"Jean-Luc Mélenchon, c'est la chienlit": l'interview d'Éric Dupond-Moretti en intégralité
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Bonsoir Éric Dupond-Moretti. Bonsoir. Merci d'avoir accepté l'invitation de Week-end 3D sur BFMTE. Anne-Saër Adubois est à mes côtés pour vous poser des questions à 8 jours du premier tour des élections législatives anticipées. Bien sûr, dans un instant, on va parler de la campagne. Mais je voudrais d'abord que vous entendez sur plusieurs faits d'actualité, de sociétés, diront certains, qui percutent cette campagne électorale. Hier, le parquet de Montargis a annoncé s'être saisi à la suite de la diffusion d'une séquence d'envoyés spéciales montrant à un couple de sympathisants du RN tenir des propos discriminatoires envers leurs voisines, noires, une aide soignante.
Je cite certains de ses propos, ouvrez les guillemets, on fait ce qu'on veut, on est chez nous, va à la niche. Et l'homme du couple accuse les Mustapha et tout ce que vous voulez de ne pas respecter les coutumes de la France. De votre côté, Éric Dupond-Moretti, vous avez aussi pris une initiative, me semble-t-il.
Oui. J'ai demandé au chef de cour, puisque cette dame est secrétaire du parquet. Donc elle travaille au sein d'un tribunal judiciaire. Et moi, je pense que dans un tribunal judiciaire, il ne peut pas y avoir de personnel exprimant des idées racistes qui, au demeurant, ne sont pas des idées, il n'y a pas d'idées racistes, il y a des infractions. Donc j'ai demandé à recevoir un rapport. Et d'ailleurs, à chaque fois que j'ai eu connaissance, dans mon administration au sens large, administration pénitentiaire, de propos de cette nature antisémite raciste, je suis immédiatement intervenu. Ça n'est pas acceptable.
Elle pourrait être suspendue. C'est cette femme que l'on entend dans le reportage proférer des insultes racistes. Elle risque donc de perdre son travail.
La justice est saisie. J'ai demandé un rapport. Ce rapport me sera remis. Et j'en tirerai, évidemment, toutes les conséquences qui s'imposent.
Est-ce que vous tirez des conclusions politiques de cette affaire ? Est-ce que pour vous, elle reflète un problème plus profond encore ? Je rappelle que ce couple, ce sont des sympathisants du Rassemblement National.
Oui. Sympathisants, militants. Moi, je crains que les paroles de ce type se libèrent. Voilà ma crainte. Il y a cet exemple-là. Il y en a d'autres. Moi, vous savez, je suis sur les marchés. Je tracte. Je me déplace partout. Je fais campagne. Et j'entends un certain nombre de choses que je n'ai pas envie d'entendre dans ce pays que j'aime tant.
Plus concrètement, ça veut dire que si le Rassemblement National devait l'emporter le 7 juillet, vous craignez la multiplication de ce type de comportement en France ?
Écoutez, moi, je ne peux pas envisager une seule seconde une victoire du Rassemblement National ou de l'extrême-gauche. Il y a un bloc central qui est un bloc de la raison auquel j'appartiens. On y reviendra peut-être. Des choses ont été faites. Beaucoup de choses ont été faites. Dans le périmètre qui est le mien, dans d'autres périmètres, des choses n'ont pas été faites parfaitement bien. Et somme toute, il faut le reconnaître. Et des choses sont à faire. Mais on est respectueux des origines, des religions. Et les Français constatent quoi ? Une extension terrifiante de l'antisémitisme et de propos racistes au sens plus large du terme.
Vous visez les deux blocs ? Nouveau Front Populaire et Rassemblement National ?
Je vise bien sûr les deux blocs, oui.
Antisémitisme côté Nouveau Front Populaire et racisme côté Rassemblement National ?
Antisémitisme côté Front Populaire ? Je crois que point n'est besoin d'en faire la démonstration. On a été abreuvés, inondés de mots scandaleux, abjects. Ça commence par Jean-Luc Mélenchon, mais pas que lui. Ça a été repris par toute sa clique. Bien sûr. D'abord, l'impossibilité de condamner le Hamas pour ce qu'il a commis, c'est-à-dire des faits de terrorisme dès le 7 octobre. Quand j'ai pris une circulaire qui est une circulaire de grande fermeté pour que l'on poursuive les propos antisémites, j'ai été critiqué par qui ? Par M. Bompard, qui a dit que c'était une circulaire insupportable. Et puis, il y a tout le reste de ces mots. Ça, c'est un poison absolu.
Et de l'autre côté, il reste encore un certain nombre d'individus ont faim de les découvrir au fur et à mesure. Vous voyez, ces deux députés qui ont été investis et qui ont tweeté des propos franchement antisémites. Et aujourd'hui, dans le journal Le Monde, une liste longue, comme une quenelle de dieudonnés avec des noms de gens qui, à l'évidence, ont tenu des propos antisémites et ont une pensée antisémite. Éric Dupond-Moretti, justement,
sur la question de l'antisémitisme qui reste haut dans cette campagne après l'émotion suscitée par le viol d'une jeune fille juive de 12 ans il y a une semaine, à Courbevoie, une partie de la classe politique, vous l'évoquiez à l'instant, est régulièrement accusée d'être ambiguë, voire accusée d'antisémitisme. Certaines réactions à la suite de ce drame ont choqué.
Un exemple, ce tweet du député sortant de la France insouïce de Paris, Émeric Caron, on va le regarder ensemble, si vous le voulez bien, ce crime raciste, personne n'en parle, ce fut le message en milieu de semaine d'Émeric Caron faisant référence à une autre agression survenue, je crois, c'était au mois de février, une mère de famille rome, enceinte, tuée en Haute-Savoie. Comment interprétez-vous ce type de message ?
C'est d'une indignité absolue. Qu'est-ce qu'il dit, au fond ? Il dit, oui, il y a ces faits, ce viol absolument abjecte, ça c'est moi qui le dis, de cette petite. Mais au fond, on peut relativiser ça, parce qu'il y a d'autres crimes qui ont été commis, c'est la hiérarchisation des souffrances et des douleurs, c'est infâme. Enfin, M. Caron est un personnage curieux, je rappelle, dans un tout autre domaine, mais c'est pour vous dire le niveau de sa pensée qu'il avait comparé la corrida à l'excision. On me rappelait ça, oui.
Mais quand mercredi, vous-même, devant l'hôtel de ville de Paris, lors d'un rassemblement, vous disiez l'antisémitisme n'est pas résiduel, référence au propos de Jean-Luc Mélenchon, après les mots incendiaires, il y a des incendies. Est-ce que, clairement, M. le ministre de la Justice, vous accusez la France insoumise d'avoir, d'une certaine manière, provoqué le drame de Courbevoie ?
Est-ce qu'on peut être plus clair que cela ? J'ai effectivement tenu ces propos. J'ai dit d'abord qu'après les mots, il y avait les coups. Oui. Et des mots relayés sur les réseaux sociaux. C'est une réalité. Et des mots qui empoisonnent l'esprit de beaucoup de nos compatriotes, des plus jeunes en particulier, et puis ensuite, j'ai dit de la façon la plus claire que quand on tenait des mots incendiaires, on provoquait l'incendie.
Oui, bien sûr. Mais est-ce que vous accusez tout un mouvement politique, les sympathisants, les militants qu'il y a derrière ? Là, je parle de la France insoumise. Vous ne mettez pas tout le monde dans le même sac, si je puis dire.
J'accuse... Non, mais pardonnez-moi de vous dire qu'on n'est pas obligé de s'acoquiner avec des gens qui tiennent ce type de propos. et c'est ce à quoi on assiste à l'extrême-gauche. Il n'y a pas les bons du nouveau front populaire qui ne sont pas antisémites ou qui ne l'expriment pas et les autres qui se ressemblent, pardon de vous le dire, s'assemblent.
Ça, c'est pour moi une réalité. Et en disant cela, vous parlez donc aussi à tous ceux qui envisagent de voter pour les candidats du nouveau front populaire, pas seulement pour les personnalités politiques que vous combattez.
Mais bien sûr, monsieur. J'ai interpellé le président Hollande pour lui dire mais qu'est-ce que ça vous fait d'être désormais dans une clique qui contient, par exemple, monsieur Poutou qui dénonce en permanence la police qui tue, qui se félicite quand on tire sur le commissariat avec des mortiers et qui dit c'est un joli feu d'artifice et qui applaudit le Hamas. Moi, je ne peux pas être ami avec un type qui s'exprime de cette façon et je ne peux pas m'associer avec lui pour un poste,
pour une place. Voici ce que disait Pierre-François Veil, fils de Simone Veil, ce matin,
invité de BFM TV. Depuis une quinzaine d'années ou une vingtaine d'années, on parle, à la suite de Jérôme Fourquet, des territoires perdus de la République. Moi, à titre personnel, je considère que Jean-Luc Mélenchon est un homme politique perdu de la République et depuis longtemps et qu'il entraîne notre pays vers des abîmes extraordinairement dangereux. Pour autant, et comme vous l'avez dit, je ne crois pas du tout que toutes les forces qui sont réunies dans le nouveau Front populaire soient fascistes et antisémites.
Est-ce que vous adhérez à 100% à ce que dit Pierre-François Veil ?
Non. Et je viens de vous dire qu'à compter du moment où on s'alliait, on faisait alliance, on appartenait au même groupe que ce Front dit populaire. D'ailleurs, entre parenthèses, je pense à Léon Blum, dont Mme Pannot qui entend diriger la France ne sait même pas qu'il a été parlementaire. Vous avez vu cette catastrophe ? Elle a ramé au point d'attaquer la falaise. C'était absolument lunaire ce qu'elle nous a raconté ici sur ce plateau, en tous les cas interviewé par l'un de vos confrères. Mais est-ce que Jean-Luc Mélenchon
est un homme perdu de la République comme le dit Pierre-François Veil ?
Mais M. Mélenchon veut perdre la République et il souhaite sortir de la 5ème République. Il l'a dit à de très nombreuses reprises. Jean-Luc Mélenchon c'est la chienlit, c'est l'invective, c'est l'injure permanent. Je rappelle d'ailleurs, ça n'est pas une anecdote que la justice, M. Mélenchon, il ne l'envisage que collé au mur par la violence. Je rappelle qu'il a été condamné, condamné pour avoir bousculé policier au pluriel et procureur au singulier.
Pour autant, est-ce qu'on peut réduire la totalité du nouveau Front Populaire à Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce qu'il ne reste pas quand même une partie de la gauche avec laquelle la majorité sortante pourrait continuer à travailler ?
Et qui aujourd'hui
pourrait être dans le nouveau Front Populaire ?
On l'a appelé, cette partie de la gauche de gouvernement à venir à nos côtés et certains qui appartenaient à la NUPES ont entendu cet appel.
Mais là, c'est fini, elle est disqualifiée.
Jérôme Guedj, il n'ira pas chez eux, il a été injurié. M. Glucksmann qui a fait une campagne tout à fait honorable, moi je ne comprends pas. Il a été injurié, il a même été bousculé à Saint-Étienne.
Donc la gauche qui est rentrée dans le nouveau Front Populaire s'est terminée pour vous, elle est disqualifiée ?
Mais totalement. Mais totalement. Et comment ? Je le redis, c'est le bon sens populaire qui se ressemble, d'une certaine façon, s'assemble ou accepte l'ignominie. Voilà. C'est une question d'honneur. Vous savez, le sens de l'honneur en politique, ce n'est pas un sens interdit. Voilà ce que je dis.
Je voudrais aussi vous interroger, M. le ministre de la Justice, sur cette information d'aujourd'hui. Un attentat déjoué, un nouvel attentat déjoué de jeunes hommes, dont un mineur qui ont été arrêtés, mis en examen, placés en détention provisoire, qui vraisemblablement souhaitaient s'en prendre à des cibles juives. Puisque l'on parle avec vous là d'antisémitisme, quelles sont les informations dont vous disposez ?
D'abord, vous le dites, c'est un attentat déjoué. Moi, je veux évidemment féliciter très chaleureusement les forces de sécurité intérieure, les services de renseignement, les magistrats qui ont permis de déjouer ce cinquantième attentat. Cinquantième. On ne parle jamais des attentats qui sont ainsi déjoués et qui démontrent la vigilance de ceux qui ont la charge d'assurer notre sécurité. Je ne peux pas en dire plus puisque la justice est saisie. Je ne peux pas faire d'autres commentaires.
Mais en revanche, je suis très très heureux que ces interpellations aient eu lieu et elles démontrent une fois encore que la police, le service de renseignement, la justice sont efficaces au service de nos compatriotes.
Et vous nous confirmez le caractère antisémite
de cet attentat déjoué ? Je pense que ce sont les qualifications qui devraient être retenues. Je ne peux pas vous en dire davantage. Non, pas que je ne veuille pas, mais vous savez que le garde des Sceaux ne peut pas intervenir dans les affaires en cours et faire des commentaires.
La campagne des législatives, nous sommes donc à huit jours... Ça vous donne le sourire quand j'en parle. Nous sommes à huit jours du premier tour, Éric Dupond-Moretti. C'est une campagne difficile, non ? Peut-être la plus difficile que la majorité, que la Macronie n'ait jamais connue. Comment vous vivez les choses ?
Écoutez, vous savez, moi, il y a quatre ans, je me suis engagé auprès d'Emmanuel Macron. J'ai accepté d'être ministre de la Justice. J'ai quitté un métier où c'était plutôt pas mal pour moi. Je l'ai fait parce que j'aime évidemment notre pays. J'ai fait une conception de la République et je pense que les extrêmes, on vient de parler de l'extrême gauche, on parlera peut-être de l'extrême droite, sont de nature à démolir un certain nombre de valeurs qui sont les nôtres. Je crois dans l'existence de ce bloc central. Donc moi, cette campagne, je la fais avec un enthousiasme forcené. Je pense que nous pouvons gagner. Je pense que nous allons gagner.
Je pense que les Français sont au cœur d'un choix qui pour notre pays, pour notre nation, pour notre République est un choix absolument crucial.
Vous dites nous allons gagner. Au sein de la Macronie, la majorité, on sent parfois comme un gros doute, on ne va pas se mentir. On a entendu cette semaine Édouard Philippe estimer que c'est Emmanuel Macron qui a tué la majorité présidentielle. Certains ténors veulent démacroniser cette campagne. Des candidats de la majorité estiment que le président de la République devrait se mettre en retrait. On constate d'ailleurs que le visage d'Emmanuel Macron ne figure pas sur de nombreuses affiches de campagne. Des Français, de nombreux Français, expriment une hostilité très personnelle à l'endroit d'Emmanuel Macron.
Est-ce que ça, vous le ressentez aussi ou en tout cas, vous comprenez cette réalité-là aujourd'hui ?
Sur cette question de la dissolution, parce que la question que vous posez, on peut l'organiser. Ce n'est pas seulement lié à la dissolution. Sur cette question de la dissolution, vous me parlez des commentaires qui ont été faits par les uns et par les autres. Par Édouard Philippe notamment. Oui, moi je veux vous dire que les Français sont favorables à cette dissolution. Tous les sondages le montrent. Toutes les enquêtes d'opinion le disent. Voilà. Moi, sur le terrain, j'échange avec les gens sur, je vous le redis, ce que nous avons fait, ce que nous pourrions mieux faire, ce qui est en cours de préparation.
Moi, j'ai des textes très importants en cours de préparation sur le narcotrafic, sur une restructuration de la prison, sur les mineurs, tout ça, vous le savez. Puis, je discute aussi avec des gens du Rassemblement national. Ou en tous les cas, en tous les cas, parce que la nuance est de taille, qui souhaitent voter Rassemblement national ou qui ont voté Rassemblement national aux dernières européennes. Et je suis sidéré d'entendre un argument qui revient en boucle, qui est « Ah, mais on n'a jamais essayé ». Et moi, je veux dire...
Mais vous écartez assez facilement d'un revers de main cette déclaration d'Edouard Philippe, qui n'a quand même pas personne, et cette déclaration, c'est pas rien de dire que c'est Emmanuel Macron qui a tué la majorité présidentielle.
M. Édouard Philippe, il dit ce qu'il veut. Moi, je ne suis pas dans le commentaire du commentaire. Moi, je suis dans l'action. Je suis sur le terrain tous les jours. Je me bouge dans tous les sens. Je vais défendre ce que nous avons fait. Je vais mettre en garde les uns et les autres parce que l'extrême-gauche et l'extrême-droite nous menacent. Et je voudrais terminer mon propos. À l'extrême-droite, on dit « Ah, mais oui, mais M. le ministre, on n'a pas essayé ». Je vais vous dire, une voiture sans frein, une bagnole, comme dirait le président de la République sans frein, moi, je n'ai jamais essayé, je n'ai aucune envie de le faire.
Je n'ai aucune envie de le faire parce que l'extrême-gauche et l'extrême-droite nous éloignent des valeurs qui sont les nôtres. Et moi, ça m'intéresse davantage que tous les autres commentaires.
Je vais quand même vous demander de réagir à une déclaration du jour, si vous le voulez bien, celle de François Hollande, prédécesseur d'Emmanuel Macron et désormais candidat pour le nouveau Front populaire dans la première circonscription de Corrèze. Le macronisme s'est terminé, si tant est que ça ait existé. Mais c'est terminé, dit-il.
Non, mais attendez. Recevoir des leçons. de quelqu'un qui a mis le parti socialiste, grand parti de gouvernement, à néant. À néant. C'est quand même lunaire. Et qui revient aujourd'hui, non pas par la grande porte de l'histoire, mais par la petite porte de service, en s'alliant avec des poutous, avec des fichés S, avec des gens qui ont pratiqué, je pense à M. Mélenchon, les purges un peu staliniennes, la Garrido, Corbière, etc. C'est lui qui nous donne des leçons. C'est absolument extraordinaire. Il ne doute de rien, François Hollande. Il est sorti, laminé, au point qu'il ne s'est même pas représenté aux élections présidentielles. Il ne pouvait pas le faire.
Ensuite, il est allé faire un certain nombre de confidences à des amis journalistes. Il a notamment trahi des secrets défendants. C'est extraordinaire de recevoir des leçons de ce monsieur. Et il revient pourquoi ? Pour un plat de lentilles, pour un poste, pour une place. Écoutez, moi, je trouve ça pathétique. Je l'ai dit et je le redis.
Mais vous, est-ce que parfois, vu les circonstances actuellement, vous doutez, Éric Dupond-Moretti, désolé, mais je reviens à ma question, est-ce qu'il n'y a pas un problème, Emmanuel Macron, actuellement ? Mais écoutez,
tout ça, c'est de la petite polémique. Mais je ne pense pas. Mais moi, je pense que oui, dans laquelle je ne veux pas rentrer. Est-ce que le président de la République prend la parole ? Est-ce qu'il ne la prend pas ? Est-ce qu'il a bien fait ? Écoutez bien, est-ce qu'on peut reprocher au président de la République d'avoir donné la parole au peuple ? Voilà la seule question qui, à mes yeux, vaut quelque chose. Et pardon de le dire, les Français l'ont parfaitement entendu, parfaitement compris. Et les enjeux du scrutin de dimanche, pas ce dimanche, celui qui arrive, c'est l'image de notre pays, ce qu'est notre pays, les valeurs de notre pays.
Ce n'est pas ces polémiques qu'on aura oubliées dans trois semaines et qui seront, à l'évidence, remplacées par d'autres. Notre pays adore les polémiques. Mais il y a le fond. Et le fond, c'est quoi ? C'est qu'à l'extrême-gauche, par exemple, dans le périmètre qui est le mien, on va abandonner les grandes lois sécurité que nous avons mises en place. Je vous donne un exemple tout simple. J'ai appris il y a quelques heures de cela qu'un homme était poursuivi, je ne dirai pas où, je ne dirai pas qui, etc. Mais pour avoir diffusé des photographies de gens de l'administration pénitentiaire. C'est nous qui avons créé le texte permettant de réprimer cela après l'assassinat terrible de Samuel Paty.
Il le fout en l'air, ça, côté LFI, quand Mme Panot, qui ne connaît pas l'histoire, ça, je le redis, parce que ça m'a beaucoup choqué, dit, oui, mais alors les drones, elle est interviewée, c'est sur France 2, on dit, dans les textes qui ont été votés par la majorité présidentielle, il y avait un texte permettant l'utilisation des drones. Attendez, on lui dit, alors vous allez l'utiliser ? Ah, c'est pas, pareil, pareil. Elle attaque la falaise à la rame. Elle ne sait pas si on va utiliser les drones pour les Jeux olympiques. Enfin, c'est quand même lunaire. Ils vont, attendez, libérer 20 000 détenus dans n'importe quelle condition, la sécurité des Français ne sera pas assurée.
Et de l'autre côté, j'en ai autant à leur service. Un sujet,
juste Gérald Darmanin qui dit, si c'est le Rassemblement National qui passe le 7 juillet, je ne serai plus ministre de l'Intérieur, y compris pour les Jeux olympiques. Vous comprenez sa position ?
J'ai beaucoup de respect et beaucoup d'amitié pour Gérald Darmanin. Et je ne vais pas commenter ce qu'il a dit. J'ai travaillé vraiment de façon très proche avec lui. Nous avons eu une relation directe et franche et ça n'a pas toujours été le cas pendant la Vème République. Il y a eu de vraies tensions entre l'Intérieur et la justice. On connaît tout ça. Nous, nous n'en étions pas là. J'ai entendu ce qu'il a dit. Je respecte ce qu'il a dit. Mais là encore, je n'ai pas de commentaire particulier à faire. C'est sa liberté et c'est un homme qui s'exprime avec liberté.
Mais alors pour le coup, vous concernant, si au lendemain des législatives, il n'y a pas de majorité absolue, si les circonstances le nécessitent, voire l'exigent, au nom de l'Union nationale ou que sais-je, est-ce que vous pourriez faire, vous, partie d'un gouvernement bardé là ou dirigé par un membre du nouveau Front populaire ? Non, mais la question se pose.
Se pose bon ou oui ? Je vous la pose. Eh oui. Écoutez, on va d'abord passer le premier tour. OK ? Puis après le premier tour, vous n'avez pas échappé qu'il y en a un deuxième. Et puis après, moi, je serai disposé à répondre à vos questions. Vous avez sans doute
d'ores et déjà la réponse, Éric Dupond-Moretti.
Que feriez-vous ? Vous voyez, moi, ministre de la Justice de M. Bardella, M. Bardella, d'ailleurs, qu'est-ce qu'il promet ? Je vais vous dire. Immigration zéro et référendum anticonstitutionnel. Donc, d'ici à ce qu'il se mette en place, il y aura de l'eau qui sera passée sous la Seine. Qu'est-ce qu'il promet encore ? Peine planchée, mais il est revenu un peu en arrière. D'abord, elles sont inconstitutionnelles, puis il les limite maintenant à deux infractions. Qu'est-ce qu'il propose encore ? Majorité pénale pour les mineurs, totalement inconstitutionnelle. Et puis, surtout, il propose aux gens, et ça, c'est de la démagogie, plus d'infractions.
C'est-à-dire, en clair, plus d'immigration, plus d'infractions. Mais qui peut croire à ça ? Je comprends qu'on ait envie de croire à ça, mais qui peut croire à cela ?
Qui ? Vous parlez de Jordan Bardella. Marine Le Pen, elle, hier, a pris acte d'un possible blocage à l'Assemblée nationale si aucun des trois principaux qu'on n'obtient un nombre suffisant de députés à l'occasion de ces législatives anticipées. Et réécoutons Marie Le Pen.
Je n'appelle pas Emmanuel Macron à démissionner. Je suis respectueuse des institutions. Je note juste que quand il y a un blocage politique, quand il y a une crise politique, il y a trois possibilités. Il y a le remaniement, il y a la dissolution ou il y a la démission du président. Le remaniement, pour le coup, dans cette circonstance, ne m'apparaîtrait pas extrêmement utile. La dissolution vient d'être opérée, elle n'est plus possible pendant un an. Il n'en restera donc au président que la démission pour sortir potentiellement d'une crise politique. C'est un constat, ce n'est pas une demande. Il fera exactement ce qu'il veut et ce que la Constitution lui donne liberté de faire.
Ça vous fait sourire. Oui, mais qui commence par gagner les élections. Alors elle dit non, je ne demande rien au président de la République, mais au fond, il n'a qu'une seule hypothèse. Enfin, écoutez, ça, c'est ce que dit Mme Le Pen. Et on n'est pas obligé de l'entendre. Le président de la République, c'est le président de la République. Et que je sache, elle s'est présentée à deux reprises contre lui, elle a perdu et le président de la République, c'est Emmanuel Macron. Ce n'est pas Marine Le Pen. Et il dispose de par la Constitution d'un certain nombre de prérogatives et de pouvoirs. Mais vous n'avez pas peur ?
Mais monsieur... Vous dites avec une espèce de légèreté, mais qu'il gagne les élections. Vous, personnellement, Éric Dupond-Moretti, vous ne...
Non, mais attendez, monsieur. Monsieur, quand on se lève tôt, qu'on parcourt la France du nord au sud, d'est en ouest, qu'on fait La Rochelle, Rochefort, les Deux-Sèvres, Nantes, Conflans-Saint-Tonnerine, et déjà, etc., je passe une dizaine de déplacements. Vous pensez qu'on doute ? Moi, je ne suis pas mu par le doute. Monsieur, je suis mu... Vous regardez les sondages. Vous regardez les sondages comme nous. Monsieur, les sondages... OK. Ce ne sont pas trompés, pour les Européennes. Non, on a pris 4 points dans les sondages. Je vous le fais remarquer. C'est-à-dire que les choses sont en train de bouger. Tout le monde progresse, y compris... J'entends bien.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est le bloc central. Et puis ensuite, les gens y regardent, les gens y raisonnent. Dans les électeurs du Rassemblement national, il y a qui ? Il y a les aficionados. Ceux-là, vous ne les bougerez pas. Vous savez ? Ceux qui sont absolument convaincus et qui suivent Marine Le Pen depuis des années, etc. Bon. Vous avez... Je parle des électeurs qui ont voté Rennes aux Européennes. Ceux qui disent que l'Europe, c'est très loin, au fond. Suffisamment loin de nous pour qu'on puisse voter Rassemblement national. Vous avez ensuite ceux qui expriment une colère. Et on peut l'entendre dans une démocratie. Tout n'est pas bien fait. D'ailleurs, aucun pouvoir ne fait tout bien.
Voilà. Qui expriment ça. Et qui, là, peut-être, vont être amenés, bien sûr. C'est ce qu'on leur demande. À réfléchir. Il y a un bloc central. Il y a un véritable bilan. Voilà. Et puis ensuite, il y a tous... Moi, j'en ai rencontré beaucoup sur les marchés qui me disent « Monsieur le ministre, ça, c'est bien, mais nous, on veut essayer parce qu'on n'a jamais essayé. Mais ça, en soi, pardon de le dire, ça n'est pas un argument parce que quand on regarde le fond des programmes, on se dit vraiment qu'on va s'éloigner des valeurs républicaines qui sont les nôtres. »
Éric Dupond-Mauréthien, en cas triangulaire, à l'occasion de ces élections législatives, entre le premier et le second tour, le candidat le moins bien placé face au Rassemblement national devra se retirer. C'est l'eurodéputé des places publiques, Raphaël Glucksmann, qui a dit cela hier. Écoutons aussi ce que disait, c'était ce matin sur RMC, Sandrine Rousseau.
« Je ferai tout pour qu'il y ait le moins de députés RN possibles. Et donc, si ça passe par le désistement, j'appellerai au désistement. Maintenant, je veux dire aussi qu'il y a un premier tour et que nous pouvons gagner parce que c'est un discours que nous n'entendons pas suffisamment. Nous sommes en mesure de gagner. Chaque voix va compter. Et en fait, il faut que nous arrivions en tête au premier tour. Donc, j'appelle vraiment tous les électeurs et électrices partout à mettre leur bulletin, à convaincre les voisins, les voisines, les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, à vraiment mettre leur bulletin parce que tout bulletin va compter.
Là, c'est vraiment quelque chose d'historique.
Seriez-vous aussi clair ? Des études démontrent aujourd'hui que voter LFI, c'est favoriser le RN au deuxième tour. Voilà. Voilà un argument qui est dirimant, me semble-t-il. Moi, je ne veux pas être clair comme vous le dites parce qu'il y a une temporalité, monsieur. Et je ne veux pas me placer dans la situation dans laquelle vous voulez me placer. Mais tous les candidats
du nouveau Front populaire ne sont pas issus
de la France insoumise.
Vous rejetez tout regard individuel,
si je puis dire, sur... Je vous ai dit ce que je pensais de ceux qui ont essayé de conduire la politique d'une gauche digne, monsieur Glucksmann, et qui a fini, au fond, en dépit d'injures, en dépit d'une bousculation, à Saint-Étienne, en dépit de conflits majeurs étalés au grand jour et qui a fini par rallier la NUPES. Moi, je vous dis une chose. Posez en permanence ce type de questions avant que nous ayons obtenu le résultat de l'élection. Donc vous êtes dans le ligny. Vous êtes dans le ligny. Je ne suis pas dans le ligny. Je ne suis pas... Je suis, en revanche, en dehors de extrême-gauche, extrême-droite parce que je rappelle qu'il y a trois blocs et qu'il y a un bloc central.
Et poser cette question et amorcer l'ombre de l'ombre... Sauf que si vous êtes troisième dans les triangulaires, qu'est-ce que...
Vous avez forcément anticipé ces situations, vous qui avez toujours pourfendu le Rassemblement national. Et vous n'en êtes jamais caché. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites, face au Rassemblement national, je ne peux plus dire que tous les moyens sont bons ?
Mais invitez-moi, après...
Vous ne pouvez pas le dire maintenant.
Mais, madame, je mouille ma chemise. Je me bouge. Je débat. Je veux convaincre. Je crois en cette force centrale. Même si tout n'a pas, je le redis, été bien fait. Mais des choses ont été faites. Donc je ne me place pas dans cette perspective qui est une perspective qui vient s'inscrire après qu'un processus électoral complet ait été réalisé. d'abord le premier tour et ensuite, réinvitez-moi. Vous ne voulez pas dire que quoi qu'il arrive,
ça se rabarrage.
Madame, ça instille dans l'esprit de nos compatriotes qu'il n'y a que deux blocs et que le garde des Sceaux en face de vous... La possibilité
que vous soyez arbitre.
Madame, je suis en train de vous dire qu'il y a trois blocs, un bloc central. C'est pas... Comment je dois encore le répéter ? Et ça n'étant rien, monsieur. De la légèreté, c'est de la conviction.
Mais est-ce que le mot extrême a encore un sens, encore une fois, aux yeux de bon nombre de Français, Éric Dupond-Morati, puisque c'est votre axe d'argumentaire principal. Et c'est aussi celui d'Emmanuel Macron qui renvoie dos à dos les extrêmes.
Mais comment on peut me poser cette question quand on voit ce qu'exprime LFI ? C'est pas de l'extrême-gauche ? Mais le nouveau Front Populaire,
c'est pas LFI. C'est pas de l'extrême-gauche. Vous le savez, vous le savez pertinemment.
Et le RN, plus Ciotti, plus, attendez une toute petite seconde, ceux de reconquête qui sont revenus, là, et qui prenaient, par exemple, que Pétain était un type merveilleux à l'égard des Juifs. Qu'est-ce qu'on en fait de ceux qui ont quitté Zemmour et qui sont revenus ? On maintient cette ligne, là ? On leur laisse de l'oxygène, encore ? Donc oui, les extrêmes, ça veut dire quelque chose.
Bien sûr que ça veut dire quelque chose. Peut-être avez-vous vu, par ailleurs, Éric Dupond-Morettier, ce sondage Opinion Way pour les échos au sujet du meilleur Premier ministre en cas de victoire du nouveau Front Populaire, Premier ministre de gauche, donc. Raphaël Glucksmann, qui arrive très largement en tête devant François Ruffin, François Hollande, Fabien Roussel, et en cinquième position, seulement Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Et en fonction de ces résultats-là, est-ce que vous n'estimez pas que vous seriez à même de revoir votre position, si je puis dire, sur cette gauche-là que vous qualifiez d'extrême ?
Mais M. Glucksmann, je l'ai dit, je ne peux pas dire autre chose, il a fait, il a conduit une campagne tout à fait honorable. C'est d'une certaine façon la gauche de gouvernement telle qu'on a pu la connaître autrefois, Rocard, Moroy, etc. Donc vous pourriez être ministre d'un gouvernement, Glucksmann ? Attendez, monsieur. Mais il va laisser sur le côté ses alliés et les fils. Ça va être quoi, le gouvernement ? Mme Pannot, on va la mettre où ? Mme Pannot à la culture, parce qu'elle connaît bien l'histoire. Et M. Mélenchon, on le met où ? Et vous voulez encore que l'on décline ? Et M. Poutou, qu'est-ce qu'on lui donne, le ministère de l'Intérieur ? Il faut être sérieux.
À compter du moment où on a fait ce choix qui est, à mon avis, une hérésie pour quelques postes et quelques places, on est face à ces responsabilités. Si M. Glucksmann avait dit « Mais moi, j'accepte de travailler avec le bloc central ». Parce que je vais vous dire quelque chose, monsieur. Moi, dans le périmètre qui est le mien, il y a un certain nombre de textes que j'ai travaillé avec des socialistes. Bien sûr. Avec des LR, bien sûr. Les textes que j'ai portés en particulier. Bon. M. Glucksmann, il a choisi d'aller vers ceux qui l'ont insulté copieusement pendant toutes les européennes. C'est son choix. Deux dernières petites questions
plus légères, plus anecdotiques et c'est assumé, je vous préviens tout de suite. D'abord, est-ce que vous considérez, vous, vos conseillers comme décloporte Éric Dupond-Moretti ? Je fais référence au propos de Bruno Le Maire cette semaine qui a épinglé les conseillers qui le porte présents dans les palais de la République, que ce soit à l'Élysée comme dans les ministères, à s'en méfier. Il est très en colère depuis la dissolution qui aurait été conseillé au président par certains de ses conseillers.
Moi, mes conseillers, je les aime. Ils sont à mes côtés depuis très très longtemps. Ils m'aident au quotidien. Je pense qu'ils nous écoutent. Donc c'est pour moi l'occasion de leur dire à quel point ils me sont précieux. Parce qu'on n'a pas toujours l'occasion de se dire des choses aimables quand on est dans la tourmente d'un ministère. Vous savez, ce n'est pas si simple que cela.
Donc ces déclarations-là, c'est...
Je n'engage que lui. Voilà, je n'ai rien d'autre à dire. Je vous ai dit, je ne serai pas dans le commentaire du commentaire. Une image.
Moi, les miennes de conseillers, je les aime. C'est dit. Une image, la dernière image de cette interview. François Hollande. Revenons-en à François Hollande. Buvant cul sec. Une pinte de bière en Corrèze à Bord-les-Orgues. Aujourd'hui, c'était ce matin. La précision a son importance. C'est du... Quoi ? C'est du Chirac tout craché et quelque part, c'est... Il avait soif, non ?
Ça vous le rend plus sympathique ?
Il avait soif. Il a bu une bière. Voilà. C'est pas ça qui manque un peu à cette campagne de façon générale, Éric Ducomoré. Ce que je note, c'est qu'il n'a boit pas au goulot parce que vous vous souvenez que quand le président de la République à qui on reproche tout et son contraire avait un soir de finale de top 14 à Toulouse. Il a dit que c'était masculiniste. Bu une bière au goulot. Madame Sandrine Rousseau, dont on savait qu'elle n'aimait pas le barbecue, a dit que c'était l'expression de sa masculinité toxique.
Et donc, tous les mecs qui de temps en temps boivent une bière au goulot, ils se disent « Oh là là, est-ce que je ne suis pas un macho quand je bois une bière parce que je me désaltère ? » Lui, c'est au vert. Voilà, c'est une question légère, c'est une réponse légère.
Vous aimez la bière ? Non. Voilà. Une question comme une autre. Ben oui. Et c'est votre réponse. C'est tout. On a fait le tour. Merci d'avoir accepté notre invitation. On fera une émission gastronomique de ces genres. Pas sûr que ce soit vraiment le contexte et le moment pour. Merci en tout cas, Éric Dupont-Morité, d'avoir accepté l'invitation de Week-end 3D sur BFM TV.