Richard Ferrand : "Limiter la dette c’est important, rétablir la paix civile, c’est impérieux"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Temps de parole
- Locuteur 169 %
- Présentateur14 %
- Richard Ferrand9 %
- Locuteur 54 %
- Locuteur 33 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 8h22, France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons dans le grand entretien du 7-9 le président de l'Assemblée Nationale. Vous aurez la parole, amis auditeurs, dans une dizaine de minutes, 0145 24 7000, les réseaux sociaux ou l'application France Inter. Bonjour Richard Ferrand. Bonjour. La traque du terroriste de Strasbourg se poursuit. 720 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés pour le retrouver. Cet attentat nous rappelle, une fois encore, que le terrorisme n'est pas derrière nous, loin de là.
Même si c'est difficile à dire, même si évidemment les forces de l'ordre et le renseignement travaillent pour déjouer des attentats, faut-il admettre que le terrorisme fait désormais, et sans doute pour longtemps, partie de nos vies ?
Il faut le redouter, en tout cas. Parce que ce qui est certain, c'est que notre pays a fait des efforts considérables en matière de recrutement, en matière de renseignement, en matière de prévention des attentats. Il ne se passe pas de semaines sans que les services démantèlent des risques embryonnaires, ou des endroits où les gens se préparent à des mauvais coups, etc. Et bien là, ce qui s'est passé, c'est quelqu'un, ou un groupe, on ne sait pas trop, qui est ou qui sont passés dans les mailles du filet.
Donc on voit bien aujourd'hui qu'il y a des formes de radicalisation, qui montrent qu'au fond, Daesh est certes mort, loin de chez nous, mais reste vivant dans notre pays, mais par des pratiques individuelles, par des emballements, qui décident d'un passage à l'acte criminel.
Si on met de côté les polémiques politiciennes, et on les a vues fleurir comme à chaque fois dès mardi soir, certains dénoncent tout de même une défaillance dans le dispositif de sécurité, notamment le fait qu'il n'y ait pas eu de renfort de sécurité autour du marché de Noël de Strasbourg, dans la journée de mardi, quand on sait que le matin même, il y a une perquisition qui s'est mal passée chez un multirécidiviste Fiché S, il n'était pas là, est-ce qu'il ne fallait pas tout de suite réagir ? Est-ce que ça ne vous interroge pas ?
Vous savez, moi je ne suis pas un expert de ces questions, mais si chaque fois qu'une perquisition ou un acte judiciaire se passe mal, il faut en déduire que la suite automatique en sera un acte terroriste, ce serait quand même un peu compliqué. Alors bien sûr, on peut, si vous me permettez de le dire comme ça, on peut refaire le match après. C'est-à-dire qu'on peut se dire, on aurait dû penser que, on aurait dû imaginer le lien de causalité entre cette perquisition manquée, si je puis dire, et l'acte criminel. Mais enfin, ça ne tombe pas forcément sous le sens.
Richard Ferrand, Valérie Pécret souhaite que les Fiché S pour radicalisation soient déférés devant la justice pour intelligence avec l'ennemi. Qu'en pensez-vous ?
Non mais il faut une fois encore, je crois, expliquer ce que ça signifie de Fiché S. C'est un signalement de personnes qui, à l'heure où on en parle, n'ont pas commis d'infraction, n'ont pas violé la loi, simplement qui sont suivies, dont on examine le comportement, l'évolution. Et c'est d'ailleurs comme ça qu'un certain nombre d'attentats sont déjoués. Donc si vous voulez, on ne peut pas comme ça décréter que toute personne que l'on peut soupçonner potentiellement d'avoir une attitude dangereuse puisse être déférée à la justice.
Après l'attentat de Strasbourg et dans ce contexte tendu, que dites-vous ce matin aux Gilets jaunes qui souhaitent manifester samedi ?
D'abord, je ne sais pas s'il faut lier les deux. Ce que je dis simplement, c'est que, d'une manière générale, après ce mouvement qui a secoué notre pays dans ses profondeurs, le Président de la République a mis sur la table un certain nombre de propositions. D'abord, il a pris des mesures qui vont s'appliquer à court terme. Qu'il s'agisse de la prime de Noël possible pour les entreprises qui ont les moyens, qu'il s'agisse des 100 euros que chaque personne rémunérée au SMIC percevra désormais, qu'il s'agisse de la modification de la CSG pour les retraités.
Donc, il y a des choses de court terme qui sont mises sur la table, ainsi qu'au fond, qu'il n'y ait plus d'impôts ni de charges sur les heures supplémentaires. Donc, il y a des choses de court terme mises sur la table. Et ensuite, l'idée, c'est que nous retrouvions le chemin du dialogue à travers le grand débat national. Donc, j'ai envie de dire aux Gilets jaunes, sur la question fondatrice du mouvement, qu'est le pouvoir d'achat, des réponses, honnêtement, massives ont été données. Massives.
Donc, ne manifestez pas, Samy.
Oui, et je crois véritablement qu'il faut maintenant que le mouvement s'arrête pour passer à la construction d'un nouveau modèle français. Mais surtout, je voudrais rajouter autre chose. Il y a beaucoup de commerçants, d'artisans, de salariés, qui sont empêchés dans leur activité par ce mouvement. Vous savez, Mme Salamé, si demain, vous prenez votre voiture, vous la mettez en travers d'un rond-point, je pense qu'au bout de dix minutes, la police vous demandera d'arrêter d'empêcher les gens de circuler. Là, je crois qu'il faut qu'on retrouve notre pleine liberté de circulation, que les commerçants puissent faire leur travail, les artisans aussi, et qu'on se mette au travail collectivement.
Parce que protester, c'est une chose. Mais ensuite, moi, j'ai plusieurs fois dit, il faut qu'ils s'organisent. Ils disent non, non, on ne veut pas s'organiser.
Si, ils disent on va s'organiser, on va présenter une liste aux européennes.
Ils commencent à dire ça. Oui, certains, qui d'ailleurs, sont le plus souvent, comme ce matin ceux que j'ai entendu sur votre antenne, sont des gens qui sont des militants politiques, d'ailleurs, qui viennent de l'extrême droite. Les deux, qui ce matin ont parlé sur votre antenne, c'est leur cas. Donc, ne laissons pas non plus ce mouvement se récupérer. Gardons l'origine de ce mouvement. Un peu comme M. Aski, là, je le trouve parfaitement bien analysé. C'est l'expression de la malaise. C'est le sentiment qu'il y aurait une France des gagnants et une France des perdants. Donc, il nous faut refaire France.
Et donc, pour reconstruire notre modèle, pour mieux écouter celles et ceux qui ont poussé ce cri de colère, il faut se mettre au travail autour des grands thèmes de ce débat national et ne pas laisser ce mouvement être récupéré, soit par la violence, soit par des militants politiques qui croient qu'ils vont pouvoir faire leur beurre sur le dos des Gilets jaunes.
Richard Ferrand, pendant un an et demi, l'exécutif n'a cessé de dire qu'il n'y avait pas d'alternative économique, que la règle des 3% était intangible. Or, là, on le sait, vous l'avez vous-même dit, la France risque d'atterrir à 3,5%, à 3,5%. Où est la cohérence ?
Alors, sur ce point précis, comme vous le savez, cette année, enfin en 2019 plus exactement, il y aura d'abord le paiement du CICE, le crédit d'impôt qu'avait installé François Hollande pour diminuer le coût du travail, et la transformation de ce crédit d'impôt en diminution de charges. Mais ça, ce ne sera que pour une année. Ça représente 0,9%. Ce qui signifie que si vous retirez ces 0,9% sur une année, eh bien, vous voyez bien que le déficit se situe à 3,5-0,9%. Voilà, pardon d'être un peu arithmétique, mais c'est quand même là. L'addition est simple.
En tout cas, le commissaire européen, Pierre Moscovici, a déjà dit, on tolérera un dépassement du déficit de 3% de la France. Moi, j'ai juste une question. Si vous étiez italien, vous diriez quoi ? Quand l'Italie dépasse de 3%, on lui tape sur les doigts, on dit que c'est scandaleux, que la France puisse le faire, est-ce qu'il n'y a pas de deux poids de mesure ?
Non, c'est parce que l'État de l'Italie est largement plus dégradé que ne l'est notre pays. Ce qui ne signifie pas que c'est un modèle à prendre. De sorte que, si vous voulez, aujourd'hui l'Italie ne peut pas valablement continuer à ne pas respecter les règles. La France, parce que l'État de nos finances publiques, quoique très dégradé, disons-le...
Oui, c'est ce que j'allais vous dire, parce que l'Italie, c'est 130%, la dette atteint 130%. La France, la dette atteint 100%, quasiment. Donc, c'est pas non plus... On n'est pas des très bons élèves.
Ah non, vous avez bien raison de dire que nous ne sommes pas de très bons élèves, puisque je vous rappelle que depuis 1974, pas un budget n'a été voté en équilibre. Depuis 1974, depuis ce qu'on a appelé le choc pétrolier, on creuse le déficit pour fonctionner. Ce qui montre bien, d'ailleurs, que l'on a oublié de dire qu'on ne pouvait redistribuer que les richesses que l'on produit. Donc, on a tiré des chèques, des chèques à découvert, sur le dos des générations futures, pour finalement financer une série de politiques publiques. Ce qui veut dire que...
Sauf mon respect, c'est ce que vous allez faire. Avec les 10 milliards, vous allez sortir un chèque, et vous allez faire 10 milliards de chèques.
Mais écoutez, vous savez, il y a des moments, il faut bien le reconnaître, limiter la dette, c'est impératif. Mais rétablir la paix civile, c'est impérieux. De sorte que je ne crois pas que l'Europe ait besoin d'une France à feu et à sang. Par conséquent, il fallait avoir le courage politique de donner des réponses au risque, en effet, de pouvoir être critiqué, si je puis dire, par rapport à la gestion des finances publiques. Mais ça aussi, si vous avez bien écouté, je sais que beaucoup de vos confrères l'ont fait, en menant des enquêtes de terrain, vous voyez bien que notre peuple et nous-mêmes sommes dans des injonctions paradigues paradoxales.
On voudrait tous moins d'impôts et on voudrait tous plus de services publics. Ça, on ne sait pas faire. C'est pourquoi il est temps que, collectivement, on essaye de repenser le modèle de société que l'on veut. Songez que nous sommes record man d'Europe de la dépense publique, record man d'Europe des impôts et des taxes, et pour autant, si j'ai bien compris, nous ne sommes pas satisfaits de notre modèle et de notre organisation. Richard Ferrand. Donc, il est temps, en effet, de réfléchir à quel type de société
nous voulons. Richard Ferrand, ces 18 derniers mois, aucune demande de négociation ne vous a fait reculer, aucune alerte syndicale, aucune inquiétude des élus locaux, mais en trois samedis de manifestation, deux samedis de violence, un peu moins d'un mois de mobilisation des gilets jaunes, vous cédez et vous annoncez des mesures sociales d'ampleur. Ce sont, donc, de fait, des violences qui dictent l'agenda politique en France ?
Je comprends qu'on puisse le résumer comme ça, mais je ne crois pas que cela procède de cela. Vous savez, je crois que quand on est en responsabilité, la première chose qu'il faut garantir, c'est la sécurité de chacun et surtout la protection de chacun. Songez que il y a déjà plusieurs morts issues de ces conflits. Il y a des Français qui se bagarrent entre eux. Il y a des centaines de blessés. Donc, quand vous êtes responsable public, que vous êtes élu par votre peuple, vous veillez d'abord et à tout prix à ce qu'il n'y ait ni morts ni blessés. Je crois que c'est cela la priorité. C'est la paix. C'est la paix civile. Et que notre pays se soit à ce point déchiré.
Que l'on puisse assister aux scènes hallucinantes auxquelles nous avons pu assister. Que l'on voit que si certains ordonnent de mettre le gilet jaune devant le pare-brise, sinon, tu restes bloqué. C'est un comportement tout de même d'entrave. Quand on voit des journalistes, certains de vos confrères qui ont été molestés, on se dit que le dérèglement est tout de même profond. Mais vous ne vous dites pas
on aurait dû se réveiller peut-être plus tôt, on aurait dû entendre les remontées de terrain même de vos députés, on aurait dû entendre les élus locaux, on aurait dû entendre les syndicats qui nous disaient depuis plusieurs mois il faut plus de mesures sociales. Il a fallu en venir à ces trois semaines et à ces violences pour que vous cédiez. Ça ne vous interroge pas sur votre manière de gouverner ?
Non mais écoutez, tout doit interroger d'une manière générale ce qui s'est passé a fortiori. Donc évidemment qu'il faut s'interroger, évidemment qu'il faut faire des autocritiques. Mais permettez-moi quand même de vous rappeler une chose, c'est que tous les thèmes que l'on retrouve aujourd'hui, ce sont les thèmes fondateurs de la campagne d'Emmanuel Macron. Et je crois même parce que nous avions saisi ces attentes que les Français ont choisi in fine Emmanuel Macron. Simplement, oui, nous avons sans doute apporté des commencements de réponse qui a dit il faut que le travail paye plus pendant toute sa campagne. C'est le président de la République.
Simplement, nous n'avons sans doute pas fait assez vite. Et donc là où nous avons pris des mesures rapides sur l'attractivité notamment de la France qui pour nous étaient absolument nécessaires pour qu'on retrouve de l'investissement, ce qui crée l'emploi.
D'où l'ISF.
Oui, nous sommes allés moins vite, en effet, sur ce qui concernait la rémunération du travail. Eh bien, peut-être doit-on considérer que nous avons fait une erreur mais nous avons avancé à nos yeux en tout cas au meilleur rythme possible. Nous avons tiré les leçons de ce qui s'est passé et par conséquent nous avons accéléré mais vous l'avez dit au prix de la dégradation de nos finances publiques.
Emmanuel Macron a demandé aux entreprises de se mobiliser face à la crise actuelle et de financer une partie du déficit. êtes-vous favorable pour trouver de l'argent à l'idée de geler le calendrier de la baisse de l'impôt sur les sociétés ? Deux choses.
D'abord, Emmanuel Macron a obtenu un, des banques françaises que soit limité le coût des agios de tout ce qui pénalise lorsqu'on a un découvert le 20 du mois. Ce qui est extrêmement important puisque c'est capé comme on dit c'est-à-dire qu'il y aura un plafond et on ne pourra pas continuer à tirer de l'argent sur ceux qui en ont le moins. De la même façon, les tarifs bancaires c'est très important dans le quotidien vont être gelés pour l'année prochaine. Ensuite, des entreprises ont pris l'engagement de verser la prime de Noël. J'ai entendu Total, j'ai entendu Ilias, Lissi, Orange, LVMH. Mais aussi des petites entreprises.
Je peux vous dire qu'en Bretagne, des petites et moyennes entreprises qui ont des résultats ont dit qu'elles feraient également s'engageraient également en l'attente.
Les PME et TPE ne sont pas contentes ce matin, si vous lisez la presse. Elles n'ont pas d'obligation. Voilà, il n'y a pas d'obligation mais ils disent qu'on n'a pas les moyens de donner des primes à nos salariés du coup on a le mauvais rôle.
Non, mais quand on n'a pas les moyens on ne les donne pas. Vous savez, les salariés qui travaillent dans les entreprises connaissent bien la situation de leur entreprise donc ils savent si en effet c'est possible et si c'est possible il faut le faire. Si ce n'est pas possible on ne le fait pas. Ensuite, sur le calendrier de l'impôt sur les sociétés. Moi je considère qu'en effet ce qui se passe maintenant fait que nous savons quelles sont les dépenses qui vont être engagées et ensuite il nous faut limiter en effet que se creuse le déficit. Pour autant il ne faut pas geler les investissements sinon ce serait complètement un frein finalement à notre développement.
Ensuite, faut-il moduler, faut-il ralentir comme vous le suggérez M. Demorand la baisse de l'IS l'année où finalement on solde le CICE et en plus on fait la diminution de charges patronales je pense que c'est quelque chose qui doit être discuté avec le gouvernement. Je ne sais pas s'il va faire cette proposition mais je sais que des parlementaires y songent.
Richard Ferrand banquier et patron des grandes entreprises vous l'avez dit ont été invités convoqués à l'Elysée pour participer à l'effort général pour le pouvoir d'achat des primes de Noël des hausses de salaire dans certains autres cas. S'ils peuvent accorder une prime et pour certains donc augmenter les salaires pourquoi ne l'ont-ils pas fait plus tôt ?
Ça, il faudrait d'abord le leur demander mais ceci ça montre aussi une chose c'est que nous avons...
Mais c'est une vraie question pourquoi pas plus tôt ?
Mais je vais essayer de vous apporter un éclairage moi je ne sais pas pourquoi mais c'est parce que sans doute il faut retrouver une vigueur de discussion dans les branches professionnelles entre syndicats et employeurs de redistribution de la richesse qui sans doute n'est pas au niveau dans notre pays vous savez très bien que nous sommes un pays où peu de gens sont syndiqués de sorte que leur voix et d'ailleurs ils le ressentent n'est pas toujours bien portée et ensuite cela donne des mouvements comme ceux que l'on connaît. non mais là on voit bien
que c'est le poids du contexte et l'idée de crise et d'état d'urgence économique une très forte pression de l'Elysée donc quand on veut
on peut en tout cas ça montre l'efficacité du président de la république pour à un moment donné mettre tout le monde en face de ses responsabilités de là à dire quand on veut on peut ce que je sais moi c'est qu'il faut que le rapport de force et le rapport de négociation on n'est pas en guerre et bien puissent être pérennes et renouvelées chaque année lors des négociations obligatoires de salaire par conséquent il faut que nos compatriotes mesurent qu'avoir des syndicats qui ont du muscle c'est utile à la démocratie sociale et c'est utile à leurs droits et aux réponses dont ils ont besoin.
A 8h38 on part au standard d'Inter François bonjour Bonjour Nicolas Bonjour Léa
et bonjour M. Ferrand Je voudrais savoir est-ce que la république en marche a prévu de répondre aux jeunes qui sont mobilisés contre la réforme du bac contre la réforme du lycée contre Parcoursup ou est-ce que la stratégie est toujours la même c'est-à-dire qu'on ne répond pas on minimise parce qu'on va encore nous dire il y a très peu de lycées mobilisés juste une parenthèse sur la mobilisation jeudi de la semaine dernière le jour même le ministère disait 150 lycées perturbées M.
Blanquer sur France Inter disait 300 pour le jeudi et lundi dans un communiqué le ministère expliquait que le lundi il y avait 450 lycées perturbées le même chiffre que le jeudi donc on voit que sur la réalité de la mobilisation il y a une volonté de minimiser et de ne pas répondre et donc finalement la question est-ce que vous attendez que ça dégénère et que vous allez laisser nos jeunes finalement face à des situations de plus en plus tendus dans les lycées ou est-ce que vous allez enfin les écouter et enfin arrêter de dire comme M.
Blanquer que les organisations syndicales lycéennes c'est des groupuscules et les prendre au sérieux et écouter ce qu'ils disent les lycéens les enseignants les étudiants sont contre ces réformes contrairement à ce que dit M. Blanquer
merci François enseignant je lis ça sur la fiche Richard Ferrand vous répond
oui M.
dit est-ce que nous allons continuer à minimiser moi je ne minimise rien du tout je constate qu'en effet il y a un certain nombre de lycées et il a raison de le dire où il y a des mouvements de protestation contre la réforme du bac dit-on et Parcoursup ce qui est certain c'est que d'abord hier à l'Assemblée nationale et plusieurs fois le ministre Jean-Michel Blanquer a répondu aux questions que cela suscite ce que je voudrais rappeler ici c'est que le conseil national de la vie lycéenne va se réunir avant la fin de l'année pour faire le point là-dessus que la réforme Parcoursup tout de même ça a évité que l'on passe d'un système enfin ça l'a permis que l'on passe d'un système où on tirait au sort l'endroit où les jeunes pouvaient aller s'inscrire à un système où on prend en compte leur vœu peut-être pas toujours leur premier vœu mais en tout cas leur second ou leur troisième alors Parcoursup n'a pas totalement répondu mais c'était mieux qu'avant mais ce n'est pas encore parfait il y a des marges de progression la ministre Madame Vidal a eu l'occasion de dire que ce système allait être amélioré donc écoutez oui bien sûr il faut donner des réponses le ministre a commencé hier il va rencontrer les instances de la vie lycéenne et il faut continuer à donner des réponses Christian est au standard d'Inter bienvenue
oui bonjour bonjour madame bonjour messieurs une question à monsieur Ferrand trouvez-vous légitime les revendications des gilets jaunes vous parliez tout à l'heure des parlementaires qui étaient sur le terrain chez nous en Saône-et-Loire dans ma circonscription on ne voit pas le parlementaire de la république en marche alors vous voyez je pense que tout n'est pas très clair au niveau de l'assemblée et autre chose quand nous étions en activité le jour non travaillé n'était pas payé est-ce qu'un jour à l'assemblée nationale il y aura des pénalités pour lutter contre l'absentéisme des députés
merci Christian pour cette question
Richard Ferrand vous répond vous avez bien entendu la question monsieur nous dit je vois pas assez mon député en Saône-et-Loire et est-ce que quand il est absent à l'assemblée il ne faut pas le sanctionner un député ça n'a pas le don d'ubiquité ça ne peut pas siéger jour et nuit comme nous le faisons et être sur le terrain même si évidemment je vous garantis que tous les députés quelles que soient leurs couleurs politiques pas de polémique là-dessus ils s'efforcent d'être à la fois très présents à l'assemblée où nous travaillons sur un rythme très soutenu jamais jamais il n'y a eu autant d'heures et ça vous pouvez le vérifier d'heures siégées en commission et dans l'hémicycle et en même temps il faut être sur le terrain ce que je voudrais dire aussi à monsieur c'est que les sanctions pécuniaires elles existent c'est-à-dire que si les députés ne font pas leur travail de commission il y a à ce moment-là une partie de leur traitement qui est retirée et je signale à monsieur que sur cette législature aucun député et il faut signer et marger enfin ça ne se fait pas au doigt mouillé c'est vérifié aucun député n'a été sous cette procédure de sanction parce que le député bosse et ça je voudrais que ce monsieur en soit convaincu parce que dire les députés ce sont des paresseux vous savez tous pourris tous feignants ça suffit ça les députés quelle que soit leur appartenance politique ils sont assidus ils sont engagés et que monsieur vienne parfois à une heure deux heures du matin voir encore comment les uns et les autres défendent leurs amendements avec conviction quelle que soit leur sensibilité
vous dites les députés bossent est-ce que les députés vont bosser pendant la période des fêtes il y a beaucoup de questions sur le calendrier de l'Assemblée nationale notamment la France Insoumise a dit on n'a jamais vu il a dit il a dénoncé un niveau de désorganisation extraordinaire de l'Assemblée nationale bon là vous avez modifié le budget pour inclure les mesures annoncées par Emmanuel Macron est-ce que vous allez le voter quand vous allez le voter est-ce que vous allez rester jusqu'au 31 décembre en session extraordinaire est-ce que vous pouvez nous dire
en matière de désorganisation monsieur Bernal ici est un effet expert mais c'est pas de lui qu'on attend des conseils alors on va faire les choses dans l'ordre comme prévu aujourd'hui et demain la commission des finances va se saisir donc de la loi de finances comme prévu et elle vient à partir du 17 donc de lundi dans l'hémicycle donc évidemment ce texte va être modifié pour intégrer une partie de ce que le président de la république a pris comme engagement ensuite il y a un autre texte budgétaire c'est le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui lui concerne tout ce qui est cotisation sociale c'est-à-dire c'est pas le même véhicule législatif pardonnez-moi d'être un peu technique mais si on veut l'expliquer c'est comme ça donc ça veut dire ça veut dire que ce texte là et bien soit nous allons le rouvrir pour l'amender c'est une possibilité soit encore un texte séparé pour apporter ces mesures nécessaires mais ce qui est important
est-ce que les députés vont devoir revenir après Noël
je vais vous dire s'il faut on siégera autant que nécessaire pour que soient tenus en janvier les engagements pris et ce que je dis à vos auditeurs au fond c'est que peu importe quand on siège peu importe si c'est entre Noël et le jour de l'an peu importe si c'est début janvier
pour les députés c'est pas peu importe
l'enjeu non c'est pas peu importe mais l'enjeu pour les français permettez-moi de m'intéresser au moins autant aux français qu'aux députés même si j'ai l'honneur d'être leur président nous ferons en sorte que les mesures annoncées soient concrétisées et là-dessus on fera ce qu'il faut
La réforme de nos institutions voulue dans le programme d'Emmanuel Macron pendant la campagne a déjà été repoussée en juillet dernier à cause de l'affaire Benalla est-ce qu'elle va avoir lieu cette réforme en janvier comme c'était prévu ou quel est le calendrier affiné ?
Alors d'abord j'espère bien que cette réforme aura lieu parce qu'entre autres elle reprend un certain nombre de choses qu'on a entendues dans la bouche des manifestants que ce soit la limitation la limitation du cumul dans le temps des mandats que ce soit la réduction du nombre de parlementaires il y en a même qui voulaient supprimer le Sénat d'autres qui voulaient dissous de l'Assemblée Nationale enfin vous voyez bien que En janvier ?
Le calendrier de janvier est maintenu ou vous le décalez ?
Je vais vous dire on devait aborder ça mi-fin janvier pour l'instant le gouvernement ne nous a pas dit qu'il souhaitait repousser l'examen de ce texte mais je me dis qu'il sera tout de même utile de regarder comment vont se caler ce calendrier et le grand débat national parce que si on met en débat aussi le fonctionnement de l'Etat il y a quelque chose à quoi moi je suis par exemple très attaché c'est ce qu'on appelle la différenciation c'est-à-dire des nouvelles libertés locales qui fassent que les élus puissent organiser ou répondre à des besoins de leur territoire de manière adaptée c'était prévu dans le projet de réforme constitutionnelle donc il faut faire
cette modification après les débats et non pas avant
en tout cas il faudra que l'on puisse tenir compte de ces débats mais vu comme les débats
se termineront en mars est-ce que j'entends est-ce que je comprends bien que la réforme de la constitution ne viendra pas à l'Assemblée nationale avant le mois de mars au minimum
ce que je dis c'est qu'on est sûr qu'au mois de mars elle ne sera pas terminée donc de toute façon il faudra l'enrichir au début au milieu ou à la fin de ce que le grand débat aura pu permettre donc ça veut dire
après les européennes soyons sans langue de bois ça veut dire après les européennes c'est pas sans langue de bois
c'est que je ne peux pas vous dire des choses que je ne sais pas madame Salamé je préfère je préfère paraître gêné pour vous répondre que vous mentir donc à l'heure où je vous parle le calendrier est inchangé on comprend bien que compte tenu de ce qui s'est passé il va sans doute bouger qu'il nous faut intégrer ce qui va ressortir du grand débat national donc comment tout ça va se caler à l'heure où je vous parle je ne le sais pas
Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin
Richard Ferrand