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interviewSud Radio· 4 juillet 2025 6 min

Guy Carlier : "Toute sa vie, François Bayrou a attendu de jouer le rôle principal"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le grand matin Sud Radio 7h9h Jean-Jacques Bourdin. Alors comme chaque vendredi, nous retrouvons avec un immense plaisir Guy Carlier. Pour moi, ce sera la dernière fois mais mais vraiment je suis très très heureux.

Vous nous avez rejoint pour sourire avec l'actualité de la semaine. Mon cher Guy, d'abord bonjour. Bonjour à tous et comme disait Beau Marché, ri avant d'être obligé d'en pleurer.

Et oui, bonjour Jean-Jacques, bonjour ma chère Harlette. Bonjour à tous. Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un vieux film en noir et blanc qui s'intitule La fin du jour.

Dans une maison de retraite pour vieux comédien, Michel Simon joue cabrissade, un acteur raté qui toute sa vie n'a été qu'une éternelle doublure. Il rêvait de jouer l'Aiglon, mais l'acteur qui interprétait ce rôle n'a jamais connu le moindre jour d'absence pendant toutes les années de succès qui a connu la pièce. Alors Cabrissade rumine sa frustration en répétant sans cesse qu'il aurait parfaitement tenu le rôle si on lui avait donné sa chance.

Un jour, le directeur de la maison de retraite décide de monter une représentation de l'Aiglon avec les pensionnaires pour les gens du village voisin. Mais au grand désespoir de Cabrizade, il choisit un autre acteur pour le rôle principal. Mais miracle, ce dernier tombe malade et caprissade au soir de sa vie obtient enfin ce premier rôle.

Toute sa vie prend un sens. Il se maquille, se costume, s'échauffe. Il répète à voix basse les premiers mots de son texte.

Un régisseur vient le chercher, le voilà derrière le rideau qui s'ouvre et il voit tous ces gens qui l'attendent, qui l'espère. Il est en pleine lumière et là c'est le vide, le trou noir. Il tremble, il ouvre la bouche d'une sorte que quelques borg boring.

Il est met des bruits de vieux, des hockets de reflus gastrique. Le public se marre, finit par s'impatienter et lui bégay. Je ne sais pas, je ne sais plus.

Alors la foule le eu et il quitte la scène sous les colibets brisés, anéantis. Si je osais raconter ce film, c'est que pour moi François Baou c'est cabrissade. Il a toujours rêvé de ce premier rôle en politique et aujourd'hui au soir de sa vie qu'il est enfin premier ministre, il fait n'importe quoi.

Un aller-retour en jet privé pour rester 27 minutes à une réunion écolo. Il veut se la péter dans un avion de chasse. On en a parlé ici.

Il reste le ventre coincé devant les caméras du monde entier qui rit de ses tentatives pour se dégager. Et surtout il raconte n'importe quoi. Il évoque sa ressemblance avec Richard Girmite la voix d'une pub télé pour un hamburger et il raconte des anecdotes mytho du genre de celle-ci.

Et l'histoire de ces selfies, c'est l'histoire de ma vie parce que quand j'étais très jeune, il y avait des jeunes filles qui venaient me voir en disant "Est-ce que je peux faire un selfie parce que je vous adore ?" Alors évidemment tout le monde se marre en disant "Papi, tu perds tes bas." Le gars est né en 51, donc en 66 il était collégien au lycée de Net.

Les portables n'existaient pas. On n'imagine pas les jeunes filles de l'époque arrivé avec un téléphone à cadrant mettre le combiné devant le visage de Bairou. Mais le plus important, c'est la suite et la raison de cette intervention.

Car cette histoire de cette fille, c'était pour expliquer que le temps passe et qu'aujourd'hui les jeunes filles de l'époque sont devenues des grands-mères qui lui demandent des selfies en disant "Ma fille vous adore." À quel point cet homme est englué dans son besoin de reconnaissance pour penser une seule seconde qu'une gamine puisse l'adorer ? Cabrissade, c'est François Ber vous disje.

Toute sa vie, il a attendu de jouer le rôle principal. Toute sa vie, il a vu passer devant lui des acteurs qui avaient du métier. Juper, rafarin, baladure, Fillon.

Puis après, on lui a préféré des seconds couteaux, des vals, des Jean-Marieos, des castex, des atta et même des bornes. Et puis un jour pour finir un vieil acteur comme lui, Michel Barnier. Miracle, ce dernier fait un bid. ont fini en désespoir de cause par faire appel enfin à François Beaou pour tenir le premier rôle.

Le rideau se lève, il entre en scène, les mains tremblantes, il dit "Bonjour trois fois, fais tomber son texte, confond les budgets, cherche son verre d'eau." Le renverse. Il aimait lui aussi des bruits de reflux gastriqu finit par perdre ses feuilles.

Finalement, comme au théâtre, il a un souffleur. Je ne sais pas si vous avez vu hier les images de cette ministre qui lui soufflait toutes ses répliques à l'oreille. François Bairou, c'est l'homme qui a toujours espéré, qui a toujours été prêt, qui a toujours dit qu'on viendra mon tour, mais il n'est plus fait pour ça.

Il est arrivé trop tard dans un monde en plein bouleversement avec ses mots d'avant, avec ses silences d'après. Il voulait être l'aiglon, il est la fin du jour. Et ben c'est vrai, non, c'est pas faux tout ce que je viens d'entendre.

Qu'est-ce que vous en pensez ? Har c'est pas faux. Bah je pense que là quand même alors je vais je vais nuancer hein, c'est pas mais la grande ambition de François Baou c'était quand même l'Élysée et ça je pense qu'aujourd'hui il a compris que c'était c'était fini.

Voilà je pense que la douleur elle est là. Je je Est-ce que pour vous il a le niveau pour être l'églon, c'estàdire être premier ministre, je parle, c'est arrivé un peu tard dans sa vie. C'est très fatiguant.

C'est le plus c'est le moment le plus difficile. C'est c'est en ce moment aurait pu à une époque à une époque il aurait été c'est arrivé très tard qui peut faire beaucoup mieux que lui aujourd'hui très honnêtement très sincèrement. Qui ferait mieux que lui ?

On peut le trouver maladroit. sur sur les retraites. Il a essayé, moi je trouve que c une bonne idée son histoire du de conclave.

Il essaie de mettre les partenaires sociaux ensemble, essayer de leur insuffler une envie de trouver un accord. Bon mais la société est tellement figée, on en parlait surtout que c'est c'est le moment où il a il a une chance de de d'accomplir en quelque sorte ses rêves, c'est-à-dire la proportionnelle, la démocratie sociale, toutes les idées qu'il a défendu toute sa vie. Mais c'est trop tard et c'est un moment où il ne peut pas le faire de toute façon.