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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 17 avril 2023 20 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSolidarités & famille

Allocution d'Emmanuel Macron: la réaction en intégralité de Laurent Berger

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous faites, vous, ce soir, des regrets du président ?

  • 1:34RelanceRéponse partielle

    Est-ce que maintenant, il est passé ?

  • 3:49OuverteRéponse partielle

    Il pose des sujets comme les salaires, l'emploi des seniors, c'est vide ?

  • 5:33OuverteRéponse partielle

    Avec quelle méthode le président veut mener des discussions avec les syndicats ?

  • 7:19RelanceRéponse partielle

    Le président fait un pas vers vous ce soir en mettant des sujets sur la table ?

  • 10:18RelanceRéponse partielle

    Le président demande 100 jours d'apaisement, vous dites que ce ne sont que des mots ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « Parce que la réforme, malheureusement, elle est promulguée. »
  • 2:53Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, il y a 151 branches sur 171 dans ce pays où les salaires débarrent en dessous du SMIC. »
  • 3:29Invité politiquePromesse
    « Ce sont des actes, ce sont des propositions concrètes qui pourraient changer la vie des travailleurs. »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « L'emploi des seniors, il aurait fallu en traiter avant de parler de la réforme des retraites. »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « Il y a un délai de décence, je l'assume. »
  • 7:09Invité politiqueFait
    « Il en a le droit, c'est une loi qui est en toute légalité, mais qui pose un problème aujourd'hui de ressentiment social dans le pays. »
  • 9:36Invité politiquePromesse
    « Travaillons sur une grande loi qui serait une loi de travail-retraite et qui permettrait d'aborder la question de la reconnaissance au travail. »
  • 18:13Invité politiqueFait
    « Sur la réforme des retraites, tout le monde est perdant. Il n'y a que des perdants. »

Temps de parole

  • Invité politique81 %
  • Présentateur11 %
  • Invité7 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous sommes, comme promis, en direct avec Laurent Berger. Bonsoir Laurent Berger. Bonsoir. Merci à vous d'être en direct ce soir pour votre première réaction à cette allocution du président de la République sur BFM TV. Le président qui vous dit ce soir aussi à vous que cette réforme n'est pas acceptée, à l'évidence non, dit le président, il le regrette. Il dit qu'il entend la colère des Français, qu'il a entendu la colère des Français, que personne ne peut y rester sourd. Qu'est-ce que vous faites, vous, ce soir, des regrets du président ?

0:29
Invité politique

Vous savez, les regrets, ça n'a pas changé de grand-chose pour les travailleurs et travailleuses qui vont devoir travailler deux ans de plus. Parce que la réforme, malheureusement, elle est promulguée. Donc je crois qu'il faut faire attention à ne pas mépriser les travailleurs et les travailleuses. Ils ont été très nombreux à se mobiliser pendant ces trois mois. Ils vont continuer de le faire le 1er mai prochain, je l'espère. Et ce n'est pas de cela qu'ils avaient besoin ce soir. C'était de ne pas dire... On n'avait pas besoin d'entendre qu'on avait entendu la colère et qu'elle était, soi-disant, sur d'autres leviers que le sujet des retraites. On a la réforme des retraites.

C'est ça qui a coagulé la colère du monde du travail. Donc je ne sais pas comment vous le dire parce qu'il y a une espèce de vide dans l'intervention du président de la République. Il n'y a rien dedans qui ait une forme de considération à tous ces travailleurs et travailleuses qui sont touchés parce qu'ils vont devoir travailler deux années de plus. Donc on attendait autre chose, évidemment. Et quant aux perspectives qui sont données, c'est un peu un discours de la méthode pour une dixième fois, mais rien de concret.

1:34
Invité

— Vous entendez ? Il répète que la porte de l'Élysée vous est ouverte. Il y avait ce rendez-vous qui avait été lancé au syndicat demain. Il dit le rendez-vous... Tiens toujours, l'invitation tient toujours. Vous parliez d'un délai d'essence. Est-ce que maintenant, il est passé ?

1:49
Invité politique

— Non. Mais si vous voulez, si tout cela ne concernait pas la vie des travailleurs et des travailleuses, on pourrait en sourire. La porte est grande ouverte. Elle a été fermée à triple tour pendant trois mois. Donc il faut être sérieux. On a demandé une rencontre avec les autres organisations syndicales durant le conflit des retraites. On nous a expliqué que non, non, le temps du dialogue était terminé sur ce sujet des retraites. Et là, tout d'un coup, on nous dit... Alors qu'il y a encore de la contestation dans ce pays sur cette réforme des retraites, on nous dit... Ben non, non, mais venez. Puis la porte est ouverte. Enfin la CFDT, un jour ou l'autre, ira discuter. Vous le savez.

Vous nous connaissez. On ira discuter des conditions de travail. On ira discuter des salaires. Mais on veut un minimum de décence dans cette relation-là. On n'est pas... On ne répond pas quand on nous siffle. — Et ça veut dire quoi, un jour ou l'autre ? — Et donc, je le dis... Ben on verra. Je vais dire très clairement. On a dit, d'un point de vue intersyndical, d'ici le 1er mai, il n'y aura pas de rencontre. Puis ensuite, écoutez... J'entends bien, il faut travailler sur les salaires. Vous savez, aujourd'hui, il y a 151 branches sur 171 dans ce pays où les salaires débarrent en dessous du SMIC. Quel est le levier que pourrait actionner le gouvernement, le chef de l'État ?

Par exemple, la conditionnalité des aides publiques, le fait qu'on ne puisse pas attribuer des aides aux entreprises si elles ne respectent pas dans leur branche le fait d'avoir des minimas de branches qui soient au minimum au SMIC. Vous voyez, ce qu'on attend et ce qu'on attendait ce soir, c'était pas du verbe. On en a déjà beaucoup eu. Ce sont des actes, ce sont des propositions concrètes qui pourraient changer la vie des travailleurs. Alors, bien sûr, il y aura des discussions, il y aura ce fameux pacte social, mais avec quel élément de justice dedans ? Quel élément de progrès pour les travailleurs et travailleuses sur leur salaire, sur leurs conditions de travail ?

Et puis, très clairement, cette réforme des retraites, elle va impacter durement des travailleurs. Comment le président de la République répond au malaise, à la colère qui s'est exprimée ? Encore une fois, avec très peu d'empathie.

3:49
Présentateur

– Mais Laurent Berger, Emmanuel Macron, nous dit ce soir et vous dit qu'au tour du travail, des salaires, il y a plusieurs actes de négociation, améliorer les salaires, les revenus des salariés, l'usure de professionnel, accroître l'emploi des seniors, etc. Il y a ça, le président pose ça, vous vous dites, c'est vide ?

4:04
Invité politique

– Non, il pose des sujets, des sujets qui auraient dû être pris avant la réforme des retraites. L'emploi des seniors, il aurait fallu en traiter avant de parler de la réforme des retraites. Ça n'a pas été le cas et quand ça a été le cas, ça a été censuré par le Conseil constitutionnel, ce que le gouvernement savait, parce que l'avis du Conseil d'État disait que c'était un cavalier dans cette réforme. Il faut parler de l'usure, mais on n'a fait que ça, de parler de la pénibilité. On n'a fait que ça, de parler des travailleurs et des travailleuses qui sont aujourd'hui touchés dans leur chair avec des conditions de travail pénibles et qui vont devoir travailler 6 mois, 1 an, 2 ans de plus.

Parler de l'usure au travail, je viens d'en parler. Parler des conditions salariales, mais évidemment que ce sujet-là, il est fondamental et on peut en traiter. Je ne vous dis pas qu'on ne veut pas traiter de ces sujets-là. Je vous dis que ce qui a été fait, c'est d'abord, vous travaillez 2 ans de plus et maintenant, on énonce les sujets sans en traisser les perspectives. Alors moi, je dis au président de la République ce soir, ok, vous voulez discuter de ces sujets-là ? Est-ce que vous êtes prêts à ce que l'organisation du travail soit enfin un sujet de négociation obligatoire dans les entreprises ? Est-ce que vous êtes prêts à réinstaurer les critères de pénibilité de 2017 ?

Parce que c'est comme ça qu'on lutte contre les pénibilités au travail. Allez lui dire tout ça demain. Mais écoutez, on lui dira le moment venu. Mais il y a un délai de décence, je l'assume. Aujourd'hui, il y a encore beaucoup de colère dans le monde du travail. Beaucoup de colère de ceux et celles qui se sont mobilisés. Et cette colère, elle est notamment due à cette réforme de retraite qui est injuste. Et donc, on ira le faire. On ira le faire quand on aura décidé de le faire et en demandant une exigence. Avec quelle méthode, avec quelle méthode le président de la République ou le gouvernement veut mener des discussions avec les organisations syndicales ?

Est-ce que c'est comme trop souvent en nous présentant une feuille, en nous demandant de l'amender à la marge avec des points et des virgules ? Où est-ce que c'est ? Et pour écouter nos propositions et vraiment faire un changement de paradigme aujourd'hui dans le monde du travail. Il y a des propositions qui sont sur la table, notamment en termes de gouvernance d'entreprise, de dialogue social, le fait de revenir sur les ordonnances de 2017. Vous voyez, on a plein de propositions à y faire. On ira les faire, le moment venu.

Mais je crois qu'aujourd'hui, le président de la République, il a montré qu'il n'avait pas vraiment compris que ce qui faisait la colère des travailleurs et des travailleuses dans les manifestations, dont il a dit, et je leur remercie, qu'elles étaient pacifiques, eh bien, c'est d'abord cette réforme des retraites qui est injuste.

6:20
Invité

Vous dites qu'il n'a pas compris les raisons de la colère. Vous dénoncez une espèce de vide. Est-ce que vous êtes en train de nous dire que c'était une intervention pour rien ?

6:27
Invité politique

– Bon, ça, ce n'est pas mon rôle de commenter. Vous savez, moi, je suis le représentant des salariés. Mais en tout cas, on n'y a pas appris grand-chose. Ou alors, il y a quelque chose qui m'a échappé, mais je n'ai pas l'impression. Donc, non, je crois que c'est encore une énième fois un discours de la méthode, de l'ouverture d'une nouvelle séquence. Mais je le redis, la vie des travailleurs et des travailleuses, la vie des citoyens, ça ne se mesure pas en séquence. Il y a une meurtrissure aujourd'hui, à la fois du contenu de cette réforme des retraites et du mépris qui a été affiché pendant cette période.

Et que cette meurtrissure, eh bien, elle n'est pas du tout calmée avec l'intervention du président de la République aujourd'hui, qui s'est précipité pour promulguer cette loi. Il en a le droit, c'est une loi qui est en toute légalité, mais qui pose un problème aujourd'hui de ressentiment social dans le pays. Et je ne crois pas que l'intervention de ce soir mette fin à ce ressentiment social.

7:19
Présentateur

– Mais vous ne considérez pas que le président fait un pas vers vous ce soir en mettant un certain nombre de sujets sur la table autour du travail des rémunérations et en disant, comme on le disait tout à l'heure, qu'il n'y a pas de limites, il n'y a pas de tabous, il faut négocier et parler de tout ?

7:32
Invité politique

– Oui, mais on a, si je peux me permettre, un peu trop entendu ce discours-là depuis quelques années. Et que maintenant, c'est les actes qui compteront. Et donc, je vous le redis, la CFDT, c'est un secret pour personne, retournera discuter sur tout un tas de sujets. Mais on voudra d'abord préciser c'est quoi la méthode qui sera utilisée. Est-ce que c'est de la véritable co-construction ou c'est de la concertation pour amender des projets déjà ficelés ? Et puis le dernier élément, c'est est-ce qu'on veut vraiment changer le monde du travail ? Est-ce qu'on veut remettre davantage de dialogue social dans les entreprises ?

Est-ce qu'on veut partager davantage le pouvoir dans les entreprises en négociant l'organisation du travail ? J'y reviens. Est-ce qu'on veut considérer les conditions de travail autrement qu'on ne le fait aujourd'hui avec pas suffisamment de moyens dans les commissions de santé et sécurité au travail ? Avec davantage de représentants de proximité qu'on a enlevés en 2017 ? Vous voyez, on va venir avec des propositions. On viendra avec des propositions le moment venu. Aujourd'hui, la contestation sur la réforme des retraites, elle est encore très forte. La meurtrissure, je vous le disais, elle est encore très forte. Donc on verra le moment venu.

8:32
Invité

Vous dites qu'il ne comprend pas la colère. Il me semble que c'était votre expression tout à l'heure. Parce que quand il essaye d'expliquer cette colère, il dit c'est une colère qui s'est exprimée face à un travail qui ne permet plus de bien vivre. Et il dit aussi qu'il s'est exprimée face à l'augmentation des prix qui pèsent sur nos vies quotidiennes. Quand il fait ce début d'explication, il se trompe ?

8:52
Invité politique

Non, c'est une colère, je crois, qui vient d'abord d'un projet de loi, qui est le projet de loi sur la réforme des retraites, qui repousse deux ans à l'âge légal de départ en retraite et qui touche particulièrement les travailleurs et les travailleuses qui sont de professions intermédiaires, qui ont été là, notamment pendant le Covid, qu'on a appelé les travailleurs de première à deuxième ligne. Et donc cette colère, elle est d'abord sur cette réforme des retraites. Elle est aussi sur une absence de reconnaissance du monde du travail, qui, y compris dans sa mobilisation, pendant les trois mois, n'a pas été reconnue.

On n'a pas eu l'espace de discussion pour infléchir ce projet de loi alors qu'il était largement contesté. Mais évidemment que la question salariale, ce n'est pas nouveau, que la question des seniors, ce n'est pas nouveau, que la question de la pénibilité, ce n'est pas nouveau. Mais pourquoi n'avoir pas à ce moment-là répondu à ce qu'on lui disait, à ce qu'on disait en septembre-octobre, en disant « Travaillons sur une grande loi qui serait une loi de travail-retraite et qui permettrait d'aborder la question de la reconnaissance au travail ». Aujourd'hui, on a l'impression qu'après avoir mis la charrue avant les bœufs, on veut rattraper le coup.

Malheureusement, cette loi, malgré tous les combats qu'on a menés, elle est promulguée. Et ça va laisser des traces. Ça laisse des traces. Ça laisse de la défiance dans la capacité à avoir un vrai dialogue social, aujourd'hui, dans notre pays, en tout cas une vraie concertation sociale. Donc vous comprenez bien qu'il y a ce soir une forme de « tout ça pour ça » et aussi une volonté de la part de la CFDT de porter ses revendications à l'avenir, mais de demander c'est quoi la méthode précise qui va être employée pour élaborer ce fameux pacte social.

10:18
Présentateur

Mais le président de la République vous dit ce soir qu'on est parti pour 100 jours d'apaisement, qui est un mot que vous aviez employé aussi, d'apaisement, d'unité d'action. Il vous demande aussi à ce qu'on fasse ça tous ensemble. Vous dites que ce ne sont que des mots et qu'il n'y a rien derrière ce soir ?

10:34
Invité politique

Non mais attendez, vous n'avez pas me posé quatre fois la même question. Ça ne va pas être possible. Je vous dis que l'apaisement, il fallait le faire sur le sujet qui a créé l'embrasement social. L'embrasement social, c'est la réforme des retraites. Il n'en dit pas un mot, si ce n'est pour dire que j'ai compris, il y a une colère, et la colère, elle est liée sur la question salariale. C'est vrai aussi, il y a une colère sur la question salariale. Mais c'est un peu, vite fait, fermer la séquence. Et je suis désolé, ce n'est pas une séquence. Ce n'est pas une séquence, c'est une meurtrissure, je vous le dis. Donc l'apaisement, nous on le veut, mais l'apaisement, ce n'est pas un mot.

Ce sont des attitudes, ce sont des comportements, ce sont des façons de considérer le monde du travail, c'est une façon de mener le dialogue social. Et donc on verra ce qu'il y a concrètement derrière, et en termes de méthode, et en termes de sujet. Donc la CFDT, aujourd'hui, elle trouve que cette intervention, elle n'est pas suffisante pour répondre aux préoccupations. Elle ne parle pas, évidemment, je n'avais pas l'espérance qu'il parle d'abroger la loi sur les retraites qu'il vient de promulguer, mais il aurait pu avoir un peu plus de compréhension sur ces contestations. Et puis surtout, je pense qu'il va falloir mettre des choses sur la table en termes de propositions sur le travail.

Pour l'instant, on a eu juste des mots qui ont été employés plein de fois, et rien d'autre.

11:49
Invité

Est-ce que, quand vous dites qu'il n'a pas posé le bon diagnostic sur ce qu'on est en train de vivre, même si vous refusez le terme de séquence, vous êtes en train de dire qu'il est déconnecté des Français, ou qu'il n'arrive pas à comprendre ce que vit en ce moment le pays ?

12:02
Invité politique

Vous savez, excusez-moi de vous le dire, je dis ce que j'ai envie de dire, et je ne dis pas, je ne reprends pas, je ne vous ai pas dit qu'il était déconnecté. C'est vous qui me le dites. Ce que je sais, c'est que ce que j'entends dans le monde du travail aujourd'hui, ce que j'entends en termes d'aspiration et de reconnaissance dans le monde du travail, ce n'est pas par les mots employés par le président de la République aujourd'hui qu'on y répondra. Donc après, vous ferez l'analyse que vous voudrez de ma réaction, mais clairement, je crois que ça ne répond pas. Il y a une forme de déconnexion, il y a une forme de... Mais je n'ai aucune prudence.

Vous allez me dire que j'ai une prudence alors que ça fait des années, des mois, que je dis exactement ce que je pense. Il n'y a pas de prudence, il y a juste une forme de déconnexion, oui, je vais le dire, avec ce qui est en train de s'exprimer aujourd'hui dans le monde du travail. Et donc, c'est à nous de rapporter ce que vit le monde du travail. Mais malheureusement, je vous le dis, pendant trois mois, on n'a pas été écoutés. Pendant trois mois, la porte n'a pas été ouverte.

Donc, cette espèce de tour de passe-passe qui consisterait à dire, écoutez, on est très ouverts pour parler de tous les sujets dont on aurait dû parler avant la réforme des retraites, alors que pendant la réforme des retraites, la porte était fermée à double tour, on n'a vu personne pendant plus de trois mois, c'est quand même un peu fort de café. Donc voilà, je veux dire, on verra comment se passeront les semaines à venir. Mais pour l'instant, clairement, cette intervention, elle ne répond pas aux enjeux du monde du travail.

13:19
Présentateur

Mais Laurent Berger, Emmanuel Macron, montre ce soir qu'effectivement, vous le dites, il ne veut pas ça autre chose. Et tous les commentaires le disaient déjà ces dernières heures.

13:26
Invité politique

– Arrêtez, excusez-moi, je vais vous couper. – Non, mais attendez, attendez, attendez, attendez, attendez, Laurent Berger. – Non, mais je vais vous couper, vous me posez quatre fois la même question.

13:32
Présentateur

– Non, non, non, non, attendez. Emmanuel Macron dit ce soir et montre qu'il veut passer à autre chose. Vous avez dit vous-même ces dernières heures ce matin sur France 2 que de toute façon, vous n'arriveriez pas à faire changer le président d'avis. Donc vous aussi, vous allez devoir avancer. Vous aussi, vous allez devoir revenir à la table des négociations ou à la table des discussions des prochains sujets. Ce qu'il y a, vous parlez de délai de décence. Le délai de décence, c'est le 1er mai, on peut se remettre à travailler tous ensemble le 1er mai ou ce sera trop tôt encore ?

14:00
Invité politique

– Non, mais d'abord, je ne vous autorise pas à me dire ce que je vais devoir faire. – Vous savez, nous, on va devoir faire avec les travailleurs et travailleuses qui pendant… Si, vous avez dit vous allez devoir, vous allez devoir. Donc c'est vous qui venez de le dire. Donc vous n'allez pas me dire ce que la CFDT ou les organisations syndicales vont devoir faire. Les organisations syndicales, aujourd'hui, elles sont représentatives du monde du travail. Elles ont montré leur centralité sur le monde du travail et l'écoute des travailleurs.

Parce que toutes les catégories de salariés ont manifesté, tous les secteurs professionnels se sont mobilisés et aujourd'hui, il y a encore un rejet de cette réforme très massif. Clairement, oui, la CFDT, elle retournera discuter. Parce que quand on est représentant du personnel dans une entreprise, eh bien même si son patron a fait quelque chose qui ne nous convient pas, si on veut défendre les travailleurs et travailleuses, on retourne au combat. On retourne se battre. On retourne faire des propositions. Mais aujourd'hui, clairement, de propositions de porte ouverte de la part du président de la République, il y a un cadre, donc il faudra définir la méthode.

Et il y a des mots, mais des mots qu'on connaît bien, puisque ce sont les nôtres, emploi des seniors, pénibilité, salaire, etc. Mais où il n'y a pas de pistes pour l'instant. Donc des pistes, on ira discuter quand on aura affiné, c'est quoi la méthode ? C'est quoi la méthode de concertation et de discussion ? Avec quelle co-construction et pas simplement réaction à un projet gouvernemental ? Et ce sont quoi les sujets concrètement ? Et je le dis, le gouvernement, il a les leviers, par exemple, sur les augmentations de salaires. Eh bien, il a le levier de la conditionnalité des aides publiques sur la question du travail et du sens au travail.

Il a le levier de l'organisation du travail en rendant obligatoire la négociation sur l'organisation du travail dans les entreprises. Sur la question du sens et du bien-être des salariés dans leur travail, de la qualité du travail, il a la possibilité d'instaurer le dialogue professionnel obligatoire dans les entreprises. Il a la possibilité sur le dialogue social de développer, de revenir sur les ordonnances et de revenir sur des représentants de proximité, sur davantage de moyens aux CACSCT, les commissions de santé et sécurité au travail. Il a des moyens pour redonner des moyens à la prévention sur le travail, sur les risques professionnels.

Il a la possibilité de développer des moyens de l'inspection du travail qui a un rôle important, etc. Donc vous voyez, des propositions, il y en a sur la table. Maintenant, il faudra vérifier que le cadre permette ça et que la méthode permette ça.

16:11
Présentateur

Laurent Berger, question de Gaëtan Mélin.

16:13
Invité

Laurent Berger, est-ce que vous auriez aimé que ce soir, le président de la République vous propose une grande conférence sociale ou salariale et qu'il vous donne en quelque sorte une page blanche pour écrire justement toute cette loi travail autour de la pénibilité de tous ces thèmes qui vous sont chers ?

16:31
Invité politique

Non mais ce qu'il faut que vous compreniez, c'est qu'il y a une période qu'on vient de traverser. Et vous êtes, vous aussi, mais je ne vous le reproche pas, vous avez le droit, vous êtes aussi en train de parler de la suite. Il vient de se passer quelque chose. Il se passe encore quelque chose en termes de contestation de cette réforme des retraites. Et donc, moi, je me mets à la place des salariés, des militants de la CFDT, comme des autres organisations syndicales qui ont regardé ce soir, qui ont perdu 2, 3, 4, 5, 6, jusqu'à 12 journées de salaire, ou presque, pour manifester un mécontentement, une opposition à cette réforme des retraites.

Et qui se disent, en fait, en gros, ce qu'on vient de vivre, on n'en parle pas. On ne parle pas du problème, si ce n'est de dire qu'il fallait faire des efforts. En parlant de justice sociale, cette réforme, elle est injuste. Et on nous dit, on va passer aux autres sujets sans en dire beaucoup plus. Donc, encore une fois, la méthode, ça peut être une conférence sociale, mais ça voudra dire qu'il faudra travailler sur comment on co-construit, avec quels objectifs, avec quel contenu. On n'est pas dans un tour de passe-passe. On n'est pas dans un concours de poésie ou de verbe. On doit passer aux actes.

Et pour l'instant, les actes de ces derniers mois, c'est des mesures injustes pour le monde du travail et les travailleurs. C'est ça qui est le moment où on est présent, dans lequel on est. Et c'est ça qui va, je crois, encore durer quelques temps, parce qu'il ne suffit pas de 12 minutes ou 13 minutes d'intervention pour calmer la colère des salariés.

18:03
Présentateur

Laurent Berger, est-ce que cette allocution, ce soir, du président de la République, acte votre défaite, la défaite des opposants à la réforme des retraites ?

18:10
Invité politique

Je crois que sur la réforme des retraites, tout le monde est perdant. Il n'y a que des perdants. D'ailleurs, le président de la République, et c'est heureux, il sortit la gloriole pour dire qu'on a passé cette réforme. Je crois qu'il n'y a que des perdants. Et les perdants, vous savez, ce ne sont pas les organisations syndicales. Les perdants, c'est les travailleurs et travailleuses en premier lieu. parce que le syndicalisme, il a fait son travail. Il s'est opposé à une réforme injuste et malheureusement, qui est passée, dans les conditions que l'on connaît, qui sont quand même regrettables, mais qui est passée et qui est toute légitimité légale.

Donc le problème, ce n'est pas qui a gagné, qui a perdu. Tout le monde a perdu. Tout le monde a perdu. Le ressentiment social est extrêmement fort. Je ne suis pas sûr que l'intervention de ce soir l'aura calmée.

18:54
Invité

Une toute dernière question, Laurent Berger. On voit ces images en ce moment de manifestations sauvages dans les rues de la capitale. On sait que la CGT appelle à une manifestation le 20 et le 28 avril. Vous vous restez sûr le 1er mai. Mais comment vous voyez l'avenir du mouvement ? Comment vous regardez ces manifestations sauvages qui ont encore lieu ce soir ?

19:12
Invité politique

D'abord, nous, l'intersyndicale, elle a engagé le 1er mai pour faire de grandes manifestations populaires, familiales, festives, pour à la fois contester les 64 ans et réclamer davantage de reconnaissance du monde du travail en termes de conditions de travail, de salaire. C'est ça, la position de l'intersyndicale et celle de la CFDT. Pour le reste, les gens manifestent parfois hors cadre syndical. Ce n'est pas à moi d'en répondre. Mais clairement, je souhaite que tout ça se fasse dans un cadre pacifique. Et le grand rendez-vous, c'est le 1er mai, je le redis à vos auditeurs, le 1er mai, partout en France, il y aura des manifestations. Participez-y, nombreux et nombreuses.

19:49
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Berger, d'avoir été sur BFM TV ce soir et d'avoir réservé à notre chaîne votre première réaction après cette allocution du président de la République nationale.