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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 avril 2026 23 min

Prix des carburants, retour de Raphäel Arnault, marche contre le racisme... : le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Yael Brun-Pivet. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Dans un discours à La Nation cette nuit, Donald Trump a promis de frapper l'Iran sans relâche pendant encore deux à trois semaines. Quant au pays touché par la fermeture du détroit d'Hormuz, il explique en substance « Débrouillez-vous, ne comptez pas sur les Etats-Unis ».

0:18
Invité

Les pays qui reçoivent du pétrole par le détroit d'Hormuz doivent préserver ce passage. Ils doivent le gérir. Ils doivent s'en emparer. Ils peuvent le faire facilement. Ils pourront aider. Mais ils doivent prendre l'initiative de protéger le pétrole dont ils dépendent si désespérément.

0:36
Présentateur

Yael Brun-Pivet, est-ce que cette crise est partie pour durer ? Est-ce qu'on se fait marcher dessus par Donald Trump ?

0:41
Yaël Braun-Pivet

Alors elle est manifestement partie pour durer. On voit bien qu'il y a une sorte d'enlisement dans la région et que les combats ne sont pas prêts de s'arrêter. On ne peut que le déplorer. Mais c'était malheureusement prévisible. Maintenant, ce qui est étrange et ce qui n'est pas acceptable, c'est de se désintéresser des conséquences de ses actions. Donald Trump a décidé seul de faire des frappes sur l'Iran, ou en tout cas pas seul, mais avec les Israéliens, sans consulter la communauté internationale. Et c'est bien ces frappes-là qui ont ces conséquences de blocage du détroit d'Hermouz et après, sur nos économies, renchérissement et pénurie au niveau des carburants.

Et donc on ne peut pas balayer d'un revers de la main les conséquences de ses actions. Il en est responsable. Et donc il doit, avec d'autres et avec les puissances européennes impactées, s'occuper de la question du détroit d'Hermouz et de la libre circulation maritime dans le monde. Donc on ne peut pas s'en laver les mains.

1:41
Invité

Mais maintenant que Donald Trump nous a dit « Débrouillez-vous », que peut faire la France ? N'était-elle pas condamnée à l'impuissance ?

1:46
Yaël Braun-Pivet

Alors, nous ne sommes jamais condamnés à l'impuissance. Nous avons la capacité d'agir. Les Anglais, notamment, et le président Macron sont en train d'échanger avec un certain nombre de pays. Maintenant, très concrètement, aujourd'hui, intervenir dans le détroit d'Hermouz, c'est rentrer dans le conflit. Il faut repositionner le portail en Charles de Gaulle. Ce qui est sûr, c'est qu'une fois que nous aurons obtenu la fin de ces interventions, il est impératif de sécuriser le détroit d'Hermouz, mais sans rentrer directement dans le conflit, sans y prendre part.

2:21
Présentateur

Donald Trump s'est moqué aussi, une fois de plus, d'Emmanuel Macron dans une séquence diffusée sur YouTube par la Maison Blanche, d'abord, avant d'être retirée. En tout cas, le président revient sur l'épisode au Vietnam, où Brigitte Macron avait porté vivement ses deux mains sur le visage de son mari. Oui, on écoute Donald Trump. J'ai appelé la France, Macron. Sa femme le traite très mal. Il se remet à peine de la droite qu'il a reçue dans la mâchoire. Et il cherche quoi ? Humilier Emmanuel Macron ?

2:56
Yaël Braun-Pivet

En tout cas, ce n'est pas comme ça qu'on se parle en tant qu'être humain, tout simplement. Et donc, franchement, je trouve que ce n'est pas au niveau, en fait. Ce n'est pas au niveau. Et je ne vois pas ce que ça apporte. Et vous voyez, il veut faire rire. Les journalistes rigolent derrière. Franchement, ce n'est pas un spectacle, la politique. On est en train de parler de l'avenir du monde. On est en train de parler aussi des conséquences que ça a sur les gens. En fait, on fait de la politique. On est là pour essayer de rendre la vie meilleure aux gens. L'action qu'il y a en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie quotidienne. De millions et de millions de personnes.

On voit que nos compatriotes sont extrêmement impactés. Et pendant cela, pendant qu'il y a des gens qui meurent sur les théâtres d'opération, on a un président de la République qui rigole, qui se moque des autres, etc. Franchement, ce n'est pas au niveau.

3:52
Présentateur

Yann Brunpivé, le gouvernement a annoncé vendredi un plan d'aide de près de 70 millions d'euros, ciblé et limité au mois d'avril pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix du carburant. Insuffisant, répondent les secteurs concernés, mais aussi certains de vos opposants. Et la CGT, on écoute Sophie Binet.

4:08
Invité

Évidemment, le but, c'est qu'ils ne vendent pas à perte. Et donc, il ne faut pas seulement plafonner le prix de vente aux consommateurs, mais plafonner aussi le prix de vente, en gros, des pétroliers vers les distributeurs. Et cette mesure, elle est simple à prendre. Elle ne coûte rien aux caisses de l'État. Et ça permettrait déjà de stabiliser les prix.

4:24
Présentateur

Est-ce qu'il faut faire plus ? Ou vous dites, il y a le Brunpivé, non, les caisses sont vides ?

4:28
Yaël Braun-Pivet

Ce qui est intéressant dans ce que dit Sophie Binet, c'est qu'elle parle des pétroliers. En fait, je crois que dans cette situation de crise, dont on espère qu'elle ne va pas durer trop longtemps, il faut que chacun fasse un effort. Il faut que chacun contribue à aider les Français pour rendre soutenable le prix de l'énergie. Donc, c'est aux pétroliers de faire un effort. C'est également aux distributeurs, et certains le font. C'est à l'État de faire un effort, aux entreprises de faire un effort. Et je vois que Marie-Élise Léon a appelé à la négociation entre les salariés et les patronats. Je crois que chacun dispose d'une partie de la solution, et je crois que c'est ça qu'il faut faire.

Donc, l'État doit prendre sa part, mais il ne doit pas être le seul à prendre sa part pour soutenir les Français dans ce moment extrêmement difficile, et qui pourrait durer. Donc, il faut que chacun contribue.

5:17
Invité

On va prendre un exemple très concret. Selon les informations de ICI-Hérault, les pêcheurs de Méditerranée annoncent un mouvement de grève illimité. À partir de mardi prochain, ils jugent insuffisantes les mesures qui sont déjà présentes, comme l'aide de 20 centimes par litre de gazole. Est-ce que l'État peut encore aider, ou est-ce que vous êtes déjà au max de ce que vous pouvez faire ?

5:33
Yaël Braun-Pivet

On est dans une situation extrêmement tendue des finances publiques, tout le monde le sait. Lorsqu'il y a eu les grandes mesures d'aide à l'énergie en 2023-2024, c'est un coût global de 36 milliards d'euros. Donc, il faut faire attention. On ne peut pas faire des... Comme à nouveau le dit Marie-Élise Léon, on ne peut pas arroser le sable. Je pense que ce qui est intéressant dans l'état de nos finances publiques, c'est de pouvoir faire des mesures ciblées. Les pêcheurs, il faut les cibler plus ou pas. Donc après, c'est de la négociation. Et donc, il faut regarder avec eux, avec chaque secteur, comment on peut les aider au mieux.

À nouveau, que chacun prenne sa part, les pétroliers, les distributeurs, etc. Mais il faut soutenir chaque filière à la hauteur de ses besoins. Mais il faut faire quelque chose de cibler.

6:15
Invité

Et les infirmiers libéraux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.

6:19
Yaël Braun-Pivet

Il y a les infirmiers libéraux. Il faut faire un geste en plus. Il y a les assistantes à domicile. Il n'y a pas que les infirmiers. Il y a des milliers de nos compatriotes qui, tous les jours, se rendent auprès des personnes âgées dans les territoires pour pouvoir les aider à faire leurs toilettes. Mais le gouvernement ne les aide pas, Yael, bonne journée. Le gouvernement ne les aide pas. Donc, vous appelez le gouvernement à les aider. On a plusieurs types d'aides possibles. J'entends que le gouvernement a la volonté de massifier l'électricification de notre pays. Je crois que ça, c'est intéressant.

Nous avons une mesure mise en place par le gouvernement qui s'appelait le leasing social par rapport à l'accès à des véhicules électriques. C'est une mesure qui a eu un succès complètement fou. 50 000 leasing en quelques heures.

7:05
Présentateur

Vous pensez que c'est ça la solution pour aider les infirmiers et les infirmières qui ont besoin de leur voiture tous les jours pour aller failler ?

7:10
Yaël Braun-Pivet

On va leur dire louer une voiture électrique ? Si les infirmières, demain, avaient la possibilité d'accéder à un leasing social à 100, 200 euros par mois pour pouvoir avoir un véhicule électrique, je pense que c'est une partie de la solution parce que ça les dégage du coût de l'augmentation de l'énergie et ça leur permet d'accéder à bas prix à un véhicule qui est avec une énergie propre. En fait, ce système-là, c'est quelque chose de durable. Si vous investissez de l'argent dans l'aide, c'est immédiat. Et effectivement, c'est important, ça soutient les Français. Mais durablement, vous n'avez pas résolu la situation.

Et si demain, vous avez à nouveau une crise, une dépendance, vous n'avez rien résolu. Donc, il faut accentuer la capacité que chacun pourra avoir d'accéder à des véhicules à énergie propre. Bien sûr que c'est une partie de la solution. Ce n'est évidemment pas la solution unique.

8:01
Présentateur

Mais vous faites référence à un point important qui a fait beaucoup réagir, c'est que Sébastien Lecornu a proposé d'utiliser les surplus de recettes fiscales engendrées par la hausse des prix à la pompe pour financer l'électrification de l'économie. Justement, écoutez la réaction de Marine Le Pen.

8:16
Invité

On vous a dit qu'on ne gagnait pas d'argent avec cette crise. En fait, l'État gagne de l'argent avec cette crise. Mais ne vous inquiétez pas, nous allons en faire un usage vertueux.

8:26
Présentateur

Si Sébastien Lecornu parle d'utiliser les surplus de recettes fiscales, ça signifie bien que l'État a gagné de l'argent avec cette crise. Il y a le brune-pivet.

8:32
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, on sait comment est construit le prix de l'essence. Il est probable qu'il y ait un gain, mais qui est très difficilement calculable puisque la demande a également baissé. Mais en tout cas, il n'est pas tel qu'on pourrait l'imaginer. Nous n'avons pas, à mon sens, et je le crois, d'après les informations dont je dispose, un État qui profiterait de cette crise. Ce n'est pas évidemment l'objectif et ça ne serait pas juste.

9:00
Présentateur

Ça ne serait pas juste. Mais est-ce que ça ne pose pas un problème de pédagogie quand le Premier ministre dit ça ? Est-ce qu'il ne s'est pas un peu tiré une balle dans le pied ? C'est difficile maintenant d'aller expliquer aux Français. Ça fait depuis des semaines que vous expliquez que l'État ne s'enrichit pas, qu'il y a moins de consommation, donc il n'y a pas plus d'argent qui rentre dans les caisses de l'État. Et finalement, le Premier ministre qui dit s'il y a des surplus.

9:16
Yaël Braun-Pivet

Mais si, à nouveau, moi, je n'ai pas les chiffres, donc je n'en sais rien. Maintenant, ce que j'entends, c'est que d'une part, s'il y a des surplus, ils sont assez minimes. Et s'ils existent, il faut les utiliser directement pour aider les Français. En revanche...

9:32
Présentateur

Ah, donc vous dites qu'il faut les utiliser directement pour aider les Français ?

9:34
Yaël Braun-Pivet

Lorsque je vous parle d'augmenter le leasing social et de dire, on va, au lieu d'avoir 50 000 voitures accessibles, on pourrait en avoir 75 000, 100 000, eh bien ça, c'est aider directement les Français et ça peut aller très vite. On voit qu'on a aussi, et c'est ça qui est vertueux, c'est qu'on a des entreprises françaises, construction automobile, qui se lancent résolument dans l'électrification de leur fabrication. Donc essayons de créer aussi une chaîne vertueuse qui puisse non seulement aider notre industrie, aider les Français et cela, le faire de façon durable. Je crois que c'est ces choses-là qu'il faut engager.

En tout cas, les propositions qui peuvent être faites par Marine Le Pen et d'autres sur une baisse de la TVA sont extrêmement coûteuses et ne sont absolument pas ciblées. Et je crois qu'aujourd'hui, ce qui est important pour nos compatriotes, c'est de cibler et d'aider ceux qui en ont le plus besoin. En tout cas, moi, c'est comme ça que je pense qu'on est utile et qu'on est aussi très réaliste par rapport à l'état de notre finance publique. Il faut aider ceux qui en ont besoin.

10:32
Invité

Ce matin, 1636 stations-service sont en rupture d'un ou plusieurs carburants. Ça fait 16%. Jamais le prix du gazole n'avait augmenté aussi vite. Or, le prix du carburant, c'était justement le déclencheur du mouvement des Gilets jaunes. Est-ce que vous craignez potentiellement un mouvement qui puisse être comparable ?

10:48
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, il faut toujours en tout cas être très attentif parce que ces désespérances qu'il y avait eues lors du mouvement des Gilets jaunes, elles existent encore dans notre pays. On voit qu'il y a encore beaucoup de nos compatriotes qui ont du mal, qui ont du mal à boucler les fins de mois et qui sont très dépendants de leurs véhicules. Et c'est normal. Je me déplace partout dans le territoire. On n'a pas partout des lignes de bus, pas partout des lignes de train. On a besoin de sa voiture pour se déplacer. Donc, on voit bien que le carburant, c'est un peu le nerf de la guerre.

C'est la raison pour laquelle, moi, en fait, je trouve que nous n'avons pas suffisamment accéléré sur la sortie de la dépendance aux énergies fossiles. C'est à long terme, mais à moyen court terme. À nouveau, c'est long terme et court terme aussi. Vous voyez, parce qu'on a eu un problème. Dans les territoires, les gens me disent, mais en fait, vous êtes bien gentil. Vous voulez qu'on ait des voitures électriques, mais on n'a pas de bornes, mais on n'a pas la capacité de les acheter, etc. Donc, il faut aussi déployer massivement, beaucoup plus rapidement, les bornes de recharge, permettre l'accession à la propriété ou à l'allocation de longue durée de véhicules électriques.

Là, il faut s'engager résolument. On ne peut pas être dans une dépendance aux énergies fossiles et passer notre vie à simplement gérer cette dépendance et les effets de cette dépendance lorsque les coûts du pétrole augmentent. C'est une vision, ça, très court-termiste des choses et qui ne travaille pas dans le sens d'une plus grande souveraineté. Notre objectif, c'est d'être davantage souverain et d'être davantage aussi de s'insérer dans une transition. Donc, peut-être que ce type de crise doit nous permettre d'accélérer très fortement vers la transition. En tout cas, moi, c'est dans cela que je crois.

12:27
Présentateur

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Yael Brunpivé, présidente de l'Assemblée nationale. Paul, on parle de Raphaël Arnaud de retour à l'Assemblée.

12:37
Invité

Le retour du député LFI qui a pris la parole pour la première fois depuis la mort de Quentin Déranque dans une interview au Média Blast. L'un de ses assistants parlementaires, on le sait, avait été mis en examen dans cette affaire.

12:47
Yaël Braun-Pivet

Je n'étais pas présent, évidemment, sur les lieux. Je n'étais pas au courant, évidemment, de ce qui allait se produire, de ce qui s'était produit, etc. Aujourd'hui, je décide de prendre la parole. C'est pour une raison évidente, c'est-à-dire de poursuivre mon mandat de député. Comment ça s'est passé, madame la présidente de l'Assemblée, hier dans les couloirs ? A priori, ça s'est passé correctement. Il n'y a pas eu d'incident. Je ne crois pas qu'il ait pris la parole dans l'hémicycle. Donc ça, ça sera le test. Après, je me souviens que parfois, après des événements très graves, les prises de parole de certains députés ont été parfois tumultueuses dans l'hémicycle. Et c'est compréhensible.

Vous l'avez croisé ? Moi, je ne l'ai pas croisé, je ne l'ai pas vu, je n'ai même pas noté sa présence lorsque j'ai présidé hier après-midi les débats. Donc voilà, ça s'est passé correctement. Après, c'est un élu de la nation et c'est uniquement nos concitoyens, lorsqu'ils votent, qui peuvent mettre fin ou en tout cas empêcher le renouvellement de son mandat. Il est député et donc il peut exercer son mandat. Après, la question qui doit se poser, c'est comment exercer un mandat ? Comment représenter les citoyens français ? Comment représenter la nation lorsque l'on est dans sa situation ? Exactement, mais vous, à titre personnel, est-ce que ça vous dérange, Yael Brunpil ?

Moi, ça me dérange toujours parce qu'en fait, on a un devoir, évidemment, d'exemplarité. Alors Raphaël Arnaud n'est pas mis en examen. Il n'est pas accusé d'avoir commis une quelconque infraction. Maintenant, autour de lui, il avait des collaborateurs qui sont, eux, poursuivis. Il y avait ces questions de pseudo auxquelles j'ai mis fin à l'Assemblée nationale. Bref, c'est une drôle de façon d'exercer son mandat politique.

14:28
Invité

Il peut être député encore pour vous ? Il peut exercer son mandat ?

14:31
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, à nouveau, moi, en tant que président de l'Assemblée nationale, mon rôle, c'est de rappeler les règles et les règles de l'État de droit. Et selon ces règles de l'État de droit, il peut exercer son mandat.

14:40
Présentateur

Yael Brunpil, vous avez l'habitude d'un hémicycle chahuté, parfois, Houle. Est-ce que le gouvernement en a trop fait, s'agissant des violences qui ont émaillé la campagne des municipales, et notamment l'après-second tour, avec des maires sortants qui se sont fait huer ?

14:54
Yaël Braun-Pivet

Moi, je crois que, comme tous les Français, j'ai été extrêmement choquée par ces scènes tumultueuses dans des mairies. Je crois qu'il y a une valeur qu'on doit tous retrouver, c'est la valeur du respect. On doit respecter les autres, on doit respecter l'engagement des autres. Lorsqu'on est maire et qu'on se dévoue corps et âme à sa commune pendant au moins six ans, et que l'on perd lors d'une soirée électorale, la moindre des choses, c'est d'être digne. Et pour ceux qui sont dans le camp des vainqueurs, d'avoir cette dignité. Parce que, je le rappelle, que la roue tourne, et qu'aujourd'hui, ils sont vainqueurs, que demain, peut-être que ce sera eux, les élus battus.

Et donc, il faut que, dans une démocratie, on se respecte, parce qu'autrement, notre démocratie souffre. Et c'est difficile de s'engager, vous savez. Et donc, on ne peut pas tolérer ces scènes-là, et c'est la raison pour laquelle le gouvernement, avec d'autres, les a dénoncées. Et de tous bords politiques, en fait. Ce n'est pas une question partisane.

15:53
Présentateur

Il y a un soumis, Mathilde Panot, qui dit que ce n'est pas si grave que ça, des huées, tant qu'il n'y a pas de violence physique. C'est vrai que ça a déjà existé, Giscard d'Estaing, quand il quitte l'Elysée, il est hué aussi.

16:01
Yaël Braun-Pivet

Mais c'est grave, c'est honteux. Il faut respecter l'engagement, il faut respecter les gens. En fait, on est des hommes et des femmes, on a des émotions, on est humains. Et donc, c'est difficile de se battre en politique, c'est difficile d'exercer des mandats. Donc, quand on est défait lors d'une soirée électorale, c'est douloureux. Et donc, se faire huer, c'est plus qu'irrespectueux. Ça n'est pas digne d'une vie politique que nous devons collectivement avoir, une vie politique apaisée, et reconnaître l'engagement sincère de nos élus qui se dévouent corps et âme pour les autres.

16:38
Invité

Et le racisme, c'est douloureux aussi. Et le maire LFI de Saint-Denis, Bali Bagayoko, en est victime depuis son élection. On écoute la responsable des standardistes de la mairie de Saint-Denis au micro France Info de Valentin Dunat. C'est quand même violent pour les agentes de recevoir des injures racistes tous les jours depuis l'élection de Bali Bagayoko. On a eu la mairie des Arabes et des Noirs. Faut-il porter le voile dorénavant à Saint-Denis pour aller à l'école ? Ou encore le maire noir ou la mairie des Saint-Denis ? Je vous vois faire une énorme grimace. Je précise juste ma question. Bali Bagayoko a aussi été visée par des propos racistes tenus sur CNews.

Il appelle un grand rassemblement citoyen contre le racisme samedi devant sa mairie. Est-ce que vous y serez ?

17:15
Yaël Braun-Pivet

Je n'ai pas vu cet appel. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut, et là aussi, collectivement, se battre contre le racisme et contre l'antisémitisme. Ce n'est pas pour rien qu'avec le président du Sénat, il y a plusieurs années, nous avions organisé une marche pour la République. C'est important et c'est surtout tout ce qui nous définit. La République française n'est pas raciste. La République française n'est pas antisémite. Nous avons des valeurs. Il faut la défendre. Et évidemment que nous, hommes et femmes politiques, là aussi, quel que soit notre bord, nous devons apporter notre soutien. Mais au-delà du soutien, nous devons nous battre pour ses valeurs.

Nous devons nous battre pour condamner le racisme où qu'il soit. Nous devons être très fermes. La justice doit être très ferme. On doit pouvoir poursuivre. Ça, on l'entend.

18:00
Présentateur

Mais sur la question de Paul, est-ce que vous allez manifester samedi ? La réponse est non.

18:03
Yaël Braun-Pivet

Je n'ai pas répondu ni oui ni non. Vous m'apprenez qu'il y a une manifestation. Donc, je vais regarder. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il peut savoir, ce maire et tous nos compatriotes peuvent savoir que moi, je suis résolument engagée contre le racisme et contre l'antisémitisme. On vous entend, il est l'entend. Et donc, nous serons à ses côtés. Mais la République doit être à ses côtés. Et il faut faire attention parce que parfois, il y a des libérations de parole et c'est grave parce qu'on ne peut pas laisser se répandre comme ça sur notre territoire ce poison du racisme et ce poison de l'antisémitisme.

18:39
Présentateur

Bali Bagayoko demande aujourd'hui au régulateur de l'audiovisuel de fermer ces news où certains des propos racistes ont été tenus. Est-ce qu'il faut fermer ces news ?

18:49
Yaël Braun-Pivet

À mon sens, non. Maintenant, on a besoin dans notre pays de pluralisme sur nos médias, que ce soit en presse écrite, en radio ou en télévision. Maintenant, pluralisme ne veut pas dire que c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres et qu'on dit n'importe quoi sur ces médias. Nous avons des autorités de régulation et notre système est plutôt bien fait. Ces autorités de régulation telles que l'ARCOM sont des autorités indépendantes qui font leur mission indépendamment de toute pression politique ou de tout ordre qui pourrait être donné par les politiques.

Mais l'ARCOM doit faire son travail et doit éventuellement, et elle l'a déjà fait, condamner les chaînes sur lesquelles il y aurait de tels propos. Mais il ne faut rien laisser passer. C'est indispensable.

19:33
Présentateur

Yael Brune-Pivet, on se projette un peu dans un texte publié dans la tribune dimanche. 90 élus de droite et du centre défendent l'idée d'une candidature unique pour 2027. Ils appellent un sursaut d'unité pour éviter le duel LFI-RN. Pourquoi ne l'avez-vous pas signé ?

19:48
Yaël Braun-Pivet

Parce que je pense qu'il faut d'abord parler de ce que l'on veut faire. Et que, avant de dire qu'il faut une seule personne et il faut savoir qui, il faut savoir pourquoi faire. Quel est le projet que l'on met sur la table ? Qu'est-ce que l'on dit aux Français ? Ça fait dix ans qu'une partie d'entre nous sommes aux responsabilités. Nous avons fait des choses bien, nous avons fait des choses moins bien. Donc il faut tirer le bilan de ce que l'on a fait et se dire, voilà, qu'est-ce que nous voulons proposer demain aux Français ? Mais il y a dix personnes qui tirent le bilan chacune de leur côté. Il faut qu'on le fasse ensemble pour battre l'extrême droite et l'extrême gauche.

Ce n'est pas très sexy en fait. Non mais il faut bien se rassembler. Mais oui, mais il faut se rassembler d'abord sur un projet. Qu'est-ce qu'on pense de l'Europe ? Qu'est-ce qu'on pense de l'État de droit ? Quel est le projet que l'on a pour la jeunesse de notre pays ? Quel est le projet que l'on a au niveau du travail, au niveau de la transition écologique ? Et voir si nous sommes capables de nous rassembler, de construire un projet commun. Quelle est notre vision du progressisme ? J'entends certains rechigner sur les avancées sociétales que nous avons portées. C'est une belle... Ça fait partie du bilan dont je suis extrêmement fière.

Vous parlez de Bruno Retailleau qui vote un moratoire sur les réformes sociétales. Eh bien, la PMA pour toutes, l'aide à mourir. Vous savez que je me bats pour que nous puissions arriver au bout de ce texte. C'est compliqué. Eh bien, ça fait partie des choses dont je suis fière. Et donc, je crois qu'il faut d'abord qu'on se dise ensemble. Qu'est-ce qu'on veut faire ensemble ? Est-ce qu'on veut faire des choses ensemble ? Qu'est-ce qu'on veut faire si on décide de faire des choses ensemble ? Et après, on regardera si c'est un candidat, qui ce sera, etc. Mais en fait, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas signé cette tribune.

21:25
Invité

8h57 sur France Info. L'heure de la question qui ? Aujourd'hui, la question qu'on n'a pas fini de vous poser. Qui vous semble être le meilleur candidat ou la meilleure candidate pour 2027 ?

21:35
Yaël Braun-Pivet

Si vous avez écouté ma réponse précédente, vous avez ma réponse. Oui, je n'ai pas compris. Il n'y a pas trop de réponses. Parce que je n'ai évidemment pas de nom. Aujourd'hui, moi, je suis une femme politique. Je suis engagée, j'ai envie de continuer à œuvrer en politique et de construire pour mon pays, pour notre jeunesse, un pays qui soit plus bienveillant et dans lequel nos jeunes ont un avenir qu'ils puissent choisir. Donc, voilà, travaillons sur un projet. Et puis après, on regardera qui pourra incarner au mieux ce projet.

22:04
Invité

C'est de la très grosse langue de bois, ça.

22:06
Yaël Braun-Pivet

Mais non, ce n'est pas de la langue de bois. Ça pourrait être vous, Yael Brunjv ou pas ? À quoi ça sert de dire ces bidules ou ces machins ? Parce que c'est dans un an qu'il va vous falloir un ou une candidate. Je ne suis pas d'accord sur le projet, en fait. Et c'était votre projet ? Moi, je ne défendrais pas un projet avec lequel je ne suis pas en accord. Donc, l'important, ce n'est pas la personne, c'est le projet. Les Français, ils ne sont pas bêtes, les Français. En fait, je trouve que dans cette vie politique ou dans la communication qu'on peut avoir, on se dit que les Français vont voter pour bidule ou pour machin simplement parce qu'il est comme ça.

Ben non, en fait, les Français, ils regardent un programme, ils regardent un projet. Qu'est-ce que vous portez pour le pays ? Qu'est-ce que vous incarnez ? Et donc, c'est ça avant tout.

22:45
Présentateur

Merci, Elbron Pivet. Le projet, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci, Paul. Merci, Agathe. Merci, Agathe.

22:51
Locuteur

Merci, Agathe.

Prix des carburants, retour de Raphäel Arnault, marche contre le racisme... : le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet — Yaël Braun-Pivet · Pourquijevote