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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 14 mai 2025 12 minActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesSanté

L’Europe veut stopper le gaz russe, et ça peut tout changer

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  • 0:37PrésentateurChiffre
    « ses achats de charbon ont cessé dès le mois d'août 2022 alors qu'ils représentaient près de la moitié de la consommation européenne. »
  • 0:54PrésentateurChiffre
    « Le pétrole russe dans les importations européennes est passé de 27% avant février 2022 à seulement 3% aujourd'hui. »
  • 1:40PrésentateurChiffre
    « c'est tombé à 19% en 2024 et ça devrait tomber a priori aux alentours de 13% en 2025. »
  • 7:24Emmanuel MacronFait
    « « Ce que fait aujourd'hui le gouvernement de Benyamin Netanyahou à Gaza est inacceptable. » »
  • 7:29Emmanuel MacronFait
    « « A noter que le président a refusé d'utiliser le terme de génocide. » »
  • 7:51Emmanuel MacronFait
    « Emmanuel Macron s'est dit opposé aux portes de signes religieux en compétition »
  • 7:57Emmanuel MacronFait
    « favorable à des locations de places de prison à l'étranger, ainsi qu'à une participation symbolique des détenus à leurs frais de détention »
  • 8:06François BayrouFait
    « « Je maintiens, je n'ai pas eu d'autres informations que par la presse, je n'ai bénéficié d'aucune information privilégiée. » »
  • 8:53Elisabeth BornePromesse
    « vouloir un droit à la déconnexion pour les espaces numériques de travail des élèves ou ENT »
  • 9:16Elisabeth BornePromesse
    « vouloir interdire les téléphones portables dans tous les collèges à partir de la rentrée »

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C'est un sujet extrêmement délicat. Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, la question du gaz russe est devenue un enjeu majeur pour la France et pour l'Union Européenne, longtemps dépendante de la Russie pour ses besoins en gaz. L'Europe veut aujourd'hui s'en détacher pour que la Russie ne puisse plus financer sa guerre. Mais alors, est-ce que c'est réellement possible ? Et pourquoi est-ce que c'est un sujet aussi important ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. C'est donc le sujet à la une des actualités du jour.

Alors depuis février 2022, l'Union Européenne a déjà réduit de façon très importante ses importations d'hydrocarbures venant de la Russie. Par exemple, ses achats de charbon ont cessé dès le mois d'août 2022 alors qu'ils représentaient près de la moitié de la consommation européenne. Et malgré les efforts et les tentatives de la Russie de contourner ses sanctions, eh bien cette interdiction européenne, elle a eu un impact assez important. On peut aussi parler du pétrole. Le pétrole russe dans les importations européennes est passé de 27% avant février 2022 à seulement 3% aujourd'hui.

Mais il y a quelques jours, la Commission Européenne, donc l'une des principales instances de l'UE, est allée encore plus loin. Elle a présenté sa feuille de route pour en finir avec le gaz russe d'ici 2027, d'ici donc 2 ans et demi. Il faut savoir qu'autant ça a été facile, par exemple, sur le pétrole ou sur le charbon, autant sur le gaz russe, il était encore massivement importé.

Il faut savoir que la part du gaz russe dans les importations de l'Union Européenne, un gaz donc qui peut être utilisé pour se chauffer ou pour plein d'autres activités au sein de l'Union Européenne, bien ce gaz qui venait de Russie, c'était 45% des importations de l'UE en 2021, donc avant le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, c'est tombé à 19% en 2024 et ça devrait tomber a priori aux alentours de 13% en 2025. Sachant que quand on parle de gaz ici, sans rentrer dans les détails techniques, c'est à la fois du gaz qui va circuler par des gazoducs et à la fois ce que l'on appelle du GNL, bon j'en parle dans les détails mais c'est donc du gaz naturel liquéfié.

Ce type de gaz, il peut être acheminé par bateau. Donc 13% de gaz russe en Europe en 2025, c'est certes de moins en moins mais ça reste beaucoup. Alors je le disais, l'Union Européenne via la Commission Européenne a annoncé un plan et il y a notamment deux échéances. L'objectif c'est que fin 2025, il y ait l'interdiction de tout nouveau contrat avec des entreprises russes sur du gaz. Et fin 2027, l'idée c'est d'avoir une extinction progressive de tous les contrats à long terme existants qui consistaient donc à acheter du gaz de la Russie pour arriver donc à terme en 2027 à zéro importation de gaz russe en Europe. Alors pourquoi tout cela ?

Eh bien l'objectif, on en a déjà parlé dans le passé, c'est de priver la Russie de revenus qui sont issus donc de l'exportation de gaz et des revenus qui peuvent être utilisés pour financer la guerre en Ukraine. Et donc pour revenir à la question de cette feuille de route, l'idée c'est que là c'est porté par la Commission Européenne mais en l'occurrence pour que ce soit efficace et pour que ça fonctionne, eh bien il faut que ce soit ensuite voté à l'échelle de chaque état membre ainsi qu'à l'échelle du Parlement européen. Et ça nous permet de venir naturellement au point important à comprendre sur ce sujet.

Tout le monde n'est pas d'accord sur le fait de stopper les importations de gaz russe. Alors pourquoi ? Eh bien parce que déjà il y a certains états membres qui restent très dépendants du gaz qui vient de la Russie. On peut penser à la Hongrie par exemple, qui s'oppose fermement à toute coupure brutale et qui invoque un risque de souveraineté énergétique. Et au passage, pour ce qui est de la France, la France continue à importer du gaz venant de Russie. Plus précisément en fait, c'est du gaz naturel liquéfié qui vient de Russie. Et d'ailleurs sur ce point-là, on peut noter qu'en 2024, les importations de gaz naturel liquéfié russe ont bondi de 80% en France.

C'est donc des discussions qui s'annoncent tendues, sachant que l'une des craintes les plus importantes, c'est une crainte d'augmentation du prix du gaz en Europe. Pourquoi ? Eh bien parce qu'il y aurait donc moins d'offres si on se coupe du gaz russe. Et donc c'est une logique d'offres et de demandes combinées à d'autres facteurs et qui inquiète donc de nombreux gouvernements et de nombreux consommateurs en Europe. D'autant plus que, eh bien on le sait, les deux ou trois dernières années ont été très difficiles sur ce sujet-là. Alors certes, aujourd'hui la Commission européenne se veut rassurante. Elle estime qu'il n'y aura pas un impact important sur une éventuelle hausse des prix.

Mais évidemment, c'est une inquiétude qui demeure. Et certains craignent qu'un arrêt total ne se retrouve à être contre-productif. Autre défi important qu'on peut noter, c'est la question de la traçabilité du gaz. En fait, la Russie cherche aujourd'hui à contourner les restrictions en passant par des intermédiaires. Elle va donc pouvoir vendre de l'hydrocarbure. Ça peut être du pétrole, du gaz ou autre chose à l'Azerbaïdjan ou encore à l'Inde. Avec le risque qu'ensuite, ces pays-là revendent, eh bien, ces hydrocarbures directement à l'Union européenne. Enfin, il faut noter que résilier des contrats, c'est pas si facile que ça.

Et par exemple, on peut noter que, eh bien, il y a des contrats qui ont été signés avec Gazprom. Gazprom, c'est le principal fournisseur de gaz qui vient de Russie. Et si on arrête comme ça des contrats du jour au lendemain, eh bien, ça peut entraîner des pénalités financières. C'est donc des choses qui sont en train d'être observées en ce moment. Sachant que de son côté, la Commission européenne étudie la possibilité d'imboquer, je cite, la force majeure. C'est donc une clause juridique qui est souvent présente dans des contrats, qui dit donc qu'un contrat peut être rompu dans le cas de circonstances exceptionnelles, par exemple, donc, dans une situation de guerre.

Alors maintenant, très rapidement, pour terminer là-dessus, comment compenser la faim potentielle du gaz russe ? Eh bien, l'Union européenne a plusieurs leviers. D'abord, l'idée serait de diversifier les fournisseurs, d'avoir donc d'autres personnes auprès de qui on peut acheter du gaz. Et l'idée, c'est notamment d'augmenter les importations en provenance des États-Unis, du Qatar ou encore de l'Algérie. Bon, mais vous l'imaginez, là, le risque, c'est d'être dépendant d'autres puissances étrangères. Deuxième levier, ce serait l'idée d'accélérer en parallèle le développement des énergies renouvelables, notamment le biomethane et l'hydrogène vert.

Cependant, sur ce sujet précis, il faut tout de même noter que la transition vers des énergies de ce type-là, eh bien, ça nécessite des investissements massifs. Et beaucoup d'ONG estiment que ce n'est pas encore suffisant aujourd'hui. Bref, en parallèle, l'Union européenne continue à communiquer donc sur un enjeu de sobriété énergétique, autrement dit donc le fait de consommer moins. L'enjeu donc pour l'Union européenne, c'est d'essayer de consommer moins de gaz russe pour ne plus financer la guerre en Ukraine et être davantage indépendant. Mais il y a donc des défis majeurs qui se posent.

La question des alternatives, la question des dépendances à d'autres puissances, la question de la potentielle hausse des prix. Sachant qu'en parallèle, on peut noter que la Russie essaie de s'organiser, et notamment de vendre son gaz à d'autres pays, notamment en Chine, où elle a largement augmenté ses exportations. Ça me semblait dans tous les cas intéressant de faire un point factuel sur ce que l'on sait aujourd'hui. N'hésitez pas en tout cas dans les commentaires à me dire ce que vous pensez de ce genre de sujet. Je rappelle pour tous les nouveaux que pour plus d'actualités, vous pouvez nous suivre directement sur Instagram. Le nom du compte, c'est HugoDécrypte.

N'hésitez pas au passage à mettre un petit 5 étoiles pour nous soutenir et à vous abonner évidemment. C'est une bonne façon de nous suivre au quotidien. Je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité et je reviens juste après. Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Emmanuel Macron était ce mardi soir l'invité de TF1. Il a été interrogé pendant plus de 3 heures sur différents sujets d'actualité. Le président est notamment revenu sur la guerre en Ukraine et a assuré que les Européens allaient augmenter la pression sur la Russie via des sanctions si elle n'applique pas le cessez-le-feu proposé en Ukraine.

Ce cessez-le-feu de 30 jours, déjà accepté par l'Ukraine et soutenu par ses alliés occidentaux, a pour objectif d'ouvrir la voie à des négociations de paix, notamment lors de la rencontre prévue en Turquie ce jeudi. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité son homologue russe Vladimir Poutine à des discussions directes, ce qui ne devrait cependant pas arriver. Concernant la situation au Proche-Orient, Emmanuel Macron a déclaré, je cite, « Ce que fait aujourd'hui le gouvernement de Benyamin Netanyahou à Gaza est inacceptable. » C'est une honte. A noter que le président a refusé d'utiliser le terme de génocide.

Concernant la France maintenant, Emmanuel Macron a déclaré vouloir organiser plusieurs référendums en même temps, dans les mois qui viennent, sur de grandes réformes économiques, éducatives ou sociales, tout en excluant le thème de l'immigration et de la réforme des retraites. Au sujet du débat sur la fin de vie, le président a notamment estimé que le référendum pouvait, je cite, « Être une voix ». Et pour finir rapidement, Emmanuel Macron s'est dit opposé aux portes de signes religieux en compétition et favorable à des locations de places de prison à l'étranger, ainsi qu'à une participation symbolique des détenus à leurs frais de détention pour lutter contre la surpopulation carcérale.

Deuxième actu, « Je maintiens, je n'ai pas eu d'autres informations que par la presse, je n'ai bénéficié d'aucune information privilégiée. » C'est ce qu'a déclaré le Premier ministre François Bayrou ce mercredi. Il était entendu à l'Assemblée nationale sur ce qu'il savait et son éventuel rôle auprès de la justice dans l'affaire des violences au sein de l'établissement catholique Notre-Dame de Bétharam.

Si vous n'aviez pas suivi, François Bayrou était ministre de l'Éducation nationale de 1993 à 1997 et donc la question est de savoir ce qu'il a su ou non des faits de violences physiques et sexuelles commis dans cet établissement des Pyrénées-Atlantiques, un département dont il a présidé le Conseil Général de 1992 à 2001. Selon des informations de Mediapart, François Bayrou aurait été informé dès 1996 de violences physiques sur des élèves. En tout cas, les conclusions de cette commission qui a entendu des témoins, des victimes et des responsables politiques sont attendues fin juin.

Troisième actu, la ministre de l'Éducation nationale Elisabeth Borne a déclaré vouloir un droit à la déconnexion pour les espaces numériques de travail des élèves ou ENT. Les ENT, ce sont des sites ou des applications qui permettent notamment aux élèves de consulter leurs notes ou leurs devoirs. Vous devez sûrement connaître Pronote ou la vie scolaire. Et donc l'objectif serait que les notes et les devoirs ne puissent plus être actualisés sur la période de 20h à 7h du matin pour éviter que les élèves ne les consultent le soir au risque d'augmenter leur stress ou de nuire à leur sommeil.

Elisabeth Borne en a aussi profité pour de nouveau confirmer vouloir interdire les téléphones portables dans tous les collèges à partir de la rentrée. A noter que depuis septembre 2024, environ 200 collèges en France testent une pause numérique où les élèves doivent déposer leur téléphone à l'entrée de l'établissement et les récupérer en fin de journée. Quatrième actu, après le renvoi ce lundi de 15 fonctionnaires français en poste à Alger, la capitale de l'Algérie, la France a indiqué ce mercredi qu'elle allait riposter en renvoyant elle aussi des diplomates algériens et en dénonçant une décision injustifiée et injustifiable de l'Algérie.

Sur BFMTV, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, a notamment déclaré qu'il s'agirait de tous les agents titulaires de passeport diplomatique qui n'auraient pas actuellement de visa sans pour autant préciser leur nombre. Il faut savoir que la France et l'Algérie sont en tension depuis juillet 2024 et cette crise s'inscrit donc dans une nouvelle série d'escalade. Mi-avril, l'Algérie avait déjà expulsé 12 fonctionnaires français, la France avait réagi en expulsant elle aussi des fonctionnaires algériens de manière équivalente et malgré une tentative de réconciliation début avril, les échanges diplomatiques sont aujourd'hui totalement gelés.

Si vous voulez creuser le sujet, notamment d'un point de vue historique, je vous renvoie à notre vidéo sur la guerre d'Algérie disponible sur notre chaîne Grand Forum. Cinquième actu, on en parlait hier, le président américain Donald Trump qui est actuellement en tournée diplomatique dans les pays du Golfe a annoncé ce mardi la levée des sanctions américaines contre la Syrie. Il a notamment déclaré depuis l'Arabie saoudite vouloir, je cite, leur donner une chance de grandeur. De son côté, le gouvernement syrien a salué un tournant décisif.

En fait, ces différentes sanctions avaient été instaurées en 2011 après la répression violente des manifestations contre le régime de Bachar el-Assad en Syrie. Mais depuis sa chute en décembre 2024, la Syrie cherchait donc à obtenir la levée de ces sanctions pour relancer son économie ruinée par des années de guerre civile. L'Union Européenne, le Royaume-Uni et le Canada avaient d'ailleurs déjà pris la décision d'assouplir leurs sanctions. Sixième actu, la Haute Autorité de Santé a recommandé ce mardi le rattrapage vaccinal contre le HPV, donc le papillomavirus, jusqu'à 26 ans pour tous les hommes et toutes les femmes.

Le papillomavirus, c'est un virus très courant qui se transmet principalement par voie sexuelle, même sans pénétration, et qui est responsable de plusieurs infections et maladies, dont certaines graves, comme des cancers. Il existe un vaccin très efficace qui est recommandé chez les adolescents dès 11 ans, filles et garçons, pour se protéger avant tout début de bisexuels. Le truc, c'est que jusqu'à présent, la vaccination était recommandée et prise en charge pour les jeunes de 15 à 19 ans et jusqu'à 26 ans pour les hommes ayant des relations homosexuelles.

L'objectif ici serait donc de faire en sorte que la prise en charge soit étendue jusqu'à 26 ans pour tous les hommes et toutes les femmes pour éviter de créer des inégalités d'accès à la vaccination selon le genre et l'orientation sexuelle des personnes, ce qui peut être le cas aujourd'hui. Le ministre délégué de la Santé, Yannick Noderre, a annoncé qu'il allait examiner sans délai cette recommandation. Et on termine avec cette actu, le festival de Cannes qui récompense les meilleurs films réalisateurs et acteurs du monde entier s'est ouvert ce mardi soir.

Parmi les invités, l'acteur américain Robert De Niro qui a reçu une palme d'or d'honneur, Leonardo DiCaprio ou encore le réalisateur Quentin Tarantino. La chanteuse Mylène Farmer a elle rendu hommage à David Lynch décédé en janvier avec une chanson inédite. Le festival se clôturera le samedi 24 mai. On suivra tout ça sur notre compte HugoDécryptPop. Merci beaucoup Samy pour ces actualités en bref et voilà donc pour les actualités aujourd'hui. Prenez soin de vous, prenez soin de nos proches et puis on se dit à demain pour une nouvelle vidéo.