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interviewC dans l'air· 3 novembre 2021 4 min

Macron - Johnson : rien ne va plus ! - Reportage #cdanslair 02.11.2021

Transcription Whisper (large-v3). À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Boris, le gladiateur, contre Macron, le perturbateur. Avis de tempête dans la presse anglaise, très remonté contre la France dans la crise des navires de pêche. Pourtant Paris a fait une concession hier en reportant de 48 heures son arsenal de sanctions contre le Royaume-Uni, accusé de délivrer trop peu de licences aux pêcheurs français. Emmanuel Macron veut donner une chance aux discussions, alors que ce week-end, la tension entre les deux pays est montée d'un cran.

0:30
Emmanuel Macron

Si les Britanniques continuent à nous dire et à agir comme s'ils ne voulaient pas mettre en œuvre un accord, ce qui a été signé, ou commencer à bouger, je le regretterai. Mais nous ne pouvons pas ne pas répondre et ne pas défendre nos pêcheurs.

0:46
Invité

Vous savez, cette affaire c'est du pipi de chat comparé à la menace globale du changement climatique.

0:51
Présentateur

D'après Paris, le Royaume-Uni refuserait d'accorder la moitié des licences demandées pour pêcher au large de l'île de Jersey. Résultat, des dizaines de pêcheurs immobilisés à quai et très en colère.

1:05
Invité

En espérant qu'on ne baisse pas notre culotte et qu'on va jusqu'au bout. Moi, comme je n'ai pas la licence, je suis du genre, il ne faut rien lâcher. Ils veulent être chacun chez soi, à ce moment-là, chacun chez soi. Mais du coup, ils ne viennent pas chez nous. On est députés, on ne peut plus rien dire. On sait qu'on n'a personne qui nous écoute, on n'a personne derrière nous. Donc, il n'y a plus grand chose à faire.

1:32
Présentateur

Si Londres ne plie pas d'ici jeudi, la France pourrait mettre ses menaces à exécution. Interdiction pour les navires britanniques de débarquer leur cargaison dans les ports français. Et renforcement des contrôles douaniers pour les camions de marchandises. L'escalade diplomatique.

1:49
Invité

Notre patience atteint ses limites. Et il y a une volonté manifeste qui est exprimée de ne pas respecter l'accord. Les menaces proférées par la France sont totalement inacceptables. Les premières mesures que nous mettrons en application dès le début de semaine prochaine pourront être complétées s'il n'y a pas de gestes des Britanniques. Si ces menaces sont appliquées, nous répondrons de manière appropriée et calibrée.

2:13
Présentateur

À Jersey, les autorités dépendantes de la couronne britannique accusent la France d'être trop gourmande et dénoncent un calcul politique.

2:21
Invité

« On est parti avec un effort de pêche comme ça. Et le contrat, l'agrément international, maintient cet effort de pêche. Il faut que ce soit le même en 2022. La même quantité de pêcheurs, le même effort de pêche. Et pour nous, ça c'est la clé. Parce qu'on pêche déjà trop dans les eaux de Jersey. Et on ne peut pas accepter d'une façon ou d'une autre que cet effort grandisse. Si on nous rajoute 50 bateaux pour faire plaisir, parce que politiquement, ça permettra à Macron d'être réélu, très bien, moi ça m'est égal, je n'ai rien contre M. Macron. Mais dans deux ans, il n'y a plus de poissons.

2:57
Présentateur

En France, en tout cas, l'affaire devient politique. Les gros poissons de l'opposition reprochent à Emmanuel Macron de ne pas aller assez loin dans son duel avec Boris Johnson.

3:06
Invité

Les îles anglo-britanniques, Jersey-Garnaise, nous les alimentons en électricité, on va leur faire payer beaucoup plus cher l'électricité. Je ne veux pas. On leur couperait l'électricité ? Je viens de vous dire, faisons leur payer beaucoup, beaucoup plus cher. Ce que je veux, ce n'est pas appliquer ces sanctions-là. Je veux que le gouvernement britannique comprenne et change l'attitude. C'est un bras de fer. Il ne faut pas avoir peur d'être dans la compétition, éventuellement dans la guerre commerciale. Il faut évidemment utiliser les moyens d'attention dont on dispose, mais à ce moment-là, il faut sortir encore du modèle du libre-échange.

Les britanniques font 90% de leur exportation, de leur pêche, sur le marché européen. Et bien à ce moment-là, on leur a donné la possibilité d'accéder au marché européen sans droits de douane ni quota.

3:47
Présentateur

Une réunion entre les ministres concernés, français et britanniques, aura lieu jeudi pour tenter de mettre fin à 10 mois de conflit et rétablir le calme au large de la Normandie. Merci.

3:57
Locuteur

Merci. Merci.