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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 26 février 2025 26 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Mensonges et manipulations : comment Bayrou veut nous faire bosser plus longtemps

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:07OuverteRéponse directe

    La Cour des comptes livre ses conclusions sur le déficit du régime des retraites, bien loin des chiffres avancés par François Bayrou. Qu'en penses-tu ?

  • 2:11RelanceRéponse directe

    M. Bayrou a avancé des estimations complètement fausses sur le déficit des retraites. Comment l'expliques-tu ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    La Cour des comptes présente un déficit autour des 30 milliards en 2045. Qu'est-ce que tu en penses ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Quels leviers la Cour des comptes avance-t-elle pour réduire les droits ?

  • 6:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces chiffres permettent aux libéraux de réorienter le débat sur les recettes plutôt que les dépenses ?

  • 9:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette stratégie vise aussi à promouvoir le système de capitalisation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33PrésentateurChiffre
    « François Bayrou avançait dans son discours de politique générale un déficit de l'ordre de 55 milliards d'euros. »
  • 1:47PrésentateurChiffre
    « Les estimations de la Cour des comptes atteignent 15 milliards en 2035 puis 30 milliards en 2045. »
  • 2:21PrésentateurFait
    « On est très loin des 55 milliards de déficits qu'avait annoncé M. Bayrou. »
  • 5:04InvitéChiffre
    « Dans les années 70, on consacrait 7% du PIB aux retraites. »
  • 12:01PrésentateurChiffre
    « En Allemagne, ils ont trois fois plus de pauvres retraitées. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Présentateur 228 %
  • Invité3 %
  • ?2 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Là c'est même pas l'étape où on demande aux riches de participer plus en proportion, c'est juste de participer pareil. Notre système de retraite, il avait un avantage, c'est que nous avions le taux de pauvreté le plus faible au monde. En Allemagne, ils ont trois fois plus de pauvres retraitées, trois fois plus. Sur les fonctionnaires, il faut vraiment le dire, le déficit a été organisé. La première société du CAC 40 ne payait pas d'impôts en France, zéro d'impôts, on disait tiens, bon, première chose, voilà. On est revenu presque à l'ancien régime.

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme c'est de les connaître et de les comprendre. Vous le savez, le média ne vit que par votre soutien, c'est le prix d'une information libre et indépendante. Pour soutenir votre média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 euros par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative.

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Le déficit des retraites, c'est le sujet au cœur des débats autour de la réforme. Pour repousser l'âge de départ, alors que François Bayrou avançait dans son discours de politique générale un déficit de l'ordre de 55 milliards d'euros, le résultat de la Cour des comptes est bien loin. Pour 2025, la Cour a calculé un déficit de 6,6 milliards, stable jusqu'en 2030, je les cite, en raison de la montée en puissance de la réforme de 2023. Les estimations de la Cour des comptes atteignent 15 milliards en 2035 puis 30 milliards en 2045. Le déficit à partir de 2030 est expliqué par la stabilisation de l'âge de départ ou encore le gain d'espérance de vie.

La Cour des comptes présente plusieurs leviers pour faire des économies. L'âge de départ, la durée de cotisation, le montant de cotisation sur les actifs ou ne plus indexer les retraites sur l'inflation. Thomas, tout d'abord, on peut voir que M. Bayrou a avancé des estimations complètement fausses, en fait. Oui, je suis assez content que la Cour des comptes confirme le déficit de 6,6 milliards que tu as dit, qui est en fait le déficit identifié par le COR. Donc on est très loin des 55 milliards de déficits. Le Conseil de l'orientation des retraites. Voilà, tout à fait. On est très loin des 55 milliards de déficits qu'avait annoncé M.

Bayrou lors de son discours de politique générale, que nous avions dit ici, qui était un chiffre qui était assez fallacieux, y compris le fait de dire que 50 % de l'augmentation de la dette ces 10 dernières années serait due au déficit des retraites. C'est tout aussi fallacieux. Donc c'est une bonne nouvelle. Ça veut dire que le déficit est là, mais c'est un déficit qui est quand même relativement faible quand on regarde les 350 milliards que représentent les retraites. Et puis après, sur les prévisions de long terme, ils estiment à 2035 un déficit de 15 milliards, à 2045 un déficit à peu près de 25-30 milliards.

Bon, ça reste des chiffres qui paraissent élevés comme ça, mais qui, quand on les remet en perspective avec le PIB, ne sont pas si élevés que ça. Justement, tu le dis, la Cour des comptes présente un déficit autour des 30 milliards en 2045, ce qui, on le sait, va servir d'argument pour justifier des réformes, surtout quand on voit les leviers avancés par la Cour des comptes pour réduire des droits. Qu'est-ce que tu en penses ? Effectivement, on voit que ce chiffre a tourné. Ce chiffre-là de 15 milliards en 2035 et de 30 milliards en 2045, c'est un chiffre qui est répété en boucle par un certain nombre d'éditorialistes.

Moi, c'est ce que j'appelle la volonté de provoquer un effet Dracula, c'est-à-dire de faire peur. Oh là là, 30 milliards ! Oh là là, 30 milliards ! Mais en fait, il faut toujours remettre ces chiffres en perspective avec le PIB. Le PIB, en 2045, il sera de 4 000 milliards. Donc, on aura augmenté le PIB. Donc, quand on regarde la part du déficit en pourcentage de PIB, il est à 0,3 aujourd'hui, il sera en 2035 à grosso modo 0,4 et il sera en 2045, ce sont des estimations quand même à 20 ans, à 0,6% du PIB. Donc, en fait, l'augmentation, elle est là, c'est clair, mais elle est assez légère.

Elle n'a rien à voir avec les chiffres où on passe de 6 milliards à 30 milliards, ce qui fait peur à tout le monde. Là, on passe de 0,3% du PIB à 0,6% du PIB sur une prévision de long terme, sachant que le COR, le Conseil d'orientation des retraites, a souvent fait des prévisions où il s'est trompé. Rappelons-le, en 2023, il prévoyait un déficit du système de retraite. Or, il a été excédentaire. Il y a tout un tas de dates comme ça où ils se sont trompés. Donc, il faut se méfier des prévisions de long terme. Donc, on regarde les prévisions d'aujourd'hui. Peut-être les prévisions, je crois, en 2035, qui sont un peu plus fiables. Au-delà, c'est de plus en plus difficile.

Mais quand on regarde, en fait, c'est assez faible. Et en réalité, pourquoi ce déficit, il augmente ? Il augmente parce que la population française vieillit. On l'a déjà dit plusieurs fois ici, mais c'est important de le rappeler. La population française vieillit. Ce n'est pas aussi dramatique qu'on nous le dit, mais elle vieillit. Les chocs démographiques sont beaucoup plus faibles, ceux qui sont à venir, que ceux que nous avons vécu avant. Dans les années 70, on consacrait 7% du PIB aux retraites. C'est-à-dire que sur la richesse créée, on met à peu près 7% aux retraites. Aujourd'hui, on est à 13%, parce que la population a vieilli. Et en fait, on ne veut plus mettre plus d'argent.

La population va continuer à vieillir, mais on ne veut plus mettre plus d'argent. Donc, on reste autour de 13%. Ce qui veut dire que dans ces conditions-là, si on ne met pas plus d'argent, on est obligé de baisser les pensions, on est obligé de demander aux gens de travailler plus longtemps. Mais si on mettait 15% de notre PIB dans les retraites, c'est-à-dire qu'on suivait la démographie comme on l'a fait avant, il n'y aurait pas besoin de toucher ni à l'âge, ni aux pensions, et tout irait bien. Donc, la vraie question de fond qu'il faut demander aux gens, c'est que la population va vieillir. Elle va continuer à vieillir. Et c'est une bonne chose. On devrait être content.

Est-ce qu'on veut consacrer plus d'argent pour les vieux ou moins d'argent pour les vieux ? C'est ça, la vraie question de fond. Si elle vieillit, pour moi, il faut en consacrer plus. Si on dit qu'on n'en consacre pas plus, dans ce cas-là, on va faire travailler les vieux plus longtemps, ou on va devoir, les jeunes qui travailleront, sortiront de leur poche pour leurs parents de l'argent, qui ne passera pas par un système de répartition. Il y a des éléments dont on avait beaucoup parlé pendant tous les débats sur la réforme des retraites, où on entendait tout et n'importe quoi. C'est pour ça qu'on rappelait des choses ici.

La première chose, c'est que si les plans d'austérité continuent, que l'activité n'est pas à relancer, etc., il faut savoir que les cotisations sont calculées sur le salaire. Si les salaires n'augmentent pas, que les gens n'ont pas une bonne vie, forcément, après, ça ne fait pas une grosse caisse des retraites. C'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que l'espérance de vie augmente, mais pas l'espérance de vie en bonne santé. Parce qu'en France, on est beaucoup critiqué sur nos conditions de travail, le système de santé qui se dégrade, etc.

Est-ce que, du coup, ces chiffres-là, ça permet aux libéraux, clairement, de réorienter le débat, de ne pas parler, comme tu disais, du problème de fonds, qui, au final, ce n'est pas forcément celui des dépenses, parce qu'on aime beaucoup parler des dépenses, mais celui des recettes ? Je trouve ça très intéressant, ce que tu as rappelé. C'est vrai que c'est les actifs qui financent les retraités. Et pourquoi M. Bayrou a annoncé ce chiffre de 55 milliards ? Parce qu'il a pris en compte toutes les professions où il y a moins d'actifs, notamment chez les fonctionnaires, mais aussi chez les agriculteurs, parce que le métier attire moins.

Et donc, il y a des déficits partiels, parce qu'à un moment, les gens vont être amenés à mourir, le plus tard possible, on espère, mais vont être amenés à mourir. Il y a des déficits partiels sur des certains nombres de professions. Par exemple, sur les fonctionnaires, il faut vraiment le dire, le déficit a été organisé. Il a été organisé parce qu'on n'a pas remplacé un fonctionnaire sur deux. Donc, de fait, quand les fonctionnaires vont à la retraite, il n'y a plus d'actifs qu'ils peuvent financer. Et puis, on a fait le gel du point d'indice, ce qui fait qu'on a créé une modération salariale sur les fonctionnaires, ce qui fait qu'il y a moins de rentrées pour financer les retraites.

Donc ça, c'est important à dire. Et puis, il y a eu un certain nombre aussi de privatisations de services publics, comme la Poste, entre guillemets, où on emploie maintenant les gens, ou la SNCF, où on emploie des gens en contrat salarié. Donc, ça, c'est important. C'est les choix politiques qui ont eux-mêmes créé en grande partie les déficits que nous connaissons dans la fonction publique. Et chez les agriculteurs, vous avez beaucoup moins d'agriculteurs aujourd'hui, beaucoup moins d'agriculteurs, et les agriculteurs qui ont cotisé partent à leur retraite, il faut bien qu'ils touchent leur retraite. Donc, c'est l'État qui va compenser pendant un certain temps.

Si demain, on relance la production agricole, bon, ça s'équilibrera. Et puis, quand ces gens mourront, ça s'équilibrera aussi. Mais on ne peut pas dire aux retraités, vous êtes moins aujourd'hui parce que c'est tiers-serressé dans l'économie, donc on ne paie plus vos retraites. Au revoir, rentrez chez vous. Et en prenant les déficits comme il les a pris Beyrou, c'est ce que l'on fait. Ça, c'est la première chose. La deuxième des choses sur l'espérance de vie. Tu as raison de dire qu'il faut prendre en compte l'espérance de vie en bonne santé. Ça, c'est vrai. Mais il faut s'y prendre en compte l'espérance de vie à 60 ans.

Et quand on regarde ces dix dernières années, l'espérance de vie à 60 ans, pour les femmes, elle n'a pas bougé. Ça veut dire que si on rajoute un semestre de plus pour qu'ils travaillent comme ça, c'est le cas depuis 2023, il y a eu trois mois, puis trois mois, puis trois mois. Et bien, en fait, vous leur volez un semestre sur leur retraite. C'est clair et net. Et puis, il sera un an, et puis ainsi de suite, jusqu'à deux ans. Parce qu'en fait, en dix ans, l'espérance de vie à 60 ans n'a pas augmenté pour les femmes. Elle a très légèrement augmenté pour les hommes, mais pas énormément.

Donc, chaque réforme qui est mise en place maintenant, et de manière assez rapide, comme c'était la dernière réforme de Macron, vole des mois de retraite à des gens avant la mort. Donc, il n'y a pas de compensation avec une durée plus élevée, une extension de la vie sur plusieurs années qui compenserait le fait de travailler plus longtemps. Le déficit agite la peur, on le sait, on l'a dit, et ça permet de fustiger le système de retraite par répartition. Est-ce que c'est aussi une stratégie pour promouvoir le système de capitalisation ? Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ? Oui, alors, il y a une volonté, moi, je pense...

Vous vous rendez compte, il y a 350 milliards qui est gérée par l'État, enfin, qui est gérée, voilà, c'est par répartition, sur fonds publics. 350 milliards, je pense qu'il y a des gens qui rêveraient que ces 350 milliards aillent sur les places boursières. Ça ferait beaucoup d'argent. Il y a aussi, moi, je pense, des fonds de pension qui regardent et qui se lèchent un peu les babines sur ces 350 milliards. C'est énormément d'argent. Donc, tout ce qu'on peut ouvrir à la capitalisation, c'est déjà gagné pour eux. Mais, pareil, il faut le rappeler, la capitalisation, bien sûr qu'il y a des gens qui capitalisent aujourd'hui, mais ce sont des gens qui ont de l'argent.

Il faut avoir des moyens pour capitaliser, et après, il faut aussi, parfois, avoir des bons conseillers parce qu'il faut choisir le bon fonds d'investissement, il faut choisir les bons placements, il faut surveiller l'évaluation des marchés financiers, et ainsi de suite. C'est très compliqué. Est-ce que vous n'avez pas à faire avec le système de répartition ? Et moi, ce que je vois aujourd'hui, c'est que malgré les attaques qu'il y a eu, parce qu'en 10 ans, on a eu 3 réformes, réforme Wörth, Touraine et Macron. Donc, 3 réformes. On a eu des discussions sur la retraite à points. On en rediscute encore aujourd'hui.

Donc, les gens ont le sentiment, vraiment, qui a une volonté de s'attaquer à ce système-là. Et pour les jeunes qui travaillent, beaucoup se disent, bon, est-ce que j'aurai ma retraite ? J'ai compris quel était le contrat, je cotise, mais est-ce que moi, je serai sur le même contrat puisqu'on fait des réformes tous les 2, 3 ans ? Donc, ça mine, en fait, la confiance qu'il y a dans ce système de retraite par répartition. Mais quand on regarde les derniers sondages, les gens ont plutôt confiance encore dans le système et ils défendent plutôt ce système. Ils sont attachés, oui, au système français. Bien sûr. Et la plupart des gens étaient opposés à la réforme sur les retraites.

Donc, vous voyez, ça, il faut le prendre en compte. C'est que malgré tout le lavage de cerveau, parce qu'il y a beaucoup de lavages de cerveau qui fonctionnent sur les gens. Mais là, malgré tout, ça ne marche pas complètement. Et je pense que c'est ça qui fait qu'une partie du capital, du grand capital, des éditorialistes, des libéraux, enrage. Parce qu'ils disent, mais on n'arrivera jamais à en venir à bout. Il faut absolument en venir à bout. La Cour des comptes compare la France à l'Allemagne. Je cite, la France consacre près de 14% de son produit intérieur brut aux dépenses de retraite, 4 points de PIB de plus que l'Allemagne.

Avec une pension moyenne s'élevant à 1 626 euros brut par mois fin 2022, les retraités bénéficient d'une situation financière relativement favorable par rapport au reste de la population, avec notamment un taux de pauvreté inférieur, même si de fortes inégalités existent. En France, le niveau de vie des retraités est similaire à celui des actifs, alors qu'il est un peu inférieur en Allemagne et dans la moyenne des pays de l'OCDE. Est-ce que c'est pertinent de nous comparer à l'Allemagne ? C'est quoi le but ? Non, alors c'est toujours la même chose, c'est le nivellement vers le bas. Parce que ce qu'oublie de dire la Cour des comptes, moi j'en peux plus, c'est que j'en peux plus de ça.

Parce que notre système de retraite, il avait un avantage, c'est que nous avions le taux de pauvreté le plus faible au monde. En Allemagne, ils ont trois fois plus de pauvres retraités. Trois fois plus ! Et on est encore à se comparer à l'Allemagne en disant, voilà, l'horizon, c'est de mettre moins d'argent dans le PIB, moins d'argent dans le PIB pour les retraites, mais au final, d'avoir trois fois plus de pauvres retraités. On devrait être content d'avoir le même niveau de vie quand on est à la retraite et quand on est au travail.

Et sur la question de la pauvreté, qui serait légèrement inférieure quand on est retraité, qu'on augmente les salaires, qu'on donne de l'argent aux 17 millions de gens qui sont en travail précaire, qu'on leur permet d'avoir un emploi à temps complet, il faut arrêter de faire la concurrence. Il y a eu un tel nivellement, on l'a déjà dit, une telle austérité salariale, un nivellement vers le bas des contrats courts, des contrats précaires, qu'aujourd'hui, on est toujours à dire, regardez, le travail ne paye pas assez. Oui, dans ce cas-là, employez un CDI et payez-le. Donc, on devrait être très content de ce système-là. On a un bon résultat de politique publique.

On a quelques déficits qui sont mineurs, qui restent mineurs et qui peuvent être compensés et qui peuvent faire que le système fonctionne bien. Mais je crois que le fait que ce soit une bonne politique publique, ça dérange certains par idéologie, contre la volonté des Français et qu'il faut en finir. Et en Allemagne, il y a trois fois plus de pauvres. Alors, si c'est ça l'exemple de la Cour des comptes, dans ce cas-là, elle n'est plus dans son rôle d'avertir, elle fait de la politique. Mais ça, on le savait.

Jeudi dernier, les députés ont pu s'exprimer sur la proposition instaurant un impôt planché de 2% sur le patrimoine des ultra-riches, proposition qui émane d'un constat, cette petite catégorie paie moins d'impôts en proportion que le commun des mortels. Cela vise les patrimoines de plus de 100 millions d'euros. Et cet impôt reprend les travaux de l'économiste Gabriel Zuckman d'un impôt planché sur la fortune pour les 0,01% des contribuables les plus riches, soit environ 1 800 contribuables, afin de les taxer à hauteur de 2% de leur fortune en impôts.

Eva Sasse, députée écologiste et sociale, a précisé à la tribune qu'il n'y aura aucun impact pour les gérants de PME, les artisans ou les jeunes entrepreneurs. La ministre chargée des Comptes publics, Amélie Dumont-Chalin, a décrit une mesure inefficace et confiscatoire. Mais la ministre a cependant avancé que le gouvernement était conscient des cotournements opérés dans le cadre en particulier des holdings patrimoniales et a annoncé le lancement d'un travail de concertation avec des économistes. Le gouvernement reviendrait d'ici deux mois pour présenter, je cite, un dispositif efficace, ciblé et durable.

14:12
Invité

En somme, le seul risque de cet impôt, c'est que personne, à la fin, ne le paye. Et vous le savez tellement bien, madame la rapporteure, que vous avez bien imaginé la solution pour rattraper les 2 000 contribuables visés par votre nouvel impôt, au cas où il quitterait le territoire national. Vous prévoyez en effet, dans le dispositif, un mécanisme d'exil-taxe renforcé qui permettrait de continuer à imposer les exilés fiscaux après leur départ pendant quelques années. Mais que se passerait-il après ? Plus rien, plus de rendement, plus d'entreprises, plus d'investisseurs et plus d'impôts pour les Français. Alors, en fin de compte, c'est en cela que cette réforme serait inefficace.

Elle ne produirait aucune richesse supplémentaire dans le pays et elle provoquerait des expatriations certaines.

15:01
Présentateur

La droite, elle, a fustigé une mesure inconstitutionnelle ou encore de la fiscalité punitive et, je cite, taxée. C'est de la paresse intellectuelle. La proposition a été finalement adoptée. Les macronistes et la droite ont voté contre et le Rassemblement national s'est abstenu. Thomas, c'est quoi ton impression sur cette proposition de loi qui est passée ? Alors, vraiment, il faut saluer les travaux de Gabriel Zuckmann parce que, bon, en réalité, tout le monde savait qu'il y avait de l'optimisation fiscale qui était faite sur les grandes entreprises et sur les fortunes très riches.

Tout le monde le savait plus ou moins parce que nous avons en Europe des paradis fiscaux et puisque nous avons des chiffres assez impressionnants, parfois sur des cas comme l'Irlande. Mais ce qu'a fait Gabriel Zuckmann comme travail, c'est qu'il a vraiment chiffré au plus près l'évasion fiscale, qu'elles soient des entreprises et des très riches.

Et donc, il a réussi à mettre sur la place publique un certain nombre de choses que nous connaissons et que nous utilisons tous aujourd'hui sur le fait de la taxation extrêmement faible des très riches, sur le fait que si les riches partaient, il y aurait un impact très faible sur les recettes fiscales tellement ils optimisent, que si les solisiers de Caïmans, ils ne paieraient pas beaucoup plus d'impôts. Donc, il a vraiment fait un travail très, très important. Et aujourd'hui, c'est très difficile de s'opposer aux résultats qu'ils trouvent. Finalement, c'est un économiste de renommée internationale. Il chiffre les choses.

Et qui peut se dire aujourd'hui, compte tenu de la pression fiscale qu'il y a aujourd'hui en France pour des petites entreprises, etc., qui peut trouver anormal le fait que les plus riches payent un impôt ? C'est-à-dire que c'est anormal que les plus riches ne payent moins d'impôts que les autres. L'impôt doit être progressif. C'est ça le sens de l'impôt. Donc, c'est absolument normal que les plus riches payent un impôt qui soit beaucoup plus élevé que les autres. Et ça ne va pas les rendre plus pauvres parce que, vous savez, la fortune, elle s'auto-valorise. Chaque année, vous gagnez encore plus d'argent et encore plus d'argent, encore plus d'argent.

On prélèvera juste une partie de ce qu'ils gagnent. Et ce qui est parfaitement normal, c'est le cas pour tout le monde, quasiment tout le monde. Tout le monde paye de l'impôt. Parle de la TVA, de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les sociétés, tout le monde paye de l'impôt. Donc, ce n'est pas normal qu'une partie qui a profité des services publics, qui a profité des infrastructures, échappe à l'impôt de manière légale. Ce n'est pas normal. Sachant qu'on est qu'au début du chemin de la proposition de loi, parce qu'il faut que ça passe au Sénat, qui est majoritairement de droite, et après encore plusieurs procédures.

Le gouvernement préfère, je le disais, une mesure coordonnée au niveau européen et international. C'est le modèle de Zuckman, la coopération des pays pour éviter des mécanismes d'évitement ou de fraude, délocalisation, etc. Toi, qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que ce serait efficace que la France commence, elle, toute seule ? Parce qu'on agite encore la peur, tu l'as entendu, on agite encore la peur de la délocalisation, de faire partir nos investisseurs, etc. Déjà, il faut qu'il y ait un pays qui commence. C'est bien, moi, je trouve que si on attend... Quand on dit qu'on va attendre que ça se passe au niveau européen, ça ne se passera quasiment jamais.

Ça ne se passera pas, parce qu'il y a des pays qui ont intérêt à ça et qui vivent de ça, et qui sont nos pays voisins, le Luxembourg, la Belgique ou l'Irlande, et j'en passez des meilleurs. Donc, non, c'est bien que la France, qui est une grande puissance européenne, commence par le faire. Et puis, moi, je pense qu'il faut qu'elle aille plus loin. Il y a d'autres mécanismes qu'a proposé Gabriel Zuckman, comme le fait de devoir payer, même quand on part un certain nombre d'années, l'impôt en France, parce qu'on a considéré qu'on a utilisé des infrastructures, des services publics. Je pense que la France doit se doter d'un arsenal et montrer la voie.

Et la plupart des pays suivront, parce que tous les citoyens, et c'est le cas avec les travaux de Gabriel Zuckman, tous les citoyens vont demander à un moment et faire pression et demander des comptes. Là, ça n'a pas été porté que par la gauche. Il y a des gens, Sacha Houllier, des macronistes, même il y a des gens comme M. Pizani-Ferry, qui était l'économiste de Macron en 2017, donc qui a soutenu la réforme de l'ISF, qui ont signé dans le monde la proposition de Zuckman.

Donc, on voit bien que les lignes bougent, parce que pour tout le monde, c'est extrêmement incohérent qu'une petite partie des gens et les plus riches puissent échapper à l'impôt, tout simplement parce qu'ils sont plus mobiles que d'autres. Ce n'est pas normal. Personne ne peut défendre ça. Avec Mme de Montchalin, on l'a vu dans la vidéo, qui puisse dire, bon, ça va faire fuir, on va faire un groupe d'experts, enfin, qui joue la montre. Enfin, comme je l'ai dit, on l'avait dit ici. Ça ne m'étonne pas qu'elle dise ça, parce qu'elle est ministre du budget et la première chose qu'elle fait, elle l'a dit elle-même, c'est qu'elle rencontrait tous les jours les grands chefs d'entreprise.

Donc, on voit bien qu'elle est très soucieux de ces mille familles les plus riches qui sont à l'abri du besoin pour des siècles et des siècles que, je ne sais pas moi, les coupes qu'elle va faire dans la vie associative ou ailleurs. Donc, voilà, ça ne m'étonne pas de sa position, mais quand on regarde, bon, l'impôt, l'impôt, le consentement à l'impôt, il est là à partir du moment où chacun paye son juste impôt, ça part.

Si vous avez des grosses boîtes qui arrivent à échapper à l'impôt de manière légale maintenant, ça qui est dingue, c'est même plus, c'est de manière légale et que vous avez des gens très riches qui arrivent aussi à le faire, moi, je pense qu'il faudrait aussi s'attaquer à toute la machinerie qui est derrière, les avocats fiscalistes, etc., qui ont pignon sur rue, qui font des activités parfaitement légales pour que ça cesse, parce qu'en réalité, c'est une minorité qui joue contre la majorité. Vous avez vu combien va rapporter cette taxe. Ça va rapporter énormément d'argent qu'on pourrait économiser sur d'autres services publics.

Et les gens qui vont la payer, alors, ils vont être fâchés parce qu'ils ont tellement été gâtés ces 20 dernières années qu'ils vont être fâchés, mais ça ne va pas les rendre pauvres. Là, ce que demande l'idée de la taxation Zuckmann, c'est vraiment que les infimes très riches finissent par participer de manière proportionnelle comme les autres. Là, ce n'est même pas l'étape où on demande aux riches de participer plus en proportion. C'est juste de participer pareil. 2% du patrimoine, vous avez vu comment il a augmenté le patrimoine de ces 10 dernières années. Il a fortement augmenté, que ce soit le patrimoine immobilier, mais que ce soit aussi le patrimoine mobilier. Il y a des fortunes.

Je veux dire, quand on prend juste les 500 premières fortunes, leur fortune a été multipliée par 5. 5. Donc, c'est vraiment une très faible part. C'est plus une part de l'augmentation, presque même. Donc, les gens ne vont pas être appauvris du tout. Ce n'est pas quelque chose où on va punir des riches comme ça aurait pu être le cas dans certains pays avec des nationalisations, etc. Ça n'a rien à voir avec ça ou avec des fortunes qu'on saisirait. Ça n'a rien à voir avec ça. Ça va être présenté comme ça de la part d'une partie de la droite et de l'extrême droite. Mais la réalité, c'est que c'est une juste taxe. Leur patrimoine a augmenté.

Même après la taxe, ils seront encore plus riches qu'il y a 10 ans. Donc, voilà. C'est juste la justice que chacun puisse payer son impôt. Et voilà. Et ça fait trop longtemps, en fait, qu'on se retrouve dans une société, y compris en France. Alors, les gens pensaient que c'était partout ailleurs sauf en France. C'est ça, en fait, que les politiques nous rabâchaient. Pour dire, circuler, il n'y a rien à voir. Alors, tout le monde voyait quand même qu'il y avait des anomalies massives comme le fait que... On est payé de l'impôt, on est payé de la taxe. Voilà. Que la première société du 440 ne payait pas d'impôt en France, zéro d'impôt. On disait, tiens, bon, première chose. Voilà.

Que le 440 est des filiales dans les paradis fiscaux. Enfin, tout le monde voyait qu'il y avait un certain nombre de mécanismes qui avaient été mis en place et que ça se passait mal. Mais on nous disait, mais non, non, il n'y a rien à voir de ce côté-là. Circuler, il n'y a rien à voir. On enquêtait plutôt sur les gens qui ont le RSA et qui ne se présenteraient pas assez. On faisait jamais d'enquête sur ces questions-là. C'est assez intéressant parce que même la Cour des comptes, je ne sais pas si elle se penche là-dessus, mais en tous les cas, ça fait moins de bruit quand elle se penche là-dessus que quand elle se penche sur la question de la coupe de la dépense publique.

Donc, c'est très intéressant. C'est-à-dire qu'on faisait comme si on ne voyait pas ces choses-là. Et aujourd'hui, on est très bien conscients que ceux qui payent majoritairement l'impôt, ce sont la classe moyenne et les moyennes supérieures et qu'il y a une partie en haut, tout en haut de la fusée qui, elle, ne paye pas d'impôts et profite de ceux qui ont payé des impôts. Donc, on est revenu presque à l'ancien régime où le peuple paye pour les rois et ça, ce n'est pas acceptable. Puis, on rappelle des évidences, les énormes fortunes existent parce qu'il y a des pauvres. Il n'y a pas de riches sans pauvres. Le gouvernement avait déjà dit...

Et de tout temps, il y a eu ta raison de ça, de tout temps, la production et la création de richesses a été collective. On a toujours essayé de faire croire qu'il y avait une partie qui était plus importante que l'autre. Pendant l'esclavage, c'était le cas, on disait, ah ben non, mais c'est nous les propriétaires, c'est nous qui organisons, les esclaves, eux, ils ne font rien, mais ça a fait des fortunes. Puis après, ça a été l'exploitation des travailleurs, etc., etc. Donc, le profit, n'est pas des capitalistes, comme disait Adam Smith, il n'est plutôt de l'exploitation des travailleurs, comme disait Marx. Exactement.

Le gouvernement avait déjà dit son intention d'instaurer une taxe pour contrer l'optimisation fiscale des plus hauts patrimoines qui ne devrait pas dépasser le taux de 0,5% et exclurait les biens professionnels de l'assiette. Et justement, pour les défenseurs de l'impôt Zuckman, la proposition d'un impôt plancher ne peut être efficace que si elle intègre précisément ces biens professionnels. Qu'est-ce que tu en penses que tu peux nous expliquer ? Mais c'est quoi un bien professionnel ? Est-ce que c'est une action, tu détiens une action de ton entreprise, c'est un bien professionnel ou pas ?

Parce que c'est ça aussi, c'est une façon, moi j'ai l'impression d'enlever toute la part des actions propres à des entreprises qui peuvent être considérées comme des placements professionnels. Donc, non, non, il faut faire très attention. Moi, je pense qu'il faut taxer à un moment ses patrimoines qui ont fortement augmenté et c'est le sens de la proposition de Gabriel Zuckman.

c'est bien que la France le porte et moi, je pense que cette loi qui est passée peut avoir un impact majeur, alors peut-être pas sur les pays qui profitent de ça parce qu'il y en a et qu'il faudrait commencer à dénoncer autour de nous comme le Luxembourg, la Belgique qui siphonne quasiment toutes les recettes, une partie des recettes publiques des très riches et des grandes entreprises en France et en Allemagne mais je pense que cette loi elle va dans le bon sens et la majorité des populations vont faire pression pour que cette loi soit appliquée et donc c'est pas étonnant que même un certain nombre de macronistes se soient ralliés à cette cause alors même qu'ils ont voté au début la baisse de l'ISF mobilier c'est-à-dire des actions en début de mandat 2017.

On rappelle que cet impôt de 2% est en discussion au niveau international notamment au niveau du G20 donc on va suivre ça évidemment.

Merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher j'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter la situation politique est inédite historique des directs du terrain du reportage mais aussi de l'enquête le média c'est 30 travailleuses et travailleurs qui produisent de l'information au quotidien vous le savez le média ne vit que par votre soutien c'est le prix d'une information libre et indépendante pour soutenir votre média de manière pérenne vous pouvez vous abonner à partir de 5 euros par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative rejoignez-nous dès maintenant sur soutenez.lemédiatv.fr et on le répète mais bientôt très bientôt de nouveaux rendez-vous sur le média de nouvelles émissions en direct qui seront diffusées sur le canal 165 The Free sur Molotov et sur notre seconde chaîne YouTube le média 24-7 abonnez-vous et activez la cloche pour ne rien rater spectateurs abonnés donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine et à la semaine prochaine

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