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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 janvier 2013 7 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalImmigration & asile

Bernard Kouchner

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'expression de "guerre au terrorisme" est juste et heureuse à vos yeux ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Quelles devraient être les limites de l'intervention française au Mali ?

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas une forme de tentation chez les Européens de dire que c'est un problème de l'ancienne puissance coloniale ?

  • 3:39OuverteRéponse directe

    La puissance de feu des ennemis de la France aujourd'hui est-elle un dommage collatéral de l'intervention libyenne ?

  • 4:53OuverteRéponse directe

    À votre connaissance, y a-t-il eu des contacts entre les services français et les ravisseurs d'otages ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « Hélas, la France fait son devoir et dans son rôle en intervenant au Mali. »
  • 0:23Invité politiqueFait
    « Est-ce que l'expression utilisée à la fois par François Hollande et par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de guerre au terrorisme, est à la fois juste et heureuse à vos yeux ? »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Ça veut dire que la France, à terme, devra veiller aussi à un règlement politique. »
  • 1:40PrésentateurFait
    « D'abord, il y a des limites militaires et des limites dans le temps. »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'il n'y a pas une forme de tentation chez les Européens de dire, bah, après tout, vous êtes l'ancienne puissance coloniale, c'est un peu vos... »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « Face aux troupes françaises des groupes islamistes fortement armés, grâce, on le sait, à ce qu'ils ont pu puiser dans l'arsenal de Kadhafi en Libye. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « La puissance de feu des ennemis de la France aujourd'hui, c'est un dommage collatéral de l'intervention libyenne ? »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « Oui, je crois. »
  • 4:37Invité politiqueChiffre
    « Il y a huit otages français au Sahel. »
  • 4:41Invité politiqueChiffre
    « Certains retenus depuis deux ans et demi. »
  • 4:59Invité politiqueFait
    « Bien sûr, il y a eu des contacts. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « Elle a négocié pour l'Afghanistan, pour nos otages détenus en Afghanistan. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Bernard Kouchner28 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Bernard Kouchner

Bonjour Bernard Kouchner.

0:01
Présentateur

Bonjour. La France fait son devoir au Nord-Mali. Aucun doute, elle le fait bien même. J'ai toujours le désavantage de parler après Bernard Guetta, qui vient d'exprimer fortement le désir de ne pas être seul. Je le trouve un peu optimiste, et que je partage son analyse, je le trouve un peu optimiste.

0:19
Bernard Kouchner

Hélas, la France fait son devoir et dans son rôle en intervenant au Mali. Est-ce que l'expression utilisée à la fois par François Hollande et par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de guerre au terrorisme, est à la fois juste et heureuse à vos yeux ?

0:34
Présentateur

Elle est juste, elle est heureuse si l'on veut, mais pas suffisante, parce que pour qui connaît un peu la situation, d'abord il faut parler de pauvreté, d'immense pauvreté, d'une population du Nord-Mali, qui pour certains, vous savez il y a eu des revendications, et puis un conflit antérieur entre les Touaregs, Arabes Blancs, et le sud du pays, qui sont des Noirs plutôt moins islamisés. Et alors on a confondu beaucoup les Touaregs avec des extrémistes. Ils ne le sont pas, pas tous en tout cas. Ils ont une vieille revendication, c'est de vivre normalement dans un désert. C'est difficile. Dans le développement, il n'y a pas de développement. L'Europe d'ailleurs n'a pas fait assez.

Donc ne confondons pas. Et même un babaco, je voudrais le dire, il y a des gens tentés. On méconnaît l'islamisation d'un certain nombre de Maliens. À part ça...

1:30
Bernard Kouchner

Ça veut dire que la France, à terme, devra veiller aussi à un règlement politique. Oui, mais la France n'est pas responsable de cela. Non, mais je voudrais savoir quelles devraient être à vos yeux les limites de l'intervention française au Mali.

1:40
Présentateur

Oui, mais les limites, les limites. D'abord, il y a des limites militaires et des limites dans le temps. Nous ne sommes pas là pour prendre la place des Africains. On vient de le dire, je le répète, c'est aux Africains de s'emparer. Enfin, d'abord, de rétablir l'ordre dans leur territoire. C'est-à-dire, le Nord n'appartient pas aux islamistes. Et non seulement on le sait, mais on l'a vu de façon criante. C'était horrible de voir s'installer la charia. Bon, donc maintenant, c'est une guerre difficile et j'espère et j'appelle toutes ces forces européennes qui se sont manifestées par de petits envois matériels à prendre part à la cause commune.

La cause est commune, en particulier pour l'Italie, pour l'Espagne, pour le Portugal, pour les pays du Sud, pour la Grèce, beaucoup plus encore que pour les pays du Nord.

2:26
Bernard Kouchner

Pour que les soldats français ne soient pas seuls sur le terrain, même si la France n'est pas isolée. On vient d'en parler avec Bernard Guetta.

2:31
Présentateur

Il faut que les militaires soient seuls sur le terrain. On voit bien les Italiens venir assez vite, d'ailleurs, je l'espère.

2:36
Bernard Kouchner

Est-ce qu'il n'y a pas une forme de tentation chez les Européens de dire, bah, après tout, vous êtes l'ancienne puissance coloniale, c'est un peu vos...

2:42
Présentateur

C'est vrai, nous sommes l'ancienne puissance coloniale, mais nous ne sommes plus colonisateurs. Laissons les Français régler ça militairement seuls. C'est une tentation, j'espère qu'ils n'y céderont pas. Et non seulement c'est la cause commune, mais c'est la nécessité de sentir qu'une Europe, dans une période comme celle-là, et après la crise pas complètement effacée d'où nous sortons, il faut absolument que l'Europe s'affirme. C'est une très belle occasion. Je me souviens de ce qui s'est passé au moment de la Géorgie. Nous avions réuni les ministres des Affaires étrangères en deux jours, et on avait eu une unanimité et des soutiens. Mais ce n'était pas militaire à ce moment-là.

J'espère en effet que l'Europe se manifestera. Et pas seulement nos soldats vaillants et courageux.

3:26
Bernard Kouchner

Face aux troupes françaises des groupes islamistes fortement armés, grâce, on le sait, à ce qu'ils ont pu puiser dans l'arsenal de Kadhafi en Libye. La puissance de feu des ennemis de la France aujourd'hui, c'est un dommage collatéral de l'intervention libyenne ? Oui, je crois.

3:43
Présentateur

Mais ça, vous savez, le droit d'ingérence, et là, on ne va pas rentrer dans une discussion politico-philosophique, mais enfin, ça se prépare. Et ça se prépare en mettant les droits de l'homme au sommet des exigences. Ça se prépare en prévenant les voisins. Ça se prépare au mieux quand on sait ce qu'on va faire. Là, il y a eu une décision que j'approuve complètement du président de la République, parce que les islamistes descendaient. Et vraiment, moi, je connais bien la route Mopti-Bamako. Il n'y avait aucun obstacle. Il fallait intervenir très vite. Mais c'est vrai, il faut toujours... Et on l'a fait, d'ailleurs, puisqu'on voulait que cette force africaine soit prête avant septembre.

Nous ne sommes pas en septembre. Les Américains étaient réticents. Sachez quand même que par rapport à la jugeote française et sa connaissance du terrain, le fait que nos amis américains aient entraîné des gens qui se retrouvent du côté des islamistes, ce n'est quand même pas un énorme succès.

4:37
Bernard Kouchner

Il y a huit otages français au Sahel. On ne les oublie pas. Certains retenus depuis deux ans et demi. C'est une question que vous avez eu à connaître comme ministre des Affaires étrangères, même si les quatre premiers, les quatre employés d'Areva ont été enlevés peu avant votre départ du gouvernement. À votre connaissance, est-ce qu'il y a eu, à un moment ou un autre, des contacts directs ou indirects entre les services français et les ravisseurs ? Bien sûr, il y a eu des contacts.

5:01
Présentateur

Et par divers moyens, souvent d'ailleurs, qui se contrarient, il y a eu tous les contacts possibles. Sachez qu'au centre de crise du Quai d'Orsay, c'est tous les jours la préoccupation. Et tous les diplomates se préoccupent de trouver les moyens de soulager les souffrances et de libérer nos otages. C'est un dilemme terrible. Vous savez, il y a certains pays qui ne négocient pas du tout. Jamais. Mais c'est comme ça. Ils ne céderont pas aux contacts. Les Britanniques ? Les Britanniques en particulier.

5:31
Bernard Kouchner

C'est la réalité ? C'est la réputation qu'ils se sont donnée ?

5:35
Présentateur

Mais c'est la vérité ? Oui, ces réalités-là, parfois, s'atténuent devant les souffrances des familles, une exigence, un moment où on doit décider quelque chose. Ce n'est pas un dogme. Mais enfin, en général, ces pays ne veulent pas négocier. Alors que la France, elle, négocie ? Tente de sauver les négociés. Oui, mais négocie quoi ?

5:55
Bernard Kouchner

Elle a négocié pour l'Afghanistan, pour nos otages détenus en Afghanistan. Fort heureusement. J'y ai beaucoup participé. Vous voyez, il est libre. C'est pour ça que je vous en parle. Donc, il y a eu des contacts avec les ravisseurs. Et cela vaut aussi pour la Somalie, pour cet agent de la DGSE qui était otage depuis trois ans.

6:18
Présentateur

se font très souvent, et en particulier en Somalie, par personnes et par pays interposés. Les contacts directs sont extrêmement rares. Certains prétendent, il y a des gens qui prétendent. Maintenant, il y a une spécialité médiateur d'otages. C'est un métier nouveau. C'est très difficile, très honnêtement. Et en particulier en Somalie, nous avons préparé ces libérations possibles depuis... Ça fait plus de trois ans que notre otage était détenu. Et depuis le premier jour, nous avons tenté de le faire sortir. Hélas, non. Ça n'a pas marché. Et l'intervention... Mais l'intervention, encore une fois, j'insiste là-dessus, n'était pas concomitante de façon délibérée.

On n'a pas stratégiquement programmé. On a eu l'occasion, recoupement des informations et décisions finales. Et voilà, malheureusement, ça n'a pas été réussi.

7:12
Bernard Kouchner

Bernard Kouchner, on vous retrouve dans quelques minutes. On parlera aussi d'un autre dossier qui vous tient à cœur, je le sais, celui de la Syrie. Et puis les questions des auditeurs de France Inter qui continuent de nous appeler au 01 45 24 7000. Sous-titrage Société Radio-Canada

7:25
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

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