Louis Aliot : "Les Français veulent du changement avec Marine Le Pen et Jordan Bardella !" (LCI)
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Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
Est-ce que le débat tel qu'il est aux États-Unis va inspirer ce qui se passe en Europe ?
- 4:47OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une question de droit ou faut-il admettre que le peuple devra voter sur l'immigration ?
- 5:56OuverteRéponse directe
Est-ce que oui ou non, c'est une question de droit, ou est-ce qu'il faut admettre que le peuple devra voter là-dessus ?
- 9:52OuverteRéponse directe
Pensez-vous que le peuple ne pourrait pas voter sur l'immigration ?
- 11:29OuverteRéponse directe
Si vous êtes au pouvoir, ça veut dire que juste après, il y a un référendum sur l'immigration ?
- 12:08OuverteRéponse directe
Quelle est réellement la question ? Est-ce qu'on peut voter un texte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08Invité politiqueFait
« des juges qui empêchent la volonté du peuple sur les questions migratoires, les questions de référendum. »
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« on peut remarquer une politisation de la justice. »
- 2:46PrésentateurFait
« c'est mettre un ancien président de la République en prison, alors qu'il fait appel, qu'il est donc réputé innocent, mais que cette exécution provisoire va l'obliger à aller passer quelque temps en prison. »
- 3:59InvitéFait
« la justice, presque systématiquement, fait incarcérer des gens qui font appel. »
- 5:42PrésentateurFait
« le référendum est à la base même de la Ve République, et c'est l'article 3 de la Constitution qui le dit. »
- 7:32PrésentateurFait
« Les Français ont dit non à la constitution européenne. »
- 20:07InvitéFait
« Mme Le Pen aimait, politiquement parlant, jusqu'à très peu de temps, c'était M. Poutine et M. Trump. »
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On a vu combien c'était un thème des derniers jours, des juges politisés selon les adversaires des décisions prises concernant Marine Le Pen ou Nicolas Sarkozy, des juges qui empêchent la volonté du peuple sur les questions migratoires, les questions de référendum. Premier regard là-dessus pour vous, est-ce que le débat tel qu'il est aux États-Unis, là aussi, va inspirer ce qui se passe en Europe, Louis Alliot ?
Alors, je ne sais pas s'il va s'inspirer, mais il y a des similitudes, évident. Mais je ne crois pas que ça bloque non plus la démocratie. Ça dépend du contexte, ça dépend des affaires, évidemment des décisions. Chacun voit midi à sa porte. La seule chose qu'on peut dire, c'est qu'on peut remarquer une politisation de la justice. Ça, je crois qu'on peut le dire, avec le syndicat, notamment le fameux syndicat de la magistrature. Mais pour autant, j'allais dire, on est quand même une démocratie. Le débat est ouvert et les gens peuvent voter. Et si les gens ne sont pas contents du système, ils voteront pour les forces qui changeront le système. Donc il faut quand même rester optimiste.
Je crois qu'il n'y a pas de démocratie, de stabilité, de sécurité. Sans magistrature. Et quand on reproche les uns ou les autres un jugement à un tribunal, à des magistrats, il faut se souvenir que ce jugement a été prononcé en vertu des lois. Et des lois qui ont été votées par les députés. Ça vous a choqué ? C'est-à-dire par les élus de la nation ? La critique des juges vous a choqué ? Écoutez, ça dépend. Parfois, je suis choqué par un jugement. Mais je n'en arrive pas à rejeter la magistrature pour autant. Vous savez, devant tout jugement, les uns ou les autres le trouvent trop sévère ou trop laxiste, trop ceci ou trop cela.
Mais jamais il ne me viendrait à l'idée de dire que la magistrature, la justice, bloque, comme on dit parfois, malheureusement, bloque la démocratie.
Bien au contraire. Après, il faut dire qu'il y a des points de droit. Et ça se discute. Heureusement, on peut en débattre. Il y a tant de certaines personnes qui disent qu'on ne discute pas des décisions de justice. On peut quand même en discuter. Parce que si en démocratie, on ne peut même pas commenter les décisions de la justice, alors on parle de quoi ? Ça fait partie aussi du débat politique, l'avenir de la justice. Et elle est rendue au nom du peuple français. Donc le peuple français peut s'en saisir. Et donc les élus peuvent s'en saisir.
Mais par exemple, sur l'exécution provisoire, puisqu'on revient systématiquement à ça, le dernier jugement Sarkozy a, qu'on pourrait dire, inquiété beaucoup de monde. Et inquiète beaucoup de monde. Parce que quoi qu'on en pense sur le fond, et d'ailleurs on ne connaît pas tous le fond de l'affaire, c'est mettre un ancien président de la République en prison, alors qu'il fait appel, qu'il est donc réputé innocent, mais que cette exécution provisoire va l'obliger à aller passer quelque temps en prison. Ce qui paraît un peu extraordinaire. Et les gens d'ailleurs, qu'ils soient de droite ou quelquefois même de gauche, trouvent ça un peu, je vais dire, excessif.
Et pour le moins, surtout que c'est une privation de liberté. Ce n'est pas une condamnation forte. C'est une privation de liberté. Et ça, je crois que ça choque les gens.
Moi, je ne suis certainement pas heureux à l'idée qu'un ancien président de la République puisse passer, ne serait-ce que quelques semaines, parce que ça ne sera pas plus que cela, en prison. Ça ne me plaît pas. Mais ce qui me gêne terriblement, c'est qu'on découvre, à l'occasion du jugement rendu contre Nicolas Sarkozy, que la justice, presque systématiquement, fait incarcérer des gens qui font appel. C'est-à-dire qu'avant même que le jugement définitif ne soit rendu, la justice, c'est la règle. Ce n'est pas seulement pour M. Sarkozy. On le découvre à l'occasion de l'affaire Sarkozy. Mais c'est la règle. Et cette règle me gêne terriblement.
Oui, c'est le double degré de juridiction. En France, c'est notre système judiciaire. Vous avez droit à un deuxième degré de juridiction qui peut réformer le jugement de première instance. Imaginez qu'il gagne un appel. On aura mis un président de la République en prison, alors que l'appel peut-être le libérera de toutes ses charges. Moi, je trouve ça extravagant pour tout vous dire.
Dans les prochaines heures, peut-être un gouvernement, dans les prochains jours plutôt, je pense que c'est un peu plus prudent de formuler les choses comme ça. Ensuite, on verra ce qui s'ensuit. Une éventuelle censure, une éventuelle dissolution. Dans votre camp, Louis Alliot, on brandit régulièrement à la possibilité du référendum. Et régulièrement, parmi vos adversaires, on dit « ça n'est pas possible ». Il y a un certain nombre de référendums, notamment sur l'immigration, qui sont juridiquement impossibles. Et là aussi, j'aimerais vous entendre l'un et l'autre.
Non, mais en France, dès que vous avancez quelque chose, c'est impossible ou c'est compliqué. Entre le « c'est impossible » et vous ne pouvez rien faire. Je remarque que c'était la même formule du temps du général de Gaulle, quand il a voulu mettre l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Il y avait Gaston Monnerville, qui était le président du Sénat, qui avait dit « c'est une forfaiture », etc.
Et c'est un anti-gaulliste que vous êtes qui parle.
Voilà. Et puis il l'a fait, le peuple a voté, et ce qu'a décidé le peuple n'est pas réformable, je veux dire, par quelque autorité que ce soit. Donc on voit bien que là aussi, il y a des propos excessifs, et que le référendum est à la base même de la Ve République, et c'est l'article 3 de la Constitution qui le dit.
Pour être très concret, sur l'immigration, puisque c'est ça le sujet, évidemment, tout le monde voit la puissance de la pétition de Philippe de Villiers, qu'on soit d'accord ou non. Pour être très concret, là-dessus, est-ce que oui ou non, c'est une question de droit, ou est-ce qu'il faut admettre que le peuple devra voter là-dessus ?
Écoutez, moi, d'une manière générale, immigration ou un tout autre sujet, je n'aime pas les référendums. Je n'aime pas les référendums pour deux raisons. La première, c'est qu'on répond oui ou non, non pas à la question posée, mais à la personne qui pose la question. Et donc, ce n'est pas bon, ce n'est pas une vraie réponse politique, ce n'est pas un débat politique de haut niveau. Et deuxièmement, dans les référendums, on vote trop souvent, trop souvent, tous les citoyens, moi compris, d'une manière passionnelle, et non pas réfléchis. J'aime que la démocratie ait plusieurs niveaux.
J'aime que ce soit des députés que nous avons élus, qui ensuite décident des lois, des grandes décisions politiques.
Oui, mais ça, l'article 3, la souveraineté nationale appartient au peuple qu'il exerce par le référendum ou par la voix de ses représentants. Les deux sont concomitants et parallèles. Je n'ignore pas la constitution.
Je ne vous dis pas que ce soit anti-constitutionnel, pas du tout. Je vous dis simplement que moi, comme citoyen, je n'aime pas cela pour les deux raisons que je viens de vous donner.
Oui, mais par le référendum, je pense qu'on pourrait débloquer des situations. Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a des situations bloquées. Le peuple devrait pouvoir s'en saisir pour débloquer la situation. Ça a été un peu l'exemple de 2005. Les Français ont dit non à la constitution européenne. Bon, ensuite, M. Sarkozy, malheureusement, avec sa majorité, l'ont remise dans le débat par le jeu du Congrès. Mais il y avait l'expression du peuple français. Et dans cette expression-là, il y avait des gens de droite, d'ailleurs, et des gens de gauche. Je me souviens, M. Fabius, qui avait fait campagne pour le non-référendum.
Donc, on voit bien que ce sont des débats qui peuvent aussi apporter des réponses différentes de tous les camps. Et moi, ça me paraît plutôt salutaire dans des périodes, notamment, de crise.
Sur le principe qu'en Bernard Guetta a l'air de dire, pardon, dites-moi si je défends votre propos, mais que ça amène une manière simpliste de poser les choses. On peut dire ça comme ça, si vous voulez. Est-ce que là-dessus, que répondez-vous à ça ? C'est un argument qu'on entend parfois.
Mais oui, mais alors en Suisse, comment ils font ? Alors qu'ils ont le référendum qui est pratiquement à l'échelle communale, cantonale, enfin fédérale, etc. Non, je pense que ça dépend de la question que vous posez. Mais il faut que ce soit évidemment une grande question. Et qu'à cette question-là, il y ait un débat. C'est pas dans quinze jours, on vote pour ces...
Regardez M. Alliot donner à l'instant l'exemple du référendum sur le projet de traité constitutionnel européen. C'est pas facile comme thème, hein ? C'est pas facile du tout. Mais regardons, les gens qui ont voté non, comme les gens qui ont voté oui d'ailleurs, étaient très divisés en vérité, très divisés. Dans le camp du non, il y avait des gens qui refusaient ce projet de traité en disant « Oh, ça va graver le libéralisme économique dans le marbre ». Et puis d'autres, pour de toutes autres raisons. Les uns disaient « Oh là là, on va nous imposer l'avortement ». Les autres disaient « Oh là là, on va interdire l'avortement ». C'était véritablement n'importe quoi.
Et c'est dans les deux camps. Dans les deux camps. Mais il y a eu un débat. Et pourquoi ? Oh là là, pfff ! Et quel débat, mon Dieu ! Quel débat ! Tellement passionnel, tellement aveugle, tellement irrationnel. Alors que si on avait véritablement organisé le débat avec les échelons de l'organisation de la démocratie, je ne dis pas que ça aurait été parfait, ça aurait été moins pire.
Ça aurait été moins pire. En clair, vous pensez, vous, que le peuple ne pourrait pas voter sur l'immigration ? Que ce serait une mauvaise solution que le peuple directement vote pour ou contre un projet de droit ?
C'est pas seulement sur l'immigration, je vous dis ma position sur les référendums en général.
Moi, je pense que c'est un des fondements de la Ve République. Et se passer du référendum, c'est amputer la Constitution et, j'allais dire, la démocratie française. Donc évidemment qu'il faut du référendum. Les gens en demandent, mais depuis ce fameux référendum, plus personne n'en a organisé.
Je ne serais pas partisan de supprimer le référendum de la Constitution, mais vraiment, je ne suis pas partisan de l'utiliser trop souvent.
Alors vous voyez, ceux qui nous entendent, il y a deux camps certainement. Alors les deux positions sont vite caricaturées. Il y a ceux qui diront, voilà, les populistes qui sans arrêt veulent recourir au peuple. Et les autres vous diront, voilà, la République des notables qui dit, oh là là, on est quand même plus intelligent que le peuple, le peuple n'arrive pas à comprendre.
Non, non, pas du tout, pas du tout, parce que c'est le peuple qui élit les députés. C'est bien pour ça. C'est le peuple qui élit les députés. Donc le peuple, il est intelligent. Ce n'est pas ça. C'est véritablement cette nécessité d'organiser le débat et de ne pas aller tout de suite à oui ou non. Parce que oui ou non, je suis désolé, c'est un peu manichaire.
Mais il avait été mis là précisément pour les errements des républiques précédentes. Oui, c'est vrai, c'est vrai. Il y avait les représentants dont on suppose qu'ils bloqueront un jour le système. Ça, c'était la vision du général de Gaulle. Il est parti. Et puis il y avait le référendum, l'action directe au peuple. Et on l'a traité de Napoléon, etc. Mais ça, c'est le jeu démocratique. Mais moi, je trouve que la campagne de 2005, elle était longue et elle était argumentée. Je veux dire... Oh là là.
Regardons sur l'avenir. C'est bien de remonter à 2005, c'était il y a 20 ans quand même. Oui ou non ? Si vous êtes au pouvoir, ça veut dire que juste après, il y a un référendum sur l'immigration ?
Il y aura un référendum, oui, bien sûr. Mais quelles questions poseriez-vous ? Est-ce que vous êtes pour ou contre, par exemple, l'entrée permanente d'une immigration pour l'avenir ? Enfin, je dis ça comme ça, mais il faut y réfléchir. Écoutez, formulez comme ça, tout le monde est contre. Ah ben oui, mais d'accord. Ça ne veut rien dire. Je me souviens que tout le monde est contre, mais aujourd'hui, on fait l'inverse.
Mais non, mais parce que regardez la formulation que vous... Non, mais je vous ai dit ça comme ça. Ben oui, non, mais voilà. Sur l'immigration, ben écoutez, je ne sais pas, moi. Quelle est la question ?
Quelle est réellement la question ? Est-ce qu'on peut voter un texte ? Est-ce qu'on peut voter sur un projet de loi ? C'est ce que disent souvent les partisans ?
Je préfère un projet de loi qu'une phrase, parce que la phrase, elle est forcément ambiguë.
Non, non, mais bon, je pense que c'est un grand sujet. Les Français subissent, par exemple, cette immigration aujourd'hui. Est-ce qu'on donne un coup d'arrêt ou pas ? Le Parlement est incapable de voter ce genre de loi pour freiner l'immigration.
Ben pas si vous gagnez les législatives, le Parlement sera parfaitement capable.
Oui, mais on s'aperçoit que si le peuple le dit, ce sera évidemment compris d'une manière, et inscrit d'une manière indélébile, non contestable. Le peuple aura choisi.
Le peuple dit quoi ? Tout le monde y compris, votre parti est d'accord sur le fait qu'il faut une partie d'immigration régulière, régulière naturellement, pas illégale, régulière, et correspondant à des besoins caractérisés. Mais tout le monde ne le dit pas. Mais si, je vous le dis, beaucoup de gens le disent. Mais en revanche, est-ce que vous êtes pour ou contre l'immigration ? Laquelle ? Dans quelles conditions ? C'est pour ça que je préfère un projet de loi à une phrase.
Mais le problème, c'est que systématiquement, des majorités se font élire et ne font pas ce contrôle-là.
Et vous allez vous faire élire, vous allez gagner.
Et puis vous avez des...
Non, vous n'y croyez pas, je vois.
Si, si, mais si, je ne vous inquiéte pas. Et vous avez des juridictions aussi qui vous mettent des freins à ces projets de loi, etc. Donc, il n'y a que l'appel direct au peuple qui passe par-dessus, j'allais dire, ces points de blocage. Et une fois que le peuple a décidé de la mesure, eh bien, elle s'applique. Et ça me paraît raisonnable. Mais point de blocage, encore une fois, à quoi ? À tout ce que nous proposons en général sur l'immigration. On le voit bien. Puisqu'on nous dit, vous ne pouvez pas déposer de proposition de loi parce que c'est inconstitutionnel. Parce que c'est contraire à ceci et contraire à cela.
Alors, si le peuple décide, le peuple se voit appliquer le projet, c'est tout.
Non, déposez vos projets, clairs, précis. Je ne doute pas que vous en soyez capables. Mais on les déposera. Ben alors, déposez-les maintenant.
Faites-le. Quand Bruno Retailleau dit, il a fait un certain nombre de propositions qui ont été recalées par le Conseil constitutionnel, est-ce que pour vous c'est la bonne marche des institutions ? Ou est-ce qu'il y a là un point de blocage, pour reprendre le point que vous aviez à l'instant ?
Attendez, je vous propose que si le Conseil constitutionnel... Je ne suis pas un spécialiste de ces questions. Mais je suppose que si le Conseil constitutionnel a recalé, c'est en vertu de la Constitution et des lois. Alors, si ça ne va pas, il faut changer la Constitution, au moins sur ces points, où il faut changer les lois. Mais le Conseil constitutionnel est là pour veiller au respect de la Constitution, Dieu merci, et veiller au respect des lois, Dieu merci. Vous pensez qu'il n'y a pas de marge d'interprétation ?
Pour changer la Constitution, il faudra un référendum ?
Oui, pour changer... Ou bien l'accord des deux chambres. Ou bien l'accord des deux chambres.
J'aimerais vous entendre sur le sondage qui a été publié ici hier et qui a fait beaucoup de bruit. On peut regarder les... Il y a plusieurs hypothèses, on ne va pas les prendre toutes. Mais enfin, c'est le sondage IFOP qui a été abondamment commenté, avec beaucoup de réactions. On voit notamment la percée de M. Bluxmann, on voit un affaiblissement du centre, notamment de Gabriel Attal. Où on voit aussi et surtout la bonne tenue relative de Jean-Luc Mélenchon, la puissance du RN toujours. C'est-à-dire que ce soit d'ailleurs Mme Le Pen ou que ce soit Jordan Bardella dans les candidats, à 33, à 35, 34.
Est-ce que cela remet en cause, selon vous, est-ce que la lecture de ce sondage remet en cause ce qui a eu lieu au dernier législatif ? C'est-à-dire le barrage anti-RN, le front anti-RN. Est-ce que pour vous, il devrait être reconduit ou non ? C'est d'abord une question à vous, évidemment, Bernard Guetta. Écoutez, moi, ce que je vois dans ce sondage, ce qui me frappe et me réjouit,
c'est la percée à gauche d'un homme qui défend une gauche intelligente et non pas mécanique. Ça me semble véritablement le point tout à fait neuf et encourageant, parce que la très bonne tenue, hélas, à mes yeux, pardonnez-moi de le dire, mais la très bonne tenue du RN, écoutez, 33%, on le savait, depuis plusieurs mois maintenant, dans les sondages depuis plusieurs mois. Que le centre s'essouffle, hélas, à mes yeux, ce n'est pas une nouveauté non plus. C'est un peu votre boutique, Bernard Guetta. C'est pour ça que je vous dis, hélas, à mes yeux.
Mais en revanche, la percée notable, enfin forte, de Raphaël Glucksmann, et du courant qu'elle incarne, oui, ça, ça me semble, la grande nouveauté de ce sondage.
Ça, si vous voulez, on entend, dans nos rues, aujourd'hui, à Perpignan, moi je le vois, c'est exactement ce sondage-là, c'est-à-dire une volonté de changement. Alors ça, c'est un premier tour. Il faudrait regarder les projections sur les secondes tours. Je pense que les Français, aujourd'hui, et encore, ça ne veut rien dire, les projections de deuxième tour sur un sondage, mais les Français, aujourd'hui, ils font, comment je pourrais dire, ils réfléchissent à ce qu'ils ont eu pendant des décennies. On a essayé la gauche, on a essayé la droite, il est maintenant temps d'essayer autre chose. Et ils regardent le spectre politique, dans le autre chose, il n'y a que nous.
Parce que la gauche, ils ont essayé, M. Glucksmann, bon, c'est le Parti Socialiste, avec une autre figure, M. Mélenchon, ils connaissent, et le centre, on les a eus au pouvoir, ils ont fait, j'allais dire, le test d'efficacité. La France est en faillite. – Ah, à ce point-là, LFI n'a pas été testé au pouvoir non plus. – Écoutez, Mélenchon a été 30 ans député ou sénateur socialiste. – Oui, mais enfin, il n'était pas au pouvoir. – Il a été secrétaire, il a été sous-ministre de Mitterrand, je crois. Donc on ne peut pas dire non plus qu'il n'ait jamais exercé le pouvoir.
Et j'ajoute que dans les régions, bien souvent, jusqu'au dernier régional, ils ont gouverné avec le Parti Socialiste un peu partout. Parce qu'en fait, ces gens-là se critiquent en permanence, mais dès qu'il faut se faire lire, ne croyez pas. – Vous avez gouverné avec la droite, ça vous arrive ? – Ils trouvent toujours un terrain d'entente.
– M. Alliot, je ne sais pas, mais enfin, ça vous arrive, non ? – Ben, écoutez, au niveau de l'État, non. – Ah, peut-être pas au niveau de l'État, mais dans les municipalités.
– Dans les municipalités… – De temps en temps. – Exactement. – Voilà, de temps en temps. – Dans quelques municipalités, et d'ailleurs, les municipalités en question ne se portent que mieux.
– Est-ce que précisément, c'est en train de bouger ? Déclaration de Roger Carucci, figure LR, tout à l'heure, « Jamais on ne le fera voter pour un LFI ». Pour moi, aujourd'hui, c'est LFI qui n'est plus dans l'arbre républicain, et j'affirme que je pense que le RN est dans l'arc républicain. On ne peut pas considérer le RN d'aujourd'hui, comme le FN de Jean-Marie Le Pen, c'est fini. Est-ce que ce genre de déclaration, alors, c'est Roger Carucci, il parle pour lui, mais enfin, est-ce qu'il représente un courant où les choses vont bouger petit à petit ?
– Écoute, il regarde l'évidence, lui aussi. Il voit bien que le RN, aujourd'hui, rassemble au-delà de ce qu'il a été dans son histoire, et avec d'autres têtes, un autre projet, et qu'il est là, installé à la première place pour les élections à venir. Et on ne peut pas, je crois, faire le reproche à Marine Le Pen ou à Jordan Bardella, de faire œuvre d'excès dans beaucoup de domaines. Et donc, si on est à peu près normalement constitué et avec une intelligence moyenne, on se dit que, par proximité, il vaut mieux faire alliance avec le RN que faire un front républicain avec les socialistes ou avec Mélenchon, comme l'ont fait aux dernières élections, une partie de la droite et les macronistes.
– Vous savez, le RN n'est plus Algérie-Français, parce que, tout simplement, le problème ne se pose plus. – Exactement. – Voilà, la période a changé. Mais en revanche, quand je regarde qui, Mme Le Pen, aimait, politiquement parlant, jusqu'à très peu de temps, c'était M. Poutine et M. Trump, c'est-à-dire les deux plus grands ennemis, non seulement de notre pays, mais de toute l'Europe démocratique. Je n'ai pas envie de voter pour Mme Le Pen.
– Ça, c'est l'opinion, M. Guetta, mais… – Ben non, je vous ai dit mes raisons. – On défendait une idée du multilatéralisme en matière de politique étrangère, c'est-à-dire de parler à tout le monde, de parler à la Russie, de parler à M. Trump, comment on parle…
– Non, de parler à la Russie, moi aussi, bien sûr que oui, mais certainement pas à M. Poutine.
– Oui, d'accord, mais quand vous parlez à la Russie, vous parlez à un dirigeant, sinon, vous interdisiez de parler à tous les pays qui ont des dictateurs à leur tête, et laissez-moi vous dire, vous n'allez pas sortir souvent.
– Attendez, ce dictateur-là, il nous déclare la guerre. – Oui, d'accord. – C'est tout à fait différent. Ce n'est pas un dictateur, je ne sais pas, en Amérique latine…
– Et l'islamisme radical, est-ce qu'il nous déclare la guerre ?
– Oh oui, certainement.
– Et pourtant, il est protégé d'un bon nombre de pays avec qui on fait du commerce et même des affaires. – Il est protégé par qui ? – Je ne sais pas, le Qatar, par exemple ? – Non. – Ah ben, non, non. – Si, si. – Mais je vais vous dire… – Le Hamas, il était planqué où pendant les affaires du 7 octobre ?
– Mais il n'était pas planqué. – Je vais vous dire, le Qatar, c'est exactement ce qu'était Genève pendant la Deuxième Guerre mondiale. – Non, c'est pas bu. – Mais si, non, je vais vous expliquer pourquoi. Genève ne finançait pas les groupes que… – À Genève, pendant la Deuxième Guerre mondiale, vous aviez représenté tous les services secrets du monde, et c'est là que se discutait tout ce qu'il y avait à discuter. – Si je peux me permettre, juste…
– Le Qatar, c'est la même chose. – J'ai un point de détail, enfin, un point qui n'est pas sans doute. C'est vrai que Genève ne finançait pas des groupes terroristes en le Hamas. – C'est ce que j'allais dire. – C'est quand même une différence assez notable.
– Mais attendez.
– Ça fait une différence.
– Avec quel soutien le Qatar finançait-il le Hamas et à la demande de qui ? Avec le soutien de M. Netanyahou et à la demande de M. Netanyahou ? – Ça, c'est une vraie question. – Ah oui, c'est une vraie question.
– Allez, un mot encore. Oui ou non, puisque c'est tel ça le sens de ce sondage qu'on a observé. Oui ou non, pour vous, le front républicain ou le barrage antirène, appelons ça comme on voudra, se fera à nouveau aujourd'hui, doit-il et se fera-t-il ?
– Je le souhaite. Je le souhaite ardemment pour les raisons que j'ai données, pour la raison que j'ai données tout à l'heure. Je ne souhaite pas, pardonnez-moi, que votre parti arrive au pouvoir.
– S'il se fait, il se fera avec la France insoumise, c'est-à-dire en acceptant cet héritage qui fait d'aujourd'hui LFI le seul parti qui cautionne l'antisémitisme à tous les étages. Donc, dont acte pour les forces qui tracteraient avec M. Mélenchon et ses amis. – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501
Louis Aliot