Laurent Wauquiez est devenu un personnage de comédie
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
Laurent Wauquiez a donc choisi Édouard Philippe, ce sera son champion pour 2027. Le scoop de la semaine a été révélé par le Figaro qui lui a consacré six colonnes.
Eh oui, on n'entendait plus Laurent Wauquiez depuis un certain temps et chez les LR on trouvait ce silence bien suspect. Que mijotait-il ? Eh bien une bombe politique, son ralliement à Édouard Philippe. Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, il peut, je crois, incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. Waouh ! Il y a un an, il disait pique-pendre de l'huile, les 80 à l'heure, la fermeture de Fessenheim, il jurait qu'il n'y aurait jamais d'alliance avec Édouard Philippe. Et son soutien s'accompagne d'une recommandation. Il faut le plus tôt possible savoir se retirer si c'est nécessaire. Et à qui s'adresse-t-il ?
Bien sûr, à Bruno Retailleau qui commence juste sa campagne, ce qui n'est pas fait pour l'aider à lancer la dynamique.
– Laurent Wauquiez n'a toujours pas fait le deuil de sa candidature à l'élection présidentielle.
– Eh bien non, voilà, s'il s'est fait élire député au moment de la dissolution, en abandonnant la présidence de la région Rhône-Alpes, c'était bien dans ce but. Mais il est allé de déception en déception. Il a tempété pour être ministre de l'Intérieur, ministre d'État avec Michel Barnier, qui lui disait « Niet, je n'ai pas confiance en toi, Laurent ». Il lui avait préféré Bruno Retailleau qui ne demandait rien. Après quoi, il tenait, il fallait que les LR ne devaient pas participer au gouvernement. Mais Bayrou arrivant à Matignon, Wauquiez avait téléphoné à l'Élysée pour être nommé à Beauvau.
– Et un jour suprême, il pensait s'emparer du parti, c'est Bruno Retailleau qui a remporté le match.
– Ah oui, là, le crime de l'aise-majesté. Il faut écouter les militants répéter Wauquiez pendant sa campagne. Une claque, Bruno Retailleau le remportait avec 74,13% des suffrages. Et il y avait 60 000 votants. Wauquiez prenait une primaire. Allant dit-il de Darmanin à Sarah Knafo, qu'il aime beaucoup, il lui a offert une laillette pour la naissance de sa fille. Bruno Retailleau n'en voulait pas aux militants de choisir. Et donc en avril, vote interne, Laurent Wauquiez leur demandait de voter blanc. Résultat, sur les 45 000 votants, il a recueilli 1 511 voix. Ce qui donne une idée de son poids dans le parti. « Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre ».
Alors à défaut d'occuper le trône, il voudrait être celui qui couronne.
Oui, lui, le corréleur, le saboteur de sa famille, s'invente un rôle de composition, mettre tout le monde autour de la table. « Je veux être le guerrier du rassemblement, mais c'est déjà un oxymore. Pour en finir, dit-il, avec une droite chimiquement pure qui renonce à la diversité. Paf, une nouvelle table sur la tête de Retailleau. Mais Wauquiez, combien de divisions ? Pour Edouard Philippe, il est un voyageur sans bagage, car sans troupe. Je ne suis pas sûre que ce soit un soutien, mais j'ai noté qu'il m'encourageait. À commenter public le maire du Havre, il est des soutiens dont il faut parfois mieux se méfier.
Wauquiez n'ira pas dimanche au meeting d'Edouard Philippe, comme il n'était pas allé à celui de Retailleau en juin. Alors, son soutien peut-il lui garantir demain un rôle pivot au sein d'un gouvernement futur ? Être le premier allié n'est pas le plus payant. C'est toujours le dernier arrivé qui est le mieux servi.
Alors, doit-on prendre Laurent Wauquiez au sérieux ?
Écoutez-vous, qui est bardé de diplômes et devenu un personnage de comédie, qui fait rire parce qu'il incarne invariablement le traître à la parole fluctuante, dont les colères font peur, quelqu'un de pas fiable. À sa nom, on ne partirait pas seul avec lui à la chasse au tigre. Dommage, car c'est un type brillant qui a de grandes capacités intellectuelles, mais hélas, il est incapable de dompter les fatalités de sa nature. C'est blabre, son drame.
Signature Europe 1, Catherine Ney. Merci Catherine.
Laurent Wauquiez