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Podcast / conversationLegend (sur YouTube)· 18 août 2026 38 minComplaisantPortrait personnelSanté

“JE VOULAIS T*ER MA FILLE” : ELLE N’A AUCUN AMOUR POUR SA FILLE (DÉPRESSION POST-PARTUM)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Bonjour à tous. Aujourd'hui, émission sur la dépression postpartome.

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Si elle a la force d'en parler et pourquoi elle souhaite faire libérer la parole

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Pourquoi tu as souhaité raconter ton histoire ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Ton premier fils, tout allait bien ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    Quand tu apprends la nouvelle, tu es contente ? Tu as peur ?

  • 4:26OuverteRéponse directe

    C'est au moment de l'échographie de datation où tu entends le cœur que tu te dis...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:01Fait
    « Quand on parle de dépression postpartum, c'est pas juste un sentiment de tristesse ou de pleur comme on peut connaître avec le baby blues qui dure pour lui en moyenne quelques jours ou quelques semaines. »
  • 1:01Fait
    « Les dépressions postpartum, ça dure plus longtemps. Voilà, à partir de 3 semaines, on peut parler de dépression postpartum. »
  • 1:01Chiffre
    « Il faut savoir que ça concerne 16,7 % des femmes après leur accouchement. »
  • 2:02CharlineFait
    « J'ai voulu en parler pour aider toutes les femmes qui vivent ça, euh les femmes qui ne savent pas qu'elles sont en dépression postpartom et les femmes qui sont en plein dedans et qui ont honte d'en parler et de se faire aider. »
  • 5:11CharlineFait
    « Je pense que j'étais déjà dans cette bulle de dépression parce que quand on est enceinte, on peut faire une dépression prénatale. »
  • 5:53CharlineFait
    « Pour moi, j'étais pas enceinte. Même quand elle bougeait, quand je sentais les coups, je prenais pas le plaisir qu'on prend habituellement à sentir son bébé, à parler à son bébé. »
  • 7:20CharlineFait
    « Pour moi, j'étais pas enceinte. Même quand je sentais les coups, quand elle bougeait, je ressentais trop rien. »
  • 11:45CharlineFait
    « Quand elle pleure directement, j'ai envie de j'ai envie de la l'étouffer en fait. »
  • 12:29CharlineFait
    « Quand je me vois lui faire du mal, quand je me vois l'étouffer ou la jeter par terre, ça s'appelle des phobies d'impulsion. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Pour mon fils, ça a été le coup de [ __ ] tout de suite. Pour ma fille, je me vois l'acheter du balcon. J'avais pas spécialement hâte de la rencontrer. J'ai entendu son premier cri. Normalement, on se dit "Elle va bien mais en fait euh c'est comme si j'espérais qu'elle ne crie pas." [musique] En fait, c'est tout mignon un bébé. C'est tout mignon un bébé mais à ce moment-là pas la mienne. Je la trouvais pas spécialement belle. Je portais plus d'intérêt aux enfants de mes amies qu'à la mienne. Quand elle pleure directement, j'ai envie de de l'étouffer. En fait, pour moi, c'était pas ma fille. Je me voyais même faire des accidents de voiture avec elle.

Je suis tellement dans ce mal-être que je réalise même pas que c'est grave ce que je pense. À ce moment-là, j'ai même compris certaines femmes qui passent à l'acte. Et est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es dit je suis capable de la de la tuer ? Oui, bien sûr. Bonjour, je m'appelle Charline, j'ai 28 ans, je suis maman de deux enfants et pour ma deuxième, j'avais des envies de lui faire du mal, de l'abandonner, de la faire souffrir. C'était la dépression postpartom. Aujourd'hui, tout va mieux. On est une famille unie. Je vous raconte tout sur les gens. Bonjour à tous. Aujourd'hui, émission sur la dépression postpartome. On reçoit Charline qui en a malheureusement vécu une au stade sévère.

Elle n'arrivait plus du tout à aimer sa fille, à la reconnaître. Elle n'aimait pas son odeur. Elle voulait même la tuer, se débarrasser d'elle. Quand on parle de dépression postpartum, c'est pas juste un sentiment de tristesse ou de pleur comme on peut connaître avec le baby blues qui dure pour lui en moyenne quelques jours ou quelques semaines. Les dépressions postpartum, ça dure plus longtemps. Voilà, à partir de 3 semaines, on peut parler de dépression postpartum. Il faut savoir que ça concerne 16,7 % des femmes après leur accouchement. Donc c'est pas un phénomène qui est marginal. Par contre, s'il vous plaît, je vous demande d'être indulgent avec Charline.

Voilà, aujourd'hui c'est une bonne maman, elle est heureusement sortie de tout ça. Si elle a la force d'en parler et pourquoi elle souhaite faire libérer la parole, c'est parce que quand ça lui est arrivé à l'époque, elle se sentait très seule et en fait, elle ne se reconnaissait dans aucun témoignage. J'espère que son histoire vous aidera si jamais vous passez par là. Moi, je vous laisse avec la suite de l'émission. Je repasse derrière la caméra. Bonjour Charline. Bonjour Lola. Aujourd'hui, on va parler de dépression postpartom. Là, tu es maman de deux enfants. Ton premier fils, ça s'est très bien passé.

Et alors la deuxième euh tu as eu une dépression postpartom sévère avec des envies même de meurtre sur ta fille. Personnellement, je savais pas que les dépressions postpartum, ça pouvait aller si loin. Déjà, pourquoi tu as souhaité raconter ton histoire ? C'est très courageux de venir là et d'expliquer tout ça. J'ai voulu en parler pour aider toutes les femmes qui vivent ça, euh les femmes qui ne savent pas qu'elles sont en dépression postpartom et les femmes qui sont en plein dedans et qui ont honte d'en parler et de se faire aider. C'est important. Je pense qu'il y a plusieurs personnes qui vont nous écouter euh qui vont pas comprendre ce que tu as vécu. Tu risques d'avoir des critiques.

Tu avais déjà connu toi des dépressions auparavant ? Une euh suite au décès de mon père. J'ai jamais trop eu de pensées euh suite euh je broyais pas du noir non plus mais là c'était vraiment euh une descente aux enfers. Ton premier fils, tout allait bien ? Tu as directué l'inst maternel dès le départ avec lui ? Oui. Alors que pourtant c'était une césarienne d'urgence, donc un accouchement assez compliqué. Mais tout de suite tout de suite. Je crois que dès que tu as appris la grossesse de ta fille, tu as senti que c'était pas comme la première. Ouais. Au début, je me suis dit peut-être c'est le changement parce que je serais plus toute seule avec mon fils, avec mon conjoint.

C'est une nouvelle vie à quatre. Donc au début, je me je mettais ça sur ça et au final pas du tout parce que ça a continué toute la grossesse. C'était une grossesse qui était désirée. Oui, totalement désirée. Quand on a eu on s'est dit pourquoi pas faire un deuxième enfant assez rapproché parce qu'on aime bien quand ils grandissent ensemble qu'ils aient un vrai lien. Et quand on le voyait jouer en fait au parc, on se disait il me manque un petit frère, une petite sœur. Et de là, on s'est dit on va on va débuter les essais. et je suis tombée enceinte assez vite. Quand tu apprends la nouvelle, tu es tu es contente ? Tu as peur ?

Quand j'apprends la nouvelle, je suis dépitée, je fais que pleurer. Euh

3:43
Non speech

[musique]

3:44
Locuteur

j'ai envie d'avorter tout de suite. Je regarde mon fils, je me dis "Mais pourquoi je lui impose ça ? Euh pourquoi je fais ça ? Pourquoi on a fait ça ?" Donc ça [musique] tout de suite ça s'est très mal passé. Ton copain, il est comment avec toi ? Il te rassure ? Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ? Ça se passe bien ? Ça se passe très bien. Ça va faire 4 ans qu'on est ensemble. Lui aussi désirait ce deuxième enfant et au début, il me il me rassure beaucoup. Donc il me dit ça va aller, on va s'en sortir il sera content. Mais moi j'étais tellement dans un mal-être à ce moment-là déjà que je voulais rien entendre. Je je ne voulais pas de cet enfant à ce moment-là.

Comment va se dérouler la suite de la grossesse ? Alors quand j'apprends ma grossesse, ça va pas. Comme je viens de dire, j'ai envie d'avorter.

4:26
Non speech

[musique]

4:26
Locuteur

C'est au moment de la de l'échographie de datation où j'entends le cœur que je me dis euh non, je peux pas euh je peux pas faire ça. C'était un enfant voulu, je peux pas avorter d'un enfant désiré, c'est ça n'a aucun sens. Et euh de là euh la grossesse se passe encore mal. En fait, je fais que pleurer. Euh, dès que j'ai des symptômes, j'en veux en fait à ce bébé qui qui grandit en moi. Je prends pas soin de ma grossesse. C'est-à-dire que je fais exprès de porter des choses lourdes. Je fais exprès de de faire des choses qu'il faut pas spécialement pour d'une grossesse. Et tout le long, en fait, j'espérais faire une fausse couche.

J'espérais avoir des maladies qu'on peut avoir pendant la grossesse pour qu'en fait bah elle parte naturellement. Tu avais pas du tout eu ça pour ton premier ? Pas du tout. C'était une grossesse formidable. Je l'ai très bien vécu. J'étais très heureuse et là pour une deuxième grossesse, j'étais au bout de ma vie. Qu'est-ce que tu ressens dans ta tête quand tu as ces pensées là de porter des choses lourdes et de vouloir lui faire du mal à ce bébé ? À ce moment-là, il y a trop rien qui se passe dans ma tête. Je pense que j'étais déjà dans cette bulle de dépression parce que quand on est enceinte, on peut faire une dépression prénatale. C'est une dépression qu' quand on est enceinte en fait.

Donc j'étais déjà dans cet dans cet état d'esprit là, pardon. Comment ça va se passer les les jours qui précèdent l'accouchement ? J'ai le stress d'avoir accouchement que toute femme a par rapport aux contractions. Est-ce que l'accouchement va bien se passer ? Mon premier accouchement, c'était un code rouge, donc un peu la pression. C'est quoi un code rouge ? C'est l'enfant qui peut mourir. Donc c'est une césarienne d'urgence. Donc quelques jours avant l'accouchement, ça allait. Un petit stress mais ça allait. Et tu avais hâte de rencontrer ta fille ? Pas spécialement. Non, pas spécialement. Je pense que pendant toute ma grossesse, j'étais dans un déni. Pour moi, j'étais pas enceinte.

Même quand elle bougeait, quand je sentais les coups, je prenais pas le plaisir qu'on prend habituellement à sentir son bébé, à parler à son bébé. Moi je sans émotion. Est-ce que tu peux me parler du jour de l'accouchement ? Alors, j'accouche le 3 août 2025. Les contractions commence dans la nuit. On arrive à la maternité. Je suis ouverte à 2 à peine. Donc on me demande de marcher dans l'hôpital en fait pendant 1h 2h. Mais les contractions étant extrêmement douloureuses, je supportais pas. Donc ils m'ont pris en charge, ils m'ont mis en salle de naissance. On me pose la péridurale. Euh une péridurale, ça met euh 10-1 minutes à agir, mais moi ça agit tout de suite.

Donc euh déjà gros soullagement. Et euh mon conjoint euh en voyant que bah que j'ai moins mal, il commence lui-même à se détendre parce qu'il était très stressé et euh il est très présent pour moi. Il me rassure beaucoup. Il donne des nouvelles à nos proches, il me dit des petits mots. Toi, tu as hâte de rencontrer ta fille à ce moment-là ou tu es plus en mode pilote automatique ? Comme la grossesse s'est mal passée, j'étais dans un déni toute [musique] la grossesse pour moi, j'étais pas enceinte. Même quand je sentais les coups, quand elle bougeait, je ressentais trop rien. Donc j'avais pas spécialement hâte de la rencontrer. Je ressentais rien.

Tu te rappelles la première fois que tu as vu ta fille ? Oui. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que moi, j'avais demandé au aux sages-femmes et auxiliaires si au moment de la sortie des épaules, je pouvais me la mettre moi-même sur sur le corps. Donc, c'est ce qui s'est passé et je n'ai rien ressenti, rien. Alors que c'était un accouchement de rêve, je n'ai rien ressenti. J'ai entendu son premier cri. Normalement, on est ému, on se dit "Elle va bien, un bébé qui pleure, c'est tout de suite OK, là il va bien, il y a pas de problème." Mais en fait, c'est comme si j'espérais qu'elle ne crée pas en fait. Ensuite directement, c'est le pot à peau.

Donc pour les femmes qui désirent à l'été, les sages femmes et auxiliaire essay de mettre le le bébé au sein. Pareil, je ressens rien. Après, je suis je suis encore un peu dans ma bulle et encore un peu sous péridural, donc je réalise pas vraiment ce qui se passe. Mais quand un bébé naî, les médecins font des des tests, ils le ils le font un peu marcher, ils le mesurent et cetera. Et moi ça m'intéressait pas de savoir tout ça. Ça m'intéressait pas. Heureusement que mon conjoint a pris en vidéo, a pris en photo parce que ça nous fait des souvenirs et que maintenant je peux regarder en prenant du plaisir. Mais à ce moment-là, j'avais aucun intérêt à à voir ça. Tu la reconnais ?

Tu regardes tu regardes ses yeux ? Tu vois son regard ? C'est c'est mignon un bébé. Alors [musique] pour mon fils, ça a été le coup de foot tout de suite mais pour Kiara, pour ma fille je la regarde et pareil, je ressens rien. On dit toujours "Oh mon bébé il est trop beau, mon amour". Moi, je je la trouvais pas spécialement belle. [musique] Je la trouvais inutile. En fait, je ressentais rien. Et c'est à ce moment-là où je me suis encore plus dit "Mais pourquoi j'ai fait ça ? parle au médecin, aux soignants, à ton copain de ce que tu ressens ce jour-là ou pas ?

Pas tout de suite parce que je me suis dit c'est peut-être les émotions, c'est peut-être la la chute d'hormone qui fait que je réalise pas vraiment. Donc j'en parle le lendemain. Le lendemain. Et qu'est-ce qu'ils te disent ? Ils me disent que c'est normal parce qu'au début quand on est dans un état à pleurer, à tout remettre en question, ça peut être une chute d'hormone ou un petit baby blues. Donc au début, c'est normal. Donc tu leur en parles, tu crois que c'est normal ? Euh, tu restes combien de temps à la maternité ? 3 jours. Je l'ai très mal vécu. Euh, d'avoir accoucher, d'être seul, d'être sans mon conjoint, sans mon fils, c'était très dur.

Et en plus d'être avec ce nouveau nez que je ne connais pas, que je ne reconnais pas, je ne ressens rien pour elle. J'essaie de l'alliter mais c'est plus un fardeau qu'autre chose. Alors que l'allaitement, c'est censé être un beau moment entre la mère et le bébé. Pourquoi c'est un fardeau ? Parce que je voulais pas qu'elle me touche et je voulais pas la toucher moi non plus. [grognement] Je me voyais partir de la maternité, la laisser dans son petit coup fin et euh et ne pas me retourner. Ça te fait quoi de ressentir ça ? Tu culpabilises sur le coup ou non ? Pour moi c'est c'est pas mon enfant. Pour moi, j'ai pas accouché.

Euh je suis tellement dans ce mal-être que je réalise même pas que c'est grave ce que je pense. Je mesure pas l'ampleur euh des choses à ce moment-là. Tu penses à quoi quand tu regardes ta fille ? À rien. Ou alors euh qu' a des choses négatives. Pourquoi j'ai fait ça ? Elle va me pourrir la vie. J'étais bien avec mon fils et et mon conjoint. Pourquoi on a fait cette connerie ? Pourquoi j'ai ruiné ma vie et celle de mon fils ? Pour moi, en fait, je je me dis elle va juste tout gâcher. C'est tout ce que je vois à ce moment-là. Et tu as envie de lui faire quoi à ta fille la maternité ? À la maternité, quand elle pleure directement, j'ai envie de j'ai envie de la l'étouffer en fait.

J'ai envie qu'elle se taise. J'ai envie qu'elle décède. Comme ça, bah je je pars de la maternité et je suis tranquille. Je reprends ma vie comme elle était. Mais je me voyais Ouais. le [musique] lui faire du mal dès la maternité. Mon conjoint s'occupait des yeux. Ouais, il pouvait pas venir tout le temps et les yeux à ce moment-là étaient malades donc on pouvait pas emmener un un enfant malade dans un service de nouveau nez. Donc on s'était beaucoup en visio mais mais sinon il venait il venait pas beaucoup. Tu as peur de vraiment passer à l'acte ?

Euh j'ai pas vraiment peur de passer à l'acte parce que en fait quand je me vois lui faire du mal, quand je me vois l'étouffer ou la jeter par terre, ça s'appelle des phobies d'impulsion. Donc il y a très peu de passages à l'acte avec des phobies d'impulsion. Et pour expliquer un peu ce que c'est, c'est comme si tu sors de ton corps et tu es spectatrice de la scène. Donc moi je je me voyais la jeter par terre par exemple. Mais ton tu reprends vite tes esprits quand même. Il y a il y a peu de passag à l'acte avec ce ce genre de phobie d'impulsion. Qu'est-ce qu'il dit ton conjoint de tout ça ? au début euh il me dit que ça va aller, qu'on va qu'on va gérer.

Il est très présent pour moi émotionnellement. Euh il me rassure beaucoup mais euh comme moi je suis mal, je fais que pleurer, je le crois pas. Pour moi, j'imposais euh un autre enfant à IO. Euh pour moi, j'aurais plus le temps pour lui, pour moi, je le je vais le délaisser. Alors que pas du tout. Il suffit juste de trouver son rythme, de trouver une organisation. C'est normal au début de d'être très euh très présente pour un nouveau né. Eio a 2 ans et demi maintenant, donc il est plus autonome. Mais oui, c'est vrai que j'avais très peur qu'il le qu'il le vive mal. Tu vas rentrer à la maison ? Ouais. Et là, ça va s'empirer.

Donc, je rentre à la maison au bout de 3 jours et quand on accouche, quelques jours après, on a la visite d'une sage-femme pour voir si le bébé va bien, si la maman va bien. Et en fait, je fais que pleurer. Je fais que pleurer, ça va pas du tout. Et la sage-femme en question vient plusieurs fois. pour voir mon état de santé. Et elle me dit au début que c'est un baby blues. Donc elle elle me dit de vive voix que c'est un baby blues, mais que si ça continue au-delà de 3 semaines à mois, on rentre dans une dépression postpartom et que là il faudra potentiellement faire quelque chose pour pour aller mieux. À la sage femme, tu lui dis tout.

Tu lui dis que tu as envie de que ta fille décède et tout ça. Tu es honnête ? Oui, je suis honnête. Il faut être honnête avec le corps médical parce que sinon on peut pas se faire aider. Et la sage femme, c'est la la mieux placée pour pour parler de ce genre de choses parce que c'est grâce à elle que j'ai été guidée pour la suite. Qu'est-ce que tu ressens quand tu la regardes à la maison aussi ? Une fois, elle grandit. Quand je la regarde à la maison, c'est pareil qu'à la maternité. Je ressens rien. Euh même physiquement, son odeur, il y a il y a rien qui me il y a rien qui me lie à elle en fait. Même si c'est ton bébé, tu arrives pas à l'odeur et tout ça, tu sa peau.

C'est tout mignon un bébé. C'est tout mignon un bébé, mais à ce moment-là pas la [musique] mienne. Je portais plus d'intérêt aux enfants de mes amis qu'à la mienne. Euh, je faisais même pas attention à elle. C'est-à-dire que j'allais à ce moment-là encore. Et la nuit, j'ai oublié de de mettre la barrière de sécurité de son lit. En de tr semaines de vie, elle est tombée deux fois. Je me suis même pas réveillée parce que j'ai pas eu le l'hyper vigilance d'une maman qu'on a enfin qu'on a en général. Elle est tombée deux fois et encore là je me suis dit j'espère qu'elle aura des séquel. J'espère que qu'il va y avoir quelque chose au niveau cérébral. On a du carrelage.

Donc elle aurait pu euh Oui, [musique] elle aurait pu avoir des séquelles très graves euh au cerveau. Elle aurait pu euh mourir et euh c'est euh sur le sur le moment, je je me rendais pas compte. Il y a un soir, plus particulièrement, elle fait que pleurer, elle [musique] hurle pendant des heures et [grognement] moi tout ce que je me dis c'est elle va réveiller les yeux. Il faut qu'elle se taise. Elle va réveiller les yeux. Au lieu de me dire bah qu'est-ce qu'elle a ? Elle a peut-être un problème. Donc je vais sur le balcon. pour pour prendre l'air avec elle. J'essaie de l'allaitter, on essaie de lui donner un biberon et là je me vois la jeter du balcon. On habite au premier étage.

Je me vois la jeter du balcon et refermer la fenêtre derrière moi. Tu penses que tu aurais été capable de le faire ? Non. Là, avec le recul, je te dirais que non. Mais le jour où j'étais dans cet état d'esprit, je me voyais vraiment le faire. Je pense que si je m'étais pas fait aider, euh il se serait passé un drame, soit elle, soit moi. [grognement] Et euh c'était tellement euh tellement grave ce qui se passait, je réalisais pas à ce moment-là. C'est-à-dire que ma fille, je n'arrivais même pas à poser les yeux sur elle. Elle m'orépilait comme une phobie en fait. Je elle m'angoissait. C'était une source d'angoisse. Et ton conjoint, lui, il prenait le relais pour lui donner de l'amour.

Il a eu l'instinct paternel directement avec elle. Oui. Et heureusement quand je le voyais s'occuper d'elle, quand je lui voyais lui donner de l'amour, ça me ça me rassurait beaucoup. Et je me disais bah peut-être que ça va venir au fur et à mesure du temps, peut-être que c'est juste que là ça va pas émotionnellement parlant. Mais heureusement que lui, il a été très présente pour elle. Est-ce que tu essayes d'aller voir sur internet ce qui se passe en toi ? Je tape sur internet sur chat GPT, je regarde des témoignages, euh je regarde des forums, mais en fait, j'ai l'impression que j'ai l'impression à ce moment-là que je me reconnais pas.

Les dirtes femmes n'étaient pas aussi euh graves que les miens. Donc, c'était peut-être pas le même degré de dépression postpartome. Et je ne trouvais pas d'aide dans ces vidéos là. C'est encore une fois ma sage-femme qui m'a qui m'a guidé. Elle disait qu'elles n'avaient pas le lien avec leur bébé, qu'elle n'arrivaient pas à s'en occuper, mais elles arrivaient quand même à faire des câlins à leur bébé. Elles arrivaient quand même à les regarder. Alors que moi non. Du coup, ça me ça me faisait culpabiliser. À ce moment-là, c'est vraiment elle c'est comme quand tu détestes quelqu'un au point où tu veux lui faire du mal, c'était pareil pour elle.

Et je encore une fois, je m'en rendais pas compte à ce moment-là. Mais tu avais déjà eu des envies de violence auparavant dans ta vie comme ça sur d'autres êtres humains ? Non. Et c'est ça le plus grave, c'est que j'ai eu ces envies là sur sur un petit être innocent. Qu'est-ce qui te plaisait pas chez elle ? Je pense que c'était juste le fait qu'elle soit là, juste le fait qu'elle soit présente, qu'elle soit qu'elle soit chez moi. Pour toi, c'est c'était pas ta fille ? Elle était pas à sa place. Pour moi, c'était pas ma fille. Et d'ailleurs, les premiers mois, je n'ai jamais dit ma fille. Je disais la petite. Je ne disais même pas son prénom. J'arrivais pas.

C'est à quelle fréquence que tu avais envie de lui faire tout ça là, tout ce que tu décris ? Je dirais les deux premiers mois, c'était tout le temps. Dès qu'elle pleurait, surtout dès qu'elle pleurait. Quand elle dormait, je pouvais me dire "Oh, on dirait un petit ange qui dort." Mais dès qu'elle pleurait, c'était c'était une catastrophe. C'est vraiment dans ces moments-l où où je voulais lui faire du mal. Et est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es dit je suis capable de la de la tuer ? Oui, bien sûr. Et je me voyais même le faire. Et à ce moment-là, j'ai même compris certaines femmes qui passent à l'acte. Je les comprenais.

Et tu culpabisais de ressentir ça ou pour toi c'était ta normalité ? Non, je culpabisais beaucoup de penser ça parce que encore une fois, elle a rien demandé. C'est nous qui l'avons fait. C'était un c'était un enfant désiré. Elle elle demandait juste de l'amour et je lui en donnais pas. Tu avais conscience que c'était pas normal ? Oui, tout de suite j'en ai eu conscience. C'est pour ça que j'ai demandé de l'aide tout de suite. Je crois que tu vas même te renseigner pour l'abandonner. Oui, je me suis renseignée auprès de Chat GPT si c'était légal d'abandonner un bébé. Donc il faut savoir qu'en France non, c'est pas légal d'abandonner un bébé devant une caserne de pompiers ou autre.

C'est totalement illégal. Et moi, je me voyais faire ça. Je me voyais même faire des accidents de voiture avec elle volontairement pour soit elle, soit moi, soit toutes les deux qu'on parte. Mon copain, ce qui a été ce qui a été génial, c'est que tout de suite, il a essayé de trouver des solutions pour le bien-être de Kiara, pour mon bien-être à moi. Donc Kiara était chez mes beaux-parents pendant 3 mois. Oui. Parce que toi tu vas être pris prise en charge, tu as passé une semaine d'abord en psychiatrie. Au départ, on t'oriente en psychiatrie. Comment ça se passe là-bas ? Ça se passe très mal. Euh dans un service psychiatrique adulte, il y a toutes sortes de pathologies.

Donc ça peut être des bipolaires, des schizophrènes, des dépressions, mais euh je me sentais pas à ma place parce que pour moi, j'étais juste en dépression postpartome. J'étais avec des gens qui qui me faisaient peur en fait, qui qui étaient sous cachet toute la journée, qui c'était des zombies. Et très vite, je partais en angoisse parce que non, quand quand une femme est en dépression postpartom, ce n'est pas sa place. La psychiatrie adulte. pour dire euh à quel point ce n'était pas ma place et à quel point ça peut être une expérience traumatisante. Il y a euh un homme qui faisait des salunas dans les couloirs.

[grognement] Euh le même homme me dit euh que je ressemble à une petite fille et il me dit dans l'oreille euh qu'il euh qu'il voulait me tuer. Donc moi, je ferme ma porte à clé tous les soirs. On peut fermer sa porte de l'intérieur. Les infirmières ont les clés de l'ex pour l'extérieur. Ça fait peur. C'est pas un endroit pour nous. Je suis toute seule dans ma chambre avec une salle de bain privative, mais c'est pas une salle de bain comme dans un service lambda. C'est-à-dire que le miroir est en plexi, c'est un miroir un peu qui déforme. Il y a pas de de pomau de douche, c'est juste un bouton qu'il faut presser pour éviter les avec le tuyau.

Donc déjà juste voir ça, ça fait se rendre compte où on est. [grognement] Euh la chambre est toute blanche, il y a rien, il y a qu'une horloge qui fait tic-tac, il y a pas de fenêtre, enfin qui s'ouvre, je veux dire. Donc je me sens pas du tout à ma place. Et quand j'ai vu les autres patients leur état, je savais que les cachets non plus me feraient pas du bien. Et d'ailleurs, je les prenais pas. Ah, il te donnait des cachets tu Ouais. Tu les prenais pas ? Ouais. En fait, il donne des antidépresseurs, des anxiolitiques pour euh pour nous sdater pour que pour qu'on pleure pas, pour qu'on pas.

Mais euh quand j'ai compris que qu'il vérifiait pas si on avalait les cachets, je les recrachais dans un mouchoir. Comment tu vas réussir à sortir de cette cet hôpital ? Pendant la semaine de mon hospitalisation, j'ai vu euh deux trois fois le psychiatre et en fait c'est lui qui me dit "Bah vous sortez tel jour parce que vous n'avez rien à faire ici. Il vous faut une unité mère bébé." Et du coup avant que tu sois transféré en unité mère urgence bébé, on va en parler après. Ta fille toi, elle va être transférée chez tes beaux-parents. Oui. Euh avec ton conjoint du coup ?

Euh mon conjoint reste avec moi à la maison avec Kiara a 1 mois à la sortie de la psychiatrie adulte euh elle part pendant 3 mois euh chez mes beaux-parents. Donc de ses 1 mois à ces 4 mois. Et ils s'en occupent bien du coup. Il Oui, il s'en occupe bien du coup. Bah c'est eux la figure de rattachement de ma fille. dès que mon conjoint va là-bas, euh elle le reconnaît mais pour elle, ses parents, c'est ses grands-parents du coup. Et à ces 4 mois, euh c'est là où je décide de me faire hospitaliser en mer bébé. Du coup, tu vas être transféré en unité maire bébé en urgence. C'est exprès pour les dépressions postpartom. Oui, c'est exprès pour les dépressions postpartom.

Ce qu'il faut savoir, c'est que pour entrer en hospitalisation Mire Bébé, il faut qu'on soit orienté par un médecin. Il faut un papier du médecin qui contacte euh l'hôpital en question et [grognement] ensuite il y a des admissions qui se font. Tu vas rester 5 mois et demi là-bas. C'est une autre hospitalisation complète ou c'est uniquement la journée ? C'est une hospitalisation complète. Pour ma part, c'était temps plein. Là, tu te sors à ta place, tu es avec des mamans qui sont dans ton cas. Oui, dans une unité mère bébé euh automatiquement les mamans sont en dépression post-partom. C'est un lieu exprès pour la dépression postpartome.

Euh il faut savoir que il y a plusieurs degrés de dépression, il y a plusieurs difficultés. On avait pas toute la même histoire. Moi, pour ma part, c'était un rejet total de ma fille. C'était un lien qui ne s'est pas créé. Donc je suis allée là-bas aux 4 mois de Kiara. On voit des psychiatres tous les jours au début. On doit raconter notre vie, notre enfance, euh notre parcours, nos problèmes familiaux, faut tout dire. [grognement] Et euh ça dépend des mamans, mais moi pour ma part, je ne m'occupais pas du tout de la priorité quand on arrive là-bas, c'est le repos de la maman parce qu'elle subit une dépression postpartom, parce qu'elle est fatiguée, parce qu'elle va mal.

Donc, on n'est pas tout de suite mise sous cachet, pas du tout. Euh c'est pas la priorité au début, c'est vraiment le repos. Donc moi, j'étais dans ma chambre, enfermé dans ma chambre du matin au soir au début. Et c'est ton cojoint qui s'occupe de ta fille ? Non, ma fille est avec moi à l'hôpital pendant les 5 mois et demi. C'est mon conjoint qui s'occupe de mon fils à la maison et moi je suis à l'hôpital avec elle. Et tu dors avec elle ? Comment ça se passe ? Les premiers temps, le bébé n'est pas avec la maman en chambre. Il y a des nurseries. Donc le bébé dort dans sa petite chambre. Et moi, j'ai pas eu Kiara dans ma chambre avant avant 5 mois. Ils vont t'habituer, c'est ça ?

Progressivement à rétablir un lien avec elle. C'est ça. Comment ça se passe ? Qu'est-ce qui Qu'est-ce qu' vous font concrètement ? Ça se passe tout en douceur. Il y a aucune aucune pression. Il y a pas de il y a pas de forcing. C'est-à-dire qu'au début, j'étais en relais total. Donc c'est les infirmières et les auxiliaires qui sont occupé du matin au soir, même la nuit. Et petit à petit, si euh si je le désirais, je pouvais être présente pendant les soins. Donc que ça soit le bain, le biberon, les couches. On m'a proposé d'être présente pendant un bain et en fait, elle faisait que d'urler et ça m'a ça m'a pris de panique. Donc j'ai dû quitter la la salle de bain.

Mais au début, je m'en occupais pas du tout. Je même la être présente avec elle dans la salle des bébés, j'y arrivais pas. Tu étais dans quel état d'esprit ? puisque c'est ça reste l'hôpital quand même. Tu es hospitalisé, tu es pas chez toi, tu es pas avec ton copain. Ça reste l'hôpital mais les locaux ça fait plus maternité. Ça fait pas du tout, ça reste un service psychiatrique mais ça fait pas du tout psychiatrie. Donc il y a des couleurs, il y a des des contines pour les bébés au mur, il y a des dessins. Donc ça fait vraiment maternité et la salle des bébés fait carrément petite crèche. Même les chambres ne faisaient pas spécialement hôpital donc je me sentais bien.

Est-ce que tu vois une évolution au fil du temps ? Pas tout de suite parce qu'il faut quand même du temps. Mais je sais que je suis à ma place. Je sais que je suis comprise par les le corps médical et surtout il y a d'autres mamans. Donc euh on s'échange nos histoires, on s'échange nos craintes, nos peurs et d'être entouré de de femmes qui vivent la même chose à avec des difficultés différentes. Ça fait du bien. Ça fait du bien. Ça nous réconforte. On se soutenait beaucoup entre nous. Elles sont au même stade que toi. Elles aussi, elles font un rejet total. Il y a des mamans qui sont en fin d'hospitalisation.

Il y en a d'autres qui sont en plein milieu, [grognement] mais c'est pas spécialement des rejets. Il y avait euh une maman, c'était plus de l'angoisse. Elle n'arrivait pas à lâcher prise avec son bébé. C'était de l'angoisse constante. Elle arrivait pas à s'en occuper tellement elle était elle était stressée. Et elle par contre son parcours c'était plutôt pour lui apprendre à souffler. Oui. Parce qu'il y a différentes dépressions. Postpartom en fait. Toi tu as eu un rejet. Il y a des mamans qui ont une anxiété euh ça énorme. Il y a plus il y a plusieurs cas en fait. C'est Oui, il y a plein de symptômes, il y a plein de de difficultés différentes. C'est très large.

Quand elle a eu 4 mois et demi, on a commencé la diversification. Donc c'est le bébé qui découvre les légumes. Et euh j'avais aucune patience. C'est pas moi qui lui donnait les cuillères, c'est euh c'est une une infirmière. Mais en fait, j'avais aucun aucun intérêt à la regarder. Je prenais pas de plaisir à voir mon bébé goûter la première fois de la carotte, par exemple. Je m'ennuyais. Ça m'ennuyait d'être à côté d'elle. Un bébé quand c'est tout petit, on le met au tapis pour qu'il apprenne un peu à tenir son coup et cetera. Moi, je n'avais aucune patience. Du coup, je n'étais jamais avec elle. [musique] Jamais. Il est où ton conjoint pendant ces moments-là ?

Alors lui, il a continué à travailler. Donc quand il travaillait pas, il venait me voir à l'hôpital où il était à la maison avec qui était gardé par mes beaux-parents pendant que lui travaillait. Et un jour, tu vas avoir un déclic. Quand elle avait 7 mois, j'ai eu un déclic. Mais c'était même pas forcément par rapport à elle, c'était plus par rapport à mon fils parce qu'en fait mon conjoint m'envoyait des vidéos des yeux qui parlaient de plus en plus et qui faisait de plus en plus de choses.

Et quand j'ai vu en fait cette vidéo, je me suis dit il faut que j'aille mieux, il faut que je rentre à la maison parce que pendant que je suis ici, je suis en train de rater plein de choses sur le développement des yeux et ça m'a fait un déclic. Je sais pas comment l'expliquer mais ça m'a débloqué avec elle. Petit à petit, j'ai pu créer un lien avec ma fille, mais ça s'est fait progressivement. C'est-à-dire que le lien a a commencé à naître quand elle avait 7 mois. Et euh entre-temps, les infirmières me sollicitaent pour que je fasse des petits soins par-ci par-là, la couche, le biberon, le bain. Et à ce moment-là, quand ça s'est débloqué, j'ai commencé à prendre plaisir à être avec elle.

J'ai commencé à la trouver belle. J'ai commencé à lui caresser le visage. Je l'avais jamais embrassé. Et un soir, en l'accouchant, je lui ai fait un bisou sur le front. C'est à partir de là que je me suis dit, "C'est mon bébé. Et c'est à ce moment-là que j'ai pu envisager une vie à quatre avec [musique] elle. Là, tu es sorti depuis maintenant 3 mois de de ce centre. C'est très récent. Ça y est, c'est vous avez une vie de famille heureuse et tu as enfin accepté ta fille. J'ai enfin accepté ma fille. Je peux dire que je l'aime. Je me vois pas sans elle. Je me vois pas sans mon fils non plus, évidemment.

Mais ça a été très dur comme parcours, ça a été très fatiguant, ça a été émotionnellement très compliqué et maintenant on a un bon rythme [musique] tous les quatre. On a une bonne organisation et voir mes deux enfants jouer et rire ensemble, c'est la meilleure des choses. Surtout que maintenant, elle a grandi, elle va bientôt avoir 1 an. Tu as plus envie de lui faire du mal ?

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Non speech

[musique]

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Locuteur

C'est inenvisageable que je lui fasse du mal. Maintenant, quand elle pleure, j'ai beaucoup plus de patience que j'avais avant. Euh comme je vais mieux parce que l'unité Mè bébé m'a m'a beaucoup aidé. J'ai plus de tolérance aussi. Je prends plaisir à à être avec elle. Si elle pleure, je prends plaisir à la consoler. Euh tout est tout est plaisir maintenant. C'est comme parfois aussi dans le cas de Dine grossesse, je sais qu'on avait reçu Lisa sur notre chaîne, elle en avait fait un et elle avait mis plus de 8 mois à aimer sa fille, presque le temps de la grossesse quoi.

Bah des grossesse, c'est un peu plus compliqué parce que bah tu apprends que tu es enceinte [musique] au dernier moment quoi. Donc c'est c'est vraiment dur psychologiquement. Mais le déni de grossesse ne veut pas dire dépression postpartum non plus. Il y a des femmes qui qui arrivent à accepter tout de suite leur bébé alors que qu'elles apprennent qu'elles sont enceintes le jour d'accouchement quoi. La dépression postpartom touche toutes les femmes. Il y a même dans certains cas des hommes qui font des dépressions. Il faut pas le négliger non plus. Aucune dépression postpartom n'est négligeable.

Que ça soit la femme qui pleure parce qu'elle remet tout en question ou que ça soit une femme qui [musique] qui rejette son bébé. La dépression postpartome doit être prise en charge. On ne doit pas rester seul. Il ne faut pas avoir honte surtout. Il y a énormément de femmes dans le monde qui sont en dépression postpartom pendant des années sans le savoir. Il y a des femmes qui en sont conscientes mais qui ont honte d'en parler parce qu'elles ont honte d'être jugées. Elles ont honte qu'on les qu'on ne les comprenne pas. Il faut en parler au psychologue. Il y a des endroits où on peut être guidé et aidé.

Une dépression que ça soit postpartum ou dépression tout court, ça ne se guérit pas, ça se soigne mais ça ne guérit pas. Donc c'est pas parce que là je suis sortie d'unité mère bébé que je je vais mieux, je vais mieux, c'est un fait, mais la dépression est encore présente. Donc le suivi en ambulatoire est très important. Là, tu continues d'aller voir un psychologue ? Oui, j'ai j'ai ma mon psychologue et ma psychiatre. Ouais, ça peut revenir alors ? Oui, ça peut revenir. C'est pour ça qu'il faut avoir un suivi quand même régulier. Il faut pas rater les rendez-vous et il faut dire la vérité. Il faut surtout dire tout ce qu'on pense et tout ce qu'on ressent au médecin. Il faut rien cacher.

Parce que si on se dit par exemple "Oh, je vais lui faire croire que je vais mieux comme ça les séances sont finies". Bah c'est le meilleur moyen pour retomber. Tu lui en parleras plus tard à ta fille. J'ai écrit pendant ce parcours, j'ai écrit dans un petit cahier où je m'adressais à elle directement. Et bien sûr, quand elle aura l'âge de comprendre ou l'âge d'être mère ou peu importe, je lui expliquerai cette histoire parce que ça fait partie de notre histoire à toutes les deux. J'ai eu très longtemps honte de ça. J'en ai pas parlé beaucoup autour de moi, mais aujourd'hui c'est plus le cas. C'est pour ça que je suis ici. Et bien sûr, je lui en parlerai. Je lui dirai toute la vérité.

C'est courageux que tu viennes raconter tout ça parce que il y a pas tout le monde qui oserait dire ce que tu as dit. tu t'es senti très seule en fait euh et tu arrivais pas à trouver de témoignage euh aussi lourd que le tien. C'est ça. Si je suis là aujourd'hui, c'est vraiment pour euh montrer aux femmes qui vivent ça qu'elles ne sont pas toutes seules. Il y a différents degrés de dépression postpartom, mais elles ne sont pas seules. Il y a forcément un un motif. Non, il y a pas spécialement de motif. Euh c'est-à-dire que tu peux avoir fait des épisodes dépressives euh auparavant et ne pas faire de dépression postpartome.

Comme l'inverse, tu peux euh aller très bien dans ta vie et euh quand tu accouches, tu fais une dépression postpartome. Également, ce n'est pas parce que tu as 1 2 3 enfants où tout allait bien qu'au 4e, tu n'en feras pas une. Ça peut arriver dès le premier, mais ça peut arriver au 10e. Et toi, dans ton cas, c'est qu'en fait tu avais peur d'abandonner ton fils. Oui, comme j'avais dit à ma psychologue quand j'étais avec Kiara, j'avais l'impression d'être comme infidèle envers mon fils. J'avais l'impression de de le trahir. Donc j'avais peur en fait qu'il se sente moins aimé.

J'avais peur que notre relation change et j'avais peur que qu'il se dise alors qu'il est tout petit, j'avais peur qu'il se disent que c'était à cause d'elle, à cause de [musique] Kira que maman euh a un peu moins de temps pour lui. J'ai été absente pendant 5 mois et demi. Euh j'étais à l'hôpital mais j'avais des permissions. Donc je rentrais assez souvent à la maison pour voir mon fils, pour pour voir mon conjoint. Je rentrais avec Kiara. C'était des permissions soit de 24h, 48h ou 72h. Donc je voyais quand même donc certes, je n'étais pas là pour presque pas là pendant 5 mois et demi, mais maintenant je suis présente pour les deux. Je les aime [musique] autant l'un que l'autre.

Et quand on dit que l'amour se multiplie, l'amour se multiplie. Toute toute cette année a été très dure pour mon conjoint et pour moi, pour les enfants aussi. Faut pas négliger le les sentiments des enfants. Mais avec mon coujour, ça nous a soudé plus que jamais. Il était extrêmement présent pour moi. Je pense que si il n'avait pas été là, je serais pas en face de toi, Lola. Je pense que si je n'avais pas eu mon entourage amical non plus. Et aujourd'hui, a 2 ans et demi, [musique] il va bientôt en maternelle. Kiara a bientôt 1 an, elle va pas tarder à marcher. Il y a quelques mois en arrière, quand je voyais le développement de Kiara, [musique] je je trouvais pas ça très intéressant.

Mais maintenant, elle va juste faire bravo avec ses mains. Je vais être toute gaga. [grognement] Tu es redevenue cette maman poul et aimante. Ouais, c'est mes deux petits bébés et ça sera toute ma vie mes petits bébés. Je ne regrette pour rien au monde ma fille ni mon fils et je ne regrette pas non plus ce qui s'est passé parce que c'était pas de ma faute. La dépression est une maladie, il faut pas s'en vouloir. Il faut pas culpabiliser. Ça a été mon cas et c'est les médecins qui m'ont qui m'ont répété main et main de fois que c'est la maladie. On ne doit pas culpabiliser d'être malade. Donc quand je pense à tout ça, je me dis juste que ça fait partie de notre histoire.

à elle et à moi et qu'on s'en est sorti beaucoup plus forte. Et à cette heure-ci euh c'est ma vie, mes enfants, c'est ma vie. [musique] Merci Charline. Merci à toi Lola.