Face à Face : Sébastien Chenu - 05/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes député Rassemblement National du Nord et vous êtes vice-président du RN. Finalement c'est vous qui chéodissez le Premier ministre.
Il y a un peu d'ironie dans tout cela parce que dans ce que vous dites probablement mais aussi dans la situation que nous vivons, c'est qu'il y a quelques semaines il ne fallait pas parler au RN, il fallait le faire battre à tout prix et il ne fallait pas que le RN puisse exercer une quelconque responsabilité à l'Assemblée Nationale et aujourd'hui c'est tout juste si on ne nous fait pas la cour et si Marine Le Pen ne devient pas la DRH d'Emmanuel Macron. Marine Le Pen n'est pas la DRH d'Emmanuel Macron. Le RN n'est pas là pour valider ou invalider une idée saugrenue qui traverse l'esprit d'Emmanuel Macron chaque jour. Nous sommes là pour poser un certain nombre de conditions.
Mais oui, la réalité c'est que nous sommes la première force politique et que par conséquent on ne peut pas faire sans nous.
En fait le président de la République a choisi une méthode dans laquelle à la fin des fins c'est vous qui êtes les faiseurs de roi. On a bien vu ces derniers jours en testant un certain nombre d'hypothèses ou de noms. Au fond, si Marine Le Pen ou vous Sébastien Chenu disaient on censure, il était obligé de retirer ce nom de la table.
Oui, il y a quelque chose qui quand même est totalement saugrenu chez Emmanuel Macron. D'abord, tous les jours c'est un peu le baltrap, sort un nouveau nom qui est quand même l'incarnation de ce qu'Emmanuel Macron appelait le vieux monde. Vous vous rappelez, en 2017 il arrive en disant qu'avant lui il n'y avait que des bons à rien, des incapables, des voleurs, le vieux monde. Et aujourd'hui, tous les jours, on a un représentant de ce vieux monde qu'Emmanuel Macron soumet finalement à notre approbation. Mais là aussi, tout ça n'est pas cohérent politiquement.
Vous jouez le jeu, vous en profitez bien. Quand Emmanuel Macron appelle Marine Le Pen en lui disant écoutez, on est à deux doigts, je vais nommer Xavier Bertrand. Marine Le Pen dit pas question, je le censure.
Nous on a une cohérence que n'a pas Emmanuel Macron. Qu'on pensez que justement, Emmanuel Macron peut nommer un jour Xavier Bertrand et le lendemain Thierry Baudet, comme il avait pu nommer Jean-Michel Blanquer et Pape Ndiaye à l'éducation. C'est-à-dire qu'il n'y a absolument aucune cohérence, aucune ligne idéologique, programmatique, politique. Et ça, c'est évidemment totalement saugrenu. Chez nous il y a une cohérence. La cohérence c'est quoi ?
C'est de dire, nous on ne censurera pas immédiatement, c'est-à-dire a priori, un Premier ministre qui dirait qu'il va sur la proportionnelle, qu'il ouvre le dossier de la proportionnelle, qu'il s'attaque au chantier immigration, sécurité, pouvoir d'achat des Français, et qu'il respecte le Rassemblement National comme première force politique. À partir de où on a un Premier ministre, un nom de Premier ministre qui s'engage à minima sur cela, nous n'allons pas le censurer immédiatement.
Et on va voir ensemble ce matin Sébastien Chenu, qui sont ceux qui donc pourraient avoir votre aval et ainsi être nommés peut-être même dans la journée. Revenons simplement par étapes. Xavier Bertrand, c'était donc presque fait, mais vous avez dit que vous le censureriez de manière automatique et immédiate. Est-ce qu'avec Xavier Bertrand, ce n'était pas un peu une vengeance personnelle ?
Non, pas du tout. Et d'abord, Xavier Bertrand ne représente rien. C'est la quatrième ou cinquième force. Politiquement, il ne représente pas une force politique dans le pays considérable, puisque les Républicains qui sont élus, 40 députés à l'Assemblée, ont bénéficié pour la plupart du retrait, enfin de l'absence de candidats macronistes, et ensuite du retrait des candidats de gauche pour pouvoir être élus, ne représentent pas une force politique. Xavier Bertrand, c'est ensuite une ligne politique, le moins qu'on puisse dire, c'est flou.
C'était le financement pendant des années du lycée islamiste à Véroès, c'est le soutien à des candidats communistes dans notre région, aux élections pour faire battre le Rassemblement national. C'est quelqu'un, quand on l'a vu aux manettes, lorsqu'il était ministre de la Santé, n'a pas fait ses preuves, c'était des fermetures de lits, c'était la tarification à l'acte. Donc si vous voulez, c'est quelqu'un qui a un lourd passif, et qui en plus... Donc ça n'a rien de personnel, c'est pas parce que c'est lui qui a battu Marine Le Pen. Et surrice sur le gâteau, c'est quelqu'un qui disait, il va falloir... J'ai brisé les mâchoires du Rassemblement national.
C'est quelqu'un qui a insulté, pendant des années, qui continue de le faire, les électeurs du Rassemblement national, et aujourd'hui, les 20 députés RN.
Donc il faudra que le futur Premier ministre soit gentil avec le RN.
C'est pas être gentil. Respecter la première force d'opposition à l'Assemblée nationale, le premier parti politique français, c'est le minimum. Et surtout, c'est pas pour nous faire plaisir à nous. Je m'en fiche que Xavier Bertrand, chaque mois, nous insulte à la région, j'ai le cuir suffisamment épais. Mais derrière, c'est des millions d'électeurs qui l'insultent, qui le méprisent, qui le prend pour des imbéciles. Donc, si vous voulez, on ne peut pas entrer dans une situation aussi difficile pour le pays avec un Premier ministre qui commence par un crachat au visage de millions d'électeurs que nous représentons.
Vous n'aviez pas censuré Elisabeth Borne. Vous aviez estimé, à l'époque, que vous n'aviez pas, et je cite Marine Le Pen à l'époque, l'objectif de faire sauter les institutions. Vous n'aviez pas censuré Gabriel Attal. Et là encore, l'argument, c'était les institutions, disant, nous traversons déjà une crise sociale, économique et sécuritaire. Nous n'avons pas besoin d'une crise de régime. Est-ce qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas ceux qui pourriez débloquer la situation et qui, malgré tout, encourageaient la crise de régime ?
Non, mais vous savez, c'est très clair ce que nous disons. Nous censurons un Premier ministre issu du nouveau Front populaire, car nous pensons leur programme dangereux pour notre pays. Nous l'avons déjà dit. Nous censurons Xavier Bertrand ou Bernard Cazov pour les raisons que j'ai expliquées. Et pour le reste, eh bien, regardons sur la table, selon les conditions que Paris Le Pen exprime, qui peut, évidemment, aujourd'hui, apparaître comme un Premier ministre. Alors, regardons. C'est une technique, d'ailleurs, mais qui permet, en tous les cas, de passer cette année difficile et d'en sortir, car à la fin, il faut sortir d'une crise politique.
Pour sortir de cette crise politique qui a été quand même élaborée par Emmanuel Macron et Gabriel Attal, les désistements avec la gauche, c'est ça qui a conduit à cette situation, eh bien, il faudra la proportionnelle.
Alors, on y va. Michel Barnier.
Alors, on ne va pas faire... Je ne vais pas faire le baltrap. Ah, si, parce que là, il y en a deux. De toute façon, je ne vais pas vous en faire dix. Je vais vous en faire dix.
Il y a Michel Barnier et il y a François Bayrou.
Je ne vais pas jouer au baltrap, mais simplement, je vous dis les choses. Michel Barnier, ça ne fait rêver personne. Les Français ne sont pas allés voter au mois de juin aux Européennes, puis ensuite, au mois de juillet, pour les législatives, en se disant, chouette, vivement, qu'on sorte de ces élections avec Michel Barnier, Premier ministre. C'est évidemment l'incarnation de quelqu'un qui est soumis à la doxa européenne. C'est quelqu'un qui est dans la vie politique. Il a été commissaire européen, bien sûr.
Il a été le négociateur du Brexit pour la Commission européenne.
Ce n'est pas du tout notre ligne politique. Mais comme on sait que le Premier ministre qui viendra ne sera pas sur notre ligne politique, il faut bien en prendre acte. Donc moi, j'attends de voir. Est-ce qu'un Michel Barnier s'engage sur la proportionnelle ? Pas sûr, car il vient d'une famille, il est républicain, qui est très hostile à la proportionnelle. Est-ce qu'il est respectueux du Rassemblement national ? Je le sentiment qu'il est plutôt, en tous les cas, de la première force d'opposition, quelle qu'elle soit, respectueux du Rassemblement national et des oppositions. Est-ce qu'il est décidé à s'engager sur l'immigration, la sécurité et le pouvoir d'achat des Français ? Je doute.
Ça ne fait pas rêver, Michel Barnier, mais j'attends d'écouter. Ce n'est pas une question de personne. C'est une question de discours.
Au moment où l'on se parle, Sébastien Chenu, à 8h39 ce jeudi matin, vous ne dites pas a priori non ?
Non, mais j'attends de l'écouter. On va voir. Que pense que... Vous aviez personne, vous n'attendiez pas à l'écouter. C'est bon, on l'entend tous les mois à la région nous vomir dessus. On l'a vu à l'œuvre. Il est particulièrement odieux. Il appelle à voter pour nos adversaires à chaque élection. C'est bon, on l'a vu. Michel Barnier, vous ne dites pas. Mais Michel Barnier, on ne sait pas aujourd'hui quel est son projet pour le pays. Et le problème d'ailleurs, c'est qu'Emmanuel Macron veut nommer quelqu'un qui ferait semblant d'être un opposant, mais qui continuerait sa politique. Et il est là le problème de méthode d'Emmanuel Macron.
Ça ne sert à rien de tester des noms tous les jours qu'il nomme quelqu'un selon les conditions que nous avons exprimées.
En fait, c'est un problème de méthode. Vous avoir demandé aux uns et aux autres, d'ailleurs, pas seulement avec le RN, mais vous avoir demandé aux uns et aux autres une sorte d'engagement moral avant même que le Premier ministre lui-même ne puisse chercher une majorité, le ou la Premier ministre. Lucie Castel, c'était pareil. Il ne leur a même pas laissé le temps de venir, eux, vous chercher.
Raison pour laquelle il est plus intéressant de dire voilà, nous avons quelques lignes rouges. Si le Premier ministre ne les franchit pas, eh bien, nous, on regardera et on ne le censura pas a priori car il y a la censure a priori et puis après, il y aura le vote du budget qui est une autre étape. Est-ce qu'on votera un budget que préparait un Barnier ou quelqu'un d'autre ? C'est autre chose, ça, encore. Donc, si vous voulez, il y a la censure a priori. On a dit Gouvernement, Front Populaire, Cazeneuve, Bertrand, on censure a priori et ensuite,
on jugera sur pièce. Michel Barnier, ce n'est pas non. François Bayrou ?
Oui, non plus. Je ne sais pas ce que pense Michel Barnier. C'est ça le problème d'ailleurs. François Bayrou ? Et François Bayrou, c'est un peu pareil. Je note que François Bayrou est quand même un artisan, en tous les cas, un promoteur plutôt de la proportionnelle qui est plutôt correct. Il a toujours défendu la proportionnelle. On est très éloignés.
Il avait donné son parrainage pour les présidentielles à Marine Le Pen, estimant que les Français devaient pouvoir choisir.
Voilà, on est très éloignés sur la vision que nous avons en matière de politique européenne en particulier ou en matière de fiscalité, etc. Nous ne sommes pas du tout et on ne sera pas sur la ligne de ce Premier ministre. Mais François Bayrou est un homme estimable. Maintenant, je veux dire, on attendra aussi de voir sur quoi il s'engage. Je le redis, le pouvoir d'achat, les Français, l'inflation continue à augmenter en plus de 0,6% au mois d'août. La sécurité, l'immigration, et on a vu des faits de société très graves ces dernières semaines, ces derniers jours. On attendra de voir ce qu'un Premier ministre, si c'était François Bayrou, proposerait. Mais encore une fois,
vous dites qu'il est estimable et que vous ne sont surprenés sans doute pas appropriés. Il y a des gens estimables dans la vie politique française. Parce que quitte à ce que vous soyez faiseur de roi,
allez-y ! Non mais moi, comme je vous l'ai dit, nous ne sommes pas les DRH d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a créé une situation alimentée par Gabriel Attal avec l'histoire des désistements.
Enfin, vous n'avez pas envie d'être DRH, mais vous l'êtes un peu quand même.
Non, on donne des principes. Vous êtes en train de le devenir. Non mais on donne des principes, mais parce que nous sommes le plus gros groupe et qu'on ne peut pas faire sans nous. Il est évident que demain, peu de lois pourraient passer sans le Rassemblement national et le Rassemblement national sera celui qui pourra décider par exemple de l'abrogation de la réforme des retraites. D'ailleurs, nous allons le proposer fin octobre avec Marine Le Pen. Donc, nous sommes la première force politique. On ne peut pas faire sans nous.
On n'est pas là pour désigner le Premier ministre, mais on est là pour dire attention, il y a des lignes rouges si on veut que ça se passe et surtout que ça se passe bien pendant un an. Parce qu'à la fin, évidemment, il faudra bien passer à autre chose. Le pays ne peut pas être dans une situation pareille.
Le nouveau Front populaire ne s'y trompe d'ailleurs pas puisque l'on reçoit à l'instant un communiqué de presse signé par les quatre chefs des quatre parties membres du nouveau Front populaire qui constate que seuls deux choix, je cite, s'offrent aujourd'hui au président de la République, soit un gouvernement issu du nouveau Front populaire, soit un gouvernement issu du camp présidentiel, mais qui aurait besoin du soutien du RN.
Ce n'est pas le soutien du Rassemblement national. Nous, on n'est pas là pour soutenir une politique qui n'est pas la nôtre. On est là pour dire, encore une fois, il y a des principes, il y a des priorités. On en a fait, j'en ai fait état, j'ai fait état d'un certain nombre de ses priorités. La gauche n'a pas gagné ces élections. Donc là aussi, c'est une mystification le fait de dire que le Front populaire peut venir... Ils ne sont peut-être pas gagnés,
ils sont arrivés premiers.
Non mais c'est une coalition, le premier groupe c'est nous et on n'est pas en train de dire qu'il faut nommer un premier ministre du RN puisque Jordan Bardella l'avait dit avec justesse, sans majorité absolue, c'est impossible de gouverner et nous, nous n'emmènerions pas les Français dans cette impasse.
Sébastien Chenu, est-ce qu'Emmanuel Macron au fond ne doit pas démissionner ?
Je crois qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron a d'autres possibilités que celle-ci. Aujourd'hui, au moment où nous nous parlons, trouver effectivement la solution qui permettra en nommant quelqu'un d'aller voir les groupes parlementaires à l'Assemblée nationale et lui-même de trouver des majorités peut-être sur chacun des textes ou pas et de construire un budget. Je vous rappelle que le chronomètre est lancé. On doit quand même à partir du 1er octobre se pencher, en tous les cas, voter un budget. Raison pour laquelle nous nous demandons aussi une session extraordinaire. Marine Le Pen a écrit au président des groupes demandant une session extraordinaire. Il faut bien qu'on vienne
à l'Assemblée. Ont-ils répondu ?
À ma connaissance, pas aujourd'hui, mais certains ont répondu par voie de presse qu'ils demandaient aussi une session extraordinaire.
Mais alors qu'ils en attendent quoi ? Qui doit décider ? Qui doit trancher ?
La session extraordinaire, elle se décide par le président de la République ou par une majorité de députés qui décident de siéger ensemble. C'est même, j'allais dire, l'histoire de notre pays. Richard Ramos,
qui était mon invité ce matin sur RMC, il disait, on est quatre Pékin dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Il dit vraiment, ça fait écho tellement c'est vide l'Assemblée nationale. On est trois ou quatre alors qu'en réalité on devrait déjà tous y être. En fait, rien ne vous empêche d'y aller pour au moins commencer à discuter.
Vous avez la crée, vous avez chacun vos bio. Il faut être convoqué pour ça.
Pour faire une session de manière tout à fait officielle, oui, mais vous pouvez déjà commencer à parvoter, à discuter, à essayer de trouver une solution.
Nous avons fait des propositions. Marine Le Pen fait des propositions. Elle dit, ouvrons immédiatement ouvrons un débat sur les finances publiques. Ouvrons un débat sur l'agriculteur. Allons-y pour faire naître des propositions qui ensuite pourraient vivre dans cette année un peu compliquées. Et puis à la fin, sortons de ce chaos politique en ouvrant le débat sur la proportionnelle qui permettrait en 2025 de redissoudre l'Assemblée nationale, d'instaurer la proportionnelle et de revenir avec un système qui permettrait de dégager une majorité
pour gouverner le pays. Donc vous n'appelez pas à la démission d'Emmanuel Macron mais on comprend bien qu'au fond, si le pays est totalement bloqué et qu'il démissionne, ce ne serait pas plus mal pour vous ?
Aujourd'hui, ça n'aurait pas de sens puisqu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale. Donc on se retrouverait avec une élection présidentielle et puis une Assemblée nationale qui ne peut pas être dissoute jusqu'en juin. Donc ça veut dire
une démission en juin.
Donc de toute façon, on est à peu près condamné à aller jusqu'au mois de juin avec cette chambre, avec cette Assemblée nationale et en juin, je pense qu'Emmanuel Macron doit redissoudre l'Assemblée nationale en ayant instauré la proportionnelle. Si tel n'était pas le cas, alors effectivement, ce sera très compliqué pour lui de continuer.
Redissoudre ou démissionner encore une fois ?
D'abord dissoudre.
Edouard Philippe se dit prêt, il prend de l'avance et prêt, y compris dans ce scénario qui devient palpable d'une démission anticipée du président de la République.
Oui, c'est drôle parce qu'Edouard Philippe, il pense avoir un métro d'avance et moi je pense qu'il a totalement un métro de retard. enfin, Edouard Philippe, il fait lever l'espoir chez qui ? Qui a envie de voir revenir l'homme des 80 km heure, l'homme du blocage de la France par les gilets jaunes dû à ses décisions, l'homme de la retraite à 69 ans, l'homme qui n'a rien fait sur l'immigration et qui nous dit dès qu'il n'est plus au pouvoir il faudrait revoir les accords de 68 avec l'Algérie. Il avait les leviers, il avait les manettes.
L'homme qui était, d'ailleurs c'est la Macronie qui probablement par vengeance le fait savoir, était beaucoup plus extrémiste qu'Emmanuel Macron lorsqu'il s'agissait d'aller sur une réforme des retraites en particulier. Donc je veux dire, Edouard Philippe, ces méthodes, on les a vues, c'est des méthodes d'hier, des méthodes du passé dont les Français ne veulent pas. Ils pensent avoir un métro d'avance et un métro de retard.
C'est fini pour Edouard Philippe ? On a presque l'impression que la présidentielle est lancée et que vous êtes déjà dans le combat face à un Edouard Philippe qui clairement s'est mis aussi dans le jeu.
Edouard Philippe, c'est déjà fini. Avant d'avoir commencé, c'est fini. Mais l'élection présidentielle, pourquoi est-ce qu'on a l'impression qu'on s'y dirige rapidement ? Parce qu'Emmanuel Macron est démonétisé. Parce que sa parole, son action seront particulièrement limitées dans les années qui viennent. Il n'a plus de majorité. Il parle, il consulte, il se met dans des impasses et il met la France dans des impasses et il ne peut pas se représenter en plus. Donc tout le monde se dit Emmanuel Macron, ça n'a plus beaucoup d'intérêt. Son propre camp est en train d'essayer triper. Les Gabriel Attal, les Darmanin, les Edouard Philippe, veulent tous y aller.
Ils cherchent à faire le mauvais coup aux voisins pour quoi faire pour continuer les mêmes politiques. Nous, on a une offre cohérente, une offre politique qui est différente. Je crois que les Français la connaissent bien maintenant et par conséquent, nous continuerons à alimenter cette offre politique.
Ils ne vous ont pas donné les manettes. Il y a cette question aussi de la loi de finances, c'est-à-dire que pendant tout ce temps-là, il y a quand même de l'argent qui doit sortir chaque jour des caisses de l'État pour payer toutes les dépenses et Bercy tire à nouveau le signal d'alarme estimant qu'il va y avoir encore un nouveau dérapage. Il y a des engagements qui ont été pris auprès de Bruxelles. Quelle solution apporter ? Est-ce qu'il faut un sérieux budgétaire ou est-ce qu'il faut continuer à faire déraper les comptes ?
Non, Marine Le Pen a dit qu'une dette, en tous les cas, ça se payait, contrairement à ce que dit Jean-Luc Mélenchon qui, lui, la passe par-dessus l'épaule. Mais la situation que nous laisse le gouvernement, Attal, le maire, est terrible. Je rappelle quand même que Gabriel Attal nous avait dit qu'il ferait des économies sur la fraude sociale. Il y a 10 milliards à aller récupérer là-dessus. On en est où ? Gabriel Attal qui parlait de la désmicardisation de la France. C'était il n'y a pas si longtemps, c'était il y a 5-6 mois. On en est où ? Gabriel Attal et la carte vitale biométrique. On en est où ? En réalité, ils ont laissé les comptes déraper.
Ils ont fait une politique de chèque qui n'a rien résolu. Alors que, d'un côté, il faut avoir, j'allais dire, évidemment des mesures d'économie. On peut en lister un certain nombre. Il faut avoir des mesures fiscales, revoir une certain nombre de fiscalité. Nous, on pensait par exemple à la taxe sur les surprofits. Je note que d'ailleurs le Modem n'était pas désintéressé
de cette taxe sur les surprofits. Ça veut dire que si, François Ballemoux, ça fait partie des choses quand vous dites j'attends de savoir qu'est-ce qu'il propose, s'il vient vous voir et qu'il dit il y a la proportionnelle, il y a ceci, il y a cela et puis tiens, je suis aussi pour une taxe sur les super profits, vous direz pourquoi pas ?
On dirait que c'est intéressant puisque nous l'avons proposé
et on ajouterait
qu'il faut donner du pouvoir d'achat aux Français par une hausse des salaires de 10% en échange d'un gel des cotisations patronales en réunissant immédiatement les syndicats patronaux, les syndicats de salariés, les partenaires sociaux.
Vous ne faites pas en revanche de l'abrogation de la réforme des retraites impréalable ?
Si, puisqu'on le dépose fin octobre dans notre niche. C'est le premier acte que nous posons de la rentrée parlementaire officielle.
Quand vous parlez de votre niche, il faut bien que tout le monde comprenne, il s'agit d'une niche parlementaire.
C'est un ordre du jour.
C'est un ordre du jour que nous maîtrisons ce jour-là. Plusieurs fois par an, les groupes parlementaires ont donc la maîtrise de l'agenda en quelque sorte et peuvent déposer un certain nombre de propositions de loi. Ce jour-là, c'est donc vous qui avez les manettes pour les proposer et votre première proposition ce serait donc ?
Absolument, c'est d'abroger la réforme des retraites. Je vous rappelle que cette réforme des retraites, on nous avait dit qu'elle allait faire des économies. On s'aperçoit qu'elle est très coûteuse aujourd'hui. Donc si vous voulez, le système ne fonctionne pas. Remettons l'ouvrage sur le travail, l'ouvrage sur le métier et puis réunissons les partenaires sociaux. Pour abroger
la réforme des retraites, il me semble qu'il faut une loi.
Il faut, alors ça peut se faire, on nous dit que ça peut se faire par décret. Nous, on souhaite
pourriez vous mettre d'accord avec le NFP pour voter ensemble ?
Visiblement, ils n'ont pas envie de voter parce qu'ils ne sont pas une contradiction près. En réalité, on l'avait vu d'ailleurs sur des sujets... Donc ça passera pas. C'est-à-dire que si vous n'arrivez pas à vous mettre
ensemble pour un truc sur lequel vous êtes totalement d'accord ?
C'est à la gauche d'assumer ses responsabilités. Quand on a proposé les surprofits, ils ne l'ont pas voté. Quand on a proposé la prise en charge de l'endométriose, ils ne l'ont pas voté. C'est-à-dire, ce sont des mesures qui peuvent soulager la vie quotidienne des Français. Et nous, nous les proposons. La gauche ne veut pas les voter. Et si eux le proposent, vous le voterez. Mais on n'est pas dingue, madame, pour reprendre l'expression de Richard Ramos. C'était mon invité ce matin qui disait que c'était le président qui était dingue. Le président de Dingo. Nous, c'est l'intérêt de la France et des Français qui nous guident.
Si on propose quelque chose, même si ce sont nos adversaires politiques qui le proposent et qu'on peut le voter pour aboutir, on le fera.
Est-ce que le nom de David Lissnard vous a été soumis ?
Non, jamais. Mais vous savez, ça fait partie de toutes ces rumeurs insensées disant oui, on teste auprès du Rassemblement national des noms. Encore une fois, nous ne sommes pas les DRH.
Jean-Louis Borloo ?
Non, mais Jean-Louis Borloo, moi j'ai échangé avec lui. Il fait partie de ces gens estimables. Non, il y a déjà quelques semaines en réalité. Il fait partie de ces gens estimables qui essayent de trouver des solutions pour notre pays. On a des vrais désaccords avec Jean-Louis Borloo. Des vrais désaccords. Mais il est au moins respectueux et attentif évidemment à ce que le Rassemblement national peut penser parce qu'il sait que nous sommes la première force politique.
Et je comprends donc qu'il y a une sorte de top 3. Jean-Louis Borloo, François Bayrou ou Michel Barnier qui en tout cas passerait le premier cap puisqu'il ne serait pas censuré.
Mais on combattra leur politique si elle est dans la lignée de celle d'Emmanuel Macron.
Mais vous ne les empêcherez pas de gouverner. Il faudra bien
Premier ministre. Il ne sera pas à Rassemblement national.
Merci Sébastien Chenu d'être venu ce matin répondre à mes questions. Vous êtes député Rassemblement national du Nord et vice-président du parti.