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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 15 mai 2025 26 min

Audition de François Bayrou : le Premier ministre "n'a pas été à la hauteur"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour Violette Spilbout. Bonjour. Bonjour Paul Vanier.

Bonjour. 5h30 d'audition du Premier ministre sous serment hier. Une audition qui a pu donner un sentiment de confusion, il faut le dire.

C'était tendu aussi parfois. On va y revenir. Mais d'abord au lendemain, avez-vous des raisons de penser que François Bairou a proféré hier sous serment des des affirmations inexactes que le premier ministre vous a menti ?

Yolette Pilbout, on a vu un premier ministre qui avait une défense vigoureuse face notamment aux convictions de mon coprapporteur Paul Vanier qui l'a exprimé à de nombreuses reprises avant et pendant notre commission d'enquête. Moi, je crois que le Premier ministre sousment a pris très au sérieux cette audition. Il ne s'est dérobé à aucune question.

Il a dit sa vérité. Euh je crois qu'il y a beaucoup de souvenirs qui sont confus parce qu'il date d'une trentaine d'années et il a pris la peine de revenir dans les détails sur à la fois les conversations, les documents qu'il a recherché. Il avait préparé très sérieusement cette audition.

Donc moi, je crois que il faut prendre du recul par rapport à tous ces éléments et les analyser ensemble avec l'ensemble de nos groupes politiques. Il a dit sa vérité. C'est ce que dit votre collègue Paul Vanier.

Il a menti ou pas selon vous ? Il a menti euh avant cette audition sous serment et cette audition sous permet de le constater parce que François Baïou, grâce au serment, reconnaît enfin que ces déclarations devant les députés, devant les victimes ces derniers mois étaient mensongères, était fausse, était inexacte. Des déclarations qu'il a beaucoup fait varier et il a adopté une posture un peu différente avançant des éléments.

On va probablement y revenir et il faudra les regarder un par un parce que il avait aussi une stratégie le premier ministre de de digression, de confusion où il accumulait un certain nombre de d'éléments. Il faudra après ces 5h30 prendre le temps de les regarder un par un. Mais moi, je retiens de cette audition cet enseignement important.

Oui, François Bairou a menti à l'Assemblée nationale lorsque plusieurs parlementaires l'ont questionné très directement sur son niveau de connaissance de ses violences physiques et sexuelles à Betaram. Il l'a menti car hier il reconnaît enfin être informé. La question était de savoir si hier sous serment si hier sous serment, ce qui est différent euh de l'Assemblée nationale pendant les questions au gouvernement, il vous a menti ?

Et bien, je vous l'ai dit, je prendrai le temps moi d'analyser le détail de ces affirmations car je ne vais pas faire euh euh de procès d'intention ou tirer des conclusions tropes, mais euh constatons ensemble que les déclarations sous et c'est d'ailleurs l'intérêt de la commission d'enquête diffère nettement avec les déclarations récentes encore du Premier ministre. Paul Vanier dit ses convictions vous selon votre euh votre expression Violette Spel boot, est-ce que vous maintenez vous aussi vous pensez qu'il a menti euh François Bairou ? le 11 février dernier, les dates sont importantes devant l'assemblée et moi je je ne le pense pas depuis le début.

D'ailleurs, c'est la différence que nous avons et que nous exprimons assez sereinement avec Paul Vanier. Je crois qu'on peut ne pas avoir la même analyse sur les propos du premier ministre concernant l'affaire Betaram et faire sérieusement et de façon unie notre travail de coraur de cette commission d'enquête. L'important dans cette commission d'enquête, c'est quel message on envoie aux victimes ? et nous faisons plusieurs auditions.

Nous avons entendu 140 personnes. François Baïou est une des personnes auditionnées par rapport à ces 140 personnes. Nous n'avons pas fini.

Donc hier, c'était une étape importante, hyper médiatisée, hyper politisée à la fois par les déclarations de Paul Vanier mais aussi par la stratégie du premier ministre. C'est assumé. Moi, je considère qu'on doit continuer le travail avec toujours euh cette obsession, celle du message en euh porté envers les victimes et surtout sur les solutions à l'avenir concernant le contrôle de l'État.

Sauf que les accusations sont lourdes, il faut le dire. Paul Vanier le 11 février le le l'interpellation àquelle fait référence Jérôme Chapoui euh c'est que euh vous avez répété euh au Premier ministre qu'il avait protégé des pédo criminels. Là c'estàdire après euh cette audition au lendemain de cette audition est-ce que vous maintenez cette affirmation ?

Alors, c'est intéressant parce que là encore c'est un propos qui est celui de François Baou qui est inexact qui est factuellement faux là encore et il y a François Baou gouvernement on l'a écouté he préparé interview elle est sur le site de l'assemblée elle commence ainsi pourquoi avez-vous protégé des victimes de pédo criminel alors c'est pas comme ça que je formule les choses tout le monde pourra les vérifier mais c'est important justement ma question c'est pourquoi n'avez-vous pas protégé les élèves de Betaram victimes de violence pédocriminelle c'est très différent de ce que vous dites. C'est très différent de ce qu'a dit François Bairou hier en conclusion de l'audition. Ce qui renvoie d'ailleurs sans doute à son rapport là encore à la vérité, à la précision des faits, à la précision des propos et hier nous nous sommes efforcés avec Violette Spielboot pendant 5h30 en effet de revenir à des éléments précis, factuels, à des déclarations sourcées euh à une chronologie pour interroger le Premier ministre.

Le Premier ministre n'a pas répondu avec précision à ce que nous avanions. Il a souvent cherché à contourner, il a souvent cherché à ouvrir d'autres sujets. Il a attaqué la commission d'enquête, il s'en est pris à beaucoup de ceux qui avaient témoigné soucèrement devant nous plutôt que d'être au fond dans l'examen qui nous aurait permis, il y a de ce point de vue-là un petit rendez-vous manqué quand même pour la commission d'enquête, d'éclairer sur le fond nos préoccupations.

Nous cherchons à identifier des défaillances des défaillances dans les mécanismes de contrôle par l'état votre phrase enton très nette d'ailleurs dans l'audition. François Bairrou nous révèle par exemple qu'en tant que ministre de l'éducation nationale, il commande un rapport d'inspection en 1996 sur Boramo sur Betarab et il nous dit hier n'en lire que la conclusion. s'incline sur un rapport de trois pages qui convient des descriptions de châtiment corporel, de violence, des euh éléments qui sont accablants, qui sont alarmants et il y a là une défaillance politique lacienne majeure car je veux dire que si en 1996 des conclusions à la hauteur de ce que contenait le rapport avaiit été tiré, des centaines de vies d'enfants auraient été protégés.

Et vous sous-entendez en disant en posant cette question avez-vous protégé pourquoi avoir protégé des pédo cri ça monsieur et chacun peut pas avoir protégé des victimes de pédo pourquoi ne pas avoir protégé des enfants monsieur voilà la question que j'ai posé au premier ministre et je la maintiens c'est une question décisive pour les élèves de Betaram comme pour tous les élèves de notre pays quelque part à travers cette question sur laquelle le premier ministre s'est défendu avec vigueur c'est normal c'est son honneur d'homme de responsable politique qui est mis en cause régulièrement. Euh il a répondu quand on prend avec recul ces 5 heures de commission sur des défaillances pendant des dizaines d'années, les 30 dernières années, y compris sur des circulaires parce qu'il a agi en tant que ministre de l'éducation le rapport d'inspection qu'il a demandé. Nous nous le considérons insuffisant mais il l'a demandé, il l'a fait faire en express.

Il a pris une circulaire en 1997 pour améliorer les relations entre la protection de l'enfance et l'éducation nationale, mais lui-même a constaté que ces circulaires n'étaient pas efficaces, qu'il y avait une inefficacité de l'action publique. Euh et puis finalement, c'est le constat que les victimes font puisque il y a eu de la libération de la parole très tôt, des plaintes, des lanceurs d'alerte et tout cela a été victime d'une omerta à la fois dans le sud-ouest mais aussi dans les Haut-De France quand on parle du du village de Riyaumont. chez moi, on sait que euh dans ces territoires, il y avait une sorte de couvercle sur toutes ces violences qui derrière les violence physiques, les humiliations qui parfois étaient accepté culturellement, on va dire, à cette époque-là, ce qui est anormal et bien il y avait des violences sexuelles très graves.

C'est intéressant puisque l'objectif de cette audition c'était de savoir à quel point François Baouit en connaissance de ses faits gravissimes et quelle était son implication dans l'affaire Betaram. La propre fille de François Bairou, Hélène Perl, victime d'un tabassage à l'âge de 14 ans devant de nombreux élèves, elle-même été scolarisée à Betaram, hein, dit que personne n'a parlé, elle-même était témoin de violence et elle n'en a pas parlé. Quand vous parlez de cette omerta, quand vous dites en fait il y avait un silence collectif, est-ce qu'on peut pas donner euh ce bénéfice du doute justement à François Baou Paul Vanier quand il dit "Je n'étais pas au courant.

Tout ce que j'ai appris, je l'ai appris dans la presse." Je dirais il y a il y a deux choses. Bien sûr, ce que nous enseignent ces situations, c'est que les victimes ne parlent pas, parlent peu, les enfants encore moins.

Mais certains enfants parlent. Il y a des dizaines de plaintes qui ont été déposées par des familles d'enfants scolarisées à Betaram qui notamment n'ont jamais été traités par la justice dans ces années euh 1990. Il y a des adultes qui parlent.

Il y a Françoise Gulung, cette enseignante lanceuse d'alerte qui parle en 1995, qui écrit un courrier en janvier euh au ministre de l'éducation nationale, François Bairrou, qui va le voir en mars de la même année pour l'interpeller. François Bairrou ne fera rien de ces questionnements qui lui sont adressés très directement. Donc il est peut-être trop trop simple et il y a une forme de déresponsabilisation à venir dire les victimes ne parlent pas car une société elle organise justement autour des enfants qui peuvent être victimes de violence.

Elle organise des capteurs, elle organise des procédures de signalement, elle organise des alarmes. Et ce qui nous interroge c'est pourquoi ces capteurs n'ont pas fonctionné, pourquoi ces alarmes n'ont pas été entendus ? Pourquoi les procédures de signalement ne sont-elles pas allées jusqu'à leur terme ? peut-être par au sommet de l'État au ministère de l'éducation nationale, il y avait une défaillance majeure. il y avait au fond une façon de de considérer ces violences, de les relativiser et je veux dire que ce que je retiens aussi de l'audition d'hier, c'est une forme de relativisation par le premier ministre actuel de la violence sur les enfants parce que nous l'avons interrogé sur ce rapport sur votre lanceuse d'alerte justement, il a voulu la discréditer hier pas il n'est pas voilà, on va pas rentrer nous dans le détail mais le premier ministre a fait d'abord une démonstration sur la base de la chronologie qui tente à prouver selon lui qu'elle dit-il affabulé.

Il se trouve que madame Ging a répondu, on va l'entendre. C'était sur France info à la suite de l'audition du premier ministre. Non, je n'ai pas à fabuler.

Je dirais qu'il n'est pas sincère que il se cherche des excuses n'ayant pas fait ce qu'il faut pour pouvoir répondre factuellement à des questions factuelles. Il se noi dans des discours qui lui semblent lui permettre de fuir la question qu'on lui pose. Violette Spelbout. ce témoignage de voilà de celle que vous qualifiez de lanceuse d'alerte est-il ce matin discrédité ou pas ?

Moi, je continue à être très en soutien envers euh toutes ces femmes. Alors, dans les cas euh que nous avons étudié euh ici à Betaram, à Riomon, c'est Françoise, à Chalon en Champagne également, c'est une professeure qui a lancé l'alerte à toutes ces femmes qui ont le courage à un moment dans un système de l'éducation nationale où il y a encore des OERTA ou encore des enseignants lorsqu'ils dénoncent des faits délictueux peuvent voir leur carrière freiner. Ça existe encore aujourd'hui.

Ce sont pas des faits du passé. Je je salue leur courage, je salue leurs témoignages. J'entends euh que madame Gulun a essayé de faire tout ce qu'elle pouvait.

Elle a écrit, elle a interpellé le premier ministre à l'époque sur place. Rôle du premier ministre. Non, je crois je crois pas.

Je crois que elle a fait ses actions. Elles ne sont pas parvenues. Vous savez quand on a auditionné madame Guigou, ministre de la justice parce que la justice est très mise en cause dans ce dossier.

Madame Guigou, elle a effectivement en tant que ministre reçu des courriers. Elle ne s'en souvient pas. Elle n'en a pas eu comm naissance parce qu'elle a un cabinet.

Voilà, il y a aussi un fonctionnement de nos institutions qui font que parfois il y a des citoyens courageux et moi j'en connais beaucoup qui interpellent les politiques, qui interpellent la justice et qui ne son François que ce qu'il vous dit hier c'est qu'il il évoque la santé mentale de cette professeur de mathématiques réputé dérangé par la médecine du travail. Donc il va il va au-delà de ça. Il dit pas j'ai pas pris connaissance, il dit si il a dit qu'il n'avait pas reçu ses courriers et en plus elle est elle a un profil dérangé.

C'est ce qu'il dit. Mais si s'il y a une personne qui ne s'est pas trompée à Betaram, c'est Françoise Gulung. C'est elle qui dès 1995 tire toutes les sonnettes d'alarme, qui dit qu'il y a une violence terrible sur les enfants.

Et malheureusement, malheureusement tragiquement, tout confirme son alerte, son alarme parce qu'après 1995, des dizaines des centaines d'enfants ont vu leur vie broyer. Je veux juste dire que ce qui est grave dans la façon dont le Premier ministre s'est attaqué à calomnier, a presque insulté cette lanceuse d'alerte, c'est qu'il adresse un message très intimidant à toutes celles et tous ceux qui dans notre pays aujourd'hui souhaitent dénoncer ces violences. Il leur dit "Si vous le faites, si vous lancez l'alerte, vous êtes potentiellement l'objet d'une entreprise de disqualification qui pourrait être menée y compris par le premier ministre de la France." C'est extrêmement grave.

Paul Vanier, Violette Spelboot, vous restez avec nous. Vous êtes avec nous jusqu'à 9h. On laisse passer le fil, il est 8h46.

Marine Clet. La délégation russe est arrivé il y a quelques minutes à Istanbul en Turquie. Vladimir Poutine n'est pas présent.

Des négociations directes sont prévues avec l'Ukraine. Le président ukrainien Vladimir Zelenski sera lui à Ankara pour rencontrer son homologue turque, mais n'a pas encore précisé s'il se rendra ensuite à Istanbul. Sanofi annonce investir au moins 20 milliards de dollars aux États-Unis d'ici 2030.

Objectif anticiper d'éventuels droits de douane sur le marché américain. Il représente la moitié des ventes du groupe pharmaceutique français. En France, Dinoscala, l'homme surnommé le violeur de la cambre est convoqué aujourd'hui devant un juge.

Il doit être entendu concernant 16 faits de viol, tentative et agressions sexuelles commis entre 1986 et 2009. Il est déjà en prison pour une cinquantaine de faits semblables. Et puis retour de la grève chez Lidl.

Débrayages perlé les jeudis, vendredi, samedi et dimanche pour dénoncer une augmentation de la charge de travail. À noter que l'UNSA, le premier syndicat du groupe, n'est pas signataire de cet appel à la grève. France info le 830 France info, Jérôme Chapui, Salia Braclia.

Toujours avec les deux députés qui ont interrogé le Premier ministre hier pendant 5h30 he sur l'affaire Betaram, Paul Vanier député la fille du Valdoise, Violette Spielbout député ensemble pour la République du Nord. On parle depuis tout depuis le début de l'entretien des réponses de François Baou sur son implication dans ce qui s'est passé à Betaram pendant toutes ces années. Lui-même s'est défendu en disant "Dès que j'ai su, j'ai déclenché une inspection." C'était en 1996.

Dès que j'ai su euh qu'il y avait des des histoires de violence, j'ai déclenché l'inspection. Là où d'autres ministres de l'éducation nationale qui ont suivi n'ont rien fait, ont fait beaucoup moins. Vous l'entendez cet argument ?

Il s'est bougé en fait le premier ministre quand il était ministre de l'éducation nationale, Violette Spielboû. Il y a eu oui une inspection en 1996 déclenchée en express après le dépôt d'une plainte dont François Baou a eu connaissance. Euh nous ce que nous avons analysé sur cette inspection, c'est qu'elle est tout à fait originale, exceptionnelle parce qu'elle ne s'est déroulée que sur une seule journée avec un seul inspecteur qui n'ait aucune expérience euh euh de établissements euh privés et euh qui a entendu quelques élèves pendant 1h et3 sur toute une journée avec les professeurs, les enseignants.

Donc on voit que cette inspection, elle est absolument fondamentale dans l'examen de comment le contrôle de l'État se réalise puisque elle rapporte un certain nombre de violences, des dortoirs qui ne sont pas aux normes, un établissement qui a des pratiques d'un autre temps et en même temps, elle a une conclusion positive qui est transmise au ministres directement et qui les prend au compant. Euh nous, on aurait aimé quand on regarde toutes les façons dont les inspections se font au niveau local comme au niveau national qui a une inspection plus forte. à l'époque parce que ça aurait évité toutes les victimes qui suivent.

Mais effectivement François Baïou estime qu'il a fait son devoir, il a pu le réexprimer dans le détail. Il a regretté n'avoir lu peut-être que trop vite les conclusions et ne pas s'être attardé sur le détail de certains points d'alerte. Mais après, c'est dur de refaire le passé.

On est 30 ans après. Et donc moi je crois que tout ça ça nous apporte surtout les enseignements sur la façon dont les inspections doivent être déclenché. Est-ce que les ministres ont le contrôle sur les inspections et surtout qu'est-ce qu'ils en font après dans la durée ?

On parle de faits qui se sont déroulés il y a plus d'une quarantaine d'années et il y a toute une question qui est posée sur le fait de juger avec notre regard d'aujourd'hui euh des pratiques anciennes. Il y a ce passage étonnant d'ailleurs sur lequel on voulait revenir avec vous. Paul Paul Vanier, vous revenez vous sur la gifle de François Bairou pendant sa campagne présidentielle en 2002, c'était à Strasbourg.

L'image avait fait l'autour des médias. Même on a même dit que ça avait compté dans son assez bon score au premier tour de la présidentielle. Il gifle un petit garçon qui l'accuse de lui avoir fait les poches.

Pourquoi c'était important à vos yeux d'en parler hier ? pour essayer de comprendre quel est le le rapport de François Baïou à la question de la violence sur les enfants. Peut-être que des signaux qui lui ont été transmis dans ces années 90 n'ont pas été pris suffisamment au sérieux par lui parce que peut-être qu'il considérait à cette époque en effet qu'on pouvait par exemple gifler un enfant. et il a alors que je l'interroge sur ce geste de 2002 qui a toujours revendiqué jusqu'à très récemment, il a parlé en 2023 d'un geste éducateur.

Il a devant nous au fond parlé, c'était c'était très choquant de euh tape éducative de claque non violente et je crois que ça nous montre que François Bairou est encore aujourd'hui emprint d'une forme de culture de la violence qui peut-être exp une part de sa juge person je ne juge personne. Je ne suis pas un juge. Je suis le rapporteur d'une commission d'enquête, je ne juge personne.

Je cherche à comprendre pourquoi un ministre de l'éducation nationale n'a pas agi dans ces années si décisive. Et je veux rappeler à tous nos téléspectateurs et à tous nos auditeurs qu'en 1995, qu'en 1996, quen 1990, il était interdit par la loi de gifler un enfant, interdit par la loi de violer un enfant. On s'éloigne vraiment de la question précise des violences en milieu scolaire sur c'est pour ça qu'on vous pos la question. au cœur.

Ces violences ont eu lieu en milieu scolaire et quand un ministre de l'éducation les relativise comme il l'a manifestement fait à cette époque et comme il continue à le faire aujourd'hui et bien cela interroge sur son regard sur cet enjeu qui est un enjeu majeur. Aucune claque, aucune gifle, aucune tape. C'est Hélène Perlan qui nous le dit.

Hélène Perl, elle nous dit "C'est les violences physiques. Elles sont là pour cacher les violences sexuelles. Il y a un continuum dans les violences.

Voilà pourquoi il faut combattre le premier geste de violence, y compris une tape Violette Speedboot. Vous savez, j'ai été marqué en sortant de la commission. La séance était encore ouverte à l'Assemblée nationale et j'ai croisé plusieurs collègues qui m'ont fait leurs commentaires et certains des hommes en particulier des pères de famille m'ont dit "Mais écoute franchement à l'époque une gifle tout le monde en donné des gifles et ça nous en dit long cet échange finalement sur le cœur de ce qu'est notre commission d'enquête de comprendre pourquoi le contrôle de l'État dans son ensemble n'a pas pris en compte des signaux d'alerte de violence physique. un coup de ceinturon, une punition un peu violente, une humiliation devant la classe, tout ce qui nous est raconté dans les établissements en Bretagne, dans les établissements dans le nord de la France à Anger.

Toutes ces punitions, ces humiliations de l'époque et bien en fait en grande partie elle cachait des violences bien plus graves, des violences sexuelles la nuit dans les internats que beaucoup n'ont pas vu et n'ont pas comprises. Et donc ces échanges, même s'ils ont été douloureux avec le Premier ministre, ils ont été riches d'enseignement pour comprendre la culture qui a permis que des enseignants qui ont lancé l'alerte comme Françoise Gulung et comme d'autres enseignants encore aujourd'hui essayent de lancer l'alerte et n'ont pas été entendus par leurs administrations ou pourquoi des juges ont classé sans suite des plaintes. J'espère que toutes ces expériences feront que demain, aujourd'hui, demain, les juges, les magistrats, les procureurs, lorsqu'ils auront de ce type de plainte et ce type de témoignage, parce que oui, les enfants parlent, ils ont eu le courage de parler.

Faut pas dire qu'il parlaient pas. Beaucoup d'enfants parlaient, beaucoup de parents ont parl mais ils n'ont pas été écoutés par l'institution, par la France, par l'État et c'est ça que nous devons réparer aujourd'hui. C'était il y a plus de 30 ans.

C'était une mentalité différente. C'était un système particulier et Alain Esker lui-même qui représente les victimes de Betaram dit François Baou c'est pas le point central de tout ce qui s'est passé à à Betaram. Et c'est en ça que cette audition elle peut interroger certains parce qu'elle a fait beaucoup de bruit.

Elle fait beaucoup de bruit. On en parle ce matin sur France info et le Premier ministre lui-même vous accuse tous les deux dès le début de l'audition. Euh il s'est même créé un duel avec vous hein Paul Vanier.

Votre formulation est malveillante, vos informations sont biaisées, vous ne cherchez pas la vérité, vous la déformez. Celui qui ment c'est vous, dit le premier ministre, vous cherchez à l'abattre. Vous cherchez à abattre le gouvernement.

C'est ce qu'a dit aussi le premier ministre. C'est un procès politique en fait derrière cette audition. Moi, je suis rapporteur corrapporteur d'une commission d'enquête parlementaire.

C'est une grande responsabilité et si elle impose d'encaisser l'outrance, la violence, l'agressivité du premier ministre, je suis prêt à l'encaisser. Hier, j'ai avec Violette Speedboot, avec Fatia Kalawiashi, avec tous les membres de la commission d'enquête, conduit une audition semblable à toutes les auditions, plus de 140 personnes auditionnées par notre commission d'enquête à date euh comme toutes les précédentes avec un questionnement sur des faits, sur des documents que nous avons saisi sur place basés sur des témoignages sousement recueillis devant notre commission d'enquête. Et il y a je vois bien en fond une stratégie du premier ministre stratégie de déresponsabilisation viimisation politisation il il va dans le dans le dans la politique politicienne alors que nous sommes sur un enjeu majeur fondamental 5 millions de personnes dans notre pays ont été victimes d'abus sexuel dans leur enfance il y a aujourd'hui encore des violences en milieu scolaire d'adultes ayant autorité sur des élèves.

C'est à ça qu'il aurait dû nous aider à répondre. Il n'a pas son agenda précis dans voilà il y a 30 ans. Est-ce qu'il est possible pour lui de répondre à ces questions beaucoup plus larges et plus ves qui qui pour le coup parle d'aujourd'hui la violence scolaire aujourd'hui la violence en milieu scolaire aujourd'hui.

Je crois qu'il y a répondu. Je crois qu'il y a répondu. On a terminé l'audition très tardivement mais on a de styles différents avec Paul Vanier.

Paul Vanier dans toutes les auditions, y compris celle de François Baïou, recherche la chaîne des responsabilités précises avec des faits et des dates sur la base de documents et je travaille en complémentarité avec lui sur la façon dont on peut travailler les propositions et voir comment de façon systémique les inspections de l'éducation nationale ont dysfonctionné à de nombreuses reprises en France ces 50 dernières années. Malgré ces styles différents, moi j'estime que l'audition d'hier, elle a été positive parce qu'à la fin de cette audition, lorsque nous en sommes venus au proposition, le Premier ministre, il avait déjà travaillé et réfléchi sur un certain nombre de points qui ont été entendus et qui font que les choses changent. Notre commission, elle est utile déjà maintenant.

Elle est utile sur le sujet du soutien aux associations qui des fois ont du mal à entrer dans les établissements scolaires pour la libération de la parole quand elles accompagnent les élèves. Le sujet de l'imprescribilité qui est à l'étude actuellement. dél de prescription pour les mineurs qui sont violents sexuelles parce que on a des on a des plaintes aujourd'hui qui sont prescrites et ça décourage des victimes de parler.

Le sujet aussi de la transversalité de tous les actions. Il y a pas que le ministère de la de l'éducation nationale, il y a dans les sports, dans la culture, dans le périscolaire, nous avons des témoignages nombreux qui nous arrivent où nous faisons aussi des articles 40 des signalement au procureur avec Paul Vanier parce que dans le milieu périscolaire qui dépend euh des mairies des collectivités territoriales et bien là l'inspection ag. Vous pourriez retenir cette proposition du premier ministre d'une la création d'une autorité indépendante sur ce sujet.

En tout cas, euh ce sujet d'associer les victimes, les usagers de ces inspections, de ces établissements scolaires à la réflexion pour que euh de telles violences ne se reproduisent plus, ne puissent plus être possible, c'est un une piste de travail. Nous aurons des propositions fin juin. Le premier ministre bien heureusement a déjà réfléchi.

Nous continuons les auditions. Nous aurons des auditions avec des anciens ministres mais aussi avec madame Borne qui est aujourd'hui en fonction ministre d'État de l'éducation nationale qui a déjà lancé le plan Brisons le silence et nous allons poursuivre avec elle. C'est un un travail d'itération car depuis le début de la commission d'enquête, il y a déjà beaucoup de choses qui ont changé au sein de l'éducation nationale.

Vous en avez parlé pendant plus de 5 heur avec le premier ministre hier. la situation à Betaram, ces faits gravissim qui se sont déroulés dans l'établissement. Il y a eu un contrôle aussi.

Il y a eu un rapport qui a été fait ces derniers mois. Vous l'avez eu en votre possession. Toutes les toutes les administrations qui ont besoin d'avoir connaissance de de ce rapport l'ont en main.

Euh pourquoi Betaram est encore ouvert aujourd'hui ? C'est une vraie question et je l'ai posé à François Bairou en revenant sur ce rapport qui date d'avril 2025. Il a 6 semaines à peu près.

Il est accablant. Il dit que euh le signalement des faits de violence est dysfonctionnel. Il dit qu'il y a des atteintes à la liberté de conscience.

C'est tout récent, que les programmes aujourd'hui ne sont pas enseignés dans l'établissement. Il dit que les enseignements valeur de la République ne sont pas prodigués. Il est accablant ce rapport.

Je demande à François Baou aujourd'hui comme premier ministre si il compte engager des actions après la publication de ce rapport. Il me répond. Ça ne me regarde pas.

ça regarde la mise de l'éducation nationale. Et bien je trouve que dans cette réponse, dans cette mise à distance là encore du sujet, là encore de cet établissement très particulier Betaram, il y a quelque chose qui révèle une relativisation très profonde de la question de la violence sur les enfants par l'actuel premier ministre de la France. Merci Paul Vanier, député la France insoumise du Valdoise, Violette Spilbou, député ensemble pour la République du des public du nord, corapporteur de cette commission d'enquête qui rendra son rapport donc avant l'été hein.

Oui, fin juin. Voilà. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur France info.