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interviewINA (sur YouTube)· 14 mai 2026 16 min

Séparation : pourquoi les pères perdent-ils la bataille pour leurs enfants ? | INA Société

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Maman se bat avec une arme redoutable, la loi. Contre cela, il m'a fallu tout l'amour du papa que je suis, ainsi que toutes mes forces pour que tu en souffres le moins possible. [musique] Et tout ça, ça fait 3 ans que ça ça dort dans cette valise. 3 ans que que nous ne nous sommes pas vu.

Voilà mon armoire il y a 9 années de ma vie sous forme de dossier d'hiver, 9 années d'anecdotes de procédure. C'est une histoire qui a commencé en janvier 1983 quand mon ex-femme est partie avec notre fils et elle s'est arrangée disant depuis pour empêcher de le voir par tous les moyens. Il se souvient du temps où il faisait plus de 1000 kilomètres pour voir Olivier ou l'attendre en vain.

Car des moyens légaux, un certificat médical ou illégaux, la non présentation d'enfants, le privait parfois de son droit de visite. Alors poussé par le désir de vivre davantage avec Olivier, François Fourni ne rend pas son fils à temps. En 83, 86, 88, ils disparaissent tous les deux pour plusieurs mois.

Je savais très exactement ce que je faisais, pourquoi je le faisais et je me suis efforcé à chaque fois de prévenir la justice que je faisais cette action parce qu'il me paraissait nécessaire que mon fils me connaisse, que je le connaisse. Et à chaque fois pour chasser par police et gendarmerie jusqu'à jusqu'au moment où plus souvent par manque d'argent, j'ai été obligé de me de me rendre tout simplement. Est-ce que vous avez été puni ?

Oui, à chaque fois. À chaque fois, la première fois en 1983, donc j'ai je n'ai eu, si j'ose dire que 15 jours de prison avec surcis. La seconde fois, la suite donc de cette deuxième clandestinité, j'ai été condamné à 1 an de prison dont 4 mois fermes et 5 ans de mise à l'épreuve.

Et la troisème fois et dernière, j'ai été condamné à 1 an et demi de prison dont 4 mois ferme également et 5 ans à nouveau de mise à l'épreuve. Comment avez-vous vécu vos séjours en prison ? bien entendu mal vécu.

Je ne voyais pas comment on pouvait être condamné pour aimer son fils et c'était au fond la seule chose que l'on pouvait me reprocher. Alors euh je dirais qu'au départ, je n'avais pas développé de sentiment de haine particulier à l'égard de la société mais la prison me l'a donné certainement. Maintenant, c'est quelque chose qui est en moi.

Aujourd'hui, se perd à la même énergie qu'il y a 9 ans, le même désir, le même but. Mais pour calmer le conflit parental et faire preuve de bonne volonté, il s'est engagé provisoirement à ne pas voir son fils, à ne pas lui téléphoner, à ne pas lui écrire jusqu'à ce que le tribunal se prononce sur sa demande, c'est-à-dire un droit de visite élargi tenant compte de la distance qui sépare les domiciles des parents. La justice lui paraît très lente.

Son enfant grandit sans lui. La loi française a euh systématiquement favorisé la mère. Cela se comprend dans certains cas.

Cela se comprend lorsque l'enfant est tout petit. Euh il est évident qu'à ce moment-là, il a beaucoup plus besoin de la mère que du père. Lorsque l'enfant grandit, il lui faut un équilibre paternel maternel que la loi française ne prend pas en considération.

Même s'il est blessé par cette expérience douloureuse, François Fourni ne désespère ni des hommes ni des femmes. Il s'est remarié l'année dernière et attend un enfant. Tu documentes ?

Oui, justement, j'étais en train de voir d'après le l'âge d'un autre bébé quel poids quelle taille il peut avoir. Mais je ne trouve pas. Pourquoi il est très difficile de ne pas avoir en tête son fils qui n'est pas là, qu'on voit pas depuis 3 ans sans savoir quand on le verra la prochaine fois et de vivre normalement de vivre de façon détendue, sereine, détachée, c'est impossible.

Et disons que le compagnon ou la compagne selon les cas euh ne peut pas ne pas subir malgré tout le contre-coup de cela. Même si d'ailleurs on ne parle jamais à la maison de ça, j'évite au maximum d'en parler euh pour ne pas qu'il ne subisse pas cette pression, mais la pression est dans ma tête. Je pense qu'il doit être à peu près comme ça.

Je serai dans la même situation que lui et puis lui à ma place, c'est-à-dire euh sans enfant, sans sans tous les problèmes qu'il a eu, toutes les les difficultés qu'il a traversé depuis son plus jeune âge. Je je serais contente d'être aidé. Aujourd'hui, vous attendez un bébé.

Oui. Est-ce que ça veut dire que vous voulez refaire une nouvelle vie ? Euh, refaire une nouvelle vie, c'est peut-être pas le mot que j'emplerais.

Moi, je dirais c'est c'est continuer la la vie puis donner un un petit frère ou une petite sœur à Olivier. On la recoupea. Tu enlèves la corde.

Ça a coupé le plastique. Et ben oui, mais c'est pour ça qu'il fallait que tu tires bien. Et la branche.

Pas grave. De plus en plus de pères ne supportent pas d'avoir un rôle secondaire auprès de leurs enfants. Ils veulent vivre pleinement leur paternité.

C'est le cas de Jean-Marie Dion qui jardine ici avec le fils de sa nouvelle compagne. Il a divorcé en 79. À la mère, l'autorité parentale sur les deux enfants.

Au père, le droit de visite. Cette situation classique ne le satisfait pas. Il réclame l'autorité parentale conjointe.

C'est c'est scandaleux, c'est une chose pareille. Stéphane qui est avec nous et puis Robin qui est d'un côté, Rémi qui est de l'autre, on les voit jamais. C'est quand même idiot d'avoir une maison avec quatre avec quatre chambres pour loger tous les enfants et puis le tiers du temps, la maison est vide.

C'est une question de pouvoir hein. Je de la part des m Bah oui, moi je pense que c'est un peu ça. Oui, mais ça c'est c'est que les maires en fait justement conserve leur pouvoir et puis bon, je veux dire les enfants sont aussi la compensation à leur à leur mal-être.

Je pense que l'intérêt supérieur de l'enfant, il passe par à la limite une alternance annuelle. Pourquoi pas ? Pourquoi si un père est disponible, qu'il a les moyens de de pouvoir s'occuper d'un enfant, il aurait pas en alternance une année scolaire avec le père, une année scolaire avec la mère.

On peut pas dire qu'à ce moment-là l'enfant soit perturbé. Il va avoir un équilibre d'un côté, un équilibre de l'autre et puis on verra bien au bout du compte de quel côté il se sent le mieux. Elle a décidé de se mettre là-bas elle.

Pour moi, l'idéal, je dirais pour mes grands enfants, ça serait disons la possibilité déjà de d'avoir un minimum de présence au quotidien, c'est-à-dire justement dans ce qui est scolaire, dans ce qui est vie de tous les jours, pas seulement les vacances, pas seulement les weekends. J'ai pas le droit de décider si mon enfant va aller dans telle classe ou qui va suivre tel cursus scolaire. Ça, j'ai aucun droit là-dessus.

J'ai pas le droit de décider si je veux aller passer des vacances à l'étranger, je ne peux pas y aller sans une autorisation de la mère. comme si moi en tant que père, j'avais plus aucun droit et puis par contre j'ai toujours un droit et celui-là il m'est rappelé souvent, c'est celui de payer une pension alimentaire. Alors ça ça c'est jamais oublié par personne.

Jean-Marie Dion vient de créer une association de défense de la condition paternelle qui milite en faveur de l'autorité parentale conjointe. Les adhérents sont déjà nombreux et des associations de ce type se multiplient en France. Bonjour Jean-Marie Dion, Grenoble.

On a le cas d'un gars qui en est à sa 8e non présentation d'enfant sur Grenoble. Il a déposé h plaintes, aucune n'a abouti. L'ordonnance du juge stipule que la mère doit mettre les enfants au train à Lille et lui doit les récupérer à Grenoble.

Il y a trois enfants, il les a pas vu depuis 2 ans. Je recontacte les gars de Lille et puis à bientôt hein. Salut.

Si par exemple un père porte plainte pour non présentation d'enfants par la mère, la plupart du temps sa plainte n'aboutit pas. les juges que nous sommes qui tatuont aussi en audience correctionnelle donc sur ce problème de la non représentation d'enfants, vous dire que nous avons fréquemment ce type d'affaires devant le tribunal correctionnel. Et que faites-vous ?

Vous serez la maire ? On essaie autant que faire ce peut-être de rétablir euh un dialogue si c'est si c'est possible. Et très souvent les tribunaux rendent ce qu'ils appellent des ajournements, c'est-à-dire que tout simplement ils entendent les parties, ils essaient de voir ce ce qui pourrait être remis en place et il renvoie à quelques mois en disant aux gens et bien on réappréciera peut-être votre situation.

Vous savez un petit peu ce que vous risquez devant le tribunal correctionnel. Vous savez que il y a des peines qui sanctionnent ce type de délit. Mais peut-être faudrait-il essayer de réinstaurer quelque chose.

Vous pensez que les pères n'ont pas le second rôle ? Je ne pense pas. Il me semble qu'il existe qu'une seule disposition, enfin mon sens qui dans la loi me semble devoir être modifié, c'est celle qui concerne les enfants naturels et le fait que la loi encore aujourd'hui dispose que lorsque l'enfant est reconnu par ses deux parents, seule la mère exerce autorité parentale.

Il me semble que cette cette loi être modifiée pour rétablir l'égalité entre les parents de la même façon qu'elle l'a faite pour les enfants légitimes en instituant l'autorité conjointe. Ophélie, ma fille, mon amour, mon cœur se remplit de tristesse comme si le champ des oiseaux si magnifique nous abandonnait tous les deux. Mon enfant, nous pardonneras-tu ?

Mais nous t'aimons très fort tous deux. Maman se bat avec une arme redoutable, la loi. Contre cela, il m'a fallu tout l'amour du papa que je suis, ainsi que toutes mes force pour que tu en souffres le moins possible.

J'espère qu'un jour maman comprendra que ce n'est pas contre elle que je me suis battu, mais j'ai préféré souffrir à ta place, mon enfant, pour que tu saches que dans tout cela, nous t'aimons tous les deux. Thierry Colin est un père non marié. À la naissance d'ophéie, les deux parents la reconnaissent, mais ils ne vont pas ensemble faire une demande auprès du juge des tutelles pour obtenir l'autorité parentale conjointe.

Dans ce cas, selon la loi, l'autorité revient à la maire. Et c'est ce que découvre trop tard Thierry Collin quand sa compagne le kit l'année dernière en emmenant l'enfant. Il ne peut accepter d'avoir perdu ses droits sur sa fille qui porte son nom.

J'ai désiré cet enfant autant que que la maman et je pense que l'enfant bon a besoin de de ses deux parents. C'est vrai qu'il y a séparation du couple. Bon mais pour moi, il y a pas séparation parentale.

C'est-à-dire que l'enfant doit conserver son père et sa mère. Et le fait, bon qu'on donne pas l'autorité parentale conjointe, j'estime que c'est pas être père de son enfant. J'ai débuté la grâce de la fin ici dans cette chambre. le 8 septembre 91 et je l'ai cessé au bout de 62 jours après avoir perdu euh une vingtaine de kilos et puis euh j'étais dans un état quand même euh affaibli.

Pendant cette période, avez-vous reçu euh des visites de votre petite fille ? Non du tout. C'est-à-dire [grognement] que bon, j'ai pas eu de visite.

Bon, j'ai essayé de la contacter par téléphone, donc aussi bien chez la mère de l'enfant que chez les grands-parents et il m'a été impossible de l'obtenir. Il y a une grande solitude autour de moi parce que bon, c'est vrai que par rapport aux conséquences de tout ça, donc sur le plan santé, sur le plan financier, bon, je suis très restreint. C'est-à-dire que euh sur le plan de santé, bon, je peux pas faire de grosses activités.

J'ai pas pu reprendre mon travail comme je le désirais. Donc ça fait que je suis un peu bloqué ici dans cet appartement depuis 6 mois et j'aimerais bien un peu m'extérioriser. Mais malheureusement, bon, je vais faire des petites balades restreintes un peu l'après-midi par rapport dans l'état physique.

Mais bon, c'est vrai que 80 % du temps, je suis seul. Je suis seul à bah avec tous ces problèmes. La vie de ce père est rythmée par les rendez-vous chez l'avocat, les convocations au tribunal et surtout les courtes visites de Féli.

Depuis le début de l'année, l'enfant vient ici deux weekends par mois. Chaque départ est un déchirement. Bien souvent le dimanche soir, c'est les larmes aux yeux quoi.

Mais une fois qu'elle est partie, pas tout de suite parce que bon, je ne veux pas que que l'enfant ressente ça. Je reviens du greffe du tribunal. Euh ta demande d'autorité parale conjointe est malheureusement déboutée comme c'était à craindre.

Ouais. Au niveau des au niveau des du droit de visite le 1er, le 3e et éventuellement le 5e weekend de chaque mois du vendredi soir au dimanche soir. Tu as aussi le 2e mercredi et le 4e mercredi de 10h du matin à 18h le soir.

La moitié des vacances scolaires bien entendu scolair pas le truc classique quoi. Voilà. Ouais.

Donc si j'ai bien compris, en fin de compte, l'intérêt de l'enfant euh c'est de voir le moins possible son père quoi. Je verrai pour faire appel au départ mais bon vu la lenteur de la justice, c'est justement ce qui me fait peur, c'est que quand Ophéliia aura 10 ans, j'en serai toujours au même point quoi. Ophéli, tu as le droit à ton papa et à ta maman, à ta vie, à ton enfance.

Tu auras besoin de notre amour à tous les deux. Pourquoi faut-il que nous souffrions tous les deux de cette séparation ? Mon enfant, j'aimerais tant te sentir dans mes bras pour que tu saches que l'amour qui envahit mon corps et mon esprit est celui d'un papa pour son enfant.

Qu'est-ce qui vous a décidé, votre sœur et vous, à aller voir le juge ? Bah, ça allait très mal et il y avait de gros accrochages entre mes deux parents et nous, on en prenait euh comme on dit plein la gueule. Ça a duré longtemps cette période difficile ? 2 ans un peu plus.

Vraiment de gros accrochages, ça a été vraiment dur. Et comment avez-vous fait ? Ben, on a écrit chacun une lettre au juge pour euh lui demander un rendez-vous pour parler.

Et vous l'avez vu, on il nous a donné un rendez-vous et on est allé séparément discuter avec lui. Qu'est-ce que vous avez raconté au juge ? Bah, on a raconté euh ce qu'on ce qu'il faudrait faire pour que ça change quoi.

Ce qu'on aimerait euh qui change et essayer de qu'il s'entende quoi. Qu'est-ce que vous vouliez changer ? Bah, ça serait que je puisse téléphoner à mon père quand je veux, que que je puisse aller le voir quand je veux en dehors des périodes qui ont été décidées, que je reste vivre chez ma mère.

Mais surtout que qu'il puisse pas jouer avec nous comme des billes, qu'on puisse vivre tranquillement. [musique]