Harold Huwart, député LIOT, et sa vision amère de la classe politique -reportage #cdanslair 18092025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous avons suivi un député Liot, un centriste, qui devant les caméras adopte un discours assez amer sur la classe politique. - Prendre le pouls des Français, au lendemain de la nomination d'un nouveau Premier ministre... - Tu as vu l'actualité? - Il faut essayer d'élargir. - Tu penses qu'il va s'en sortir? - Tournée des commerces pour H.Huwart, député d'Eure-et-Loir. - Bonjour.
Que disent les clients? - Les gens n'attendent plus rien. Beaucoup veulent que Macron parte.
On verra bien, mais je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. Pourquoi ils ne se mettent pas tous ensemble? - H.Huwart appartient au groupe Liot, une petite formation au centre de l'échiquier politique.
Quelques jours plus tôt, à l'Assemblée nationale, il a refusé la confiance à F.Bayrou. *-Le Premier ministre doit remettre au président de la République la démission du gouvernement.
La séance est levée. - Il est conscient pourtant de l'image que renvoie cette séquence politique aux Français. - C'est un spectacle humiliant.
Des gars comme nous, qui se sont engagés dans la rue politique, qui ont sacrifié leurs soirées, week-ends et leurs familles à s'occuper des autres, avec les associations, les collectivités locales et les mairies à gérer, c'est pour assister à l'humiliation de toute la démocratie parlementaire, ce n'est pas le projet de vie dans lequel on s'est engagés. - C'est peut-être justement un appel à l'urgence de travailler ensemble. - La IVe République, c'est l'inverse de ce qu'on vit là.
C'était des institutions défaillantes, qui ont usé une classe politique brillante issue de la Résistance. Là, c'est l'inverse. - Alors même que le Parlement vient de renverser le gouvernement, le député ne s'attend pas vraiment à une révolution. - Changement de ministère, je ne suis pas sûr.
Quand vous regardez à Matignon le cabinet du Premier ministre, la moitié des conseillers étaient déjà là sous M.Barnier, sous E.Borne, sous G.Attal...
Ca fait 2 ans qu'ils sont là. On peut voter ce qu'on veut, ça ne change rien à la réalité de ceux qui nous gouvernent. On a l'impression de voir une stabilité totale dans le personnel administratif et politique.
Ce sont toujours les mêmes. C'est le problème. - Quelle conséquence aura cette crise politique?
Pour lui, les parlementaires pourraient le payer dans les urnes en cas de nouvelle dissolution. - Là, ce serait une boucherie. Revenir aux élections sans avoir eu ne serait-ce que 2 mois de suite un gouvernement qui a l'air sérieux et qui a l'air de prendre le taureau par les cornes, ce serait un rejet total des électeurs. - Mais il y a plus grave: la paralysie des pouvoirs publics a un effet direct sur le monde économique.
Exemple très concret dans cette entreprise de sa circonscription qui exporte des pièces de porc vers la Chine. - Les Chinois ont décrété 60 % de taxes vendredi dernier. Et on n'a pas de gouvernement pour réagir. - Là, ça se décide dans les 15 jours.
Quand vous avez, pendant ce temps-là, une instabilité politique, c'est compliqué. - Il y a une situation économique à résoudre et tout le monde est plutôt sur sa campagne 2027. - Les extrêmes ont flairé le sang.
Ils ont senti qu'il n'y avait plus grand-chose à faire pour faire basculer le système. Ils veulent revenir aux urnes. Il faut faire des vraies concessions et penser à la France.
Sinon, on va vers une forme de chaos et ça nous dépassera. - Si la situation à l'Assemblée nationale devait être bloquée, il le dit franchement: il redeviendra maire. Un mandat plus utile, selon lui. - C.Roux: C'est intéressant de voir le regard qu'il porte sur l'instabilité politique. - C.Barbier: Il est jeune.
A 43 ans, il est fils d'un homme politique qui a été maire et député à sa place. C'est une désillusion dynastique. Au-delà de la crise politique, il y a une crise des institutions.
La République est un peu à bout de souffle. Il y a aussi une crise de la démocratie représentative. Les représentants, quand ils prennent des décisions, se rendent compte que la Chine, d'un claquement de doigts, peut tout mettre par terre. - C.Roux: S.Lecornu a sans doute conscience des états d'âme des élus.
Il a écrit aux maires. "Les Françaises et les Français attendent beaucoup de leurs élus. Ces attentes se transforment parfois en colère.
Je veux vous remercier d'y faire face." Il veut créer une loi de statut de l'élu local. - C.Barbier: Une loi a été adoptée en 2024.
Une première partie de cette loi sur le statut de l'élu est passée à l'Assemblée nationale le 10 juillet et va au Sénat mardi prochain. Il y a quelque chose d'assez avancé. Il s'adresse aussi à des gens qui vont entrer en campagne électorale, qui n'ont pas envie que leur campagne municipale soit troublée par des législatives.
Les maires vont commencer à dire à leurs députés: "Faites ce que vous voulez, mais on ne veut pas de dissolution parce qu'on a des municipales." Ils s'appuient sur eux pour recréer l'esprit grand débat. Ce sont les maires qui ont sauvé E.Macron en 2019.
Comme ça, il n'y aura peut-être pas de dissolution. - C.Roux: C'est peut-être un enjeu des syndicats, retrouver le lien avec les Français.
La crise de confiance...
La popularité des principales institutions et responsables politiques est en forte baisse, tous bords confondus. Ca comprend les journalistes, mais aussi les représentants syndicaux. - F.Guinochet: Tous les corps intermédiaires ont eu une sorte de défiance.
Les maires sont un peu protégés. Ce sont les élus que les Français apprécient le plus, qui protègent le plus. A la fin du reportage qu'on vient de voir, même le député dit que son mandat de maire lui semble plus utile.
Ca pose question. Les députés sont quand même là pour faire la loi. Ce n'est pas rien dans notre pays.
Ce n'est pas propre à la France...
Dans toutes les grandes démocraties, vous avez une perte des corps intermédiaires et des élus qui se manifeste. La question va être de se réinventer. Avec S.Lecornu, il y a le sentiment de privilège de ceux qui nous représentent.
On dit qu'ils sont hors sol, déconnectés, qu'ils ont des privilèges. Un des premiers gestes de S.Lecornu aura été d'enlever certains avantages aux Premiers ministres.
Il l'a fait à moitié. Vous gardez quand même votre chauffeur pendant 10 ans. Il ménage la chèvre et le chou. - C.Roux: Des chiffres viennent de tomber sur la mobilisation. 500 000 manifestants dans toute la France selon le gouvernement, avec des mobilisations en région aussi. 1 million selon la CGT.
On parlait de la revanche des syndicats et de leur image dans le pays. Ils peuvent revenir devant les personnels syndiqués en disant qu'ils ont fait leur job. - G.Dansart: Il y a eu beaucoup de cortèges en province.
Ce n'est pas une manifestation parisienne qui fait venir toutes les troupes de provinces. C'est très éclaté. Entre 500 000 et 1 million, c'est considérable.
Il n'y a pas une raison particulière, un projet. - A.Goutard: Une manifestation de semaine...
Tout le monde n'a pas pu manifester. 56 % des Français soutiennent ces manifestations, selon un sondage. 500 000 manifestants, c'est énorme.
C'est plus que le 10 septembre, surtout.
Harold Huwart