Michèle Rivasi : "Si Hamon gagne la primaire, il faudra un programme commun avec Hamon, Mélenchon et Jadot"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
En quoi Benoît Hamon est-il plus compatible que Benoît Valls, selon vous, sur les questions écologiques ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Et sur la route qui mène à l'Elysée, est-ce qu'il y aurait des rapprochements possibles ? Et lesquels entre les écologistes et Benoît Hamon ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Les questions d'actualité vers la fermeture de la centrale de Fessenheim. Hier, EDF a donné son feu vert pour un protocole d'indemnisation de la plus vieille centrale de France. C'est un premier pas, mais il reste encore quelques conditions à remplir. Est-ce que, comme d'autres écologistes, vous êtes enthousiaste ou vous attendez un petit peu avant de crier victoire ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Michel Rivasi, l'Assemblée nationale va se prononcer aujourd'hui sur la réforme du code minier qui interdit définitivement l'exploitation et même l'exploration des gaz de schiste. Un texte qui a été plusieurs fois remanié pour le rendre un peu plus vert à chaque fois. Est-ce que ce texte final vous semble désormais acceptable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurFait
« Quand vous écoutez Benoît Hamon, il parle de transition énergétique, il parle de perturbateurs endocriniens qui sont responsables, pour une bonne part, d'épidémies de cancer. »
- 0:27PrésentateurFait
« Il parle de la sortie du diesel, il parle du mix énergétique. »
- 1:35PrésentateurPromesse
« Si Benoît Hamon est élu, moi, je pense qu'il faut proposer déjà une rencontre entre Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, parce que c'est mon candidat, et Benoît Hamon. »
- 1:40PrésentateurFait
« Et le suicide politique, ça serait de se retrouver avec M. Fillon et Mme Le Pen au deuxième tour. »
- 3:26PrésentateurFait
« Moi, écoutez, je suis contente, mais en même temps, je me dis que ça n'ira pas jusqu'au bout. »
- 3:52PrésentateurFait
« On dirait que, un, il y avait ça dans son programme, c'était le point 41, la fermeture de Fessenheim. »
- 4:07PrésentateurFait
« Il est encore dans le nucléaire et il dit, on va rouvrir Fessenheim et on va encore dépenser des milliards pour le carénage. »
- 6:06PrésentateurFait
« Vous voyez que l'intégration de la COP21, de la transition énergétique, on a signé la COP21, ça veut dire qu'on n'extrait plus aucun hydrocarbure, qu'il soit conventionnel ou non conventionnel. »
Temps de parole
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Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Michel Rivasi, eurodéputé Europe Écologie-Les Verts et soutien de Yannick Jadot pour l'élection présidentielle.
Bonjour Michel Rivasi. Bonjour. En quoi Benoît Hamon est-il plus compatible que Benoît Valls, selon vous, sur les questions écologiques ? Stop.
Ah ben, il n'y a pas photo. Quand vous écoutez Benoît Hamon, il parle de transition énergétique, il parle de perturbateurs endocriniens qui sont responsables, pour une bonne part, d'épidémies de cancer. Il parle de la sortie du diesel, il parle du mix énergétique. Je veux dire, je n'entends pas du tout ça chez Valls. C'est pour ça que je disais à tous les militants sympathisants du Parti Socialiste qu'il faut voter Benoît Hamon pour un avenir écolo-compatible. On ne peut plus. Et lui, il le dit très bien, je ne peux plus être socialiste sans être écologiste. Et ça, vous voyez, Macron, il faudrait qu'il prenne des cours en écoutant Benoît Hamon.
Parce que l'écologie, c'est complètement absent. Vous parlez de Macron ou de Valls ? Je parle de Macron et je parle bien sûr de Valls. Mais Valls, vous savez, il a eu cinq ans pour le faire et il ne l'a toujours pas fait. Il n'a pas compris que maintenant, l'avenir, il est construit sur deux pôles. Enfin, je dirais même trois pôles. Le pôle social, le pôle écologique et le pôle démocratique.
Et sur la route qui mène à l'Elysée, est-ce qu'il y aurait des rapprochements possibles ? Et lesquels entre les écologistes et Benoît Hamon ?
Alors, pour l'instant, moi, j'attends la fin de la primaire dimanche. Bien sûr. Si Benoît Hamon est élu, moi, je pense qu'il faut proposer déjà une rencontre entre Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, parce que c'est mon candidat, et Benoît Hamon. Parce qu'on ne peut pas se retrouver à quatre. Si vous voulez, moi, je n'ai pas envie d'un suicide politique. Et le suicide politique, ça serait de se retrouver avec M. Fillon et Mme Le Pen au deuxième tour. Donc, j'espère qu'il y aura une intelligence collective de faire un projet commun. Et après, on verra. Il faut mettre de côté les égaux.
On verra quel est le meilleur candidat pour porter un programme, quand ces gens-là seront capables de s'entendre et de proposer un programme, une espèce de programme commun, justement, écolo-compatible.
Sauf que vous connaissez déjà la réponse de votre candidat, Yannick Jadot, qui n'a pas l'intention de se désister pour un candidat socialiste avant le premier tour.
Mais écoutez, que Benoît Hamon gagne déjà cette primaire, après, moi, je pousserai, et je pense qu'il y a plein de militants, qu'ils soient au parti de M. Mélenchon pour les Insoumis, qu'ils soient au niveau des écologistes ou même des socialistes, pour essayer de trouver un pont commun.
Juste pour y voir clair dans votre schéma, qui se désiste pour qui ? C'est en cas de Mélenchon, Hamon et...
Ah mais pour l'instant, écoutez, les jeux ne sont pas faits. Qui se rencontre ? Qui construise quelque chose ensemble ? Et après, on verra. Peut-être qu'on votera par rapport aux trois. Tout est possible, mais le tout, il faut qu'ils s'entendent par rapport à un programme d'avenir. On ne peut pas rester à quatre, sinon on va complètement se disperser. Et là, on fait le lit de Marine Le Pen et de M. Fillon.
Les questions d'actualité vers la fermeture de la centrale de Fessenheim. Hier, EDF a donné son feu vert pour un protocole d'indemnisation de la plus vieille centrale de France. C'est un premier pas, mais il reste encore quelques conditions à remplir. Est-ce que, comme d'autres écologistes, vous êtes enthousiaste ou vous attendez un petit peu avant de crier victoire ?
Écoutez, ça fait des années qu'on attend cette fermeture. Elle devait être faite déjà en décembre 2016, comme l'avait dit François Hollande. Moi, écoutez, je suis contente, mais en même temps, je me dis que ça n'ira pas jusqu'au bout. Pourquoi ? Parce que ce qui est dit, c'est qu'effectivement, le conseil d'administration a dit qu'on ferme, mais après, il faut qu'il y ait un décret de fermeture. Et on va le prolonger jusqu'en 2018, le temps de l'ouverture de l'EPR de Flamanville. Mais en 2018, ce n'est plus François Hollande qui est président de la République. Si c'est M. Fillon, on peut revenir sur le décret. Vous voyez, on a trop attendu.
On dirait que, un, il y avait ça dans son programme, c'était le point 41, la fermeture de Fessenheim. Et là, au dernier moment, il s'y prend et donc il laisse le relais, en fait, aux autres. Et quand j'ai écouté M. Fillon, alors lui, il n'est absolument pas écolo-compatible. Il est encore dans le nucléaire et il dit, on va rouvrir Fessenheim et on va encore dépenser des milliards pour le carénage, c'est-à-dire la mise en conformité de ces centrales, alors qu'on doit absolument se tourner sur les énergies renouvelables. Donc, c'est une annonce, si vous voulez, qui, pour moi, n'ira pas jusqu'au bout et qui n'est pas réglo.
Parce que, vraiment, il fallait la fermer, cette vieille centrale, et puis fermer d'autres centrales pour atteindre les objectifs de la transition énergétique. Qu'a obtenu EDF en échange et qu'est-ce que vous pensez de cet échange ? Ouh là, ça a été un sacré rapport de force. Parce qu'EDF ne voulait pas fermer. Et il y a tous les syndicats qui ne voulaient pas fermer. Donc, qu'est-ce qu'il y a eu comme levier ? Il y avait deux leviers importants. Il y avait l'arrêté, justement, de la création de Flamanville, puisqu'ils ont dépassé les 10 ans et là, il faut une nouvelle autorisation. Et puis, il y a l'autorisation sur le réacteur de Paluel.
Quand il y a eu ce générateur de vapeur qui est tombé, eh bien, ça fait plus de deux ans que cette centrale est arrêtée. Et au bout de deux ans, il faut un nouveau arrêté d'exploitation. Donc là, si EDF n'avait pas transigé, vous voyez, à la demande de François Hollande, eh bien, on ne donnait pas ces autorisations. Et c'est ça qui a fait basculer EDF.
Michel Rivasi, l'Assemblée nationale va se prononcer aujourd'hui sur la réforme du code minier qui interdit définitivement l'exploitation et même l'exploration des gaz de schiste. Un texte qui a été plusieurs fois remanié pour le rendre un peu plus vert à chaque fois. Est-ce que ce texte final vous semble désormais acceptable ?
Alors là, on est dans le même cas de figure que fait ce Naïm. On fait ça au dernier moment. C'est un serpent de mer, ce code minier. Ça fait depuis des années qu'on devait le modifier. Modifier pourquoi ? Un, accès à l'information pour tous les Français quand l'État va donner un permis. Une saisine citoyenne. Une saisine citoyenne. Bon, là, on n'est pas allé jusqu'au bout. Après, il faut que l'État puisse dire qu'on n'est pas d'accord avec le code minier.
Vous voyez que l'intégration de la COP21, de la transition énergétique, on a signé la COP21, ça veut dire qu'on n'extrait plus aucun hydrocarbure, qu'il soit conventionnel ou non conventionnel, pour respecter le fait de ne pas aller au-delà des 2 degrés. Alors là, moi, je suis contente, cet article sur les gaz de schiste, ça fait des années qu'on se bagarre là-dessus, que maintenant, on élimine tout processus, que ce ne soit pas que la fracturation hydraulique, toutes les techniques pour aller chercher les hydrocarbures, mais il aurait fallu dire, maintenant, c'est terminé. On est dans un nouveau monde. On n'extrait plus d'énergie fossile, conventionnelle ou non conventionnelle.
Et regardez la mine d'or qui a été ouverte en Guyane. Vous croyez qu'il y a l'information ? Et vous croyez qu'on peut arrêter un processus qui est parti ? Donc là aussi, ça n'ira pas jusqu'au bout, puisque tout va s'arrêter fin février, et on aura ce code minier qui aura fait la balade entre l'Assemblée nationale et le Sénat.
Voilà. Merci Michel Rivasi, donc eurodéputé Europe Écologie, Les Verts et soutien de Yannick Jadot pour l'élection présidentielle. Merci et bonne journée.
Michèle Rivasi