Accord de paix, IA, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Agathe Lambret. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Bonjour Paul Larouturou. Merci d'être avec nous Gabriel Attal sur France Info. On va parler retraite et salaire, notamment que proposez-vous maintenant que vous êtes candidat à la présidentielle ? On parlera aussi de la campagne et de ce remake d'un fauteuil pour deux entre Édouard Philippe et vous. Mais d'abord le bilan du G7. Donald Trump est resté jusqu'au bout et a choisi le château de Versailles pour signer en plein dîner hier soir l'accueil, l'accord avec l'Iran. On l'écoute. C'est signé, c'est signé à Versailles, ce félicite Donald Trump galvanisé.
En réalité, Gabriel Attal, est-ce que le président américain a perdu cette guerre et est-ce que c'était une guerre pour rien ? D'abord ce que montre cet accord et cette situation, c'est qu'une guerre sans plan et sans objectif clair ne mène à rien. Au moment du déclenchement de cette guerre, j'avais dit qu'une guerre pouvait se justifier, que s'il y avait un plan clair, avec des objectifs clairs, et notamment, évidemment, la libération du peuple iranien et le désarmement du régime des Mola. On voit la situation aujourd'hui avec cet accord. Je pense qu'il faut être d'abord pragmatique.
Vous savez, moi, la première chose que je regarde sur les questions internationales, c'est où sont les intérêts de la France ? Et évidemment, le fait qu'il y ait un accord, le fait que le détroit d'Hormuz puisse être libéré, que la circulation puisse reprendre, c'est évidemment dans les intérêts de la France et notamment dans son intérêt économique. Ensuite, il faut être lucide, parce que plus on en apprend sur cet accord, plus il est mystérieux. Il y a des négociations sur le nucléaire qui sont renvoyées à plus tard, à des mois de négociations. Un détroit d'Hormuz qui était déjà ouvert avant la guerre, on ne sait pas à quelles conditions il pourra rouvrir, le peuple iranien qui est oublié.
Est-ce que c'est un fiasco ? En tout cas, il faut que la France soit l'initiative. D'abord, évidemment, avec les partenaires européens pour qu'on soit associés aux discussions qui auront lieu sur le nucléaire iranien, notamment. On ne peut pas laisser les discussions se faire sans nous. On ne peut pas se retrouver dans une situation où il y a un risque, non pas seulement de revenir à la situation antérieure, mais peut-être de revenir à une situation pire que la situation antérieure. Ensuite, on doit être à l'initiative pour garantir la souveraineté de nos alliés dans la région. Et je pense évidemment au Liban.
On a vu que l'aide budgétaire américaine est réduite en soutien au régime libanais. Il faut évidemment que la France aide le régime libanais à garantir sa souveraineté et sa sécurité. Et vous, ce matin, votre lecture, c'est une capitulation américaine, pour reprendre l'expression d'un exemple. Je viens de vous dire que, pour l'instant, on ne sait pas tout de cet accord. Il reste très mystérieux. Et surtout, on voit qu'une grande partie des éléments de cet accord sont en réalité encore à négocier. Donc, c'est ça qu'il va falloir suivre.
Maintenant, pour le dire de manière encore plus claire, évidemment que le fait qu'il puisse y avoir un accord, que la circulation puisse reprendre dans le détroit d'Hormuz, c'est une forme de soulagement. Mais encore une fois, soyons lucides. D'abord, on a vu le forme d'imprévisibilité qui pouvait exister avec les décisions américaines. Et on voit ensuite que cet accord, aujourd'hui, ne contient aucun des éléments essentiels pour rassurer et garantir une forme de stabilité. Vous parlez de lucidité. Et vous rappeliez que, quand cette guerre a été déclenchée début mars, on vous avait demandé si vous souteniez cette intervention américaine.
Et vous aviez répondu que si sa finalité était de faire tomber le régime des MOLA. Alors oui, bien sûr, vous la souteniez. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites que j'ai été un peu naïf ? Pas du tout, puisque vous l'avez dit, j'ai donné des conditions très claires. Moi, j'ai toujours dit, de manière très claire, qu'une opération pouvait se justifier, que si sa finalité était de faire tomber le régime des MOLA, de libérer le peuple iranien et de désarmer... Mais à l'époque, on a pu comprendre que vous souteniez cette ambition, cette objectif. Vous pouvez reprendre toutes mes déclarations sur le sujet. J'ai toujours été très prudent sur cette question-là.
Même si c'est contraire au droit international, ou même si on sait que les précédents n'ont pas montré de grand succès. J'ai rappelé à quel point le régime des MOLA, et je le dis toujours, est contraire au droit international, en ce qui menace la stabilité et la sécurité dans la région, l'existence d'un État libre et souverain, et en ce qui tyrannise sa population. Vous êtes toujours à une coalition ? Vous demandiez aussi la mise en place d'une coalition entre la France et l'Europe pour faire tomber ce régime et préparer l'après. Est-ce que c'est toujours d'actualité ?
Je crois, bien sûr, qu'on doit maintenir des sanctions sur le régime iranien, peut-être même les renforcer, puisque la finalité, l'objectif, c'est évidemment que le peuple iranien puisse vivre libre. Mais pas forcément faire tomber le régime. Moi, aujourd'hui, j'ai évidemment une pensée pour le peuple iranien, qui est martyrisé, tyrannisé, réprimé dans le sang. Il y a eu des dizaines de milliers de morts il y a quelques mois, des jeunes qui manifestaient pour leur liberté. C'est évidemment à eux que je pense aujourd'hui. Donald Trump a été reçu en grande pompe au château de Versailles, à l'issue de ce sommet, dîner de gala, visite de la galerie des glaces.
La gauche fustige la flatterie, l'obséquiosité du président. Est-ce qu'Emmanuel Macron a fait la cour à Donald Trump ? Et est-ce qu'il a raison au vu des résultats de ce G7 ce jour-là ? Moi, je crois que le président a raison, parce qu'on doit parler à tout le monde. On doit le faire, évidemment, en étant lucide, même quand on a des désaccords. Mais évidemment que la France, sa responsabilité, c'est de pouvoir parler avec tout le monde. Et donc, oui, de recevoir le président américain, y compris à Versailles. Maintenant, il faut le faire de manière très pragmatique et lucide. On a des désaccords.
Vous avez vu notamment la dernière décision américaine qui restreint l'accès au dernier modèle d'anthropique aux non-américains. Évidemment que c'est important de le dire qu'on a des désaccords. Mais surtout, c'est important d'en tirer des conséquences en s'organisant pour renforcer notre puissance en Europe.
On parle de ce projet qui n'est pas fini d'accord de paix signé sur la table à Versailles. Cette image fait le tour du monde. Mais j'aimerais également vous poser une question sur une signature commune sur l'Ukraine. Les Européens ont accepté que le communiqué du G7 cite Donald Trump trois fois. Et ça lui, je cite, conduite ferme sur l'Iran. Quand on lit ça, qui influence qui aujourd'hui ? Est-ce que c'est Donald Trump ou est-ce que c'est les Européens ?
Vous savez, ce G7, c'était un peu pour moi le G7 de la dernière chance. Est-ce que ça a encore du sens de réunir les pays du G7 alors qu'on a des différences de vues majeures sur un certain nombre de sujets ? Je me réjouis que dans cette déclaration commune et à l'issue de ce G7, il y ait une position commune avec les Américains sur la question ukrainienne et sur le soutien à l'Ukraine.
Donc oui, ça a encore du sens pour vous.
Et sur le renforcement des sanctions à l'encontre du régime du Kremlin et notamment des sanctions sur le pétrole russe. Donc on voit bien que ça a du sens. Par ailleurs, évidemment que moi, tous les formats dans lesquels la France est présente, je les soutiens. Aller affaiblir des formats, des réunions dans lesquels la France a une place, je pense que ça ne serait pas rendre service à la France. On voit en l'occurrence que sur l'Ukraine, il y a eu cette déclaration. Convaincre le président américain de signer une déclaration dans laquelle il appelle au soutien de l'Ukraine et à des sanctions contre la Russie, c'est évidemment une bonne nouvelle pour l'Ukraine.
Maintenant, est-ce que ce G7 règle les grands problèmes du monde ? Évidemment que non. C'est un succès, dit Emmanuel Macron. Ce G7 est objectivement un succès. Est-ce que ce succès, vous le partagez, vous le constatez aussi, est-ce que c'est à mettre au crédit du président pour qu'il s'était le dernier G7 ? D'abord, je viens de le dire, notamment sur la question ukrainienne. C'est un succès que de permettre un accord, en tout cas une signature, qui engage les États-Unis dans le soutien à l'Ukraine, puisqu'on a vu les va-et-vient du président Trump et des États-Unis sur la question du soutien à l'Ukraine. J'étais quatre fois en Ukraine depuis un an et demi.
J'ai rencontré le président Zelensky, des responsables militaires, diplomatiques, économiques, humanitaires. Je peux vous dire qu'ils ont besoin de soutien. On a vu par ailleurs que depuis deux mois maintenant, ils arrivent à faire reculer la Russie, ce qui est quand même inédit et historique depuis le début de ce conflit. Donc, on doit continuer et amplifier notre soutien. Vous évoquiez Anthropique bloquée par les Américains pour les étrangers. L'intelligence artificielle, la souveraineté technologique était censée être au cœur de ce G7. Sur France Info, ce matin, Pascal Gauthier, le PDG de Ledger, spécialisé dans les crypto-monnaies, a mis en garde contre les dangers de l'IA. On l'écoute.
L'IA a vraiment accéléré en termes d'utiliser l'IA pour attaquer les gens, pour leur voler des choses. Si vous voulez, l'accélération était tellement forte que l'attaque est plus rapide que la défense qui doit maintenant se mettre en place.
L'attaque est plus rapide que la défense. Est-ce que l'urgence, c'est de se protéger de l'IA, Gabriel Attal ? Et comment ? Quoi qu'on fasse, l'IA sera là. Les outils sont disponibles. Ils sont aujourd'hui essentiellement à la main des Américains et des Chinois. Donc, l'urgence, c'est quoi ? C'est de la maîtriser, l'IA. Et pour ça, évidemment qu'on doit être à l'initiative en France et en Europe. Et c'est possible. On a des talents, on a des atouts, on a des forces en Europe et notamment en France.
Ce n'est pas perdu, c'est l'Américain et aux Chinois ?
Ce n'est pas perdu. Le leader européen en matière d'IA, c'est un Français. C'est Mistral. On a par ailleurs des pépites, des start-up. Moi, vous le savez, j'ai lancé ma campagne pour l'élection présidentielle il y a maintenant un mois. J'ai fixé quatre chantiers capitaux pour la France. École, salaire, frontière, IA. J'ai mis l'IA dans mes quatre grandes priorités. Pourquoi ? Et vous voulez faire de la France la première puissance européenne en dix ans ? Mais oui, mais pourquoi ? Mais comment on fait ? Parce que la puissance technologique, elle précède la puissance militaire et la puissance économique.
La France et l'Europe n'ont pas réussi la révolution du numérique au début des années 2000. Les Etats-Unis ont réussi la révolution du numérique au début des années 2000. Qu'est-ce qui s'est passé depuis 25 ans ? La productivité aux Etats-Unis a explosé. Si en France, on avait eu la même croissance de productivité qu'aux Etats-Unis, le salaire médian français ne serait pas de 2200 euros net par mois. Il serait de 3300 euros net par mois, 50% de plus. Donc, on doit réussir la révolution de l'IA. C'est aussi un enjeu pour les salaires des Français, les emplois des Français, la prospérité des Français. Antropique lève 30 milliards quand Mistral enlève... 1,7 milliard, bien sûr.
Mais donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on doit être plus intégré au niveau européen. Ça veut dire qu'on doit soutenir l'économie de l'IA. Comment on fait ? Avec évidemment un plan de soutien public, avec des fonds publics pour accompagner nos entreprises. Vous savez, Mistral, qui est aujourd'hui déjà un quasi-géant du numérique et de l'IA, a été soutenu par 100 millions d'euros investis par la BPI, donc par la France. C'est très faible par rapport aux autres géants de l'IA. Donc, il faut faire la commande publique. Et ensuite, il faut évidemment le soutenir avec des financements privés.
faciliter la possibilité pour les entreprises de diffuser l'IA et d'adopter l'IA dans leur entreprise. Développer la capitalisation pour notre système de retraite, pour que des capitaux soient disponibles en plus grand nombre pour accompagner nos startups. Aujourd'hui, l'IA, c'est quoi ? C'est des géants américains essentiellement, qui ont des puces américaines avec l'entreprise NVIDIA, qui sont produites par un géant taïwanais, TSMC, dont les machines sont faites par un géant néerlandais, ASML. Il faut que sur un ou plusieurs éléments de cette chaîne, la France soit souveraine. C'est ça qui nous permettra d'avoir un rapport de force.
On peut être souverain sur plusieurs de ces éléments, sur les géants, avec Mistral, et on en a d'autres qui vont émerger en France. Et on peut être souverain sur la question des puces, avec des startups, je pense à Cyperl et d'autres, qui peuvent, dans les années qui viennent, si on les soutient, concurrencer NVIDIA sur ce sujet.
Sur ce sujet, deux députés ont remis hier un rapport passionnant qui montre que plus de 85% des députés et leurs collaborateurs parlementaires utilisent désormais l'intelligence artificielle et 1 sur 2 le fait tous les jours. Vous-même, combien de fois vous utilisez ChatGPT et Mistral par jour et pour quoi faire ?
J'utilise plusieurs fois par jour. Pourquoi faire ? J'utilise Vibe de Mistral, j'utilise ChatGPT de OpenIA, j'utilise Cloud d'Enthropic. Un, pour faire de la comparaison internationale, c'est-à-dire quand je travaille ou que je réfléchis sur un projet. Par exemple, se dire on veut réorganiser l'hôpital en France pour que ça fonctionne mieux. Vous demandez à l'un de ces outils, comment est-ce que les autres pays font en Europe ? Vous demandez une comparaison, là où ça vous prendrait ou ça prendrait à vos collaborateurs des heures de recherche sur Internet, vous avez en quelques minutes une première comparaison et vous pouvez creuser ensuite deux.
J'utilise pour faire de la synthèse de réunions. Quand vous avez des réunions, vous discutez d'un certain nombre de choses, vous prenez des notes, vous prenez des décisions. En fait, vous envoyez ça sur Vibe ou sur Cloud, vous avez la synthèse de la réunion. Justement, ce qui est intéressant dans ce rapport, c'est aussi qu'il y a un risque de fuite de données sensibles.
Comment vous jaugez vous-même, est-ce que vous n'avez pas peur de mettre des données sensibles ? Est-ce que ce n'est pas un vrai problème, par exemple, pour votre groupe, à l'Assemblée ?
C'est là où il faut privilégier un acteur français. On a de la chance, on en a un avec Mistral. Mais ça montre l'enjeu et la nécessité qu'on a en France d'être souverain. La question de souveraineté, c'est une question économique. C'est une question de sécurité pour nos données. Et c'est aussi une question d'emploi pour les Français. Moi, je vois beaucoup d'inquiétudes. Évidemment, je discute avec des Français, avec des parents qui me disent, mon fils, ma fille est au lycée, étudiant en école de commerce. Est-ce que finalement, l'IA ne va pas nous mettre dans une situation où ils ne pourront pas trouver d'emploi ?
Le premier risque, aujourd'hui, ce n'est pas d'être remplacé par une IA dans son travail. C'est d'être remplacé par quelqu'un qui maîtrise l'IA. Et donc, la question de la formation de tous les Français à l'usage de l'IA, c'est pour moi une priorité. Dans mes propositions en matière d'IA, je propose que d'ici 2030, on organise un plan de formation pour 20 millions de salariés en France, que ce soit au cœur de ce qu'on apprend à l'école. Parce qu'évidemment, maintenant, les savoirs fondamentaux, c'est lire, écrire, compter, prompter.
Priorité à l'IA, si on vous écoute bien, le plan du gouvernement, 655 millions d'euros annoncés pour l'intelligence artificielle, ce n'est pas à la hauteur des enjeux ? Tout ce qui est annoncé pour l'IA va dans la bonne direction. Mais moi, je crois qu'on a surtout besoin d'un cap. Mon cap, il est clair. Je veux que, dans dix ans, la France soit affirmée de manière incontestable, comme la première puissance européenne en matière d'IA, en capacité de rivaliser avec les Etats-Unis et la Chine. Avec Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance, vous êtes aussi candidat à la présidentielle. Et dans un instant, on va parler un peu de votre programme. Mais d'abord, un mot sur la chaleur.
La météo, la France a très, très, très, très, très, très chaud. Hier, à votre place, il y avait le ministre de l'Éducation qui expliquait qu'il allait devoir suspendre certains examens tellement il faisait chaud dans de très nombreuses classes de France. Vous avez été dix ans au pouvoir. Est-ce que vous faites, ce matin, sur France Info, votre autocritique en disant qu'on n'a peut-être pas assez préparé le pays à ce niveau de chaleur ?
Aujourd'hui, les émissions de CO2 baissent plus qu'auparavant. Il y a des choses qui ont été faites pour réduire les émissions dans l'industrie, dans le secteur des mobilités. Et sur la question de l'adaptation, effectivement, on n'a pas été assez loin, assez vite. Quand j'étais ministre de l'Éducation nationale en 2023, j'ai lancé un plan d'adaptation pour nos établissements scolaires, pour isoler thermiquement des écoles, des collèges et des lycées qui sont aujourd'hui des passoires thermiques. C'est des écoles, des collèges, des lycées où il fait très chaud l'été, très froid l'hiver.
C'est terrible pour les enseignants, pour leurs conditions de travail et pour les élèves, pour leur capacité à apprendre. Mais c'est toujours le cas aujourd'hui.
Ça appartient aux communes, aux départements et à la région et donc il n'a pas le pouvoir de le faire.
Il y a un plan que j'avais lancé en tant que ministre de l'Éducation nationale, justement pour accompagner, avec la Banque des Territoires, avec la mobilisation de beaucoup d'acteurs, accompagner les collectivités locales dans cette transformation et dans cette isolation thermique. Ce qui est absolument essentiel, encore une fois aussi, pour la qualité des apprentissages. On ne peut pas se dire qu'on veut élever le niveau à l'école si pendant une partie de l'année, les élèves et les profs ont très froid et pendant une autre partie de l'année, ils ont très chaud et qu'ils n'arrivent pas à apprendre dans de bonnes conditions. Donc évidemment que ça reste une priorité.
Il y a deux choses en matière climatique. L'adaptation, on doit s'adapter parce que les températures vont continuer à monter. Et ensuite, il y a tout ce qu'on doit faire pour limiter nos émissions de CO2, pour éviter que la planète surchauffe. Gabriel Attal, vous êtes candidat à la présidentielle et vous avez un slogan, le droit au brut. Concrètement, vous voulez réduire l'écart entre le salaire brut et le salaire net. Patrick Martin, le patron du MEDEF, était à votre place lundi. Et lui, il a une idée pour augmenter les salaires, faire en sorte que la protection sociale cesse de peser sur ses salaires.
Et pour cela, il propose de baisser les cotisations salariales, patronales et en contrepartie, une hausse de la TVA. C'est ce qu'on appelle la TVA sociale. On l'écoute.
En définitive, ça générerait des augmentations de salaires, que ça générerait de la croissance, que ça générerait 260 000 emplois. On a un petit peu besoin de créer des emplois. On me dit, TVA sociale, c'est antisocial. Il y a déjà 50 milliards d'euros de la protection sociale qui sont financés par la TVA.
Est-ce que c'est ça la solution pour votre droite au brut, Gabriel Attal, pour trouver l'argent qui manque et augmenter les salaires, augmenter la TVA ? D'abord, moi, je veux que les salaires augmentent. Je vous ai dit tout à l'heure, mes priorités, école, salaire, frontière, IA. Je vous ai dit à quel point l'investissement dans l'IA, dans l'innovation, est-ce qui va permettre sur le long terme aux salaires d'augmenter ? On a bien entendu, mais est-ce que c'est une piste, augmenter la TVA ? Ensuite, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, les Français qui travaillent vivent une situation où on leur demande toujours plus d'efforts à eux et pas aux autres ?
Et pourquoi est-ce que leur salaire n'augmente pas suffisamment ? Parce que notre modèle de protection sociale, il est payé par ceux qui travaillent et il finance de plus en plus ceux qui ne travaillent pas. Parce qu'on vit plus longtemps et donc on doit protéger plus longtemps les personnes âgées, parce qu'il y a des personnes qui ne travaillent pas, qui sont au chômage. Et donc, ceux qui financent, c'est ceux qui travaillent. Et donc, ça leur coûte de plus en plus cher et leur salaire n'augmente pas. Donc, moi, mon objectif, c'est de rapprocher le net du brut, le fameux droit au brut. Et est-ce que l'augmentation de la TVA est une piste juste oui ou non ?
Je vais vous dire, avant de se demander quelle taxe il faut augmenter, d'abord regardons quelles économies on peut faire pour alléger la facture, pour pouvoir baisser les charges sur ceux qui travaillent. Donc plutôt non, vous répondez plutôt non à cette question. Vous ne répondez pas à la question surtout. Je vous réponds, mais je peux faire peut-être plus qu'une phrase pour vous répondre. Moi, je dis que d'abord, la priorité, c'est de faire des économies pour alléger la facture du modèle social, pour baisser les charges sur ceux qui travaillent, pour augmenter leur net et leur rapprocher du brut. Première chose.
Ensuite, il y a d'autres pistes qui sont évoquées, et notamment la piste du MEDEF. C'est intéressant, il faut tout regarder. Donc moi, avec mes équipes, avec ceux qui m'entourent, mes équipes de campagne, on est en train d'analyser toutes les propositions qui sont faites. J'aurai l'occasion de présenter mon programme détaillé d'ici à l'automne. Quitte à proposer une mesure clivante, comme l'augmentation de la TVA, parce que Patrick Martin disait que les candidats ne sont pas très courageux. Ils n'osent pas dire la vérité aux Français, notamment sur les retraites. Vous proposez de supprimer la référence à l'âge légal qui crispe tout le monde. Et sur cette histoire des salaires...
C'est assez courageux, parce que tout le monde ne le propose pas. Changer le système de retraite en supprimant l'âge légal de départ. Mais ça plaît aussi aux Français. En gardant que la durée de cotisation... Je veux dire, il y a plein de gens qui critiquent, qui disent, non, il ne faut pas, il faut passer la retraite à 67 ans. Moi, je propose... Mais donc, vous serez prêt, éventuellement, à cliver et à proposer, pourquoi pas, une hausse de la TVA ? En fait, je proposerais ce que je considère être nécessaire et juste pour le pays. Même si, parfois, je me dis, sur certains points, je me dis, ce n'est pas très populaire. L'important, c'est de dire la vérité dans une campagne.
Et c'est ce que je vais faire. Pardon, quand je propose la réforme de l'assurance chômage pour réduire la durée d'indemnisation, pour inciter davantage au travail, ce n'est pas particulièrement populaire. Pourtant, je le fais. Gabriel Attal, vous avez mis le feu aux poudres en proposant, il y a quelques jours, une primaire pour départager les candidats du Bloc central. Pourquoi avoir proposé une primaire, alors que vous savez qu'Edouard Philippe n'en veut pas, que le comité de liaison que vous avez vous-même mis en place n'en veut pas ? Est-ce que c'était juste pour embêter Edouard Philippe ? Moi, je suis constant. J'ai toujours dit la même chose.
D'abord, je veux éviter à mon pays la France un deuxième tour entre la France insoumise et le Rassemblement national. Enfin, pardon, ça serait terrible pour la France, et je le dis vraiment du plus profond de mes tripes, de se retrouver avec un deuxième tour entre LFI et le RN. Pour ça, il y a d'abord les questions de projet et de programme. Parce que c'est bien les castors qui font barrage, mais il vaut mieux les bâtisseurs qui proposent des idées et qui arrivent à convaincre les Français de venir voter pour eux. Si on passe notre temps à faire de l'arithmétique, à se demander comment est-ce qu'on met celui-là avec celui-là et on ajoute les scores des uns et des autres...
Mais sur la question, est-ce que c'était pour embêter Edouard Philippe ? Est-ce que ça signifie que le pacte que vous avez noué avec l'ancien Premier ministre est caduque ? Pas du tout, vous savez, moi je suis celui qui a pris l'initiative pour rassembler. J'ai proposé, vous l'avez rappelé, un comité de liaison. C'est moi qui ai fait cette proposition. Donc nos partis se parlent. Il y a des représentants du parti d'Edouard Philippe, des représentants de mon parti qui se réunissent régulièrement pour regarder comment est-ce qu'on peut se rassembler. Pour l'instant, c'est mal parti entre vous, votre entourage ou vos entourages qui vous tapaient dur l'un sur l'autre.
Je ne dirais pas ça du tout, puisqu'il y a une convergence sur le fait que s'il y a un risque de deuxième tour LFI et RN, il faut qu'il y ait un rassemblement. Donc déjà, c'est bien qu'on se retrouve sur cet objectif-là. Il y a une convergence sur le calendrier qui est plutôt au début de l'année 2027 pour estimer la réalité de ce risque et estimer les conditions du rassemblement. Et ensuite, la question, c'est la méthode et comment on fait ? Et moi, j'ai toujours été constant. J'ai toujours dit qu'il y avait plusieurs méthodes possibles et que parmi ces méthodes, il y avait une primaire.
Vous l'avez rappelé, ce n'est pas le souhait de tout le monde, mais en tout cas, moi, je considère que ma responsabilité, c'est de proposer tout ce qui peut l'être pour garantir à la fin un rassemblement. Gabriel Attal, pour l'instant, c'est le RN qui est en tête dans les sondages. Vous disiez, il y a un risque. Jordan Bardella a été critiqué pour avoir été aperçu au Grand Prix de Monaco avec Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles le jour de la marche blanche pour Liana. Est-ce que c'est le candidat des riches ? Vous savez, moi, je ne suis pas là pour faire la leçon aux uns et aux autres.
Vous savez, ce qui m'a, je pense, le plus interpellé et heurté dans tout ça, c'est plutôt la réaction quand la question lui a été posée et qu'il a répondu « Non, mais des marches blanches, il y en a tous les jours. » C'est-à-dire comme si c'était quelque chose de banal, ce qui s'est passé avec Liana qui a été tuée par un agresseur qui aurait pu être mis hors d'état de nuire si la justice avait fonctionné. Je trouve qu'il y avait une forme de désinvolture sur ce sujet-là. C'est ça que ça dit, c'est peut-être la désinvolture de Liana ? Je ne vous parle pas encore une fois de où est-ce qu'il passe son dimanche. Je veux dire, ça, ce n'est pas mon sujet.
C'est plus dans la réaction, quand la question lui a été posée, de dire « Des marches blanches, il y en a tous les jours. » Une autre réaction. Je veux dire, c'est dramatique ce qui s'est passé dans le pays. C'est dramatique ce qui se passe dans le pays avec un système judiciaire qui manifestement dysfonctionne. Des agressions sur des enfants, on parle de 160 000 enfants par an, ça mérite quand même un peu plus de sérieux quand on en parle. Gabriel Attal, la question qui choute. Sébastien Lecornu veut traquer la drogue jusque dans les ministères et les administrations. Les ministres et leurs entourages seront désormais soumis à des tests salivaires aléatoires.
Le Premier ministre compris, il a donné l'exemple. Vous avez été Premier ministre. Est-ce que vous auriez fait la même chose ou est-ce que vous dites que c'est un peu démago tout ça ? Je pense que l'important, c'est l'exemplarité. Et si le Premier ministre considère que ça passe par cette initiative auprès des cabinets ministériels et de ses ministres, très bien, je veux dire. Mais c'est vrai qu'il y a un devoir d'exemplarité quand on est d'une manière générale engagé en politique et quand on est dans l'exécutif, évidemment, aussi. Il faut faire pareil pour vous, pour les députés et sénateurs. Ce serait une bonne idée ou pas ? Moi, je pense que chacun est responsable.
Et quand le Premier ministre s'est interrogé par France Info, parle de vulnérabilité et de collaborateurs qui sont habilités secret défense, vous êtes présidentiable, vous l'espérez en tout cas, vous êtes président d'un groupe. Est-ce que vous pensez que vos députés et vos collaborateurs doivent être soumis à ça ?
Je n'ai pas de suspicion sur mes collaborateurs ou sur les députés de mon groupe. Maintenant, encore une fois, chacun est responsable. Mais s'ils doivent être exemplaires ? Chacun est responsable de ses décisions. Chacun fait comme il le souhaite. Le Premier ministre prend cette initiative. C'est très bien. Moi, je n'ai absolument rien à redire sur ce choix-là. C'est son gouvernement. Ce sont ses collaborateurs. Mais il y a un devoir d'une popularité auquel on doit tous s'astreindre. Avec vos députés. Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul.