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Discours de Nicolas Dupont-Aignan au rassemblement des maires de France.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Locuteur 3

Je voudrais d'abord remercier les maires. Oui, remercier les maires pour leur parrainage. Car un maire qui parraine, c'est un maire qui fait vivre la démocratie. Et je remercie ceux qui ont parrainé au moment où il y a tant d'abstention. Le geste de parrainer montre à nos concitoyens qu'il faut s'engager, non pas pour soutenir. Le deuxième point sur lequel je veux insister, c'est que je suis maire depuis 22 ans. C'est le mandat que je préfère, où on réalise, on est avec la population.

Et je voudrais vous dire très clairement qu'on a et que j'ai vécu, comme vous, depuis un certain nombre d'années, la volonté d'une certaine technocratie, de l'État, de détruire, de détruire, et j'emploie le mot, systématiquement, la commune. Les maires, les conseillers municipaux, cet immense réseau de bénévoles à travers le pays. Oui, nous sommes en train d'assister à la mort de nos communes. Et c'est pourquoi je suis content de vous parler ici. Parce que ça suffit. Et il serait temps que les maires réagissent davantage. Beaucoup d'entre vous, beaucoup d'entre nous démissionnent. Arrêtent.

Parce qu'ils ont compris la manipulation, l'organisation générale du système, qui vise avec ces grandes régions absurdes, la destruction des départements et de leur péréquation, et de ces intercommunalités gigantesques, totalement bureaucratiques, totalement irresponsables. Ils ont bien compris que c'était leur mort. Derrière la mort des maires et des communes, il y a la mort des terroirs, des territoires. La richesse de notre pays. La richesse de notre pays. Première destination touristique mondiale. De notre agriculture. Alors il est très important aujourd'hui de se poser une seule question à la veille de cette élection présidentielle. Est-ce qu'on continue cette politique ?

C'est ce que proposent certains candidats. Vous les connaissez. Ceux qui ont gouverné d'ailleurs depuis 20 ans. Qui d'ailleurs proposent de baisser encore les dotations. M. Fillon, je le disais, 20 milliards. M. Macron, 10 milliards. Comment allons-nous faire alors qu'on sait pertinemment que les dotations aux communes ont déjà été considérablement réduites ? C'est la même politique en fait dictée par Bruxelles qui vise à casser le territoire national, sa structure, son architecture. Son architecture qu'on connaît bien. L'Etat, le département, la commune. Et remplacer cette architecture par l'Europe, la région, des grosses intercommunalités. Le retour d'un système féodal.

Alors je vous le dis très clairement, moi je propose une autre politique. L'autre politique, elle vise tout simplement d'abord à donner de l'oxygène aux communes et à réhabiliter la commune comme la cellule de l'organisme. Comme la cellule de base de la République. Et je vais vous expliquer comment. Ensuite, de remettre l'Etat sur les dossiers fondamentaux. Car le grand paradoxe, c'est qu'on a un Etat tatillon, qui multiplie les normes, qui dicte des réformes, qui asphyxie les communes, qui se mêle de ce qu'il ne regarde pas en dessinant les contours des intercommunalités, comme si c'était le rôle des préfets.

Et en même temps, ce même Etat a abandonné les services publics, n'a plus d'autorité sur la SNCF, sur EDF, n'a plus d'autorité sur les hôpitaux, sur l'éducation nationale. Et donc, on a un Etat qui se disperse dans les détails et qui s'est évanoui sur les dossiers fondamentaux. Alors, ma politique, elle est très simple. Je propose de faire exactement l'inverse. D'abord, on va redonner de la liberté aux communes. On va structurer l'organisation territoriale autour du département et de la commune. Et puis ensuite, on va réhabiliter un Etat stratège, le seul qui peut permettre l'aménagement du territoire, et éviter cette France à deux vitesses.

D'un côté, les métropoles, de l'autre, tout le reste qui est en train de crever. Et on le voit bien tous les jours. Alors, comment réhabiliter ? D'abord, donner de l'oxygène aux communes. Eh bien, en annulant cette terrible loi NOTRe, qui a fait tant de mal. Tant de mal. En consacrant la commune et ses compétences comme la cellule de base de notre République. En mettant fin aux intercommunalités forcées. Je l'ai vécu dans mon département de l'Essonne. Et j'ai parcouru la France à la recherche des parrainages, pour aller vous voir. Et j'ai vu partout cette même frustration des élus. Cette absurdité de construire des territoires qui n'ont rien à voir avec des bassins de vie.

Parce qu'il y a des technocrates à Bercy qui pensent qu'il faut que la patate soit plus grande sur le territoire. C'est complètement délirant. Vous passez des heures en réunion. D'ailleurs, vous n'allez même pas dans les réunions parce que ce sont les administratifs qui gouvernent. Ou les partis politiques qui ont mis main basse sur ces grandes intercommunalités. C'est la fin de l'autonomie communale. C'est la fin de la liberté des maires. C'est un système féodal qui est en train d'être mis en place. Alors, il y a les grands féodaux du royaume qui président les régions. Et puis, il y a les petits barons qui président les intercommunalités. Et les vrais maires y sont abandonnés.

C'est ça la réalité. C'est ça la réalité. Alors oui, je propose d'interdire les fusions forcées d'intercommunalités et d'exiger l'accord des conseils municipaux concernés. Je propose de maintenir un seuil de représentation minimum au sein des conseils communautaires. pour les petites communes totalement sous-représentées. Je propose aussi de donner aux communes rurales plus de liberté, notamment dans la définition de leur zone de constructibilité. Car nous sommes en train d'empêcher les communes rurales de se développer pour entasser toujours plus d'habitants dans les métropoles. Alors moi, dans ma ville, dans ma ville de banlieue, on m'oblige à construire.

Là où les gens ne peuvent plus vivre, parce qu'il n'y a pas de transport, parce que les gens sont malheureux, on les entasse dans des logements. Et puis, dans ce territoire merveilleux qui est le nôtre, on empêche de construire. Parce qu'il y a quelques technocrates dans des directions et dans des préfectures qui veulent décider à la place des communes, à la place des maires, qui savent ce qui est bon pour leur territoire. Alors il faut arrêter cette politique complètement folle, complètement contre-productive. Je veux renforcer aussi, bien sûr, le statut des élus, des maires et des élus municipaux.

Je voudrais qu'on comprenne bien que cette politique d'intercommunalité forcée est en train de déshabiller nos territoires du bénévolat des élus locaux. Quand il n'y aura plus d'élus locaux, d'adjoints pour la nuit se réveiller, pour déneiger, pour tondre les pelouses, pour aller voir la petite personne âgée qui est toute seule, on va mettre des fonctionnaires pour le faire, qui vont venir de l'intercommunalité, où il y a 62 communes ? On n'aura pas les moyens de le faire. Donc ça veut dire que derrière cette politique, il y a l'abandon de nos territoires ruraux. Et si nos territoires ruraux sont abandonnés, comment va vivre notre territoire ? Comment va vivre notre agriculture ?

Comment vont être installés les commerces ? Comment vont vivre nos personnes âgées ? Comment vont se développer économiquement les bourgs ? On assiste à un grand déménagement du territoire parce que les mauvaises décisions ont été prises au sommet et ils veulent continuer. Et ils viennent vous raconter des fadaises avec des conférences intercommunales. Ça veut dire quoi ? Des réunions pour dire qu'on va vous emmener tranquillement vers cette voie. Ce qu'il faut, c'est changer la ligne. Il faut changer de cap. Il faut totalement revoir la politique des collectivités territoriales. Il faut aussi bien sûr stopper la baisse des dotations. Je ne vous dirai pas qu'il faut les augmenter.

Ce serait démagogique. En revanche, il faut arrêter. Je ne vois pas sincèrement comment mes concurrents vont trouver 20 milliards pour l'un et 10 milliards pour l'autre. Je sais ce qu'est une dépense d'une commune. Je sais que la dernière baisse nous a conduit vraiment à des sacrifices considérables. Alors peut-être pas pour certaines communes riches, compte tenu des inégalités de DGF, mais pour la plupart des communes c'est tragique. Et derrière, ce sont les services à la population. Alors je vois que certains veulent supprimer un impôt, surtout pas l'impôt de l'État d'ailleurs, c'est curieux. Et après, ça va faire comme la taxe professionnelle.

Il y aura une augmentation fixée, il n'y aura pas d'évolution et vous serez cuit. Vous serez simplement un guichet, un guichet de l'État. Voilà ce qu'il vous propose. Cela veut dire aussi qu'il faut quand même rétablir l'égalité de la DGF et que c'est un immense chantier extrêmement difficile. J'ai vu que l'organisation, l'AMF le voulait, extrêmement difficile à mettre en place. Je propose de renforcer la dotation d'équipement des territoires ruraux. Car la baisse des dotations des 10 milliards menées par ce gouvernement a pénalisé davantage les territoires ruraux.

Parce que la part des dotations est beaucoup plus importante dans les petites communes que dans les grandes par rapport aux impôts. Et c'est pourquoi je propose notamment que l'on réserve, le cas de le dire, l'argent de la réserve parlementaire pour les petites communes de moins de 500 habitants. Pour qu'il y ait ainsi une petite dotation supplémentaire, notamment pour l'entretien du patrimoine. Je veux aussi créer un fonds de sauvegarde du patrimoine rural en ouvrant une déduction fiscale de 66% pour les dons aux communes de moins de 1000 habitants. Dans la limite de 10 000 euros. Pour que les habitants aussi puissent participer, défiscaliser, pour sauver leur patrimoine.

Enfin, il faut alléger les normes et tout le monde est d'accord. Tout le monde le propose et on en craint de nouvelles. Parce qu'en vérité, ils n'ont plus le pouvoir de les alléger. Ils les ont transférés à Bruxelles. Ils ont accepté que des gens non élus décident à notre place. Et c'est pourquoi il faut revoir fondamentalement l'organisation européenne. Sinon, nous serons le président de la République, n'est que le patron d'un lander allemand. Et on ne fait rien de bon quand on n'est pas libre. Et notre pays doit retrouver sa liberté, mais c'est une autre histoire. Mais fondamentale quand même. Une fois qu'on a redonné de l'oxygène, de l'oxygène à nos communes.

Une fois qu'on a fait confiance aux élus locaux. Une fois qu'on a compris que les maires ruraux sont des quasi-bénévoles. Et qu'on ne peut pas leur demander de faire ce travail de bénévolat si on leur retire toutes les compétences. S'ils sont simplement un guichet. Et bien une fois qu'on a fait ça, il ne s'agit pas que l'Etat continue de s'évanouir. Parce que les communes rurales ne peuvent pas tout faire. Les départements non plus d'ailleurs, je l'ai dit à l'Association des départements de France. Si parallèlement on ne retrouve pas une stratégie d'Etat. Qu'est-ce que veut la France pour son territoire ?

Est-ce qu'on continue à faire confiance aux féodaux du royaume, qui vont concentrer toutes les richesses dans les métropoles et dans les grandes villes, laissant mourir nos territoires ? Ou est-ce qu'au contraire l'Etat retrouve, ce qu'il n'a perdu depuis Charles Pasqua, une vraie politique d'aménagement du territoire ? Ça veut dire quoi une politique d'aménagement du territoire ? Cela veut dire d'abord qu'on a une vision générale. Est-ce qu'il est normal qu'au XXIe siècle, dans notre pays, il y ait des zones blanches partout de téléphonie ? Est-ce que c'est normal que le haut débit se développe au petit bonheur la chance, en fonction de la volonté des opérateurs ou des départements ?

Est-ce que c'est normal que l'on mette 5 milliards d'euros pour changer les compteurs électriques, qui sont en parfait état, et qu'on soit incapable de mettre 3 milliards d'euros pour se substituer au département, pour accélérer le haut débit ? Moi j'aimerais qu'on m'explique. Est-ce que c'est normal qu'on mette 25 milliards dans le Lyon-Turin, alors que le tunnel du Fréjus est aux trois quarts vides, et qu'on ne soit pas capable de mettre l'argent qu'il faut pour que tous les territoires ruraux, et toutes nos communes rurales et nos villes moyennes soient reliées au très haut débit, à la fibre internet ? Car c'est ça l'enjeu.

Est-ce qu'un jour dans notre pays, il va y avoir une autorité de l'Etat qui a un cap, et qui met fin au baronni des grandes entreprises publiques, à ces espèces de monopoles privés, à statut public, la SNCF, qui ferme les arrêts au petit bonheur la chance, qui décide avec un mépris incroyable pour les élus locaux, on vous demande de payer, et puis c'est un président de la SNCF qui est au-dessus de tout, qui survit à tous les régimes, et qui décide. Est-ce que c'est normal ? Alors oui, moi j'estime que les préfets, l'Etat, doivent laisser vivre les élus locaux, leur faire confiance, et en revanche reprendre en main les organismes d'Etat, pour avoir une politique coordonnée.

Car c'est ça l'enjeu. Notre pays ne souffre pas de manque d'argent. Il souffre d'un manque de direction, d'un manque de priorité, d'un manque de cohérence. Alors oui, il y a des choix à faire. Le haut débit, la fracture numérique, c'est fondamental. Car vous ne pourrez pas développer l'économie dans les territoires ruraux, dans les villes moyennes, s'il n'y a pas le haut débit au plus vite. C'est pas 2020, 2022. Et d'ailleurs ça sera 2030 si on continue comme ça. C'est une politique égale, unitaire. Et là l'Etat doit mettre les 3 milliards qu'il faut, rapidement. Et doit mettre au pas les opérateurs.

Car quel est l'intérêt d'avoir 4 réseaux dans les grandes villes, et d'avoir ensuite le désordre dans les petites villes ? D'ailleurs je remarque qu'en Allemagne, il y a un ministère des réseaux, je remarque qu'en Suisse, l'Etat a nationalisé les réseaux, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'économie privée ensuite pour ce qu'il y a dans les réseaux. En un mot, je veux qu'on reprenne en main l'Etat. Je voudrais qu'on fasse pareil pour la SNCF, qu'on fasse peut-être la clarté. Je voudrais qu'on renationalise les sociétés d'autoroutes, puisqu'aujourd'hui, aller sur une autoroute c'est un privilège, et qu'un semi-car ne peut plus le faire.

Ce sera très rentable, quand on connaît les profits qu'accumulent les sociétés d'autoroutes. En 5 ans, c'est rentabilisé le rachat des autoroutes. Et ensuite, on pourra avoir une vraie politique de péréquation. Ça c'est important, ça c'est le rôle de l'Etat. Alors je pourrais aussi vous parler des commerces, je ne pourrais pas vous parler des services publics. Est-ce qu'il est intéressant de supprimer les classes, comme on le fait maintenant, comme l'éducation nationale veut le faire, alors même qu'il y a déjà eu un énorme effort de regroupement des classes ? Qu'il y a eu des initiatives très intéressantes entre les communes, avec des écoles et un système de classes dispersées.

Il y a déjà eu un effort de rationalisation considérable. Mais je vois les directives de certains recteurs dans le désordre, et on veut toujours faire croire aux élus et aux Français que plus c'est gros, mieux c'est. C'est tout à fait l'inverse. C'est tout à fait l'inverse. Il faut s'appuyer sur la diversité de notre territoire. Je ne vais pas répondre sur la santé, parce que je crois que j'ai une question dessus. Mais pour conclure mon propos, on m'a dit qu'il y avait deux questions. Moi, je suis franc. Pour conclure mon propos, je veux vous dire très sincèrement que 2017 sera la dernière bifurcation si l'on veut valoriser nos territoires.

Et que moi, je n'accepte pas cette France à deux vitesses. Cette France à deux vitesses, elle met en péril l'unité nationale et elle nous amène d'énormes troubles sociaux et politiques. J'aimerais que les maires réagissent beaucoup plus fortement, que l'association des maires de France soit beaucoup plus virulente face à cette politique qui est en train de détruire la commune. Et la commune, c'est la République. Et s'il n'y a pas l'égalité des communes, si on revient à ce système féodal, eh bien, je crains que notre beau pays ne soit plus le même.

Et quand je vois comment on entasse les habitants malheureux dans tant de villes où l'on construit toujours plus, où l'on dépense toujours plus, et quand je vois les communes qui se meurent, où les biens ne valent plus rien, où les jeunes s'en vont, où les médecins disparaissent, eh bien, je me dis qu'il y a urgence et que les maires sont nos alliés et qu'on doit compter sur eux. Merci.

15:01
Locuteur 4

Cela, Dupont-Aignan, désormais, deux questions. Vous connaissez la règle. Je répète la règle, une quinze par question. Pardon de faire le méchant, mais il faut le dire pour tout le monde. La parole est donnée d'abord. Je vous présente M. Bernard Vauria, qui est le président de l'Union départementale des maires d'Ordogne et maire de Saint-Jaurie-de-Chalet. C'est à vous.

15:22
Locuteur 2

Bonjour M. Dupont-Aignan. Bonjour M. le Président. Donc, je suis issu, comme on l'a dit, d'un territoire rural. Et je vais vous parler et je vais vous poser une question de la fracture numérique. Aujourd'hui, vous avez parlé des zones blanches, du haut débit, qui n'est pas le très haut débit. Très haut débit. ADSL. Vous avez parlé de la... Mais vous allez en parler plus finement tout à l'heure. La 3G. La 4G, on l'attend encore dans la plupart de nos territoires.

Et on pourrait aussi envisager ce qui a été une des raisons d'être des années 70-80, c'est-à-dire l'augmentation énorme du Delta LP avec le service universel du téléphone, qui aujourd'hui, s'il existait, permettrait d'office d'avoir du haut débit et de ne plus avoir de zone d'ombre ou de zone blanche. Aujourd'hui, il y a eu des choses intéressantes qui ont été faites avec ce qu'on appelait le Fonds pour la Société Numérique, qui est insuffisant, mais qui a permis de prendre en compte des différences, notamment la densité démographique, et ça nous intéresse au niveau des territoires ruraux. Les 20 milliards du FSN sont insuffisants.

Alors ma question, c'est qu'est-ce que vous allez faire, question précise, par rapport à ce qui n'est pas encore, mais ce qu'on pourrait envisager, un service universel, le très haut débit, la fibre optique, dans tous les territoires, et en prenant en compte que les zones AMI, les zones qui sont réalisées par les opérateurs, sont objectivement des zones rentables et urbaines, mais qui font que les opérateurs se désintéressent totalement du monde rural. Qui nous reste à financer ? Avec quoi ? Écoutez,

17:08
Locuteur 3

je l'ai abordé indirectement, je pensais très haut débit. D'ailleurs, j'ai la chance d'avoir une ville. Ma ville a été terminée de câbler en très haut débit il y a maintenant, fin 2015. J'étais une des premières villes d'Ile-de-France hors Paris, avec une expérimentation d'un opérateur, peut-être aussi pour me calmer tellement je râlais. Mais ça a modifié, je veux le dire, totalement, totalement, le mode de fonctionnement de notre société. Télétravail, capacité des personnes à rester une journée chez elles, accueil d'entreprise. On n'imagine pas la révolution du numérique, d'où l'importance du très haut débit. Alors je vais vous répondre très clairement.

L'usine à gaz qu'on a inventée, c'est très sympathique, mais c'est l'exemple même de la démission de l'État. Alors moi je vous le dis, le réseau très haut débit, ça sera repris en main par l'État, qui mettra en place avec les opérateurs de manière autoritaire, autant le dire, avec une loi, un système, il y a une partie qui sera payée par les opérateurs, et puis l'autre, l'État le financera. Et on va arrêter ces fonds à 4 étages, 5 étages, ces conventions, tout ça est grotesque.

Que les départements s'occupent de leurs compétences, on l'aura déjà dit, que les communes s'occupent de ce qu'elles ont à faire, et puis les préfets, là, plutôt que de s'occuper des frontières des intercommunalités, auront du boulot. Et l'objectif, c'est qu'en 5 ans, tout le territoire français soit câblé, en très haut débit. Et on est tout à fait capable de le faire, non seulement avec les opérateurs qu'on a, encore qu'il faudrait veiller à ce qu'ils n'achètent pas des produits chinois, ce qui est quand même important. Et si on veut relocaliser des emplois, ça veut dire une vraie politique, là, pour le coup, je l'assume, dirigiste. Dirigiste, et des pays libéraux le font.

En revanche, l'État n'a pas à se mêler des détails de la vie des collectivités et a multiplié les normes inutiles. Et si on fait ça, vous verrez qu'on est tout à fait capable de câbler. Ça veut dire une dépense. Nous l'avons chiffré à 3 milliards supplémentaires. On pourra monter à 5 milliards. Mais comme on fera des économies complètement inutiles, on y arrivera. Voilà. Je pense qu'on est quand même dans un pays... Souvenez-vous quand même des programmes. On a construit des centrales nucléaires en combien de temps ? On a été capable de le faire. On a construit des TGV en combien de temps ? On a été capable de le faire.

Le problème de fond de notre pays, ce n'est pas l'incapacité à faire, c'est l'incapacité à décider, à organiser, à retrouver une volonté publique. C'est ça l'enjeu de la présidentielle. Et un président de la République, ce n'est pas le ministre des Finances, quand j'entends les débats, j'ai l'impression qu'on est en train de choisir le ministre de Bercy. Le président de la République, c'est celui qui fixe des orientations, des priorités, des capes et des méthodes. Et là, vous avez ma méthode.

19:54
Locuteur 4

Question suivante, elle vient d'Anne-Marie Coulon, qui est présidente de l'Association des maires et président des communautés de Vendée et maire de Mouzeuil-Saint-Martin. C'est à vous, Madame le maire.

20:02
Locuteur 1

Bonjour, Monsieur Dupont-Ignan. Je voulais vous interpeller sur ce qui reste au cœur des préoccupations de tout Français, l'accès aux services publics. Aujourd'hui, grâce aux communes et grâce à tous nos élus, aucun territoire n'est abandonné. Pourtant, nos territoires ruraux voient disparaître jour après jour nos services de proximité et j'en veux pour exemple la désertification médicale. Les élus ruraux et maintenant urbains s'inquiètent pour la santé de leurs concitoyens qui n'ont plus un accès correct aux soins. Les maires, soucieux de répondre à ces problématiques, ont dépensé beaucoup de temps, beaucoup d'énergie et beaucoup d'argent pour trouver et installer des médecins en vin.

Alors, pour assurer un égal accès aux services publics, comment pensez-vous demain porter sur tous nos territoires, qu'ils soient ruraux ou urbains, une véritable politique d'aménagement du pays ambitieuse, responsable, équilibrée et soucieuse de protéger tous les Français tout en répondant aux réalités sur le terrain.

21:13
Locuteur 3

C'est sans doute la question la plus difficile et celui qui ici vous dirait je vais y arriver, je suis sûr d'y arriver, serait peut-être un peu prétentieux. En tout cas, cela sera à ne pas douter la priorité absolue des cinq prochaines années, d'ailleurs, j'imagine pour tous les candidats. D'abord, pourquoi on en est là ? Il faut peut-être traiter les causes du malaise. Il y a certains décideurs politiques qui ont cru qu'en réduisant le nombre de médecins, on allait réduire le nombre de malades. Et on continue. Et on importe 25% de médecins étrangers. Et on conduit nos jeunes qui veulent faire médecine à partir en Roumanie. Et on ne vérifie pas les diplômes de ceux qui arrivent.

Alors moi, je veux qu'on vérifie les diplômes de ceux qui arrivent, qu'on augmente le numérosclusus à 10 000, mais ça se verra en effet dans 10 ans. Donc en attendant, on va subir une certaine situation. Mais il faut quand même traiter cette cause. Il est inacceptable qu'un jeune Français qui a la vocation soit obligé de partir à l'étranger. Il est inacceptable qu'on ne vérifie pas les diplômes de ceux qui arrivent. Et malgré leur grand apport à la collectivité, il y a aussi des problèmes. Deuxième point, il faut qu'on ait des mécanismes incitatifs très forts. Je propose dans mon projet, d'ailleurs je fais une parenthèse, vous pouvez le consulter sur nda-2017.fr.

On a fait un travail avec 700 propositions, 200 pages, un vrai travail sérieux. Je propose que l'on supprime toute charge sociale pour les médecins qui accepteront de signer un contrat de 5 ans pour s'installer dans une zone sous-médicalisée. Ce n'est pas une mesurette où on donne une petite prime tout de suite. C'est qu'on assure un revenu supérieur important à celui qui décide d'aller dans une zone sous-médicalisée. C'est vraiment une vraie carotte. Je ne sors pas encore le bâton parce que est-ce qu'un jour il ne faudra pas passer à un système comme les pharmacies ? Je ne le veux pas. Les médecins y sont hostiles. Il faut être clair.

Mais soit on réussit à mettre une vraie mesure incitatrice très forte, très forte, qui va coûter de l'argent mais moins que la désertification médicale, soit on n'y arrivera pas et on aboutira un jour à des mesures coercitives que je ne souhaite pas. Donc, une mesure très incitatrice. Parallèlement, je pense qu'il faut revoir le fonctionnement des agences régionales de santé. Si vous avez compris comment elles fonctionnent, moi, je n'ai toujours pas compris. Ça fonctionnait bien dans les départements. Il y avait un ministère de la Santé, il y avait des directions départementales, tout ça marchait.

On a inventé, comme toujours, parce qu'il y a cette folie, mais c'est une folie, de croire que parce qu'on va créer un ensemble régional gigantesque, on va y arriver. Non. On crée une bureaucratie pire que l'État. Et parallèlement, on n'est plus près de la proximité. Il n'y a plus de proximité. Donc, je pense que les agences régionales de santé sont à défaire, à reconstruire et de le redescendre au niveau des départements. Avec un État qui s'est structuré comme il a toujours été structuré, beaucoup plus simple.

Je propose que cette agence départementale de santé, en liaison pour le coup avec les conseils départementaux, les communautés de communes qui survivent à taille humaine, revoient la politique des maisons de santé. Il y a actuellement une concurrence folle sur les maisons de santé. Alors, chacun veut sa maison de santé. C'est dans le désordre. Et on dépense tous, je le fais moi-même, on dépense tous de l'argent à celui qui construira le plus vite sa maison de santé. Gâchis d'argent considérable. Et puis, finalement, c'est le désordre.

On voit même d'ailleurs des médecins partir de petits villages pour s'installer dans une maison de santé dans la ville qu'on a subventionnée ou que la ville principale a subventionnée. Donc, il faut remettre de l'ordre là aussi. Moi, j'ai un principe et j'ai 33 secondes pour le dire. C'est que si on veut que tout marche, il faut que chacun exerce bien sa compétence sans interférence. Alors, rendons aux communes, aux départements leur pleine compétence, laissons-les vivre tranquillement, assumer leurs compétences et en revanche, l'État reprend en main des domaines vitaux pour l'avenir du pays. C'est comme ça qu'on résoudra le problème.

Il y a aussi une initiative très intéressante et je finis là-dessus, des camions mobiles de santé que j'ai vus, je crois, à Besançon avec notamment des IRM, un système très intéressant où c'est l'équipement qui se déplace. Et je pense que c'est à suivre peut-être de manière expérimentale. Merci.

25:32
Locuteur 4

Merci à Nicolas Dupont-Aignan.