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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 2 avril 2022 26 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsTravail & emploiÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

Jean Lassalle : La tendance à l'abstention à la présidentielle, "je la constate depuis une semaine et partout"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous des nouvelles actions de désobéissance civile à Urugne et Asparen ?

  • 1:22FerméeRéponse partielle

    Mais il faut les raccorder ou pas ?

  • 1:59OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut parler d'autonomie avec toutes les régions qui peuvent nous le demander ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Mais vous n'accordez pas tout ça aux Bretons, par exemple ?

  • 2:59RelanceRéponse directe

    Des régions qui ne servent à rien ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Donc vous voulez revoir toute la carte de France, toute la carte des régions de France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:18Invité politiqueFait
    « C'est celle du rapprochement des prisonniers. »
  • 1:35Invité politiqueFait
    « Moi, je suis un passionné du processus de paix irlandais. »
  • 1:51Invité politiqueChiffre
    « ETA a déposé les armes. Il y a maintenant 4 ou 5 ans, je ne sais plus combien. »
  • 2:45Invité politiquePromesse
    « J'ai une autre politique, à mon avis, qui devrait répondre à ces questions, c'est la création des provinces. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « Il a au minimum 450 km à faire. Et s'il a le temps de poser son fessier sur un fauteuil dans la journée, hors de celui de la voiture qu'il conduit d'ailleurs lui-même la plupart du temps, il a beaucoup de mérite. »
  • 4:32Invité politiquePromesse
    « Moi par contre je suis pour le rétablissement du député maire, ou du sénateur maire. »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « Il fut un temps où cela n'a pas nuit. Oui, nous avons électrifié la France grâce à cela. »
  • 8:06Invité politiquePromesse
    « J'organiserai, personnellement, plus souvent des référendums. »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « Tout est possible. Mais je ne vois pas d'où ça peut venir, en tout cas. »
  • 10:30Invité politiquePromesse
    « Oui, on revote tout de suite. »
  • 17:14Invité politiqueChiffre
    « Oui, absolument obligatoire, c'est la mesure la plus chère. Pour tous les jeunes du contingent, c'est-à-dire 700 000 jeunes, tous les ans, environ. »
  • 18:17Invité politiqueChiffre
    « 29 mois. »
  • 24:12Invité politiqueFait
    « C'est un long cheminement intellectuel et moral en ce qui me concerne. »

Temps de parole

  • Jean Lassalle73 %
  • Invité10 %
  • Présentateur10 %
  • Présentateur 25 %

6,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean Lassalle. Bonjour Eric Delvaux, bonjour Karine Béga. Jean Lassalle, candidat à la présidentielle au nom du mouvement Résistons, vous êtes député des Pyrénées-Atlantiques. Je voudrais commencer par là. Jean Lassalle, que pensez-vous des nouvelles actions de désobéissance civile qui auront lieu ce matin à Urugne, à Asparen, dans les Pyrénées-Atlantiques, donc à l'appel du collectif Baquet Bidéa, les artisans de la paix, pour la libération de deux anciens militants français de l'ETA. Ça résonne évidemment avec l'actualité d'Yvon Colonna.

0:36
Jean Lassalle

Oui, j'allais vous le dire. D'ailleurs, lorsque je me suis rendu en Corse, là, pendant pratiquement trois jours, j'ai souvent fait référence à ce qui se passait sur ce territoire dont j'ai en partie la responsabilité, parce qu'il y a une partie très importante de la circonception qui est en Pays Basque, parce que c'est des hommes et des femmes qui s'organisent progressivement et qui ne supportent pas la politique qui est faite, c'est-à-dire de non reconnaissance systématique de leurs demandes. Et là, en l'occurrence, celle qui revient le plus souvent et qui revenait en Corse, c'est celle du rapprochement des prisonniers.

1:22
Invité

Mais il faut les raccorder ou pas ?

1:25
Jean Lassalle

Ah oui. Je crois qu'il y a une peine, un moment de peine, c'est, à mon avis, indiscutable. Mais après, à quoi bon ? Moi, je suis un passionné du processus de paix irlandais. Je les ai vus faire parce que je les connaissais bien. Le hasard avait fait qu'eux. Et ils ont fait des signes les uns vers les autres. Or, là, ETA a déposé les armes. Il y a maintenant 4 ou 5 ans, je ne sais plus combien. C'est quand même un acte très fort de force symbolique. Comment ? En 2018, pour le Pays Basque.

1:57
Invité

En Corse, avec la Corse, on est en train, le gouvernement français est en train de négocier, en tout cas de discuter d'une éventuelle autonomie. Est-ce qu'il faut, éventuellement, parler d'autonomie avec toutes les régions qui peuvent nous le demander ou pas ?

2:10
Jean Lassalle

Non, parce que toutes les régions n'en sont pas là. Il faut un passé historique et culturel hors du commun. Les Basques ont une langue dont les plus éminents aux linguistes ne savent pas encore d'où elle vient, comment elle a pu se maintenir, et comment, dans ce confin des Pyrénées, elle a pu rester aussi vivace. Les Corses, ce n'est pas la peine que je vous les dépeigne, vous les connaissez.

2:34
Invité

Mais vous n'accordez pas tout ça aux Bretons, par exemple ?

2:36
Jean Lassalle

Les Bretons, ce n'est pas non plus une demande qu'ils font. J'ai une autre politique, à mon avis, qui devrait répondre à ces questions, c'est la création des provinces, qui était une vieille construction, alors elle est trop vieille pour le coup, parce que ça renvoie à l'ancien régime, on ne savait pas très bien où elle commençait, où elle finissait. Mais les régions qui ne servent à rien, en France, devraient pouvoir jouer ce rôle.

2:59
Présentateur

Des régions qui ne servent à rien ?

3:01
Jean Lassalle

Oh, quasiment. Parce que, bon, un petit peu de LGV, par-ci, par-là...

3:05
Invité

Lesquelles ? C'est quoi une région qui ne sert à rien ?

3:08
Jean Lassalle

Par exemple, la région Aquitaine. Je ne vois vraiment pas, alors qu'elle est immense. Il y a 790 km d'un bout à l'autre. Elle est aussi grande que l'Autriche. Il y a, je ne sais, 7 millions d'habitants. Et le pauvre conseiller régional qui part le matin, il a au minimum 450 km à faire. Et s'il a le temps de poser son fessier sur un fauteuil dans la journée, hors de celui de la voiture qu'il conduit d'ailleurs lui-même la plupart du temps, il a beaucoup de mérite. Donc comment voulez-vous avoir une politique à partir de là, complètement pris à sandwich entre l'Union Européenne, l'État, et puis la réalité du territoire qui veut...

3:46
Invité

Donc vous voulez revoir toute la carte de France, toute la carte des régions de France ?

3:50
Jean Lassalle

Oui. Je veux reconstruire l'État, parce que l'État est un symbole, or il ne l'est plus. Il n'y a pas si longtemps, on disait l'État c'est moi. Si vous trouvez quelqu'un aujourd'hui qui vous dit l'État c'est moi, envoyez-le que je le photographie. Plus personne ne reconnaît ça. Donc un État symbole, c'est très important le symbole en politique, et un État outil, de façon à ne pas avoir à faire appel aux cabinets américains pour les réflexions y compris les plus intimes que nous avons à mener. Et ensuite une réorganisation du territoire, de façon à ce que ce soit fluide et que ça fonctionne.

4:23
Présentateur

Réorganiser le territoire, ça va aussi pour le cumul des mandats ?

4:26
Jean Lassalle

Alors, ça va pour le cumul des mandats, mais le cumul des mandats on ne fait qu'un nettoyage. Moi par contre je suis pour le rétablissement du député maire, ou du sénateur maire. Parce que nous avons à Paris actuellement, dans cette mandature, tous les leaders. Vous savez que dans tout groupe humain, c'est comme ça, c'est sociologique, vous avez un leader, vous n'en avez pas deux. Voilà. Mais le leader est monté souvent à Paris, parce qu'il est leader. Il a laissé son adjoint, six mois après ils sont brouillés, parce que celui qui est à Paris...

4:55
Présentateur

C'est comme ça que ça se passe vraiment ?

4:56
Jean Lassalle

Pas systématiquement, mais dans suffisamment de cas, je vous suis suffisamment aguerri pour le savoir, et en tout cas vous poserez la question, vous verrez. Et celui qui est sur place, il a la morsure du chien. Aïe, aïe, aïe, aïe, c'est pas vrai. Donc, quand ça se retrouve...

5:13
Invité

Vous êtes dans la salle, vous avez été pendant 40 ans maire de Lourdios-Icher.

5:17
Jean Lassalle

Bravo, parce que ça c'est difficile.

5:20
Invité

Vous êtes député depuis 20 ans, alors vous êtes contre le non-cumul des mandats, vous voulez le cumul des mandats entre député et maire. Est-ce que malgré tout, il faut des carrières aussi longues en politique ?

5:31
Jean Lassalle

Écoutez, c'est une des questions qui peut se poser. Il fut un temps où cela n'a pas nuit. Oui, nous avons électrifié la France grâce à cela, grâce à l'impulsion donnée par l'État, et au relais efficacement pris, notamment par les communes, qui sont organisées en syndicats d'abord, communautés de communes, mais surtout des syndicats, regardez le syndicat d'énergie, avec sa fameuse petite taxe, qui fait que ça n'a pratiquement rien coûté, sa taxe au kilowattheure installée, a fait que nous aurons pu le faire. L'induction d'eau portable, c'est possible. Donc ça a été une grande chance.

6:06
Invité

Mais vous avez l'impression que la démocratie irait mieux si on revenait sur le cumul des mandats et le cumul en longueur ?

6:12
Jean Lassalle

Non, mais le cumul des mandats dont on a traité, avant, on ne pouvait rien faire, parce que c'était la course à celui qui serait le plus puissant pour être président de région, député, sénateur, maire d'une grande ville, etc. Non, ce n'était pas possible. Là, je suis très précis. Et ensuite, oui, je suis très précis, c'est député-mère, sénateur-mère. Voilà. Ensuite, je veux remettre le maire à l'ordre du jour. Et pour le reste, oui, je pense que ça irait bien.

6:42
Invité

Quant à la durée ?

6:45
Jean Lassalle

Quant à la durée ? Écoutez, si un homme se sent bien, s'il a l'expérience, et s'il garde la confiance de ses compatriotes, parce que c'est à eux de décider. C'est à eux de décider qui... Voilà, je me suis fait un petit malheur. Manque de précision due à une nuit agitée dans un bus entre... Oui, Jean Lassalle vient de renverser son verre d'eau. Ça arrive, c'est pas très grave. C'est un verre d'eau sur la table, on va poursuivre l'entretien à Jean Lassalle. Voilà. Donc, je dis que ça, il n'y a plus urgent, à mon avis, qu'à légiférer. Et puis, il faut aussi que les jeunes montent. Nous devons intéresser les jeunes.

Moi, le jour où j'arrêterai, si Dieu me prête de vie, comme on dit chez nous, je continuerai. Et il faut reformer, de façon à ce que nous ayons de nouveau des partis capables de débattre, et qui est une idée, qui est une vision, de façon à ce qu'il y ait de nouveaux débats.

7:40
Invité

Alors, sur le fonctionnement de la démocratie, vous défendez, vous êtes favorable à un référendum d'initiative citoyenne, comme Marine Le Pen. Vous promettez également de reconnaître le vote blanc, est-ce qu'il y a d'autres ajustements qui sont nécessaires aujourd'hui, démocratiquement parlant, que vous proposez ?

7:58
Jean Lassalle

Je vais m'arrêter, s'il vous plaît, un instant, sur le... Le RIC ? Oui, sur le RIC. Le référendum d'initiative citoyenne. J'organiserai, personnellement, plus souvent des référendums. La France adore et aime, se passionne de politique, mais elle a besoin d'être régulièrement, voilà, consultée. Mais avec le système des présidentielles que vient recouvrir immédiatement la législative, le débat est figé pour Saint-Gaou. Ce coup-ci, il ne va pas l'être. Je ne vois pas comment une chambre, comment Macron peut faire une chambre immédiatement après son élection. Donc, on va retrouver le système de François Mitterrand, Michel Rocard, un peu de 1988, avec une chambre un peu à géométrie variable.

Mais ça sera beaucoup plus...

8:47
Invité

C'est-à-dire pas de majorité pléthorique, en fait, c'est ça ? Voilà. Vous voulez dire qu'Emmanuel Macron n'aura pas une majorité, selon vous, présidentielle, massive, comme il a eu lors de ce quinquennat ?

8:56
Jean Lassalle

Tout est possible. Mais je ne vois pas d'où ça peut venir, en tout cas. Et à partir de ce moment-là, le RIC, oui, parce qu'il y a des électeurs qui disent que puisqu'on n'est jamais consulté sur ce qui est important et décisif, eh bien, il faut quand même qu'on nous consulte. J'ai été mis en difficulté par une de vos consoeurs, qui m'a dit qu'on consulte à propos de tout, y compris le rétablissement de la peine de mort. Et là... Ça vous a fait réfléchir ? Oui, ça m'a fait réfléchir. Je suis très opposé au rétablissement de la peine de mort. Je pense que c'est vraiment une avancée considérable de la civilisation.

Mais bon, je ferai en sorte qu'on puisse répondre à cette question d'une manière très, très démocratique, puisqu'elle a déjà été tranchée une fois.

9:43
Invité

Vous n'êtes pas non plus obligé de la soumettre.

9:45
Présentateur

Jean Lassalle, dans la question de Karine, il y avait aussi la référence au vote blanc que vous souhaitez faire reconnaître. Que se passerait-il si le vote blanc arrivait en tête d'un scrutin ?

9:56
Jean Lassalle

Et c'est exactement ce qui se produirait s'il était reconnu. Eh bien, c'est la manière pacifique de redémontrer aux citoyens qui ne se croient plus citoyens aujourd'hui. Ils se prennent pour un individu éparpillé aux quatre coins, en train de courir après le passage d'un tsunami. s'il redevient citoyen, il reformera société et un peuple. Et un peuple exige de l'organisation. Donc, si M. Blanc arrive en tête, M. Blanc ne peut pas diriger. Donc, on revote ? Qu'est-ce qu'on fait ? Oui, on revote tout de suite.

10:31
Présentateur

Mais on revote jusqu'à ce que...

10:33
Jean Lassalle

Eh bien, là, moi, j'ai prévu pour le faire passer deux fois. Mais avec une seule fois, et la deuxième fois, on prend une seconde. Bien sûr, on ne peut pas rester comme ça. Mais le problème aura été largement posé, et ce qui fait qu'après une campagne qui n'aura servi strictement à rien sur ces grands domaines, sur ces grands problèmes d'organisation très profondes, qui touchent les Français, on aura enfin le début du débat, parce qu'il faudra quand même en sortir.

10:59
Invité

Alors, vous voulez rétablir, c'est ce qu'on lit dans votre programme, Jean Lassalle, vous voulez rétablir l'ISF, l'impôt sur la fortune, vous voulez un RSA élargi aux jeunes, également un SMIC à 1 400 euros par mois, un toit pour tous les sans-abri, vous voulez nationaliser certaines entreprises dans les secteurs clés de l'économie. Est-ce qu'on peut dire que vous êtes de gauche, Jean Lassalle ?

11:20
Jean Lassalle

Mais il n'y a plus de gauche, et il n'y a plus de droite. Ou alors, dites-moi comment ça s'est structuré. Est-ce que vous le déplorez

11:27
Présentateur

qu'il n'y ait plus de gauche et plus de droite ? Vous le déplorez ou vous le constatez simplement ?

11:30
Jean Lassalle

C'est-à-dire, je n'ai pas à le déplorer ou à m'en féliciter. Je regrette surtout qu'il n'y ait plus d'organisation qui ait succédé à cet état de cause et qui organise le débat.

11:41
Invité

Malgré tout, il y a des valeurs. Vous pouvez défendre des valeurs de gauche et des valeurs de droite. Je crois que ça existe encore.

11:45
Jean Lassalle

Oui, mais les valeurs, je pense qu'elles sont un peu partout. Je défends des valeurs universelles. Je suis un humaniste convaincu. Et je crois qu'être aujourd'hui le seul à pouvoir parler à l'ensemble de l'échiquier politique et à mettre en place un gouvernement de salut public.

12:00
Invité

Donc, vous ne trouvez pas que ce sont des mesures de gauche ? Ça ne vous rapproche pas, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon ?

12:06
Jean Lassalle

Si vous me demandez si je me sens plus près de Jean-Luc Mélenchon que d'autres candidats, je vais vous répondre oui. Ça, c'est structurel. C'est dans mon idée depuis longtemps. Mais Jean-Luc Mélenchon a ce problème. C'est qu'il a trois ou quatre candidats qui lui piquent des voix et c'est plutôt les systèmes. Nous n'avons plus un modèle démocratique. Nous l'avons vu pendant 40 ou 50 ans, quasiment à l'égal d'Athènes. Athènes qui ne dura pas, mais peut-être mieux parce que les femmes n'étaient pas traitées du tout, et très mal d'ailleurs, et il y avait des esclaves. Alors, en quoi ne sommes-nous plus en démocratie, comme vous dites ?

Nous ne sommes plus en démocratie parce que, d'abord, nous n'avons plus la capacité à organiser de vrais débats faute de propositions précises et qui permettent d'identifier. Moi, je verrais, par exemple, deux éléments qui permettraient de créer au moins deux mouvements. C'est-à-dire ceux qui sont pour la poursuite de ce processus funeste de mondialisation qui efface les États, qui efface toute organisation humaine humaine au profit de l'unique finance, la finance pour la finance, cherche un tout et qui nous ramène d'ailleurs à l'humanité tragique parce qu'elle ne fut que ça. Vous voulez mettre

13:27
Invité

fin à l'hyper-finance, c'est ça que vous dites ?

13:30
Présentateur

Comment ? Votre ennemi, c'est la finance aussi, et vous ? Oui, mais...

13:33
Invité

Mais comment on réduit cet ennemi-là ? Vous voulez vous y prendre comment ? Parce que tout ça, ce ne sont que des mots

13:39
Jean Lassalle

pour l'instant. C'est l'autre aspect du débat, mais je ne peux pas faire le débat tout seul. c'est retrouver une forme, enfin, retrouver l'homme qui retrouve l'homme, c'est-à-dire un débat de proximité suffisamment fort pour qu'il s'impose à nouveau à chaque couche, à chaque niveau, jusqu'au plus haut sommet. Et c'est à la France à donner ce signal. Elle l'a fait dans le passé. Nous sommes déclarés les premiers le peuple souverain. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, lorsque vous l'avez lue, vous n'avez plus grand-chose à lire pour savoir ce qu'on peut faire en matière d'hommes et en matière de citoyens.

Et surtout, vous découvrez que face à l'humanité tragique, il y a l'élévation par la civilisation. Les civilisations nous ont élevés et nous ont sortis du règne animal dont nous venons, du je te mange, parce que je suis plus fort que toi.

14:31
Présentateur

Ça, c'est la grande théorie. Dans la pratique, ce matin, samedi matin, un électeur sur trois n'a pas envie d'aller se déplacer aux urnes dans huit jours. Que dites-vous, Jean Lassalle, à ceux qui n'ont pas envie d'aller voter

14:43
Jean Lassalle

dans huit jours ? D'abord, je vous le confirme, hélas, c'est une tendance que je vois avec mon bus depuis une semaine, disons, depuis mon passage à Strasbourg et partout. J'ai des personnes qui montent dans mon bus, qui viennent, ils sont chaleureux, ils sont sympathiques, ils rient, etc. Dès qu'on parle politique, ou alors dès qu'ils vont à une caméra de télévision... Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Non, c'est le blocage. Ils disent, on ne fait pas de politique. Ils n'ont pas envie de parler. Et j'en ai, encore hier soir, qui m'ont dit, vous savez, Jean Lassalle, on vous aime bien.

15:16
Locuteur non identifié

Mais ?

15:16
Jean Lassalle

On voterait même pour vous, mais en votant, on va encore rentrer un peu plus dans le système, or nous n'en voulons plus. Et ça, vous avez raison, c'est quelque chose que j'entends. Est-ce que c'est ce qui va se réaliser ? J'espère que non. Parce qu'il suffirait, et je le dis très clairement à votre micro de France Inter, si 4 ou 5% de ceux qui croyaient faire ça, vous votez pour moi, eh bien, tous les calculs dans l'IFORM et dans la SOFRES tombent à l'eau. Et croyez-moi, je ne vais pas pleurer. Cela dit,

15:49
Présentateur

les instituts de sondage confirment qu'il y aura probablement un fort taux d'abstention.

15:53
Jean Lassalle

Mais ils ne confirment rien du tout. Ils sont des prescripteurs de vote, pour une simple et bonne raison, je l'ai vu, et si ils avaient existé de cette manière-là, je n'aurais jamais pu faire de politique en venant d'où je viens, c'est que c'est devenu des prescripteurs impératifs. C'est-à-dire qu'à force de vous mettre à 1%, imaginez, vous êtes à 1%, vous le portez sur le front, eh bien, le monsieur ou la dame veut aller voter, mais son compagnon ou son compagnon de vie lui dit, la salle, mais t'as vu, il y a 1%, ah oui, t'as raison, c'est plié, alors je n'y vais pas. Vous êtes à 2,5% pour l'instant, je crois. Oui, vous voyez. Et comment vous commentez ça ?

Ben, c'est-à-dire je paye des mois de non-exposition, j'ai eu le bonheur de participer à la primaire des Verts qui a pris tout l'été, à l'ascension fulgurante du Zemmour de M. Bolloré pendant des mois et des mois, tout le monde le poussait au cul, les uns pour en dire du bien, les autres pour le critiquer, et puis ensuite la primaire des Républicains, et pour les autres, rien. Or, la France ne se résume pas, on le voit bien, qu'à ses seules forces. Donc je paye ça.

16:58
Invité

Alors, défendez vos idées et votre programme, ça vous permettra sans doute de mobiliser les abstentionnistes. Dans votre programme, justement, en bonne place, vous annoncez vouloir rétablir un service national, civil ou militaire, universel.

17:11
Jean Lassalle

Oui.

17:12
Invité

Il sera obligatoire ou pas, ce service national ?

17:14
Jean Lassalle

Oui, absolument obligatoire, c'est la mesure la plus chère. Pour tous les jeunes du contingent, c'est-à-dire 700 000 jeunes, tous les ans, environ, statistiquement, d'après la population de notre pays. Pourquoi ? Parce que je ne vois pas comment on peut refaire société et comment on peut reconstruire la jeunesse qui est notre prolongement immédiat, c'est demain, dans notre pays, sans cela. Il n'y a strictement aucune relation, ni physique, ni épistolaire, ni quoi que ce soit, entre un jeune de milieu très rural, puisque pour le coup, on le dit, et les banlieues que j'ai visités, notamment. Je suis aussi député du 7e.

Je ne suis pas député du 7e, mais je passe plus de temps dans le 7e, arrondissement de Paris, que dans les Irénées-Atlantiques. Non, il faut faire se retrouver et pour ce faire, ils iront, je les réunis tous. Donc,

18:10
Invité

les garçons et les filles ?

18:12
Jean Lassalle

Ah, bien sûr.

18:12
Invité

À partir de 18 ans ? Comment ça marche ?

18:14
Jean Lassalle

18 ans. Il faut prendre une date. 18 ans, et ça dure un an ? 29 mois. Avec maniement des armes ? Pour ceux qui le souhaitent.

18:22
Présentateur

Et ceux qui ne le souhaitent pas, qui font objection ?

18:24
Jean Lassalle

Ah, ceux qui ne le souhaitent pas non plus, parce que j'étais pour l'objection de conscience lorsque j'étais jeune, je n'avais pas changé d'avis à mon âge. Donc, il y en a qui ne veulent pas manier les armes, il y en a qui ont une conception, ce n'est pas les majoritaires, mais c'est ainsi. Mais par contre, les autres, ils ont largement de quoi faire avec les hôpitaux qui manquent de bras, les campagnes qui manquent de bras, les banlieues où il y a des médiateurs à installer.

18:47
Invité

Ça peut être un service civil ou un service militaire ?

18:50
Jean Lassalle

Les deux,

18:51
Invité

l'un ou l'autre.

18:52
Jean Lassalle

Je donne, s'il vous plaît, juste pour en finir, je donne la possibilité de repasser tous les permis de conduire, parce que ça, c'est un avantage considérable, on ne perd pas son année. La première feuille de retraite, fiche de retraite la plus difficile à avoir, et surtout, ils vont échanger leur 06 et leur mail. Ce qu'on ne fait plus.

19:13
Présentateur

Il est 8h37 sur France Inter, Jean Lassalle, on va vous soumettre aux questions des auditeurs de France Inter. Merci beaucoup. Avec un premier auditeur, c'est Gérard André qui nous appelle de Lyon. Bonjour Gérard André. Oui, bonjour, bonjour, monsieur, monsieur Lassalle. Bonjour Gérard André. Oui, écoutez, je vous trouve très, très estimable. Bon, si vous n'étiez pas intervenu sur la dernière partie sur la question du service militaire et tout, je trouve, je suis à l'opposé de votre, de vos opinions en général, je pense, mais je vous trouve très estimable et beaucoup, très clairvoyant.

Alors, cela dit, ce n'est pas pour vous flatter parce que je suis un artiste et directeur du théâtre de la Closerie dans Lyon et la question qui me préoccupe principale, c'est la question culturelle qui fait aussi lien avec tous les gens dans ce pays. Quelle est la politique culturelle que vous mèneriez pour la France et aussi pour les régions ? Jean Lassalle va vous répondre. Et aussi, quel est le budget que vous consacreriez ? Parce que la divergence que j'ai avec vous, c'est la question, justement, vous abordez la question du service militaire, ça peut être une bonne position. C'est civique.

Mais je pense qu'aujourd'hui, il vaudrait mieux parler de paix que de parler de réarmer ou de mettre en situation les jeunes gens par long du travail.

20:48
Invité

Vous avez été très clair. Donc, votre programme culturel pour la France, Jean Lassalle, ces cinq prochaines années, si vous êtes élu président de la République ?

20:56
Jean Lassalle

D'abord, merci à notre auditeur que je trouve à son tour très clairvoyant à mon tour. Alors, effectivement, moi je commence dès l'école primaire, il faut qu'à l'école primaire, je puisse trouver la solution de mobiliser à nouveau la famille et les parents. Ils le font largement plus qu'ils ne le faisaient il y a 10 ou 15 ans pour qu'ils assument une partie de l'éducation des enfants. On ne peut pas tout laisser au propre maître d'école ou à l'instituteur. Il y a un grand progrès. Mais je crée un comité de suivi avec le parent d'élève, avec un psychologue, avec un instituteur ou une institutrice à la retraite, des gens qui ont l'habitude, pour assister à la maître d'école.

Et on verra très vite apparaître notamment l'artiste. Parce que l'artiste, on le voit assez vite, soit parce qu'il est virtuose, son dessin, son manière de marcher, de se comporter, ou alors les blocages qu'il a parfois vis-à-vis de ses amis vous font le découvrir. Mais qu'est-ce que vous faites pour les opéras ? Qu'est-ce que vous faites

22:00
Invité

pour les théâtres ? Qu'est-ce que vous faites pour les salles de culture ?

22:02
Jean Lassalle

Il faut déjà commencer. Alors, ensuite, il faut remettre sur les frontons, quasiment partout, que la culture a été toujours le point de départ et le soutien de toute civilisation depuis la nuit des temps. Donc, il faut que je trouve, là, je n'allais pas chiffrer, vous avez raison, j'aurais dû le faire, les moyens nécessaires à ce qu'on relance. Il y a de plus en plus de jeunes, d'ailleurs, et ça me fait énormément plaisir, qui vont dans les grandes écoles pour apprendre la musique, pour apprendre l'archéologie, pour apprendre, enfin, tout ce qu'on peut apprendre lorsqu'on est un artiste. Mais c'est les moyens qui font très cruellement défaut.

Donc, je ferai, comme je fais pour les campagnes de France Grande Cause Nationale, je ferai certainement un prélèvement ailleurs. Il faut d'abord que je fasse un état des lieux. C'est pour ça que j'ai dit que je voulais d'abord rencontrer ceux qui savent exactement où nous en sommes.

22:57
Invité

Donc, après l'événement, vous voulez dire un impôt ou une taxe pour financer, en fait, votre politique culturelle. Si on peut éviter

23:02
Jean Lassalle

les taxes aujourd'hui, je pense qu'il doit y avoir, c'est-à-dire, on peut peut-être trouver un moyen sur les futurs spectacles construirent ces jeunes, un peu comme pour les médecins que j'invite à s'installer dans nos territoires en leur payant les études entièrement s'ils se mettent à la disposition de la République. C'était le cas pour les hussards noirs à une époque où personne n'en y croyait. Eh bien, je dois faire la même chose pour la culture.

23:29
Présentateur

Il nous reste deux minutes dans la salle.

23:30
Jean Lassalle

Mais il faut la rame

23:30
Présentateur

de nouveau prioritaire, chers amis. Et la question de Véronique qui voudrait vous interpeller au standard. Véronique, bonjour.

23:37
Auditeur

Véronique, bonjour.

23:40
Présentateur

Ah là, c'est la recette. On est dans la recette de gâteau, je crois bien. Véronique, vous nous entendez ? Ah ben, c'est moi. Ben oui, vous êtes à l'antenne. Bonjour. Bonjour Véronique. Quelle était votre question à Jean Lassalle ce matin ?

23:51
Auditeur

Bonjour, monsieur Lassalle. Bonjour Véronique. Je voulais savoir quelle est la position de monsieur Lassalle sur le sujet de l'euthanasie. Peut-être si on a le temps sur le sujet du cannabis aussi.

24:05
Présentateur

On va se concentrer si vous le voulez bien d'abord par ordre sur l'euthanasie. Jean Lassalle, seriez-vous un président qui légaliserait l'euthanasie en France ?

24:12
Jean Lassalle

C'est un long cheminement intellectuel et moral en ce qui me concerne. Je crois qu'il y a eu beaucoup de progrès qui ont été faits, la dernière loi notamment y a aidé, mais il existe, Véronique, des cas où je pense qu'on ne peut pas faire autrement. Lorsque la personne si malade a signifié très clairement qu'elle ne pouvait plus supporter cette vie insupportable, qu'il n'y avait plus aucun espoir, je pense qu'il faudra l'encadrer, le faire avec des proches, mais il faudra certainement l'organiser.

24:48
Présentateur

Jean Lassalle, il nous reste quelques secondes pour vous poser quelques questions plus intimistes, plus personnelles. A la revue catholique qui vous pose la question sur la religion, vous répondez Jésus, c'est mon petit frère, il est couillon comme moi, il parle quand il devrait se taire. Durant ces 25 dernières minutes, il y a des moments où vous auriez préféré vous taire et où reprendre une question, reprendre une réponse surtout.

25:11
Jean Lassalle

Non, le dernier aspect, je l'ai fait en réfléchissant, mais vous savez que quand vous dites des choses aussi lourdes de sens, il faut toujours y mettre comme faisait Jésus-Christ des paraboles, vous comprenez ? Donc c'est ma parabole à moi. Je ne me considère pas du tout d'ailleurs comme un couillon, mais il faut quand même le reconnaître soi-même avant que les autres ne le disent trop haut. Donc, voilà, je suis un couillon moyen qui essaye de faire avancer les choses.

25:40
Présentateur

Eh bien, merci d'être venu le dire aussi sincèrement ce matin sur France Inter, Jean Lassalle, qui était invité de cette matinale candidat à la présidentielle et on vous souhaite...

25:50
Jean Lassalle

Je veux remercier France Inter parce que j'ai eu des mots qui ont été durs, mais aujourd'hui, j'ai adoré cet échange où j'ai pu exprimer mes idées.