Master Poulet : pourquoi une telle polémique ? - C Ce Soir 30 avril 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On préfère inviter des chefs étoilés, on préfère parler des 600 restos étoilés en France plutôt que des 8 millions de personnes en précarité alimentaire aujourd'hui. »
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« Les fruits et les légumes, c'est ce qui est le plus cher en France et on sait que les cadres mangent 50 % de plus de fruits et légumes que les ouvriers. »
- 5:30animateurFait
« On élève des poulets en batterie. On a des lobby au Parlement, à la Commission européenne qui font tout pour que on produise encore plus et on jette de plus en plus. »
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depuis de depuis quelques jours, mais je crois que c'est un très bon prétexte pour parler de ce dont on aime pas trop parler à la télé ou à la radio. On préfère inviter des chefs étoilés, on préfère parler des 600 restos étoilés en France plutôt que des 8 millions de personnes en précarité alimentaire aujourd'hui. De l'aide alimentaire qui voit doubler depuis 10 ans la population qui vient.
Donc c'est un très bon prétexte pour parler à la fois de la responsabilité politique euh de la responsabilité aussi des médias hein dans la publicité qu'on fait à ces marques-là. Et je ne parle pas je pas stigmatiser évidemment encore une fois Master Poulet ou KFC ou autre, je parle de tout ce qui est trop gras, trop sucré, trop salé. Je pense que il y a eu récemment le les le Royaume-Uni qui a interdit les publicités à partir de de avant 21 après 21h pardon sur les produits gras sucr et salés pour pas justement pour lutter contre l'obésité infantile notamment sur internet c'est terminé en France on a toujours pas sauté le pas on sait très bien que il y a des gros enjeux financiers aussi sur les chaînes de télévision privées notamment moi je trouve ça intéressant parce que au-delà de cette bataille montée clairement en tête d'épingle avec de camps qui s'affrontent, des gens qui font s'affronter de camp.
PS LFI, on en a parlé tout à l'heure. Moi le problème que j'ai, c'est que je pense pas que les gens aiment mieux le poulet que le bœuf. On le sait.
C'est parce que en fait le poulet, vous l'avez rappelé Jérôme, est largement moins cher, mais aussi parce qu'aujourd'hui c'est l'élevage he qu'il faut qu'il faut prendre en compte. On élève des poulets en batterie. On a des lobby au Parlement, à la Commission européenne qui font tout pour que on produise encore plus et on jette de plus en plus.
Et même si on produisait plus, les gens ne mangeraient pas à leur faim. Et ce qui est important à dire, c'est aussi que on parlait de de contrainte. C'est pour moi, c'est le mot en fait, c'est qui mange là-bas et pourquoi.
H tout le monde mange du testicrousti, du poulet, tout le monde mange au Mcdo, tout le monde mange au KFC, au Burger King, tout le monde mange master poulet. En revanche, la question c'est est-ce qu'on a le choix ? La question c'est d'une part qu'est-ce qu'on a le choix ?
Et quel est le symbole derrière ? Quel symbole culturel identitaire qu'il y a derrière les kebabs ? On l'a vu he le RN instrumentalise les kebabs en parlant de kebabisation des centre-ville et donc évidemment il y a un procès qui est fait à monsieur le maire procès en classisme en gentrification et cetera mais moi je me dis quand les gens qui ont un fort pouvoir d'achat vont manger un poulet frit qui a été fait par un ancien candidat de Top Chef Ouais ça ne semble déranger personne. [raclement de gorge] Et ces gens vont s'installer dans des arrondissements de Paris.
H et là la symbolique elle est pas la même. Donc sur un même produit on a aussi une symbolique différente. Donc quand un riche va manger du poulet frit, ça se passe bien.
Mais quand quelqu'un d'une classe populaire va manger du poulet frit, il y a un jugement de valeur qui est fait. Pourquoi ? Parce qu'on estime que la personne modeste ne mange que ça.
Bravo. Et on oublie un chiffre quand même pour terminer. Euh aujourd'hui, on le sait, les fruits et les légumes, c'est ce qui est le plus cher en France et on sait que les cadres mangent 50 % de plus de fruits et légumes que les ouvriers. [raclement de gorge] J'allais venir vers vous euh Flora, mais ce que je viens de dire Nora Bos me fait penser à une phrase que disait Frédéric Dor en préparant l'émission.
Vous disiez, faut qu'on fasse attention parce don pas donner de leçons parce que ce sont toujours les bourgeois qui disent aux pauvres comment manger. H ah bah ah oui, c'est le riche qui regarde dans le dans le frigo du pauvre qui lui dit que penser, où aller pour ses loisirs, que voter et et que manger. Quand j'ai fait mon enquête avec Alexis Génie sur la précarité alimentaire qui fait l'objet de ce livre avec Boris Tavernier qui entre-temps est devenu est devenu député qui porte le projet de sécurité sociale de l'alimentation, on a visité des gens qui n'avaient rien mais alors rien.
Et ces gens nous disaient tous la même chose. Nous en tant que po finalement soit quoi on a droit je les cite c'est de la merde. C'est-à-dire c'est des plats préparés, c'est des plats préparés achetés sur commande de la Commission européenne, c'est dans les quartiers où ils vivent que du fast food.
Ils nous ont dit euh tous sans exception, moi j'ai des enfants, je sais que c'est pas bien pour eux, mais j'ai pas les moyens d'acheter autre chose. Euh d'où l'intérêt d'avoir des épiceries sociales et solidaires, d'avoir des structures qui euh qui bah qui essayent en négociant directement avec les agriculteurs d'amener des produits des produits de qualité, des produits bio. Après euh moi je suis je suis très mal à l'aise avec tout ça, mais vous êtes là quand même.
Mais oui. Non mais je en fait j'ai j'ai un mal de chien à délivrer mon opinion parce que j'ai pas envie de donner l'impression que je donne une leçon. Les gens ont le droit et je comprends quand on a pas les moyens qu'on va là.
C'est le plus simple, on se remplit vite. Il y a aussi un aspect psychologique. Quand on est considéré par la société comme un comme un rebut social, comme un déchet qu' qu'on est en cité, qu'on est au chômage, qu'on aura ça, on va se remplir qu'il le dit, c'est les psychologues.
Donc on va se remplir avec des choses qui remplissent vite. Donc avec du poulet, avec du riz. Il y a autre chose derrière le poulet.
Vous l'avez dit, j'ai j'ai lu la Bible selon Fourquet avant, kebabisation de la société et puis avant il y a eu les fast food, les pizzas. Là aujourd'hui, on est sur le poulet. C'est aussi un facteur culturel.
Manifestement, il y a de plus en plus de gens qui culturellement aiment le poulet de par leurs origines. Et puis le poulet, c'est moins cher. Le poulet ça veut dire quoi ?
Qui aime le poulet culturellement de par leurs origines ? Parce quoi ? Qui ne mangent pas de porc.
Donc il qui mangent pas de porc. Don pardon. Oui.
Qui mange pas de porc, qui soit à ou cacher donc ils vont qui vont se reporter sur le poulet. Euh et puis le poulet bah effectivement il a plus bonne presse et aussi comme ça qu'on l'a vendu nous autres journalistes écol environnement acheter du poulet c'est moins pire que d'acheter de de la viande rouge. Euh et puis je termine là-dessus derrière tout ça euh et c'est ce qu'on a observé dans notre enquête avec Alexis et et Boris, c'est qu' aussi une déculturation alimentaire au sens où il y a des enfants qui n'ont jamais vu leurs parents faire à manger pour des raisons X ou Y et c'est devenu comment dirais-je aller au marché travailler des légumes, c'est presque devenu aussi compliqué que de pousser la porte d'une librairie.
Si les gens n'achètent pas de livre, c'est moins pour le préd que pour le le fait que culturellement, c'est pas un lieu pour nous. Il y a des gens qui culturellement, de par leur histoire familiale, aller au marché, c'est pas fait pour nous. Et donc, c'est plus simple d'aller acheter du poulet, du riz.
Et sur ce que vous disiez, c'est pas le pire effectivement, comment il s'appelle ? Master parce que c'est du poulet, c'est du poulet rôti. Non, ce qui ce qui est embêtant derrière, c'est je vais pas faire un cours de nutrition, c'est que ce soit que du riz et puis du soda.
Et c'est là où on crève considérablement le bénéfice alimentaire. Donc je vous entends et je donne la parole à Flora Gbali. Pas de leçons de morale mais malgré tout vous n'êtes pas un servant défenseur de de ces enseigne et de sa multiplication.
Je suis désolé de voir que dans les quartiers populaires, il y a plus que ça. D aux gens qui ont peu de moyens, on ne leur offre que ça. Alors même que se développe les bouillons un peu partout à Paris et en banlieu qui promettent de diminuer des repas à peu près équilibrés à l'échelle de 10 €.
Et puis pour terminer là-dessus finalement Oui. parce qu'il pourrait y avoir un bouillon à la place du Master Poulet. C'est vrai, il y en a déjà un en face.
Ouais. Oui, mais mais mais mais mine de rien, ça pour le même prix 10 €. 10 € mine de rien, ça convoque.
Enfin, qu'est-ce qu'on a envie de donner à manger aux gens et à nos enfants ? Et c'est là où on voit l'importance des des cantines scolaires dès lors qu'elles sont bien alimentées. C'est le seul endroit où les enfants peuvent manger correctement.
Votre regard Flora Gbali sur ce sur cette polémique. Euh moi ce qui m'a intéressé cette semaine c'est de voir pourquoi cette affaire qui euh est somme toute un peu banale, désolé à Karimran, mais je veux dire c'est une histoire municipale d'un d'un maire qui prend une décision sur un commerce dans sa ville. Je pense que ça arrive tous les jours en France.
Pourquoi cette histoire là s'est emballée, c'est enflammé et qu'est-ce que ça dit de notre de notre époque ? Ce que j'ai pu observer sur les réseaux sociaux notamment, c'est à quel point il y a des manipulateurs d'émotion qui ont monté dans les tours cette affaire. Alors, j'ai nommé LFI entre autres et le député Éric Cocrel qui s'est emparé de cette histoire parce que c'est un peu du pain béni pour manipulateur d'émotion.
Je m'explique, elle cumule tous les hashtags à buzz. Donc évidemment Master Poulet, c'est Halal. Donc on peut prendre le hashtag halal.
Euh on parle, c'est aussi une chaîne qui est très appréciée par les jeunes et les étudiants, très présent sur les réseaux sociaux. Euh et donc euh il y a euh une somme de hashtags à additionner, c'est aussi le combat de deux gauches que certains veulent irréconciliables. Euh donc c'est la bataille LFI contre le PS euh qui est rejouée sans cesse.
Et moi ce qui m'a intéressé c'est pourquoi d'un coup on passe une semaine à parler de Master Poulet et de cette affaire à Saint-Touin d'un seul commerce. Euh et euh je crois que aujourd'hui le problème que ça pose euh c'est que le politique, le parti politique en l'occurrence euh qui s'est posé les thèmes du débat euh gagne la bataille culturelle sur les réseaux sociaux et aujourd'hui c'est devenu un sujet très identitaire. Donc euh j'ai vu des comptes écolo dire "Je suis végétarien mais je défendrai toujours le poulet.
Touche pas à mon poulet, hashtag poulet." Et on a vu ça toute la semaine. Moi ça m'étonne que des comptes végétariens prennent cette cause là.
Il y a plein d'autres causes qui sont disponibles pour eux. Et ce que ça dit, c'est que aujourd'hui c'est ceux qui manipulent les émotions dominent le débat politique. Et moi ça m'embête parce que on a un gros débat à avoir sur la question du fast food, la question de la malnutrition notamment dans les catégories les plus précaires de la population.
Et en fait, on va être en de parler touche pas à Montpoulet, c'est de l'islamophobie. Évidemment, on a on a eu ce procès-là euh enversou parce qu'il y a eu le procès en classisme mais aussi en racisme qui a été fait parce que ce serait s'opposé à une chaîne de poulet à le problème de cette logique là instrumentalisée par LFI et souvent instrumentalisé par LFI, c'est que on rentre dans la dynamique identitaire du E contre nous et aujourd'hui les réseaux sociaux sont divisés en deux catégories, les pro master poulet, les anti master poulet et donc on peut plus avoir un débat de fond et je suis contente que ce soir on puisse aussi discuter d'autres sujets parce que je crois croit que si on est quand même à 1 an jour pour jour de la présidentielle, si on passe un an à débattre de qu'est-ce qui enflamme le plus Twitter, on va rester sur des sujets qui ce qui est vrai, c'est qu'on c'est qu'on parle rarement de l'alimentation ou alors quand on parle des sujets d'agricultur Yeah.