Sébastien Huyghe, le tombeur de Martine Aubry
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
Vous êtes apparu sur le devant de la scène politique le 16 juin 2002 en battant Martine Aubry.
- 1:19FerméeRéponse directe
Vous avez été totalement pris de court par cette victoire ?
- 1:50FerméeRéponse directe
Vous n'aviez pas du tout anticipé ce qui allait se passer pour vous ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Comment le jeune clair de notaire a vécu ce changement radical ?
- 3:08OuverteRéponse directe
C'est votre affiche de 'petit gars du coin' qui a fait la différence ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre votre carte politique à 16 ans ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueChiffre
« Il y avait une chance sur 100 de l'emporter face à Martine Aubry, qui était un monstre politique, dans une circonscription qui votait à plus de 60% à gauche traditionnellement depuis toujours. »
- 1:54Invité politiqueFait
« C'est l'ironie de l'histoire, c'est que c'est grâce aux 35 heures de Martine Aubry que j'ai pu prendre des RTT pour faire campagne contre elle. »
- 3:10Invité politiqueFait
« Le slogan est positif, mais en creux, c'était quand même une critique de Martine Aubry parce que tout ce que j'étais, elle n'était pas. »
- 4:45Invité politiqueFait
« Du côté de Martine Aubry, oui. Avec tous les leviers d'une grande ville. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Elle avait aussi, je pense, une taupe dans mon équipe qui disait où j'allais aller. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Oui, je pense qu'il y avait quelqu'un qui... »
- 5:37Invité politiqueFait
« C'est clair qu'il y avait aussi certains élus qui auraient voulu être à ma place candidats face à Martine Aubry. »
- 6:32Invité politiqueFait
« Moi, j'étais pour qu'il y ait une coalition avec Emmanuel Macron et que, dès le premier temps... »
- 6:54Invité politiqueFait
« Et ça avait fuité dans la presse. »
- 7:02Invité politiqueFait
« Et quand j'ai annoncé ma candidature au local, on m'a étiqueté Macron compatible. »
- 9:10Invité politiqueFait
« Non, moi, je pense toujours que l'extrême droite et l'extrême gauche, parce que la FI, c'est l'extrême gauche, je suis désolé, communautariste, antisémite. »
- 10:02Invité politiqueFait
« C'est-à-dire qu'en 2002, il y avait un vrai respect des parlementaires les uns vis-à-vis des autres. »
- 10:18Invité politiqueFait
« Ce qui a fait beaucoup de mal au Parlement et à l'Assemblée en particulier, c'est l'interdiction du cumul des mandats. »
- 11:36Invité politiqueFait
« C'est vrai que ce n'est pas ma nature de me pousser en avant. »
- 12:53Invité politiqueFait
« La première valeur, c'est servir. Et donc, je suis au service de mes concitoyens. »
Temps de parole
- Sébastien Huyghe57 %
- Présentateur34 %
- Invité7 %
≈ 7,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La vie politique, ce sont parfois les montagnes russes. Mon invité a connu des hauts et des bas, des victoires surprises et de lourdes défaites. Il est aujourd'hui un des députés les plus expérimentés de l'Assemblée. Il est apparenté au groupe Ensemble pour la République. Bonjour Sébastien Huig. Bonjour. Alors vous êtes apparu sur le devant de la scène politique le 16 juin 2002. Ce jour-là, vous avez créé la surprise en battant Martine Aubry aux élections législatives. On va revoir cela en images.
Quant aux adversaires de Martine Aubry, ils célèbrent à leur façon la défaite de l'ancien ministre. Leur poulain vient de gagner tout jeune, 32 ans à peine, inconnu en politique. Il y a quelques semaines encore, personne n'aurait misé sur sa victoire. Hier, il n'était encore qu'un simple clair de notaire. Ce matin, un peu grogui, Sébastien Huig savoure sa toute nouvelle notoriété.
Je réalise que j'ai été élu député, mais on va voir ce que ça signifie dans les jours à venir. En tout cas, je ferai de mon mieux encore une fois pour remplir la mission qui m'a été confiée hier.
Alors vous dites, j'ai été élu député, mais bon, on va voir ce que ça signifie dans les jours à venir. C'est-à-dire que vous avez été totalement pris de court, vous n'étiez pas du tout préparé à cette victoire ?
C'est-à-dire qu'en fait, il y avait une chance sur 100 de l'emporter face à Martine Aubry, qui était un monstre politique, dans une circonscription qui votait à plus de 60% à gauche traditionnellement depuis toujours. J'avais dit à mes militants, il n'y a qu'une chance, mais on va la tenter et on va essayer de mettre le pied dans la porte. C'est ce qui s'est produit.
Et d'ailleurs, au point que vous aviez prévu de retourner à votre travail le surlendemain de l'élection, vous n'aviez pas du tout anticipé ce qui allait se passer pour vous ?
Bien sûr, j'avais pris mes congés et mes RTT. C'est l'ironie de l'histoire, c'est que c'est grâce aux 35 heures de Martine Aubry que j'ai pu prendre des RTT pour faire campagne contre elle. Et donc, c'est comme ça que...
Tout a commencé pour vous. Du jour au lendemain, vous êtes retrouvé un peu à la une de tous les médias, pas les médias régionaux, les médias nationaux. Plusieurs ministres vous ont appelé pour vous féliciter. Là, on voit tous les articles de presse qui vous ont été consacrés comme le tombeur de Martine Aubry. Je crois que vous vous êtes même retrouvé rapidement invité par Jacques Chirac à l'Elysée. Comment le jeune clair de notaire que vous étiez a vécu ce changement d'univers radical et soudain ?
Je l'ai pris avec beaucoup de sérénité. J'espère ne pas avoir attrapé la grosse tête. Mais ce ne sont pas les échos que j'ai eus des gens qui me connaissaient depuis longtemps.
Mais tous ces médias qui vous appellent, les caméras qui vous attendent quand vous sortez de voiture pour arriver au siège de votre parti, tout ça, vous l'avez bien vécu ?
Oui, je me suis dit que ça fait partie du jeu. Et maintenant, il va falloir attention de ne pas dire de bêtises. C'est surtout ça.
Vous aviez fait votre campagne face à Martine Aubry en vous présentant comme le petit gars du coin. On voit là votre affiche, un homme neuf de chez nous, proche de nous. C'est ça qui a fait la différence pendant cette campagne ?
Oui, j'ai un slogan que j'ai inventé parce que je m'étais dit qu'il faut faire du positif. Le slogan est positif, mais en creux, c'était quand même une critique de Martine Aubry parce que tout ce que j'étais, elle n'était pas.
Alors, on a évoqué cette victoire surprise de 2002. Vous êtes engagé dès l'âge de 16 ans. Alors, c'était au sein du Parti Républicain. Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre votre carte aussi jeune ?
Alors, c'est une anecdote. C'est le grand frère d'un ami qui m'avait emmené à une réunion politique dans le Nord du Parti Républicain, une réunion publique. Et puis, il y avait des gens à la tribune qui se sont exprimés. Et ensuite, il y a eu un dialogue avec la salle. Et je trouvais que dans la salle, les gens qui étaient là allaient dans le sens de ce qui avait été dit à la tribune. Et moi, du haut de mes 16 ans, je n'étais pas d'accord avec ce qui avait été dit. Donc, j'ai levé mon doigt et j'ai exprimé mon avis. Je me souviens juste après un petit grand-père qui prend la parole et qui dit « moi, je suis d'accord avec ce qu'il a dit le petit jeune ».
Et d'autres l'ont suivi, nous ont suivi dans notre position. Et je me suis dit « si je n'avais pas osé prendre la parole à ce moment-là, peut-être que les autres ne l'auraient pas fait ». Et donc, ça m'a bien plu.
Et c'est comme ça que tout a commencé. Alors, votre vie politique, elle n'a pas été faite que de victoire. En 2008, vous avez été désigné tête de liste de l'UMP au municipal à Lille. Et là, ça s'est très mal passé pour vous. Martine Aubry a pris sa revanche en vous infligeant une lourde défaite. Quelle leçon est-ce que vous avez tirée de cette défaite et de cette campagne ?
Ça a été une campagne très, très dure parce que la machine lilloise s'est mise en route. Du côté de Martine Aubry, vous voulez dire ? Du côté de Martine Aubry, oui. Avec tous les leviers d'une grande ville. Elle utilisait ses services, elle utilisait tout. Elle avait aussi, je pense, une taupe dans mon équipe qui disait où j'allais aller. Et très bizarrement, 24 heures avant, elle allait à l'endroit où j'allais aller.
Quand vous évoquiez la taupe, c'est pour ça que vous avez eu cette phrase après votre défaite. Vous disiez, il n'y avait pas de programme, aucune machine de guerre et on plantait des poignards dans le dos. Vous avez été trahi par votre propre camp sur cette campagne ?
Oui, je pense qu'il y avait quelqu'un qui...
Mais au-delà de cette taupe, vous n'avez pas forcément eu tout le soutien que vous espériez de la part des responsables de la droite locale ?
C'est clair qu'il y avait aussi certains élus qui auraient voulu être à ma place candidats face à Martine Aubry. Et donc, voilà, eux aussi, on n'a pas ramené la planche que moi, on va dire.
Vous avez subi une autre défaite, alors beaucoup plus tard, c'était au législatif de 2022, battu dès le premier tour. Alors que vous aviez enchaîné comme cela 20 ans de mandat à l'Assemblée. Du jour au lendemain, donc, tout s'est arrêté pour vous. C'est quelque chose qu'on évoque assez peu, ça, le retour, comment dire, à la vie civile, quand on a connu une vie publique, après des années de vie publique, ça a été compliqué pour vous ?
C'est-à-dire que je savais à chaque fois que c'était des CDD de 5 ans. Et que, normalement, la première fois, ce n'est pas moi qui ai gagné, c'est surtout Martine Aubry qui avait perdu. Et la logique aurait voulu qu'au bout de 5 ans, je sois battu. Et à chaque fois, j'ai gagné.
Et quand ça s'arrête, alors ?
En 2022, il y a eu un petit grain de sable. C'est-à-dire que moi, j'étais pour qu'il y ait une coalition avec Emmanuel Macron et que, dès le premier temps... Vous, membre des Républicains, pour une coalition avec... Voilà, avec En Marche ou Renaissance. Et donc, je l'avais dit dans des réunions politiques à Paris, et ça avait fuité dans la presse. Et quand j'ai annoncé ma candidature au local, on m'a étiqueté Macron compatible. Et comme il y a eu un candidat macroniste au premier tour face à moi, qu'on m'avait affublé de Macron compatible, mes électeurs de droite anti-Macron, mes électeurs de gauche anti-Macron n'ont pas voté pour moi. Ce qui m'a fait chuter.
Alors, ce que vous aviez voulu faire en 2022, vous l'avez fait en 2024. C'est-à-dire que vous avez été investi par Renaissance, devenu Ensemble pour la République, tout en restant membre des Républicains. Et là, vous faites donc votre comeback. Vous êtes aujourd'hui apparenté au groupe Renaissance. Pourquoi ce changement de famille politique ?
Alors, ce n'est pas un changement. En fait, d'abord, après la défaite de 2022, j'étais en train de tourner la page de la vie politique. J'étais encore conseiller régional dans les Hauts-France. Donc, je finissais mon mandat. Et je m'orientais pour plutôt ne plus me présenter à aucune élection. J'étais installé comme notaire ici à Paris. Et donc, voilà, ce n'était plus dans mes intentions, on va dire, de me représenter. Mais il ne faut jamais dire Fontaine. Et quand il y a eu la dissolution et que l'extrême droite était aux portes du pouvoir, je ne pouvais pas rester les bras croisés.
Et j'ai d'ailleurs quelques-uns de mes amis qui m'ont appelé pour me dire, Sébastien, sur une campagne de quatre semaines, il n'y a pas le temps pour trouver un candidat et le faire connaître. Donc, c'est toi qui as le plus de chances pour battre le RN sortant.
Et c'est comme ça que vous êtes revenu sur le devant de la scène ?
J'y suis retourné. Il y avait une condition. Alors, j'avais l'extrême droite et l'extrême gauche. Je savais que pour le nouveau Front populaire, ce serait la même candidate que la FI.
Et la France insoumise.
Et qu'en face, j'avais le candidat d'extrême droite sortant. Et donc, pour avoir une chance de gagner, il fallait que je sois le seul candidat de l'arc républicain.
En quelques mots, juste, vous avez bénéficié du Front républicain en 2024, avec le désistement de votre adversaire. Vous aviez refusé de le faire en 2022, alors qu'elle était confrontée au Rassemblement national. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez changé d'avis là-dessus ?
Non, moi, je pense toujours que l'extrême droite et l'extrême gauche, parce que la FI, c'est l'extrême gauche, je suis désolé, communautariste, antisémite. Donc, l'extrême droite et l'extrême gauche, pour moi, c'est équivalent. Et donc, il n'y en a pas un meilleur que l'autre. Donc, j'avais dit que je ne voulais pas choisir entre la peste et le choléra. Et donc, vous n'avez pas changé d'avis là-dessus ? Je n'ai rien demandé pour le deuxième tour. Ils ont pris leurs responsabilités. Moi, j'ai pris les miennes. Et moi, ce qui était important, c'était de battre l'extrême droite et de l'empêcher d'accéder au pouvoir.
Vous êtes aujourd'hui un des députés les plus expérimentés de cette Assemblée. Est-ce que la vie parlementaire a beaucoup changé depuis votre premier mandat en 2002 ?
Oui, ça a beaucoup changé.
En mieux ? En moins bien ?
Non, je pense que ça s'est dégradé. C'est-à-dire qu'en 2002, il y avait un vrai respect des parlementaires les uns vis-à-vis des autres. Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'un certain nombre de parlementaires ont du mal à avoir une tenue qui soit digne de la fonction. Ce qui a fait beaucoup de mal au Parlement et à l'Assemblée en particulier, c'est l'interdiction du cumul des mandats. Et un certain nombre de ténors de l'Assemblée ont préféré rester maire de leur commune, président de leur conseil régional ou départemental, plutôt que d'être parlementaires. Et on a perdu en richesse, à la fois d'expérience, mais aussi de stature d'un certain nombre de politiques dans l'hémicycle.
Donc ça, je le regrette fortement.
Vous avez été très présent dans les médias à une époque, notamment en 2012. Vous avez été porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle. Vous êtes ensuite devenu porte-parole de l'UMP. Et depuis, vous êtes beaucoup plus discret dans les médias. Pourquoi ? Il y a une raison à ça ?
C'est difficile à dire. Je sais bien que dans le job d'élu, il y a faire et il y a faire savoir.
Vous n'avez pas toujours été très à l'aise avec le faire savoir. Vous aviez expliqué en 2008 que s'il fallait monter sur les tables pour haranguer la foule, vous le feriez, même si ce n'était pas trop votre truc. Mais vous étiez prêt à aller un peu contre votre nature. C'est ce qu'on comprenait dans votre phrase.
Oui, vous êtes bien informé. C'est vrai que ce n'est pas ma nature de me pousser en avant. Mais comme en politique, c'est ce qu'il faut faire, je prends le taureau par les cornes pour y aller. Mais c'est vrai que je n'ai pas un naturel à me mettre en avant de prime abord.
Allez, on va passer à notre quiz puisqu'on arrive à la fin de cette émission. Vous allez donc devoir compléter à votre guise les phrases que je vais vous proposer. Si Xavier Bertrand se présente en 2027...
Il serait un excellent candidat. Il pourrait l'emporter.
Vous avez été assez proche de lui à un moment quand même.
C'est ce que je viens de dire.
Oui, mais vous le soutiendrez ? Bien sûr. Ah, d'accord. Dans un couple, quand on fait tous les deux de la politique, il faut, parce que c'est votre cas...
Il faut bien s'entendre. La politique, ce n'est pas la vie privée, mais il se trouve que j'ai une chance formidable. On est toujours en phase politiquement avec Valérie. Valérie Debord, qui est elle-même ancienne députée, et aujourd'hui... On s'est connue sur les bancs de l'Assemblée, et aujourd'hui elle est première vice-présidente de la région Grand Est.
Enfin, grâce au scoutisme, je...
Je suis imprégné des valeurs du scoutisme. Mais en politique, ça vous apporte quelque chose ? La première valeur, c'est servir. Et donc, je suis au service de mes concitoyens. Et donc, c'est vraiment les valeurs du scoutisme qui m'ont porté à la politique.
Merci beaucoup Sébastien Huig d'être venu dans La Politique et moi.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Sébastien Huyghe