Macron : le désenchantement de Jean Pisani-Ferry - reportage #cdanslair 07.10.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:00OuverteÉludée
Question.
- 6:20OuverteRéponse directe
Pourquoi pas? Même après une dissolution, il va falloir essayer de se dire qu'on ne fera plus de politique.
- 7:30RelanceRéponse directe
On pourrait se demander si ce n'est pas le projet ultime du macronisme.
- 8:40OuverteRéponse directe
Et c'est dangereux. On viderait le politique de son sens.
- 9:40ComplaisanteRéponse directe
Ce qu'ils disent sondage après sondage.
- 10:20OuverteRéponse directe
Et il faut trouver la personne idoine pour un poste technique.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30J.Pisani-FerryFait
« Je suis en colère. J'avais cru que le macronisme allait repousser les extrêmes, allait recréer un espace non pas de consensus mais de débat, de construction, de compromis entre des gens qui venaient de la gauche et de la droite. »
- 3:30J.Pisani-FerryFait
« C'était une expression malheureuse. Ce n'était pas comme ça qu'il fallait faire. On a eu cette idée qui était assez répandue qu'à partir du moment où on crée de la richesse, on n'a pas à se préoccuper de la manière dont cette richesse était répartie. »
- 5:00J.Pisani-FerryFait
« Ca témoigne d'une assez grande incompréhension pour la question du caractère indécent de l'accumulation de ces fortunes, dans un pays dans lequel la croissance est faible, dans lequel beaucoup de gens doivent se serrer la ceinture. »
- 5:40J.Pisani-FerryFait
« La caractéristique de l'économie moderne, c'est qu'on peut gagner en richesse sans passer par l'étape revenus. La valorisation des actifs, des patrimoines, c'est devenu énorme. »
- 7:00A.-C.BezzinaFait
« L'article 47 de la Constitution demande 70 jours de débat au sein du Parlement. »
- 8:20A.RosencherFait
« Les 2 grands partis politiques, c'est l'amicale des boulistes sans l'amitié et sans les boules. »
- 9:20A.-C.BezzinaFait
« On commence à avoir l'habitude. C'est une reconduction du budget antérieur. C'est comme ça que la IVe République est morte. »
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Mais depuis, lui aussi est désenchanté. - L'image symbolique du plus jeune président de la République tout juste élu en 2017. Un soir de consécration, promesse de renouveau, dont se souvient bien J.Pisani-Ferry, artisan du programme économique d'E.Macron, à l'époque. - E.Macron: Vous avez choisi l'audace.
Cette audace, nous la poursuivrons. Chaque jour qui vient, nous continuerons... - 8 ans plus tard, c'est la désillusion. - J.Pisani-Ferry: Je suis en colère.
J'avais cru que le macronisme allait repousser les extrêmes, allait recréer un espace non pas de consensus mais de débat, de construction, de compromis entre des gens qui venaient de la gauche et de la droite. A la fois son style de gouvernement, la nature des mesures qu'il a prises ou pas, ça a eu pour effet de créer l'inverse, d'augmenter encore l'attrait du RN. - L'échec du "en même temps" et une politique économique que J.Pisani-Ferry juge trop tournée vers les plus aisés...
Exemple: la théorie du ruissellement selon laquelle favoriser les revenus des plus riches profiterait à l'ensemble de la société. - J.Pisani-Ferry: C'était une expression malheureuse.
Ce n'était pas comme ça qu'il fallait faire. On a eu cette idée qui était assez répandue qu'à partir du moment où on crée de la richesse, on n'a pas à se préoccuper de la manière dont cette richesse était répartie, qu'une forme de magie allait prendre soin du fait que les revenus arrivent là où ils doivent arriver. C'était une erreur. - Une illusion économique et de lourdes maladresses politiques. - F.Bayrou: B.Arnault est devenu figure emblématique.
Lui et ses semblables sont devenus les cibles. Ils sont comme ces poupées vaudoues dans lesquelles on plante des aiguilles pour les atteindre. - J.Pisani-Ferry: Ca témoigne d'une assez grande incompréhension pour la question du caractère indécent de l'accumulation de ces fortunes, dans un pays dans lequel la croissance est faible, dans lequel beaucoup de gens doivent se serrer la ceinture. - Pour rétablir l'équilibre, J.Pisani-Ferry plaide pour la mise en place de la taxe Zucman dispositif dont E.Macron veut pas. - J.Pisani-Ferry: C'est une erreur politique.
La caractéristique de l'économie moderne, c'est qu'on peut gagner en richesse sans passer par l'étape revenus. La valorisation des actifs, des patrimoines, c'est devenu énorme. Il me semble important de montrer que tout le monde doit contribuer à cet effort de redressement.
C'est pour ça que les mesures qui visent les très grandes fortunes me paraissent être une part importante de l'équation de la stratégie budgétaire. - Un président qui ne convainc pas. 74 % des Français ont une opinion négative de son action économique. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Pourquoi pas?
Même après une dissolution, il va falloir essayer de se dire qu'on ne fera plus de politique. J'ai l'impression que l'Assemblée nationale ne le permet plus. Si on change d'Assemblée, peut-être que la donne changera.
On est en train de se demander si les urgences comme l'urgence budgétaire pourront être gérées. Ca me semble une solution raisonnable dans l'attente de vraies échéances démocratiques. - A.Rosencher: On pourrait se demander si ce n'est pas le projet ultime du macronisme.
Je rappelle cette phrase d'E.Macron en septembre 2016. Il avait dit: "Les 2 grands partis politiques, c'est l'amicale des boulistes sans l'amitié et sans les boules." Sous-entendu: il va falloir les réduire en poussière.
Le gouvernement technique, c'est l'achèvement de ce projet. J'imagine que les partis politiques qui sont au Parlement se vengeront en censurant. - A.-C.Bezzina: Et c'est dangereux.
On viderait le politique de son sens. On commencerait à s'abonner au fait que les Français préfèrent tout sauf la politique. - C.Roux: Ce qu'ils disent sondage après sondage. - J.Jaffré: Et il faut trouver la personne idoine, qui accepte un poste pour 8 ou 15 jours, qui affronte ce qu'est l'Assemblée nationale d'aujourd'hui, alors que par définition, ce serait un non politique.
L'oiseau rare serait difficile à trouver. - C.Roux: Il va falloir faire voter un budget.
On n'est plus dans les délais. - A.-C.Bezzina: Non.
On a violé ce matin le délai de la loi organique. Le dépôt doit se faire le premier mardi d'octobre. C'est déjà râpé.
L'article 47 de la Constitution demande 70 jours de débat au sein du Parlement. Il y a fort à parier que c'est autour du 13 ou 14 octobre qu'on arrivera à avoir ces 70 jours de débat. Soit le Conseil constitutionnel est clément et on trouve le super Premier ministre qui arrive à faire voter le budget en moins de 50 jours, et on aura un budget pour la fin d'année et c'est merveilleux.
Je vois mal le Conseil constitutionnel censurer. L'autre option vers laquelle on s'oriente largement, c'est celle de la loi de finances spéciale. On commence à avoir l'habitude.
C'est une reconduction du budget antérieur. C'est comme ça que la IVe République est morte. A force de faire des budgets en mars ou avril, on pourra tarder.
La vraie question, c'est cette loi de finances spéciale. Est-ce vraiment ce qu'il nous faut? Les marchés sont quand même à nous regarder.
Ca paralyse l'action publique. Ca veut dire qu'on s'abonne aux affaires courantes même en matière financière. - C.Roux: E.Coquerel dit ceci. - A.-C.Bezzina: C'est vrai.
Constitutionnellement, il pourra discuter d'une loi de finances spéciale, de la partie qui concerne "sauver les meubles", mais le reste, non. - C.Roux: E.Macron, qu'est-ce qu'il a en tête?
Le risque sur les marchés? La nécessité de garder une forme d'attractivité? Est-ce que la question économique, qui était au coeur de ses mandats, conduit ses décisions encore aujourd'hui? - A.Rosencher: C'est une vraie question.
On va voir si le président va tenter une dernière carte en mettant un gouvernement de gauche, en confiant les clés à la gauche, qui a dit être prête. Ca peut voler sur le papier si LFI ne censure pas. Ca peut fonctionner.
Après, ça veut dire que c'est une remise en cause profonde de sa politique de l'offre. On n'imagine pas un gouvernement mené par le PS et la gauche modérée, dans le meilleur des cas,
Edgard Edouard Pisani