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interviewC à vous· 20 avril 2026 14 min

« Sans eux » : à quoi ressemblerait la France sans immigrés ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le RN aujourd'hui, il comprend qu'une partie du monde de l'entreprise est devenu un monde de multinationales. Il est détesté de M.Le Pen.

Peut-être que des gens comme J.Bardella savent que ce monde de la multinationale, il faut l'avoir avec soi parce qu'il crée beaucoup d'emplois, fait entrer des taxes, des recettes fiscales... - A.-E.Lemoine: Ni J.Bardella ni le Medef n'ont communiqué sur la teneur exacte des discussions au déjeuner.

Le 7 avril, les grands patrons étaient sortis consternés de leur rencontre avec M.Le Pen. A quel genre de compte-rendu il faut s'attendre après ce déjeuner avec J.Bardella? - N.Beytout: J'ai eu P.Martin.

Il s'attache beaucoup à dire...

Le Medef répond qu'ils ont été courtois avec tout le monde. Ils attendent de voir si M.Bompard viendra, mais c'était courtois.

Est-ce que c'était intense? Je ne sais pas. Sur le dîner des patrons, le mot "consternés" est peut-être frappant, mais ce qui les a plus choqués, c'est que la plupart, tous sauf un, n'avaient jamais rencontré M.Le Pen.

Le souvenir qu'ils avaient, c'était sa dernière intervention lors du débat avec Macron. Certains d'entre eux disent: "Elle n'a pas tellement changé." Il y a eu, dans ce dîner, de longs monologues de 30 minutes de M.Le Pen.

L'entrée dans les détails a été à peu près impossible. Ils se sont dit: "Ca n'a pas beaucoup changé." - P.Cohen: Pour le compte-rendu, il est attendu dans les prochaines semaines avec les arbitrages qui doivent être rendus en interne pour le programme économique présidentiel du RN, qui devrait logiquement être arbitré avant l'échéance du 7 juillet, c'est-à-dire le jugement de l'arrêt d'appel qui décidera si c'est J.Bardella ou M.Le Pen qui portera les couleurs du parti...

Il y a des arbitrages très attendus, notamment sur les retraites. Il y a un point sur lequel le RN ne change pas: l'immigration. Il veut la réduire drastiquement, avec les flux migratoires et les droits pour les étrangers présents en France en instituant une forme de priorité nationale.

J.Bardella s'en expliquait encore en janvier dernier. ... - P.Cohen: T.Pech, vous signez une nouvelle dystopie avec la même équipe que précédemment, G.Hannezo et H.El Karoui.

Vous nous transportez en 2030. Vous m'arrêtez si je gâche trop le plaisir du récit et de la surprise. P.de Villiers est président de la République.

B.Retailleau est Premier ministre... - T.Pech: Stop!

Rires. - P.Cohen: Des lois anti-immigration très strictes ont été votées.

Les immigrés ont été rebaptisés "contributeurs non bénéficiaires". Que se passe-t-il dans cette France que vous imaginez? - T.Pech: L'union des droites a eu lieu.

Ils ont mis en application la nouvelle pensée unique identitaire de la droite radicale et de l'extrême droite. Ils ont fermé les frontières, pour résumer, et rendu la vie impossible à toute une série de...

L'Europe de l'hiver démographique les accueille à bras ouverts. Dans le Danemark de M.Frederiksen, les portes sont ouvertes.

Ceux qui peuvent partir s'en vont. Jusque-là, c'est normal, me direz-vous. Mais on réalise une chose.

Les Français réalisent, médusés, que la vie sans les immigrés est très difficile. L'hôpital se vide, les Ehpad aussi, les cuisines des restaurants...

L'hôpital se vide De ses infirmières, mais aussi de ses médecins spécialisés, en particulier. Le secteur informatique, même l'Eglise catholique, le clergé catholique...

Le patronat est pusillanime sur cette question. Que s'est-il passé Avec G.Meloni?

Je dis pusillanime parce que lors de la loi immigration de décembre 2023, ils parlent de ce sujet 3 jours avant la commission mixte paritaire. On ne les entend pas dans les mois qui précèdent. Que se passe-t-il en Italie?

La Confindustria et les syndicats agricoles italiens viennent voir G.Meloni pour lui dire: "C'est bien gentil, ton discours..." Si on avait le taux d'ouverture de l'Italie, on n'accueillerait pas 250 000 personnes par an, mais 800 000.

Ca fonctionne pas, la France sans immigrés. Des secteurs entiers ne fonctionnent pas. Il faut s'organiser pour organiser des réseaux clandestins.

C'est ce que font des hauts fonctionnaires de l'Etat en détournant les règles. - A.-E.Lemoine: Ce scénario est volontairement pessimiste.

Il vous paraît plausible? - N.Beytout: Je dois dire oui, par correction.

Mais je ne l'ai pas lu. Il y a un sujet, peut-être le traitez-vous dans le livre, mais il y a un impensé qu'un très grand nombre de Français pensent que l'immigration a échappé au pays, au contrôle. Le contrôle n'existe plus.

Ce sujet se retrouve dans des quantités d'endroits. - P.Cohen: C'est pas incompatible avec... - N.Beytout: Si.

Je vais peut-être faire de la dystopie, mais imaginons un président de l'union des droites, quel qu'il soit. La première chose qu'il fait, c'est envoyer des signaux qu'il ferme les filières. On sait très bien qu'il y a des messages qui suffisent, en une demi-journée, à ouvrir des filières et à faire venir des gens par dizaines, centaines, milliers.

Le premier message serait une fermeture des filières et ça change les choses. Après, je pense qu'il y a les entreprises de services, que vous avez citées, qui ont besoin de "petites mains", rien de péjoratif là-dedans... - T.Pech: Et le bâtiment. - N.Beytout: Et tout ce qui est dans l'univers de la rénovation, etc.

Les autres ont besoin de main-d'oeuvre qualifiée. Celle-là ne vient pas de l'étranger par bateau. - T.Pech: Les immigrés qui viennent aujourd'hui, selon les notes de l'Insee, 52 % des émigrés qui viennent ont un diplôme supérieur.

C'était 40 % il y a 3 ans. Ca augmente très vite. Ne nous racontons pas d'histoires qui consistent à penser... - N.Beytout: C'est pour ça que la solution de l'immigration choisie, sélective, peut être un début de solution à un "Take back control". - T.Pech: Dans une Europe où la concurrence est ouverte...

Les autres pays sont ouverts. Ils n'arrêtent pas d'aller chercher de la main-d'oeuvre. Ils la souhaitent qualifiée, comme tout le monde.

On aurait pu dire exactement la même chose que ce que vous dites sur l'Angleterre du Brexit. Ils avaient le sentiment d'avoir perdu le contrôle. C'était même le thème de la campagne.

Ils ont voté pour le Brexit. Ils ont fait le Brexit. Il n'y a jamais eu autant d'immigrés dans les années qui ont suivi parce que ce n'était pas tenable.

Il fallait bien remplacer les Européens qui se barraient dans les hôpitaux et ailleurs. Je veux bien qu'on continue à fuir le réel, mais le réel, c'est ça. On est des pays vieillissants et on n'y arrive pas si on fait venir un peu de main-d'oeuvre.

C'est en gros 200 000 à 300 000 personnes par an pendant les années qui viennent. - E.Tran Nguyen: Primaire or not primaire?

Tout le monde en parle mais pour dire qu'on n'en veut pas, qu'on va attendre ou on fait comme si on n'en avait pas besoin. Illustration avec les LR ce week-end. Ils ont désigné B.Retailleau comme leur candidat à la présidentielle à près de 74 % des voix.

Si l'ancien ministre de l'Intérieur pense avoir trouvé la parade pour éviter la primaire, beaucoup pensent qu'il faudra un candidat unique qui rassemble le centre et la droite. C'est ce qu'a expliqué A.Bergé. - A.Bergé: Ce serait de la folie s'il n'y avait pas une candidature unique.

On prend le risque de se retrouver réellement dans un second tour où on laisserait le seul choix aux Français entre J.-L.Mélenchon et J.Bardella ou M.Le Pen pour le RN. - E.Tran Nguyen: Le favori à droite et au centre, c'est E.Philippe, pour le moment.

Il espère ne pas avoir à se soumettre à une primaire. Il voudrait contraindre ses concurrents, B.Retailleau et G.Attal, à le rallier.

Mais ils ne veulent pas être associés l'un à l'autre. Le candidat unique à droite, ce n'est pas gagné. Ce n'est pas gagné non plus à gauche.

On pense aussi qu'il faudrait une candidature unique qui rassemblerait large, mais ni R.Glucksmann ni J.-L.Mélenchon n'en veulent.

Là aussi, on cherche à trouver des solutions pour ne pas en passer par là et arriver à désigner eux-mêmes le candidat unique, d'où ce plan en 3 étapes lancé par une quarantaine d'élus de gauche. La première étape consiste à construire un projet. La 2e étape, désigner l'équipe qui va mettre en oeuvre ce projet, une sorte de gouvernement fictif. 3e étape: on se met d'accord sur le chef.

L'écologiste Y.Jadot se voulait optimiste là-dessus. - Y.Jadot: Notre ambition, c'est d'arrêter de sortir la gauche de l'entre-soi, la gauche qui se braque contre la gauche.

Je pense qu'il y aura une candidate ou un candidat. C'est essentiel. 2e étape: une équipe qui va gouverner le pays pour montrer que, comme sous l'ère Jospin, des personnalités crédibles, d'horizons politiques différents, travaillent au service de la France. - E.Tran Nguyen: D'ici à la fin de l'été, on devrait savoir.

Mais il faut du temps pour organiser une primaire. On est à 1 an du scrutin. Quand notre reporter interroge les Français sur l'idée d'une primaire, ils sont tous pour. - Ca évite l'éparpillement des voix d'un même parti. - Peut-être que les primaires feront en sorte qu'on arrive à trouver, pour chaque parti, des candidats dignes de ce nom. - Ils sont tellement nombreux qu'on n'arrive plus à les dénombrer. - C'est une bonne idée pour faire le tri dans tout ce choix et des propositions pas toujours très claires. - E.Tran Nguyen: L'argument, c'est pour y voir plus clair.

Quand on demande aux téléspectateurs s'ils croient en l'efficacité d'une primaire, ce n'est pas pareil. On parle de "machine à perdre". Depuis 2011 et le succès de F.Hollande à la présidentielle, ça n'a jamais vraiment porté chance aux candidats.

B.Hamon, désigné à gauche, avait plafonné à 6 %. V.Pécresse avait rassemblé moins de 5 % des voix après avoir été élue dans le cadre d'une primaire.

C'est la primaire qui fait perdre les candidats, N.Beytout? C'est une idée qui est reçue par eux-mêmes. - N.Beytout: C'est la primaire dans des forces politiques déclinantes qui fait perdre les candidats.

Quand vous avez une force montante et qu'il faut choisir entre 2 ou 3 pas très éloignés les uns des autres, cette primaire peut mobiliser. La désignation de F.Fillon avait été un moment incroyable de démocratie pour la droite.

F.Fillon a fait plus de 20 % malgré ses affaires, ce que J.Chirac n'a jamais réussi à faire une fois en 4 tentatives.

Ca a été énorme. Je pense que c'est très important. La primaire, dans une force déclinante, accélère le déclin.

Encore une fois, vous noterez que tous ceux que vous avez cités refusent la mécanique de la primaire. - T.Pech: La primaire, c'est Terra Nova qui l'a inventée!

Ca a marché une fois, pas parce que c'était exceptionnel, mais parce que c'était au sein d'une famille cohérente. - A.-E.Lemoine: Avec F.Hollande. - T.Pech: Quand les familles sont plus cohérentes, quand il y a

« Sans eux » : à quoi ressemblerait la France sans immigrés ? — Jordan Bardella · Pourquijevote