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speechyoutube.com· 22 septembre 2014 85 minAutoproduit

Discours de François Bayrou à l'Université de rentrée du MoDem

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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François Bayrou

Je vois les maires, les conseillers généraux régionaux, les députés, les sénateurs, les députés européens, mais je veux dire ici à quel point Marielle de Sarnez a joué dans tout cela un rôle remarquable, puisqu'elle était à la tribune, elle n'a pas pu se faire applaudir. Et moi je veux vous dire que sans son énergie, sans sa volonté, sans son savoir-faire, à peu près inébranlable, redoutable parfois, sans tout cela, nous n'en serions pas arrivés où nous en sommes. Et je veux lui dire, au titre du mouvement et à titre personnel, notre gratitude et notre affection. Et je me joins à l'ovation que Marc Fénault a tout à l'heure reçue dans l'organisation de ce travail.

Je suis très heureux de cette université de rentrer tout au long de ces journées. Je me disais qu'il n'y a pas, que je ne connais pas un mouvement politique en France, aujourd'hui, qui consacre ces rencontres, non pas aux manœuvres des uns contre les autres, aux divisions internes, aux surenchères, aux pièges des uns contre les autres, mais au contraire, à la réflexion de fond, à l'échange, et même à l'échange franc, libre. Et ce mouvement politique qui s'intéresse à l'essentiel, au fond, il a fait de cette authenticité, de son engagement, son ADN, sa marque de fabrique. Et je suis heureux que ces trois jours aient permis à tout le monde de le vérifier.

notamment aux intervenants nombreux, passionnés, qui ont découvert que leurs réflexions, leurs expériences pouvaient mobiliser un mouvement politique et pas seulement un mouvement politicien. On peut avoir un mouvement civique, engagé, citoyen, comme il arrive que l'on dise, et pas seulement un mouvement qui s'intéresse à ses intérêts partisans, mais qui s'intéresse à l'intérêt général. Et cet intérêt général-là, nous l'avons bien servi pendant ces trois jours.

Je suis persuadé que vous, qui êtes venus de loin, en faisant des sacrifices, parce qu'il faut que l'on sache que, ici, tout le monde assume sa part de la charge, nous sommes un mouvement qui n'a pas beaucoup de moyens financiers et qui, cependant, réussit à organiser des événements grâce à l'engagement de tous ceux qui en sont membres et qui, ainsi, sont aussi citoyens à l'intérieur de leur parti. Merci beaucoup. Marielle a fait le portrait, et beaucoup d'autres avant-elle à la tribune, de l'état du pays, a montré à quel point c'était un pays qui était atteint profondément dans ses équilibres économiques, financiers, sociaux, politiques et moraux.

Et chaque jour, l'actualité apporte une menace nouvelle sur ses équilibres, singulièrement dans les équilibres moraux. Un pays dont je veux rappeler qu'il était au début des années 2000, c'est-à-dire hier, très loin devant l'Allemagne, qu'il apparaissait comme le pilier de l'Europe, alors que l'Allemagne, disait-on à l'époque, ironie des changements, en apparaissait comme l'homme malade, disait-on. Et puis, il suffit de voir en 12 ou 15 ans l'évolution des choses. Et je pense qu'il est important que nous nous interrogeons sur la raison de tout cela, de la raison de cette dérive. Pour moi, la raison principale de la dérive, il y a des raisons qui sont importantes, bien que secondes.

Mais la raison principale de cette dérive, c'est que dans ce pays, les dirigeants ont refusé de voir la vérité pendant des années. C'est la vérité qui a manqué. Le dernier livre que j'ai écrit s'appelle « De la vérité en politique ». Tant je pense que dans les temps où nous entrons, il est impossible de conduire une politique de lucidité et une politique de changement profond ou de reconstruction profonde si la vérité n'est pas mise comme article premier du contrat qu'on a à vivre et à nouer avec les citoyens. Cette vérité a été trahie, a été dissimulée. Le devoir de vérité a été abandonné, pas depuis 2012, pas même depuis 2007.

Mais depuis de très longues années, j'ai été extrêmement frappé d'une phrase que Manuel Valls a prononcée sans que personne ne s'y arrête dans son discours de politique générale. Il a dit que la France n'a pas créé un seul emploi industriel depuis 2001. Et je trouve que nous serions avisés de nous demander pourquoi cette date de 2001, le tournant du siècle, a marqué ainsi le coup d'arrêt brutal et d'une certaine manière la dérive et le dérapage de la France. Je pense que dans ces années du début du XXIe siècle, il y a eu un grand nombre de décisions et plus encore un grand nombre de non-décisions qui ont porté atteinte à l'élan vital, comme dirait M. Bergson, à l'élan vital du pays.

Je veux dire que, nous l'avons dit à l'époque, je pense que la décision des 35 heures a été une très mauvaise décision parce qu'elle a changé l'idée que la société française, dans ses profondeurs, et les familles, et les communautés, et ceux qui sont dans le secteur privé comme ceux qui sont dans le secteur public, l'idée qu'ils se font du travail. Le travail considéré, regardé, comme étant au fond une activité dont il convient de se libérer le plus possible pour vivre. C'est ça au fond l'idée des 35 heures. C'est une idée d'ailleurs qu'on retrouve assez souvent dans des réflexions encore contemporaines, je n'ai pas dit actuelles, contemporaines.

Ça correspond à une très très vieille réalité psychologique. Je veux rappeler que le mot travail, en béarnais tribai, parce que c'est plus proche du latin, ça vient du latin tripalium, qui veut dire supplice. Et même le supplice du pal. Et donc, le travail considéré comme un supplice, et je veux dire, parce qu'il convient de le dire, qu'il y a des millions de Français, des dizaines de millions de Français, pour qui le travail n'est pas un supplice, n'est pas une domination, n'est pas une suggestion, le travail est une émancipation.

Et l'idée qu'on puisse, et l'idée que l'on puisse ainsi pousser le travail sur le bord de la route, cette idée, à mon sens, mais il y a un débat sur ce point, il y a des gens qui pensent que travailler 32 heures, ça serait mieux que 35, et puis un jour 28, et ce sont des esprits estimables, je ne fais pas de ce sujet une querelle secondaire. Mais je pense que la réhabilitation du travail comme émancipation, comme une chance de se réaliser, fait partie des urgences que nous avons à porter aujourd'hui. Et donc, il y a des années que ça dérive et que ça se dégrade.

Et c'est pourquoi je ne partage pas le sentiment, qui est naturellement celui de l'opposition, et puis sans doute d'une grande partie des Français, parce qu'ils n'ont pas la perspective de ce qui s'est passé dans le passé, on oublie très vite, je ne crois pas qu'il soit totalement juste de dire que c'est Hollande et le gouvernement actuel qui portent la responsabilité pleine et entière de la situation dans laquelle nous sommes. Je pense que François Hollande porte une responsabilité très importante et qui sera mise naturellement à son débit lorsqu'on fera le bilan des cinq années qui sont les siennes.

C'est de n'avoir pas vu, de n'avoir pas analysé, de n'avoir pas su proposer une voie pour sortir des dérives dans lesquelles nous étions et d'avoir entretenu au contraire l'illusion par un programme absurde qui suffisait de changer les gouvernants pour que les choses s'arrangent. Rassurez-vous ce scénario, nous allons le retrouver maintenant devant nous.

Mais je veux rappeler que la dérive des déficits et de la dette, elle était engagée depuis des années au moment, et Dieu sait, j'ai mené le combat sur ce sujet avec vous, et parfois tout seul, et parfois seul contre tous, depuis quinze années, en voyant venir le mur de la dette et en proposant aux Français de se ressaisir et de sortir de cette fatalité qui était si menaçante qu'elle devenait presque une certitude d'accident. Eh bien, le déficit moyen sur les cinq années de Nicolas Sarkozy, il est supérieur, je pense, à 5% du PIB par an. Nous sommes cette année, nous allons retrouver le niveau de 4,5%.

C'est un échec national, et cependant, vous voyez à quel point les choses étaient lancées depuis longtemps. La désindustrialisation, c'est la même si vous regardez la série des chiffres du commerce extérieur que j'ai publié dans ce livre. La série des chiffres du commerce extérieur, c'est que c'est depuis l'an 2002 que décroche chaque année le commerce extérieur de la France pour atteindre les niveaux effrayants qui sont les nôtres aujourd'hui. 60 à 70 milliards de déficits de notre commerce extérieur tous les ans, alors que l'Allemagne a 240 milliards d'excédents. Moins 70 pour nous, plus 240 pour l'Allemagne.

Eh bien, si cette série était en effet commencée depuis longtemps, ils n'ont pas su l'interrompre. C'est la même chose pour le chômage, c'est la même chose pour la perte de confiance dans les institutions, c'est la même chose, hélas, pour l'augmentation des impôts. Le Parti Socialiste a fait de l'augmentation des impôts son mantra. Il croyait qu'ainsi on retrouverait l'équilibre. Il s'aperçoit qu'on en est très loin, mais 30 milliards d'augmentation d'impôts au moment de l'alternance et 30 milliards d'augmentation d'impôts avant l'alternance. Les chiffres sont, hélas, les mêmes et ces choses sont engagées. La faute de François Hollande, c'est d'avoir rusé avec la vérité.

Rusé avant son élection, par un programme dont il ne pouvait pas ignorer, pour l'avoir analysé lui-même et pour l'avoir combattu lui-même dans un certain nombre de chapitres au moment des primaires du PS, rusé avant et rusé après, parce qu'il ne pouvait pas ignorer... J'ai eu des confrontations avec lui sur ce sujet en privé et en public. Il ne pouvait pas ignorer que le changement de cap qui allait lui être imposé par la réalité, et le courage consistait à le prononcer assez tôt pour qu'il puisse porter des effets.

Et à force d'avoir rusé, on dit en français venant directement du latin « procrastiner », reporter à demain ce qu'on pouvait faire le jour même, eh bien il a plongé le pays dont il avait la charge dans la situation désespérante qui est la sienne aujourd'hui. Là est la responsabilité de François Hollande. La vérité, nous ne l'oublierons jamais, la vérité est la clé de toute politique de réforme. Il n'y aura plus dans l'avenir de gouvernement possible, ni pour les illusions, ni pour les mensonges.

Parce qu'on ne peut pas imposer un effort à un peuple si on n'a pas avec lui noué un contrat fondé sur la réalité de sa situation et sur la vérité, sur les objectifs et les directions qu'on lui propose. Alors, des vendeurs d'illusions, des vendeurs de mensonges, il y en a beaucoup dans la vie politique française. Je suis frappé de voir que l'extrême droite, je m'arrête un instant à ce sujet parce que la plupart des responsables politiques sont devant Marine Le Pen comme des lapins pris dans les phares d'une voiture. Et moi, je propose d'échapper à cette malédiction cataleptique en disant les choses comme elles doivent être dites.

Aujourd'hui, l'extrême droite et l'extrême gauche défendent au mauprès la même politique économique. Je ne dis pas qu'ils sont d'accord sur tous les sujets. Je sais très bien ce que les uns disent sur l'immigration, mais en particulier sur la société française, sur la recherche de faire flamber des antagonismes et des haines entre Français. Et cela, à mes yeux, est impardonnable. Entre Français et membres de la société que nous formons tous ensemble. Français d'origine, Français naturalisés, et puis aussi tous ceux qui sont là pour vivre parmi nous, faire des études en particulier, parce que je ne les oublie jamais.

Mais, sur le fond de la politique économique, en trois grands chapitres, sortir de l'Union européenne, en réalité, sortir de l'euro, et recourir à nouveau aux facilités de la dévaluation et des subventions publiques et des allocations de toute nature et aux augmentations de tout ce qui fait plaisir et aux diminutions de tout ce qui représente un effort, sur ce point, et j'en ai encore eu une confirmation lors du débat que nous avons eu jeudi, Marine Le Pen et ce qu'il y a de plus à gauche dans le monde politique français défendent exactement la même politique, ce qui m'a amené à dire à Pierre Laurent sur le plateau, mais ne l'interrompez pas, elle défend la même politique que la vôtre.

La politique là, la fermeture des frontières, et la dépense publique, et le retour au franc, et la politique de la dette, et la politique des déficits, et la dévaluation ressentie comme un bienfait, cette politique là, c'est la politique mortelle pour notre pays, du mensonge et de l'illusion. Ce que nous avons combattu, quand c'était à dose faible, dans le programme des uns ou des autres, nous n'allons pas l'accepter, nous n'allons pas être paralysés par ces poisons, alors qu'ils sont au contraire dans un mouvement politique censé aujourd'hui être la contestation de toute la démocratie française.

Nous sommes clairement, volontairement, déterminés à défendre la vérité qui seule peut permettre de reconstruire notre pays, à écarter les illusions, à écarter les mensonges, à écarter les haines, qui ne peuvent que nous conduire au drame national, le plus grave que nous ayons rencontré depuis de très longues années. Alors, nous avons placé cette université de rentrée sous le thème reconstruire. Reconstruire la France, ont-ils projeté ? La France, la démocratie, notre pays, nos institutions.

Parce que nous pensons qu'il existe en effet une autre politique, pas celle qu'on nous propose sous ce vocable, pas la politique de la facilité, mais une politique, au contraire, beaucoup plus fondamentale et qui ne se limite pas à programmer des coupes et encore des coupes, même si elles sont nécessaires, dans la dépense publique. Je crois à une politique qui ne se contente pas de couper, mais qui recoue, qui répare, qui corrige, qui reconstruit et qui vivifie les piliers de la société dans laquelle nous vivons. Car le problème de la France, ce n'est pas seulement que notre pays dépense trop.

C'est un problème quand on vit au-dessus des équilibres entre ce que l'on dépense et ce que l'on prélève. Alors oui, on est entré dans une crise profonde. Mais ce n'est pas seulement que notre pays dépense trop. c'est qu'il dépense trop pour agir mal. Et qu'agissant mal, alors il est incapable de faire une société solidaire et incapable en particulier de produire assez pour financer la solidarité dont il a besoin. Je voudrais vous rendre attentif, Robert connaît bien ces chiffres, au produit intérieur brut.

Alors c'est compliqué, le produit intérieur brut, c'est la somme de tout ce que dans une année on produit comme service, comme produit matériel, comme échange dans une société comme la nôtre. Je voudrais vous rendre attentif au PIB, au classement du PIB. La France, lorsqu'il s'agit du PIB par pays, est très haut placée dans le classement. Nous sommes quatrième de tous les pays européens et ma foi, nous nous tenons bien dans le classement. Mais si vous prenez un autre classement, qui est le PIB, le produit intérieur brut, divisé par le nombre des habitants, parce qu'au fond, c'est ça la question, l'appréciation de la richesse, il faut qu'elle prenne en compte la taille.

Alors à ce moment-là, on a la très mauvaise surprise de découvrir que dans notre pays, le PIB, le produit intérieur brut par habitant, il nous met au douzième rang des pays européens. et nous ne cessons de descendre depuis des années parce que nous sommes bloqués dans l'épanouissement de notre capacité à produire, à concevoir, à inventer, à innover, et que cela se fait sentir sur le fait, Robert dit ça tout le temps, dans ses responsabilités anciennes, au Crédoc, et aujourd'hui dans ses responsabilités politiques.

quand vous avez un produit intérieur brut qui augmente de 0,5 par an et que le nombre de foyers augmente, lui, de 1% par an, alors ça veut dire que les moyens, le niveau de vie de chacun des foyers français a baissé en termes réels dans l'année qui vient de s'écouler. Eh bien, cet indice-là de la paralysie française et de ce que nous avons appelé, enfin, ce qui s'appelle l'appauvrissement français, alors il faut que nous le regardions et que nous le prenions en compte. Alors, beaucoup parmi vous ont dit, oui, mais, m'ont dit, m'ont écrit même des petits mots en disant, mais, dites-nous ce qu'il faut faire.

Si vous aviez demain le pouvoir, quelles seraient vos premières décisions dans quoi vous engageriez-vous ? Et ne nous dites pas il faut ou il n'y a qu'à ou il convient d'eux. Dites-nous ce qu'il faut faire clairement. Eh bien, je vais vous dire ce que, à mon avis, il faut faire clairement. Pour reconstruire la France, qui est une maison, il faut reconstruire les piliers de la maison. Il faut rendre leur force, leur puissance, leur capacité aux piliers de la maison et il y en a beaucoup de ces piliers. Je vais aller très vite en énonçant seulement ou en vous disant les pistes qui me paraissent nécessaires.

Premièrement, il faut, dans cette reconstruction, dans ce chemin de reconquête, le premier objet de reconquête, c'est l'État. Il faut reconquérir, il faut une reconquête de l'action publique, nationale et locale, qui est aujourd'hui dans un affaiblissement continu, une asthémie, comme dirait les médecins, une absence de volonté, une absence d'énergie, qui est tout à fait inédite dans un pays dont l'État a été le pilier central. L'État, c'était la France. C'est l'État qui a fait la France et nous avions tous les jours, nous, citoyens, recours à l'État.

Pendant des décennies, cet État fort a été un État proche qui assurait et qui soutenait la tranquillité, le vivre ensemble des Français et peu à peu, l'État s'est éloigné. Il s'est trouvé enserré dans deux pièges énormes. Le premier, c'est la complexification perpétuelle, incompréhensible pour le commun des citoyens. Et le deuxième, c'est une prolifération de règles et de normes qui paralysent l'action publique à tous les niveaux de l'action publique.

François Abbe, le professeur François Abbe, nouveau conseiller de Paris qui est un grand médecin, nous décrit tous les jours l'espèce de paralysie dans le monde de la santé de certains hôpitaux publics ou de certaines administrations de l'hôpital public. Je ne veux pas entrer dans le détail d'un livre que je suis sûr il va écrire bientôt pour raconter son histoire. C'est vrai dans ce domaine-là, mais c'est vrai dans tous les autres domaines, l'État ne répond plus, l'État, au lieu d'être soutien, est devenu bloquant et auto-bloquant. Il bloque l'action des animateurs de la société, des créateurs, des chercheurs.

Imaginez les cataractes de paperasse auxquelles je viens d'évoquer les chercheurs, auxquelles les chercheurs français sont désormais soumis dans leur travail. Ils ont le sentiment que pour un certain nombre d'entre eux, c'est le cas aussi à l'université, et puis, ils ne peuvent plus agir parce que tout leur temps s'épuise et leur énergie à rendre compte de leur action. Il y a un chercheur qui applaudit au fond de la salle. Il a raison.

Et ce que je voulais dire devant vous dans nos priorités, il est donc vain de poser la question du coût de l'action publique si l'on ne pose pas d'abord la question de son organisation, la question de l'initiative et de la simplification à l'intérieur des services de l'État, la question de la réforme et de la simplification des normes et de l'instauration d'un devoir de souplesse dans leur utilisation. Ça, c'est l'État national. Je veux vous parler des collectivités locales.

Parmi les échecs qui resteront au débit de ce gouvernement, parmi les promesses non tenues, les promesses qu'on fait semblant de tenir et qu'en réalité ont trahi, il y a celle attendue et trahie de la nouvelle architecture des collectivités locales. Alors, je veux vous le dire parce que ça nous plonge pour beaucoup d'entre nous dans une colère qui est une colère d'inspiration profonde, irréductible. On nous a annoncé que, et nous avons applaudi et nous avons soutenu cette idée sous tous les gouvernements successifs, que le labyrinthe qu'on avait créé dans les collectivités locales françaises, que ce labyrinthe-là, il rendait impossible la lisibilité de l'action publique pour les citoyens.

et j'ai, le premier, depuis très longtemps, proposé que l'on fusionne les départements et les régions ou qu'on aille vers un rapprochement des départements et des régions pour qu'on n'ait plus qu'une seule administration avec des élus venant du terrain capables de gérer en même temps le local qui est de proximité et le régional qui est stratégique dans les diverses matières qui sont celles de l'aménagement du territoire. Ça, c'est le projet que, je vous rappelle, on a défendu ensemble depuis 2002 auquel, peu à peu, des gens, des gouvernants ont semblé se rallier et puis, le gouvernement a dit, eh bien, cette fois-ci, au moins nous, nous allons aller au bout de cette question.

Et ils ont annoncé qu'on allait faire la réforme des conseils généraux pour partager les prérogatives des conseils généraux entre les collectivités de premier rang que sont les intercommunalités, communautés de communes ou d'agglomérations et la région communautés stratégiques. On est parti de là et nous avons approuvé cette orientation. Et que s'est-il passé ? Alors, on est entré dans des débats byzantins qui est marqué au coin de la stupidité administrative et de l'improvisation politique qui nous amène à la situation suivante. Premièrement, le découpage régional qu'on nous propose est un découpage qui nie l'idée même de région.

Parce que la région, n'est-ce pas, nous sommes des décentralisateurs. Qu'est-ce que ça veut dire décentralisateur ? Ça veut dire que nous pensons qu'un certain nombre de décisions, d'orientations pour l'avenir d'un territoire, ces décisions et ces orientations doivent être délibérées au plus près des citoyens. Mais encore faut-il qu'entre ces citoyens, il y ait une unité, une identité, qu'ils se reconnaissent membres du même ensemble et qu'ils aient la même tradition culturelle, les mêmes modes de vie, les mêmes problèmes à résoudre. Si vous faites exploser la nécessaire identité des régions pour les enfermer dans un ensemble techno-administratif, il n'y a plus de volonté politique possible.

Exemple, alors nous, en Aquitaine, nous avons vécu un truc formidable. L'Aquitaine, je veux vous rappeler, c'est l'ancienne province de Gascogne et la toujours neuve et nouvelle et vivante, vivifiante province du Béarn. C'est ça l'Aquitaine. Tout à fait possible et imaginable d'avoir un rapprochement historique pour compléter cette unité provinciale avec les Charentes. Les deux Charentes qui sont en effet dans le même univers. culturel que ces deux provinces-là. On est donc partis de là. Et puis après, on nous a dit, écoutez, on va mettre l'ensemble de l'Aquitaine ensemble avec l'ensemble de Poitou-Charentes. Bressuire. Dieu sait que j'aime Bressuire.

Ma femme a grandi à Bressuire et donc j'ai une amitié profonde pour ce pays. Bressuire, Pau, 500 kilomètres. Alors, il y a des mouvements qui se sont exprimés et il me semble que peut-être un élu, je devrais dire une élu pour être respectueux de la vérité historique, une élu de Poitou-Charentes a dû téléphoner à l'Élysée pour dire que ce montage-là n'était pas excellent. alors l'Élysée a dit eh bien nous allons laisser l'Aquitaine dans son périmètre actuel. Donc nous sommes partis de Aquitaine puis il y a eu Aquitaine-Charentes puis il y a eu Aquitaine-Poitou-Charentes puis on est revenu à Aquitaine. Tout ça annoncé solennellement par l'Élysée.

Et donc bon on faisait contre mauvaise fortune bon cœur on peut accepter les variations quand on arrive au bout du compte à des solutions acceptables. Eh bien ça n'a pas été fini parce qu'il y avait aussi le limousin et que dans le limousin il y avait des amis politiques du président de la République qui ont à leur tour décroché le téléphone et le président de la République dans la la souveraine science et la et la civique inspiration de son bureau a décidé que pour des raisons politiques il convenait que désormais ce soit Aquitaine Poitou-Charentes et limousin.

Alors Limoges 500 km Limoges Bressuire 250 km Bressuire Pau 500 km Pour faire le tour de la région il faudra provisionner 1250 km et le tour de la région je ne parle pas jusqu'au Valais pyrénéenne 1250 km de frais de déplacement si vous me dites qu'avec ça on va faire des économies je vous garantis qu'on est en train de vous tromper et de vous raconter des histoires Champagne-Ardenne il n'y a pas d'unité dans cet ensemble et pendant ce temps on laisse la Bretagne toute seule et encore plus révélateur encore plus révélateur la Bretagne sans la Loire-Atlantique enfin je me mêle de ceux qui ne me regardent pas je me mêle de ceux qui ne me regardent pas je suis pour le droit des peuples à réfléchir à leur organisation le droit des cultures à réfléchir à leur découpage Bon c'est quoi tout ça ?

Alors oui je finissais je finissais et la région centre toute seule Aquitaine Poitou-Charentes Limousin Alsace Lorraine Champagne-Ardenne foin de toute unité de toute identité on s'en fiche mais la région centre elle reste toute seule pour la raison qu'ils n'ont pas voulu offrir à Jacqueline Gouraud et à Marc Fénaud le boulevard qui autrement s'ouvrait devant eux dans quelques rapprochements avec quelques régions que ce soit mais il faut aller un tout petit peu plus loin parce que la pensée techno administrative nous vend ça depuis longtemps au nom de ce que plus c'est gros et mieux c'est big is beautiful on dit en anglais et bien moi je pense que plus c'est gros il arrive que plus ce soit gros plus ce soit impuissant et plus ça coûte cher on dit qu'on va économiser de l'argent on va en dépenser et je vais vous montrer un exemple très simple qu'est-ce qu'on va faire entre Aquitaine Poitou-Charente et Limousin pour ce qui est de la capitale régionale ben je vous fous mon billet comme on dit je vous fiche mon billet que des capitales régionales on va faire trois on va en faire une pour le législatif une pour l'exécutif et une pour l'administratif et ça coûtera évidemment beaucoup plus cher parce qu'il n'y aura pas d'unité de lieu donc pas d'unité d'action et pas d'unité de temps ces gens sont en train de nous plonger dans l'impuissance

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Locuteur non identifié

et l'incapacité

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François Bayrou

tant au département tant au département pour aller au bout de ce raisonnement alors on a appris quelque chose d'absolument stupéfiant dans le discours de Manuel Valls c'est que les conseils généraux devaient disparaître avant qu'on ne discute et qu'on ne décide de la réforme et qu'aujourd'hui au jour où nous sommes des conseils généraux non seulement on ne va pas les faire disparaître en répartissant leurs compétences mais il y en aura désormais en France de trois sortes il y aura les conseils généraux métropolisés il y aura les conseils généraux fédération d'intercommunalité et il y aura les conseils généraux maintenus si vous me dites que ça c'est de la simplification du millefeuille français alors je vous paie des caramels mous chers amis on fait tout cela pourquoi ?

pas pour améliorer l'efficacité pas pour faire des économies on fait tout cela pour une seule raison c'est pour avoir une réforme apportée au palmarès et pour faire croire à Bruxelles que la France est en train de faire des réformes on nous trompe nous mais on essaie de tromper aussi nos partenaires européens et ceci n'est pas digne du gouvernement de la France et de la démocratie que nous voulons construire

36:35
Locuteur non identifié

voilà

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François Bayrou

reconquête de l'état et de l'action publique par la simplification je suis obligé d'aller vite je voudrais consacrer beaucoup de temps au sujet que je vais traiter reconquête de l'éducation nationale c'est vous savez que pour beaucoup d'entre nous et pour moi en particulier c'est le combat de toute une vie c'est ce que je crois essentiel ce que je crois de plus important pour l'avenir d'un pays et je veux simplement rappeler à quel point aujourd'hui sur au moins trois sujets on manque à cette obligation là par défaut de vision et de capacité à entraîner la communauté humaine qu'est l'éducation nationale j'ai exercé cette responsabilité pendant de longues années et j'en suis sorti avec d'abord l'amitié et l'estime et l'estime que je porte au monde de l'éducation et puis aussi le sentiment qu'on pouvait parfaitement réfléchir avec lui et changer les choses avec lui il y a en France une légende qui veut que ce soit un monde maudit d'ailleurs légende nourrie par les ministres de l'éducation successifs qui sortent épuisés décomposés défaits à l'état liquide après avoir exercé les fonctions moi je me porte en faux je crois que c'est une communauté humaine de haute conscience avec quelques travers quelques défauts quelques réflexes non totalement maîtrisés notamment lorsqu'il s'agit de revendications en termes de postes qui sont comme un mantra de l'éducation mais sur le fond par l'estime et la connaissance et la compréhension on peut discuter avec eux mais je veux dire simplement que nous avons trois chantiers immédiats devant nous le premier c'est les fondamentaux la lecture le calcul et l'écriture permettez-moi au passage de dire à quel point beaucoup de français beaucoup d'ouvriers beaucoup de de femmes et d'hommes humbles ont été choqués d'entendre le ministre de l'économie dire au détour d'une émission que les ouvrières de GAD étaient probablement illettrées ça a été une blessure et je voudrais analyser pourquoi ça a été une blessure pour beaucoup d'entre elles d'abord parce que ce que le ministre ne sait pas c'est que chez GAD il y a aussi des gens qui sont des BAC et des BAC plus 2 et qui sont souvent dans ces entreprises-là d'engagement au travail matériel parce que simplement le marché de l'emploi étant ce qu'il est on ne trouve pas d'emploi ailleurs deuxièmement que le mot illettré ça peut traduire un certain nombre de difficultés je suis entré dans la responsabilité politique par la présidence du groupe permanent de lutte contre l'illettrisme mais ça n'est pas la même chose de dire qu'il y a un problème d'illettrisme en France et de traiter quelqu'un d'illettré et c'est ce qu'on n'a pas analysé j'ai vu les débats en disant mais après tout il dit il ose appeler un chat un chat c'est pas du tout la question je demande qu'on appelle un chat l'incapacité dans laquelle se trouve l'action publique dans le monde éducatif pour apprendre à lire à tout le monde c'est ça le chat qu'il faut désigner comme ennemi et je demande qu'on n'utilise pas le mot illettré comme quelque chose qui ne peut être ressenti que comme une injure à l'égard de femmes et d'hommes qui mènent la vie dure qui est la leur et qui ne sont pas responsables de la situation dans laquelle ils ont été mis par incapacité de l'action publique et je demande qu'on ne laisse pas croire que la responsabilité du malaise et de la situation difficile d'un certain nombre d'entreprises qui se trouvent en difficulté pour leur avenir viennent que ces difficultés viennent de la situation des employés et des ouvriers qui seraient par hypothèse pas à la hauteur de la tâche qu'on attendait je trouve que c'est pas juste et que ça n'est pas bien que la part des responsables des responsables publics mais je veux dire que oui nous avons un grand problème de transmission des fondamentaux dans vous savez bien les chiffres que l'on donne je ne vais pas les répéter devant vous mais peut-être 30% des élèves qui devraient maîtriser parfaitement la lecture et l'écriture sont en grave difficulté devant la lettre et devant le sens des textes qu'ils étudient il convient il est nécessaire il est un devoir de faire de cette transmission sur laquelle on peut travailler beaucoup mieux qu'on ne le fait aujourd'hui au moment où par exemple il existe des instruments numériques pour transmettre et répéter et multiplier les exercices qui vont de la lettre au son et ensuite de la lettre au son puis au sens et puis directement de la lettre au sens ce qui est l'exercice de lecture que nous avons aujourd'hui il y a beaucoup d'outils qui ne sont pas utilisés le travail de réflexion sur la transmission et sur les résultats de cette transmission doit être un impératif pour ceux qui voudront aller à la reconquête de l'éducation nationale deuxièmement on a un problème de culture générale je suis un défenseur de la culture générale alors on dit mais monsieur il y a internet et tout est à disposition il suffit de taper dans google les bons mots et tout non google c'est un outil formidable miraculeux si les générations précédentes avaient su que nous aurions à notre disposition sur l'équivalent la surface d'une feuille de papier toutes les bibliothèques du monde ils seraient tombés en en en en admiration devant les générations qui auront eu cette puissance là la vérité c'est que c'est une jungle et si vous n'avez pas la culture générale qui est à la fois la carte et la boussole de cette jungle vous n'avez aucune chance de vous en sortir et donc la clé d'internet ça n'est pas le numérique messieurs du ministère ou pas seulement le numérique la clé d'internet c'est la culture générale élémentaire qui vous permet de savoir où vous en êtes dans votre langue

43:51
Locuteur non identifié

et dans vos chiffres et dans vos nombres et dans l'espace et dans le temps c'est ça la clé d'internet et si on veut être progressiste

44:00
François Bayrou

vous avez raison d'applaudir ça me permet de boire et donc si on veut être progressiste alors il faut être du côté des acquis et vous avez même le droit d'assumer d'être un peu réacte comme ils vous accuseront sur ces sujets parce que cette réaction là c'est le vrai progrès de l'humanité et troisième sujet non technocratique qui ne dépend pas des moyens qui est un sujet difficile mais dont je vous supplie de croire et dont je supplie les actuels responsables de l'éducation nationale de croire que c'est un sujet de vie ou de mort il faut que les enseignants et spécialement les jeunes enseignants puissent faire cours dans leur classe sans être insultés chahutés sans avoir en face d'eux

45:03
Locuteur non identifié

le chaos absolu

45:05
François Bayrou

écoutez-moi bien ils s'en vont on est dans des temps de chômage ils ont beaucoup de mal à trouver de l'emploi ils passent les concours et ils s'en vont parce qu'ils n'osent pas dire que c'est impossible pour eux la situation qu'ils rencontrent dans leur classe avec les petits et les moyens dont ils voudraient s'occuper qu'ils voudraient prendre en charge qu'ils voudraient aimer et qu'ils sont plongés dans un tel chaos psychologique et culturel qu'il n'y a que bazar et agressivité personne n'en parle parce qu'on n'ose pas traiter ce genre de questions et que peut-être on n'a pas des réponses moi je considère que cependant le calme dans la classe le respect de cette règle qui fait que d'un enseignant fut-il jeune fût-ce une jeune fille gracile en face de gaillards costauds et démonstratifs il faut ça c'est les costauds et démonstratifs qui applaudissent il convient il est nécessaire qu'ils soient respectés et écoutés et il faut prendre les décisions nécessaires à la fois en discipline mais plus encore en éducation civique en éducation à la vie de tous les jours en préparation en persuasion pour que tout le monde comprenne que nous sommes en train d'abandonner à leur sort les plus fragiles de nos enfants et que ceci est de la non-assistance à enfants en danger qui devrait être punie des peines civiques les plus importantes parce que les enseignants abandonnés ce sont des enfants abandonnés et nous nous voulons au contraire restaurer les enseignants pour instaurer les enfants reconquête reconquête pour reconstruire de la formation professionnelle c'est impossible à supporter alors je sais qu'un certain nombre dans la salle vont me dire mais enfin François vous ne vous rendez pas compte la formation professionnelle c'est beaucoup d'emplois c'est notre gagne-pain que vous mettez en cause quand vous parlez et puis ça ne fonctionne pas si mal ça fonctionne très mal j'ai un souvenir je n'ai pas le temps de vous le raconter mais si j'ai le temps ah vous l'aurez voulu vous ne pouvez pas dire que je vous ai forcé j'ai un souvenir formidable c'était le gouvernement Balladur il y avait autour de la table Edouard Balladur et puis François Fillon Nicolas Sarkozy moi-même chacun dans nos responsabilités et puis le ministre du travail de l'époque et c'était sur la formation professionnelle jusqu'alors jusqu'au moment où le sujet a été ouvert il y avait antagonisme entre les organisations syndicales et les organisations professionnelles chacun défendait son point de vue et même avec agressivité à l'égard des autres et puis Edouard Balladur dans le style qui est le sien britannique a ouvert le sujet a ouvert le sujet de la formation professionnelle en disant bon alors ça va pas il faut qu'on en parle et là mes chers amis un climat d'unanimité irénique de paix sociale absolue et chacune des délégations les unes après les autres délégation de syndicats de salariés délégation de syndicats d'entreprises a développé avec une assurance parfaite l'idée que au contraire la formation professionnelle ça allait très bien qu'il n'y avait rien à changer que d'ailleurs les négociations entre les organisations faisaient que au contraire c'était en progrès continu cela c'était il y a 20 ans je constate que 20 ans après comme aujourd'hui et bien 20 ans après aujourd'hui la formation professionnelle ne va toujours pas en direction des chômeurs va inégalement en direction des salariés qui voudraient progresser dans l'entreprise elle n'est pas une réalité constante quotidienne comme elle devrait l'être de la société française on est en défaut de ce point de vue là la reconquête notamment la reconquête du travail je dis travail plutôt qu'au emploi à dessein on a eu un débat sur ce sujet je pense que c'est utile de parler de travail plutôt que d'emploi la reconquête du travail et de l'emploi au moins passe par une reconquête de la formation professionnelle destinée en priorité et offerte en priorité à ceux qui en ont le plus besoin de manière lucide et ouverte et ça n'est pas le cas aujourd'hui la reconquête de la formation professionnelle est une nécessité je ne vais pas parler longuement j'en ai parlé l'autre jour de de nos règles et de nos codes je voudrais partir d'une idée simple dont nous devons faire dans la reconquête de la citoyenneté à tous égards citoyenneté politique citoyenneté sociale citoyenneté économique une règle dont nous devons faire une loi c'est une vieille maxime juridique c'est nul n'est censé ignorer la loi or les lois sont écrites non pas pour qu'elles ne soient pas ignorées mais en réalité pour que personne ne les comprenne les règles qui sont les règles du monde du travail les règles et puis c'est vrai dans le domaine fiscal et puis c'est vrai dans le domaine probablement aussi juridique enfin du monde de tribunal toutes ces règles là elles sont incompréhensibles pour le commun des mortels et le commun des citoyens elles sont devenues uniquement affaires de spécialistes et encore affaires d'antagonisme entre spécialistes d'un côté et spécialistes de l'autre ce qui fait que le contrat que représentent une règle et un code est aujourd'hui inaccessible à tout citoyen ceci est la cause principale de la défiance des entreprises de la défiance des salariés de la défiance des citoyens c'est pour ça que nous sommes passés de 90% de CDI à 95% de CDD c'est pour ça que personne n'ose plus embaucher c'est pour ça que l'apprentissage est en situation de crise moi j'ai rencontré des artisans qui m'ont dit pourquoi voulez-vous que je prenne un apprenti il n'a même plus chez moi le droit de monter à l'échelle qu'il prenne en charge la paperasse et l'investissement que ça représente dès l'instant que on complique à ce point la vie des acteurs du monde économique et de la formation et bien cette règle que la loi nul n'est censé ignorer la loi c'est à dire que c'est un devoir du législateur de l'écrire dans tout domaine dans le domaine du code du travail et de tous les autres codes de l'écrire de manière que les citoyens puissent le comprendre quand ils le lisent et l'apprendre par coeur et après tout se défendre eux-mêmes sans avoir besoin d'avocat et sans avoir besoin de syndicat pour prendre en charge le sort qui est le leur j'ai montré l'autre jour à la télé le code suisse j'ai montré le code français il était comme vous savez un peu lourd avec les commentaires naturellement je sais très bien toutes ces choses mais j'ai montré le code suisse excusez-moi si les suisses étaient mal protégés dans leur travail est-ce qu'il y aurait moins de 4% de chômeurs en Suisse et est-ce qu'il y aurait 300 000 français qui traverserait la frontière tous les jours pour aller travailler en Suisse mes chers amis à des salaires 20 ou 30% supérieurs au salaire français si bien défendu par les codes du travail et les lois qui en effet enserrent les entreprises la Suisse je ne veux pas faire un exemple de la Suisse mais j'admire un pays qui n'a pas de ressources naturelles n'est-ce pas c'est un pays qui est puissamment exportateur c'est pas un pays qui a une monnaie basse c'est un pays qui a une monnaie très très haute ils sont obligés de ramer tous les jours pour essayer que leur monnaie ne franchisse pas le plafond c'est un pays puissamment industrialisé bien que n'ayant pas les atouts d'un certain nombre d'entre nous et il y a 300 000 français qui vont travailler en Suisse tous les jours et bien je préférerais un code du travail léger compréhensible par tous et 4% de chômeurs je trouve qu'on aurait fait un très grand progrès social et pareil pour la fiscalité nos codes en matière de fiscalité qu'est-ce qu'ils font pardon s'il y en a tant dans la salle ils assurent les revenus et la stabilité professionnelle de tous les conseillers fiscaux et en placement qui existent sur la place nationale puisque c'est tellement incompréhensible et tellement lourd tout le monde cherche à y échapper et cherche des spécialistes pour conseiller aux contribuables pour enseigner aux contribuables comment tourner la loi et notre projet à nous c'est que la loi soit compréhensible par tous pour que le moins possible la tourne c'est facile à comprendre la différence entre les deux et vous voyez que sans perdre de vue l'impératif de bonne gestion je suis en train de dessiner un projet de société radicalement différent de celui qui est suivi non pas seulement depuis deux ans mais depuis sept ans et probablement depuis douze ou quinze ans nous avons une vision qui consiste à ramener la confiance en rétablissant la compréhension mutuelle entre ceux qui ont la charge de faire respecter la loi ceux qui ont la charge de l'écrire et ceux qui ont le devoir de l'appliquer et bien en regardant l'actualité récente de quelques excellences et de leurs exploits on se dit que ce serait une très grande révolution en France si les lois étaient telles que celles qui les votent ceux qui les votent soient aussi respectueux des lois qu'ils votent que ceux qui sont chargés de les appliquer et je vais reprendre un exemple qui ne va pas me faire que des amis mais qui touche au sujet suivant qui sera mon dernier sujet avant d'entrer dans l'ultime partie de l'actualité je dis ça pour les journalistes qui s'impatientent sur l'actualité récente je vais parler bien sûr des institutions mais j'ai depuis longtemps proposé dans le débat public français depuis de longues années avec des textes précis compréhensibles par tous qu'on ait une opération en profondeur pour rassurer le citoyen sur le grand sujet de la moralisation de la vie publique la vie publique aujourd'hui elle est pour le citoyen source d'ébahissement et de défiance absolue pour la raison que j'indiquais à l'instant c'est qu'il comprend bien que dans plusieurs domaines et l'actualité de ce dernier jour montre que c'est dans plusieurs domaines la loi des uns n'est pas la loi des autres la loi que les uns sont obligés de respecter les autres s'en affranchissent et bien je demande que dans tous les secteurs on ait cette double révérence à l'égard de la loi qu'elle soit la même pour les uns et pour les autres exemple je suis favorable et je défends depuis longtemps et pas seul je l'ai fait avec Charles de Courson notre ami et nous l'avons défendu souvent je suis favorable à ce que les parlementaires acquittent le même impôt que les citoyens contribuables au nom desquels ils les votent ça n'a l'air de rien naturellement mais on ne vote pas le coeur léger des augmentations pour des tranches de classe moyenne de l'imposition si on est obligé de les acquitter soi-même et en rentrant le soir de dire à son conjoint ou à sa conjointe que l'année prochaine comme pour tous les français la feuille d'impôt sera singulièrement alourdie c'est une précaution non seulement de justice et d'équité mais c'est une précaution civique contre l'excès auquel le débat public peut assez souvent entraîner voilà un exemple de ce double respect de la loi compréhension la loi est la même pour tous elle est compréhensible par tous et elle est appliquée par tous voilà je suis très sévère non pas sur nos institutions seulement ou pas principalement sur nos institutions je suis très sévère sur le fonctionnement de la vie publique qu'on tire de ces institutions exemple est-ce qu'il est normal et légitime dans un moment où tous les citoyens s'inquiètent de la morale ou des règles élémentaires de la vie publique scandale après scandale que nous ayons une loi de financement des partis politiques qu'on met en vitrine et derrière la loi profusion de micro partis un par responsable politique sauf chez nous zéro chez nous profusion de micro partis qui ne sont pas autre chose qu'une organisation industrielle pour tourner la loi qu'on met par ailleurs en devanture j'ai proposé ça depuis des années je l'ai proposé à François Hollande je lui ai dit il faut faire un référendum sur ce genre de sujet je pense que ça aurait été un plus pour le pays et même un plus pour le président de la république qui l'aurait présenté il n'a pas voulu le faire à mon avis c'est pas une erreur c'est une faute moralisation de la vie publique pour rendre à notre action publique les règles élémentaires que toute démocratie doit respecter pour éviter les excès je vous le dis devant vous la situation scandaleuse qui a été faite au réseau des autoroutes français par une décision du gouvernement que je suis allé à titre individuel comme citoyen François Bayrou combattre devant le conseil d'état parce que il y a une loi absolue en France qui est qu'on ne peut pas aliéner le domaine public sans que ce soit voté par le parlement mais comme on sentait bien le gouvernement de l'époque c'était même pas sous Nicolas Sarkozy c'était avant comme on sentait bien que ça ferait un peu des vagues dans l'opinion que tout d'un coup on enlève aux français le revenu régulier qui était désormais promis par le fait que les autoroutes étaient au terme du financement de leur investissement et que désormais les automobilistes allaient pouvoir alimenter notamment la construction de grands réseaux publics comme on sentait bien que ça fait vague alors on a refusé le débat au parlement et on a décidé que ça serait un simple décret du gouvernement discuté par personne qui permettrait de privatiser la concession des autoroutes et que découvre-t-on aujourd'hui exactement comme je l'avais annoncé indiqué écrit dénoncé sur toutes les antennes tout seul que découvre-t-on aujourd'hui c'est que le rendement du réseau des autoroutes est pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir consentir un tel investissement supérieur à 25% par an c'est la cour des comptes qui vient de le dire ces 25% et bien ils sont simplement enlevés aux citoyens que vous êtes vous les acquittez au péage vous auriez dû en avoir le retour sur investissement et bien ceci est désormais parti vers des intérêts privés qui n'ont pas eu de plus urgent lorsqu'ils ont obtenu cette concession que de sortir de la cote de la bourse pour ne plus avoir à déposer leur compte et que ça soit donc discret et pas public ceci aurait été invité évité par des institutions qui auraient simplement respecté les règles qui étaient les leurs et je m'honore que nous ayons été tout seul à aller dans ce sens

1:03:59
Locuteur non identifié

de bonnes institutions

1:04:23
François Bayrou

et le respect de règles c'est la garantie de l'honnêteté de l'action publique et dans l'affaire tapis c'est la même chose l'affaire tapis c'est pas l'affaire tapis tapis il a fait du tapis il fait ça c'est son c'est sa manière de vivre de vivre l'aventure en faisant tout ce qu'il peut pour en effet faire fortune tout ça il y a toujours eu des tempéraments de cet ordre dans la république l'affaire tapis c'est pas l'affaire de bernard tapis c'est l'affaire de l'état qui de manière illégitime et illégale a donné à bernard tapis sans cause réelle et sérieuse 400 millions d'euros de l'argent du contribuable dont 45 millions d'euros de préjudice moral c'est ça

1:05:21
Locuteur non identifié

l'affaire tapis

1:05:22
François Bayrou

et quand je lis cette semaine dans le monde qu'un rapport de police à la demande de la cour de justice de la république a établi ce que j'ai écrit dans le même journal il y a 6 ans ou 7 ans ou 8 ans exact en 2008 2014 il y a 6 ans j'ai écrit textuellement c'est établi par un rapport de justice c'est à dire que contrairement à ceux qu'on nous racontait à ceux avec quoi on nous berlure depuis des années Bernard Tapie n'avait pas été floué dans la vente d'Adidas à la banque au crédit lyonnais que non seulement il n'avait pas perdu mais il avait gagné 250 millions de francs de l'époque et que simplement c'était une extraordinaire affaire de communication qui avait entraîné la situation dans laquelle nous étions j'ajoute qu'il n'est pas de jour où je n'ai honte que 45 millions d'euros au titre du préjudice moral aient été accordés dans une opération aussi illégitime et scandaleuse alors que la mort d'un enfant vaut à ses parents dont désormais la vie sera brisée 30 000 euros de préjudice moral et on a donné c'est à dire 1500 fois plus que la mort d'un enfant et c'est la république française et pour une seule raison qui aura peut-être échappé à l'observateur inattentif c'est que le préjudice moral n'est pas imposable et qu'il fallait donc en alourdir le poids dans la balance pour que le bénéfice fût intact voilà ce qu'on a fait en France au 21ème siècle dans une république dont la constitution écrit qu'elle est démocratique et sociale et bien je jure qu'il y a de quoi avoir honte et que nous avons bien raison quand nous voulons mettre un terme à ses dérives Marielle a longuement parlé de notre exigence européenne et de notre devoir européen et donc je n'ai pas à le faire je veux aller vers ma conclusion mais je veux vous dire simplement que tout se tient l'intégrité des institutions la représentativité de celles-là excusez-moi 98% des sièges de l'Assemblée nationale et du Sénat sont monopolisés par deux parties et deux seulement et leur séide qui ont obtenu ensemble moins de 35% aux élections européennes 35% d'un côté 98% des sièges comment voulez-vous que la confiance se rétablisse à partir du moment où il n'y a pas de représentation pas de représentation juste des courants politiques pas de représentation favorisée des milieux sociaux des origines des sensibilités des comment dirais-je de la de la richesse des différences qui sont à l'intérieur de la société française Marielle dit et des femmes mais il suffit de l'avoir vu à la tribune pour voir que chez nous en tout cas cette équité-là et cette influence-là elle existe et donc je dis ça pour Jacqueline Gourault au premier plan aussi et pour Fadi Laméal et pour Nathalie Grisbeck c'est pas un hasard pas de représentativité et évidemment pas de légitimité donc pour les dirigeants et donc pas de résultat et donc pas d'influence dans le le grand chantier de l'Union Européenne pas de rôle de la France dans le monde et nous avons très longuement discuté de ce sujet hier soir et des incohérences que nous avons été les seuls à dénoncer les seuls en approuvant l'action au Mali sans ambiguïté et en nous opposant à l'idée qui était strictement contradictoire avec celle-là de bombarder la Syrie Dieu sait que je ne suis pas un ami de Bachar el-Assad j'ai protesté véhémentement contre le fait qu'on l'invite à la tribune du défilé du 14 juillet et qu'on invite monsieur Kadhafi avec sa tante à Marigny pour une espèce de séance d'humiliation de la République mais convenez bien que c'est absurde de prétendre que on va intervenir au Mali pour mettre un terme à cette barbarie qui est en route dont sont victimes la liberté de penser la liberté de croire les droits de l'homme et je vous conjure d'écouter ce que je dis là et dont parmi les premières victimes il y a les musulmans de France et du monde entier parce que c'est leur image qui est atteinte c'est eux qui sont regardés du coin de l'œil c'est eux qui sont soupçonnés alors que pour nous ils sont des concitoyens et que nous avons bien l'intention que dans notre société française le sentiment qui existe entre concitoyens nous avons bien l'intention que dans notre société française le sentiment qui existe entre concitoyens soit un sentiment respectueux et fraternel c'est comme ça que nous le voulons et c'est pourquoi nous nous battons pour que les dérives les excès les terroristes et les totalitaires ne l'emportent pas au sein de ce monde dans lequel nous vivons voilà sur ce point les incohérences avec lesquelles on a vécu pendant longtemps je voudrais finir sur l'actualité j'ai lu dans le journal que Nicolas Sarkozy avait annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP alors j'ai pas eu vraiment pas éprouvé un sentiment de grande surprise puis c'est un débat interne à une formation politique à laquelle je vous rappelle que nous n'appartenons pas et à laquelle je vous ai demandé de ne pas appartenir et je n'ai pas grand doute sur le fait qu'il emportera l'adhésion de ses militants c'est leur responsabilité et c'est la sienne et je n'ai pas l'intention de me spécialiser dans dans quelque anti-sarkozisme que ce soit j'ai affronté Nicolas Sarkozy quand il était au fait du pouvoir au sommet de l'influence et que tout le monde se se rangeait et se pliait devant lui et ça n'a pas été notre cas ni le choix que j'ai fait mais ce n'est pas ça que je veux dire car il est dans la déclaration de Nicolas Sarkozy un aspect de ce débat qui concerne le centre dans sa responsabilité et dans son existence ce qui est annoncé dans la déclaration de Nicolas Sarkozy c'est une tentative de plus de fusion absorption du centre dans une réédition de l'UMP je dis une réédition parce que si je me souviens bien normalement l'UMP c'était bien le entre guillemets le parti unique de la droite et du centre fermez les guillemets c'était ça l'UMP et donc on nous dit alors maintenant on va faire le parti unique de la droite et du centre à partir de l'UMP qui était déjà le parti unique de la droite et du centre et avec d'autres formations du centre l'UDI pour ne pas la nommer or je veux vous dire ceci simplement mais gravement la politique française a besoin de tout sauf d'un parti unique la vie politique française aujourd'hui elle a le plus grand besoin d'échapper à la mainmise d'un appareil unique d'une organisation unique de courant interne d'un appareil unique de lutte de courant interne d'un appareil unique des habitudes et des dérives que nous ont imposé depuis des années le monopole du PS et de l'UMP on n'a pas allé dans ce sens on a allé contre cette logique et donc ce que je dis devant vous non pas sur Facebook mais devant une salle engagée j'aime bien Facebook par ailleurs ce que je dis devant vous c'est qu'il faut exactement le contraire il faut du débat il faut de la liberté de penser il faut de la confrontation d'idées il faut non pas des satellites et des soumissions mais il faut des égaux des partenaires de plein exercice des gens différents des expériences différentes des convictions et pas des soumissions c'est ça qu'il faut aujourd'hui à la France et je dis devant vous et en votre nom que la tentative toujours recommencée de soumettre subrepticement le centre je suis garant qu'elle ne réussira pas plus aujourd'hui qu'elle n'a réussi hier la vocation la vocation du grand courant démocrate et républicain du grand courant du centre français ce n'est ni la disparition ni la soumission ni la mise aux enchères c'est la liberté et l'indépendance pour que triomphe non pas les intérêts de camp et de clan mais l'intérêt général et le bien commun de l'indépendance de la liberté de penser de la souveraineté dans ses choix de ce grand courant de penser le plus riche sans doute ou parmi les plus riches de la tradition politique française l'existence du centre libre porteur de valeur est enfin unie je m'adresse à nos amis de l'UDI en particulier et peut-être sous d'autres cieux l'existence de ce centre libre et porteur de valeur est enfin unie c'est la garantie pour tous les français qu'ils pensent comme nous ou non du droit au pluralisme qui est l'expression élémentaire de la démocratie c'est en votre nom que personne aucune manœuvre ne privera les français de ce droit au pluralisme et au dialogue et s'il le faut du droit à la confrontation entre la diversité des courants politiques et des visions de l'avenir de notre pays je suis le garant de cela devant vous et en votre nom et si l'on voulait limiter le débat à l'affrontement entre ce qui a été ce qui est aujourd'hui l'échec du PS et ce qui fut hier l'échec de l'UMP alors on donnerait au Front National le monopole de la protestation et de la contestation c'est le plus beau cadeau à lui faire c'est un jour ou l'autre son succès assuré et nous sommes ceux qui pouvons et devons empêcher cette simplification mortifère

1:19:44
Locuteur non identifié

mais

1:20:11
François Bayrou

pas mais et je veux dire en votre nom aussi enfin que cette liberté cette intégrité n'empêche en rien les ententes les alliances les rassemblements au contraire on s'entend mieux cantonner pleinement soi-même pleinement investi de son histoire et de sa vision nous affirmons que les rassemblements sont nécessaires en cette terrible période de doute et j'ai montré ces dernières semaines qu'il était des rassemblements possibles avec des personnalités que nous considérons regardons comme d'ailleurs au-delà de Noron comme parfaitement estimables et compatibles avec les valeurs et les visions que nous portons c'est parce qu'on est pleinement soi-même qu'on peut s'entendre avec les autres et que le jour où on s'entend avec les autres alors les français sont rassurés parce qu'ils sentent bien qu'il n'y a pas confiscation mais qu'il y a construction et c'est cette construction que nous avons proposée pendant ces trois jours vous sentez bien ce qu'il en est derrière ce que je viens de dénoncer avec vous pendant ces trois jours que nous avons approfondi à la fois du point de vue de l'expérience de la réalité et aussi de la réflexion de ce qu'on peut proposer à un pays derrière cette prise de position politique il y a quelque chose d'infiniment précieux c'est un projet de société que nous défendons là c'est pas seulement la poursuite de ce qui existe ni le changer pour changer c'est un projet de société dans lequel il y a la prise en compte des intérêts matériels c'est bien le moins d'une grande partie de notre peuple qui souffre de ces intérêts moraux de ces intérêts culturels si j'osais aller jusqu'au bout de ma pensée je dirais de ces intérêts spirituels c'est cela que nous avons tous ensemble en nous à l'esprit que nous avons bâti et que nous allons n'en douter pas dans les mois qui viennent proposer aux français pour apporter la seule réponse possible à l'angoisse qui est aujourd'hui les mines et qui est celle-là notre pire ennemi je vous remercie merci

Discours de François Bayrou à l'Université de rentrée du MoDem — François Bayrou · Pourquijevote