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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 17 novembre 2024 16 min

L'accord UE-Mercosur provoque la colère des agriculteurs... Le "8h30 franceinfo" de Véronique Louwagie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Véronique Louvagie, on commence évidemment avec la colère des agriculteurs, elle reprend de la vigueur, manifestation à partir de demain, même si on a certaines manifestations déjà dès ce soir, notamment en région parisienne, est-ce que vous soutenez ce mouvement ?

0:19
Véronique Louwagie

Je pense que les agriculteurs doivent se faire entendre sur un certain nombre de sujets, je pense aujourd'hui c'est le traité du Mercosur qui est rappelé, qu'est-ce que ce traité ? C'est un traité de libre-échange qui va permettre l'entrée en Europe d'un certain nombre de matières premières, de marchandises, avec des droits de douane complètement...

0:39
Présentateur

Et on rappelle les pays, notamment le Brésil, l'Argentine, qui sont des gros producteurs agricoles.

0:46
Invité

Mais c'est de ça que parlent les agriculteurs chez vous dans l'Ordre par exemple ? Ou c'est plus globalement une inquiétude et des crises sanitaires, climatiques et autres ?

0:54
Véronique Louwagie

Alors il y a des inquiétudes diverses, je pense aussi toutes les crises sanitaires, la fièvre catarale. Mais aujourd'hui le Mercosur, il faut bien voir que c'est 180 000 tonnes de volaille qui vont entrer en Europe, près de 100 000 tonnes de viande bovine. Ça représente des pourcentages très faibles de la viande en Europe quand même, il faut le noter. Mais rappelez que ces viandes ne sont pas produites dans les mêmes conditions. Et c'est là qu'il y a des situations de compétitivité qui ne sont pas identiques. Et je pense que nous pouvons comprendre qu'il y ait des flux d'entrées et de sorties. Mais il faut que les règles soient identiques.

Et à chaque fois, c'est ce qui est demandé dans les traités de libre-échange, de la réciprocité sur les règles.

1:34
Invité

Mais ça veut dire que vous, vous êtes formellement contre ce texte ? Est-ce qu'il est encore amendable ? Est-ce que vous êtes sur ces questions ?

1:39
Véronique Louwagie

Je pense qu'aujourd'hui, il ne me paraît pas amendable parce que ces pays n'ont pas du tout les mêmes règles d'élaboration de ces viandes, de ces productions animales, à la fois en termes de bien-être animal d'ailleurs, de règles sanitaires. D'ailleurs, l'Europe a indiqué qu'elle ne pouvait pas forcément contrôler si les viandes recevaient un certain nombre de produits vétérinaires qui ne sont pas admis en France.

2:01
Présentateur

Elle peut faire des contrôles ciblés, mais pas sur l'intégralité de ce qui arrive.

2:03
Véronique Louwagie

Donc à partir du moment où vous n'avez pas les mêmes règles de réciprocité, dans la mesure où nous avons déjà, nous, des problèmes de compétitivité en France, je pense que cet accord n'est pas admissible en l'État. Mais tout le monde est contre.

2:13
Invité

C'est ça qui est très frappant en ce moment. Il y a 600 parlementaires de tous les bancs qui ont signé une tribune il y a quelques jours. Michel Barnier est contre, Emmanuel Macron est contre, même Michel-Édouard Leclerc hier sur France Inter dit que c'est une ineptie. Est-ce qu'il y a encore temps de trouver, par exemple, une minorité de blocage en Europe pour empêcher le passage en force de la Commission ?

2:32
Véronique Louwagie

Alors, écoutez...

2:33
Invité

Est-ce que vous souhaitez que la France s'y emploie ?

2:35
Véronique Louwagie

Oui, je crois que la France, d'ailleurs, s'y est employée. Je note qu'Emmanuel Macron a changé, parce qu'au départ, il était favorable au traité numérique au sur. Maintenant, il ne l'est plus. Michel Barnier s'est déplacé la semaine dernière.

2:45
Invité

On a perdu du temps là-dessus, d'ailleurs, sur ces changements de pied du président.

2:47
Véronique Louwagie

Oui, probablement. Parce que, vous savez, pour mener des combats de cette nature, il faut être très fort et il faut jouer un collectif. Donc, à partir du moment où vous avez quelques prises de position qui changent, où c'est un petit peu sinueux, forcément, ça nous met un état de faiblesse. Maintenant, il faut essayer de convaincre nos partenaires. C'est l'Allemagne, l'Espagne qui, aujourd'hui, sont plutôt favorables. Parce que, derrière, il y a des produits industriels, je pense à tout ce qui concerne l'automobile, notamment, qui intéresse ces pays.

3:13
Invité

Il y a des pays qui sont relativement clairement opposés. L'Autriche, les Pays-Bas, l'Irlande. Est-ce qu'on a fait suffisamment, est-ce que la France a fait suffisamment pour essayer de ramener ces pays-là dans une minorité de blocage ?

3:25
Véronique Louwagie

Je pense qu'elle a fait. Il faut encore faire. Il reste des jours devant nous. Il faut véritablement convaincre. Je pense qu'aujourd'hui, on peut comprendre aussi quand il n'y a pas de règles de réciprocité dans l'élaboration des produits.

3:37
Présentateur

Il y a encore, Véronique Louvagie, sur la colère des agriculteurs. Effectivement, il y a le Mercosur. Il n'y a pas que ça. Bérangère le disait. Comment le gouvernement va répondre ?

3:45
Véronique Louwagie

Écoutez, il y a, en matière animale, en tout cas, tout ce qui concerne la fièvre catarale. Aujourd'hui, la ministre de l'Agriculteur a répondu avec des vaccins supplémentaires.

3:55
Présentateur

Il y a toujours le sujet, effectivement, des normes. Vous avez raison. C'est des sujets qui sont beaucoup plus profonds.

4:00
Véronique Louwagie

C'était des sujets qui avaient donné lieu à une colère il y a quelques mois. où, alors, Gabriel Attal, Premier ministre, y avait apporté des réponses. C'était engagé, en tout cas, à apporter des réponses. Un certain nombre de réponses ont été reprises dans le projet de loi de finances avec des questions relatives à la fiscalité, aux revenus exceptionnels, de transmission également. Donc, des réponses ont été abordées. Et d'ailleurs, le Monde Agricole a reconnu que ces réponses avaient été prises en compte aux questions problématiques qui avaient été évoquées, l'engagement du gouvernement qui avait été pris sous Gabriel Attal avait été tenu.

Mais c'est vrai que, pourquoi aujourd'hui, les agriculteurs sont en difficulté ? Parce qu'il y a des questions de revenus, vous l'avez dit. Il y a des questions de poids des normes qui fait perdre, quelquefois, le sens du travail aux agriculteurs. Nous avons des agriculteurs qui passent...

4:48
Présentateur

On en parle beaucoup, mais la question, c'est qu'est-ce que vous allez faire aussi ? Vous êtes vous-même dans la majorité très relative. Mais voilà, quelle action ?

4:57
Véronique Louwagie

Je pense qu'il faut engager, et c'est vrai, au-delà de l'agriculture, tout un dispositif de débureaucratisation. Nous avons aujourd'hui un grand nombre de normes, quelquefois avec des injonctions contradictoires, d'ailleurs. On le voit dans le domaine agricole, entre des questions environnementales, des questions aussi de production, de compétitivité. Donc, je crois que le poids des normes...

5:17
Invité

Il faut lâcher une partie ? Pardon ? Il faut lâcher une partie, vous dites, c'est contradictoire. Alors, il faut abandonner l'environnemental pour la production, ou l'inverse ?

5:24
Véronique Louwagie

Je pense qu'il faut s'engager dans un dispositif de débureaucratisation, rentrer dans une société plus de confiance plutôt que de contrôle. Mais il faut continuer à protéger.

5:32
Invité

On est déjà sur le contrôle unique, c'est ce qu'a annoncé le gouvernement.

5:35
Véronique Louwagie

Voilà, donc ça, je crois que c'est très bien. Ça va faciliter la tâche et la vie des agriculteurs. Et ça, ça me paraît important. Et il faut répondre aussi à la transmission des exploitations agricoles. Est-ce qu'on a un vrai sujet dans ce domaine ?

5:47
Présentateur

Autre sujet dans l'actualité, Véronique Louvagie, la grève à la SNCF avec déjà le spectre de celle de Noël à partir du 11 décembre. Mais il y en a une avant cela, dès la semaine prochaine. Jean-Pierre Farandou estime ce matin dans la tribune dimanche qu'elle est évitable. Et il appelle les cheminots à prendre leurs responsabilités. Est-ce que vous faites partie déjà de celles et de ceux qui disent qu'il faut mieux encadrer le droit de grève ?

6:11
Véronique Louwagie

Écoutez, c'est vrai que quand on entend cette grève à venir au niveau de la SNCF, tout le monde se rappelle ce qui s'est passé en 2022 avec une situation difficile pour un certain nombre de familles qui voulaient passer Noël avec les parents, avec les frères et sœurs, avec les enfants, d'autres qui voulaient partir en vacances. Je pense qu'à un moment donné, on ne peut pas prendre en otage de cette manière-là les Français. Et les cheminots, c'est important. En revanche, le droit de grève, il existe. Mais là, l'activer à la veille de Noël, alors que cette question du démantèlement...

6:43
Présentateur

C'est important, mais est-ce que ça peut être interdit par une loi ? C'est ce que certains proposent, Eric Ciotte, par exemple.

6:48
Véronique Louwagie

Oui, je pense qu'à un moment donné, on ne peut pas laisser comme ça prendre en otage les Français. Et ça se renouvelle, donc ça n'est pas possible. Donc probablement que si effectivement, à un moment donné, les personnes ne sont pas, je dirais, en responsabilité, parce que ces personnes ont des revendications, je n'ai pas de soucis, mais ça doit se limiter dans un enjeu SNCF. Et les Français ne doivent pas être pris en otage. Donc si les salariés ne peuvent pas prendre, ou les organisations syndicales, leur responsabilité, oui, il faudra probablement l'encadrer.

7:14
Invité

Vous dites que les Français veulent pouvoir passer Noël en famille. Eux, ils vous diront, on aurait voulu passer l'été avec notre famille. Il y avait les JO, il y a eu les sabotages. On est quand même restés sur le front. Oui, tout à fait. C'est ces professions-là qui réclament des hausses de salaire.

7:30
Véronique Louwagie

Oui, mais je crois qu'il n'y a pas que les personnes qui travaillent à l'SNCF qui sont restées sur le front pour les JO. Oui, puisqu'on parle d'eux. Il y en a d'autres. Mais aujourd'hui, à un moment donné, d'ailleurs, où le gouvernement veut mettre en avant tout le ferroviaire, dans le cadre de l'écologie, de l'environnement. Donc c'est quand même difficile à entendre de la part des Français. On dit essayer de ne pas prendre la voiture, de favoriser le ferroviaire. Et de l'autre côté, on met un certain nombre de difficultés. Donc il faut aussi trouver, je dirais, temporiser et faire en sorte que le ferroviaire soit accessible à tous et quand les Français en ont envie.

8:08
Présentateur

Vous restez avec nous, bien sûr, Véronique Louvagie. On va se retrouver juste après le fil info de 9h moins 20 avec Marine Klet.

8:16
Invité

Emmanuel Macron est à Buenos Aires aujourd'hui. Il va rendre un hommage aux victimes, notamment françaises, de la dictature militaire argentine. Célébration alors que le président du pays, Milley, est accusé de révisionnisme. Le chef de l'État français a entamé hier son plus long déplacement depuis 2017. Six jours en Amérique latine au programme, notamment le G20, demain et mardi. Joe Biden, lui, est en visite historique en Amazonie. C'est la toute première fois qu'un président américain en exercice s'y rend. Déplacement là encore symbolique avant le retour de Trump à la Maison-Blanche.

Et alors que le républicain continue de composer son futur gouvernement, dernière annonce en date, le climato-sceptique Christ Wright au poste de secrétaire à l'Energie. Denise Holsten, l'une des toutes dernières escapées françaises d'Auschwitz, est morte hier à l'âge de 97 ans. Elle avait été déportée en 1944 alors qu'elle avait 17 ans, passeuse de mémoire depuis plus de 30 ans maintenant. Elle intervenait régulièrement dans les écoles ou les collèges et accompagnait des voyages au sein d'anciens camps de concentration. Et puis en Stade de France, enflammé hier soir, les rugbymen français ont battu les All Blacks. Victoire renversante, 30 à 29.

Les Bleus signent une troisième victoire d'affilée face à la Nouvelle-Zélande. Performance que le 15 de France n'avait accomplie qu'une seule fois dans son histoire et c'était il y a 30 ans. France Info.

9:37
Présentateur

Le 8.30 France Info, Bérangère Bonte, Adrien Beck.

9:41
Invité

Ce matin, Véronique Lovagy, députée Les Républicains, droite républicaine de Londres, vice-présidente de la Commission des Finances. Vous êtes experte comptable de métier et tellement associée d'ailleurs au débat budgétaire que le groupe LR a parfois été sénormé, groupe VL. Oui, c'est vrai. C'est vrai ? C'est encore le cas d'ailleurs maintenant que vous vous appelez DR, droite républicaine ?

9:58
Véronique Louwagie

Voilà. Oui, écoutez, effectivement, je me suis retrouvée quelquefois seule dans l'hémicycle. Mais il faut dire que sur un certain nombre de séances en matière budgétaire, il n'y a quelquefois pas beaucoup de députés. Effectivement, on m'a indiqué groupe VL.

10:14
Présentateur

Vous vous êtes retrouvée seule. Certains dans l'opposition disent que les troupes de Michel Barnier ont saboté les débats en n'étant pas là. Vous dites vous-même que vous avez été seule.

10:22
Véronique Louwagie

Non. Alors, ça n'est pas tellement différent cette année que de ce que nous avons pu vivre sur les deux années précédentes. En revanche, c'est vrai que les débats ont duré un certain temps, quasiment un mois, de manière assez lourde, assez engageante. Et effectivement, tout le monde n'a pas suivi de la même manière. Après, il y a eu une démobilisation, c'est vrai, du ce qu'on appelle le socle central. Parce que derrière, nous savons qu'il y aura un 49-3. Donc, si vous voulez, le fait qu'il y ait un 49-3, vous avez le sentiment... Vous le savez déjà, c'est acquis. Oui, ça sera acquis, d'ailleurs. Pourquoi poursuivre les débats dans ce cas ? Parce que vous avez raison.

10:59
Invité

Alors, moi, je crois que c'est toujours... Et il n'y a pas que le socle commun qui s'interroge. Les gens qui nous écoutent se disent, mais à quoi ça sert si c'est la fin ?

11:05
Véronique Louwagie

Alors, vous avez toujours intérêt, de toute façon, de pousser vos idées, pousser vos propositions. Parce qu'à un moment donné, elles finissent par atteindre l'opinion publique. Et je crois que nous sommes aujourd'hui les représentants des citoyens. Quand vous êtes député, finalement, vous n'êtes que le représentant des habitants de votre territoire et de la nation. Donc, pousser vos idées, ça me paraît très important. Essayez de faire adopter des amendements, même si derrière, vous savez qu'ils ne poursuivront peut-être pas le chemin final.

11:28
Invité

Et ce qui ressort de tous ceux qui ont poussé leurs amendements, c'est que ça a augmenté sensiblement la pression fiscale et qu'on est dans une assemblée de gauche, non ?

11:38
Véronique Louwagie

Alors, tout à fait, vous avez raison. C'est la raison pour laquelle le volet recette n'a pas été adopté. Nous avons voté du côté des députés du socle commun contre le volet recette.

11:48
Invité

Mais amendement après amendement, c'est une assemblée de gauche. Est-ce que vous êtes d'accord sur le constat ?

11:53
Véronique Louwagie

Non, pas tout à fait. Parce que si ces amendements ont été adoptés, quand vous voyez, je dirais, la répartition aujourd'hui des députés dans l'hémicycle, c'est parce que le Rassemblement national, le plus souvent, a voté les amendements du Nouveau Front populaire.

12:04
Présentateur

Mais n'a pas voté la copie finale.

12:05
Véronique Louwagie

Sur un certain nombre d'augmentations d'impôts, qu'il s'agisse des ménages.

12:08
Invité

Mais les majorités se faisaient autour des amendements, pardon, mais de...

12:11
Véronique Louwagie

Alors, effectivement, vous avez raison. C'était des amendements du Nouveau Front populaire qui étaient votés avec le Rassemblement national. Et ça, il faut le dire de manière très forte où on retrouve finalement des orientations identiques en matière d'impôts qui pèsent sur les ménages et les entreprises entre le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire.

12:27
Présentateur

Une chose est acquise, en tout cas, Véronique Lovagy et Michel Barnier l'ont annoncé ces derniers jours au département pour leur permettre de retrouver un peu d'air financier. C'est la hausse des frais de mutation. Alors, tout le monde ne sait pas ce que c'est, mais très concrètement, ce sont donc les frais de notaire quand on achète un bien immobilier. Est-ce qu'il n'y a pas meilleure manière d'enrayer un marché qui peine déjà à se relever ?

12:48
Véronique Louwagie

Alors, écoutez, au niveau des départements, aujourd'hui, il y a une difficulté. C'est que les départements n'ont plus d'autonomie fiscale et financière, puisque tout ce qui concernait la taxe foncière qui, auparavant, leur était dévolue, maintenant ne revient plus au niveau des départements. Donc, les départements sont en difficulté. Et aujourd'hui, elles ont, par ailleurs, un certain nombre de dépenses contraintes en matière de sphère sociale. Il ne s'agit pas de nier les difficultés des départements.

13:07
Présentateur

Il ne s'agit aussi de ne pas nier non plus peut-être les difficultés de certains Français qui veulent accéder à la propriété.

13:10
Véronique Louwagie

Michel Barnier a voulu redonner de l'autonomie financière au département, à charge pour les départements, d'augmenter, d'aller vers ce plafond. Ce qui n'est pas obligatoire, puisque finalement, la loi de finances va permettre aux départements d'augmenter le plafond des droits de mutation à titre onéreux. Mais les départements pourront ne pas le faire.

13:27
Présentateur

Mais donc, il faut assumer que certains Français ne puissent pas devenir propriétaires. À cause, quelquefois, ça se joue à quelques milliers d'euros près.

13:35
Véronique Louwagie

Oui, je ne pense pas, en l'occurrence, que ce soit ce petit montant qui va être un décalage. Certes, c'est une charge supplémentaire. Et moi, je le regrette. Je ne suis pas favorable aux augmentations d'impôts. Mais ça n'est pas non plus une augmentation d'impôts annuelle au niveau des Français. C'est à un moment donné de leur vie. Mais effectivement, c'est dommageable. À un moment donné, il faut être très vigilant. Parce que l'immobilier se porte mal. Le logement se porte mal. Et nous avons de moins en moins de primo-accédants. Or, il faut bien prendre en compte qu'un certain nombre de Français, aujourd'hui, souhaitent... C'est dommageable.

14:02
Présentateur

Mais vous êtes pour ou vous êtes contre ? Je ne sais pas...

14:03
Véronique Louwagie

Moi, je pense qu'il faut donner beaucoup de liberté aux collectivités. Donc, je suis plutôt favorable. Voilà. De donner de la liberté aux collectivités. À charge, pour les départements, de se saisir de cette augmentation de plafond. Moi, je suis moi-même présidente de la commission des finances du département de l'Orne. Je ne sais pas si nous irons sur ce plafond-là. Nous allons le travailler ensemble. Mais en tout cas, les départements pourront le faire. Moi, je crois que le gouvernement doit donner beaucoup de latitude aux collectivités.

14:28
Invité

Eh bien, Gérard Larcher, le président du Sénat, républicain comme vous, remet un coup de pression sur le gouvernement. Dans le JDD ce matin, il dit pas plus de 2 milliards d'efforts au lieu des 5 prévus. Il a raison ? Il en manquera 3.

14:39
Véronique Louwagie

Il en manquera 3. Après, moi, je suis tout à fait favorable à la démarche qu'a engagée Michel Barnier. Nous avons une situation budgétaire fortement dégradée, avec un déficit en 2024 de 6,1 points de guibre.

14:50
Invité

Donc, Gérard Larcher n'est pas forcément bienvenue avec son souhait.

14:52
Véronique Louwagie

Si en 2025, rien n'est fait, ça serait 7% de points de PIB, c'est énorme. Michel Barnier veut rester à 5% et il doit, nous devons faire en sorte que la France reste à 5% de points de PIB. Donc, si le Sénat veut diminuer, je dirais, l'effort financier des collectivités, il faudra retrouver 3 milliards d'euros. Donc, à un moment donné, si vous voulez, ce sont ou les ménages, ou les entreprises, ou les collectivités. Après, il faut s'engager dans une diminution des dépenses. En tout cas, moi, c'est ce que je prône. Nous avons des dépenses publiques très, très lourdes en France.

15:21
Présentateur

Mais c'est 3 milliards qui va manquer, vous allez les trouver où ? C'est d'autres collectivités qui vont contribuer ou ça se trouve ailleurs ?

15:27
Véronique Louwagie

D'après ce que j'ai compris, Gérard Larcher, le président, voudrait diminuer, je dirais, l'effort des collectivités. Donc, ça veut dire qu'il faut retrouver 3 milliards ailleurs. Donc, j'espère qu'on pourra les trouver sur les dépenses publiques. Mais ce qui est très difficile, c'est trouver 3 milliards en quelques mois. Parce que même si vous modifiez des politiques publiques, vous n'avez pas un effet immédiat.

15:46
Présentateur

On a plutôt l'impression qu'il se trouve sur les impôts, souvent, ces milliards, plus que sur des belles dépenses.

15:50
Véronique Louwagie

Il faut qu'on sorte de cette logique à chaque fois qu'il y a une difficulté de trouver un nouvel impôt.

15:56
Présentateur

Merci à vous, Véronique Louvagie, députée de l'Or, membre, bien sûr, de la Commission des finances, députée de la droite républicaine. Et merci, Bérangère Bonte.

L'accord UE-Mercosur provoque la colère des agriculteurs... Le "8h30 franceinfo" de Véronique Louwagie — Véronique Louwagie · Pourquijevote