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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 82 min

Jordan Bardella : confidences d'un homme en pleine ascension | Entretien

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

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0:58
Jordan Bardella

Bonjour, merci de m'avoir invité.

1:00
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation pour ce live exceptionnel. Vous êtes président du Rassemblement National et député européen. Et vous nous accordez cet entretien à l'occasion de la sortie de votre livre « Ce que je cherche », publié aux éditions Fayard. Dans cet échange, nous irons au-delà des interviews politiques habituelles pour mieux comprendre l'homme derrière vos fonctions, votre enfance, votre ascension, votre rôle actuel dans une France fracturée qui fait face à de nombreux défis. On remercie les nombreux spectateurs pour leur fidélité. N'oubliez pas de vous abonner, liker, commenter et partager grâce à votre soutien que cette chaîne grandit.

« Jordan Bardella, vous êtes une figure régulièrement invitée sur les plateaux télévisés, mais les entretiens longs et personnels comme celui-ci sont plus rares. Pourquoi ce choix et pourquoi avoir choisi Frontière ? »

1:47
Jordan Bardella

Alors, bon, d'abord, je suis très heureux d'être ici, de répondre à l'ensemble de vos questions. Moi, j'aime le temps long. Et il est vrai que depuis maintenant, allez, disons 5 à 6 ans que je suis en première ligne de la vie politique, je suis un peu pris dans des formats qui ne sont pas toujours des formats très faciles pour développer et saisiser, dans le sens où on a toujours un timing qui est très contraint, avec des questions qui, par définition, sont posées par les journalistes, où vous êtes un peu tributaires de l'actualité.

Et il est vrai que les réseaux sociaux, mais aussi la lecture, l'écriture, permettent ce temps long et permettent, dans des exercices de tête à tête avec les Français, avec des intermédiaires qui sont peut-être moins durs, moins partisans, ça permet évidemment d'exprimer ces idées. C'est ce que j'ai voulu faire au travers de ce livre. Et il est très paradoxal de constater aujourd'hui que les tête à tête avec les Français sont très difficiles à avoir, ils sont très difficiles à instaurer dans le cadre du débat politique.

Et parfois, moi, j'aime bien prendre un peu de recul avec le bruit de l'actualité et essayer de réfléchir un petit peu au temps long, parce que je pense que c'est dans le temps long qu'on inscrit son action politique. Et peut-être qu'aujourd'hui, on manque de vision dans la vie politique française, c'est-à-dire qu'on est tenu tous les jours. Et je suis pris moi aussi dedans de réagir à l'actualité, une actualité qui est dense, une actualité qui souvent en chasse une autre, qui se souvient d'une émission qu'on a pu se soumettre, une interview à laquelle on a pu répondre il y a une semaine, deux semaines, trois semaines. Tout cela est très vite chassé par l'actualité.

Et donc, quand on fait de la politique en première ligne, on est toujours à la recherche de ce temps long et de cet exercice de confidence et de confession avec les Français. Et c'est aussi ce que j'ai voulu faire avec ce livre.

3:39
Présentateur

Et pourquoi avoir choisi Frontières ?

3:42
Jordan Bardella

Parce que... Parce que d'abord, les médias mainstream sont des médias très corsetés. Et je pense que les médias aujourd'hui qui affirment une certaine liberté, une forme d'insoumission, la vraie, à l'égard du politiquement correct, se font très rare. Moi, j'aime le franc parler de ce média. Et pendant très longtemps, il est vrai qu'on a été un petit peu pris dans un écosystème de médias très orienté à gauche, dans lequel il était très difficile d'exprimer ses idées. Moi, quand je vais dans un média, je ne demande pas à être interrogé avec complaisance. Je demande simplement à être traité avec une forme d'objectivité qui me permet d'exprimer mes idées.

Or, je pense que les médias aujourd'hui qui s'opposent à la pensée unique, à la pensée dominante, qui sont réellement insoumis, et avec une fibre patriote, doivent être soutenus et encouragés.

4:43
Présentateur

Vous avez récemment publié votre livre « Ce que je cherche », que vous avez près de vous, sur le fauteuil.

4:48
Jordan Bardella

Il est là, je fais la pub.

4:50
Présentateur

Belle introduction, vous confiez avoir hésité à l'écrire, notamment parce que cela exige de la transparence sur votre vie privée. Qu'est-ce qui vous a finalement convaincu de vous livrer ?

5:00
Jordan Bardella

— Comme je vous l'ai dit, moi, je me prête aux exercices des interviews, médias, radios, presse écrite, depuis les élections européennes de 2019, où Marine Le Pen m'a pris et m'a jeté dans le grand bain. Je l'ai fait avec toujours beaucoup de sincérité, beaucoup de transparence, en essayant de rester moi-même dans ce type de format. Mais l'écriture, ça reste un passage obligé. Ça reste un passage obligé quand vous faites de la politique, ça reste un passage obligé quand vous voulez vous adresser aux Français. Et j'ai voulu, d'abord, mieux me faire connaître.

Parce que quand on commande chaque jour l'actualité, chaque semaine, chaque mois, on a un peu le sentiment d'être des robots, parce qu'on a une émission de télé, on a trois, quatre thèmes, et il faut qu'on soit capable de répondre à ces thèmes et de rentrer un peu dans le jeu médiatique. L'écriture, ça permet de fuir cette instantanéité. Et je pense que nous arrivons aujourd'hui, avec mon mouvement politique, avec le Rassemblement national et ses millions d'électeurs, à un moment qui est un moment charnière. On est, comme le pays, à la croisée des chemins. Et on se retrouve aujourd'hui confrontés à un engouement, un enthousiasme de la part de millions de Français.

Et nos idées, au-delà du Rassemblement national, je crois, réunissent des partisans, des gens que nous arrivons à convaincre chaque jour plus nombreux. Mais il y a encore des doutes, et il y a encore des incertitudes sur ce qu'on peut défendre, sur nos idées, des caricatures. Et j'ai voulu, avec ce livre, m'adresser directement aux Français, solder les doutes, solder les incertitudes, et puis leur dire un petit peu d'où je viens. Parce que, quand on fait de la politique, on reste des hommes et des femmes, avec des sentiments, avec des convictions, et avec aussi une forme de sincérité. C'est ce que j'ai voulu exprimer au travers de ce livre.

Je reviens évidemment sur l'année 2024, qui a été vertigineuse pour moi, qui a été vertigineuse pour le Rassemblement national, puisqu'on a gagné les élections européennes. J'ai été aussi un petit peu attaqué dans des proportions très importantes. J'ai dû passer un petit peu de temps à répondre aussi aux caricatures, aux attaques, aux invectives de mes adversaires et d'une partie de la presse. Je reviens sur mon enfance, sur la cité de Seine-Saint-Denis, dans laquelle j'ai grandi. Et j'essaie de, non seulement, de développer une vision pour la France, mais de dire à mes compatriotes, vous pouvez avoir des doutes, vous pouvez exprimer des incertitudes sur ce qu'on peut défendre.

Je parle pour les gens qui ne sont pas encore convaincus. Mais j'ai voulu leur dire d'où je viens. Et en leur expliquant d'où je viens, et en leur expliquant quel a été mon cheminement, je pense qu'ils vont comprendre où je vais.

7:46
Présentateur

Nous l'avons constaté, vous êtes soutenu par des millions de personnes qui assistent à vos meetings et séances de dédicaces. On est venu même sur place. Mais dans votre livre, vous évoquez la solitude comme un refuge au cœur des tempêtes. Comment vivez-vous cet équilibre entre exposition publique et moment de repli ?

8:04
Jordan Bardella

Moi, j'aime bien la solitude qui fait contrepoids. C'est vrai, c'est ce rouleau compresseur qui est devenu la politique. Les gens ont le sentiment parfois que quand on fait de la politique, on est entouré tout le temps, matin, midi et soir. Alors c'est vrai que nous, on a cette chance d'avoir une affection réciproque avec les Français. Je pense que le patriotisme et la politique, c'est des actes d'amour. C'est des actes d'amour pour son pays, pour son histoire, pour son identité. Et puis évidemment, pour le peuple de France, pour le peuple français, ce peuple ingénieux, talentueux, qui, en 2000 ans d'histoire, n'a jamais cessé d'étonner le monde.

Et on a réussi à créer avec Marine Le Pen, j'ai beaucoup appris d'elle, je parle beaucoup de ma relation avec elle dans le livre. On a ce lien avec les Français qui est un lien de confiance, qui est un lien d'affection, qui est aussi un lien de déférence et de respect à l'égard du peuple français. Et on a cette chance quand on se déplace, quand on va dans des meetings, d'avoir beaucoup de monde dans nos campagnes. Franchement, les meetings de la campagne des élections européennes étaient fous en termes d'ambiance dans les grandes villes, dans les territoires ruraux, dans des soirées dédiées aux jeunes. On a à chaque fois beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde.

Des gens qui viennent de tous horizons, des jeunes qui viennent des classes populaires, des jeunes qui viennent des grandes villes, de la campagne, de banlieues, des gens qui sont en études, des gens qui viennent d'avoir leur diplôme, qui commencent à travailler. On a vraiment tout le peuple de France dans les militants, les sympathisants et les soutiens qui sont les nôtres. Mais c'est vrai que quand on fait de la politique, on se protège aussi. Et j'ai toujours... Moi, je me suis forgé une carapace très tôt parce que quand on fait de la politique en première ligne, on prend beaucoup de coups.

Et je raconte dans le livre, cet échange que j'ai eu avec Nadine Morano, que je salue, pour qui j'ai évidemment de l'amitié et beaucoup de respect parce que j'apprécie son franc-parler, j'apprécie sa gouaille. Et je me souviens qu'à quelques heures de la diffusion d'un complément d'enquête qui m'avait été consacré pendant la campagne avec un torrent de calomnies, de diffamations, de journalistes qui pensent connaître notre vie alors qu'ils sont aveuglés par une forme d'hostilité à notre égard. À quelques heures de la diffusion, j'étais au Parlement européen à Strasbourg et Nadine Morano m'avait dit cette phrase, elle m'avait dit tu verras en politique plus on monte moins on a d'oxygène.

Et il est vrai que c'est ce qu'on ressent quand on fait de la politique en première ligne, quand on est en première ligne du front. On a énormément de monde derrière mais devant c'est un vide et c'est aussi un vertige. Et face à cela on est seul, on est bien souvent très seul et on dit souvent de l'homme de pouvoir que je ne suis pas encore par définition parce qu'on n'a pas remporté les élections au niveau national mais j'espère que ça viendra un jour. On est seul face aux grandes décisions et souvent c'est la solitude qui marque les gens de pouvoir.

Et donc tout l'équilibre quand on fait de la politique aujourd'hui en première ligne c'est de réussir à trouver le bon équilibre entre le soutien, l'affection que peuvent vous apporter les gens et la solitude qui est à la fois une condition et une condition sine qua non et en même temps parfois un besoin pour prendre des décisions. Donc on a des foules autour de nous mais on se sent seul et dans ce livre qui est un livre de confession, de confidence, j'ai essayé d'emmener les Français avec moi dans les coulisses de la politique.

Je sais que de manière très simple les gens se disent mais comment ça se passe de l'autre côté, comment ça se passe dans les coulisses d'une émission de télé, comment ça se passe dans les coulisses d'une campagne électorale, comment ça se passe quand toute la journée vous avez des articles sur vous ou vous présente avec des traits de caractère et une personnalité qui n'est pas nécessairement la vôtre, comment ça se passe comme ça, comment on vit ça.

Et ce livre ce n'est pas une autobiographie, il y a évidemment des éléments de ma vie personnelle mais que j'exprime non pas pour exalter ma vie personnelle mais parce que ça permet de comprendre ce que je pense, pourquoi je le pense et pourquoi on propose telle ou telle mesure.

Et ce n'est pas non plus un livre de programme, c'est un livre vraiment de confession et j'ai voulu donc prendre non plus les électeurs mais maintenant les lecteurs par la main et leur dire venez voir comment ça se passe de l'autre côté et j'ai voulu leur faire partager un certain nombre de sentiments et c'est vrai que parmi ces sentiments il y a aussi la solitude donc je me sens très entouré quand on sort dans les rues mais parfois très seul quand il faut décider ou quand on est attaqué.

12:49
Présentateur

Vous l'avez dit vous avez grandi en Seine-Fendonie très tôt au contact de l'immigration de l'insécurité de la délinquance est-ce que vous auriez eu le même engagement si vous aviez grandi ailleurs ?

13:01
Jordan Bardella

Je ne sais pas je ne refais pas l'histoire je ne refais pas ma courte vie ce qui est certain c'est que l'environnement dans lequel j'ai grandi c'est que mon histoire personnelle et l'histoire de ma famille m'ont conduit à la politique je suis né le 13 septembre 1995 à Drancy en Seine-Saint-Denis j'ai grandi et j'ai passé plus de 20 ans de ma vie à Saint-Denis dans une cité HLM du centre-ville de Saint-Denis j'ai grandi pour partie avec ma mère et pour partie avec mon père issu d'une famille de l'immigration italienne je parle beaucoup je parle beaucoup aussi des bons côtés de ce qu'ont pu être l'histoire de l'immigration parce qu'il est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui sont issus de l'immigration et qui eux ont fait pleinement l'effort et tout ce qui va avec de devenir des français non pas à part mais des français entiers des français de coeur des français d'esprit qui ont fait ces efforts de devenir pleinement des citoyens de la République française héritiers d'une histoire d'une culture d'une langue qui ont appris à leurs enfants à respecter la police à respecter les médecins à respecter la nation à respecter les coutumes à respecter les femmes à se comporter en France comme des français alors évidemment quand on vient de l'immigration européenne c'est toujours plus facile et on sent dans ce genre de parcours dans ce genre d'histoire qu'on est dans un creuset commun dans un creuset civilisationnel commun qui est la civilisation européenne dont nous avons hérité et je raconte évidemment toute cette histoire je parle évidemment de mon enfance en Seine-Saint-Denis et je raconte comment est-ce que la violence à laquelle j'ai été confronté d'abord ne m'a jamais quitté parce que c'est une forme de violence différente aujourd'hui la violence des attaques la violence du débat politique c'est évidemment très violent quand on est en première ligne mais quand on rentre dans son immeuble et quand on a 13-14 ans et qu'on a des dealers à l'entrée qui vérifient que les gens qui rentrent reçoivent bien des habitants de l'immeuble et n'appartiennent pas à la police c'est aussi une forme de violence et j'ai vécu cette violence-là qui est une violence insidieuse parce qu'elle est à la fois physique quand on est confronté à l'insécurité mais c'est aussi une violence culturelle qui fait qu'il y a beaucoup de gens qui grandissent dans ces quartiers et qui parfois ont le sentiment d'être étrangers dans leur propre pays et donc en ayant grandi dans un territoire comme celui-ci dont Emmanuel Macron dit qu'il est la Californie sans la mer en parlant de la Seine-Saint-Denis ce qui veut donc dire aussi le niveau de déconnexion qu'il peut y avoir à la tête de l'État avec ce que vivent vraiment les gens dans ces quartiers j'ai toujours eu ce sentiment d'urgence qui m'a raccroché à la politique et je pense que je l'ai acquis en grandissant en Seine-Saint-Denis donc évidemment que l'environnement dans le ciel j'ai grandi m'a conduit à la politique j'ai aussi une fibre sociale parce que je viens d'une famille modeste populaire et ma mère m'a élevé avec un petit salaire elle est à Tsem dans une école maternelle de Saint-Denis elle est à la retraite depuis quelques semaines et je la salue d'ailleurs parce qu'elle doit être en train de nous regarder et je raconte comment est-ce que à la fois ce sentiment de les difficultés à boucler les fins de mois je raconte comment j'ai vu ma mère quand j'étais plus jeune elle avait un petit carnet et plusieurs fois par semaine elle comptait à l'europrès au fur et à mesure qu'elle faisait les courses qu'elle allait acheter du pain qu'elle allait en bas au supermarché faire des courses comptait combien il lui restait sur son compte en banque et passé le 10 ou le 15 du mois il ne reste plus grand chose mais j'exprime aussi dans le livre combien cette vie au fond c'est celle de millions de français et combien mon parcours a été un parcours modestement très ordinaire parce que j'ai vécu ce que vivent des millions de français et j'essaie de retracer un petit peu ces éléments de ma vie personnelle pour que les gens comprennent ce qui m'a amené ce qui a nourri d'abord chez moi un sentiment d'injustice sur le plan social mais aussi sur le plan sécuritaire, identitaire et qui m'a amené à la politique et puis mon engagement politique c'est aussi un moyen de rendre à la France que la France a donné à ma famille et moi je serais toujours extrêmement respectueux à l'égard d'un pays d'une nation qui nous a accueillis pour des raisons économiques évidemment mais il faut savoir d'où on vient et ça permet généralement de comprendre au revoir

17:19
Présentateur

chez Frontières on a choisi de s'appeler Frontières qu'est-ce que ce nom ce mot vous évoque quand vous l'entendez

17:29
Jordan Bardella

la Frontières c'est je vais vous faire ce que fait Debray avec les loges de la Frontières mais c'est une limite et je crois que nous les patriotes les souverainistes on est d'abord et avant tout les gardiens des limites des limites à la mondialisation sauvage des limites à l'immigration de masse des limites au transfert de souveraineté qui mois après mois année après année décennie après décennie ont dépossédé la France de sa capacité d'être elle-même et le peuple français de sa capacité à décider de ce qui était bon pour lui la frontière c'est une limite et je ne conçois pas un pays où un peuple sans frontières le monde s'est construit sur la base de limites sur la base de frontières et aujourd'hui on cherche à faire disparaître cet outil qui protège les peuples qui protège les peuples de la perte de leur identité qui protège les peuples de flux migratoires qui n'en sont qu'au début du commencement et la frontière n'est pas un mur contrairement à la caricature qu'on cherche souvent à diffuser la frontière c'est une porte qu'on ouvre qu'on ferme et les français ont le droit parfois de décider que la porte est ouverte et parfois ils ont le droit de décider que la porte doit être fermée

18:49
Présentateur

Votre ascension en politique a été fulgurante avec du recul quels souvenirs gardez-vous de vos premiers pas dans cet univers ?

18:58
Jordan Bardella

Il faut lire le livre parce que je raconte dans le livre le début d'un parcours militant alors moi mon parcours il est j'ai des origines très ordinaires comme je le dis c'est à dire que je suis un enfant de banlieue enfant de l'immigration italienne enfant des classes populaires des classes moyennes cette origine est inscrite dans mon prénom et dans mon nom je ne peux pas mentir à la fois sur mes origines personnelles et sur mon origine sociale parce qu'elle est ancrée dans mon prénom et dans mon nom et d'ailleurs je consacre un chapitre à mon prénom parce que quand j'ai commencé à faire de la politique et quand j'ai commencé à arriver sur Paris à participer à des réunions militantes avec une sociologie de gens que je n'avais pas forcément l'habitude de côtoyer quand j'étais en Seine-Saint-Denis à chaque fois que je disais mon prénom il y avait parfois des regards un peu je ne suis pas condescendant mais un peu moqueurs tu as eu honte non je n'ai pas eu honte mais j'ai demandé à ma mère et à mes parents à plusieurs reprises pourquoi ce prénom et qu'ils l'avaient choisi alors les deux se renvoient à la balle ma mère dit que c'est mon père et mon père dit que c'est ma mère mais en fait je suis très fier de mon prénom et je suis très fier de mon nom de famille parce que mon nom et mon prénom ils signent l'appartenance à une génération et surtout l'appartenance à une classe sociale dont je suis très fier et je suis très fier de venir d'en bas et de pouvoir aujourd'hui regarder modestement la France d'en haut et ce livre c'est aussi une ode à la méritocratie républicaine au travail et donc j'ai toujours travaillé j'ai toujours bossé je me suis toujours fixé des objectifs pour avancer pour donner le meilleur de moi-même et il est certain que ce parcours de militant a été un parcours assez express parce que si on m'avait dit il y a dix ans que dix ans après je serais président du Rassemblement National je pense que je ne vous aurais pas cru mais je crois surtout que je fais aujourd'hui à 29 ans ce que je devrais faire en fait à 45 ou à 50 et j'aime beaucoup cette phrase de Napoléon à qui on reprochait toujours son jeune âge et à qui on avait reproché son jeune âge notamment à la veille de la campagne d'Italie et il avait répondu on grandit vite sur le champ de bataille et j'en arrive et le militantisme était pour moi une bonne école j'ai collé des affiches d'abord dans des territoires difficiles dans les cités de Seine-Saint-Denis où évidemment il valait mieux coller le soir que la journée parce que c'était compliqué avec notamment la pression des dealers et des militants d'extrême-gauche qui considèrent qu'il y a un autre droit qui doit s'appliquer que le droit de la République française et je crois avoir fait toutes les fonctions qu'on peut faire quand on est militant j'ai collé des affiches tenu une permanence nettoyé les toilettes de la permanence du parti en Seine-Saint-Denis j'étais candidat aux départementales aux régionales aux élections législatives aux élections européennes et c'est bien quand on est chef et quand on est président d'un grand parti comme le Rassemblement National qui compte aujourd'hui plus de 100 000 adhérents et le premier groupe de parlementaires à l'Assemblée et au Parlement européen quand on est chef c'est bien d'avoir réalisé des fonctions qui sont parmi les plus difficiles parce que c'est comme ça aussi qu'on construit sa légitimité donc j'appelle aussi les jeunes qui nous regardent et qui ont envie de faire de la politique à ne pas brûler les étapes et je leur dis qu'il faut savoir être patient et travailler travailler travailler ardemment apprendre apprendre des plus anciens et ne pas brûler les étapes parce que leur légitimité sera meilleure ensuite

22:51
Présentateur

justement vous comment expliquez-vous ce succès politique pourquoi vous pourquoi pas un autre

22:57
Jordan Bardella

je ne suis pas journaliste ça c'est à vous de faire ce type d'analyse bon d'abord je pense que je pense que le Rassemblement National dans ce qu'il défend et dans les dans les idées dans les convictions dans les sentiments qu'il porte dans l'espérance qu'il représente aujourd'hui on est dans je dirais dans l'ère du temps c'est à dire que ce qu'on a beaucoup de français se rendent compte que ce pour quoi on se bat depuis très longtemps et même des générations de militants avant moi ce pour quoi on combat les idées qu'on défend l'amour qu'on a pour notre pays la fierté française aussi qu'on essaie de réhabiliter j'en parle dans le livre ce sont des idées qui sont partagées chaque jour par beaucoup de français qui se rendent compte qu'on a posé non seulement les bons diagnostics sur différents sujets alors évidemment sur la question de l'immigration et de l'identité française mais aussi sur la question énergétique sur les questions économiques bon ben on se rend compte qu'aujourd'hui toutes les grandes puissances qui sur le plan économique marchent dans la mondialisation à commencer par les Etats-Unis ce sont des pays qui protègent leurs intérêts qui protègent leurs marchés intérieurs qui font du patriotisme économique qui savent à la fois donner toute la liberté aux entrepreneurs pour entreprendre créer, innover, se développer mais qui sont capables aussi de se protéger de la concurrence internationale des loyales et c'est vrai que quand on parlait de patriotisme économique il y a encore 10 ans on était traité de fasciste d'extrémiste de marginal etc etc et les diagnostics non seulement qu'on a posé sont les bons mais maintenant on apparaît aujourd'hui comme regard des solutions qu'on porte comme une solution politique donc je pense qu'il y a quelque chose qui est quand même profondément lié à ce que représente notre courant d'idées à ce que représente aujourd'hui la famille et le camp national je crois que le ticket que nous avons constitué avec Marine et en fait je lui dois beaucoup si j'en suis là aujourd'hui et s'il y a du monde dans des meetings où je suis parfois seul dans les séances de dédicaces quand on se déplace sur le terrain pour aller rencontrer non plus seulement nos électeurs mais maintenant les électeurs c'est parce que c'est elle aussi qui a suscité ça et moi je suis un simple militant il y a 6 ans 2019 et Marine Le Pen vient me chercher en proposant d'être tête de liste aux élections européennes j'ai un petit doute quand même à l'époque parce qu'il faut être quand même suffisamment il faut il faut il faut avoir beaucoup d'humilité et non pas paraître arrogant mais il faut avoir les épaules solides quand même pour se lancer dans une bataille comme celle-ci et évidemment qu'on se demande avant si on va avoir les épaules les épaules solides mais il est clair que compte tenu de tout ce qu'elle m'a apporté et je parle d'ailleurs beaucoup dans ce livre de la relation que j'ai avec elle parce que je pense que les gens sont curieux aussi de savoir comment ça se passe tous les jours entre Marine Le Pen et Jordan Bardella au quotidien donc je raconte tout cela mais je pense qu'elle m'a transmis cette foi voilà et en politique on ne transmet que la foi que l'on a c'est Marine qui dit souvent ça et elle elle m'a donné la foi quand j'avais 16 ans quand j'étais très jeune et je pense que ce qu'elle m'a transmis je le transmets aujourd'hui un peu comme un flambeau et puis après je veux dire la politique c'est ça je le dis aussi aux gens qui veulent faire de la politique c'est soit vous avez ce truc soit vous ne l'avez pas la politique c'est je ne vais pas dire que ça ne s'apprend pas parce que gouverner ça s'apprend travailler un projet de loi ça s'apprend comprendre les préoccupations des français de manière méticuleuse profession par profession filaire par filaire ça s'apprend naturellement ça s'apprend contact des français ça s'apprend en travaillant ça s'apprend en passant des heures et des nuits sur un dossier mais je crois que le sens politique vous l'avez ou vous ne l'avez pas et puis après il y a quelque chose qui opère ou qui n'opère pas avec les français et il se trouve que il se trouve qu'avec nous ça marche alors c'est précieux parce que ça ne veut pas dire qu'on vous aime aujourd'hui qu'on ne vous aimera pas demain et je me satisfais pas de on a fait 11 millions de voix c'est considérable aux élections législatives il n'y a pas un parti dans une démocratie occidentale qui fait 36% des voix lors d'une élection législative mais moi j'en veux toujours plus et je veux aller convaincre les indécis et les incertains et c'est aussi pour ça d'ailleurs que j'ai voulu écrire ce livre pour dire à ceux qui ont des doutes à notre égard vous pouvez ne pas nous aimer mais je ne veux pas que vous nous combattiez sur des idées qui ne sont pas les nôtres donc lisez regardez ce que je pense regardez ce que je défends vraiment et après vous direz j'aime ou j'aime pas je comprends je ne comprends pas jamais je n'admets pas voilà moi je ne demande qu'une chose c'est d'être combattu pour les idées qui sont les miennes et pas pour les caricatures ou pour ce qu'on dit de moi

27:47
Présentateur

comment est-ce qu'on passe d'un jeune homme qui jouait aux jeux vidéo avec une enfance et une jeunesse c'est tout à fait normal

27:54
Jordan Bardella

j'ai peut-être pas totalement arrêté d'ailleurs

27:55
Présentateur

ah bon on en parlait alors un homme avec de telles responsabilités

28:00
Jordan Bardella

en travaillant en travaillant en ayant des convictions et en ayant aussi l'opportunité de les défendre et au-delà de la confiance que m'a accordée Marine Le Pen elle m'a donné l'opportunité de faire de la politique donc il faut un peu tout cela il faut prendre un checker il faut y mettre du travail des convictions des objectifs de l'ambition saine pas de l'ambition personnelle mais de l'ambition pour nos compatriotes et je pense fondamentalement que si aujourd'hui les français nous rejoignent chaque jour plus nombreux c'est parce qu'ils sentent qu'on n'est pas comme les autres et qu'ils sentent qu'on est différent des autres et puis pour la suite il faut lire le livre

28:51
Présentateur

justement la rédaction se demande quel est votre call of duty préféré parce que du coup vous dites que vous jouez peut-être encore quel est ou quel était

29:02
Jordan Bardella

vous n'avez pas des parce que ce n'est pas très élégant de boire la bouteille je trouve alors mon call of duty préféré c'est Black Ops 1 Black Ops vous avez du nom et je vois qu'il y a beaucoup de gens qui acquiescent derrière vous que j'ai dû saigner des heures et des heures et des heures mais d'ailleurs ce serait intéressant que les internautes donnent leurs avis mais je pense que le plus équilibré et celui sur lequel on a tous passé des heures c'est Black Ops 1 mais d'ailleurs c'est fou à quel point certains jeux vidéo sont les symboles d'une génération c'est à dire que vous retrouvez 15 ans après quelqu'un qui a joué à Black Ops 1 ou à Modern Warfare 2 ce qui est fou c'est qu'en fonction du langage que vous allez utiliser des kill strikes au PGM vous êtes sûr que vous parlez le même langage c'est fou à quel point les jeux vidéo ça peut fédérer des générations entières donc pour vos réponses je dirais Black Ops 1 mais malheureusement je n'ai plus trop le temps d'y jouer aujourd'hui

29:56
Présentateur

c'est peut-être une question que nos auditeurs se posent en tout cas nos jeunes auditeurs ceux qui jouent aux jeux vidéo qu'est-ce que vous voyez dans tous ces jeux vidéo comme quelque chose de fédérateur aussi qu'est-ce qu'il y a d'inspirant dans ces jeux vidéo ?

30:10
Jordan Bardella

je ne sais pas s'il y a quelque chose d'inspirant mais on y a tous passé des heures moi j'assume j'assume que j'ai passé des heures quand j'étais ado à jouer à Call of et à jouer à FIFA et à PES bon il y en a peut-être aujourd'hui qui ont le jeu vidéo honteux moi j'assume et c'est vrai que ça vous pousse à jouer en équipe à développer des stratégies on passait des heures avec mes amis au lycée on avait une chaîne YouTube sur laquelle on se filmait en train de jouer on mettait nos vidéos d'ailleurs salutations à eux parce que je pense qu'ils le regardent on a tous pris des chemins différents mais bon voilà pour certains c'était c'était le tennis c'était la télé voilà moi c'était les vidéos et puis d'ailleurs j'ai grandi dans un quartier où ma mère et ma famille et mon père ne me poussaient pas tellement à traîner en bas à sortir à sortir donc c'est vrai que je passais beaucoup de temps seul dans ma chambre à jouer à lire à traîner sur sur internet à regarder énormément d'émissions je me rappelle que tous les samedis soirs j'avais un rituel c'est que le samedi soir chez ma mère première partie de soirée c'était cal off à fond alors j'avais 15-16 ans c'était cal off à fond avec les potes du collège ou du lycée et après c'était Zemmour et Nolo on n'est pas couché et donc cette génération là elle a les mêmes codes et d'ailleurs c'est très marrant parce que dans le livre je parle de j'ai un chapitre qui s'appelle Génération rue des Canettes et je parle de cette de cette génération de jeunes de droite auxquels j'ai appartenu auxquels j'appartiens qui fréquentaient toutes les semaines les mêmes bars dans cette fameuse rue des Canettes je pense que beaucoup se reconnaîtront et on se retrouvait tous les vendredis soirs tous les samedis soirs après la semaine de cours avec des jeunes qui étaient soit au fond national de la jeunesse soit au jeune UMP jeune républicain ensuite qui était chez debout la république et je raconte comment cette rue des Canettes a accouché d'une génération et je me souviens d'ailleurs que dans cette rue des Canettes on pouvait le samedi soir se retrouver avec des gens qui sont devenus des amis aujourd'hui Alexandre Loubet qui était mon directeur de campagne aux européennes qui est désormais député qui était président des jeunes de Nicolas Dupont-Aignan à l'époque Pierre Gentillet qui était président des jeunes de la droite populaire et on savait que même si nos chefs étaient à la tête de partis politiques très différents on savait qu'un jour Gaëtan Dussosset aussi qui est désormais député des Vaux je crois que vous avez reçu il y a quelques jours on savait qu'on finirait par se retrouver un jour il y a aussi Sarah Knafo que j'ai rencontré donc il y a une dizaine d'années à cette époque et on savait qu'un jour on finirait par se retrouver et c'est vrai que depuis 2022 la campagne présidentielle puis évidemment les élections législatives les élections européennes a ouvert la voie à une jonction d'une partie de cette génération parce que malgré nos appartenances nos appartenances partisanes très différentes on savait qu'on vibrait pour la même chose et nos livres nos lectures étaient les mêmes évidemment Zemmour je ne sais pas Buisson Michéa Onfray Guy Lui Albert Camus on lisait les mêmes livres on avait les mêmes références les mêmes références culturelles les mêmes livres on savait qu'au-delà des partis il y avait la France et c'est un peu d'ailleurs l'esprit du dépassement c'est pour ça qu'au fond même si évidemment mes valeurs s'inscrivent dans un corpus de droite je refuse d'enfermer mon mouvement politique et le Rassemblement National dans un clivage qui m'apparaît dépassé parce que la France ce n'est pas l'Italie on n'est pas sur un scrutin législatif où on peut faire des coalitions de partis politiques il y a une idée très française qui est celle du dépassement du dépassement permanent c'est la philosophie de De Gaulle selon laquelle la France ce n'est ni la gauche ce n'est ni la droite on est bien plus que cela et donc je pense que cet esprit de j'ai retenu de cette époque de la rue des Canettes dans Paris pas très loin du boulevard Saint-Germain à la fois des valeurs qui sont propres à des gens qui peuvent aujourd'hui se situer dans des partis politiques différents mais j'en ai retenu la nécessité d'un dépassement pour aller chercher au-delà et pour fédérer bien au-delà de ce qui peut apparaître comme un clivage aujourd'hui entre la gauche et la droite qui est peut-être un peu trop simple et un peu trop réducteur pour comprendre les dynamiques de fond qui se jouent dans le paysage politique

34:50
Présentateur

il y a une question qui est un peu plus grave entre grands guillemets vous êtes aujourd'hui sous protection rapprochée vous avez de la sécurité qui est quasiment en permanence autour de vous comment vous vous prochez et vous-même vivez cette réalité-là ?

35:05
Jordan Bardella

Alors je ne mesure pas la gravité de ce que je vais dire mais je m'y suis habitué et quand vous faites de la politique aujourd'hui ça aussi je vous dis que j'ai réussi à constituer autour de moi une carapace qui est nécessaire d'ailleurs parce que sinon vous ne tenez pas entre la pression les commentaires parfois très durs de la presse les réseaux sociaux qui sont devenus une espèce d'immense décharge publique sous couvert d'anonymat vous pouvez vous faire insulter menacer etc la première fois que j'ai été mis sous protection de policière c'était après l'assassinat de Samuel Paty où je le raconte d'ailleurs les menaces que j'ai reçues de la part de la communauté tchétchène à l'époque étaient des menaces extrêmement sérieuses qui ont été prises en compte par le ministère de l'intérieur et donc au début évidemment ça fait ça fait très peur parce qu'on reste un être humain et que on sait que ça existe mais quand c'est vous qui êtes la cible de cela c'est pas très rassurant c'est pas très rassurant pour moi c'était pas très rassurant pour ma compagne à l'époque et donc oui au fur et à mesure du temps c'est fou mais on s'y habitue on s'y habitue à recevoir des menaces des messages anonymes et donc quand vous vivez protégé depuis depuis 3-4 ans vous faites plus tellement attention c'est fou mais ça fait partie des la politique c'est un sacerdoce aujourd'hui et ça fait aussi partie des sacrifices la vie politique en première ligne et d'ailleurs il faut s'interroger pourquoi est-ce qu'il y a plus grand monde qui a envie de faire de la politique en première ligne non seulement ça vous expose non seulement ça vous use très vite mais en plus vous êtes vous êtes évidemment régulièrement la cible de critiques parfois très dures et parfois un peu plus d'un certain nombre de menaces donc malheureusement aujourd'hui il y a des responsables politiques qui vivent sous la protection sous la protection de l'État l'État fait attention à cela et depuis il faut rendre hommage d'ailleurs au travail du ministère de l'Intérieur et aux policiers du service de la protection qui consacrent qui comme beaucoup de nos fonctionnaires nos forces de sécurité nos militaires acceptent de mettre leur vie en avant et parfois en danger pour protéger celles des autres et donc je sais qu'il ne faut pas trouver cela normal mais malheureusement je m'y suis habitué

37:49
Présentateur

Comment est-ce qu'on construit des amitiés désintéressées ?

37:55
Jordan Bardella

Ah bah ça c'est une bonne question ça

37:56
Présentateur

C'est vrai quand on arrive comment est-ce qu'on arrive encore à construire des amitiés des relations désintéressées ?

38:04
Jordan Bardella

Il faut bien sentir les gens moi je sens assez bien je marche beaucoup au feeling quand je m'entoure de gens dans ma sphère amicale dans ma sphère professionnelle quand je recrute des collaborateurs des gens pour le parti je pense que le meilleur moyen de savoir si on peut avoir confiance en quelqu'un c'est de donner sa confiance après ça marche ou ça marche pas mais c'est vrai que dans l'histoire de la vie politique combien ont accordé leur confiance et combien ont été ont été trahis par des gens qui sont servis de vous qui sont partis donc la loyauté et la fidélité sont des valeurs qui sont rares aujourd'hui en politique moi c'est des valeurs que je revendique que j'assume que j'essaie de faire vivre aussi dans les choix que je peux faire autour de moi de recrutement j'ai gardé des amis d'enfance des gens qui étaient là avant qui sont là maintenant et qui je le sais seront là demain et puis au fur et à mesure de votre vie et de votre parcours vous rencontrez vous faites des rencontres bon évidemment le nombre de gens sur qui je peux compter demain si tout s'arrête je pense que ça sera sur les doigts d'une main mais le tout c'est de le savoir et écoutez c'est pareil c'est pareil pour vous c'est pareil pour un journaliste c'est pareil oui quand vous êtes exposé quand vous êtes un chef d'entreprise bon il y a des gens qui peuvent être là pour ce que vous pouvez leur apporter et des gens qui peuvent être là sincèrement le tout c'est de savoir sentir les choses sentir les gens

39:41
Présentateur

pas des moments où vous aimeriez retrouver une sorte d'anonymat ou même pourquoi pas tout arrêter est-ce que ça vous arrive d'avoir justement cette envie presque d'un coup de transparence

39:52
Jordan Bardella

si parce que comme ça je pourrais m'endormir dans le train sans qu'on me prenne en photo et ça c'est vrai que c'est un truc non mais ça fait partie du job je dis pas du job mais ça fait partie de l'engagement parce qu'en fait la politique c'est plus qu'un c'est pas un métier c'est plus que ça c'est un engagement c'est un don de soi la politique il faut être prêt à tout donner et il faut être prêt à tout sacrifier pour la France et pour les français quand je dis tout sacrifier on fait pas verdun mais il faut être prêt à sacrifier ses libertés personnelles son image aussi j'ai pas eu droit à l'insouciance qu'on a quand on a 20, 25, 30 ans parce que je me protège et je sais qu'aujourd'hui avec les réseaux sociaux on peut être pris en photo très souvent et ça m'arrive très souvent d'ailleurs vous êtes dans le train dans l'avion on vous prend en photo on voit les gens discrètement le pire c'est les gens dans le train qui vous prennent en photo qui pensent que vous ne le voyez pas alors qu'en fait il y a le reflet du téléphone dans la vitre derrière donc voilà il faut éviter de s'endormir avec le filet de bave dans le train

40:52
Présentateur

est-ce que vous arrivez encore justement avec tout ça à faire la fête comme un jeune puisque vous avez 29 ans vous faites la fête comme tout le monde

41:03
Jordan Bardella

comme tout le monde vous ne montez pas sur la table au milieu du restaurant donc il faut faire attention à ça aussi parce que il faut être très prudent c'est une vie où on fait attention à tout on fait attention à ce qu'on dit en fait c'est ça qui est pesant c'est qu'on fait attention à ce qu'on dit on fait attention à qui on parle on fait attention à l'entourage qui est le nôtre aux gens qu'on fait rentrer dans la sphère de confiance on fait attention quand on sort dans la rue ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure sur les menaces qu'on peut recevoir on fait attention on fait attention quand on sort quand on est au restaurant ça peut arriver quand on peut faire la fête il faut faire attention mais ça ne m'empêche pas de profiter je ferai peut-être la crise de la trentaine ou de la quarantaine mais je ne suis pas du tout dans cet état d'esprit là et je prends je suis passionné je suis profondément passionné par mon pays je suis profondément passionné par mes compatriotes et je suis profondément passionné par la capacité à changer le cours des choses et quand je me lève le matin je sais pourquoi je me bats et je n'ai jamais lorsque je me lève le matin l'envie de rester au lit alors parfois c'est dur parfois c'est fatigant quand on se lève très tôt comme des millions de gens pour aller faire une matinale pour aller à un déplacement c'est le quotidien de millions de français moi je suis content de le faire et je suis content de le faire pour les français et je redoute le jour où j'aurais pu cette fougue mais la politique me passionne et la capacité à améliorer le quotidien de mes compatriotes ça ça me passionne et je ne compte pas arrêter demain matin et je partirai une fois mission accomplie

42:44
Présentateur

tout à l'heure vous parliez de fidélité en 2017 au lendemain de l'élection présidentielle beaucoup ont décidé de ne plus y croire et se sont retirés du parti vous dites que vous n'avez jamais songé à blesser à baisser les bras ou à trahir celle pour qui vous êtes engagée si vous aviez choisi de partir qu'est-ce que vous auriez fait ?

43:05
Jordan Bardella

je me suis jamais posé la question on dit souvent en politique que les victoires sont collectives mais que les défaites sont individuelles quand vous gagnez votre téléphone il chauffe tout le monde est là pour vous féliciter tout le monde est là pour vous encourager le jour où vous échouez il n'y a plus personne et j'ai considéré en 2017 que les conditions dans lesquelles on avait perdu étaient des conditions au fond injustes parce que tout ce qu'a dit Marine Le Pen s'est révélé vrai 7 ans plus tard sur le plan économique social migratoire sur la dépossession qui a touché le pays sur la déconstruction des piliers de la souveraineté qu'a engagé Emmanuel Macron depuis 7 ans et j'estimais que on s'honore aussi par la fidélité dans ce type de moment et donc il y a effectivement des gens qui ont choisi de quitter le navire on ne va pas les citer mais il y a des gens qui après 2017 ont tourné le dos à Marine Le Pen ça ne m'a jamais traversé l'esprit et je suis un combattant et parce que je suis combattant et passionné encore plus dans ce moment là j'ai voulu être avec elle et j'ai voulu être de ceux qui avec elle se sont dit on repart on repart de l'avant et 5 ans après on fera encore plus moi je suis profondément habité par cet état d'esprit et donc après 2017 ça a été difficile parce qu'on a perdu beaucoup de nos adhérents il y a des militants des électeurs qui ont été déçus et c'est normal après une défaite si vous voulez année après année on n'a fait que ça la courbe du parti entre le moment où Marine accède à la présidence du Front National en 2011 à la suite du Congrès de Tours et le second tour de l'élection présidentielle de 2017 on ne fait que croître mais moi j'ai considéré que c'était pas fini et je lui devais ça aussi on a quelqu'un là qui a sacrifié une partie de sa vie personnelle pour le combat politique moi j'estime que notre devoir et que mon devoir de militant à qui elle avait donné une chance c'était d'être là et c'était d'être à ses côtés et donc avec plusieurs personnes autour d'elle une grande partie de ses proches on a décidé de continuer à y croire et elle est remontée à cheval elle est repartie de l'avant et moi j'ai suivi

45:23
Présentateur

justement Marine Le Pen a souvent rejeté l'étiquette de droite pour qualifier le Rassemblement National beaucoup de vos adhérents se revendiquent de droite pourtant est-ce que cette dénomination vous dérange un petit peu ?

45:37
Jordan Bardella

non parce que j'inscris moi-même mes valeurs dans un étau c'est dans un corpus idéologique de droite mais je pense que ce clivage est insuffisant aujourd'hui on va mettre les deux pieds dans le plat on nous a souvent reproché de ne pas faire l'union des droites mais c'est une trop petite ambition l'union des droites l'union des droites avec qui ?

avec Laurent Wauquiez qui il y a trois jours avec François-Xavier Bellamy est allé devant l'Elysée en demandant un gouvernement d'union avec le parti socialiste et les écologistes l'union des droites au Parlement européen avec Madame van der Leyen qui vient de signer le Mercosur et qui a mis en place pendant cinq ans le Green Deal c'est-à-dire l'alliance idéologique avec les Verts qui asphyxie de normes et de taxes les entreprises et les agriculteurs français et européens c'est bien plus que cela le Rassemblement National aujourd'hui il y a une partie de nos électeurs qui vient aussi de bastions très populaires de bastions socialistes communistes notamment dans le nord de la France et quand on a dépassé un clivage et quand on arrive à aller et à parler au-delà de ce clivage on ne revient pas en arrière en revanche moi j'ai toujours assumé cette volonté d'aller convaincre les orphelins de la droite il y a beaucoup de gens qui ont cru en Nicolas Sarkozy beaucoup d'ailleurs d'électeurs du Front National qui à l'époque ont choisi Nicolas Sarkozy en 2007 il y a beaucoup de gens qui ont été déçus il y a beaucoup de gens qui ont voté François Fillon il y a beaucoup de gens qui sont allés vers le parti reconquête et vers Éric Zemmour lors de l'élection présidentielle moi je pense que le camp national il gagnera si on est uni si on est soudé si on est rassemblé or aujourd'hui je crois que le meilleur moteur et la meilleure locomotive de cette capacité à rassembler c'est le rassemblement national précisément sur des valeurs très simples autorité la sécurité la protection de notre identité de nos valeurs de civilisation la défense de la laïcité la promotion du mérite le redressement de l'école le redressement des comptes publics la paix fiscale la paix normative pour nos entreprises la liberté d'entreprendre tous ces grands principes là est-ce qu'ils sont à droite ou est-ce qu'ils sont à gauche une grande partie d'entre eux se situent à droite mais il faut être capable de parler à plus que cela aujourd'hui pour l'emporter question c'est pas est-ce qu'on arrive ou pas au second tour je pense qu'on sera qualifié pour le second tour à la prochaine présidentielle on sait pas ce qui peut se passer mais tout l'enjeu pour nous c'est de passer de 49 à 50% à une vaut au second tour l'élection présidentielle et pour ça il faut être capable de parler à tous les français et moi je souhaite aussi aller convaincre ces orphelins de la droite de venir travailler avec nous mais cela ne m'empêche pas de faire le procès d'une partie de la droite parce que la droite elle a séduit en 2007 et puis elle a déçu en 2012 Patrick Buisson disait dans dans la cause du peuple je crois que il y a deux formations de gauche en France et l'une d'elles s'appelle la droite et on a un peu le sentiment et c'est le sentiment qu'ont beaucoup d'électeurs de droite qui aujourd'hui sont orphelins d'un programme d'un parti politique d'un leader qui considère qu'une fois au pouvoir la droite a gouverné comme la gauche est-ce que Michel Barnier de droite quand on nous présente un budget socialiste avec 40 milliards d'euros d'impôts supplémentaires une augmentation du coût du travail et une augmentation des taxes sur l'électricité est-ce que c'est de droite ça ?

moi je vois depuis j'ai un peu de recul sur ça et je vois aussi depuis là depuis quelques jours tous les droits d'art venir me dire mais oh là là vous avez censuré un gouvernement de droite ah bon il est de droite Michel Barnier ? quand on est de droite on augmente les impôts quand on est de droite on augmente le coût du travail quand on est de droite on affaiblit la souveraineté de la France quand on est de droite on refuse de toucher à l'aide médicale d'Etat c'est-à-dire à la gratuité des soins pour les étrangers en situation irrégulière pendant que dans le même temps on dérembourse des médicaments c'est ça être de droite ?

moi je crois pas je crois pas que ce soit ça être de droite en tout cas c'est pas les valeurs que je considère être comme des valeurs de droite donc beaucoup plus compliqué que ça moi je veux rassembler la France du travail je veux rassembler tous ceux qui pensent que la France est encore une grande nation une grande puissance et je veux réhabiliter cette fierté française c'est le président Sarkozy qui l'a dit avec beaucoup de lucidité Donald Trump il a gagné aux Etats-Unis parce que il a parlé de l'Amérique aux Américains Georgia Meloni elle s'est imposée en Italie parce qu'elle a parlé de l'Italie au peuple italien moi je pense qu'on gagnera en étant capable de parler à tous les français de leur dire qui ils sont qui nous sommes et où est-ce que nous voulons emmener le pays au 21ème siècle et moi je suis pas décidé à ce que la France s'éteigne or on sait ce que dit Suarez il y a des heures qui engagent des siècles or je pense que les choix qu'on fait aujourd'hui sur l'immigration sur la démographie sur l'économie sur l'agriculture sur l'industrie détermineront si oui ou non la France vivra au 21ème siècle et si oui ou non la France sera une grande puissance si on ne fait pas les bons choix maintenant et si on continue dans la pente dans laquelle on est engagé depuis 30 ans alors on disparaîtra et le véritable défi pour la France au 21ème siècle c'est de rester vivante

50:41
Présentateur

pour vous vernez justement il faut gagner les élections législatives qu'est-ce qui vous garantit que vos candidats aux prochaines élections seront mieux préparés comment éviter les erreurs de casting entre guillemets dont vous avez pu parler dernièrement

50:56
Jordan Bardella

sur vous savez il a fallu organiser des élections chaque parti politique dans un délai de trois semaines on a eu trois jours pour sélectionner 1154 candidats titulaires et suppléants partout en France alors 95 99% de nos candidats étaient parfaitement irréprochables et puis on a eu une trentaine de candidats dont j'ai assumé d'ailleurs qu'ils étaient des erreurs de casting qui ont pu tenir des propos exprimer des valeurs ou exprimer des prises de position qui n'étaient pas conformes à ce que moi je défends et à la ligne politique et à l'éthique politique du Rassemblement National La seule différence c'est que nous on ne nous pardonne rien voilà et on a passé trois semaines alors c'est le jeu je sais que je pratique une discipline où les règles sont plus difficiles pour nous qu'elles ne le sont pour les autres mais on a passé trois semaines sur ces quelques candidats qui ont été exclus du Rassemblement National depuis qui étaient dans circonscription qui n'étaient pas des circonscriptions éligibles si vous voulez je pense que dans toute organisation humaine c'est vrai dans la vie politique c'est vrai dans une entreprise c'est vrai dans une rédaction de journalistes il peut y avoir parfois des gens qui se trouvent là et qui ont des propos ou une attitude qui n'est pas conforme à la philosophie de la maison ce qu'il faut juger c'est la capacité du mouvement politique à réagir moi ce que je note c'est que à la NUPES quand on a des candidats antisémites qui font l'apologie du Hamas ou qui sont fichés pour leur proximité avec la mouvance antifa et pour leur hostilité à l'égard des forces de l'ordre là-bas ils sont investis ils sont mis en avant c'est ça la différence entre eux et nous donc évidemment que chaque jour qui passe on se prépare davantage à exercer le pouvoir mais évidemment que ces quelques candidats dont tout le monde a vu les images tournées sur les réseaux sociaux d'ailleurs nous ont fait du mal nous ont fait du mal en termes d'images donc nous travaillons pour être chaque jour davantage meilleurs mais je ne veux pas non plus que ça abîme si vous voulez l'image d'une très grande partie de nos cadres d'une très grande partie de notre mouvement et de 99% de nos candidats et de la totalité de notre groupe qui est aujourd'hui réprochable vous savez dans notre groupe il y a des agriculteurs il y a des médecins il y a des policiers il y a des énarques il y a des jeunes il y a des moins jeunes il y a de tout notre groupe il est à l'image du peuple français et si les français sont chaque jour plus nombreux à nous accorder leur confiance c'est parce qu'ils sentent que le mouvement que nous incarnons le mouvement que nous représentons exprime aussi par ses voix par ses prises de parole par ses porte-parole par ses députés les sentiments que les gens ont au fond du cœur est-ce que ça suffit pour passer de 49 à 50,1 je ne crois pas et mon ambition aujourd'hui c'est évidemment d'aller plus loin dans la professionnalisation du mouvement mais je veux aussi que sur un plan peut-être plus stratégique on soit capable de concilier dans un même élan dans une même dynamique à la fois les classes populaires et les classes moyennes mais de parler aussi à une partie de la France qui réussit qui est peut-être encore un peu préservée du déclassement de la France et à cette élite entrepreneuriale c'est précisément ce qu'a fait Trump aux Etats-Unis avec cette réconciliation entre les républicains et le vote populaire et la capacité à séduire une élite entrepreneuriale dont Musk est peut-être l'exemple le plus iconoclaste

54:11
Présentateur

justement sur tous ces entre grands guillemets bad buzz comme on peut les appeler ces dernières années vous avez souvent répondu aux enquêtes de médias comme Libération ou même Street Press alors pas forcément directement mais ce qui a pu renforcer leur influence car on a vu des collaborateurs parlementaires notamment être renvoyés à juste titre certainement en faisant cela est-ce que vous n'avez pas un peu participé à leur donner du crédit voire même un peu du pouvoir

54:36
Jordan Bardella

c'est-à-dire ?

54:37
Présentateur

à Street Press à Libération ce sont des médias qui quand on regarde par exemple la gauche a tendance les personnalités les élus de gauche ont tendance à ignorer les médias de droite qui les fait quelque part ne pas exister à leurs yeux

54:50
Jordan Bardella

non mais quand on a un candidat par exemple allez on a quelqu'un chez nous qui veut être candidat qui exprime des propos des valeurs qui sont contraires à la ligne politique celle sur laquelle les adhérents ont élu président du rassemblement national et à l'éthique et aux valeurs qui sont les nôtres je n'ai pas besoin de libération pour me forger un avis je vous rassure il se trouve qu'à gauche ils sont spécialistes ils ont des il faut le savoir d'ailleurs dans des dans des rédactions de gauche ils ont des dizaines de personnes qui sont payées pour aller fouiller les pages facebook les comptes twitter les réseaux sociaux le compte twitter de la boulangère de votre cousine et vérifier si en 2014 elle n'a pas fait un tweet qui était un peu border ils ont une armée de gens qui est destinée à ça bon bah ils ont des moyens de police que d'ailleurs les médias de droite devraient faire pareil moi j'invite là les médias de droite à utiliser aussi les moyens qui leur sont donnés pour aller regarder aussi les gens de la France insoumise les propos qu'ils peuvent tenir sur le Hamas sur une ambiguïté à l'égard des thèses islamistes sur la haine de la France des propos qui sont souvent très très condamnables il faut que les médias de droite fassent ce travail aussi mais encore une fois moi j'ai pas besoin de j'ai pas besoin d'un journaliste de libération pour me forger mon opinion

56:20
Présentateur

vous avez rencontré à plusieurs reprises le chef de l'état vous êtes aujourd'hui la première force d'opposition justement face à son camp que pensez-vous d'Emmanuel Macron qu'est-ce qui vous inspire

56:32
Jordan Bardella

je raconte dans le livre notamment les rencontres de Saint-Denis été 2023 juste après les émeutes terribles qui ont ravagé une partie du partie du pays et pas seulement les banlieues d'ailleurs aussi des territoires ruraux dans lesquels il s'était pas passé grand chose lors des émeutes de 2005 dont je me souviens très bien d'ailleurs et je raconte ces émeutes c'est un de mes premiers souvenirs politiques c'était il y a 10 ans quand j'avais 10 ans pardonnez-moi je raconte comment j'ai vu et comment j'ai perçu depuis la cité dans laquelle j'ai grandi depuis mon appartement les émeutes et les voitures qui brûlaient en bas de ma cité Emmanuel Macron décide à l'issue des émeutes de réunir les chefs de parti à Saint-Denis dans ce qui va être baptisé les rencontres de Saint-Denis par lui et par la presse et ces rencontres vont durer 12 heures et donc je vais avoir l'opportunité pendant 12 heures de dialoguer avec le chef de l'État de la situation du pays et d'essayer de lui faire comprendre ce que ressentent les gens et ce qu'ont les gens au fond du cœur lorsqu'ils voient des gens et aussi des gens issus de l'immigration à qui la France a tout donné se comporter comme des délinquants comme des criminels comme des voyous en lançant des cocktails molotov sur les forces de l'ordre en fonçant avec des voitures sur les policiers en dégradant les hauls des immeubles je me suis dit modestement je vais essayer d'être le porte-voix de millions de Français et en discutant avec lui je me rends compte combien il méconnaît ce qui est en train de se passer en France et je crois au fond qu'Emmanuel Macron s'intéresse beaucoup à lui-même mais qu'il ne s'intéresse pas au quotidien des Français et on sent que c'est quelqu'un qui n'a jamais pris le RERB entre Sevran et Châtelet et qui méconnaît totalement la problématique de l'insécurité la nécessité de changer de trottoir quand vous êtes une femme et que vous rentrez le soir vous prenez le RER vous gardez vos écouteurs vous réfléchissez à la manière dont vous allez vous vêtir à la manière dont vous allez vous maquiller la pression qu'exercent les fondamentalistes islamistes dans les cités et dans une partie de l'espace public on sent que tout ce qui amène aux émeutes de banlieue il méconnaît tout cela quand il dit et je le rappelle la Seine-Saint-Denis et la Californie sans la mer quand il dit à la suite des émeutes mais qui avait vu venir ces émeutes tout le monde en fait mon cher monsieur tout le monde à part vous et quand on a à la tête de l'État quelqu'un qui méconnaît de manière aussi vive aussi forte le quotidien de millions de Français qui est capable par des mots par des phrases par des outrances de blesser des millions de nos compatriotes je ne vais pas vous dire qu'on n'est pas dignes d'être le chef de l'État moi je suis républicain un républicain pur et dur je respecte les institutions et il a été élu il est président de la République je n'ai pas de débat là-dessus mais on ne peut pas faire du bien à ses compatriotes et à son pays quand on méconnaît les souffrances des millions de nos compatriotes Emmanuel Macron est un déconstructeur c'est un Mélenchon qui prend son temps et qui aura œuvré pendant 7 ans sur le plan économique comme sur le plan identitaire et civilisationnel profondément à déconstruire les piliers de la Maison France

59:56
Présentateur

Si vous deviez donner une raison aux jeunes qui nous regardent de s'engager ce serait laquelle ?

1:00:09
Jordan Bardella

Si notre génération ne reprend pas le pays en main personne ne va le faire à notre place voilà je pense que la France est le plus beau pays du monde voilà je ne suis pas chauvin mais je pense que on se rend compte de ce qu'est la France de la puissance de notre pays dès qu'on franchit les frontières de l'Hexagone il suffit de se rendre compte quand on discute avec n'importe qui à l'étranger quand on dit qu'on est français waouh c'est la classe il faut qu'on garde cette fierté cet esprit là et j'ai envie de dire moi aux jeunes français vous avez un pays qui est malade qui est affaibli mais qui a en lui et qui a toujours eu au cours de son histoire la force la capacité et la puissance du sursaut et du rebond si ce n'est pas vous jeunes français qui prenez le destin de votre pays en main qui prenez l'avenir des vôtres à bras le corps personne ne va le faire à votre place alors ce livre c'est aussi un appel à l'engagement et moi je veux dire aux français on a énormément de jeunes qui sont aujourd'hui avec nous qui viennent dans nos meetings qui me lisent qui s'engagent qui ont des responsabilités y compris au sein de mon mouvement politique on est un parti politique qui donne une opportunité à la jeunesse de défendre son pays de défendre ses valeurs d'affirmer sa fierté d'être français et de pouvoir changer le cours de l'histoire je pense que il n'y a aucune autre époque où il aurait fallu faire de la politique en réalité parce que la France elle est aujourd'hui à la croisée des chemins et on le voit sur le plan migratoire démographique environnemental technologique avec les mutations induites par l'intelligence artificielle que les 10 ans qui viennent détermineront purement et simplement le destin de la France donc ce livre c'est un appel à l'engagement et je dis aussi aux jeunes voilà croyez en vous croyez en vos rêves la France peut élever faire grandir briser tous les déterminismes à condition que vous consentiez au travail bien fait et à l'effort et encore une fois moi mon parcours c'est aussi de dire aux jeunes français c'est pas parce qu'on vient d'un milieu difficile c'est pas parce qu'on vient d'un milieu modeste c'est pas parce qu'on vient d'un quartier difficile qu'on est voué à y rester voilà rien n'est impossible quand on est français et la France vous donne précisément toutes ces opportunités je pense que je cite d'ailleurs dans le livre je cite un des acteurs que j'aime beaucoup qui est Jean Dujardin Jean Dujardin il dit très simplement le problème de ce pays c'est que la France ne s'aime pas assez regardez ce qu'on a su faire aux Jeux Olympiques regardez Notre-Dame de Paris regardez non pas seulement ce que le peuple français a été capable de bâtir pendant plusieurs décennies je parle de l'oeuvre de Sully et de Notre-Dame de Paris mais regardez ce qu'on a été capable de faire en 5 ans je veux dire Notre-Dame de Paris a brûlé il y a 5 ans regardez ce qu'ont su faire nos sapeurs-pompiers regardez ce qu'ont su faire les compagnons regardez ce qu'ont su faire tous ces travailleurs manuels tous ces métiers de la main on a en nous les conditions et les forces de notre sursaut et je veux dire à tous les français et à tous les jeunes français qui nous regardent que l'exemple de Notre-Dame de Paris c'est la capacité qu'on peut tout et c'est aussi la preuve que quand la France elle n'est pas woke quand la France elle n'a pas honte d'elle-même quand la France elle est fière de ce qu'elle est fière de son histoire fière de ses racines de ses racines chrétiennes notamment elle est capable de parler à toutes les consciences du monde

1:03:42
Présentateur

on vous suit sur TikTok vous êtes suivi par des millions de personnes sur les réseaux sociaux de manière générale on vous voit notamment consommer beaucoup de bonbons

1:03:51
Jordan Bardella

ouais et d'ailleurs j'en ai pas

1:03:54
Présentateur

mais en plus on a très peu mais je sais pas où est-ce qu'ils sont donc ça se trouve ils vont vous en apporter après en dehors de ce rituel comment préparez-vous vos meetings quels sont vos secrets les petits secrets un petit peu beaucoup de bonbons

1:04:05
Jordan Bardella

d'abord non les secrets d'un bon meeting d'abord il faut avoir des choses à dire parce que derrière l'enthousiasme populaire qu'il peut y avoir dans un meeting politique il faut quand même qu'il y ait du non pas seulement une envie et une dynamique il faut qu'on ait des choses à dire et le problème aujourd'hui des responsables politiques c'est qu'il y a beaucoup de responsables politiques qui parlent pour ne rien dire moi j'essaie de parler pour dire des choses et donc quand on a un meeting quand on va à la rencontre des français dans cet exercice qui est un peu un rituel du combat politique et de la tradition politique française c'est très français comme exercice politique le discours le meeting la capacité à parler au coeur des français à parler à l'âme du pays il faut travailler le plan il faut sélectionner les quelques messages qu'on souhaite faire passer je pense que la politique c'est un transfert d'énergie et à la fin d'un discours il faut que les gens ressortent de là alors que les gens convaincus se disent on a bien fait de venir et que les gens qui n'étaient pas convaincus et qui sont venus écouter ce que vous avez à dire se disent on a bien fait d'être venus aussi donc un bon meeting c'est un bon discours bien préparé c'est de l'énergie il faut transférer de la foi transférer de l'énergie quand on fait de la politique qui plus est dans un meeting donc il faut avoir bien dormi et il faut être en forme

1:05:26
Présentateur

si vous deviez parler au Jordan Bardella qui s'est engagé à 16 ans du coup parce que moi j'avais lui 17 ans à 16 ans

1:05:34
Jordan Bardella

bah ouais 16-17 ouais 16 ans

1:05:36
Présentateur

que lui diriez-vous aujourd'hui ?

1:05:39
Jordan Bardella

bah je lui dirais tiens bon parce que la route ne va pas être simple mais tu peux y arriver voilà t'es ça sera pas facile donc je lui dirais de tenir bon et de jamais lâcher

1:05:53
Présentateur

on a sélectionné 3 questions de nos abonnés numériques qu'on remercie pour leur soutien la première question c'est comment faire pour remettre de l'ordre dans l'éducation et dans les écoles ?

1:06:09
Jordan Bardella

l'autorité c'est une valeur d'abord c'est une valeur qui m'est chère c'est une valeur qui est fondamentale pour que la société fonctionne moi je crois à ce qui est vertical l'autorité c'est un principe vertical il faut un cadre pour gérer un pays de presque 70 millions d'habitants un peuple qui est parfois réfractaire parfois très chauvin qui parfois a besoin aussi de qui on a besoin de redonner de l'optimisme et de redonner confiance en soi il faut une ligne et cette ligne c'est de se bâtir autour de l'autorité et tout le projet qu'on a défendu que j'ai porté moi pendant les élections précédentes les européennes les législatives c'est basé autour de l'autorité sur la sécurité sur la politique pénale sur l'école il faut remettre de l'autorité alors ça passe par mille et une mesures je ne vais pas faire le catalogue de mesures mais je pense d'abord qu'il faut rétablir de l'ordre dans les rues avant d'être capable de rétablir de l'ordre à l'école il faut rétablir de l'ordre dans les rues nos policiers font un travail remarquable dans des conditions déplorables mais ils souffrent de ne pas avoir suffisamment le soutien de l'État je pense qu'il faut un sursaut pénal aujourd'hui la justice est trop souvent du côté des agresseurs et pas suffisamment du côté des victimes et il y a pêle-mêle d'exemples tous les jours dans la presse de faits divers où on s'aperçoit que des types qui sont passés 10, 15, 20, 30 fois par la garde à vue ont été systématiquement relâchés ou lorsqu'ils ont été condamnés ont bénéficié d'aménagements de peine donc il faut évidemment soutenir nos forces de l'ordre je crois qu'il faut leur accorder la présomption de légitime défense dans l'exercice de leur métier c'est un soutien politique très fort aussi que d'avoir la confiance de l'État lorsqu'il travaille vous savez les policiers aujourd'hui quand sont des pères et des mères de famille qui quand ils quittent leur domicile le matin ne sont pas certains de revenir le soir parce qu'ils ont tous en mémoire et en tête non pas seulement l'attentat de Magnanville mais les conditions sont toujours plus difficiles dans lesquelles exerce la profession et le soutien politique de plus en plus faible qu'on leur accorde donc il faut soutenir nos forces de l'ordre il faut rétablir une politique pénale qui soit ferme qui soit efficace ça passe par le rétablissement des peines planchers la fin des remises automatiques de peine la suppression des allocations familiales aux parents de mineurs récidivistes ça aussi c'est un acte d'autorité mais comment est-ce qu'on peut justifier de continuer à donner des prestations sociales à des familles qui font manifestement la preuve de carence éducative à l'égard de leurs enfants et qui parfois accusent des enfants avec 5, 10, 15, 20 condamnations alors qu'ils sont mineurs et qu'ils devraient bénéficier d'une sanction pénale qui soit exemplaire en cela ce qui se fait dans les pays nordiques et qui consiste à mettre des peines courtes très tôt dans des centres éducatifs fermés avec des mesures privatives de liberté pour les jeunes c'est moi quelque chose que je trouve aller dans le bon sens je pense que les cas les plus difficiles et les plus violents peuvent être pris en main par des militaires par d'anciens militaires c'est une proposition qui avait été faite en 2007 à la fois par Ségolène Royal et par Nicolas Sarkozy je pense que les cas les plus difficiles doivent être traités de manière beaucoup plus adéquate donc il y a un renforcement évidemment de la politique pénale il faut contrôler l'immigration et stopper l'immigration légale et illégale parce qu'à partir du moment où 93% des vols et 63% des agressions sexuelles dans les transports en commun d'Ile-de-France sont le fait d'étrangers à partir du moment où une très grande partie de la délinquance de rue est liée à notre incapacité à maîtriser les flux migratoires il faut évidemment inverser le flux migratoire de ce point de vue là et faire en sorte que les étrangers et les délinquants qui sont condamnés soient renvoyés dans leur pays donc soutien à la police tournant sécuritaire arrêt de l'immigration et il faut plus largement que le respect les valeurs d'autorité reviennent dans la société et reviennent notamment à l'école et moi j'avais proposé par exemple que le téléphone portable soit banni du collège et des lycées pendant les heures de cours c'est ce qui se fait dans un certain nombre de pays ça a été essayé à Los Angeles aux Etats-Unis ils ont des résultats qui sur le plan notamment des mathématiques sont en progression parce que quand on organise le sevrage numérique d'une population et d'une tranche d'âge qui est quasi tout le temps connectée à un téléphone on fait aussi du bien à la capacité à réfléchir à penser à ordonner les choses le retour de l'uniforme à l'école bref il y a un certain nombre de mesures très simples et de bon sens qui sont consensuelles qui pourraient être prises ce que je veux dire aux français au fond c'est que il peut y avoir de la défiance à l'égard de la politique il peut y avoir un rejet même à l'égard de la classe politique mais la solution elle viendra des urnes et il faut qu'on soit capable de faire en France ce qui n'a pas été fait depuis 30 ans et il n'y a pas de raison il n'y a aucune raison pour que d'autres pays arrivent pour que les Etats-Unis reprennent le contrôle d'eux-mêmes pour que l'Italie reprenne le contrôle d'eux-mêmes pour que partout en Europe partout dans le monde le courant d'idées que nous portons que le certain bon sens la fierté nationale que nous défendons ne puisse pas se mettre en place donc ce que vivent les français c'est pas une fatalité c'est la conséquence de choix politiques et moi je viens leur dire qu'avec un peu de bon sens avec un peu de caractère on peut inverser le cours de l'histoire et un livre qui m'a qui m'a beaucoup marqué et que je crois tout responsable politique devrait lire c'est le fil de l'épée du général de Gaulle qui n'était pas général je crois à l'époque où il a écrit le fil de l'épée il dit non seulement que le caractère et la vertu des temps difficiles mais il dit aussi que les qualités essentielles d'un chef sont l'autorité et l'instinct et je pense que ce sont ces deux qualités qui font défaut aujourd'hui Emmanuel Macron

1:12:02
Présentateur

nos abonnés numériques qui concernent plutôt une forme d'union des droites c'est une question qui a été posée par plusieurs personnes monsieur Bardella compte-il tendre la main à reconquête comme le souhaitent les électeurs notamment à monsieur Zemmour ou même madame Knafow

1:12:21
Jordan Bardella

je pense qu'une grande partie des électeurs d'abord si pour tendre la main il faut tendre la main à des gens qui sont bienveillants à votre égard pas des gens qui passent leur temps à expliquer que vous êtes des gauchistes des socialistes que vous êtes des ploucs et qu'en fait vous êtes le faire-valoir d'Emmanuel Macron pour se marier il faut être deux moi j'ai toujours été dans l'état d'esprit de la main tendue et de considérer que au fond la division du camp national était le meilleur moyen de renforcer nos adversaires il y a un certain nombre de gens qui ont fait le choix de façon d'ailleurs totalement déloyale en plein milieu de la campagne des élections présidentielles de quitter Marine Le Pen pour aller chez Eric Zemmour en pensant que l'herbe serait nécessairement plus verte ailleurs moi je pense que aux élections européennes que mes appels à l'union ont été entendus il y a beaucoup d'électeurs qui avaient voté pour Eric Zemmour lors de la campagne présidentielle ont fait le constat que sur le plan politique reconquête était une impasse c'est à dire que essayer d'exister quand on est un plus petit parti à côté d'un parti politique comme le RN qui est capable de parler aux électeurs de reconquête qui est capable de parler au déçu des républicains au déçu aux orphelins de la droite qui réalisent 30 ou 35% des voix lors d'une élection nationale qu'au fond ça contribuait davantage à diviser le camp national plutôt qu'à l'unir et que beaucoup d'électeurs ont fait le constat lors des élections européennes moi je leur ai dit mais venez avec moi travaillons ensemble ne gaspillons pas les voix parce que le temps presse que notre pire adversaire c'est l'horloge que c'est la montre qui tourne et que en réalité la division du camp national ne fait plaisir qu'à nos adversaires je pense que cet appel a été entendu Eric Zemmour a fait 7% lors de l'élection présidentielle et reconquête a fait je crois 2 ou 2,5% aux élections législatives donc moi je suis dans cette démarche là je suis dans cette démarche d'ouverture toujours très difficile si vous voulez quand on dit l'union des droits ça veut dire qu'il faut s'allier avec Wauquiez c'est plus compliqué que cela en réalité ce que je note c'est que ma main tendue elle a été entendue lors des élections législatives Eric Ciotti il a fait un choix courageux j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec lui à travailler avec Guilhem Carayon qui était président des jeunes républicains lui aussi qui a fait un choix très courageux et ils ont fait le choix de faire passer le pays avant les partis et ils ont fait un choix courageux qui était d'accepter cette main tendue que nous leur faisions et de venir travailler avec nous et je crois que la coalition électorale qu'on a mise en place avec Marine Le Pen le Rassemblement National Eric Ciotti et l'ensemble des gens des électeurs qui nous ont rejoints c'est une coalition qui a vocation à perdurer je ne veux pas dire de mal d'Eric Zemmour parce qu'il en dit suffisamment de nous et je pense que ce n'est pas utile de se tirer dans les pattes mais je pense que c'était un brillant journaliste qui n'a pas réussi à épouser le costume de l'incarnation politique or faire de la politique ça suppose d'avoir des codes et ça suppose d'être capable de rassembler et de parler à tout le monde voilà y compris aux gens qui ne sont pas de droite y compris aux gens qui ne vous regardent pas ou ne vous lisent pas c'est ça en fait la politique aujourd'hui

1:15:42
Présentateur

La dernière question est d'actualité puisque Notre-Dame a réouvert ses portes après l'incendie qui a eu lieu il y a 5 ans donc c'est toujours la troisième et dernière question qui sera l'une de nos abonnés numériques quel est votre rapport à la foi alors attention on n'est pas un média croyant spécialement mais c'est vrai que la question est intéressante

1:16:05
Jordan Bardella

Je l'explique et j'aborde ce sujet avec beaucoup de beaucoup d'humilité et beaucoup de sincérité dans le livre je n'ai pas été baptisé mais j'ai énormément de déférence et de respect non seulement pour la foi mais d'abord et avant tout pour les croyants quelle que soit d'ailleurs la croyance ou quelle que soit la religion et je fais toujours attention à ne pas heurter à ne pas heurter ce qui me gêne c'est la négation des racines de la France et on peut ne pas être croyant et admettre que les racines de la France sont chrétiennes admettre que 2000 ans d'histoire française s'est forgée d'abord et avant tout sur la royauté et sur la chrétienté et nos racines sont chrétiennes nos racines chrétiennes ont imprégné nos valeurs nos conceptions de la société mais la république est laïque mais ce n'est pas contradictoire on peut parfaitement assumer un héritage historique cultuel devenu culturel et considérer que dans le cadre de la politique et dans le cadre des choix de l'état il y a une séparation entre l'église et l'état donc je ne suis pas croyant mais j'ai effectivement cette différence à l'égard de la foi et je me rappelle je le raconte dans le livre que la première fois que je suis allé à Notre-Dame je m'en souviens très bien j'avais 7 ans c'était avec ma grand-mère paternelle et vous êtes nécessairement subjugué le beau le grand ce sont des valeurs évidemment françaises et je considère qu'en la matière cela a évidemment été façonné par notre héritage et notre histoire mais cela nous donne quand même une très grande longueur d'avance sur le reste du monde j'ai grandi à quelques mètres de la basilique de Saint-Denis de la nécropole des rois de France et comment ne pas être impressionné par le génie humain par la manière dont notre patrimoine a été façonné par la croyance et par la foi je ne suis pas certain que que dans la période actuelle qu'on puisse rebâtir de zéro quelque chose comme Notre-Dame alors ça a été rebâti et reconstruit de manière considérable et vertigineuse dans 5 ans je l'ai dit tout à l'heure et il faut être très fier du travail du peuple français mais de l'idée de Sully jusqu'à la réalisation effective de Notre-Dame il y a eu des décennies des décennies de de travail d'acharnement de matériaux cassés par les intempéries et à chaque fois la volonté d'aller au bout du projet et il est vrai que dans le chêne qu'on abat André Malraux dit une société qui ne croit plus en rien cesse d'exister et on se dit que pour réaliser Notre-Dame des décennies durant un ou deux siècles après il fallait vraiment avoir la foi pour se dire qu'on allait contribuer à une oeuvre dont on n'allait pas voir le résultat au final mais que nos enfants et petits-enfants allaient prendre le relais et je trouve ça grand je trouve ça beau et sans doute aujourd'hui notre incapacité à penser le sens commun à penser un projet collectif qui était hier religieux et qui doit être aujourd'hui davantage culturel basé sur la nation sur une communauté de valeur rend cette société beaucoup plus liquide et je pense qu'on doit aussi renouer avec des valeurs avec un sens commun et avec un projet collectif je base le mien sur la fierté française et sur le patriotisme

1:20:12
Présentateur

en tout cas merci beaucoup Jordan Bardella d'avoir pris le temps pour cet entretien sincère avec cette envie d'aller sur des questions plus profondes peut-être que d'habitude chers auditeurs si cet entretien vous a plu pensez à vous abonner à liker et partager cet entretien ces gestes simples nous permettent de continuer de proposer des contenus indépendants et de qualité pour ceux qui commandent le magazine entre maintenant donc ce soir et le 16 décembre le magazine 2027 à cœur ouvert où on peut voir justement Jordan Bardella et Marine Le Pen en une pourront recevoir un magazine qui sera signé par en tout cas toutes les personnes de Frontière je vous rappelle qu'il est disponible en kiosque et sur notre site internet frontière-média.fr et merci encore pour votre soutien à tous et merci encore Jordan Bardella merci à vous

1:21:01
Jordan Bardella

merci pour cet entretien et la suite se trouve dans le livre voilà ce que je cherche vous aurez toute la suite merci à vous merci beaucoup

1:21:12
Présentateur

après le CCIF une organisation dissoute pour islamisme après l'UNEF le groupe anti-fala jeune garde et d'autres personnalités d'extrême gauche c'est au tour d'SOS Racisme de nous intenter un procès le 11 décembre prochain notre directeur de la rédaction Eric Tegner sera convoqué devant la 17ème chambre correctionnelle pour injure public en fonction de la race et de l'origine ethnique pour des propos tenus par la féministe Marguerite Stern lors d'un grand entretien chez Frontières cette procédure baillon comme toutes les autres a pour but précis de nous faire taire dans ce cas l'association subventionnée SOS Racisme reproche le fait que notre invité ait affirmé que les agressions contre les femmes soient surreprésentées chez les étrangers pour nous aider à combattre et tenir face à cette extrême gauche rejoignez notre appel et participez à notre campagne de dons défiscalisées à 66% pour couvrir nos nombreux frais de justice rendez-vous dès maintenant sur www.frontièresmedia.fr faites un don et rejoignez la liste

Jordan Bardella : confidences d'un homme en pleine ascension | Entretien — Jordan Bardella · Pourquijevote