Franz-Olivier Giesbert : "Emmanuel Macron n'a pas les codes"
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Seulement 36% des Français le considèrent compétent. C'est 12 points de moins qu'il y a un an. François-Olivier Gisbert, est-ce qu'Emmanuel Macron tiendra 4 ans ?
Ah ça, franchement, je ne sais pas. Ça va être très compliqué pour lui. Il pourrait tenir. Il pourrait tenir, mais à ce moment-là, il faudrait qu'il se rende compte d'une chose qui est toute simple et toute bête. C'est qu'il a perdu les élections législatives l'année dernière. Il a été élu président de la République, c'est clair. Mais il a perdu les élections législatives parce que la majorité, il ne l'a pas. Et donc, il n'a pas tenu compte de ça. Effectivement, ça a rendu, disons, le début de mandat, la première année, très bancal. Il n'a pas les moyens. Il n'a pas le pouvoir législatif avec lui. C'est très compliqué, on l'a vu.
Et pourtant, il prend des 49-3. Il utilise la Constitution. Est-ce que cette utilisation de la Constitution, elle est bien vue des Français ? On sent beaucoup de révolte. Est-ce que cette révolte, elle est profonde ? Comment vous la voyez ?
Écoutez, il y a quand même une espèce de légende urbaine qui circule en France, qui est franchement proprement débile. Je crois qu'il faut dire les choses, appeler les choses, appeler un chat un chat. C'est proprement débile. On ne vit pas en dictature, ici, en France. Les dictatures, il faut aller, d'ailleurs, dans ces pays que soutiennent, en général, ceux qui disent que nous sommes en dictature en France. Les dictatures, ce sont les pays, en général, qu'ils soutiennent, c'est-à-dire la Russie, le Venezuela, la Chine. La France n'est pas une dictature, c'est une démocratie.
Simplement, dans la Constitution de la Ve République, De Gaulle avait quelques instruments qui permettaient au pouvoir exécutif, parce qu'il gardait le souvenir de la Ve République, qui permettait donc au pouvoir exécutif d'être fort, disons, dans les moments où c'était difficile. Parce qu'il avait en tête, toujours, de ne pas continuer, comme sous la Quatrième République, qui, vous vous souvenez, était un régime d'assemblée, où les gouvernements changeaient tout le temps. Enfin, qu'ils appelaient ça, le DR, ils appelaient ça le régime des partis.
Un gouvernement assez instable. Mais alors, qu'est-ce qu'il manque, aujourd'hui, à Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il lui manque, peut-être, l'expérience d'un élu de terrain, avec la boue sur les bottes, comme on dit ?
Ça, c'est clair. Il n'a pas la boue sur les bottes, et il y a quelque chose qui cloche, il ne sait pas. Il ne sait pas, ça, il sait. Bon, il croit qu'il sait, mais il ne sait pas, et de toute façon, ce n'est pas le sujet. Il ne sait pas ? Je pense qu'il ne sait pas faire, mais vous savez, la politique est un métier. Moi, je fais partie de ceux qui pensent. J'ai quand même travaillé pendant très longtemps en regardant cette case politique. J'ai fait autre chose. J'ai été correspondant à l'étranger. J'ai circulé beaucoup. Mais j'ai beaucoup d'admiration pour ces gens qui ont généré beaucoup d'obstination et d'endurance, et qui ont travaillé longtemps.
Et là, il y a eu l'idée, en France, en 2017, « Allez, c'est ça, on va prendre une page blanche, on va prendre un petit jeune, il ne sait pas, c'est mieux. » On voit ce que c'est. C'est-à-dire qu'il ne comprend pas. Non seulement, il n'a pas les codes, il n'a pas non plus le contact facile, il n'a pas de remontée. Mais en plus, je dirais surtout, j'ai l'impression que l'expérience ne lui apprend rien. Moi, je pensais qu'il était intelligent et qu'il apprendrait. Or, il n'apprend pas. Je répète que ce qui s'est passé l'an dernier, c'est un échec. Et quand il y a un échec, à ce moment-là, on fait ce que Mitterrand et Chirac ont fait, chacun à un moment donné, une cohabitation.
C'est très simple. C'est-à-dire qu'on essaie de reformer une nouvelle majorité. Il aurait pu le faire autour de Renaissance, qui était le groupe principal, mais il fallait refaire une nouvelle majorité. Donc, avec un nouveau Premier ministre. Et là, il a ressemblé, si vous voulez, à l'enfant à qui on retirait son jouet. Et il veut continuer comme avant. Ça ne peut pas marcher. Une cohabitation, oui, mais avec qui ? C'est très simple. Il y a un groupe avec lequel ça peut fonctionner, CLR. Il y a un groupe, peut-être, où ils peuvent espérer retirer quelques... Enfin, comment dire, travailler peut-être avec quelques députés. C'est le groupe socialiste.
Pas la totalité, bien sûr, mais enfin, quelques députés. Enfin, il y avait une façon, disons, de... Enfin, il fallait repenser la majorité. Il n'a pas voulu le faire. Et bien là, effectivement, il se retrouve, comme dit La Fontaine, gros gens comme devant.
Vous dites qu'il n'a pas réussi à apprendre avec l'expérience. Est-ce à dire que la politique, c'est donc pour vous un métier, qu'il faut donc en faire un métier ? Et que cette illusion de la société civile qui était arrivée avec Emmanuel Macron est un petit peu une lubie ?
Non, ce n'est pas du tout une lubie, parce que je pense que c'est très important de... Comment dire ? Que la politique profite des talents de la société civile. D'ailleurs, il y a un exemple qui a très bien fonctionné dans l'histoire. C'est tout récent, d'ailleurs. C'est Raymond Barr. Enfin, tout récent. Ça a quand même un certain nombre d'années. Mais bon, lui, il venait complètement de la société civile. D'ailleurs, il était à proprement parler apolitique. C'est-à-dire qu'il ne connaissait pas les codes et tout. Il n'en avait un peu rien affiché. Et simplement, c'est un prof. C'était longtemps prof de droit. Il avait écrit le manuel d'économie de barre. Enfin, tout le monde connaît ça.
Il avait travaillé à la Commission européenne. Mais enfin, rien à voir avec un politique. Et bien, il s'était vite... Il était rentré dans les habits. Il s'avait mis du temps. Mais il avait une sorte de formation. Souvenez-vous, Giscard, avant de le nommer Premier ministre, il avait mis un an au ministère du Commerce extérieur pour qu'il apprenne un peu. Là, bon, c'est vrai que Macron, il a été un peu ministre, mais ministre éphémère. Enfin, je pense qu'il n'avait pas le... Comment dire ? Il n'a pas eu le petit... Enfin, le curriculum vitae nécessaire. Il est arrivé trop jeune, trop frais. Et ce qui est étonnant, c'est qu'il ne semble pas entendre. Il ne semble pas écouter.
Moi, c'est ça qui m'a... Parce que cette réforme-là... Cette réforme, quand même... Écoutez, excusez-moi, la situation actuelle est absolument grotesque. C'est-à-dire, il fait une campagne. Bon, on a une campagne présidentielle. Il n'a pas fait de campagne présidentielle. Ce n'était pas de sa faute qu'il y avait la guerre en Ukraine. Mais il faut bien reconnaître qu'avant, aussi, il ne voulait pas faire campagne. Donc, il n'a pas fait campagne pendant un an. Il a été élu président de la République, disons... Ben oui, grâce à la guerre en Ukraine.
Il faut bien le dire qu'il a vraiment cloué tout le monde et qu'il a fait que, comme d'habitude, mais ce qui est tout à fait normal, quand il y a une guerre, les peuples se resserrent autour du chef. Ensuite, là, il veut faire cette réforme des retraites. Petite réforme, hein, il ne faut pas exagérer. Dans quelques années, il faudra la faire parce qu'on sera à nouveau en déficit, contrairement à ce que racontent les diafois russes du corps. Je ne sais pas ce que c'est que cet organisme est très étrange. Mais enfin, nos régimes des retraites sont en déficit.
La preuve, l'État, c'est-à-dire la collectivité, c'est-à-dire nous, on verse 30 milliards chaque année pour finir les fins de mois des retraites de la fonction publique. Et pourquoi est-ce qu'il n'a pas fait une campagne sur les retraites ? Pourquoi est-ce qu'il n'en a pas parlé ? Pourquoi est-ce qu'il n'a même pas laissé parler ceux qui, disons, que les Français peuvent entendre sur les retraites ? Je pense à Bruno Le Maire ou à Gabriel Attal, c'est-à-dire des gens qui parlent clair et qui parlent simple. Enfin, lui aussi, il peut très bien parler. Il peut parler très... Enfin, comment dire ? Il peut être un bon pédagogue. Et simplement, il n'a pas fait...
Et c'est maintenant qu'il fait campagne alors que c'est fini. C'est incompréhensible.
C'est très étrange, c'est lunaire. Est-ce qu'il n'y a pas un sujet aussi de clarté politique ? Je pense à la retraite. Il y avait avant la retraite à point dans le précédent quinquennat. On change de modalité. Est-ce qu'il n'y a pas un sujet d'un en même temps un peu flou ?
Ah ben, vous avez tout à fait raison. C'est fondamental. C'est-à-dire, les gens s'imaginent qu'il y a un loup, qu'on veut les avoir parce qu'il dit un truc, il dit le contraire. Et de toute façon, ce n'est pas grave, c'est en même temps. Alors, effectivement, je suis pour la retraite à point. Ah ben non, finalement, non, je change. On va allonger l'âge de la retraite. Je suis contre le nucléaire. On va arrêter tout. On va fermer Fessenheim. Ah non, finalement, je suis pour le nucléaire. Bon, ça, c'est un manque absolu de cohérence et qui peut vite passer, même si ce n'est pas tout à fait le cas. C'est un mélange, si vous voulez, de narcissisme et de légèreté.
Un mélange de narcissisme et de légèreté ?
Les mots sont forts, quand même. Ben oui, mais je veux dire, moi, je parle cash. Je crois que c'est faux dire les choses. Et puis, c'est dans son intérêt. Et puis, c'est dans son intérêt qu'il écoute. Moi, j'aime la France. On a encore quatre ans à faire avec ce président. J'aimerais bien que ça se passe bien. Et j'aimerais bien qu'il nous écoute et qu'il l'entende. Qu'il nous écoute. Attention, moi, je ne fais pas partie de cette France, comment dire, haineuse, pseudo-révolutionnaire, qui rêve du grand soir, etc. Tout ça est absolument pathétique. Le savapétisme, etc. On n'en peut plus de ça non plus. Mais ce que je pense, c'est que j'aimerais qu'il écoute et qu'il l'entende. Il peut.
Il n'y a aucune raison. Je veux dire, il a la tête sur les épaules. Il faut qu'il... Non, en fait, la vérité, c'est qu'il faut qu'il redescende un peu. Qu'il comprenne qu'il a été battu l'an dernier et qu'il essaye de composer et pas de passer en force. C'est tout. Parce que ça ne pourra pas le faire.
On dit beaucoup que le problème aussi, c'est la communication. On a un président qui communique, qui communique beaucoup. Y a-t-il une place de la communication prépondérante par rapport à la place de l'action politique ?
Qu'est-ce que vous avez raison ? Là encore, je suis désolé. La communication, il fait de la com. Mais la com, ce n'est pas gouverné. La com, ça sert à quoi ? Regardez, on le voit tout le temps. Mais par exemple, au moment des retêtes, on le voyait tout le temps sur des tas de sujets. Mais c'est pour se montrer. Là, vous voyez, je parlais tout à l'heure de narcissisme. Ça vous a choqué. Mais c'est narciss. Il faut qu'il se montre. La com, c'est souvent ça. Je me montre. Je suis beau. Je suis intelligent. Mais ce n'est pas comme ça qu'on gouverne. On gouverne en fixant des objectifs et on gouverne aussi en expliquant, en disant voilà ce que je fais, voilà pourquoi il faut le faire.
La vérité sur les retraites, il n'a pas dite. La vérité sur les retraites, c'est que de toute façon, la France aujourd'hui est le boulet, le mouton noir de l'Europe. Il faut dire les choses. La France est un quart de la dette de la zone euro. On est quand même un pays en difficulté aujourd'hui. Et donc, il a peur d'une attaque financière. Et pour empêcher une attaque financière, il dit voilà, je m'en occupe, je fais des choses. Après, on verra avec la réforme des retraites. On se rendra vite compte. C'est que de toute façon, on n'aura pas rapporté grand-chose. Il faudra refaire une dans quelques temps.
Sur la communication, vous avez aussi beaucoup qu'un Nicolas Sarkozy, par exemple, faisait aussi beaucoup de communication.
Oui, alors c'était une communication quand même différente parce qu'elle avait des objectifs. C'est-à-dire, c'était pour dire des choses. C'est-à-dire, il parlait pour essayer de convaincre. Là, c'est une communication très étrange parce que ce n'est pas pour convaincre. C'est pour se montrer en photo à Paris Match avec la barbe comme Zelensky, comme s'il faisait lui-même, il était en première ligne sur la guerre en Ukraine. Enfin, vous voyez, on est plus dans une espèce de construction d'un personnage. Mais ça ne prend pas, ça ne peut pas prendre. Et la communication n'a pas un objectif si on ne communique pas pour dire des choses.
Vous voyez, moi, je reviens toujours à cette phrase géniale que Mitterrand, je me souviens citer tout le temps, tout le temps, en privé quand on était avec lui, c'est la politique, c'est parler aux gens. C'est une phrase d'Arécide Briand, le grand ennemi de Clémenceau, ça date d'il y a longtemps. Mais je pense que c'est fondamental. Ceux qui réussissent, ils parlent aux gens. Reprenez tous les discours du général de Gaulle. Gérald de Gaulle, il disait les choses. Il les disait cash. C'est-à-dire, il disait vraiment ce qui... Et ça, c'est ce qui... Bon, Mitterrand, on ne peut pas dire qu'il disait toujours les choses, c'est clair. Mais il y a ceux qui disent et ceux qui ne disent pas.
Et en général, ceux qui disent, ils sont assez populaires après.
Emmanuel Macron a tout de même été réélu en mai dernier.
Oui, mais c'est ce qu'on a dit. Il a été élu sans faire campagne. Il a été élu parce qu'il y avait la divine guerre en Ukraine. Je ne dis pas qu'il aurait été battu s'il n'y avait pas eu la guerre en Ukraine, mais je pense que ça aurait été un peu plus compliqué pour lui. C'est évident.
Vous avez le recul sur la Ve République. On parle souvent en ce moment d'une situation inédite à l'échelle de la Ve République. Dans quelle mesure, justement, c'est inédit ?
Écoutez, oui, c'est inédit parce qu'on a un jeune, très jeune encore, toujours, parce qu'on a l'impression qu'il sort des écoles et qu'il ne veut pas apprendre. Mais je pense qu'il va finir par... Moi, si je dis ça, je ne suis pas du tout un anti-macroniste primaire, mais je pense qu'il faut qu'il s'y mette et qu'il essaie de regarder la vérité en face, de cesser de vivre dans la pensée magique et puis d'arrêter de penser qu'il se rendra populaire en faisant des chèques parce que ce n'est pas ça non plus. Je pense que les Français aussi sont conscients de la situation. Ils ont peur. Ils voient bien qu'il y a quelque chose qui cloche dans la gestion de ce pays.
Et la situation, comme vous dites, situation inédite, je dirais chaque président, ça a été une situation un peu inédite. On a eu quand même la grande crise de 2007-2008 sous Sarkozy. Vous vous souvenez ? La grande crise financière des subprimes. Enfin, il y a eu ensuite le Covid sous Macron. Il y a eu le terrorisme d'une violence rare sous Hollande. Enfin, si on prend les dernières années, chaque président. Mais la constitution de la Ve République est ainsi faite qu'elle donne quand même des atouts. On l'a un peu abîmée au cours des dernières décennies. Je pense notamment avec la réforme sur le quinquennat, c'est-à-dire de la réduction du mandat présidentiel de 7 ans à 5 ans.
Ça, c'est sûr, ça n'a pas fait du bien à la Ve République. Mais la Ve République reste un outil majeur pour gouverner. Et d'ailleurs, là, je dis aussi, c'est le sujet, c'est pas le sujet. C'est-à-dire, aujourd'hui, le sujet en France, il est économique, sociétal, l'autorité, l'éducation nationale. Enfin, tous ces sujets-là qu'il faut traiter vite et bien. Et ça n'est évidemment pas de changer la Constitution, qui est encore une foutaise. C'est-à-dire que c'est pas en changer la Constitution qu'on va régler les problèmes. D'ailleurs... C'est les problèmes, ils sont là. Il faut que la classe politique les règle.
Très rapidement, François-Olivier Gisbert, est-ce qu'on n'assiste pas à la fin d'un régime ? Est-ce que le régime présidentiel, hyper-présidentiel, dit-on, n'est pas à bout de souffle quand il est incarné par Emmanuel Macron ?
Oui, quand il est incarné par lui, avec un autre, ce n'est peut-être pas le cas. Mais en même temps, il y a le phénomène classique aussi des fins de règne. C'est-à-dire qu'il a entamé sa fin de règne, il a encore 4 ans à tirer, et les fins de règne sont encore plus compliquées. Et comme il vit, comment dire, dans l'irréel, il croit toujours qu'il a gagné l'élection de l'année dernière. Parce que ce n'est pas Mélenchon qui a gagné, c'est une foutaise, évidemment. C'est presque qu'on est dans le comique troupier. Il n'a pas gagné, quand on regarde la situation. Mélenchon prend aussi pour son gale, ce matin. C'est-à-dire que Macron a gagné quand on regarde les résultats des législatives.
C'est-à-dire qu'il n'est pas majoritaire à l'Assemblée nationale. Les groupes Renaissance et Horizons ne sont pas majoritaires. Il faut lui expliquer ça, il ne le sait pas encore. Ça n'est arrivé qu'une fois dans la Vème République où un président sortant était battu après une élection. C'est le cas de Mitterrand en 1988. Personne n'en a entendu parler. Il a mis Recart comme Premier ministre et la moitié des centristes dont il avait besoin. Mais il était battu à quelques voix. Et il a mis la moitié des centristes. C'était un gouvernement pratiquement... Je ne dis pas que de centristes. Mais il avait tellement, souvenez-vous, du rafour, rachuroche, etc. Et les amis pour avoir une majorité.
Et il n'a pas fait cet effort, Macron. Et c'est pour ça qu'il en est là.
Tout ça, on peut le lire d'ailleurs dans l'histoire intime de la Vème République. Merci beaucoup, France-Olivier Gisbert. C'est Bulios, édition Gallimard. Merci d'avoir accepté ce matin notre invitation. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Emmanuel Macron