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interviewFrance Culture· 10 mars 2026 12 min

GUERRE en IRAN : pourquoi l’ESPAGNE s’oppose et condamne les FRAPPES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Emmanuel Macron s'est rendu à Chypre après que l'île a été touchée par un drone du Esbola pour afficher la fermeté, l'engagement de la France et de l'Europe. En matière de défense, annoncé une future mission internationale d'escorte des navires dans le D3 d'Ormous, plusieurs pays avaient déjà annoncé le déploiement de frégate en Méditerranée dont l'Espagne, un pays qui pourtant fait figure d'exception diplomatique en Europe. le seul gouvernement de l'Union européenne à avoir condamné les bombardements comme une violation du droit international et a refusé d'ouvrir ses bases aux États-Unis, bravant au passage les menaces de Donald Trump.

Bonjour Rancha Sanchez Gonzalez. Vous êtes ancienne ministre des affaires étrangères du Premier ministre social-démocrate Pedro Sanchez, doyenne de la Paris School of International Affair. Alors à Rancha Gonzalez, il faut que vous nous expliquiez comment les Espagnols ont réagi d'une part à l'attaque de Chypre et d'autre part à l'annonce de la mission défensive européenne pour rouvrir le D3 d'Ormouse.

Je crois que les Espagnols comprennent la différence entre une opération offensive qu'ils ne veulent pas. C'est une guerre à laquelle il s'associe pas. Ils sentent que c'est pas leur guerre.

Ils n'ont pas Espagne n'a pas été consultée, n n'a pas été informée et les citoyens ne sentent pas que il y a il y avait une nécessité d'aller contre cette guerre. Mais en même temps, les Espagnols sont attachés à l'Union européenne. C'est un peuple des plus européens dans toute l'Union européenne.

Et ce qui est en cause, c'est aussi la protection d'un membre de l'Union européenne qui est Chypre. Et les Espagnols sont en général attachés à l'Alliance atlantique, à l'OTAN. Donc, ils font la différence entre l'offensive et les défensives.

Pour l'offensive, il y a pas du soutien dans les pays. Pour les défensives, euh ils comprennent qu' il faut se protéger aussi. Bon, mais la France est dans la même situation que l'Espagne.

Elle n'a pas été consultée. Cette guerre s'est faite dans son dos. Et bon, Emmanuel Macron a essayé de de tenir une position d'équilibre.

Ce n'est pas du tout le le cas de Pedro Sanchez. Pourquoi cette différence ? Non, je ne crois pas qu'il y ait une si grande différence.

La France dit aussi "Nous ne participons pas à cette guerre." C'est la même formule euh un peu plus fleurie peut-être euh du premier ministre espagnol qui dit "Non a la guerre parce que c'était les slogans qui avaient été choisis lors de la guerre en Irak. Il faut il faut savoir qu'en Espagne la guerre en Irak a laissé des traces fortes." Pourquoi ? parce que euh l'Espagne c'était pas c'est pas un peuple velliciste, n'oublions pas d'où nous venons.

Nous venons d'une dictature militaire aussi, hein. Euh et donc euh euh quand euh quand euh la guerre en Irak a eu lieu, les peuples espagnols euh qui n'avaient pas été non plus informés, ni préparés, ni consulté a réagi d'une manière assez transversale. droite, gauche, église, syndicat, patronin, ils se sont positionnés contre cette guerre et ça a laissé des traces et il y a comme un écho de ce qui s'était passé à l'époque aujourd'hui qui fait que les gens ne sont pas très pour.

Alors, en même temps, et ça c'est aussi il faut le dire parce que euh au risque de prétendre que cette refus à la guerre euh signifie un alignement avec l'Iran, le peuple espagnol est profondément attaché au droits de l'homme, aux droits des femmes. Euh euh vous voyez des manifestations partout dans les pays dans cette 8 mars. Vous voyez euh l'effort qu'on fait aussi pour dissocier euh le les la détestation d'un régime qui est détestable de euh les refus de cette guerre.

Bon, est-ce qu'on pourrait pas considérer aussi à Rancha Gonzalez que Pedro Sanchez fait de la politique, c'est son métier et que donc il exprime une position qui est propre à la gauche espagnole. la gauche espagnole s'opposant, j'imagine à la droite espagnole mais qui ne fait pas de la politique en Europe. Disons que c'est les hommes politiques, les femmes et les hommes politiques faut de la politique.

C'est normal. Toutes les toutes les leaders politiques en Europe se positionnent par rapport à leur espace de soutien citoyens. Pourquoi la première ministre italienne aujourd'hui euh n même si elle est euh proche de Donald Trump fait un peu comme fait Sanchez ne permet pas l'usage des bases militaires sans euh sans que cela passe par les parlements.

C'est une manière plus élégante de dire la même chose qu'en Espagne parce qu'elle a un référendum bientôt et que elle regarde des ne pas influencer ce lutte aujourd'hui, qui est ses référendum. Pourquoi en Pologne on n'a pas entendu le premier ministre polonais du tout ? parce que pour lui son sa cause principale c'est la guerre en Ucraine.

Tous les leaders politiques en Europe font regardent dans les rétroviseurs où se positionnent leurs citoyens. Norm sû de c'était ce que je voulais dire. C'est-à-dire qu'il y a une opinion publique en Espagne qui est à mon avis quand même plus hostile aux États-Unis, moins atlantiste qu'en France.

Euh oui et non. Disons que si vous posez la question en France, euh je ne crois pas que vous allez trouver euh beaucoup de soutien pour la guerre. de la même manière, vous allez pas trouver du soutien pour les régimes iraniens.

Mais quand il s'agit des guerres, c'est vrai que là, on entre dans un autre territoire et c'est la raison pour laquelle les présidents français dit aussi euh et il l'a dit hier euh sur les Charles des Gaules, nous n participons dans ces conflits en cours. Et il soulligne ça parce que c'est aussi une garantie de pouvoir agir en défensive pour pouvoir agir au soutien du Chypre et pour pouvoir agir dans ses missions navales à Méditerranée. L'Espagne fait partie aussi euh [grognement] qui qui est soutenu par les citoyens.

Bon, alors il y a aussi une autre distinction, c'est la cause palestinienne. La cause palestinienne a été défendue de manière très forte par le le gouvernement espagnol et et se faisant aussi par beaucoup d'espagnols. Comment expliquer cela ?

Je crois que la position du gouvernement espagnol quelque part reflète ces sentiment des citoyens de se positionner de la même manière en Ukraine, Gaza, Venezuela et maintenant en Iran. Et c'est du côté du droit international. Alors, j'entends bien dire des gens euh bah les droits internationales n'existent pas, il est violé.

Mais c'est un repère et pour un peuple avoir des repères de savoir ce qui est bien et ce qui n'est pas bien est important. Et c'est un peu ce que ce qui ce qui explique cette positionnement espagnol. C'est les les citoyens, vous savez, les citoyens espagnols n'est pas d'accord avec la guerre en Iran, mais il est d'accord avec la cause de l'Ukraine.

Alors, c'est pas qu'il n'est qu'il n qu'il n'aime pas la guerre, bien sûr que non, mais il fait la différence entre une guerre d'agression euh en Iran et une guerre d'agression de la Russie sur les graines sur le front ukrainien. Donc la la posture est la même. C'est rangé du côté du droit international.

Alors après ça, c'est aussi vrai que les droits internationales ne suffit pas pour se protéger et pour se défendre. D'où une augmentation aussi assez importante de la part de l'Espagne qui dépensait 0.7 % du PIB en matière de des défenses, très peu de plus petit en Europe, d'augmenter ces 0.7 7 % à 2 % du PIB dans l'espace de 2 ans, ce qui est un effort budgétaire considérable mais qui reflète aussi euh cette cette double protection, faire du droit international un point de repère et aussi construire des capacités des disuations avec des dépenses en matière de défense pour pour que pour protéger les citoyens si jamais l'Europe et l'Espagne est attaquée.

Mais on a quand même un le sentiment, on l'a vu par exemple avec la Voelta où là il y avait une équipe de de cyclistes israélien qui enfin d'ailleurs les cyclistes n'étaient pas israéliens mais l'équipe s'intitulait Israël premier tech. On a vu que ça suscitait beaucoup plus des mois qu'en France. à tel point d'ailleurs que à la suite de cette course on a considéré qu'il était bon de changer le nom de de cette équipe de cycliste.

Ça montre quand même qu'il y a un sentiment anti-israélien qui est plus fort en Espagne. À quelle tradition cela se rattache-t-il ? Je ne crois pas que ça soit un sentiment anti-israélien.

Je crois que c'est un sentiment anti-injustice. Et ce que les les Espagnols ont vu, beaucoup d'espagnols ont vu et d'ailleurs de gauche comme de droite dans ce qui s'est passé à au Gaza, c'était une injustice. Alors euh c'est vrai que parfois on fait l'amalgame entre cette injustice et une accusation permanente d'antisémitisme.

Ce qui n'était c'est pas je n'ai je n'ai pas fait cette amalgame. Non, non, mais j'ai dit ça c'est assez cour J'ai parlé de sentiment anti-isélien plus vif qu'en France et pas je je dirais que c'est je ne crois pas que ça soit juste mais c'est vrai qu'ils ont vu une injustice et que cette injustice il il l'exprime aussi dans l'espace public dans l'espace social. Ça c'est vrai.

Je veux dire sans faire du tout cette amalgame c'était pas du tout à ça que je je sonchais à Rancha Gonzalez. Moi, j'aurais plutôt évoqué une sorte de de solidarité plus forte avec les pays arabes en Espagne qu'en France. Oui et non.

Vous savez, à la fin euh l'Espagne s'est positionné d'une manière très forte par exemple pour la reconnaissance de de l'État de Palestine, mais la France l'a fait aussi. Je crois que la différence et ça c'est vrai, c'est que il y a en France une population juive plus forte qu'en Espagne. Et ça c'est ça c'est juste et donc ça s'exprime d'une manière différente.

Ah vous l'avez expulsé en 1492. Euh oui mais bon entre temps, il s'est passé deux choses. Vous savez le monde ne s'est pas arrêté à 1400 92. il s'est passé deux choses un traitement.

Mais euh au au-delà de ça, cela signifie qu'il y a aussi une tradition politique différente en Espagne. Mais cette euh c'est vrai que l'Espagne a été euh euh est proche des pays arabes, elle est euh voisine des pays arabes, elle a des relations étroites mais et ça sur ça étant un pays méditerranée, c'est pas si différent de la France. Mais je peux vous dire pour avoir été ministre des affaires étrangères qui a beaucoup voyagé en Israël, qui a beaucoup travaillé avec les autorités israéliennes de l'époque, euh en Espagne, on comprend pas la Méditerranée sans Israël et sans ses voisins arabes.

C'est c'est simplement, il faut trouver un espace où les deux peuvent vivre ensemble. Merci beaucoup Aroncha Gonzalz, vous venez de le dire, vous êtes ancienne ministre des affaires étrangères espagnol.