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Bruno Le Maire était l'invité du "Grand Jury"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 63 %Attaque 24 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:09OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous condamnez ces violences de la part des autorités espagnoles ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Mais vous l'Européen, est-ce que vous redoutez que d'autres régions en Europe prennent le même chemin ?

  • 3:07OuverteÉludée

    Est-ce qu'il y a une responsabilité des pouvoirs publics sur cet incident ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez ? Cette affaire de journée sans voiture, c'est un gadget ?

  • 5:00RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous avez perdu la bataille de l'opinion sur ce terrain ?

  • 5:33OuverteRéponse partielle

    Laurent Wauquiez parle de séries de ponctions sur la classe moyenne...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « L'Espagne est un pays ami, c'est un peuple frère, le peuple espagnol. »
  • 1:20Invité politiqueFait
    « Ensuite, cette décision et toutes ces décisions sont de l'ordre, de la souveraineté du peuple espagnol et exclusivement du peuple espagnol. »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « Moi ce que je redoute surtout en Europe, c'est l'immobilisme. »
  • 3:15Invité politiqueFait
    « Je vais vous faire une grande révélation, Christophe Jacubicine. Je ne suis pas ministre de l'Intérieur. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Bien sûr que ces images sont choquantes. Bien sûr que je pense aux blessés. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « Ce qui compte surtout, c'est qu'on gagne la bataille de la croissance et la bataille de l'emploi au bout du compte. »
  • 5:19Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas un budget pour les riches. »
  • 5:42guest_politiqueFait
    « Oui, je vois dans beaucoup de propos de Laurent Wauquiez qu'il s'agisse des ponctions sur la classe moyenne alors que justement, nous allons alléger la fiscalité sur ceux qui travaillent. »
  • 6:14Invité politiqueFait
    « Ça fait 30 ans qu'on applique la même politique qui consiste à distribuer de l'argent que nous n'avons pas. »
  • 7:45Invité politiqueChiffre
    « qui touche 2000 euros par mois, d'avoir 500 euros en plus par an. »
  • 7:50Invité politiqueChiffre
    « Il y a 15 milliards d'euros pour les jeunes qui n'ont ni diplôme, ni qualification, qui sont aujourd'hui au chômage très éloigné de l'emploi. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « Nous le supprimons pour les valeurs mobilières. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « Nous avons mis en place un impôt sur la fortune immobilière qui est clair, qui est simple, qu'il ne fera aucun perdant, il fera même quelques gagnants au bout du compte. »
  • 9:41Invité politiquePromesse
    « Je suis prêt à envisager, avec nos amis parlementaires qui sont présents sur ce plateau, je suis prêt à envisager une nouvelle tranche sur ce droit de francisation. »
  • 22:55Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle que pour la première fois depuis 2007, en 2017, nous serons à 2,9% de déficit. »
  • 23:10Invité politiqueChiffre
    « 5 points de dette publique en moins, 3 points de dépense publique en moins, 1 point de prélèvement obligatoire en moins sur 5 ans. »
  • 23:42Invité politiqueChiffre
    « Les prévisions de croissance ont été jugées sincères, ce qui arrive rarement, par le Haut Conseil aux finances publiques. 1,7% pour 2017, 1,7% pour 2018. »
  • 26:54Invité politiqueFait
    « nous allons progressivement supprimer la taxe d'habitation pour 80% des personnes qui la payent. »
  • 27:00Invité politiqueFait
    « C'est un impôt dont on supprime 80% de ceux qui le payent est un impôt qui est en réalité profondément injuste et inefficace. »
  • 29:11Invité politiqueChiffre
    « Je vous dis que pour 2017, on devrait pouvoir atteindre 1,8. »
  • 29:16Invité politiqueChiffre
    « Et pour 2018, mon objectif est que nous dépassions la perspective fixée dans le PLF, c'est-à-dire 1,7. »
  • 30:06Invité politiqueFait
    « Si nous avons prévu l'année prochaine une loi sur la transformation des entreprises que je porterai avec Benjamin Griveaux et qui sera une loi importante pour permettre à nos 4 600 PME de devenir des entreprises de taille intermédiaire capables de conquérir les marchés extérieurs. »
  • 34:14Invité politiqueFait
    « La dotation globale de fonctionnement, elle va être stable pour la première fois depuis des années l'année prochaine. »
  • 36:42Invité politiqueFait
    « C'est une décision qui avait été prise par Nicolas Sarkozy et je lui rends hommage. »
  • 36:51Invité politiqueFait
    « Si dans le service public, on a exactement la même offre que sur les chaînes privées, ce n'est pas la peine d'avoir un service public. »
  • 37:20Invité politiqueFait
    « C'est une très bonne semaine pour les Français. C'est la semaine où Alstom est devenu européen et où STX est devenu européen. »
  • 37:28Invité politiqueFait
    « Alstom, qui risquait d'être dévoré par un géant chinois, a retrouvé des forces en se consolidant avec Siemens. »
  • 37:43Invité politiqueFait
    « En 2000, il n'y avait pas de constructeur ferroviaire chinois sur le marché européen ou le marché américain. »
  • 37:50Invité politiqueChiffre
    « En 2017, le premier constructeur ferroviaire mondial avec 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires, c'est CRRC, le géant chinois. »
  • 40:50PrésentateurFait
    « Il y a des parlementaires qui disent on veut toute la lumière sur pourquoi c'est fait de cette union. »
  • 42:26Invité politiqueFait
    « Nous avons obtenu à Tallinn le 19 septembre dernier d'avoir un texte portant sur la taxation des géants du numérique qui font des profits considérables en France et en Europe et qui ne payent quasiment aucune taxe. »
  • 50:01Invité politiqueFait
    « j'ai porté pendant toute la campagne des primaires une volonté de renouvellement complet de la vie politique française »
  • 50:19Invité politiqueFait
    « j'ai porté une relance de l'économie sur la base de la baisse de la fiscalité chez les entreprises »
  • 50:44Invité politiqueFait
    « François Fillon avait dit qu'une personne mise en examen ne pouvait pas être candidat à la présidence de la République »
  • 51:22Invité politiqueFait
    « je me suis présenté comme candidat législatif comme membre de la majorité »
  • 51:48Invité politiquePromesse
    « c'est de réussir au service des Français, c'est que la croissance revienne »

Temps de parole

  • Bruno Le Maire73 %
  • Présentateur14 %
  • Invité5 %
  • Invité 24 %
  • Auditeur3 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:10
Présentateur

Le Grand Jury, RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui, Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche. Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Benjamin Sportouche. Merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour ce grand oral à mes côtés aujourd'hui, Christophe Jacubicine de TF1 LCI, bonjour. Et Alexis Brézé du Figaro, bonjour à tous les deux.

Dans cette émission, séquence droite suite aussi avec les internautes, ceux qui nous regardent et ce sera Marie-Pierre Haddad de la rédaction numérique de RTL qui nous rejoindra au cours de l'émission pour vous poser, Bruno Le Maire, les questions des téléspectateurs et auditeurs. Alors avant d'en venir à vos sujets qui sont importants, copieux, il y a beaucoup de questions d'actualité et notamment ce matin, la Catalogne avec un référendum qui est interdit, un référendum sur l'indépendance qui est interdit par les autorités. Et il y a eu déjà des heurts et des violences puisque la police a chargé des manifestants et on compte 38 blessés, déjà légers mais déblessés.

Est-ce que, Bruno Le Maire, vous condamnez ces violences de la part des autorités espagnoles ?

1:13
Bruno Le Maire

L'Espagne est un pays ami, c'est un peuple frère, le peuple espagnol. Donc je souhaite évidemment que la paix civile règne en Espagne. Ensuite, cette décision et toutes ces décisions sont de l'ordre, de la souveraineté du peuple espagnol et exclusivement du peuple espagnol. Ce n'est pas à moi de me prononcer sur le référendum, sur les choix politiques du gouvernement. Je souhaite simplement une fois encore que la paix civile règne en Espagne. Donc vous regrettez que ce référendum ait lieu ou pas ? Mais qu'est-ce qu'on dirait si un gouvernement espagnol, un ministre espagnol venait s'exprimer sur la situation en France, sur la manière dont nous gérons les problèmes d'ordre public ?

On peut parler à des amis. Tout ça est de l'ordre du gouvernement espagnol et c'est sa responsabilité exclusive.

1:58
Invité

Mais vous l'Européen, est-ce que vous redoutez que d'autres régions en Europe prennent le même chemin, souhaitent s'exprimer, s'autodéterminer ?

2:07
Bruno Le Maire

Moi ce que je redoute surtout en Europe, c'est l'immobilisme. C'est l'incapacité à aller de l'avant, à construire une Europe qui réponde aux problèmes des Européens. L'emploi, le chômage, l'industrie, l'investissement, l'innovation. Tout ce que le Président de la République a parfaitement expliqué dans son discours de la Sorbonne. Je pense que l'Europe a besoin aujourd'hui d'aller de l'avant.

2:25
Invité

Mais est-ce que l'Europe qui souvent veut nouer des dialogues directs avec les régions, avec les autonomies et qui les encourage, est pas un peu indirectement à l'origine de ce type de mouvements régionalistes ?

2:35
Bruno Le Maire

Vous savez que moi je crois à l'Europe des nations. Je pense que les nations ont du sens. Non, je crois à l'Europe des nations. Je pense que les nations c'est une culture, c'est une identité. Et que c'est la base à partir de laquelle nous pourrons faire progresser l'Europe. Donc c'est dans cette direction-là que je m'inscris. Je souhaite que nous accélérions l'intégration européenne, notamment sur la base de la zone euro. Je pense qu'on aura l'occasion d'y revenir. Mais je crois aux nations en Europe.

2:57
Présentateur

Alors autre sujet d'actualité, Christophe Jacubicine. Il y a eu un incident grave hier dans leur stade à Amiens.

3:02
Invité

Le stade de la licorne à Amiens avec cette barrière qui tombe et ses supporters qui sont blessés. Est-ce que, alors on nous dit que la commission de sécurité était passée il y a trois jours, est-ce qu'il y a une responsabilité des pouvoirs publics sur ce type d'incident ?

3:15
Bruno Le Maire

Je vais vous faire une grande révélation, Christophe Jacubicine. Je ne suis pas ministre de l'Intérieur. Je suis ministre de l'Économie et des Finances. Ça suffit largement à mon bonheur. Donc interroger le ministre de l'Intérieur. Non, je ne vote pas en touche. Mais vous savez, je crois qu'un bon gouvernement, c'est un gouvernement où chacun exerce ses responsabilités. Il ne vient pas empiéter ses responsabilités. Mais j'imagine que vous avez été choqué au nom de la maire en voyant sur les images. Bien sûr que ces images sont choquantes. Bien sûr que je pense aux blessés. Bien sûr que je suis touché comme n'importe quel citoyen.

Mais si vous interrogez le ministre, le ministre vous dit « Il y a un ministre de l'Intérieur qui est un excellent ministre de l'Intérieur. C'est lui qu'il faut interroger sur ces sujets-là. »

3:49
Présentateur

Enfin, une dernière question d'actualité. Vous avez eu la chance de venir en voiture ce matin, M. le ministre, ce studio. J'ai eu la chance de venir.

3:56
Invité

Il faut dire que c'est aujourd'hui la journée à Paris, la journée sans voiture décidée par Anne Hidalgo. Qu'est-ce que vous en pensez ? Cette affaire de journée sans voiture, c'est un gadget ? C'est bien ? C'est la préfiguration de quelque chose de plus large ?

4:08
Bruno Le Maire

Je pense que c'est bien d'arriver à avoir moins de voitures en ville. Je pense que la méthode d'Anne Hidalgo n'est pas la bonne méthode. Je pense que ce n'est pas par la force qu'on y arrivera, mais par la conviction, par le dialogue. Je pense qu'on ne modifie pas les choses brutalement comme elle le fait. C'est une décision autoritaire. Comme la manière dont les voies de circulation à Paris, les voies sur berge sont modifiées, c'est autoritaire. Pourquoi pas un peu de concertation ? Pourquoi pas un peu de dialogue ?

Pour écouter ce que les Parisiens, et au-delà des Parisiens, tous ceux qui vont venir travailler à Paris, tous ceux qui habitent en banlieue, écoutons tout le monde avant de prendre des décisions aussi lourdes de conséquences pour la vie quotidienne de chacun.

4:44
Invité

Vous n'êtes pas ministre des Transports, mais vous avez un avis quand même sur la circulation à Paris.

4:47
Bruno Le Maire

Parce qu'il se trouve que j'habite à Paris, donc j'ai un avis de parisien.

4:52
Présentateur

Alors, on va en venir au dossier de la semaine, c'est-à-dire la présentation du budget 2018, premier budget de l'ère Macron. On voit que ce budget, Bruno Le Maire, suscite beaucoup de critiques, et notamment, on entend dire que c'est le budget des riches. Est-ce que vous avez perdu la bataille de l'opinion sur ce terrain ?

5:11
Bruno Le Maire

Ce qui compte surtout, c'est qu'on gagne la bataille de la croissance et la bataille de l'emploi au bout du compte. Et c'est à ça qu'il sert ce budget. Ce n'est pas un budget pour les riches. Je vais vous dire, personnellement, ça me révolte d'entendre des propos aussi fallacieux que ceux-là sur le budget que nous avons présenté avec Gérald Darman. C'est tout le contraire, Bruno Le Maire, dans votre ancien camp. C'est tout le contraire.

5:33
Présentateur

Laurent Wauquiez parle de séries de ponctions sur la classe moyenne et des cadeaux aux financeurs de la campagne d'Emmanuel Macron.

5:39
Bruno Le Maire

Oui, je vois dans beaucoup de propos de Laurent Wauquiez qu'il s'agisse des ponctions sur la classe moyenne alors que justement, nous allons alléger la fiscalité sur ceux qui travaillent. Ou les propos qu'il prête à Angela Merkel qui n'ont jamais existé et que la chance est réellement d'être obligée de corriger. Je trouve que Laurent Wauquiez est très souvent hors du sens commun dans ses propos. Pour quelqu'un qui aime tellement le sens commun, je trouve que c'est un peu regrettable. Le sens commun, on le rappelle, c'est une émanation politique de la manifeste.

Pour revenir au budget qui m'importe plus que ses propos hors du sens commun, c'est un budget qui est fait pour retrouver de la croissance, pour financer l'innovation, pour financer l'investissement. Ça fait 30 ans qu'on applique la même politique qui consiste à distribuer de l'argent que nous n'avons pas. Eh bien, avec le Président de la République, avec le Premier ministre, nous avons fait un choix totalement différent. permettent la création de richesses qui permettra d'aider ceux qui en ont le plus besoin.

6:29
Invité

Bon, non, non, ça c'est pour la crise générale du budget, et vous avez sans doute raison, on va en reparler. En revanche, on revient quand même au ressenti des Français. Il n'y a pas que les leaders politiques qui ont taclé ce budget. Les Français, avec la réforme de l'ISF, d'un côté, avec la taxe d'habitation, pardon, la CSG va dans le bon sens et à l'aide des impôts. Vous auriez pu citer aussi la suppression de toute cotisation sociale

6:53
Bruno Le Maire

sur l'assurance chômage ou sur l'assurance maladie. Vous auriez pu citer aussi Christophe Jacques-Cubisine. Il y a un ressenti des Français. Vous auriez pu citer aussi l'augmentation de la location adulte handicapée, la prime d'activité. Vous auriez pu citer tout ce qui est fait pour ceux qui vont embaucher une personne à domicile et qui ne payent pas l'impôt sur le revenu. C'est un crédit d'impôt que nous avons maintenu qui coûte un milliard d'euros à l'État et qui va permettre aux personnes les plus fragiles, aux retraités qui ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu, d'embaucher quelqu'un à domicile et de percevoir un chèque du Trésor public.

7:22
Invité

Vous avez mal expliqué aux Français

7:23
Bruno Le Maire

si ce ressenti-là vous dit qu'il n'est pas légitime. Peut-être qu'il faut expliquer davantage. Peut-être qu'il faut montrer davantage, et c'est ce que je fais ce matin, la philosophie globale du budget et à quel point c'est l'ensemble des décisions qu'il faut prendre en considération. Le budget, le projet de loi de finances, de la sécurité sociale avec les suppressions de charges, assurances maladies, assurances chômage, qui vont permettre à une personne qui travaille, qui touche 2000 euros par mois, d'avoir 500 euros en plus par an.

Il faut rajouter aussi le grand plan d'investissement dans lequel il y a 15 milliards d'euros pour les jeunes qui n'ont ni diplôme, ni qualification, qui sont aujourd'hui au chômage très éloigné de l'emploi et que nous allons accompagner pour qu'ils puissent retrouver un emploi. C'est ça la vision globale du budget et c'est ça la vision globale de notre politique.

8:05
Invité

Est-ce qu'il faut remettre dans le champ de l'ISF ou retaxer un certain nombre de signes extérieurs de richesse comme le propose Joël Giraud qui est le rapporteur du budget et qui dit les yachts, les jets, etc. Il n'y a pas de raison de les sortir de l'ISF. C'est très symbolique.

8:21
Bruno Le Maire

D'abord un mot sur l'ISF. Nous le supprimons pour les valeurs mobilières. C'était dans le projet d'Emmanuel Macron. Ce qui surprend un peu, c'est que nous avons un président de la République qui tient parole et qui applique son projet. Deuxième remarque, l'ISF est devenu un épouvantail. Un épouvantail pour tous ceux qui veulent créer des richesses et qui disent que ce n'est pas la peine de créer des richesses. De toute façon, on va être soumis ensuite à l'ISF. Un épouvantail pour tous ceux qui voudraient investir en France, permettre à notre économie de fonctionner mieux. C'est bien de supprimer un épouvantail et d'attirer les investisseurs.

Troisième chose, nous avons mis en place un impôt sur la fortune immobilière qui est clair, qui est simple, qu'il ne fera aucun perdant, il fera même quelques gagnants au bout du compte.

8:58
Invité

Ceux qui vont continuer de le payer sont un peu agacés de se dire que les autres ne paient plus sur les valeurs immobilières.

9:03
Bruno Le Maire

Ce n'est jamais assez. J'entends les critiques de certains qui vous disent qu'il fallait aller jusqu'au bout, mais qui n'ont jamais osé depuis 30 ans aller jusqu'à moitié de ce que nous avons fait. Il ne faudrait pas mieux aller jusqu'au bout ? Je réponds juste à votre question sur les signes extérieurs de richesse. Je suis opposé à toute création de nouvelles taxes qui viendraient compléter cet impôt sur la fortune immobilière. Parce que ça n'était pas dans le projet d'Emmanuel Macron et parce que ça n'est pas cohérent. En revanche, il existe des dispositifs qui portent, par exemple, sur les navires de plaisance.

Ça s'appelle un droit de francisation qui est annuel, qui est en fonction de la taille du bateau, qui est en fonction de la motorisation du bateau. Je suis prêt à envisager, avec nos amis parlementaires qui sont présents sur ce plateau, je suis prêt à envisager une nouvelle tranche sur ce droit de francisation. En mettant simplement deux limites. La première, c'est de bien faire attention à la filière des voiliers, des bateaux. Regardez Beneteau en Vendée, créateur d'emploi, formidable PME de Vendée. On ne va pas fragiliser en plus notre outil productif. Deuxième limite que je fixe, c'est celle qui m'a été rappelée utilement par Christian Esrosi, par M. Falco, le maire de Toulon, par M.

Muselier, le président de la région PACA, qui m'ont écrit en août pour me dire « Faites attention, la fiscalité sur les yachts est trop lourde et du coup, les ports de la Côte d'Azur ne fonctionnent pas assez bien. » Donc il faut que je tienne compte aussi des remarques qui me sont faites par ces élus de droite qui sont si promptes à critiquer nos propositions.

10:27
Présentateur

Mais globalement, regardez, François Bayrou dit « Attention, c'est un budget, il faut faire attention à l'image d'injustice qu'il peut donner. Peut-être peut-on avancer sur certains dossiers et notamment sur cette taxation des biens ostentatoires. »

10:41
Bruno Le Maire

Est-ce que vous entendez ce qu'il vous dit ? Qu'est-ce qui est ostentatoire ? Un yacht, je dis, pourquoi pas durcir le droit de francisation. Un véhicule de très grosse cylindrée, il existe un malus de 10 000 euros pour les véhicules qui rejettent plus de 190 grammes de CO2 dans l'atmosphère. On peut conjuguer justice fiscale et protection de l'environnement en durcissant ce malus. Si mes amis parlementaires le proposent, j'y suis prêt. Parce que je suis attaché autant qu'eux à la justice d'un politique fiscale. Vous rédigerez presque les amendements avec eux, M. le maire. C'est eux qui ont l'initiative et j'étudierai ces amendements de manière ouverte.

Mais faisons très attention à ne pas ouvrir la boîte de Pandore qui reviendrait à revenir sur des vieilles logiques dépassées où on se dit il faut fracasser les riches et ça ira mieux pour les plus faibles. C'est quoi ? C'est des logiques de lutte des classes ? C'est pas ça. Les logiques de lutte des classes, on a essayé, ça ne marche pas. Les logiques de toujours plus de dépenses publiques, si ça marchait, on serait très bien portant puisque nous sommes le pays de l'OCDE. Quel niveau de dépense publique le plus élevé ? Ça ne marche pas. Avec le président de la République, nous voulons essayer autre chose.

11:42
Présentateur

Sur les lingots d'or, par exemple, Bruno Le Maire, on en parle beaucoup.

11:44
Bruno Le Maire

Ça fait partie aussi. Est-ce que là aussi,

11:46
Présentateur

vous pensez qu'il faut un maman particulier ?

11:48
Bruno Le Maire

Pourquoi pas dans ce cas-là, les bijoux, les fourrures, les caves à vin ? On va aller regarder dans les caves à vin des gens. Vous avez une bouteille qui date de 1982. C'est un très grand cru. Mais 82, ce n'est pas une super année. Est-ce que c'est dans le grave ? Est-ce que c'est dans le mouli ? Est-ce que c'est du Bordeaux ? Est-ce que c'est du Bourgogne ? Faites très attention parce que sur les vins de Languedoc, par exemple, ils ont pris beaucoup de valeur depuis quelques années parce qu'ils se sont beaucoup améliorés. Enfin, on n'en sort plus.

C'est cette politique du sapeur Camembert où tout d'un coup, on va multiplier les idées un peu farfelues et surtout, s'écarter de la seule chose qui compte. Avoir une politique fiscale stable, juste, efficace, qui finance l'innovation, qui allège le coût du capital pour que nos entreprises puissent investir, innover, créer des emplois. C'est ça le cap et nous le tiendrons.

12:35
Invité

Autre proposition de François Bayrou. Je ne sais pas si elle est farfelue celle-là. C'est d'augmenter le plancher plutôt de taxation à la CSG pour les retraités. C'est 1 200 euros aujourd'hui. François Bayrou propose qu'on aille à 1 300, 1 400, 1 500 euros pour que plus de retraités soient dispensés de cette hausse de la CSG. Qu'en pensez-vous ? 1,7%. Bruno Le Maire.

12:57
Bruno Le Maire

Je ne suis pas favorable à ce que nous modifions les grands équilibres du budget que nous avons trouvé avec Gérald Darmanin, avec le Premier ministre, avec le Président de la République. Croyez bien, c'est difficile de faire un budget. C'est difficile de concilier des exigences qui sont forcément contradictoires. Respecter nos engagements européens pour que la France puisse être respectée et que ses propositions, celles que j'ai faites par exemple sur la taxation de Google, Amazon et Facebook, soient désormais écoutées et respectées.

Dans le même temps, baisser les impôts et notamment baisser la fiscalité sur le capital parce que nos entreprises ont besoin d'investir, ont besoin d'innover, ont besoin de créer des emplois. Et en troisième lieu, faire attention aux plus faibles. Financer le soutien aux jeunes qui n'ont pas de qualification et pas d'emploi. Aider les retraités les plus modestes. Aider les personnes handicapées. C'est ces trois exigences que nous avons conciliées. Nous y sommes parvenus. Je ne souhaite pas qu'on revienne à les grands équilibres. Est-ce qu'au passage, je ne vous ai pas

13:52
Invité

entre les très riches et les plus faibles dont vous parlez, vous n'avez pas un peu oublié ceux du milieu, les classes moyennes et les classes moyennes supérieures qui ne sont pas touchées par la suppression partielle de l'ISF et qui ne bénéficieront pas de la suppression de la taxe d'habitation ? Est-ce qu'il n'y a pas un vrai problème sur cette catégorie sur laquelle se concentre notamment l'impôt sur le revenu ? Il y a un vrai enjeu.

14:08
Bruno Le Maire

Oui. Il y a un vrai enjeu. L'enjeu global sur le long terme, c'est de faire en sorte que la relance de la croissance que nous portons ne se traduise pas par des riches toujours plus riches et au milieu une classe moyenne écrasée. La décision que nous avons prise sur les charges, sur l'assurance maladie et sur l'assurance chômage suppression de toutes charges, ça touche directement à la classe moyenne.

Ceux qui ont un revenu de 2 500 euros, parce que nous le faisons progressivement, nous le faisons de manière raisonnable, nous ne nous reprochons pas Alexis Brézé d'être responsable et de vouloir conjuguer à la fois la baisse des impôts pour les classes moyennes, pour ceux qui travaillent, pour ceux qui se lèvent le matin et le respect de nos engagements. Parce que c'est bien ça ce que nous voulons faire. Mais les classes moyennes à Alexis Brézé, vous avez raison, c'est une priorité et nous devons montrer l'exemple au reste du monde qu'on peut réussir dans la mondialisation sans voir disparaître la classe moyenne.

15:02
Invité

Bruno, on mettra un impôt sur le revenu sur les classes moyennes, par exemple.

15:05
Bruno Le Maire

Vous étiez, je le rappelle, que vous étiez pendant la campagne à la primaire, pendant la campagne à la primaire, vous étiez... Je voudrais juste finir sur la remarque de Alexis Brézé parce qu'elle est très importante. Je répondrai ensuite à votre question si vous le permettez. Nous devons montrer l'exemple en France qu'on peut conjuguer réussite dans la mondialisation et émergence d'une nouvelle classe moyenne qui réussit par son travail. C'est un enjeu stratégique pour notre pays. Oui, les classes moyennes sont stratégiques. Elles doivent réussir par leur travail et pour ça, le travail doit davantage payer.

15:32
Présentateur

Pendant la primaire, vous vouliez une remise à plat. Vous étiez candidat pour la présidence de la République à droite chez LR et vous vouliez une remise à plat de la fiscalité totale. Il n'y en aura pas. Gérald Darman a dit que ça ne sera pas dans ce quinquennat et vous étiez aussi favorable semble-t-il et Emmanuel Macron l'était, lui, pour une défiscalisation des heures supplémentaires. Pourquoi ne pas l'avoir fait tout de suite alors que ça peut apporter un gain supplémentaire notamment aux classes moyennes ?

15:55
Bruno Le Maire

D'abord, vous vérifierez. Je n'ai jamais été favorable au retour à défiscalisation des heures supplémentaires. C'est un autre candidat, Nicolas Sarkozy, qui le portait. Emmanuel Macron l'était. Ensuite, ce qui compte à mes yeux, c'est que le travail paye. C'est tout. Et pour que le travail paye, d'abord, il faut qu'il y ait du travail et que les entreprises en créent. D'où la baisse la fiscalité sur le capital. Ensuite, il faut éviter l'imposition confiscatoire. C'est ce que nous faisons. Et en troisième lieu, il faut que le travail soit davantage rémunéré. Je le répète, chaque personne qui travaille va voir à la fin du mois son salaire net augmenté, sa feuille de paye augmentée.

Et plus nous pourrons avancer dans cette direction, mieux ce sera à mes yeux.

16:31
Invité

Alex, Christophe, j'ai la cumulée. Oui, autre proposition, celui du rapporteur général de la commission des affaires sociales, Olivier Véran, de mettre fin à l'université, l'universalité, pardon, des allocations familiales. C'est-à-dire que les revenus les plus aisés, ce dont vous parliez peut-être, les classes moyennes et supérieures, ne toucheraient plus les allocations familiales. Bonne ou mauvaise idée ? Bruno Le Maire.

16:52
Bruno Le Maire

Moi, je suis très attaché à la politique familiale. Je pense que c'est une des forces majeures de notre pays. D'arriver à avoir une politique qui permet aux familles de conjuguer l'éducation de leurs enfants et le travail. Et s'il y a bien une fierté que j'ai, c'est que nous gardions taux de fécondité élevé et des familles qui arrivent à conjuguer l'éducation de leurs enfants et le travail. La politique familiale a déjà été lourdement remise en cause par François Hollande dans le précédent quinquennat. Avec le plan commun des partisicials. Et qu'on a baissé sur les allocations familiales. Qu'ensuite, on réfléchisse au point où nous en sommes arrivés en matière d'allocations familiales.

Qu'on réfléchisse de manière plus globale à une politique familiale efficace qui permet de conjuguer une fois encore éducation des enfants et travail. Et que ça conduise à faire disparaître les allocations familiales pour ceux qui ont les revenus les plus élevés. Je vous dis très sincèrement, ça ne me choque pas. À une condition près, que nous gardions une politique familiale forte, puissante, qui aide les familles à conjuguer travail et éducation de leurs enfants. Concrètement, je vous dis très simplement, je ne suis pas fermé qu'au-dessus de 5 ou 6 000 euros, c'est ce qui est différent. Alexis Brézé, en 2011, je proposais la fiscalisation des allocations familiales par souci de justice.

Parce que je suis attaché à la justice fiscale et que toutes les décisions que nous avons prises sont marquées du saut de la justice. Si en matière d'allocations familiales, on peut aller plus loin en matière de justice, à la seule condition près que nous gardions une politique familiale forte, ça ne me choque pas. C'est-à-dire qu'on ne donne plus aux uns, on continue de le donner aux autres, c'est ça que vous dites ? Il faut regarder la politique familiale dans sa globalité.

Parce que quand vous touchez peu d'allocations familiales ou plus du tout d'allocations familiales parce que vous avez des revenus élevés, est-il légitime que vous continuiez à payer le tarif le plus élevé quand vous mettez vos enfants à la crèche ? Regardons globalement la politique familiale.

18:35
Présentateur

Une question quand même sur les fonctionnaires, Bruno Le Maire, parce qu'ils disent qu'ils vont être les dindons de la farce et qu'au final, eux n'auront aucune augmentation de leur pouvoir d'achat puisque c'est votre credo. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Est-ce que vous avez l'intention de faire un geste sur l'indice des fonctionnaires pour qu'ils soient augmentés ?

18:52
Bruno Le Maire

Le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, répondrait beaucoup mieux que moi. La ligne qui a été fixée et qui est très simple, c'est que personne ne perdra dans cette affaire et qu'il y aura une compensation intégrale. Donc l'augmentation de la CSG sera compensée intégralement. Mais pas sur les salariés. Parce que pour les salariés, ils vont gagner plus parce que effectivement les cotisations vont baisser. Oui, règle Jacques-Cubizine. Mais une fois encore, je vais vous faire la même réponse que tout à l'heure. Je ne suis pas ministre de l'Intérieur, je ne suis pas non plus ministre des Comptes Publics.

Gérald Darmanin travaille là-dessus et il annoncera quand il le souhaitera ses décisions en la matière.

19:21
Présentateur

Mais vous êtes favorable ou pas, Bruno Amère ? Là, vous botez en touche, vous pourriez avoir un avis. Comme vous l'aviez pendant, encore je le rappelle, vous vouliez pendant la première une mise à la place de la fiscalité. Donc est-ce que là-dessus,

19:31
Bruno Le Maire

vous avez un avis ? Tout ce qui permet de récompenser, le travail va dans le bon sens. Tout ce qui permettra à notre pays de se dire qu'il vaut mieux travailler plutôt que de rester chez soi à toucher des allocations alors qu'on pourrait trouver un travail, alors que c'est possible, alors que nous nous battons pour créer des emplois, va dans le bon sens. Voilà la philosophie politique qui est la mienne. C'est la même depuis des années.

19:51
Présentateur

Donc augmentation par le mérite pour les fonctionnaires. Si je vous suis, c'est ça qu'il faut préliger, pas une augmentation générale.

19:57
Bruno Le Maire

Gérald Darmanin a déjà laissé entendre que des augmentations par le mérite étaient tout à fait concevables. Moi je trouve que c'est une bonne chose si on s'entend sur ce qu'est le mérite. Le mérite, c'est pas récompenser tout le monde de la même façon. C'est pas dire que vous avez trois assistantes qui travaillent à vos côtés, il y en a une qui est prête à travailler davantage, qui sacrifie parfois des heures de travail, mais au bout de l'année, vous êtes obligé de récompenser de la même chose de ces trois personnes. C'est quoi le mérite pour un policier qui est sur le terrain ? Qu'est-ce qu'est le mérite pour un policier sur le terrain ?

Le mérite, ça s'apprécie à votre engagement dans le travail, ça s'apprécie à votre disponibilité, ça s'apprécie à vos résultats, à votre efficacité. Enfin, on sait tous que dans quelque activité que ce soit, dans le secteur privé comme dans le secteur public, il y en a qui donnent plus, il y en a qui se sacrifient davantage, il y en a qui sont prêts à être plus disponibles que d'autres et qui obtiennent de meilleurs résultats. Le mérite, c'est récompenser l'effort. C'est tout. C'est comme en classe, il est bon que des élèves qui travaillent plus et qui font des efforts soient récompensés. Il est bon que dans la vie active, ceux qui font des efforts soient récompensés également.

20:57
Présentateur

Vous êtes toujours pour l'alignement, par exemple, des retraites du public sur le privé, une augmentation de l'âge de départ à la retraite à 65 ans ?

21:05
Bruno Le Maire

Je vais peut-être reprendre le fil de ce que nous voulons faire. Ça peut en faire partie. Oui, bien sûr. Mais ce que nous voulons porter avec le président de la République et avec le Premier ministre, c'est une transformation économique en profondeur de notre pays. Que la France retrouve sa capacité à créer des richesses. Et pour ça, dans une économie qui est une économie de rupture, confrontée à la révolution digitale, à l'intelligence artificielle, il faut pouvoir investir et pour investir, il faut que le capital coûte moins cher. Ça, c'est la première grande orientation. Ensuite, il faut que ces transformations bénéficient à tous les Français.

Donc, une deuxième étape majeure sera le plan de formation qui permettra à chaque salarié de disposer d'une formation qui lui permettra de réussir dans cette révolution technologique. La troisième étape qui viendra dans l'année 2018, c'est celle qui concernera effectivement et les retraites et l'assurance chômage.

Et au bout du compte, en ayant fait cette transformation économique, en ayant accompagné les salariés pour qu'ils puissent réussir, retrouver de nouvelles qualifications et avoir une vraie carrière professionnelle, réformer l'assurance chômage et réformer les retraites, je pense que nous aurons accompli une transformation de la France comme il n'y en est pas arrivé depuis des décennies.

22:17
Présentateur

Avant les questions de Marie-Pier Haddad qui nous a rejoint,

22:19
Bruno Le Maire

un dernier mot d'Alexis Brézé.

22:20
Invité

On a beaucoup parlé des recettes, c'est-à-dire des impôts. Les dépenses, elles continuent d'augmenter alors qu'on avait dit non, non, elles n'augmenteront pas du tout. Donc est-ce que ce n'est pas un peu un problème que les dépenses continuent d'augmenter ? Et deuxièmement, qu'est-ce qui garantit que les économies que vous avez annoncées seront bien faites ?

22:34
Bruno Le Maire

Ce qui est amusant, c'est que nous nous reprochons, mais c'est tout le charme de la vie politique française, tout et son contraire. C'est-à-dire que d'un côté, on nous dit vous ne faites pas assez pour les uns que de faire une purge en matière de dépenses publiques. En revanche, nous respectons nos engagements européens. Je rappelle que pour la première fois depuis 2007, en 2017, nous serons à 2,9% de déficit. Nous respecterons nos engagements européens. Ça, c'est du au fait qu'il y a plus de croissance ? Même chose en 2018 où nous serons à 2,6% de déficit. Et le cap, il tient en trois chiffres, 5, 3 et 1.

5 points de dette publique en moins, 3 points de dépense publique en moins, 1 point de prélèvement obligatoire en moins sur 5 ans. Sur 5 ans. Mais c'est ça la force de ce quinquennat. C'est que nous voyons sur le temps long. C'est que nous avons une vision stratégique. C'est que nous ne contentons pas de petites réformes ici ou là, mais de transformations structurelles sur la fiscalité, sur l'économie, sur les bons publics. Vos prévisions de croissance

23:34
Présentateur

restent les mêmes

23:34
Bruno Le Maire

pour l'année à venir ? Les prévisions de croissance ont été jugées sincères, ce qui arrive rarement, par le Haut Conseil aux finances publiques. 1,7% pour 2017, 1,7% pour 2018. Je vais vous dire mon sentiment. Je pense qu'en 2017, nous ferons mieux et que nous serons autour de 1,8% et pas autour de 1,7%. Et je souhaite qu'en 2018, avec les choix que nous avons faits en matière de fiscalité, avec les choix que nous avons faits en matière de transformation économique, j'espère et je souhaite que nous fassions plus que 1,7%. J'ajoute une chose sur la fiscalité. Parce que j'entends les critiques. Très vite, parce qu'on a les questions des internautes. Une chose importante.

J'entends les critiques, j'entends les doutes. C'est normal, quand vous transformez en profondeur, il est légitime qu'il y ait des doutes et des inquiétudes. Moi, je veux qu'il y ait une transparence totale sur ces choix fiscaux. Sur le prêt d'avent forfaitaire unique à 30%, sur la suppression de l'ISF sur les valeurs mobilières, sur la baisse de l'impôt sur les sociétés. C'est légitime que les citoyens français se disent mais à qui ça va profiter ? Est-ce que ça va être efficace ?

Donc je suis prêt à ce qu'il y ait une évaluation publique de cette politique fiscale avec une commission qui comprendrait des parlementaires, un représentant de la Cour des comptes, un représentant du Trésor public, un représentant de l'INSEE et qui évaluera. Mais jamais nous n'avons mis en place une évaluation au Parlement. Il n'existe pas une évaluation associant Parlement, Trésor public, INSEE, parlementaire pour évaluer l'efficacité de cette politique fiscale et s'assurer d'ici deux ans parce que je pense que c'est trop court, s'assurer que les choix fiscaux que nous avons faits avec le Président de la République et le Premier ministre bénéficient bien à la croissance et à l'emploi.

25:05
Présentateur

Marie-Pierre Haddad, alors comment réagissent à cette première demi-heure les téléspectateurs et auditeurs qui nous écoutent et nous regardent ?

25:12
Auditeur

Bonjour à tous, bonjour M. le ministre. Alors beaucoup d'internautes dont beaucoup de retraités nous ont écrit « Ils sont en colère, ils pensent que vous les prenez pour des nantis. » C'est le mot qu'ils emploient. France est retraitée, elle touche 1200 euros par mois et elle nous dit que quand les factures sont payées, il ne lui reste plus que les restos du cœur. Et elle écrit « Merci d'avoir travaillé 42 ans pour être dans la misère maintenant. » Et sur Facebook Live, on a aussi un commentaire de Nicole qui trouve que vous tapez sur les retraités et la classe moyenne. Et Michel a une question pour vous. M.

le ministre dit-il « Avec vos convictions, comment pouvez-vous soutenir une telle injustice envers les retraités ? »

25:47
Bruno Le Maire

Bruno Le Maire. Je suis élu du département de l'Eure. Et vous avez ici ma suppléante qui me remplace maintenant que je suis au gouvernement. J'étais la semaine dernière à Évreux. J'ai rencontré comme à chacun de mes déplacements beaucoup de retraités qui m'ont fait ces remarques directement en face à face. J'ai conscience de l'effort que nous demandons aux retraités. J'en ai parfaitement conscience. Mais cet effort, il n'est pas vain. il est pour ceux qui travaillent. Il est pour financer la formation des jeunes qui n'ont pas de qualification et pas d'emploi. Il est pour que notre pays se redresse.

Je veux dire aussi à tous ces retraités que pour l'instant, ils ne le voient pas mais ils le verront d'ici un an. Nous allons supprimer leurs taxes d'habitation progressivement, par tiers. Je veux dire à ceux qui sont les plus fragiles, c'est-à-dire ceux qui sont au minimum vieillesse, que nous allons augmenter le minimum vieillesse. Donc nous faisons attention. Nous avons conscience

26:40
Présentateur

aux retraités. Non, je dis

26:42
Bruno Le Maire

nous vous demandons un effort, nous le savons, et je ne vais pas me cacher dans mon crayon en disant non, il n'y a pas d'effort, c'est faux. Il y a un effort.

26:49
Présentateur

Cet effort est moins important qu'on ne le dit

26:52
Bruno Le Maire

parce que, je le rappelle, nous allons progressivement supprimer la taxe d'habitation pour 80% des personnes qui la payent. Jusqu'à 100% ? J'y suis favorable. C'est un impôt dont on supprime 80% de ceux qui le payent est un impôt qui est en réalité profondément injuste et inefficace. On voit bien que la taxe d'habitation est d'un montant complètement aléatoire d'un territoire à un autre. Il n'y a pas plus grande inégalité territoriale que l'inégalité face à la taxe d'habitation. Donc je suis favorable à la suppression de cette taxe d'habitation. Marie-Pierre Haddad.

27:21
Auditeur

J'avais un autre commentaire cette fois-ci sur RTL.fr. C'est Camille qui craint que les retraités ne puissent plus aider leurs enfants et leurs petits-enfants. Elle voulait savoir est-ce que pour vous les retraités doivent être encore plus solidaires ?

27:33
Bruno Le Maire

Ils le sont déjà. Et nous leur demandons je le redis un effort qui est un effort juste compensé par cette baisse de la taxe d'habitation et qui permettra d'aider aussi toute cette population dont on entend peu parler qui sont tous ces jeunes qui cherchent un emploi qui n'ont aucune possibilité qui n'ont pas de qualification qui n'ont pas eu la bonne formation qui errent de CDD en stage voire qui n'ont même pas de proposition ou en intérim et qui se retrouvent dans l'incapacité de rentrer dans la vie. Nous avons besoin de les aider. Nous avons besoin de les former. Ça coûte cher.

L'argent que nous demandons aux retraités qui est, je le redis, une demande limitée compensée par la baisse de la taxe d'habitation. Elle sert à relancer notre économie et à aider des jeunes qui en ont besoin.

28:19
Présentateur

Brunel, on vous rejoint dans quelques minutes pour la seconde partie du Grand Jury. Après une pause, à tout de suite. du Grand Jury RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui, Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche. Bruno Le Maire, de retour dans votre grand oral, grand jury. Vous nous annonciez tout à l'heure une révision de la prévision de croissance du gouvernement pour 2017, mais également pour 2018. Est-ce que vous pouvez aller plus loin dans votre prévision ? C'était 1,7, si je ne me trompe pas. Est-ce que vous pouvez nous dire que ce sera peut-être 2 ? Vous êtes très ambitieux.

29:05
Bruno Le Maire

Vous avez raison d'être ambitieux pour la fronte parce que nous le sommes tous avec toute la majorité. Je vous dis que pour 2017, on devrait pouvoir atteindre 1,8. Et pour 2018, mon objectif est que nous dépassions la perspective fixée dans le PLF, c'est-à-dire 1,7. Si on peut faire 1,8, ce serait formidable. Les armes ne montent pas jusqu'au ciel, en tout cas pas tout de suite, mais j'espère qu'en matière de croissance et surtout de création d'emplois, d'ici quelques années, les arbres en France monteront jusqu'au ciel.

29:34
Présentateur

Alors, en matière d'emploi, justement, on a vu ces derniers temps que croissance et emploi étaient décorrélés, c'est-à-dire qu'on avait une croissance, mais pour autant, pas de baisse du chômage. Est-ce que ça peut changer ou est-ce qu'il faut s'habituer à avoir un chômage à hauteur de 9, 10 % en France ?

29:47
Bruno Le Maire

Jamais, jamais, jamais, jamais. Toute la politique que nous conduisons vise justement à mettre fin à cette exception française qui est le chômage de masse. Mais on n'y arrivera pas avec les mêmes méthodes. Donc, si on révolutionne notre politique fiscale, si on allège la fiscalité sur le capital, c'est justement pour relancer nos entreprises. Si nous avons prévu l'année prochaine une loi sur la transformation des entreprises que je porterai avec Benjamin Griveaux et qui sera une loi importante pour permettre à nos 4 600 PME de devenir des entreprises de taille intermédiaire capables de conquérir les marchés extérieurs, c'est justement pour parvenir à créer des emplois.

Mais je préfère être lucide, ça prendra du temps. Ça ne se fera pas du jour au lendemain. Vous ne passez pas d'une économie du chômage qui est la réalité française depuis des décennies à une économie du plein emploi du jour au lendemain. Mais est-ce qu'il y aura une baisse du chômage

30:39
Présentateur

en 2018 concrètement, Bruno Le Maire ? Est-ce qu'il y aura ? Je ne m'asarderai pas à des histoires.

30:44
Bruno Le Maire

La version de courbe, je vous dis juste que le cap que nous fixons, c'est celui d'une France qui retrouve la capacité à créer des richesses et créant ces richesses, crée de l'emploi. Alexis Brézé.

30:54
Invité

Pour lutter contre le chômage, une des pièces essentielles de votre dispositif sont les fameuses ordonnances sur le droit du travail. On avait l'impression que les choses se passaient plutôt pas mal du côté des résistances sociales. Et là, depuis quelques jours, deux jours, on a l'impression que ça se durcit, notamment du côté de forces ouvrières où Jean-Claude Maïs s'est retrouvé mis en minorité. Et au fond, ces militants lui ont dit bon maintenant, il faut être contre. Est-ce que c'est un problème ? Est-ce que ça veut dire que les difficultés vont revenir sur ce sujet ? Bruno Le Maïs ? Et on sent que la CFDT se durcit aussi d'ailleurs.

31:21
Bruno Le Maire

Il y a des résistances. Il y a des conservatismes. À gauche comme à droite. Il faut tenir.

31:29
Invité

Mais ça complique votre feuille de route parce que derrière, il y a les négociations qui vont s'ouvrir sur l'assurance chômage, sur la promotion professionnelle. Maintenant, si vous avez des syndicats qui sont plus bloqués que sur...

31:39
Bruno Le Maire

Il faut tenir. Être constant. Être confiant dans la politique que nous menons. Est-ce que ça risque d'être plus dur ? Moi, je suis convaincu que la politique que nous menons qui est en rupture complète avec ce qui est fait depuis 30 ans donnera des résultats. Est-ce que le plus dur est devant vous maintenant ? Il faut la porter. Oui, il y a des moments difficiles qui sont devant nous, bien entendu. Vous parlez de la CFDT.

Moi, je souhaite recevoir très rapidement Laurent Berger pour discuter justement avec lui de cette loi sur la transformation des entreprises pour qu'elle bénéficie aussi aux salariés, pour qu'ils puissent être davantage associés aux décisions des entreprises, pour qu'ils puissent toucher les bénéfices, les meilleurs résultats d'une PME ou d'une entreprise. Il est légitime que lorsqu'une entreprise réussie, les salariés qui sont au cœur de cette création de richesse en bénéficient directement. Donc, si nous voulons tenir bon, il faut aussi expliquer, dialoguer. C'est ce que je ferais inlassablement.

32:27
Présentateur

Mais est-ce que vous êtes inquiet, Bruno Le Maire, peut-être d'une défection de force ouvrière qui avait fait sa transformation et qui était en train de faire sa mue avec vous puisque Jean-Claude Maillet était favorable globalement à la réforme du Code du travail. Est-ce que ça vous inquiète ?

32:41
Bruno Le Maire

C'est les Français qui jugent. Vous bottez en touche ? Non, je ne botte pas en touche. C'est ma conception de la politique. C'est un petit feuille cette fois-ci. Oui, mais ce sont les Français qui jugent. Les Français ont voté pour une politique sur laquelle Emmanuel Macron a été totalement transparent. Transformation du Code du travail, choix fiscaux, transformation économique. Ça a été voulu et choisi par les Français. Nous la mettons en œuvre. Nous souhaitons dialoguer le plus possible avec les syndicats. C'est ce qu'a fait Moyel-Pénicaud de manière extraordinairement efficace. C'est ce qu'a fait le Premier ministre.

Ensuite, libre au syndicat s'il le souhaite de changer d'avis en cours de route. Vous recevrez Laurent Berger, Jean-François de Maillet également ou pas ? Je reçois tous les syndicats et je discute avec tous les syndicats. J'ai reçu M. Martinez, j'ai reçu M. Maillet, j'ai reçu M. Laurent Berger. Ma porte est grande ouverte pour la discussion, mais le cap, le cap, il ne changera pas. Alexis Brézé.

33:29
Invité

Dans les mécontentements qu'on s'en montait, il y a aussi celui des collectivités territoriales, les présidents de régions, les présidents de départements, les maires, qui ont le sentiment que l'État leur sert la vis, qu'on leur retire des subventions auxquelles ils avaient droit, qu'on leur prend la taxe d'habitation. C'est pas qu'un sentiment. Non, non, c'est-à-dire pas qu'un sentiment parce qu'il y avait une allocation de 450 millions qui a été retirée. Enfin, tous ces élus territoriaux de droite et de gauche, souvent, sont très mécontents.

33:54
Bruno Le Maire

De qui se moque-t-on ? Enfin, honnêtement, assez avec les postures, assez avec la politique politicienne. Enfin, cette allocation dont vous parlez, elle était transitoire. Les régions le savaient. Donc, ce qui est transitoire n'a pas vocation à durer. Ou alors, on ne va pas s'entendre sur le sens des mots. C'est comme les employés.

34:09
Invité

Les employés aussi avaient vocation à être transitoire. C'est la réponse que vous leur faites.

34:12
Bruno Le Maire

Je vais vous répondre aussi sur les employés. La dotation globale de fonctionnement, elle va être stable pour la première fois depuis des années l'année prochaine. Qu'est-ce que c'est que ces postures de président de région qui étaient les mêmes étaient encore plus dures sur la réduction des aides aux collectivités locales ? Puis les régions, enfin, regardons ce qu'il en est. On a réduit le nombre de régions. On a gardé le même nombre de conseillers régionaux. On peut peut-être faire encore des économies aussi. Ils sont dans la stratégie politique. Ils sont dans la posture.

Et je crois que nous sommes dans un temps historique de transformation de notre pays, de transformation de l'Europe, où il n'y a pas de place pour les postures politiciennes. Il n'y a pas de place pour des déclarations qui ne sont dictées que par la succession de M. Richard. Parce que c'est ça, la réalité. Et je le regrette parce que nous avons mieux à faire ensemble. Je pense qu'avec les présidents de région, nous avons des travails considérables à faire sur les infrastructures. Un travail considérable à faire sur la politique de formation à laquelle ils doivent être directement associés. Nous avons ensemble un travail considérable à faire sur la transformation de notre économie.

Donc je les invite juste, Benjamin Sportouche, à retrouver le sens du dialogue et revenir discuter avec l'État.

35:20
Présentateur

Pourquoi ne pas aller chercher l'argent là où il est, potentiellement, pour le donner à ses collectivités ? Vous prenez un exemple très concret. Excusez-moi, M. le maire, j'ai une question. Tout de suite, l'argent, il est toujours chez les autres. Justement, l'argent, il est toujours chez les autres. Vous touchez aux régions,

35:32
Bruno Le Maire

il faut aller chez les départements. M. le maire, vous touchez aux départements, il faut aller dans l'État. Vous allez dans l'État, il faut toucher à la sécurité sociale. Vous allez à la sécurité sociale, on vous explique qu'il faut aller sur l'assurance chômage. Vous allez sur l'assurance chômage, on vous dit qu'il faut aller sur l'assurance maladie. Il y a un moment donné, il faut savoir...

35:48
Présentateur

Vous n'avez pas entendu ma question, vous répondez par avance, mais ce n'est pas celle-là. La présidente de France Télévisions vous demande... Il me semble qu'on allait directement vers cette question. Mme Ernotte vous demande le retour de la publicité sur France Télévisions, ce qui serait une manne pour France Télévisions et qui permettrait à l'État peut-être, en tous les cas, d'avoir un peu de respiration. Est-ce que vous êtes contre, vous, le retour de la publicité entre 20h,

36:08
Bruno Le Maire

dans la même vieille logique qui fait tellement souffrir la France depuis 30 ans, qui appauvrit tous les Français et toute la France, c'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on fait une économie, c'est jamais la bonne. Et à chaque fois qu'on fait une dépense, c'est toujours super. Et après, vous avez l'exprès qui vous interroge, vous ne réduisez pas ces dépenses publiques. C'est les mêmes qui critiquent d'un côté, qui proposent exactement le contraire de l'autre. Je demande à France Télévisions de faire des efforts. Je ne suis pas favorable. Je ne suis pas favorable au retour de la publicité, sur les chaînes du service public après 20h.

C'est une décision qui avait été prise par Nicolas Sarkozy et je lui rends hommage.

36:44
Présentateur

Vous sembliez... Je lui rends hommage parce que je pense

36:47
Bruno Le Maire

que Nicolas Sarkozy avait une conception du service public dans laquelle je me retrouve parfaitement. Si dans le service public, on a exactement la même offre que sur les chaînes privées, ce n'est pas la peine d'avoir un service public. Comme je crois au service public, je crois à sa singularité, j'approuve, je soutiens la décision qu'avait prise Nicolas Sarkozy en 2009 et je ne souhaite pas que nous revenions dessus. C'est clair, au moins, fin de non recevoir Delphine Arrott.

37:09
Invité

Christophe Jacubizine. Vous êtes ministre de l'économie, ministre du Mécano-Industriel et cette semaine, c'est la semaine où Alstom est devenu allemand et STX italien. Est-ce que c'est une bonne semaine pour le ministre de l'économie ?

37:20
Bruno Le Maire

C'est une très bonne semaine pour les Français. C'est la semaine où Alstom est devenu européen et où STX est devenu européen. C'est la semaine où Alstom, qui risquait d'être dévoré par un géant chinois, a retrouvé des forces en se consolidant avec Siemens. Et j'aimerais qu'on sorte là aussi être un peu trop étroit parce que c'est mon rôle de ministre de l'économie de voir la réalité du monde telle qu'elle est. En 2000, il n'y avait pas de constructeur ferroviaire chinois sur le marché européen ou le marché américain. Il n'en avait pas. En 2017, le premier constructeur ferroviaire mondial avec 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires, c'est CRRC, le géant chinois.

En 2016, le constructeur chinois n'était pas sur le marché américain. A la fin de l'année 2016, ils ont pris tous les appels d'offres, ils ont pris tous les appels d'offres sur le marché ferroviaire américain à Boston, à Philadelphie et ailleurs. Alors, qu'est-ce qu'on attend ? Qu'est-ce qu'on attend ? On attend de se faire dévorer tout cru par le géant chinois en laissant à l'Estom 7 milliards d'euros de capitalisation, de chiffre d'affaires, rester seul, sans les capacités pour innover, investir, se moderniser, être plus compétitif et gagner des parts de marché ou on consolide à l'Estom en faisant une industrie en français, Bruno Le Maire. C'est ça que vous nous dites aujourd'hui aussi.

Mais une industrie 100% française, c'est l'industrie qui crève depuis des années. Une industrie 100% française, c'est l'industrie qui n'est pas capable de résister à la puissance chinoise. On va peut-être justement pouvoir enfin changer de politique industrielle pour arrêter cette hémorragie industrielle depuis des années qui est le fruit de tous les propos populistes qu'on a pu entendre sur le thème de la France qui se défend toute seule, qui ferme ses frontières, qui va construire toute seule des géants capables de résister aux géants chinois ou aux géants américains. Il y a aussi une conférence entre les usines allemandes

39:06
Invité

et françaises, entre les usines italiennes et françaises. Est-ce qu'il n'y a pas un risque quand même, lorsque vous donnez le leadership, la majorité, ce qu'on n'a pas fait sur Airbus, à un pays, en l'occurrence l'Allemagne ou l'Italie pour ces deux projets, qu'à terme, les usines aillent plutôt en Allemagne et en Italie qu'en France ? Bruno Le Maire.

39:19
Bruno Le Maire

Qu'est-ce que vous auriez dit si ce matin, au lieu de vous dire que nous avons créé un géant industriel ferroviaire européen avec Alstom et Siemens, un géant naval franco-italien avec STX et Fincantieri, Siemens avait conclu une alliance avec Bombardier et laissé, le constructeur canadien, et laissé Alstom tout seul. Je pense qu'on est plus fort quand on est deux. Non mais c'est peut-être un moindre mal,

39:43
Invité

mais dire que c'est une bonne nouvelle de passer sous contrôle allemand ou italien. Est-ce que c'est une... Mais ce qui compte... En 2014, quand Alstom a cédé la partie énergie à Général Electric, on a dit que c'est pour sauver l'article française des transports. Et aujourd'hui, on dit que la partie française des transports devient des facteurs allemandes avec des rèvres fondamentales à la clé. Oui, Le Maire.

40:06
Bruno Le Maire

Ici, il y a une stratégie industrielle de long terme qui est de construire un géant du ferroviaire européen capable de rivaliser avec le géant chinois. Nous le faisons entre Alstom et Siemens et j'ai été à Valenciennes. J'ai discuté avec les ouvriers, j'ai discuté avec les salariés. Eux, ils comprennent parfaitement qu'il était temps de s'allier et que c'est précisément parce qu'Alstom va mieux que c'est maintenant qu'il faut s'allier. Je suis allé à Saint-Nazaire. J'ai discuté avec les ouvriers de Saint-Nazaire. Je leur ai expliqué le sens de cette alliance avec Finkantieri. Je leur ai dit on préserve vos intérêts.

Pendant 12 ans, si jamais les engagements ne sont pas tenus sur l'investissement, sur l'emploi ou sur la préservation des technologies des chantiers navals de Saint-Nazaire, l'État reprendra la majorité. Les parlementaires demandent une commission sur les parlementaires

40:47
Présentateur

sur Alstom. Est-ce que vous y êtes favorable Bruno Le Maire ? Parce que c'est important. Il y a des parlementaires qui disent on veut toute la lumière sur pourquoi c'est fait de cette union.

40:54
Bruno Le Maire

Je serai toujours ouvert à la discussion avec les parlementaires et dès la semaine prochaine. Nous aurons un échange. Le président de la commission des affaires économiques est présent. Nous aurons un échange sur STX et sur Alstom. de STX qui d'ailleurs je le dis au passage ne s'appellera plus STX puisque j'ai obtenu du président d'Alstom qui est propriétaire du nom des chantiers de l'Atlantique qu'il rende le nom des chantiers de l'Atlantique au chantier de Saint-Nazaire. Ce qui est une bonne nouvelle en termes de culture industrielle. C'est une bonne nouvelle en termes de culture industrielle. J'ajoute juste deux choses importantes pour que cette stratégie industrielle soit efficace.

Il faut des géants européens. Nous le faisons sur le ferroviaire. Nous le faisons sur le naval. Il faut aussi que nous soyons capables d'évoluer sur deux choses que je porterai au niveau des ministres de l'économie européens. La première chose c'est le droit de la concurrence. On ne peut pas avoir d'un côté des gens chinois et des gens américains et de l'autre nous dire que dès qu'on se regroupe entre les européens ça pose un problème de concurrence. Je veux poser ce problème du droit de la concurrence européen sur la table des discussions des ministres de l'économie. Le deuxième sujet qui pose problème c'est l'accès au marché public. La Chine peut vendre des trains en Europe.

La Chine peut vendre des trains en France. La France ne peut pas vendre de trains en Chine. Je crois à la réciprocité en matière commerciale. Et le ministre de l'économie ne peut pas accepter que la Chine puisse vendre des trains en Europe et que les européens ne puissent pas vendre de trains en Chine. n'ont jamais réussi à obtenir ces retours. Beaucoup avaient tenté de taxer Google, Amazon et Facebook. Ça fait des années que ça dure. Ils n'ont pas obtenu de résultats. Nous avons obtenu à Tallinn le 19 septembre dernier d'avoir un texte portant sur la taxation des géants du numérique qui font des profits considérables en France et en Europe et qui ne payent quasiment aucune taxe.

C'est la preuve que lorsqu'il y a de la volonté on peut réussir. On a 19 états sur 27 ce qui est déjà un progrès. C'est la preuve aussi que lorsqu'on respecte ces engagements européens comme le fait le président de la République on est davantage écouté. Alors justement sur ces engagements européens

42:52
Présentateur

Xavier Bertrand dit que lui selon lui il y a un accord caché entre Emmanuel Macron et Angela Merkel c'est à dire en gros je fais rentrer Simens dans le capital d'Alstom et en contrepartie vous acceptez les réformes que moi Emmanuel Macron je propose pour réformer l'Europe. Que répondez-vous à Xavier Bertrand qui est le président des Hauts-de-France

43:10
Bruno Le Maire

et des Républicains ? On fait beaucoup dire de choses à Angela Merkel et gouvernement allemand. Quand on commence à s'aventurer dans la théorie du complot ce n'est pas une très bonne nouvelle de santé politique

43:21
Invité

de la part de l'opposition. Il y a appris des propos

43:23
Bruno Le Maire

à Angela Merkel cette semaine ? Je vous l'ai dit tout à l'heure quand on sort du sens commun ça n'est pas bon signe quand on est un grand amateur de sens commun comme Laurent Vanquiez. Mais pas d'accord caché ? Enfin pas de théorie du complot ? De qui parle-t-on ? On parle de la chancelière allemande ? On parle du président de la République française ? On parle du gouvernement allemand et du gouvernement français ? Vous imaginez qu'on passe des deals comme ça ? Comme si on était entre joueurs de cartes à se tirer les cartes entre gitans ? Enfin c'est pas ça la politique internationale. C'est pas comme ça que ça se passe. La réalité c'est que nous avons discuté avec nos amis allemands.

Nous avons voulu mettre nos forces en commun. La réalité c'est que l'année dernière les entreprises françaises ont racheté 93 entreprises allemandes. Que lorsque Peugeot a racheté Opel personne n'a dit en France c'est formidable. Alors que pourtant c'est formidable. C'est un signe de santé de la part de Peugeot. Lorsque Seb a racheté le principal constructeur de machines à café allemande ça a été en Allemagne un choc. Mais est-ce qu'on s'en est réjoui en France ? Donc réjouissons-nous aussi de les capacités que nous retrouvons en matière industrie à l'électricité. Il y a un certain nombre de garanties

44:30
Invité

en termes d'emploi de gouvernance qu'ont donné les allemands dans l'affaire Alstom et les italiens dans l'affaire STX. Mais un certain nombre d'exemples du passé montrent que ces garanties qu'il y a eu à chaque fois que dans l'affaire Alcatel vendue à Nokia Lafarge vendue à Olsime Technic vendue à FMC à chaque fois ces garanties n'ont pas été mises en oeuvre et respectées. Donc il n'y a pas un problème

44:50
Bruno Le Maire

de vérification. Bruno Le Maire Il y a un besoin de confiance. Je l'ai senti chez les salariés d'Alstom Je l'ai senti dans les chantiers de Saint-Nazaire. Dans le cadre des chantiers de Saint-Nazaire il faut que la confiance se construise entre Italiens et Français. Donc tous les deux ans nous garderons la possibilité de reprendre le pourcentage d'actions que nous avons prêtées prêtées aux chantiers navals italiens si jamais les engagements On ne rachètera jamais les 50% des Italiens ? Non. 1% avec Sybrézé pour retrouver la majorité.

Ce pourcentage d'actions a été prêté aux Italiens et nous gardons la possibilité pendant 12 années de reprendre ce pourcentage si les engagements ne sont pas respectés. Confiance mais également contrôle des engagements. S'agissant d'Alstom j'ai proposé la mise en place d'un comité de surveillance des engagements pris par Siemens vis-à-vis de l'État français. Je présiderai ce comité de surveillance et je souhaite que dans le prochain gouvernement allemand mon homologue préside avec moi ce comité de surveillance. des salariés seront associés les constructeurs seront associés et nous veillerons au respect des engagements.

Si je ne croyais pas tant que ça à cette construction d'un géant ferroviaire franco-allemand est-ce que vous croyez vraiment que je prendrais la présidence du comité de surveillance ?

46:04
Présentateur

Marie-Pierre Haddad va nous rejoindre à nouveau pour des questions en attendant une question sur la PMA on sait que c'est un sujet qui fait polémique ou en tous les cas il y a entre vous au sein du gouvernement des divergences d'appréciation des différences d'appréciation est-ce que vous Bruno Le Maire vous êtes toujours sur la même position c'est-à-dire que vous êtes contre la procréation médicalement assistée élargie à toutes les femmes au couple de femmes ?

46:27
Bruno Le Maire

j'ai exprimé des réserves personnelles sur la PMA pour les couples homosexuels j'ai dit mon attachement au mariage homosexuel parce que pour moi il n'y a pas d'un côté l'amour homosexuel ou l'amour hétérosexuel la vraie différence c'est entre les gens qui savent aimer et les gens qui ne savent pas aimer elle est là pour moi la vraie différence mes réserves sur la PMA pour les couples homosexuels je les ai toujours vous n'avez pas changé d'avis non je n'ai pas changé d'avis j'estime que c'est une question qui est grave mais vous savez derrière il y a des personnes il y a des couples il y a des amis que je connais avec qui j'échange sur ce sujet qui me font part de leurs inquiétudes de leurs doutes de leur volonté d'avoir un enfant qui ne comprennent pas forcément d'ailleurs ma position on en discute ensemble parce que derrière c'est la GPA pour vous

47:19
Présentateur

c'est ça ?

47:20
Bruno Le Maire

non pas du tout et je trouve que cette façon qu'ont certains de dire attention la PMA c'est la porte ouverte de la GPA traitons sereinement de ces sujets ils sont suffisamment graves pour cela j'estime que la PMA pour les couples homosexuels nous fait franchir un pas en termes de création d'enfants qui personnellement dans mes convictions les plus intimes m'a posé un problème et continue de me poser une difficulté je ne vais pas vous dire autre chose ensuite je suis rentré dans le gouvernement en sachant pertinemment que dans le projet d'Emmanuel Macron figurait la PMA pour les couples homosexuels donc j'ai fait ce choix librement et en connaissance de cause ma ligne rouge n'était pas là ma ligne rouge elle est effectivement sur la GPA qui pour moi est une marchandisation des corps à laquelle je suis totalement opposé mais mes réserves sur la PMA pour les couples homosexuels je les avais il y a quelques années je les conserve j'en discute avec des amis avec des proches avec des gens qui sont confrontés directement à ces difficultés là

48:14
Présentateur

Bruno Le Maire et je respecte aussi leur position alors Marie-Pierre Haddad sur cette deuxième partie d'émission des réactions d'internautes

48:20
Auditeur

oui les internautes sont perdus sur votre positionnement politique entre le Bruno Le Maire candidat à la primaire de la droite et Bruno Le Maire ministre d'Emmanuel Macron Jacqueline constate que vous déclarez l'inverse de ce que vous avez dit lors de la campagne présidentielle elle ne sait plus qui croire Ligne prend l'exemple de la CSG il y a quelques mois vous étiez contre maintenant c'est ce que vous défendez et Josette elle elle est écœurée parce que pendant la campagne vous voulez augmenter les retraites de 100 euros maintenant dans la majorité vous voulez les baisser vous n'avez pas réussi à imposer votre ligne auprès d'Emmanuel Macron

48:52
Bruno Le Maire

Bruno Le Maire bon je dirais à Josette que je ne proposais pas une augmentation des retraites je proposais une augmentation du minimum vieillesse qui est exactement ce que propose Emmanuel Macron donc retrouvons la vérité et les faits ce sera 100 euros à terme exactement c'est plus facile en termes de débat politique quant à Jacqueline la ligne que j'avais défendue c'était celle d'une baisse des impôts pour tous les français ça reste ma ligne nous baissons les impôts de 10 milliards d'euros l'année prochaine 6 milliards pour les ménages 4 milliards pour les entreprises je suis favorable à la suppression à terme de la taxe d'habitation tout ce qui sera fait pour rendre l'argent aux français de leur travail ira dans la bonne direction j'étais favorable à l'égement de la fiscalité sur les entreprises pour qu'elles puissent investir innover créer des richesses c'est ce que nous faisons en même temps

49:38
Présentateur

vous avez tout clair dans votre position de programme politique pour répondre peut-être aux auditeurs puisque vous avez rejoint en marche le mouvement du président vous étiez aux républicains et juste une question qu'on précise le premier ministre Edouard Philippe lui n'a pas quitté les républicains à ma connaissance il ne s'est pas mis en marche il est convoqué pourquoi vous et pas lui pour devenir ce chef de la majorité qu'il est institutionnellement

49:59
Bruno Le Maire

j'ai porté pendant toute la campagne des primaires une volonté de renouvellement complet de la vie politique française c'est ce que portait aussi Emmanuel Macron il l'a fait avec succès pour moi ça a été un échec peu importe ce qui compte pour moi c'est qu'il y ait ce renouvellement de la vie politique française j'ai porté une relance de l'économie sur la base de la baisse de la fiscalité chez les entreprises je la mets en oeuvre aujourd'hui je suis heureux de pouvoir la mettre en oeuvre il y a une vraie cohérence j'ai des réticences sur la PMA pour les couples homosexuels je les garde mes convictions ne bougent pas Laurent Vauquiez c'est le renouvellement de la politique ne change pas vous me posez la question simplement de mon engagement à En Marche j'ai fait un choix le 1er mars qui était de quitter la campagne de François Fillon pour une raison qui était simple François Fillon avait dit qu'une personne mise en examen ne pouvait pas être candidat à la présidence de la République et qu'il ne serait pas en capacité d'être président de la République j'en ai tiré des conséquences en quittant sa campagne le deuxième tour des élections présidentielles

50:56
Présentateur

on arrive au terme cette émission je me suis prononcé

50:58
Bruno Le Maire

pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen ma famille politique notamment sous l'impulsion de Laurent Vauquiez a fait le choix de ne pas choisir ça restera une tâche indélébile indélébile sur les chefs de la droite qui n'ont pas su prendre position à un moment aussi grave de notre histoire

51:18
Présentateur

et l'élection de Laurent Vauquiez à la TDP qu'est-ce que c'est la droite extrême ? ensuite je me suis présenté

51:22
Bruno Le Maire

comme candidat législatif comme membre de la majorité et bien en étant cohérent jusqu'au bout je suis effectivement membre d'En Marche je suis très heureux de voir une de ses dirigeantes qui est présente sur le plateau parce que j'aime la cohérence en matière politique

51:34
Présentateur

Laurent Vauquiez est-ce qu'il est cohérent ? est-ce que vous pensez comme Gérald Darmanin que s'il est élu à la tête des Républicains et bien il incarnera cette droite extrême et se flirte avec le Front National ?

51:42
Bruno Le Maire

ce sera le choix des Républicains aux militants de choisir moi la seule chose qui compte dans mon engagement politique aujourd'hui c'est de réussir au service des Français c'est que la croissance revienne c'est qu'il y ait des emplois pour tous et c'est qu'on accomplisse enfin cette transformation économique devant laquelle nous avons reculé depuis 30 ans et qui est si nécessaire pour le pays

52:00
Présentateur

merci beaucoup Bruno Le Maire d'avoir été l'invité de ce grand jury merci à tous les trois l'émission est rediffusée à 21h sur LCI le Mac Politique sur RTL c'est à 18h30 ce soir très bon dimanche à tous à la semaine prochaine Sous-titrage ST' 501

Bruno Le Maire était l'invité du "Grand Jury" — Bruno Le Maire · Pourquijevote