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interviewBLAST (sur YouTube)· 16 janvier 2026 27 min

SOMMES-NOUS À L’AUBE D’UNE NOUVELLE DISSOLUTION ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans Dissolution. Encore beaucoup de choses à voir cette semaine. Alors, allons droit au but.

Des rumeurs circulent depuis un moment. Le Premier ministre aurait demandé au ministre de l'intérieur de préparer ses services à des législatives anticipées aux mêmes dates les 15 et 22 mars 2026. Hm, sympa ça.

On aura des maires faot, des députés faudot, un gouvernement de faot, un président. Tirez-vous, on est foutu. Bah quoi ?

Bah quoi là ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu trouves pas que ça sent un peu une cuvette de ch de gar ?

Oui, désolé. Alors, c'est pas nous, c'est l'odeur générale du pays. Ça pue.

Sévère, on est peut-être un point de bascule. Le RN est au port du pouvoir. Les municipales s'annoncent catastrophiques et la dissolution encore pire.

Alors, on va regarder comment tout ça s'est joué et le futur qui nous attend. C'est de la merde. Je dis donc ce soir l'Assemblée nationale.

Alors on s'en souvient, le budget de la SQ avait été adopté en décembre avec le soutien du PS. À l'époque, on avait déjà dit que le budget de l'État serait bien plus difficile à faire passer vu les rapports de force parlementaire. Il reste encore le budget de l'État à faire adopter et ça ça semble encore moins bien parti.

Et pourtant, on se dirige vers un budget macroniste purju. Vendredi 16 janvier 2026, Sébastien Lecornu a annoncé que le projet de loi de finance pour 2026 ne serait pas adopté par vote. Il a adressé deux options, les ordonnances ou l'article 493.

On va donc regarder comment les macronistes ont réussi à verrouiller le débat parce que rien n'est laissé au hasard. Pour comprendre, il faut prendre un peu de recul et revenir sur la manière dont s'est déroulé toute cette séquence budgétaire. Ces derniers mois ont montré une chose, le gouvernement a tout fait pour ralentir au maximum.

D'abord, le cornu a traîné pour nommer son gouvernement, multipliant les consultations avant de le faire démissionner aussitôt parce que Rotaillo a fait un petit caca nerveux. un délice. Pendant ce temps, le parlement tourne au ralenti.

Pas de PLF, pas de texte, donc pas de débat. Comme l'an dernier, les textes budgétaires ont été déposés en retard par rapport aux obligations de la loi organique. Quand le gouvernement s'est enfin penché sur la question, il ne s'est pas pressé pour autant tout en clamant l'urgence.

Un grand classique. Je rappelle que nous sommes dans cette situation d'abord parce que nous avons commencé à examiner le texte avec de semaines de retard. Bon, donc déjà de lui-même, le gouvernement s'arrange pour tourner au ralenti, couper et interrompre autant qu'il peut.

Mais il s'appuie aussi sur ses députés pour noyer les texte sous les amendements afin d'empêcher leur examen dans les temps. Or, que constatons-nous de la part des groupes qui participent au gouvernement ? Ce sont ceux qui ont déposé le plus d'amendements en séance.

Près de 800 pour les LR, 550 pour EPR. C'est déjà un premier signe inquiétant qui fait douter de la sincérité, de l'authenticité exprimée par le gouvernement sur la volonté d'aboutir à un vote. L'objectif est simple.

Le débat parlementaire est mauvais pour un gouvernement minoritaire. Il permet à la gauche d'arracher quelques mesures sociales et fiscales aux grands dames des macronistes. En savotant les négociations, le gouvernement les délégitime et évite les concessions.

Résultat sans surprise, un texte final contradictoire et impossible à adopter. Résultat du scrutin votant9 exprimé 405 majorité 203 pour 1 contre 404. L'Assemblée nationale n'a pas adopté 404 à 1.

Le gouvernement est parvenu à ses fins. Le projet de loi n'est pas adopté. Ça peut sembler banal mais ça ne l'est pas.

Les lois de finances sont largement contrôlées par le gouvernement qui dispose de nombreux outils pour maîtriser la procédure. Rejet d'amendement, vote bloqués, contraintes diverses. Dans cette mécanique, le Sénat joue aussi un rôle clé puisqu'il peut entièrement réécrire le texte.

Une hausse de 6 milliards d'euros des recettes en plus pour les Faut toujours de de quoi on parle. C'était une disposition de Michel Barnier de l'année dernière hein. C'était 8 milliards.

C'est ce qu'on avait hein de de contribution exceptionnelle. Et d'ailleurs ce qui était prévu c'est que cette contribution exceptionnelle soit sur cette deuxème année par moitié. Donc 4 milliards.

Donc en fait on gagne rien. Je veux dire, on est juste sur la situation de l'année dernière. Donc oui, évidemment que c'est un minimum.

Évidemment et que c'est vrai que c'est au Sénat d'ailleurs avec la majorité LR qui a supprimé justement cette disposition. C'est exactement ce qui s'est produit. Le texte du Sénat devient alors central.

Il sert souvent de base aux négociations en commission mixte paritaire, d'autant plus que l'Assemblée n'a jamais adopté de version et que les macronistes s'en sont assurés. Là, les 5,4 % dont vous parlez que Merci évoque. C'est là où on est le budget sorti du Sénat parce que le Sénat comme il a fait des cadeaux fiscaux encore au plus riches en plus et ben il a réussi à augmenter les déficit.

Mais alors à quoi bon tout ça ? Pourquoi les macronistes ne font-ils pas simplement adopter un PLF ? Le problème c'est que la configuration parlementaire ne leur permet pas.

Ils sont donc obligés de ruser. Monsieur le ministre, vous êtes un petit malin. Si le gouvernement estime qu'il n'obtiendra pas ce qu'il veut du parlement, la meilleure option est de laisser le texte pourrir puis de l'achever lui-même.

Il n'a aucun intérêt à accélérer. Bien au contraire. Comme le Parlement doit voter, le gouvernement peut ensuite accuser les députés de ne pas travailler alors même qu'il contrôle l'essentiel de la procédure.

Et ça a marché. Compte tenu de l'urgence. La France n'a toujours pas de budget voté en en bonne et du forme.

Est-ce que les députés vont être responsables et vont accepter de faire des compromis pour trouver un accord sur ce budget ? Et bien merci madame. Aucune mise en cause de la responsabilité gouvernementale dans tout ça.

Tout est mis sur le dos des députés. La Russe fonctionne et a été reprise en cœur dans les médias. On s'en souvient.

Le cornu avait annoncé renoncé au 493 pour éviter une première censure socialiste, la plus dangereuse car la plus susceptible d'être adoptée. Sans cette promesse, il y a de fortes chances qu'il ne serait plus premier ministre. Aujourd'hui, j'ai démissionné parce qu'un certain nombre de conditions n'était plus rempli.

Pas retourner, enfin je peux pas dire que je cours après le job. Bon donc pas retourner dans quelque chose dans lequel les conditions n'auraient pas changé. Toute la conversation qu'on vient d'avoir.

Moi je je vous l'ai dit, je suis un moins de soldat. Ce soir, ma mission est terminée. Ça a bien vieilli ces extraits, hein.

En vous écoutant, j'ai quand même davantage l'impression d'être dans un moment plus partisan, plus politicien que sur le fond. Hm. Encore mieux, le moine soldat à la mission terminée est bien loin, dit donc toujours en forme pour distribuer des bastos un peu foireuses à la représentation nationale surtout quand il s'agit de débattre de motion de censure.

Et en l'espèce le mercredi 14 janvier 2026, deux motions visaient le cornu notamment à propos du traité de libre échange avec le mercossur. Majorité requise pour l'adoption de la motion de censure sur la majorité absolue des membres composant l'assemblée 288 pour l'adoption 142. La majorité requise n'étant pas atteinte. sa motion de censure n'est pas adoptée.

Oui. Bon, il y avait pas beaucoup de suspense hein. Le Cornu avait déjà obtenu une première non censure du PS puis sa participation au budget de la sécurité sociale.

Non censuré, il a pu continuer. Pour obtenir un budget, il fallait que la première version du PLF soit rejetée ou non adoptée. Ce rejet permet de retourner encore le rapport de force et d'exiger des accords.

Si vous n'avez pas d'accord politique, si vous n'avez pas stabilisé au fond euh le contenu des politiques que vous soutenez, des économies que vous allez faire, la manière dont vous allez réduire le déficit, de euh l'équilibre euh fiscal, mais vous pouvezir tous les articles de la Constitution. Si à la fin ce qui se passe et vous avez toujours pas de budget et qu'en plus vous avez un gouvernement qui tombe, je ne vois pas très bien en quoi ça aide le pays. Évidemment, on se demande bien ce que le gouvernement a proposé de concret, de tangible, de sérieux pour aider le pays.

Rien. Oh, quelle surprise ! Et c'est bien le cœur du problème.

Seul le gouvernement peut fabriquer un véritable accord puisque les concessions nécessaires impliquent d'augmenter les dépenses publiques, notamment pour la protection sociale. Or, il n'en a jamais été question. Pour bien comprendre, en première lecture, le texte avait tellement été rejeté qu'il y a pas eu une voix pour.

C'est exactement ce qui s'est passé hier. Bon et contrairement à la première lecture, on avait eu dans le cours du débat, si vous voulez, euh des amendements qui avaient été votés pour taxer euh les plus hauts euh patrimoines, pour pour taxer les plus grandes les les profits des plus grandes entreprises pour à la fois abaisser un peu les la baisse des dépenses, les coûtes budgétaires prévues par le gouvernement. Là, quasiment rien de tout ça.

Ah oui, c'est vrai que ça sent le roussi, hein. Ce qui se passe aujourd'hui, on va on parler mais ce qui sort de la commission qui s'est achevé hier, la commission des finance, c'est que euh il y a pas matière aujourd'hui à même d'infime concession. C'est-à-dire tout ce que Parti socialiste a mis par exemple comme Lig Rouge cette semaine, tout ça a été battu.

Tout est clair. Les macronistes ne veulent pas négocier, ils ne veulent rien céder et cherchent à tuer le PLF. La meilleure méthode consiste à neutraliser toutes les concessions possibles.

La dernière étape a donc été de démanteler le PLF afin d'empêcher que les gains obtenus par la gauche en commission soient adoptés en séance. L'option d'un accord avec le PS a manifestement été abandonnée. Là, cette fois-ci, j'ai cru comprendre, j'ai vu que Boris Vallot mettait des points qu'il appelle des lignes rouges chez certains de vos confrères.

Et bien, j'observe que c'est lignes rouges, que ce soit en texte de taxation des haut-patrimoines, que ce soit en euh coupe budgétaire vis-à-vis des APL, vis-à-vis des revenus d'activité, tout ça a été battu. Donc je je dis que pour l'instant, je ne vois même pas matière à ce qui pourrait justifier la concession que nous ne ferions pas parce qu'on pense qu'on serait loin du compte mais que les socialistes pourraient faire. Cette stratégie s'est poursuivie récemment à propos de la règle de l'entonoir.

La discussion budgétaire est contrainte. Il est en effet impossible de revenir sur ce qui a déjà été adopté. J'avais considéré la règle lentonoire de manière assez souple pour permettre des dérogations m'appuyant sur une décision du Conseil constitutionnel qui estimait que quand au cours d'un débat budgétaire vous aviez un équilibre financier qui était rompu par des éléments qui n'étaient pas prévus dans le dans le texte au départ là en l'occurrence c'est les 6,6 milliards imputés sur le budget de l'État par le PLFSS on pouvait accepter de remettre des règles fiscales nouvelles qui ne dépassaient pas la hauteur entre guillemets de ce qui était imputé à l'État en commiss mission.

Le jugement de la recevabilité relève du président. En séance, c'est la présidente de l'Assemblée qui a repris la main. C'est comme ça qu'en commission on avait pu ouvrir la discussion.

C'est quand même important parce que on l'avait ouvert par exemple sur l'amendement socialiste d'un impôt sur les fortunes improductives un peu plus musclé qu'en première lecture et je regrette que la présidente de l'assemblée ne m'est pas suivi dans cette recevabilité et déclaré pour la séance irrecevable les amendements que j'avais déclaré recevables. Il me semble que c'était solide et que ça va à l'encontre de l'initiative parlementaire. Je je le regrette vivement.

C'est crucial pour comprendre la logique à l'œuvre. Le léger allalourdissement du budget de la SQ était central dans le deal sur le PLFSS. Aujourd'hui, les macronistes compensent cette somme sans augmenter les impôts en coupant d'autant plus dans le budget de l'État.

Les concessions accordées au PS sur la SQ sont donc financées par des coupes ailleurs. C'est ce qu'on vous disait déjà il y a quelques mois de cela. L'argent pour financer ce décalage, ne vous inquiétez pas, les macronistes sauront trouvés.

Dans l'opération, les macronistes n'auront rien perdu. Ils pourront même justifier de faire encore plus de coupes pour financer tout ça. La décision de Yel Brun Piv est essentielle en déclarant irrecevable les amendements de la gauche.

Elle empêche les parlementaires de faire la seule chose qu'ils peuvent faire seul sur le budget augmenter les recettes. Le résultat est mécanique. Sans ces amendements, l'unique option restante est la coupe budgétaire.

Autrement dit, le PS aura permis au Macronistes de justifier les restrictions de dépenses. Une fois la première mouture abandonnée et toute possibilité de progrès économique et social neutralisé, il ne reste plus qu'une dernière phase, la victoire par asphyxie via le vote de la loi spéciale. La loi spéciale, il faut le savoir, n'a pas de règle en matière de dépenses. qui est inscrit dans les textes, c'est que on peut dépenser ce qui est important, fondamental pour l'État.

Donc, il y a pas de règle précises. Et l'an dernier, le gouvernement avait choisi d'avoir le la vision la plus drastique possible de la loi spéciale pour faire pression en disant on va pas payer les associations, on va pas payer les emplois aidés et cetera. Donc je demande au gouvernement aujourd'hui de ne pas s'engager dans cette voie qui serait effectivement non seulement problématique pour les Français mais problématique aussi pour l'économie.

Toutes les étapes précédentes visaient précisément à placer les oppositions et le débat public dans la situation actuelle. Mais Éricel, ce qui a aussi changé, c'est que nous sommes le 11 janvier, c'est que nous sommes en loi spéciale et donc les marges de manœuvre pour les députés, elles se sont réduites. On peut pas parce que l'année a commencé réintroduire tout ce qui est pénalisé les contribuables, donc notamment les rabots sur les niches fiscales, la réforme de l'appartement de 10 % sur les retraités et cetera.

On peut pas le réintroduire en cours d'année. Il y a aussi cette fameuse disposition dit de l'entonoir. On peut pas ajouter des des des mesures qui n'ont rien à voir avec ce qui avait été débattu avant parce que nous sommes en deuxème lecture à l'Assemblée.

Et voilà le résultat, un sentiment d'impuissance, de résignation. L'idée qu'il n'y aurait plus rien à faire sinon capituler pour éviter le pire. Parfois la politique c'est aussi éviter le pire.

Comment ? Parfois la politique c'est aussi éviter le pire et pas seulement rechercher le meilleur. Oui mais le pire c'est ce qu'on nous présente.

Le pire c'est la politique qui sévit depuis 2017. Le dispositif médiatique et politique est limpide. Contrôler l'espace en contrôlant la perception de l'urgence.

Alors, comment le gouvernement met-t-il la pression sans se mouiller ? C'est un peu ça avec une interprétation de la loi spéciale un peu spéciale pour que on tienne pas quelques mois et que le gouvernement mette une espèce de pression en disant vous voyez bien, on ne peut pas faire, on peut pas payer ma prime rénuve, on peut pas fournir des munition pas faire les aides aux agriculteurs par exemple. On peut pas.

Ben tout ça il faut. Tout ça est faux parce que vous pouvez très bien appliquer une loi spéciale qui duplique les budgets et non pas qu'il y a une version minimaliste. Le gouvernement a fait une version minimaliste de la loi spéciale.

Il y a aucun texte qui était de sur quelques articles. On peut on pourrait faire une loi plus importante que ça bien sûr, on pourrait faire une loi spéciale qui permet d'utiliser tous les crédits votés en 2025. Concrètement, le gouvernement ne dépense qu'une fraction de ce qu'il pourrait engager chaque mois comme si les budgets étaient divisés par 10 ou 20.

Les conséquences sont immédiates. Il s'agit d'étouffer financièrement l'action publique pour faire monter la pression politique. À l'approche des municipales sans argent public, la plupart des communes ne peuvent plus fonctionner correctement.

Faire campagne sans budget devient alors presque impossible. La loi spéciale sert avant tout à maîtriser le temps. Une fois le premier PLF rejeté, le gouvernement a intérêt à imposer une pression temporelle qui lui est favorable afin de forcer ses choix.

Il dispose aussi d'un autre levier, les ordonnances. Sur le fondement de l'article 47 de la Constitution, il pourrait adopter seul le budget si le Parlement ne le vote pas à temps. Les ordonnances étaient préparé euh et euh soumise euh au Conseil d'État d'ici euh demain.

Euh information évidemment importante. Pourquoi ? Parce que ce qui se murmure, c'est que l'Élysée est pour les ordonnances.

Al, il faut bien comprendre que si ordonnance, ça veut dire que c'est la restauration du texte initial. Si c'est la restauration du texte initial, le gouvernement sait très bien qu'il sera censuré de manière automatique quasiment après ses ordonnances. C'est le passage en force total.

Et surprise surprise, c'est soutenu par l'Élysée. Lui de toute façon, pour forcer le truc, il est toujours partant hein. La majorité sortante, elle a perdu cette élection.

Vous reconnaissez la défaite ? Bien évidemment, elle est mais personne n'a gagné. Mais les ordonnances ne régleraient pas l'incertitude budgétaire.

Leurs conditions de déclenchement reste discuté et serait contrôlé par le Conseil d'État. Surtout, elles exposeraient le gouvernement à une censure quasi certaine que le cornu cherche à éviter. Dernière outil sortie de la Besace avec l'appui présidentiel, la menace de dissolution.

Matignon a demandé à Bovau de plancher sur des législatives anticipées en même temps que les municipales. J'observe qu'au sein de l'exécutif, chacun essaie de se dédouiner et de faire porter à d'autres le poids des responsabilités. l'Élysée sur le gouvernement le menaçant aujourd'hui d'ordonnance qui conduirait automatiquement à sa censure.

Le gouvernement sur l'assemblée et des oppositions officielles ou non avec un chantage à la loi spéciale ou des menaces de dissolution. Cette dissolution, même s'il peut y croire réellement pourrait clarifier la situation. Écoutez, moi je pourrais l'espérer en tout cas parce que je pense que le retour aux urnes, alors vous savez que nous c'est les présidentielles que nous souhaitons plus que législative mais on prendra ce qui viendra.

Euh ça serait une manière de de résoudre la passe dans laquelle nous sommes euh depuis juillet 2024, c'est-à-dire un président de la République qui maintient un gouvernement minoritaire, qui essaie de passer en force, qui essaie d'en tout cas de passer des textes minoritaires budgétaires et ça ne marche pas. Mais cette dissolution ne semble pas sérieusement envisagée par l'exécutif. Elle sert surtout à maintenir la pression sur les partis qui coopèrent tant bien que mal avec les macronistes.

Maintenant, si vous me demandez à mon avis quelle est la préoccupation que le Cordu, je ne pense pas qu'il souhaite une dissolution, mais on voit bien qu'il met une pression. Il a il met une pression notamment vis-à-vis à la fois du groupe socialiste et des LR, c'est-à-dire ceux qui, j'allais dire presque de manière symétrique pourraient ne pas voter le texte, ça c'est quasiment sûr. Je pense pas que le le texte budgétaire passera par le vote, mais qui pourrait censurer le gouvernement selon ce qu'il y a dans le texte.

C'est pour s'assurer de la servilité DLR et du PS. Malheureusement pour le gouvernement, l'annonce n'a pas été bien reçue par ses soutiens. Les députés du bloc central s'y oppose non seulement à son usage, mais même à son évocation.

Ils tiennent à leur siège et comprennent surtout que la situation médiatique n'est peut-être pas aussi favorable au gouvernement qu'il le pensaiit. Mais malgré tout, ça commence à fonctionner. Les socialistes se disent ouverts à une non censure.

On n pas de position de principe sur le 493. On a une position de principe sur le budget. que s'il y a un 49 et qu'on le vote pas, faut qu'il y ait comme il y a eu la dernière fois une forme de pacte de non censure mais qui inclut des avancées significatifs.

C'est exactement à ça que tout le cirque précédent a servi, contraindre le PS et obtenir cette non censure. Comme le 493 était exclu au départ seulement, il a fallu huiler cet attelage infernal pour permettre de le réintroduire. Au passage, les macronistes ont supprimé l'essentiel de micro concession déjà accordées au PS pour les lui resservir ensuite comme si elles étaient neuves en échange cette fois d'un 493.

En réalité euh il y a moins de matière pour une des concessions et peut-être aussi que le gouvernement et le socle commun ont récusé euh ce genre de choses qui paraissait acquise, j'allais dire après la première lecture pour finalement que ça devienne des concessions pour un 493. Autrement dit qu'on revende dans un 493, ce qui théoriquement avait déjà été acquis en première lecture, ce qui fait que ça coûte pas grand-chose. On ne se fait pas trop d'illusion.

La combine a fonctionné. Il y a de très fortes chances que le corps nu fasse des ordonnances ou un 493 sur demande des forces responsables. Le monde tourne vite.

Nous n'avons pas le temps de tergiverser. Dans ce contexte, monsieur le Premier ministre, nous vous demandons sans délai de pouvoir déclencher l'article 493 de la Constitution pour doter le pays enf d'un budget et les socialistes, on le sait déjà, se préparent à ne pas censurer. Dans tout ça, le RN mène la vie belle.

Il se pose en défenseur des petits gens, continue à faire oublier le scandal politico-financier de ses dirigeants et vote beaucoup avec les macronistes dans le cours du débat notamment parce que le Rassemblement national a voté beaucoup de coupes budgétaires ou de dépenses fiscales en plus avec le gouvernement des exonérations, des crédits d'impôts en faveur des plus privilégiés, enfin avec les forces qui se réfèrent au gouvernement. Prenons un peu de recul. Les fachot votent avec les capitalistes traditionnels.

Un président consumé par Lubris, affaibli par ses échecs électoraux successifs, poursuit le démantellement des derniers mécanismes démocratiques jusqu'à menacer de dissolutions en même temps que les municipales. Alors vous direz peut-être "Non mais ils exagèrent, il va pas dissoudre quand même." Pourtant l'histoire récente l'a montré, des présidents fragilisés et frustrés peuvent commettre des actes très graves.

Et Macron a déjà prouvé qu'il n'hésitait pas à faire n'importe quoi. Je diss donc ce soir l'Assemblée nationale. Les gardes fous démocratiques tombent.

La pratique présidentielle et gouvernementale devient plus abusive que jamais. Tout est mis en place pour préparer un exercice autoritaire du pouvoir. Les parlementaires sont la cible constante de l'exécutif.

Le gouvernement voudrait bien des compromis. Mais vous pouvez brandir tous les articles de la Constitution. Si à la fin ce qui se passe et vous avez toujours pas de budget et qu'en plus vous avez un gouvernement qui tombe, je ne vois pas très bien en quoi ça aide le pays.

Mais vous comprenez, c'est les parlementaires avec leur mentalité politicienne qui veulent pas. En vous écoutant, j'ai quand même davantage l'impression d'être dans un moment plus partisan, plus politicien que sur le fond. Politiquement, les institutions démocratiques ont été méthodiquement démantelées et l'atmosphère tourne de plus en plus au vinaigre.

L'islamophobie et xénophobie s'assument à visage découvert, aux heures de grande écoute, comme on vous l'a montré dans dissolution mais aussi sur Blast en général, cette atmosphère de légitimation de la violence religieuse et raciale est extrêmement inquiétante. Il faut donc regarder de ce côté-là aussi. Imaginez un instant que Macron dissolve et que le RN arrive au pouvoir.

Nos pratiques politiques actuelles y sont parfaitement compatibles et la gauche tire la sonnette d'alarme. J'ai des lycéennes qui viennent me voir et qui me disent "Je comprends pas, j'ai ma copine à moi, elle elle porte la même robe que moi, mais parce que moi je suis maghrébine, on va dire que c'est un abaya." Dans la vie de ces jeunes femmes, elles appellent ça l'islamophobie et elles ont le droit d'appeler ça l'islamophobie.

L'interdiction du voile dans le sport, pardon. Mais en fait, les femmes, elles portent absolument ce qu'elles veulent. Quand vous avez des vieux monsieurs qui en Iran viennent expliquer aux femmes que elles sont obligées de porter le voile et que je vois aujourd'hui en France des vieux monsieurs expliquer aux femmes queelles ne devraient pas porter le voile, moi je pense que le problème c'est les vieux monsieurs un peu pervers qui viennent expliquer aux femmes comment est-ce qu'elles doivent s'habiller.

Gouvernement après gouvernement, le terme dentrisme islamiste s'impose dans le débat public comme une arme politique. Martelé à l'infini, sans définition juridique, aucun cadre clair, sans fondement sérieux. Il ne sert qu'à une chose, criminaliser l'islam et entretenir volontairement, et on le voit ce soir, une confusion entre islam, islamisme et terrorisme.

Monsieur le ministre, quand quotidiennement vous avez ça, vous allumez la télé, vous avez ça, vous ouvrez les journaux, vous avez ça, vous écoutez l'assemblée, vous avez ça, que vous prenez les lois sur la baya, les trucs sur le sport et encore la nouvelle loi. Oui, c'est ressenti comme ça. Et quand nous on prend la parole pour dire que c'est trop, bah d'une certaine manière, on parle au nom de la République.

Face à cette atmosphère, les macronistes ferment les yeux et persistent dans leur amalgame autour de l'islamisme politique. Moi, je vous parle de l'islamisme politique, c'est-à-dire de ceux qui veulent ériger un projet de société qui est un projet religieux qui est antinomique avec les valeurs de la République et la scène médiatique aussi. Manifestement, les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs, vous voyez ?

Et c'est Non, mais c'est important de le dire parce que c'est pas facile pour les policiers. Euh voilà, ils sont obligés de de s'interposer en plus avec des gens de qui partagent parfois même les convictions ou euh lesiges. Les origines, oui, puis même les convictions, les valeurs.

Et ils font leur job les policiers et croyez-moi, c'est pas facile pour eux. Et c'est ça qu'il faut dire parce qu'il y a de la violence. Alors, cet extrait a pas mal tourné sur les réseaux sociaux.

Entendre un chroniqueur très à droite regretter que la police frappe des blancs a suscité une indignation salutaire. Le sout-texte est clair. La police serait faite pour frapper les noms blancs.

Première essentialisation, première légitimation de la violence raciale. Mais un second élément plus grave encore est passé inaperçu. En plus avec des gens de qui partagent parfois même les convictions ou euh les origines.

Les origines. Oui. Puis même les convictions, les valeurs.

Le glissement des origines vers les valeurs paraît anodin, presque républicain. En réalité, il est révélateur. Ses valeurs sont présentées comme blanches parce qu'elles défendraient les intérêts des blancs. superposé à l'usage de la violence policière, elle dessine un tableau glaçant.

La mission naturelle de la police serait d'imposer des valeurs raciales sur le territoire. Le passage par les valeurs matérialise ainsi l'équivalence entre politique et racialisme. Alors, tout ça, ça peut paraître assez banal.

Ce sont des discours largement admis sur le spectre médiatique, mais l'international réactionnaire est en marche et elle modèle notre paysage politique et médiatique par petite touche, petit renoncement, petite conquête à l'apparence si modeste et le résultat est sans appel. Là, on doit encore parler d'islam, des musulmans, d'islam des musulmans. C'estàd que on a l'impression que si jamais on parle pas de ces sujets, vous vous arrêtez de respirer ou vous perdez toute votre énergie comme dirait l'autre.

Donc, monsieur le ministre, il y a une obsession politique actuellement sur ces questions. C'est matin, midi et soir. On parle d'islam, des musulmans, de savoir si les musulmans sont islamistes, si les islamistes sont des terroristes, si les terroristes sont des vrais musulmans, si les musulmans condamnent les terroristes.

À force de coller à l'actualité immédiate, on risque de perdre de vue le paysage d'ensemble. Or, les glissements qu'on analyse depuis plus d'un an dessinent un tableau médiético-politique sombre. La séquence budgétaire doit donc être relue à l'ône de cette ambiance générale.

En validant ses renoncements parlementaires, les macronistes installent une pratique du pouvoir non démocratique prête à être reprise et amplifiée par l'extrême droite pour pousser plus loin encore ses obsessions sécuritaires et xénophobes. Si le RN arrive au pouvoir, ces violences s'institutionnaliseront encore plus. Dans son ouvrage peu connu pour une critique de la violence, le philosophe allemand Walter Benjamin a montré comment la violence policière est particulièrement dangereuse et ignoble.

Pour Benjamin, la violence policière est ignoble parce qu'elle est fondatrice. Elle imprime sans cesse la marque de ses décisions sur le corps social. Contrôle au facièes, arrestation abusive, violence physique, insultes racistes.

Toutes ces décisions prises au nom et pour le compte de l'État marquent dans la société un ordre idéologique sans cesse renouvelé par la violence. Elle est aussi ignoble parce qu'elle est conservatrice. Elle expose les objectifs vitaux que la classe dominante ne parvient pas à faire réaliser sans la violence.

Elle marque par les objectifs répressifs qui lui sont attribués les phénomènes sociaux que le pouvoir veut faire disparaître. Quand l'extrême droite arrive au pouvoir, elle faschise définitivement la police en légitimant, validant et protégeant un exercice toujours plus débridé de la violence au nom de l'ordre. La première rétablir l'ordre, la deuxième rétablir l'ordre, la troisème rétablir l'ordre.

Mais l'inverse est aussi vrai. Par sa violence socialisée, la police faschise encore plus l'extrême droite. Elle pousse le pouvoir à la couvrir et le pouvoir encourage la police à le protéger.

Une police fascisée fascise un pouvoir fasciste fascisant une police fasciste. Une dans la gueule les mecs j'espère bien un vrai kiffe. J'attends dizain de gendarmerie pour vivre ça et croyez-moi, c'est pas facile pour eux.

Voilà pour cette fois. On se retrouve très bientôt pour commenter l'actualité politique et parlementaire. N'oubliez pas de liker, commenter, partager pour diffuser une information libre, indépendante et accessible à tous.

Et en attendant la prochaine fois, on vous laisse avec cette citation inspirante. La violence policière est sans contour précis comme sa manifestation n'est nulle part saisissable dans la vie des États civilisés tant elle apparaît diffuse et spectrale. Son esprit est moins dévastateur dans la monarchie absolue où elle représente la violence d'un souverain qui réunit en lui l'omnipotence législative et exécutive que dans les démocraties où son existence soutenue par aucune relation de ce type de la plus grande dégénérescence possible de la violence.

La leçon que j'en tire, c'est un l'ordre. L'ordre, l'ordre. [Musique]