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interviewLCP - Assemblée nationale· 23 janvier 2025 71 min

Yaël Braun-Pivet, Présidente de l'Assemblée nationale, présente ses vœux à la presse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

de vous retrouver en ce début d'année, même si le mois de janvier est bien entamé. Je ne vais pas être très longue, parce que j'imagine que vous avez un certain nombre de questions à poser, simplement, mais vous l'avez tous vécu, puisque vous suivez l'actualité politique avec beaucoup d'acuité. On a vécu une année 2024 assez folle, avec des événements qui n'étaient pas arrivés depuis longtemps, une dissolution au mois de juin, un gouvernement qui tombe, ça faisait 62 ans que ça n'était pas arrivé, une instabilité gouvernementale importante, 4 premiers ministres, 140 membres de gouvernements nommés, et donc cette année a été très turbulente.

On voit les désordres du monde qui s'accentuent, les dangers qui pèsent sur nos démocraties, avec des tentatives d'ingérence, de remise en cause de l'état de droit, de remise en cause de certains droits fondamentaux, que ce soit dans nos démocraties ou dans le monde. Et donc, je crois qu'en 2025, il faut absolument que nous ayons une action résolue, une action sans aucune naïveté, une action, et là, moi, je suis pleinement dans mon rôle, de stabilisation des institutions et de notre démocratie, qui me semblent être, non pas en péril, mais en tout cas, subir des attaques et avoir des fragilités qu'il nous faut absolument contenir.

Et donc, moi, à la tête de cette Assemblée nationale plus diverse que jamais, je suis assez... En fait, je suis très concentrée sur la mission qui est la mienne. La mission qui est la mienne, c'est de faire fonctionner cette Assemblée. D'aucuns, en 2022, disaient que c'était impossible de faire fonctionner une Assemblée avec une majorité relative. Nous l'avons fait de 2022 à 2024, en menant une activité législative extrêmement importante. En 2024, il y a eu cette dissolution et cette nouvelle réélection avec une Assemblée encore plus fragmentée que jamais, un socle commun qui est extrêmement étroit. et pour autant, cette Assemblée commence à fonctionner. Commence à fonctionner.

Je vois quelques frémissements. Nous avons adopté un certain nombre de textes, évidemment d'initiatives parlementaires, donc des propositions de loi, des propositions de résolution. Hier, encore, à l'Assemblée, nous avons examiné le PJL de Mayotte qui a été adopté à une quasi-unanimité, moins de voix et 2 abstentions de groupe. Donc on arrive à trouver des voies de passage dans cette Assemblée fragmentée.

J'ai réussi avec l'ensemble des présidents de groupe et que je voudrais remercier parce que parfois, on les voit dans l'hémicycle et on voit beaucoup de tiraillements et de confrontations, mais nous avons un dialogue extrêmement fructueux, que ce soit en conférence des présidents, que ce soit en réunion de bureau ou alors lorsque je les réunis en plus petit format. Ce dialogue fructueux nous permet de faire avancer l'institution, nous a permis de continuer ce qu'on a appelé les désormais connus, je l'espère de vous, les semaines transpartisanes où nous portons des textes qui viennent de la majorité et de l'opposition nativement.

Nous avons décidé de les rénover et j'ai obtenu de l'ensemble des présidents de groupe une unanimité sur ce point, plus de transpartisans, plus souvent, avec des règles assouplies pour le fonctionnement de ces semaines transpartisanes. Nous avons également décidé, à l'unanimité également, de rénover nos semaines dites de contrôle. Le contrôle, vous savez, c'est une des missions fondamentales de l'Assemblée nationale prévue à l'article 24 de la Constitution. On a toujours dit que l'Assemblée ne s'emparait pas suffisamment des capacités qu'elle pouvait avoir de contrôler l'action du gouvernement. Évidemment, l'action la plus visible pour nos concitoyens, c'est les questions au gouvernement.

On a continué et on a décidé, pareil, collectivement, de continuer à avoir deux séances de questions au gouvernement. Certains pouvaient se questionner sur la pérennité de ce système. On a décidé de continuer avec des séances identiques et elles ont trouvé leur rythme. Et je trouve qu'il y a pas mal d'affluences lors de ces séances de questions au gouvernement. Mais nous avons décidé de renforcer les pouvoirs de contrôle en prévoyant des débats qui désormais se tiendront dans l'hémicycle avec des rapporteurs auxquels j'ai adjoint un administrateur pour qu'il y ait un travail de contrôle davantage fouillé.

De la même façon, nous avons décidé d'installer dans l'hémicycle les débats de contrôle issus du comité d'évaluation des politiques publiques que l'Assemblée nationale a. Donc des réformes qui se mettent en place tranquillement. Nous n'avons pas besoin de réformes, du règlement de l'Assemblée nationale pour ce faire parce que nous arrivons à une unanimité des présidents de groupe. Je voudrais vraiment le souligner parce que c'est important. Je crois que tout le monde a conscience qu'en ce moment, le Parlement a un rôle majeur à jouer. Il faut rééquilibrer les pouvoirs. Vous savez que c'est une de mes marottes.

Avant d'être présidente de l'Assemblée nationale, j'avais écrit un livret contenant 25 propositions pour renforcer les pouvoirs du Parlement. Je pense que c'est une exigence démocratique aujourd'hui. Et donc moi, je suis très satisfaite que l'ensemble des groupes politiques s'associent à cette démarche de pouvoir et nos pouvoirs de contrôle. S'agissant de la diplomatie parlementaire, vous savez qu'elle me tient particulièrement à cœur. En 2024, j'ai fait un certain nombre de déplacements, dont un deuxième déplacement en Ukraine et en Moldavie notamment. Donc là, nous continuons cette action. Je reviens du Maroc.

Nous ferons en 2025 un forum interparlementaire avec le Sénat au Maroc, à Rabat, au mois de mai probablement. Il y a évidemment le franco-allemand qu'il faut soutenir. J'ai rencontré hier encore mon homologue du Bundesrat, enfin l'homologue de Gérard Larcher du Bundesrat. Vous savez qu'en Allemagne, en ce moment, ils sont en campagne électorale. Donc ce qui fait que ça met un peu en pause toute la coopération interparlementaire que nous avons avec l'Assemblée parlementaire franco-allemande.

Mais ça n'est pas une raison pour ne pas continuer cet axe qui me semble, compte tenu des changements dans le monde qui interviennent sous nos yeux, un axe qu'il nous faut renforcer et faire vivre à tout prix. Je pense que je ne vais pas aller beaucoup plus loin pour pouvoir répondre à vos questions. Vous dire simplement que, comme vous le savez, moi, j'ai des exigences fortes de prévisibilité des travaux de l'Assemblée nationale qui ne sont pas encore complètement satisfaites. C'est une litote. Mais je pense en tout cas qu'il est extrêmement important qu'on ait de la visibilité. On a de l'instabilité gouvernementale.

J'espère et je ferai tout pour que cette instabilité gouvernementale soit maintenant derrière nous et que nous puissions avancer dans l'intérêt des Français. Mais en tout cas, nous avons besoin d'avoir un programme de travail à 6 mois, à 1 an, pour que le Parlement puisse préparer les textes, préparer les réformes et puisse avancer. Et donc, ça fait partie des éléments que j'ai demandé au Premier ministre avec insistance et au ministre en charge des relations avec le Parlement. Dernier petit point sur un texte qui m'importe beaucoup, c'est la PPL qui concerne le consentement par rapport au viol.

Comme vous le savez, il y a un texte qui est transpartisan là aussi et qui a été déposé par Marie-Charlotte Garin et Véronique Ruoton, la présidente de la délégation aux droits des femmes. Ce texte, il est important. Il fait... On ne peut pas dire qu'il fait suite au procès de Mazan, mais en tout cas, il s'inscrit dans cette logique-là qui est de mieux travailler sur la définition pénale du viol pour permettre davantage de poursuites. Et donc, cette proposition de loi a été déposée. Je vais saisir dans les quelques jours qui viennent le Conseil d'Etat pour avoir son avis éclairé sur le sujet.

Et j'espère que nous pourrons inscrire cette proposition de loi fin mars, début avril, dans une semaine transpartisane. Je crois que c'est un texte qui est attendu et qui est important. Voilà. Je m'arrête là et je suis évidemment à votre disposition. Madame.

8:32
Invité

Je le refais. Victoria Koussa de France Info. Un autre texte que vous défendez, c'est la PPL fin de vie. Le Premier ministre suggère de couper le texte en deux. Vous voulez défendre cette PPL dans son entièreté en un seul texte. Que pouvez-vous faire aujourd'hui ?

8:59
Présentateur

Dire ce que je pense. Je pense que c'est pas mal. Écoutez, sur ce texte, comme moi, je l'ai toujours dit, je suis favorable à ce qu'on ouvre une aide active à mourir. Et je souhaite que le Parlement puisse débattre de cette question. La Convention citoyenne l'a fait de façon très large à adopter des conclusions qui étaient favorables à la création de ce nouveau droit. Le Conseil de l'Ordre des médecins aussi. Le CCNE aussi. Enfin, tout un processus de travail a été réalisé dans les années qui précèdent. Et il devait aboutir, évidemment, à l'ouverture de ce nouveau droit dans une loi soumise au Parlement.

C'est ce qui avait été fait dans une loi unique et portée par les gouvernements précédents. Et moi, je voudrais saluer à cet égard tout le travail qu'avait fait Agnès Firmalo-Baudot de préparation extrêmement minutieuse de ce texte, puis endossé par Catherine Vautrin. Et le choix avait été fait à l'époque de porter un seul texte. C'était le choix également de la Convention citoyenne, comprenant qu'il s'agit d'un sujet unique. Le sujet, c'est la fin de vie. Et le sujet de la fin de vie, il touche évidemment les soins palliatifs et une aide active à mourir. Et je ne pense pas qu'on puisse dissocier les deux.

Donc moi, je suis toujours très favorable à un seul texte, saut d'autant plus que la partie soins palliatifs, finalement, ne comporte que très peu de dispositions réellement législatives. En fait, le gouvernement a annoncé un plan décennal sur le sujet, comprenant une trentaine de mesures, un investissement sur 10 ans d'un milliard d'euros, parce que pour ouvrir des lits partout en France, pour mieux former les soignants, etc., évidemment que nous n'avons pas besoin de loi. Donc moi, déjà, j'invite le gouvernement à mettre en oeuvre pleinement ce plan qui ne l'est pas encore parfaitement. Il y a notamment deux observatoires qui doivent être créés, qui ne sont toujours pas mis en place.

Et ça, ce sont des mesures réglementaires. Je pense que c'est urgent parce qu'il faut accompagner nos compatriotes lors de leur fin de vie et il faut que l'on puisse rendre accessibles partout les soins palliatifs. Cela étant dit, moi, je veux que nous avancions rapidement. Pourquoi ? Parce que c'est un texte qui fera l'objet d'une procédure qu'on appelle ordinaire, c'est-à-dire qui nécessitera une double navette de lecture dans chaque chambre avant une commission mixte paritaire qui, je ne sais pas si elle sera conclusive ou pas, et c'est un texte dont l'examen, si on veut le faire correctement en prenant notre temps, va prendre à peu près deux ans. Nous sommes fin janvier 2025.

Si nous ne commençons pas l'examen de ce texte rapidement, nous ne pourrons pas le terminer avant la fin du quinquennat. C'est aussi simple que ça. Et donc, si l'on souhaite scinder le texte, eh bien, en fait, on met en péril ce calendrier. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de texte aujourd'hui. Je n'ai pas deux textes. Moi, aujourd'hui, je n'ai qu'un texte, qui est la proposition de loi Falorni, qui est déposée, qui est co-signée par 235 parlementaires et qui peut être examinée à n'importe quel moment à l'Assemblée nationale. Si l'on veut scinder le texte, ça veut dire qu'il faut redéposer deux textes, deux projets de loi ou deux propositions de loi.

Comme nous sommes en procédure ordinaire, eh bien, il faudra attendre les délais de six semaines pour leur inscription. Si ce sont des projets de loi, il faudra recommencer les procédures, peut-être de consultation, mais en tout cas, certainement, la consultation du Conseil d'État, repassage en Conseil des ministres, etc. Et donc, c'est la meilleure façon de perdre encore, allez, un trimestre. Et vous voyez que si l'on veut tenir un calendrier pour terminer avant la fin du quinquennat, c'est très compliqué. Et donc, moi, ce que je dis, c'est qu'il faut respecter le débat parlementaire, respecter les engagements qui ont été pris par les autres gouvernements.

Et le gouvernement précédent s'était engagé pour inscrire un seul texte, une proposition de loi, à partir du 3 février, en donnant deux semaines de temps gouvernemental. Donc, moi, je ne peux pas, en tant que président de l'Assemblée nationale, considérer qu'on remet à chaque fois les compteurs à zéro sur ce type de sujet, comme sur d'autres. Et donc, moi, je pense qu'il faut tenir les engagements vis-à-vis des Français qui ont travaillé sur une convention citoyenne, vis-à-vis de l'ensemble des organismes qui se sont prononcés sur la question, et vis-à-vis des parlementaires qui avaient commencé leur délibération.

Donc, poursuivons le processus tel qu'il était engagé, et reprenons le débat là où il en était. Et donc, c'est la proposition de loi d'Olivier Falorni. Rappelez-vous également que, procéduralement, de toute façon, on repartira sur l'article 1. Il n'est pas question de reprendre les débats à l'article 6 ou à l'article 7. On reprendra les débats depuis le début. Donc, tout le monde pourra s'exprimer. Mais je crois qu'il s'agit vraiment d'un respect que l'on doit à nos compatriotes. J'ai été un peu longue, mais au moins, je crois que j'ai été exhaustive sur le sujet. Ah non ? Toujours l'être un peu plus, Jeannick Annemis, pour France Info TV.

14:16
Invité

Juste, vous n'êtes pas dans la tête de François Bayrou, je le sais bien. Mais pourquoi est-ce que François Bayrou choisit ce procédé, on va dire, de deux textes ? Est-ce que pour vous, c'est justement pour ne pas avoir à traiter pendant la législature

14:30
Présentateur

du texte de fond, on va dire ? Et deuxième petite question, certains vous font le procès, la critique d'être sorti de vos fonctions de présidente, d'arbitre, en prenant position sur un texte aussi, sur quel que soit le texte d'ailleurs, mais enfin un texte aussi important que celui-là. Écoutez, sur le premier point, votre réponse était dans la question. Je ne suis pas dans la tête de François Bayrou, mais en tout cas, moi, j'exprime une opinion qui est différente de la sienne.

Ce qui est sûr, c'est que je ne saurais absolument pas de mon rôle, au contraire, je défends le Parlement, je défends l'Assemblée nationale et quelle femme politique je serais si je ne défendais pas les convictions qui sont les miennes depuis des années. Je crois que les Français en ont assez, des hommes et des femmes politiques, soit qui changent d'avis comme de chemise, soit qui, en fonction des moments politiques, oscillent et empruntent des chemins sinueux. Moi, j'ai un chemin, il est très droit, j'ai un cap, il est très fixé. Et sur ce sujet de la fin de vie, je n'ai jamais dévié. Et c'est un sujet que j'ai embrassé avant d'être présidente de l'Assemblée nationale.

J'ai une conviction, je la porte et je défends l'Assemblée nationale. Le débat avait commencé à l'Assemblée nationale, il a été entourompu par la dissolution, il faut le reprendre. Et ça, c'est la défense stricte du Parlement.

15:57
Invité

Bonjour, Madame la Présidente. Ludovic Faux pour la chaîne parlementaire et l'Association des journalistes parlementaires. Une question encore sur ce sujet. Si le gouvernement persistait dans sa volonté de scinder ce texte en deux, est-ce que vous remettriez sur la table l'idée d'inscrire la proposition de loi d'Olivier Falorni, qui a été signée par plus de 200 députés, à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, sur une semaine de l'Assemblée ? Ce qui n'est pas évident, puisque vous avez peu de temps d'initiatives et beaucoup de textes à examiner. Mais est-ce que, compte tenu de l'enjeu sur ce texte-là, vous seriez favorable à cette idée ?

16:31
Présentateur

En fait, vous mettez le doigt dessus le problème et c'est pas un dysfonctionnement. Mais en tout cas, nous fonctionnons ainsi qu'au Parlement en France, nous n'avons que peu de capacité de fixer notre ordre du jour, puisque 15 jours par mois sont attribués au gouvernement et que nous, nous n'avons qu'une semaine d'ordre du jour par mois, puisque l'autre est réservée à une semaine de contrôle. Donc en fait, notre capacité à avoir du temps suffisant est très limitée. C'est la raison pour laquelle j'avais négocié avec Michel Barnier, qui lui aussi avait beaucoup d'interrogations sur ce texte, qu'il nous donne de semaines d'ordre du jour.

Donc je lui avais demandé finalement de ne pas endosser ce texte, puisque ce n'était pas un projet de loi, mais une proposition de loi, mais simplement de nous donner 15 jours d'ordre du jour. C'est un peu triste qu'aujourd'hui, dans une grande démocratie en 2025, la présidente de l'Assemblée nationale soit condamnée à quémander du temps pour légiférer. Mais c'est ainsi. Tant que nos institutions ne seront pas changées, il y a des pays européens qui fixent à 100 % leur ordre du jour nativement par le Parlement. Ce n'est pas le choix qui a été fait dans la Ve République. Et donc, moi, je dois faire avec les règles qui sont les nôtres.

Mais je pense qu'aujourd'hui, nous ne pouvons pas saucissonner ce texte, parce que le problème des semaines de l'Assemblée, c'est que c'est une par mois. Et donc, en fait, elles sont aussi parfois à trous avec des niches parlementaires, etc. Ce débat mérite mieux que d'avoir ce saucissonnage pendant des mois et des mois. Donc simplement obtenir deux semaines d'ordre du jour parlementaire. C'est ce que nous avions demandé en 2019, d'ores et déjà, que nous n'avions pas obtenu. On y était arrivés. Et puis, la vie politique est ainsi faite. Mais nous ne renoncerons pas. Madame ? Christine Claire, Le Figaro, Midi Libre, La Revue des Deux Mondes.

Je ne vous demande pas comment vous allez, puisque vous avez l'air d'aller très bien. Vous parcourez le monde, vous allez de conférences de presse en séance à l'Assemblée. Pourtant, vous nous avez récemment que vous avez eu un cancer. Ça vous a valu des milliers de lettres. Qu'allez-vous faire cette année pour les malades du cancer, qui n'ont pas tous la chance d'être aussi bien soignés que vous ? Je pense qu'il y a deux axes. Et c'était effectivement les axes que j'ai essayé de développer lorsque j'ai révélé cette maladie. D'une part, l'axe de la prévention. Nous avons la chance de vivre dans un pays qui organise des campagnes de dépistage national.

C'est le cas sur le cancer du sein, sur le cancer colorectal notamment, ou celui du col de l'utéris, pour parler des cancers féminins. Et malheureusement, ces dépistages nationaux ne sont pas suffisamment utilisés. Donc le premier message, et celui que je vais continuer à apporter tout au long de l'année et des années qui suivent, c'est allez vous faire dépister. Et ça, ça n'est pas un problème d'accès aux soins. C'est un dépistage national qui est organisé. Vous pouvez prendre rendez-vous des semaines, des mois à l'avance, mais il est impératif de se faire dépister.

Beaucoup de femmes, lorsque l'on regarde les raisons pour lesquelles elles n'y vont pas, ont peur, se disent que ça va faire mal. Elles n'ont parfois pas envie de savoir. Je pense que ça, il faut vraiment lever tous ces freins. Il faut aller se faire dépister. Donc mon premier message, c'est celui de la prévention. C'est important. Le deuxième message, c'est l'inclusion dans le monde du travail.

On a, et j'ai rencontré beaucoup de femmes, d'hommes qui sont en difficulté par rapport à leur vie professionnelle, soit parce qu'ils le cachent, parce qu'ils ont peur que ça les défavorise dans l'exercice des responsabilités qui sont les leurs, ou alors qui n'ont pas de capacité et qui ne trouvent pas suffisamment d'écoute chez leurs employeurs pour pouvoir adapter leur emploi à la gestion qui peut être parfois difficile de la maladie.

Et donc moi, le deuxième message, et je ne suis pas la seule à le porter, on est beaucoup à le faire, c'est vraiment d'avoir un monde du travail plus inclusif pour les personnes qui sont atteintes d'une maladie et d'une maladie de longue durée, parce qu'on sait à quel point, lorsque l'on a ce type de maladie, il est important d'avoir une activité, d'avoir une vie sociale, d'avoir un sens à sa vie, et le travail, évidemment, fait partie de cela. Donc ce sera les deux combats que je pourrais mener pendant les semaines et les mois qui viennent sur ce sujet.

21:16
Invité

Bonjour, Virginie Riva, Contexte. Une petite question sur la proportionnelle. Est-ce que vous allez relancer une initiative à l'Assemblée, comme vous aviez fait sur toute la réflexion autour des institutions ? Merci.

21:27
Présentateur

Alors c'est un sujet, comme vous le savez, qui tient profondément à cœur à notre Premier ministre. Il en a parlé lors de sa discussion de politique générale. Moi, j'avais lancé des travaux sur la proportionnelle avant la dissolution. J'avais eu des échanges avec l'ensemble des présidents de groupe. Ce qui m'était apparu assez clairement, c'est que beaucoup, pas tous, mais beaucoup étaient pour la proportionnelle, mais personne n'était d'accord sur quel proportionnel. Il me semble que ça n'a pas beaucoup évolué depuis. Donc il faut réussir à faire converger tout le monde. Et là, finalement, ça n'est pas tant des cycles de consultations, etc., qu'il faut mener.

Je pense que vraiment, il est temps d'y aller. Donc moi, j'ai commencé à revoir des présidents de groupe. Mais je pense qu'il faut se décider sur un modèle et voir si nous sommes capables d'avoir une majorité. J'observe que les Républicains et un certain nombre de nos alliés sont plutôt opposés. C'est une des raisons pour lesquelles aussi, moi, j'avais proposé un système mixte, à l'instar de celui qui existe au Sénat, mais qui, comme les autres systèmes, n'a pas remporté l'adhésion d'une majorité de groupes politiques. Donc pour le moment, c'est un petit peu à l'arrêt.

Mais je pense, en tout cas, qu'il est important qu'on avance sur la proportionnelle, parce que c'est ça qui, je crois, permettra de signer un changement de culture politique dans notre pays. Et j'observe que pratiquement tous les pays qui nous entourent ont des modes de scrutin proportionnels pour désigner leurs parlementaires.

23:08
Invité

Bonjour, Rosalie Lafarge. À France Culture, il y a plusieurs sujets sur lesquels vous n'êtes pas d'accord avec François Bayron. On a parlé de la fin de vie. Il y a le cumul des mandats aussi. Quel est l'état de vos relations avec lui ? Est-ce que vous arrivez à discuter ? Est-ce que vous le sentez ouvert à la discussion ?

23:20
Présentateur

Alors, l'état de nos relations est excellent. Et ce n'est pas parce que nous avons des désaccords que nous n'avons pas une bonne relation. Moi, je suis vraiment convaincue qu'en politique, il faut être fidèle aux convictions qui sont les siennes. Et mes positions, que ce soit sur la fin de vie, sur la proportionnelle, sur le cumul des mandats, sont connues de tous et elles sont anciennes. Elles sont anciennes et certaines datent du mandat précédent lorsque je n'étais pas président de l'Assemblée nationale. Et effectivement, mes convictions ne changent pas en fonction de la fonction que j'exerce, moi, et ni en fonction de celui qui est à Matignon ou à l'Elysée.

J'ai des convictions et c'est le principe d'une conviction. Donc ça ne détermine pas la relation que j'ai avec François Béroux, qui est vraiment une très bonne relation. En tout cas, nous faisons partie de la même majorité politique et nous avons beaucoup en partage. Maintenant, nous avons et j'assume ces désaccords-là parce que sur le fond, ce ne sont pas des postures, c'est des désaccords de fond, notamment sur le non-cumul des mandats. Moi, je me suis engagée, vous savez, en 2017. Avant 2017, je ne faisais pas de politique. Quand je m'engage en 2017, c'est parce que je suis enthousiasmée par cette idée de renouveau démocratique.

Et ce renouveau démocratique, c'est une nouvelle façon de faire de la politique, c'est oxygéner la vie politique, faire rentrer des jeunes dans la vie politique, faire rentrer des femmes dans la vie politique et se débarrasser de ces anciens barons locaux qui cumulaient pendant 20 ans un mandat de maire et un mandat de député. On est beaucoup, en tant que parlementaires, à les avoir remplacés. Moi, la première, en gagnant les législatives en 2017, j'ai remplacé un cumulard qui avait un fief. Eh bien, ça, moi, je n'en veux plus. Je n'en voulais pas en 2017. Je me suis battue contre. Ce n'est pas pour, en 2025, revenir dessus. Ça n'aurait aucun sens.

Et je rappelle que le cumul des mandats n'avait pas été supprimé par notre majorité, mais par la majorité précédente. Mais nous sommes la première assemblée, en 2017, du non-cumul des mandats. Mais j'ajoute à cela que moi, je suis assez favorable à ce qu'on revienne sur le non-cumul dans le temps. parce que nous avions proposé aussi, en 2017, pour justement lutter contre ces baronies, que de limiter l'exercice de trois mandats identiques. Eh bien, ce faisant, vous pouvez développer des parcours d'élus. Moi, je suis contre un maire qui est député en même temps. Mais je suis hyper favorable à ce que nous soyons maires pendant 18 ans, trois mandats, suffisamment longs.

Puis après, vous faites deux mandats de député. Et puis, ça fait des parcours d'élus. Et vous faites profiter l'Assemblée nationale de votre expérience d'élu local. Mais pour autant, vous ne cumulez pas les deux. Et j'ajoute que le non-cumul des mandats a permis à beaucoup plus de femmes de rentrer à l'Assemblée nationale. C'est plus de 10% de femmes supplémentaires à l'Assemblée nationale grâce au non-cumul. Et donc ça, je pense qu'il faut le conserver. Parce qu'on est souvent, sur ces sujets-là, en régression sur la place des femmes, qu'elles soient dans le politique, dans le monde économique, dans le monde sportif. Et donc, n'accentuons pas ce mouvement de régression.

Parce qu'on le sait, les barons locaux qui cumulaient tout, c'était plutôt des hommes. Et c'est pour ça que je suis favorable aussi, pour faire encore un peu plus de place aux femmes, à une proposition de loi qui a été portée par Elodie-Jacquier Laforge sous le précédent mandat du Modem, qui avait été votée à une extrêmement large majorité à l'Assemblée nationale, qui prévoyait des scrutins de listes paritaires pour toutes les élections dans toutes les communes, quel que soit le nombre de leurs habitants. Vous savez qu'aujourd'hui, ça ne concerne que les communes de plus de 1 000 habitants, c'est-à-dire que ça écarte 70% des communes des exigences de parité de scrutin de listes.

Le résultat, c'est quoi ? C'est qu'on a aujourd'hui 2 mères sur 10 qui sont des femmes. 2 mères sur 10. Et donc, il faut continuer à faire des lois, à légiférer. Et là, pour le coup, j'en ai parlé aussi à François Béroux. J'espère que ça ne sera pas un nouveau point de désaccord. En tout cas, c'est un point d'accord que j'ai avec Gérard Larcher, qui est favorable à ce texte, et qui plaide pour son inscription au Sénat dans les semaines ou les mois qui viennent. A l'instar de l'Association des mères de France, de l'Association des mères ruraux de France. Je pense qu'en ce moment, les planètes sont alignées pour cela. Donc, allons plutôt dans cette direction, plutôt que de revenir en arrière.

28:03
Invité

Bonjour, Nicolas Domenac. Vous êtes félicité tout à l'heure, au début de votre propos, des frémissements d'action pour la majorité relative. Alors, quand on discute avec les élèves et leurs professeurs, qui sont accueillis en nombre d'ailleurs assez important, ils sont vraiment enthousiastes de l'accueil qu'ils auraient réservé. Les guides, tout ça, le lieu. Mais alors, comme me le disait un de ses professeurs, il va me falloir au moins 15 jours pour leur faire comprendre que le bazar auquel ils ont assisté, ce n'est pas ça l'exemple. Est-ce que vous avez l'impression que quand même la conscience de ce que cette professeure appelait un bazar est suffisamment partagée ?

Est-ce que vous pensez avoir la possibilité de prendre des mesures pour remédier à ça ou pas ?

28:51
Présentateur

Alors déjà, je suis contente que vous ayez noté qu'il y avait beaucoup de jeunes qui visitaient l'Assemblée nationale. C'est vraiment un axe de la politique que je veux mener d'ouverture de l'Assemblée nationale. Et on a quasiment doublé le nombre de visiteurs à l'Assemblée. Et on a ouvert, par exemple, le concours du Parlement des enfants aux classes de collège, ce qui n'existait pas ailleurs. Donc il y a une vraie volonté de ma part de faire en sorte que cette Assemblée soit de plus en plus ouverte aux citoyens pour qu'ils se réapproprient leur démocratie et qu'ils fassent à nouveau confiance aux institutions. Après, j'aurais un bémol.

Si ces jeunes assistent aux séances, ils n'assistent pas toujours à des séances avec du... Comme vous dites, je reprends vos mots, du bazar. C'est pas vrai. Vous regardez les débats que moi, j'ai présidé lundi sur le projet de loi d'urgence de Mayotte. Je sais pas si vous l'avez suivi, mais moi, j'ai présidé des débats extrêmement apaisés où chacun des articles a été voté à l'unanimité. Donc oui, il y a des moments de tension et très agités.

Beaucoup, les questions au gouvernement, et c'est vrai que c'est ce que regarde le plus le public, les textes qui sont emblématiques et qui font l'objet d'une forte contestation, mais le reste du temps, l'Assemblée nationale est plutôt apaisée et arrive à avoir des débats sereins. Moi, j'ai toujours... C'est ce que j'explique toujours aux élèves, c'est que c'est comme une partie émergée de l'iceberg. En fait, l'agitation qui est très dure, c'est la partie émergée. Il faut regarder ce qu'il y a en dessous et je vous remercie aussi de pouvoir le montrer. Après, vous savez, la radicalité, elle a toujours existé à l'Assemblée nationale. Et c'est le propre d'une démocratie.

Il n'y a que dans les dictatures où vous avez une Assemblée où personne ne dit un mot plus au clôt, où 100% de l'assistance écoute religieusement l'orateur qui s'exprime. Nous sommes dans une démocratie, elle est vivante, et certains groupes politiques dans cette Assemblée ont choisi de porter de façon radicale des idées radicales. Eh bien, c'est leur droit. C'est leur droit. Et mon rôle, justement, de présidente de l'Assemblée nationale, c'est de leur permettre de le faire dans le respect de nos règles. Et lorsque ces règles ne sont pas respectées, eh bien, nous avons un règlement qui permet de sanctionner les débordements.

Et nous avons à nouveau prononcé un certain nombre de sanctions depuis le début de cette législature. Ma question va un peu dans le même sens. Comment expliquez-vous que les présidents, présidentes de séance n'arrivent plus à imposer le silence ? Des chahus, il y en a tout le temps, comme vous le dites, c'est le propre de la démocratie. Mais là, les orateurs, souvent, ne sont pas entendus. Peut-être qu'à la télévision,

31:43
Invité

ça se voit moins, mais quand on est dans l'hémicycle, on n'entend plus rien. Et il semble qu'il y a une marge de manœuvre

31:48
Présentateur

pour améliorer le calme et le silence. Alors, une marge de manœuvre, oui. Mais déjà, il faut bien voir que cet hémicycle est un hémicycle indépendamment des gens qui siègent. Bruyant. Il a été construit pour une époque où il n'y avait pas de sonorisation. Donc, il a été construit pour qu'un orateur qui s'exprime sans micro puisse être entendu de l'ensemble de l'assistance. Et lorsque vous vous exprimez dans l'hémicycle sans micro, vous voyez que votre voix porte beaucoup. Donc, c'est vrai que c'est un hémicycle qui, par nature, lorsqu'il y a du brouhaha, est extrêmement sonore. Je veux dire, ce brouhaha est un peu amplifié par les lieux. Moi, j'ai été au Parlement européen.

J'ai été scotchée par le calme. Mais parce que les députés sont plus éloignés les uns des autres. Regardez comme nous, on est un peu collés. Et donc, on peut parler à ses voisins, devant, derrière, sur le côté. Le bruit porte. Alors que dans les hémicycles modernes, il y a des matériaux qui sont faits pour absorber le bruit. Donc ça, moi, je crois que c'est assez frappant. Et malheureusement, c'est vraiment très mécanique. Après, ramener le silence. C'est vraiment le président de séance qui a la capacité de présider. Mais vous ne pouvez pas imposer des sanctions pour ramener le silence. Ça, ça ne marche pas. Après, on peut suspendre, on peut...

Voilà, après, chaque président de séance préside comme il le souhaite, comme il le peut, comme il l'entend. C'est une fonction qui n'est pas facile, je peux vous assurer, qui est vraiment parfois assez périlleuse et assez lourde. Moi, franchement, les six présidents de séance que je vois en ce moment me semblent parfaitement dans leur fonction et tout à fait à même de ramener le calme quand il le faut. Après, voilà, c'est une Assemblée qui vit. Vraiment, moi, je... Et je pense que ça ne doit choquer personne que cette Assemblée vive à nouveau. Alors, c'est vrai que je reçois beaucoup de courriers.

Les courriers, les plus nombreux que je reçois, c'est sur l'attitude des députés dans l'hémicycle. Mais parfois, on me dit... Ils sont sur leur téléphone, ils n'écoutent pas. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Je n'ai pas supprimé les téléphones dans l'enceinte de l'Assemblée nationale ? Mais non, mais... Alors, on n'a pas le droit de téléphoner dans l'Assemblée nationale, mais vous ne pouvez pas empêcher... Je ne vais pas... Vous, vous êtes en train de regarder vos téléphones, je ne vais pas vous empêcher de le faire. Nous sommes dans une démocratie, bon sang. Donc non, moi, je pense qu'il y a les règles qui sont les nôtres.

Quand ça va trop loin, nous avons une capacité de rappel à l'ordre et de rappel à l'ordre avec des niveaux de gradation de sanctions. Le président de séance a divers outils, mais franchement, moi, il n'est pas question que je caporalise cette Assemblée nationale. Elle est ce qu'elle est. Elle est le résultat du vote des Français. Et ma mission, c'est de faire en sorte qu'elle fonctionne et qu'elle puisse remplir les missions qui sont les siennes, pas de caporaliser l'ensemble des parlementaires qui siègent.

34:45
Invité

Anita Hausser, je voulais vous demander si vous avez l'occasion fréquemment d'exposer ou de débattre en tête-à-tête avec François Bayrou à propos de vos désaccords. Et d'autre part, qu'est-ce qui est fait pour les femmes à l'Assemblée ? Je veux dire les femmes députées, parce que bon, les femmes, c'est une statistique, il y en a 10% de plus, 10% de moins, mais concernant leur confort, ce n'est pas facile d'être femme députée à l'Assemblée. Qu'est-ce qui pourrait être fait ou qui a été fait et qu'on ne connaît pas ?

35:25
Présentateur

Alors, avec François Bayrou et Gérard Larcher, nous avons convenu d'organiser des rendez-vous réguliers sur un format à 3 ou à 4 avec le ministre des Relations en charge du Parlement, comme avec Michel Barnier. Nous avions, avec le président du Sénat, décidé que nous n'allions pas au petit déjeuner, au fameux petit déjeuner de la majorité ou du socle commun, et nous avons décidé, en plein accord avec François Bayrou, que nous continuerions à faire ainsi, c'est-à-dire que nous n'assistons pas ni l'un ni l'autre au petit déjeuner du mardi matin, mais nous avons convenu de nous voir à intervalles réguliers le lundi soir pour échanger et travailler ensemble.

Donc ça, c'est l'organisation que nous avons mise en place. Il est important que nous ayons ce dialogue-là. Après, je suis en dialogue constant. On n'est pas obligé de se voir. On échange, on se téléphone, etc. Donc c'est pour ça. Moi, je pense que c'est extrêmement fluide. Je crois que nous avons cette même ambition d'oeuvrer pour nos compatriotes. Nous faisons partie d'une même majorité. Donc, en fait, qu'il y ait des points de désaccord, franchement, moi, ça me semble très mineur. Et votre autre question, excusez-moi. Les femmes, excusez-moi.

Alors, les femmes, en fait, nous avons adopté un certain nombre de dispositifs, que ce soit pour les femmes députées ou pour les femmes qui sont collaboratrices, salariées à l'Assemblée nationale. Donc on a mis en place des distributeurs de serviettes hygiéniques. Nous faisons un certain nombre, vous voyez, de choses très simples, mais qui sont nécessaires. Des actions, évidemment, de prévention sur le cancer du sein, que nous accueillons tous les ans. Nous avons également travaillé sur les femmes et les hommes qui ont des jeunes bébés pour faciliter l'accès au Palais Bourbon et dans les résidences de l'Assemblée nationale aux jeunes parents.

Donc on a mis à disposition, on a arrangé des chambres pour qu'il y ait des chauves-biverons, pour qu'il y ait des lits dans nos espaces. Nous avons des espaces maintenant pour changer les bébés. Donc on a essayé d'aller dans ce sens-là. On n'a pas créé de crèche à l'Assemblée nationale parce qu'après avoir fait un bilan des demandes, nous nous sommes rendus compte qu'il n'y avait pas assez de demandes et qu'en plus, les horaires de la vie parlementaire n'étaient pas forcément compatibles avec l'existence d'une crèche à l'Assemblée nationale.

Mais ce que nous avons fait, c'est que nous avons passé des accords avec les crèches aux alentours immédiats de l'Assemblée nationale où nous avons des berceaux prioritaires pour les femmes députées ou pour les hommes députés qui auraient des enfants dans le cours de leur mandat. Donc voilà, nous essayons de répondre de façon très pragmatique aux besoins exprimés par les femmes. Et évidemment, ça me permet de couper court à une légende urbaine.

Évidemment, même s'il n'y a pas de congé maternité ou paternité formelle pour les parlementaires, il est évident que lorsque une femme est par exemple enceinte et qu'elle ne peut plus être en séance, elle peut déléguer son vote sans avoir à le justifier. Elle le justifie de sa grossesse une fois. Et pendant le cours de sa grossesse et les premiers mois, elle n'a pas besoin de justifier son absence pour faire des délégations de vote. Nous avons assoupli ces conditions-là pour permettre, pour faciliter l'exercice de ce mandat. L'idéal, ce serait quoi, objectivement ? Mais pas que pour les femmes, pour tout le monde.

C'est d'avoir un rythme différent, d'avoir une semaine assemblée, une semaine circonscription. Ce qui permettrait aussi pour tous les couples qui sont séparés de pouvoir mieux gérer leur coparentalité. Mais pour faire ça, on se heurte à un blocage constitutionnel. Il faudrait faire une révision de la Constitution pour avancer dans cette direction-là. Et donc c'est une des raisons pour lesquelles, moi, j'essaye d'avancer pas à pas sur des choses qui sont très concrètes et qui peuvent être faites immédiatement.

39:28
Invité

Stéphanie Lerouge de l'AFP. Le budget de l'État est en cours d'examen au Sénat. Les sénateurs ont procédé à un certain nombre de coupes dans l'émission, notamment sur tous les sujets environnementaux. Ils ont aussi supprimé hier la mesure des 4 000 postes qui avaient été concédés au PS. Est-ce que vous regrettez ces choix ? Et est-ce que vous pensez de manière plus générale qu'il y a un chemin pour embarquer le PS dans l'adoption de ce budget ? Et est-ce que ça passera nécessairement par un 49-3 ?

40:16
Présentateur

Alors, effectivement, le texte budgétaire en première lecture va être voté au Sénat aujourd'hui, cet après-midi. Et après, viendra le temps de la commission mixte paritaire pour voir si nous sommes en capacité de trouver des compromis. Moi, je ne suis pas évidemment d'accord avec tous les choix qui ont été faits par les sénateurs, mais c'est leur pleine liberté, leurs votes sont exprimés. Maintenant, moi, je suis convaincue qu'il y a un chemin. Je crois, et il faut le saluer, que François Béroux et Éric Lombard, Améline Monchalin ont vraiment repris le cycle de concertation de façon très sincère, avec la volonté d'aboutir et de négocier.

Il faut saluer également tous ceux qui sont venus, les socialistes, les écologistes, les communistes, et bien sûr, ceux du socle commun. Et donc, moi, je suis raisonnablement confiante. En tout cas, moi, ce que je constate, c'est que quand toutes les parties ont envie d'aboutir, et bien évidemment que ça maximise les chances d'aboutir. Et aujourd'hui, et c'est une lapalissade, on arrive à la fin du mois de janvier, on n'est plus au mois de décembre. En décembre, on avait la capacité de voter une loi spéciale et on pouvait se dire, on va avoir pendant les premières semaines de janvier la capacité de refaire un budget, et bien on y est, et on n'aura pas trois chances.

Moi, je pense qu'il est vital que la France se dote d'un budget, qu'on puisse avancer sur de nouvelles réformes, et notamment des réformes structurelles, et c'est ce que j'attends aussi dans un calendrier de réformes qui pourrait nous être présenté prochainement. Et donc, je pense qu'il faut continuer et poursuivre jusqu'au bout les efforts pour réussir à avoir une commission mixte paritaire conclusive qui satisfasse et l'Assemblée nationale et le Sénat. S'agissant des modalités d'adoption, c'est encore bien trop tôt, mais vous savez, comme moi, que le vote positif d'un budget signe plutôt l'adhésion à une majorité.

Et je crois que les socialistes ont exprimé très clairement, j'étais au perchoir lorsqu'Olivier Faure était à la tribune, il a bien réexprimé qu'il ne souhaitait pas, malgré cette attitude constructive, rentrer dans la majorité. Et donc, le 49-3, vous le savez, c'est le choix de l'exécutif. Ça n'est jamais agréable. Mais en tout cas, moi, ce qui m'importe, c'est qu'on ait un budget rapidement.

42:40
Invité

Bonjour, Elisabeth Pignot de l'agence Reuters. Vous l'avez dit, vous vous êtes engagée en 2017,

42:46
Présentateur

derrière Emmanuel Macron. À votre place aujourd'hui, au regard de votre parcours, quel est votre regard sur ces 8 années de pouvoir du président de la République et sur la fin de 2e quinquennat à venir ? Merci. C'est une sacrée question. Non, la réponse, évidemment, ne tient pas en quelques mots. Mais en tout cas, je pense qu'il y a un immense souffle démocratique qui a soufflé en 2017. Très rapidement, les crises se sont succédées, que ce soit des crises internes dans notre pays ou des crises dans le monde. Et ce que je note, c'est la dureté de l'exercice du pouvoir, la difficulté immense à tenir justement le cap.

Et c'est peut-être pour ça que je suis vraiment très soucieuse de tenir avec de la cohérence dans les convictions. Après, moi, je crois qu'il y a... C'est un bilan en demi-teinte. Nous avons des formidables réussites, vraiment des formidables réussites, notamment l'attractivité de notre pays, la baisse du nombre de chômeurs, et qui continuent avec une réorganisation massive, France Travail, France Service, etc. Donc on a fait de grandes mutations qui, je crois, sont très utiles pour notre pays. Maintenant, on a effectivement un certain nombre de points noirs. Nous n'avons pas réussi à réformer suffisamment l'éducation nationale.

Nous n'avons pas réussi suffisamment à réformer l'univers de la santé. Donc trop de nos compatriotes souffrent encore de problématiques d'accès aux soins. Et puis sur le plan démocratique, nous n'avons pas été assez loin. Il y a eu des innovations démocratiques telles que la Convention citoyenne, justement. Et c'est une des raisons pour lesquelles aussi je tiens à ce que la fin de vie soit examinée, parce qu'à quoi cela servirait de faire des conventions citoyennes si nous ne faisions rien des conclusions et des délibérations des citoyens ? Moi, je crois beaucoup, vous savez, que la confiance que nous demandons au peuple de nous accorder, nous devons en priorité l'accorder au peuple.

Et donc, c'est pour ça que je suis également favorable au référendum. J'espère que le président en fera. Ça fait des années que je lui demande d'en faire. Mais voilà, je pense que sur le plan du renouveau démocratique, nous n'avons pas été assez loin. Nous avons fait des choses avec les lois confiance quand nous sommes arrivés. Mais après, vous connaissez l'histoire, les réformes constitutionnelles qui n'ont pas été au bout sur le plan de la justice, sur le plan de la participation citoyenne, etc. Mais en fait, ce que l'on voit, c'est que dans le monde qui est le nôtre, c'est extrêmement complexe de parvenir à faire des réformes systémiques.

La retraite par points en est un excellent exemple. Et donc, en tout cas, il ne faut pas renoncer, mais il faut continuer à se battre et à peut-être davantage aussi pour se faire associer. Et sur l'homme ? Écoutez, je... Non, mais je... En fait, l'homme, moi, je... La première fois que j'entends Emmanuel Macron, c'est à la radio. Je suis une citoyenne et je suis embarquée dans le projet qu'il portait. Depuis que je suis présidente de l'Assemblée nationale, on se parle régulièrement, on se voit régulièrement en tête à tête. Et moi, j'ai beaucoup d'amitié. Je suis toujours aussi impressionnée, même si j'ai, et je les assume aussi, beaucoup de désaccords avec lui.

Mais je mesure aussi l'immense difficulté d'exercer la fonction qui est la sienne. Je trouve que parfois, on pourrait être un peu plus indulgent, parce que dans ce monde-là, exercer cette fonction-là... Vous savez, c'est des fonctions qui sont aussi très solitaires, très... Et vous avez la charge de 68 millions d'âmes. Ça n'est pas rien.

47:12
Invité

Bonjour, Thomas Desprès, RTL. Vous allez devoir nommer dans quelques jours votre première personnalité au Conseil constitutionnel. Quelle personnalité vous souhaitez nommer ? On parle de Laurence Wichniewski. Est-ce que c'est ce profil, ou en tout cas, quel profil vous aimeriez nommer ? Et question bonus, que pensez-vous de l'idée présidentielle de nommer, par exemple, Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, votre prédécesseur ? C'est en tout cas ce que dit le Figaro ces derniers jours.

47:42
Présentateur

Écoutez, c'est une nomination qui est extrêmement importante. Peut-être est-ce la nomination la plus importante que nous ayons à faire, le président de la République, le président du Sénat et moi-même. Donc ce sont des nominations auxquelles on réfléchit depuis des mois. Et évidemment, nous avons échangé ensemble, en séparément. Et donc évidemment, je ne vous dirai pas qui je souhaite nommer aujourd'hui. Mais en tout cas, sachez que ce sont des nominations que nous regardons et que nous examinons avec beaucoup de soin, parce que le Conseil constitutionnel occupe une place centrale.

Je vous parlais de stabilité, je vous parlais de démocratie, je vous parlais de préservation de nos droits et libertés. Le Conseil constitutionnel, c'est une sémission. Et donc, voilà, nous faisons extrêmement attention. les auditions en commission des lois auront lieu, je crois, le 19 février. Et donc, nous pourrons, un peu dix jours avant, nous annoncerons ensemble quelles sont les propositions que nous faisons. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut nommer des personnes qui ont eu des carrières, qui montrent leur indépendance, leur expérience, leur capacité, évidemment, à faire face, et aussi leur sens de l'intérêt général et leur sens de l'intérêt général.

Je crois que c'est fondamental. Pardon ? En fait, je ne répondrai pas sur le nom, mais j'ai répondu sur les profils qui nous semblent, à tous, importants et donc correspondre à ce nom comme à d'autres. Mais je crois que, vraiment, il faut le Conseil constitutionnel, et on le voit bien dans les différents débats, est de plus en plus attaqué, de plus en plus sollicité, que ce soit pour des contrôles a priori ou des contrôles a posteriori avec la question prioritaire de constitutionnalité. Et donc, il nous faut des gens qui ont prouvé par leur carrière qu'ils étaient pleinement capables d'occuper ces missions-là.

Et donc, ancien Premier ministre, ancien président d'Assemblée, président du Sénat, etc., évidemment, ça fait partie de ces personnes-là. Alain Juppé est aujourd'hui membre du Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel est actuellement présidé par un ancien président de l'Assemblée. Donc voilà, j'ai le sentiment que c'est assez usuel de chercher dans ce vivier des présidents d'Assemblée, président du Sénat, Premier ministre, pour exercer ce type de fonction. J'observe qu'il n'y a jamais eu de femme présidente du Conseil constitutionnel. Oui, mais pas pour être présidente, de ce que je comprends.

50:38
Invité

Geneviève Decazeau, Madame la Présidente, le système de retraite auquel nous sommes attachés date, en fait, du Conseil national de la résistance. Cela fait 80 ans. C'était un système qui convenait après-guerre et manifestement, qui ne convient plus à l'heure actuelle. Est-ce que vous pensez qu'il faudrait vraiment remettre en question tout cet héritage du CNR ? Et d'autre part, je voudrais savoir ce que vous pensez qu'un pays de l'OCDE puisse fixer un seuil de richesse à 2 000 euros.

51:27
Présentateur

Alors, sur le système de retraite, moi, je me réjouis vraiment qu'on ait réussi à réouvrir les discussions avec l'ensemble des partenaires sociaux. Je trouve que c'est une extrêmement bonne nouvelle pour nous. On voit bien que la réforme qui avait été adoptée était quelque chose qui obérait tout rapprochement et tout débat public. Et on voyait également que, malgré son absolue nécessité avec l'adoption de l'âge de la retraite à 64 ans pour permettre de financer et de viabiliser le système, il y avait des imperfections. Et donc, il faut y revenir et remettre l'ouvrage sur le métier. Je me réjouis de ce qui se passe, même si, moi, je considère que l'âge de 64 ans était une bonne chose.

J'y ai toujours été favorable parce que nous avons besoin de viabiliser notre système et d'assurer son financement. Après, moi, je ne suis pas de ceux qui considèrent qu'il faut, en 2025, réfléchir comme après-guerre et considérer qu'on doit fermer les yeux sur l'évolution d'une démographie, sur l'évolution d'une société et sur l'évolution d'un monde. Donc, pour moi, le système de retraite tel qu'il existe et tel qu'il est issu du Conseil national de la résistance n'est pas intangible et immuable par principe.

Ce qui est intangible et immuable, c'est les objectifs qu'on assigne à un système de retraite, faire en sorte que chaque personne âgée dans notre pays puisse avoir une retraite minimale, digne, qui lui permette de vivre dignement. Je crois que ça, c'est fondamental, faire en sorte qu'on reconnaisse les difficultés, la pénibilité, les carrières longues, les carrières des femmes, etc. Le système de retraite, ça, c'est ses objectifs. Après, l'objectif principal aussi, c'est qu'il soit viable. Or, on sait que plus le temps passe, plus notre régime par répartition est en danger parce que les équilibres démographiques changent. Nous n'avons pas aujourd'hui les mêmes équilibres qu'après-guerre.

c'est une réalité et nous ne pouvons pas continuer à faire comme si le système tel qu'il existe pouvait perdurer pendant des dizaines d'années. Donc moi, je crois que c'est utile de remettre l'ouvrage sur le métier. Moi, j'ai toujours été favorable et ça faisait partie de ce qu'on portait en 2017, la réforme de retraite par points pour faire aussi davantage d'égalité entre les personnes, quel que soit le secteur public, privé, etc., dans lesquelles elle travaille. En tout cas, moi, je pense qu'il faut réouvrir le jeu et s'interroger aussi sur la question du financement. Est-ce que, et certains le portent, la question de la capitalisation, je trouve, se pose.

Nous sommes, lorsque l'on regarde les pays européens, celui qui a la plus grande part de système par répartition, c'est quasiment 95%. Et ça va, selon les choix politiques faits par les pays, les différents pays, ça va jusqu'à 50%. En tout cas, la question se pose. Ce qui est sûr, c'est que nous voulons un système qui permette à chacun de percevoir une retraite digne et lui permettre d'avoir des jours heureux lorsqu'il a le droit de partir à la retraite et qu'il puisse partir à la retraite en bonne santé. Donc, je crois que maintenant, il faut qu'on travaille tous ensemble.

Évidemment, le Parlement sera associé également aux réflexions menées par le Premier ministre et les partenaires sociaux. S'agissant de la question des 2 000 euros, moi, je trouve qu'il est toujours très difficile de fixer des seuils parce qu'en plus, selon que vous habitez à Paris ou dans un petit village de la Creuse, la même somme ne donne absolument pas le même pouvoir d'achat. Et donc, moi, j'aurais été, si on devait s'aventurer dans cette voie, moi, j'étais plutôt favorable à la question de la suppression de l'avantage fiscal de 10 % lié aux frais professionnels que les retraités n'ont plus qui me permet d'être beaucoup plus égalitaire et beaucoup plus progressif.

Mais toutes ces discussions sont ouvertes. C'est ça qui est intéressant en ce moment. Il y a différentes opinions qui s'expriment et c'est ça, faire du débat. Il reviendra ensemble, après, au Premier ministre, au Parlement et aux partenaires sociaux de trancher les solutions qui nous paraissent être les meilleures mais que toutes les pistes soient sur la table. Je ne peux que m'en réjouir. Je n'aime pas écarter les choses par principe.

56:04
Invité

Bonjour. Rachel Garaval-Carselle du Monde. Vous avez dit dans le propos liminaire que vous disiez qu'il n'y avait pas besoin de modifier le règlement de l'Assemblée. Est-ce que c'est parce que vous ne voyez pas d'objets à modifier ou est-ce que parce que, vu la physionomie de l'hémicycle, c'est un chantier un petit peu compliqué à ouvrir ?

56:19
Présentateur

Alors, en fait, c'est pour deux raisons. Déjà, parce que moi, j'aime quand on est d'accord sur une réforme à mener et que j'ai l'unanimité des présidents de groupe, en fait, c'est beaucoup plus rapide et beaucoup plus facile de mettre en oeuvre une réforme et donc sans passer par la modification du règlement. Donc, c'est très pragmatique. J'ajoute que lorsque l'on fait des réformes de la sorte, on peut passer par voie d'expérimentation.

Et donc, parce qu'une fois que vous avez gravé dans le marbre du règlement, si vous vous rendez compte qu'au bout de 3 mois, 6 mois, la réforme que vous avez proposée ne remplit pas les objectifs, il faut remodifier le règlement et je trouve que c'est trop lourd. Après, je pense qu'il y aurait des réformes du règlement à faire. Évidemment, nous en avions aussi avec le président du Sénat avant la dissolution. Nous travaillions aussi à une réforme de la loi organique qui lie nos 2 assemblées. Et il y avait des dispositions qui pouvaient après se décliner sur le plan réglementaire.

Mais je trouve qu'en ce moment, ce n'est pas l'objet et il est difficile d'obtenir une large majorité sur une modification réglementaire. Et j'ajoute également, comme vous le savez parfaitement, c'est que les modifications du règlement sont, avec les réformes constitutionnelles, les seules auxquelles on ne peut pas opposer l'article 45 de la Constitution, c'est-à-dire le lien direct ou indirect de la disposition que l'on veut rajouter avec le texte initial. Et donc, il me faut, de la même façon, si je veux faire des réformes ciblées du règlement, il me faut un accord unanime des présidents de groupe pour nous permettre d'aller dans cette direction.

Je suis en train de travailler quand même à une réforme ciblée du règlement sur les procédures de vote. parce que l'on a vu lors du dernier bureau que les... Pas du dernier bureau, lors de l'élection du dernier bureau de l'Assemblée nationale, ça a été un peu compliqué. Il y a eu des problèmes de comptage, etc. Donc on est en train de réfléchir à une réforme des procédures de vote. J'en ai reparlé hier au bureau de l'Assemblée nationale et notamment Sébastien Pétavie, député écologiste, me reparlait de la question... Vous savez, on a un vote qui est assis debout et qui est, pour les personnes en situation de handicap, totalement inapproprié.

Là, il faudrait que je modifie aussi le règlement intérieur. Donc on l'a évoqué hier. Mais il faut d'abord que je vois... Donc moi, je travaille une réforme ciblée sur les procédures de vote. Il faut que j'obtienne l'accord de tous les présidents de groupe qui me disent qu'on est OK pour faire une réforme ciblée. Si moi, je n'ai pas cet accord-là, je n'ouvre pas de grandes réformes du règlement parce que ça partira dans tous les sens. Et je pense que, comme on a besoin de stabilité, ce n'est pas forcément la bonne idée.

59:13
Yaël Braun-Pivet

Bonjour, madame la présidente. Laurent Bailly, Arte Journal. D'abord, bonne année et bonne santé à vous aussi. Merci à vous. Deux petites questions sur l'Algérie, deux petites questions sur le Maroc. Vous êtes membre du comité de soutien à Boualem Sansal. Quelle nouvelle ce matin, ce jeudi 23 janvier 2025 de Boualem Sansal ? Deuxième petite question sur l'Algérie. Quelle est votre position sur l'idée qui circule en ce moment, en tout cas du côté de la place Beauvau, de toucher au texte qui régule la circulation entre la France et l'Algérie, voire les conditions de séjour pour certains ? Ça, c'était les deux petites questions sur l'Algérie. Sur le Maroc.

Vous relancez le forum interparlementaire. Vous nous en avez parlé tout à l'heure. Vous avez rencontré votre homologue marocain le mois dernier. Est-ce qu'il faut y voir une étape de plus dans le réchauffement des relations franco-marocaines ? Et est-ce que le réchauffement de ces relations pourrait aboutir, même, pourquoi pas, à ce que les choix royaux du Maroc en termes, par exemple, d'équipement militaire soient différents en 2025, 2026 et 2027, c'est-à-dire favorisent la France ? Deuxième question sur le Maroc. Non, non, mais c'est fini.

Saisirez-vous l'occasion de ce déplacement au mois de mai à Rabat pour rencontrer les associations de mères célibataires qui sont les grands oubliés du tout à l'étage de la réforme du Code de la Famille à Moudawana à laquelle procède tous les 20 ans Sa Majesté le Roi Mohamed VI.

1:00:59
Présentateur

Merci. Alors, beaucoup, beaucoup de questions. Sur le... Sur l'Algérie, évidemment, on est très inquiets pour les... sur l'état de santé de Boalame Sansal et j'ai rencontré l'autre jour ceux qui ont organisé le comité de soutien, notamment l'avocat de Noël Lenoir. Nous en sommes membres avec Gérard Larcher. Dès qu'il a été lancé, nous continuons à demander sa libération. Il faut absolument qu'il puisse revenir sur notre sol. Je n'ai pas de nouvelles, malheureusement, récentes de sa santé, mais on sait qu'il est gravement malade. Il est, je crois, hospitalisé et soigné correctement.

En tout cas, nous ne pouvons que l'espérer, mais il est urgent qu'il rentre en France, son pays, et nous continuons à oeuvrer pour cette libération qui nous paraît indispensable. Après, sur l'accord franco-algérien, vous savez, il a d'ores et déjà été revu à au moins trois reprises. Donc moi, je ne suis pas... Je n'ai pas de tabou pour ce faire. Je me dis qu'il faut réévaluer. C'est la même façon... En fait, chaque chose qui nous vient de notre héritage n'est pas immuable, n'est pas gravée dans le marbre. Et donc, il y a des évolutions, il y a un monde qui bouge et donc, il n'y a pas de raison a priori de ne pas réévaluer cet accord.

Maintenant, moi, ce que je crois aussi profondément, c'est qu'il ne faut pas résumer les relations à l'Algérie avec les relations entre les deux gouvernements qui sont les gouvernements actuels. C'est pour ça que je tiens beaucoup à la diplomatie parlementaire. Parce que la diplomatie parlementaire, c'est autre chose. C'est des peuples qui parlent à d'autres peuples via leurs représentants. Donc, c'est du pluralisme politique. C'est là où il n'y en a pas forcément. C'est des relations qui sont différentes.

Et donc, moi, je ne voudrais pas qu'on résume les relations intimes, historiques, très proches que l'on a avec l'Algérie, et avec le peuple algérien, avec ce qui se passe en ce moment sur le plan politique avec ce régime-là algérien. Donc, il faut être plus mesuré. En tout cas, moi, je n'ai pas de tabou. Et il ne faut pas être naïf non plus dans nos relations avec l'Algérie. Et lorsque l'on voit parfois le niveau de violence verbale qu'ils utilisent à notre endroit, nous ne pouvons pas non plus faire comme si cela n'existait pas. Donc, ne soyons pas naïfs, mais soyons attentifs à cette relation qui va bien au-delà de ce gouvernement.

Et concernant le Maroc, oui, forum interparlementaire au mois de mai. Moi, j'y suis allée en décembre. Gérard Larcher, normalement, ira au mois de février au Maroc. Et nous avons convenu de le relancer. Ça fait partie, effectivement, du processus de relations diplomatiques qui reprennent de façon beaucoup plus intenses avec ce pays. Il y a eu la visite du président de la République, ma visite ensuite, celle du président du Sénat et la reprise du forum interparlementaire. On a vraiment ce processus que l'on veut décliner à tous les niveaux, que ce soit le niveau exécutif ou le niveau du Parlement.

Et évidemment que j'espère que ces relations diplomatiques et politiques soient aussi des bouches sur des relations plus fortes sur le plan économique. Moi, lorsque je suis allée au Maroc, j'ai visité notamment une usine Safran. On voit que les Marocains ont créé un secteur de pointe sur les questions aéronautiques, sur les questions automobiles. Donc évidemment, nos entreprises françaises ont un rôle immense à jouer là-bas. Et donc, il faut se saisir de ces opportunités. Ça fait partie, évidemment, des objectifs qui sont les nôtres. Vous savez, il y a beaucoup de pays, notamment les Américains, qui fonctionnent davantage comme ceux-là en liant les actions diplomatiques et économiques.

Il n'y a pas de raison de ne pas faire pareil et d'en avoir honte. Et les femmes ? Alors oui, quand je suis allée au Maroc, moi, j'ai fait ce que je fais quasiment à tous mes déplacements diplomatiques. J'organise des tables rondes. qu'on ne médiatise pas avec des associations de défense des droits des femmes. Et donc, j'ai évidemment rencontré ces associations lors de mon déplacement au Maroc. Nous avons beaucoup échangé. On voit qu'il y a encore beaucoup à faire. Beaucoup à faire. C'est difficile. Il y a une société qui évolue clairement dans le bon sens. mais il y a encore des injustices immenses, notamment les questions d'héritage pour les femmes.

Donc, je pense que il y a des bons signaux qui avancent avec cette réforme, mais ça ne va pas assez loin. Mais c'est certainement pas à moi de donner des leçons sur les droits des femmes et à leur dire ce qu'ils ont à faire. Je crois qu'aussi, comparativement à d'autres pays, ils avancent, en tout cas, sur le bon chemin. Il y a une vraie volonté pour ce faire et les associations le reconnaissent. On ne parle pas de Nouvelle-Calédonie ? Je n'étais pas préparé

1:06:35
Invité

à l'avance. Simplement, depuis le 13 mai, effectivement, Nouvelle-Calédonie connaît une situation de crise terrible sur le plan social, sur le plan humain, sur le plan économique, etc. Vous êtes rendu là-bas avec le président Larcher la fin de l'année dernière. Vous avez rencontré tous les interlocuteurs. Le Premier ministre va renvoyer à la fin de cette semaine les invitations à tous les groupes politiques représentés au Congrès pour une nouvelle séance de négociations début février. Est-ce que, en première chose, est-ce que vous souhaitez être partie intégrante des négociations qui se tiendront à ce moment-là à Rue Goudino et à Matignon ?

Et deuxième chose, croyez-vous possible un accord d'ici au 30 mars qui est en quelque sorte la date butoir qui a été fixée pour un accord global ? C'est possible ?

1:07:43
Présentateur

Pour aller ensuite à Versailles avant l'été. Effectivement, nous sommes allés avec le président du Sénat en Nouvelle-Calédonie à la demande du Premier ministre et du président de la République. Nous avions, lors de ces déplacements, échangé avec l'ensemble des forces du Congrès que nous avions réunies ensemble. Nous les avons revues lorsqu'elles sont revenues à Paris et nous avons réorganisé une table ronde et nous avions fixé des échéances. Et l'échéance de la fin du mois de janvier et début du mois de février était celle où nous pourrions réenclencher les discussions avec l'État.

Donc tout se déroule pour le moment tel que dans le calendrier que nous avions fixé collectivement, il n'était pas question ni pour le président du Sénat ni pour moi-même d'imposer quoi que ce soit, mais nous avions défini ce modus operandi et ce calendrier ensemble avec les forces politiques. Donc moi, je me réjouis que nous puissions le tenir. Elles avancent sur leur point d'accord, de désaccord et effectivement, elles avaient souhaité dans un premier temps le faire entre elles pour après réouvrir les discussions avec l'État et c'est ce qui est en train de se passer.

Donc moi, je m'en réjouis parce que la Calédonie a besoin de cet accord, a besoin de se reconstruire et pour se reconstruire, il faut de la confiance et pour avoir de la confiance, il faut de la stabilité, notamment institutionnelle. Et donc moi, je suis assez confiante. Nous avons toujours dit avec le président du Sénat que nous ne souhaitions pas nous imposer dans les discussions, bien au contraire, que nous étions là simplement pour accompagner, faciliter tous les acteurs locaux voulu que nous continuions à être de la partie parce qu'ils ont confiance, ils ont confiance en nous et ils savent que nous sommes là dans la durée pour accompagner la Nouvelle-Calédonie.

Donc nous sommes plutôt à disposition. S'ils ont besoin de nous, nous serons là, mais il n'est pas question que nous nous imposions dans le rang de discussion. Ce qui est certain, c'est que s'il y a un accord, il faudra qu'il soit validé par nos deux assemblées à des majorités simples d'abord, puis par une majorité des trois cinquièmes dans un congrès à Versailles. Donc il est évident que nous avons un rôle à jouer, le président du Sénat et moi-même. On va aller prendre un café maintenant. C'est bon ? On arrête ? Bon, merci à tous et très bonne année et très bonne santé surtout. Voilà, vous avez suivi en direct les voeux de la présidente de l'Assemblée nationale à la presse.

Elle l'a dit, l'Assemblée est plus fragmentée que jamais. Oui, mais elle commence à trouver les moyens de fonctionner pour sa relation avec François Bayrou, fluide, même si elle assume certains désaccords et demande expressément au gouvernement de reprendre les débats

1:10:30
Invité

sur la FADV avec un seul texte alliant soins palliatifs et aides actives à mourir. Merci beaucoup de nous avoir suivis. Très belle journée à tous sur les chaînes parlementaires, évidemment. Sous-titrage Société Radio-Canada

Yaël Braun-Pivet, Présidente de l'Assemblée nationale, présente ses vœux à la presse — Yaël Braun-Pivet · Pourquijevote