Nouvelle Ministre de la Culture : Catherine Pégard Succède à Rachida Dati | TRF Chronique | Ep 91
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans TRF chronique épisode 91. Aujourd'hui, on va s'intéresser à un vrai jeu de chaise musicale au sommet de l'État. Un changement de pouvoir qui secoue le monde de la culture en France avec des enjeux qui, vous allez le voir, dépassent de loin les simples portes d'un ministère.
Tout se passe rue de Valois, l'adresse bien connue du ministère de la culture et depuis quelques jours et bien cette adresse est au cœur d'un véritable drame politique. On ne parle pas d'un simple remanement. Non, c'est un changement de style, un changement de méthode et peut-être même de vision pour la culture française.
Le ton a clairement changé. Pour bien comprendre, regardez ça. D'un côté, on a Rachida Dati, l'ambition politique à l'état pur, une femme qui adore les projecteurs et n'a pas peur de la confrontation.
Et de l'autre, Catherine Pegar, l'experte des réseaux, des rouages administratifs, la femme de l'ombre par excellence. Deux profils que tout oppose vraiment et ça symbolise parfaitement le dilemme qui se joue en ce moment. Allez, on plonge dans les coulisses de ce passage de pouvoir.
On pourrait vraiment raconter cette histoire comme ça. Un trône, le ministère de la culture et deux reennes, l'une qui quitte la scène en pleine tempête et l'autre qui arrive presque sur la pointe des pieds. Et c'est ça qui est frappant.
Le départ de Rashid Adati, il a été fracassant annoncé en pleine course pour la mairie de Paris sur fonte de tension, de coupe budgétaire. À l'inverse, l'arrivée de Catherine Pégard a été d'un silence remarquable. Juste un communiqué sans tambour ni trompette.
Alors la question qu'on se pose tous, c'est pourquoi ce changement et surtout pourquoi maintenant ? C'est ce qu'on va essayer de décortiquer ensemble. Commençons par celle qui part Rashida Dati parce que son départ est loin, très loin d'être anodin.
C'est un mélange assez complexe de calcul politique bien sûr, mais aussi d'un contexte financier difficile et d'une situation judiciaire personnelle qui devient de plus en plus pressante. Bon, officiellement, la raison est simple, elle est même plutôt noble. Rachida Datil a dit elle-même, elle quitte le gouvernement pour se consacrer Coréam à sa candidature pour la mairie de Paris.
C'est selon ces mots l'engagement d'une vie. Évidemment, ça n'a pas manqué de faire réagir ses adversaires comme Sopia Chikirou qui a tout de suite ironisé en espérant qu'elle aurait enfin du temps libre pour accepter les débats télévisés. Bref, ça c'est la version officielle, une ambition politique pure.
Mais derrière cette belle ambition, il y a une réalité un peu moins glorieuse. Dat laisse un ministère touché de plein fouet par l'austérité. Le budget de la culture pour 2026 va subir une coupe de 4,6 %.
C'est la première fois qu'on voit une réduction aussi forte sous la présidence Macron. Concrètement, ça veut dire quoi ? Moins d'argent pour les théâtres, moins de soutien pour les artistes, des festivals en danger.
En clair, elle quitte un navire en pleine tempête budgétaire. Et puis il y a le troisième facteur, le plus sensible, une ombre qui la suit depuis des années et qui aujourd'hui est sur le point de la rattraper. Une affaire judiciaire qui pourrait bien changer complètement son avenir politique bien au-delà de la mairie de Paris.
Pour bien comprendre, il faut revenir un peu en arrière. Entre 2009 et 2013, alors qu'elle est députée européenne, Rachid Adati signe un contrat avec RNBV, la holding de l'Alliance Renault Nissan. L'affaire éclate bien plus tard et en 2025, la justice décide de la renvoyer devant le tribunal correctionnel.
Et la date clé à retenir, c'est septembre 2026. C'est là que son procès est prévu. Vous le voyez, le calendrier judiciaire entre en collision frontale avec le calendrier politique.
Au cœur de toute cette affaire, il y a ce chiffre 900000 €. C'est la somme qu'elle a touché de Rena Nissan. Sa défense, c'est de dire qu'il s'agissait d'honoraire d'avocat tout à fait légaux.
Mais les enquêteurs eux soupçonnent plutôt un lobbing illégal. Ce chiffre brut donne une idée de l'ampleur du dossier. Et le point crucial, c'est ça.
Les risques en cours. Les accusations sont extrêmement graves. On parle de corruption passive et de trafic d'influence passif.
La peine peut aller jusqu'à 10 ans de prison. Mais pour une politique comme elle, la peine la plus redoutable, c'est peut-être celle-ci. 5 ans d'inéligibilité.
Si elle est condamnée, ça pourrait signer purement et simplement la fin de sa carrière et de son rêve parisien. On comprend mieux la tension qui entoure son départ. Allez, on tourne la page et on s'intéresse maintenant à celle qui arrive, Catherine Pegar.
Et là, le contraste est saisissant. On passe de la lumière crue des projecteurs à la discrétion feutrée des cabinets ministériels. C'est l'antithèse parfaite de Rachid Adati.
Son parcours est vraiment fascinant. Elle a commencé comme journaliste politique avant d'entrer dans les cercles du pouvoir en tant que conseillère de Nicolas Sarkozi. Ensuite, elle a passé plus de 12 ans à la tête du prestigieux château de Versailles avant de revenir à l'Élysier comme conseillère culture d'Emmanuel Macron.
Et là, à 71 ans, elle devient ministre. C'est une carrière entièrement bâtie dans les coulisses du pouvoir, jamais sur le devant de la scène. S'il y a un mot qui l'a défini, c'est bien celui-là, l'entrejant.
C'est cette habilité à tisser des liens, à utiliser un réseau d'influence pour se rendre indispensable. Là où Dati cherche la confrontation, Pegar elle préfère les relations. C'est sa marque de fabrique.
C'est une autre forme de pouvoir plus discrète mais tout aussi redoutable qu'elle a cultivé pendant des décennies au contact des plus hauts dirigeants. Et c'est là qui est tout le paradoxe de sa nomination. Cette femme qui a passé sa vie dans l'ombre, à quitté, comme on dit son bureau sparti de l'Élysée, se retrouve propulsé dans l'un des ministères les plus médiatisés.
C'est un changement de rôle radical. Et ça soulève une question. La technicienne des coulisses saura-t-elle se transformer en leader politique en pleine lumière ?
Mais attention, cette nomination ne s'est pas faite de manière isolé. Pour bien comprendre ce qui se joue, il faut élargir un peu le cadre parce que ce mouvement fait partie d'un mini remanement qui touche plusieurs secteurs importants du gouvernement. C'est la pièce d'un puzzle bien plus vaste.
Alors, ce remanement, il va au-delà de la culture. On note le retour de Sabrina Roubach au gouvernement. Ma Bregeon, une experte reconnue du nucléaire, prend les commandes d'un ministère aussi stratégique que celui de l'énergie.
Cami Galier Minier est nommé à l'autonomie et au handicap. Mais le mouvement le plus politique, c'est sans doute celui-là, l'arrivée d'un député les Républicains, Jean Didier Berger à l'intérieur. C'est un signal politique fort.
Ça montre que cet ajustement est plus stratégique qu'il n'est paraît. Au final, après tous ces ajustements, le gouvernement compte désormais 36 membres. C'est une équipe assez conséquente qui est taillée pour aborder la dernière ligne droite du quinquena. avec des profils qui se veulent à la fois techniques et politiques.
Alors revenons à notre sujet principal avec l'arrivée de Catherine Pegar, rue de Valois. La grande question c'est "Et et maintenant quel avenir pour le ministère de la culture ? Quelles sont les batailles qu'il attend dès le premier jour ? et des batailles, il va y en avoir.
Son bureau est déjà enseveli sous les dossiers brûlants. Il y a le grand projet du Louvre Renaissance, la réforme très très sensible de l'audiovisuel public que Dative voulait transformer en holding, la pression qui ne faiblit pas sur le budget et puis l'éterné défi de l'accès à la culture en douvilles. Les chantiers sont immenses, elle n'aura aucun état de grâce.
Tout ça nous amène à cette question finale. D'un côté, on avait une figure politique forte, une visionnaire mais aussi très controversée. De l'autre, on a une gestionnaire experte, discrète. très connecté.
La question qui se pose aujourd'hui et qui va rester en suspend, c'est de savoir de quel profil le monde de la culture a le plus besoin maintenant. Une gestionnaire pour piloter les dossiers complexes et penser les PLA ou une visionnaire pour porter un projet politique fort ? L'avenir de la rue de Vallois dépendra sans doute de la réponse.
Catherine Pégard