juillet dernier pour la première fois uniquement parce qu'il y avait la dynamique du front populaire au niveau national et un rejet personnel d'Olivier Véran qui était parti dans la médecine esthétique et qui était très controversé est-ce que ça veut dire que quelques mois après

24:02
Invité

c'est un signe d'essoufflement du NFP ?

24:06
Présentateur

c'est une partielle donc il y a toujours cet abstentionnisme différentiel qui est très fort ce qui est sûr c'est une lourde défaite il n'y a qu'à Grenoble que nous sommes en tête c'est la moitié de Grenoble plus une douzaine une dizaine de communes autour il n'y a qu'à Grenoble que nous sommes en tête et encore de très peu et ailleurs la défaite est lourde donc c'est un message mais du coup ça donne

24:25
Invité politique

des indications pour les municipales ?

24:27
Présentateur

non ça ne donne pas d'indication pour les municipales mais ça dit juste qu'aujourd'hui de fait les reports de voix le candidat du RN a appelé à voter pour En Marche et que les reports de voix se sont faits et que la défaite est très lourde

24:42
Invité

j'allais vous poser entre Jean-Luc Mélenchon et François Hollande est-ce que l'un ou l'autre par son discours par ses positions a pu jouer un rôle dans ce résultat ?

24:52
Présentateur

pas dans cette élection c'est sûr que la diabolisation généralisée autour de LFI on voit que ça marche donc les gens se disent non voilà donc là on l'entend un peu partout et nous le voyons aussi dans les urnes le candidat il n'était pas LFI il avait des investis par le LFI mais Elias Loufoc c'est vraiment un militant de la cause des enfants extrêmement sincère qui a fait une belle campagne et qui portait de beaux combats la défaite effectivement est lourde nos enjeux sont plus de se dire comment on construit ce discours positif pour l'avenir que de se dire que là on vit une petite défaite d'une circonscription qui n'était pas chez nous qui n'avait jamais été chez nous

25:30
Invité politique

une question personnelle maintenant vous n'avez pas prévu de vous représenter en 2026 à la mairie de Grenoble les écologistes tiennent leur congrès ce printemps est-ce que vous pourriez être candidat pour prendre les rênes du parti ou alors Marine Tondelier reste la meilleure

25:44
Présentateur

alors Marine Tondelier a fait un super boulot depuis qu'elle a pris les rênes du parti en 2022 elle a été aussi une cheville ouvrière du nouveau front populaire donc elle est très soutenue c'était ma directrice de campagne pendant les primaires en 2021 donc nous sommes effectivement très très proches et je suis ravi de la soutenir à nouveau et c'est très consensuel et vous moi vous l'avez dit et quand je me suis engagé dans l'aventure en municipal en 2014 j'ai dit que je voulais gagner faire gagner gagner regagner faire gagner nous avons gagné en 2014 nous avons regagné en 2020 et je ferai tout pour faire gagner une candidate écologiste parce que ça sera une femme quoi qu'il arrive en 2026 et effectivement je m'investis à l'échelle nationale parce que j'ai envie de porter ce message d'une écologie à la fois concrète pragmatique mais qui parle de liberté aux gens qui parle d'amélioration des conditions de vie et donc oui je m'implique dans ce congrès et oui j'ai envie effectivement de pouvoir porter un discours écologiste dans la politique nationale non parce que je soutiens Marine Tondelier c'est pas ça on peut s'investir sans être candidat

26:49
Invité

merci Eric Piolle jusqu'à 2026 maire les écologistes de Gros Nord vous êtes invité de France Info vous êtes invité de France Info