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Podcast / conversationThinkerview· 11 décembre 2023 140 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

Guillaume Bigot : Trahison des chefs, où va la France ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 16 %Attaque 54 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?

  • 0:49OuverteRéponse partielle

    J'ai vu sur vos antécédents que vous aviez un passé de militaire.

  • 0:58OuverteÉludée

    Vous étiez dans les services d'enseignement ?

  • 1:14OuverteRéponse directe

    On a décidé de vous faire venir aujourd'hui pour discuter d'écoles de commerce, de journalisme, de prospectives, de tout un tas de sujets arides, peut-être de CNews et peut-être d'autres choses, des Orwelliens et j'en passais des meilleurs.

  • 1:32OuverteRéponse directe

    École de commerce, est-ce que c'est encore une... Ce n'est pas un peu d'une vacuité pas possible, un manque de prisme de lecture dans un système qui n'a plus besoin d'eux ? Comment ça se passe ?

  • 8:21OuverteRéponse partielle

    Dans votre bouquin, « Toute l'histoire du monde », vous avez prophétisé quoi ? Le 11 septembre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26InvitéFait
    « Je suis né le 14 novembre 1969 à Paris. »
  • 0:42InvitéFait
    « Je suis à présent chroniqueur, éditorialiste sur CNews et sur Sunradio. »
  • 2:04InvitéFait
    « Qui s'appelait la Fondation Marc Bloch. »
  • 2:13InvitéFait
    « Un historien remarquable, école des annales, etc., mais aussi quelqu'un qui était, pendant la Seconde Guerre mondiale, au début, pendant la drôle de guerre, qui était affecté à l'approvisionnement aux essences et qui, ensuite, a constaté de visu, et de très près, l'enchaînement de la catastrophe et qui a livré une analyse au scalpel qui s'appelle une étrange défaite. »
  • 4:37InvitéFait
    « J'ai fait un petit bouquin sur les écoles de commerce qui s'appelle La trahison des chefs chez Fayard. »
  • 4:49InvitéFait
    « Il y a un ingénieur du côté de Saint-Étienne, des mines, l'école des mines de la fin du 19e, début du 20e siècle, qui fait un bouquin assez fondateur et qui pose en fait les bases de ce qui va devenir le management contemporain qui va être ensuite repris, transformé, avec différentes étapes. »
  • 8:46InvitéChiffre
    « On a dû traduire ça dans 11 langues. C'est vendu à plus de 200 000 exemplaires. »
  • 10:01InvitéFait
    « La guerre de haute intensité tôt ou tard sera de retour parce que la guerre est dans les gènes de l'être humain, parce qu'il y a une pulsion agressive dans l'être humain et parce que la difficulté de l'être humain c'est vivre sur un territoire en groupe et se mettre d'accord sur la définition du juste et de l'injuste. »
  • 12:42InvitéFait
    « Raymond Aron, dans un article intéressant vers la fin des années 70, dit effectivement, la détention, la guerre de contrôle de territoire n'a plus tellement de sens après l'ère industrielle, sauf évidemment à pouvoir mettre la main, faire main basse sur des ressources limitées dont on peut tirer une rente, comme évidemment les matières premières. »
  • 13:55InvitéFait
    « Il y a un bouquin célèbre d'un anglais, Norman Engel, en 1912-1913, qui dit mais l'Allemagne, l'Empire allemand à l'époque et la Grande-Bretagne, le Royaume-Uni ont tellement d'intérêts croisés, capitalistiques, financiers, etc., que la guerre est impensable entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne. »
  • 16:49InvitéFait
    « Les Américains ont préféré se souvenir de Lafayette, c'est moins humiliant pour eux puisqu'ils ont l'impression qu'ils se sont libérés tout seuls de la tutelle anglaise. »
  • 18:55InvitéFait
    « Le service de renseignement du Pakistan qui est bien connu, l'ISIS, Internet Secret Intelligence qui est, en réalité, dont le surnom est le secret, le soldat secret de l'islam. »
  • 19:11InvitéFait
    « Les CIA, les États-Unis vont se venger du Vietnam. Le Vietnam où les GIs américains ont été tués, certes par des Vietnamiens, mais avec l'aide logistique du KGB. »
  • 26:11InvitéFait
    « C'est le publicitaire en question c'est Jacques Seguéla et Jacques Seguéla Mitterrand dit à Jacques Seguéla mais vous plaisantez je suis secrétaire général du parti socialiste il est hors de question que je monte dans une voiture de sport une voiture de luxe alors. »
  • 27:24InvitéFait
    « There is no such thing as society comme disait Margaret Thatcher »
  • 29:23InvitéFait
    « vous pouvez croiser des gens qui ne sont rien »
  • 29:38InvitéFait
    « il est en train de scier consciencieusement la branche sur laquelle il est assis »
  • 30:01InvitéFait
    « le cœur de l'Europe c'est l'économie »
  • 32:10InvitéFait
    « Poutine a quasiment emporté la partie »
  • 32:24InvitéFait
    « les américains commencent à dire qu'ils n'ont plus tellement d'armes à leur donner »
  • 34:48InvitéChiffre
    « l'endettement français s'est accru rapidement »
  • 35:17InvitéFait
    « tous les pays de la zone euro sont dans la mouise »
  • 36:49InvitéFait
    « l'état c'est James Bond, il est license to kill »
  • 37:12InvitéFait
    « le monopole de la violence légitime »
  • 37:36InvitéFait
    « le seul argent dont dispose l'Union Européenne c'est l'argent que les états veulent bien lui donner »
  • 44:36InvitéFait
    « ils vont ouvrir les marchés financiers »
  • 56:18PrésentateurFait
    « le peuple n'a pas encore compris que faire de la cavalerie budgétaire avec un état on le paye dans 10-15 ans avec réduction des services publics »
  • 56:30PrésentateurFait
    « économiquement parlant on a un collier étrangleur de ceux qui détiennent notre dette ou ceux qui veulent nous faire chanter »
  • 1:01:37InvitéChiffre
    « 120 attaques au couteau par jour »
  • 1:01:42InvitéFait
    « c'est une donnée de 2017 »
  • 1:13:45InvitéFait
    « ces flux migratoires c'est le complément de la libre circulation du capital ou des marchandises »
  • 1:14:28InvitéFait
    « ce que l'Europe pratique à l'intérieur de l'Europe avec les travailleurs détachés il le pratique aussi à l'extérieur »
  • 1:16:48InvitéChiffre
    « la Tunisie c'est un pays qui fait 1,9 enfant par femme »
  • 1:18:18InvitéChiffre
    « si on retire l'effet de l'immigration je crois qu'on est à 1,67 »
  • 1:18:45InvitéChiffre
    « en Tunisie il y a moins de 2 enfants par femme »
  • 1:20:04InvitéFait
    « la Turquie et même maintenant le Maroc ont compris qu'il y a un chantage migratoire qui peut facilement être exercé par ces pays »
  • 1:21:20InvitéFait
    « si ton économie est au plein emploi tu n'as pas de chômage du tout »
  • 1:23:29InvitéFait
    « la colonisation c'est pas l'invention de l'Occident »
  • 1:23:45InvitéFait
    « l'esclavage c'est pas l'invention de l'Occident »
  • 1:33:32InvitéFait
    « on s'est fait un peu peur avec cette démondialisation »
  • 1:35:52InvitéFait
    « la Russie va pas passer l'éponge ou tourner la page »
  • 1:40:56InvitéFait
    « la France n'est pas terminée, n'est pas finie »
  • 1:52:16InvitéFait
    « le propos de Michel Onfray avec la revue de Front Populaire c'était de rassembler les souverainistes de gauche de droite du centre des extrêmes de nulle part et d'ailleurs »
  • 1:52:55InvitéFait
    « la souveraineté c'est normalement un bien commun »
  • 1:53:13InvitéFait
    « la souveraineté c'est le synonyme de démocratie »
  • 1:54:44InvitéFait
    « le courant des européistes cette idée de vouloir fabriquer une sorte d'état européen c'est précisément de porter atteinte à la souveraineté nationale et populaire »
  • 1:56:17PrésentateurChiffre
    « les 20% les plus riches de la planète monopolisent plus de 94% des richesses du monde »
  • 1:58:52InvitéFait
    « le capitalisme ne veut plus de risque concentre des revenus et veut jouer à risque version économique à l'échelle planétaire au détriment des classes moyennes »
  • 2:00:31InvitéFait
    « ils sont absolument interchangeables »
  • 2:06:00InvitéFait
    « cette horreur absolue du 7 octobre c'est quelque chose qui a été pensé méticuleusement pensé méticuleusement exécuté »
  • 2:07:56InvitéFait
    « les juifs préfèrent désormais et préfèreront à l'avenir les reproches aux condoléances »
  • 2:08:58InvitéFait
    « ce que vous avez fait est incroyable vous avez réussi d'abord vous avez bâti un état à la sueur de votre front »
  • 2:13:55InvitéFait
    « est-ce qui se passe si on attaque sous couvert de SOS racisme de retour aux origines de valoriser les origines des immigrés »

Temps de parole

  • Invité84 %
  • Présentateur16 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:17
Présentateur

Guillaume Bigot, bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Syncurview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?

0:25
Invité

Je le peux. Guillaume Bigot, je suis né le 14 novembre 1969 à Paris. Et après une vingtaine d'années dans l'enseignement supérieur, où j'ai donné des cours et dirigé surtout des écoles de commerce, je suis à présent chroniqueur, éditorialiste sur CNews et sur Sunradio.

0:49
Présentateur

J'ai vu sur vos antécédents que vous aviez un passé de militaire.

0:55
Invité

Dans ma génération, on a fait son service militaire.

0:58
Présentateur

Vous étiez dans les services d'enseignement ?

1:00
Invité

Non, je n'ai pas commenté ça. Je pense que c'est un...

1:04
Présentateur

C'est la DRM ?

1:06
Invité

Je ne sais pas de... Ça commence bien. C'est le besoin d'en connaître. Mais je pense que vous connaissez ce concept du besoin d'en connaître.

1:12
Présentateur

Tout à fait. Là où nécessité fait loi. On a décidé de vous faire venir aujourd'hui pour discuter un petit peu d'écoles de commerce, de journalisme, de prospectives, de tout un tas de sujets arides, peut-être de CNews et peut-être d'autres choses, des Orwelliens et j'en passais des meilleurs. École de commerce, est-ce que c'est encore une... Ce n'est pas un peu d'une vacuité pas possible, un manque de prisme de lecture dans un système qui n'a plus besoin d'eux ? Comment ça se passe ?

1:46
Invité

Alors, c'est intéressant. D'abord, rien ne me prédisposait à travailler dans les écoles de commerce. Ce n'est pas ce que j'avais prévu de faire dans la vie. Et j'y ai été entraîné. J'appartenais à ce qu'on appelle aujourd'hui un think tank, un groupe de réflexion, qui s'appelait la Fondation Marc Bloch. Alors, ça date, c'est très ancien.

2:07
Présentateur

Marc Bloch, pour ceux qui ne savaient pas, qui ne savent pas.

2:09
Invité

Un historien remarquable, école des annales, etc., mais aussi quelqu'un qui était, pendant la Seconde Guerre mondiale, au début, pendant la drôle de guerre, qui était affecté à l'approvisionnement aux essences et qui, ensuite, a constaté de visu, et de très près, l'enchaînement de la catastrophe et qui a livré une analyse au scalpel qui s'appelle une étrange défaite. Et c'est la raison pour laquelle on avait récupéré le nom Marc Bloch. C'était une sorte de bande de souverainistes, de droite, de gauche. Enfin, il y avait Henri Guéno. Je pense que Todd peut-être était dans le coup à ce moment-là, qu'il ne m'en veuille pas s'il n'était pas dans le coup. Régis Debré, enfin, Elisabeth Lévy.

Enfin, voilà, moi, j'étais un gamin là-dedans. Et j'y ai rencontré quelqu'un qui va devenir mon co-auteur, enfin, qui est devenu mon co-auteur, qui s'appelle Jean-Claude Barraud, qui a eu de multiples vies, que je considère quasiment comme un maître. Quelqu'un qui a fondé les éditions Stock, qui a été dans la diplomatie, qui a été dans l'entourage de François Mitterrand, et qui a fait beaucoup de bouquins. Et on fera ensemble deux livres, Toute l'histoire du monde chez Fayard, et Toute la géographie du monde.

Et en fait, comme il travaillait avec Charles Pasqua, et que Charles Pasqua avait créé, dans le département des Hauts-de-Seine, ce qu'il a intitulé le pôle universitaire Léonard de Vinci, qui se composait en fait de trois écoles. Une école de management, une école de commerce, on va y revenir, une école de multimédia et une école d'ingénieurs, et qu'il y donnait des cours, ce Jean-Claude Barraud. Il m'a dit, mais viens donner des cours dans cette école.

Et en fait, on a commencé un cours qui ressemble quand même à l'ascension de l'Everest en Tongue, c'est-à-dire raconter à des élèves qui sortaient du bac, en école d'ingénieurs, en école de commerce, leur raconter toute l'histoire du monde pour réhabiliter la chronologie, pour réhabiliter les batailles, enfin faire d'une sorte de malaïsac. Et de ce cours va sortir ce livre. Et en fait, les écoles de commerce, c'est un sujet absolument passionnant parce que c'est le point d'observation, à mon avis, de la transformation de ce qu'on pourrait appeler l'art du gouvernement, du bon gouvernement, en gouvernance, en management. Et en fait, la matrice, elle est là.

Le paradigme, il est téléchargé dans les écoles de commerce. Bien sûr, il est téléchargé aux Etats-Unis. Alors, j'ai fait un petit bouquin sur les écoles de commerce qui s'appelle La trahison des chefs chez Fayard. Et en fait, d'abord, ça commence par un paradoxe, c'est que ce modèle totalement anglo-saxon, à l'origine, il est français. Il y a un ingénieur du côté de Saint-Étienne, des mines, l'école des mines de la fin du 19e, début du 20e siècle, qui fait un bouquin assez fondateur et qui pose en fait les bases de ce qui va devenir le management contemporain qui va être ensuite repris, transformé, avec différentes étapes.

On va rentrer dans toutes les étapes et dans tous les détails, mais ça va se transformer et ça va se solidifier. Et juste pour que les gens qui nous regardent comprennent, dans les écoles de commerce, qu'est-ce qu'on y apprend ? On y apprend un certain nombre d'outillages, un outillage en fait assez technique. La comptabilité en partie double, le marketing, les ressources humaines, le droit du travail, etc. Bon. Chacun de ces outils n'est pas dépourvu d'intérêt.

Le problème, c'est que ça se réifie en une sorte de modèle, en une sorte de paradigme, qui fait qu'en réalité, on va, en appliquant ces modèles, à mon avis, faire exactement, exactement, tout ce qu'il ne faut pas faire pour diriger les hommes. Tout ce que, de manière intuitive, de manière, on dirait, instinctive, l'être humain a fait depuis les premières parties de chasse du néolithique jusque dans les années 70 pour diriger des groupes humains. Et quand je dis des groupes humains, c'est tous les groupes humains. Vous soyez patron d'un bureau de poste ou vous soyez président d'une association à la tête d'un État ou à la tête d'une multinationale.

Diriger des hommes, ça a toujours été, à peu près, ce qu'on pourrait appeler l'art du bon gouvernement. L'art du bon gouvernement, qu'est-ce que c'est ? C'est encourager les gens, c'est connaître les gens, c'est s'intéresser à ses collaborateurs, c'est déléguer un maximum parce qu'un dirigeant sait qu'il ne peut pas tout faire par lui-même, mais c'est aussi diriger au nom d'un bien commun, au nom d'un intérêt général. Et ça, il n'y a pas besoin de le théoriser, il n'y a pas besoin d'avoir lui Machiavel ou Platon pour le savoir et pour le sentir.

Eh bien ça, le paradigme du management, le paradigme des écoles de commerce qui est enseigné en école de commerce, c'est un acide qui est destiné à dissoudre cette idée d'intérêt général de sorte qu'on apprend aux dirigeants que diriger, ce n'est plus un art et Bonaparte dit le commandement, virgule, c'est un art simple et tout d'exécution et ça, c'est encore une fois ce qui correspond à un art et ce qui correspond à ce qui avait toujours été fait pour diriger des groupes humains.

Eh bien, le management va remplacer ça par une science, plus un art, une science avec un certain nombre d'outils, de méthodologies qui va permettre en fait d'optimiser sous contrainte dans l'intérêt de celui qui dirige, c'est-à-dire que celui qui dirige ne va plus diriger au nom d'un intérêt commun et au nom d'un intérêt général, il va diriger dans son intérêt. Donc, ça va être un art tout de manipulation, ce n'est même plus un art, c'est une science d'ailleurs et ça va être quelque chose qui s'est répandu d'abord dans les grandes entreprises et ensuite qui s'est répandu maintenant à la tête de l'État.

De sorte qu'à la tête de l'État, nous n'avons plus de dirigeants politiques, nous avons des managers. Et ce qui est intéressant, c'est que les bons managers du privé, avant, étaient de bons politiques, entre guillemets. Et à l'inverse, maintenant, les politiques sont de bons managers. Mais le bon manager est quelqu'un qui très habilement arrive à tirer la couverture à lui et à profiter de sa position de pouvoir dans son intérêt propre. Mais ce n'est pas quelqu'un qui fait fructifier un intérêt général puisque par définition, il n'y croit pas. Alors, il faudrait peut-être un peu ouvrir le capot de ce management pour savoir ce qu'il y a à l'intérieur.

8:21
Présentateur

Dans votre bouquin, dans votre livre « Toute l'histoire du monde » Oui. « De la préhistoire à nos jours », vous avez prophétisé quoi ? Le 11 septembre ?

8:32
Invité

Non, pas dans ce livre. Je n'ai rien prophétisé. Mais c'est le premier bouquin que j'ai fait qui s'appelle « Les sept scénarios de l'Apocalypse ». C'est Flammarion. Mais ça, c'est justement le cours qu'on a fait avec Jean-Claude Barraud et qui est devenu quasi un best-seller. Enfin, on a dû traduire ça dans 11 langues. C'est vendu à plus de 200 000 exemplaires. C'était un très gros succès parce que les étudiants nous le disaient déjà en cours. C'est comme si vous aviez allumé la lumière. Vous nous avez rendu une profondeur historique, une mémoire. Puisque finalement... Pardon.

9:01
Présentateur

Sur le premier, comment vous avez fait pour anticiper ou comment vous avez pu imaginer des attentats à Manhattan ?

9:10
Invité

Le mode opératoire, je ne l'ai pas anticipé. Et la ville, bon, parce que c'est un symbole important, c'est surtout Al-Qaïda, la dangerosité de Ben Laden. En fait, ce livre, « Les sept scénarios d'Apocalypse », ce qui est sorti en 2000, donc rédigé en 1999, partait d'un postulat qui est la mondialisation heureuse, c'est une folie. On était dans les dividendes de la paix, on était même dans la guerre sans mort avec des bombes téléguidées qui allaient tuer les gens, tuer les ennemis vivants. Et donc, nous n'avions plus d'ennemis et nous étions protégés par les États-Unis d'Amérique. Et donc, on allait vers un univers dans lequel tous les gars du monde allaient se donner la main.

On ne parlait pas encore de start-up, mais enfin, quoique si, dans les années 2000, on parlait déjà des start-up. Et le livre, « Les sept scénarios d'Apocalypse » vise à attaquer à la racine ce postulat, c'est-à-dire de dire la guerre de haute intensité tôt ou tard sera de retour parce que la guerre est dans les gènes de l'être humain, parce qu'il y a une pulsion agressive dans l'être humain et parce que la difficulté de l'être humain c'est vivre sur un territoire en groupe et se mettre d'accord sur la définition du juste et de l'injuste.

Et ça, à toutes les générations, les êtres humains doivent recommencer à déterminer ce qui est juste et injuste à l'intérieur d'une cité et entre les cités, il y a, entre les modes d'organisation politique, il y a forcément des tensions, il y a des tensions liées à des valeurs qui peuvent être différentes, de définition du juste et de l'injuste qui peuvent être incompatibles, mais bien sûr liées à des questions de matières premières, liées à des questions énergétiques, liées à des toutes sortes de rivalités et même parfois la guerre, souvent, parce que le paradigme de la guerre, ce que j'essaie d'expliquer dans ce scénario de l'Apocalypse, c'est que souvent le paradigme de la guerre, c'est Hitler, enfin c'était Hitler, et d'ailleurs ça reste Hitler avec l'affaire de l'Ukraine et de Poutine, c'est-à-dire on attend d'avoir un ennemi qui soit un ennemi paradigmatique, un ennemi qui veut la guerre en tant que tel, qui estime que la guerre est souhaitable et nécessaire en tant que tel, ce qui est probablement l'idée d'Hitler.

Mais en réalité, la plupart des conflits, et même des conflits très graves, se déclenchent, non pas parce que l'un des protagonistes veut la guerre, mais parce qu'il peut y avoir simplement de la méfiance ou une espèce de théorie des jeux où je ne sais pas si tu vas m'agresser, tu ne sais pas si je vais t'agresser, mais la peur, la tension, on ne sait pas ce que l'autre pense en fait, on ne sait pas ce que l'autre a dans la tête. Et donc...

11:40
Présentateur

On ne sait pas parce qu'on ne fait pas de renseignements, parce qu'on ne connaît pas la langue, parce qu'on n'a pas de diplomate, parce qu'on n'a pas de capteur sur place, parce qu'on ne fait pas un travail de long terme, on ne fait pas de travail en profondeur, on ne sait pas ce que l'autre a dans la tête. Pour moi, c'est un argument qui est caduque. C'est-à-dire que... Parce qu'on ne fait pas l'effort. Comment ? Oui, on ne fait pas l'effort.

12:01
Invité

Mais ça, c'est une partie de la réponse.

12:02
Présentateur

On ne sait pas faire.

12:03
Invité

Non, c'est parce que dans ces années-là, en 2000 en tout cas, et c'est un peu moins vrai aujourd'hui, on a l'impression, c'est la fin de l'histoire, c'est-à-dire, on a l'impression que l'autre, ce qu'il a dans la tête, c'est de vouloir devenir comme soi. Tous les gars du monde veulent devenir des Occidentaux, veulent que leurs supermarchés soient pleins, veulent voir les mêmes séries, etc. Donc, on arrive à la station terminale de l'humanité. Donc, ça va faire tomber les motifs de guerre.

De plus, on a cette impression aussi, ce qui est vrai, que contrôler du territoire, avec la guerre en Ukraine, on revient à des problématiques de matières premières, de contrôle du territoire pour les matières premières. Raymond Aron, dans un article intéressant vers la fin des années 70, dit effectivement, la détention, la guerre de contrôle de territoire n'a plus tellement de sens après l'ère industrielle, sauf évidemment à pouvoir mettre la main, faire main basse sur des ressources limitées dont on peut tirer une rente, comme évidemment les matières premières. Mais sur ces sept scénarios de l'apocalypse, moi, mon idée, elle est très simple.

Elle est de dire, à partir du moment où la conflictualité, c'est une sorte de malédiction humaine dont on ne sortira jamais, on n'est pas condamné à faire la guerre, mais effectivement, c'est l'adage romain « kiwis paquem parabellum » c'est-à-dire qui veut la paix prépare la guerre. À cette condition, on peut installer une dissuasion et on peut rechercher intelligemment un intérêt commun avec ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qui n'ont pas les mêmes intérêts que nous, tout en sachant et tout en craignant que la guerre revienne. Et le paradoxe, c'est quand on craint que la guerre revienne, on peut l'empêcher de survenir.

Si on n'est pas attentif au fait que la guerre peut revenir ou si on se fait croire que les raisons de la guerre disparaissent, on peut être, comme le dit Robert Musil dans « Un homme sans qualité », en 14-18, nous avions été tels des voyageurs de wagon-lit, on a été percutés en pleine nuit. Et c'est ça l'idée, c'est qu'en 14-18, il y a un bouquin célèbre d'un anglais, Norman Engel, en 1912-1913, qui dit mais l'Allemagne, l'Empire allemand à l'époque et la Grande-Bretagne, le Royaume-Uni ont tellement d'intérêts croisés, capitalistiques, financiers, etc., que la guerre est impensable entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne. On est en 1913, on sait ce qui va advenir.

Et donc je prends sept régions du monde, sept conflits qui sont très connus, et tu vas voir, je vais répondre à ta question. Il est question, bien sûr, par exemple, d'Inde, de Pakistan. Il est question de l'Ukraine et de la Russie, déjà, dans ce bouquin. Il est question de Taïwan et de la Chine et des États-Unis, etc., etc. Enfin, je ne vais pas tous les égrener. Et il est question, notamment, d'Al-Qaïda, de Ben Laden, parce que c'est extrêmement, c'est déjà une organisation qui s'est fait connaître depuis 1998 avec des attentats particulièrement bien montés et et le personnage est particulièrement déterminé.

Alors donc, la réponse à cette question, c'est que Ben Laden était déjà connu comme le loup blanc par les gens qui s'intéressaient à ces questions. On savait, on connaissait le profil de ce personnage, on savait qu'il était peut-être pas lui-même aguerri, mais en tout cas, qu'il avait une grande expérience de la logistique, de l'organisation, qu'il avait des moyens financiers importants, etc.

15:12
Présentateur

À l'époque de l'Afghanistan ?

15:13
Invité

À l'époque de l'Afghanistan, bien sûr, et puis il avait le secours. Le Moudjahidine. Ben Laden, pour le resituer, c'est un peu le... C'est un personnage qui est comparable à Lafayette.

15:25
Présentateur

Quoi ? Non mais s'il vous plaît, on ne me compare pas Lafayette à Ben Laden ?

15:29
Invité

Mais si, d'abord, Ben Laden est un personnage épouvantable sur le plan éthique, contrairement à Lafayette, je suis bien d'accord avec vous. Encore, de notre point de vue à nous occidental, du point de vue d'un islamiste, je ne suis pas certain que Ben Laden soit un repoussoir. Et d'ailleurs, c'est quelqu'un dont la notoriété ne cesse d'augmenter.

15:49
Présentateur

Vous buvez Lafayette, premier citoyen d'honneur français aux Etats-Unis.

15:53
Invité

Alors, justement, derrière cette histoire de Lafayette, on nous fait croire que la bataille de Yorktown et l'indépendance des Etats-Unis, ce sont les insurgents, comme on dit, les sujets de sa gracieuse majesté qui ne voulaient plus payer d'impôts sur l'importation des boîtes de thé et qui se sont révoltés et qui ont gagné avec leurs petits bras et leurs petites armes la bataille, la guerre d'indépendance. En réalité, c'est une intervention militaire française, navale et terrestre, massive, dont la tête est le général Rochambeau. Voilà, c'est cette intervention décidée par Louis XVI, c'est la France qui va accoucher des Etats-Unis et d'Amérique.

Donc, effectivement, la France a fait beaucoup de bêtises dans l'histoire. Et le général Lafayette, là-dedans, qu'est-ce qu'il vient faire le héros des Amériques ? Quand George Bush Jr. disait du mal de la France, il disait du mal de la France avec le portrait de Lafayette au-dessus de lui. Mais en fait, les Américains ont préféré se souvenir de Lafayette, c'est moins humiliant pour eux puisqu'ils ont l'impression qu'ils se sont libérés tout seuls de la tutelle anglaise. Alors en fait, c'est une intervention militaire de la France. Et ce Lafayette, c'était un personnage, c'était une personne privée, en fait.

C'est quelqu'un, c'était un fils de famille qui avait de l'argent, qui avait du temps et qui était fasciné par les idées du temps et les idées de l'époque. Et les idées de l'époque, c'était les idées des Lumières, c'était créer une sorte d'utopie républicaine à l'autre bout du monde et gagnée par ces idées qui ne sont pas encore des idées révolutionnaires. On est avant la Révolution. Sur ces deniers personnels, Lafayette va se transporter de l'autre côté de l'Atlantique et faire le coup de feu. Et donc, vous voyez, il y a quand même un parallèle avec Ben Laden. Ben Laden est un fils, c'est le fils Bouygues, en fait. Ce n'est pas le fils Bouygues. Non, ce n'est pas le fils Bouygues.

Allez-y, allez-y, alors.

17:45
Présentateur

Donc, c'est un fils d'une branche de la royauté saoudienne. Continuez.

17:52
Invité

Non, mais c'est surtout une très grande famille, les Ben Laden, d'origine yéménite, de la Dramaut, qui ont fait fortune en Arabie saoudite parce que ce sont un peu les rois du BTP en Arabie saoudite. Donc, ce gars aurait pu se la couler douce à Ibiza et, comme le reste de sa famille, dérouler une vie de playboy très, très argenté, etc. Mais il est gagné par les idées de l'époque. En 79, c'est la révolution islamique en Iran, à Téhéran. Ça va atteindre quand même le monde sunnite. Ben Laden, tout le monde sait que c'est un sunnite. Et il y a une espèce de retour comme ça de la mystique du djihad. Et c'est le moment où l'Union soviétique envahit l'Afghanistan.

Donc, il devient très tendance pour les jeunes afghans, pardon, pour les jeunes saoudiens qui s'ennuient un peu d'aller faire le coup de feu. Alors, beaucoup ne franchissent pas la frontière. Ils sont pris en charge par le grand allié de l'Arabie saoudite, c'est-à-dire le Pakistan. Et avec le service de renseignement du Pakistan qui est bien connu, l'ISIS, Internet Secret Intelligence qui est, en réalité, dont le surnom est le secret, le soldat secret de l'islam. Invisible, enfin, le soldat invisible de l'islam, pardon. ISIS, c'est Invisible Solder of Islam. Et donc, là, on connaît cette histoire. Les CIA, les États-Unis vont se venger du Vietnam.

Le Vietnam où les GIs américains ont été tués, certes par des Vietnamiens, mais avec l'aide logistique du KGB. Et là, la CIA va rendre à l'armée rouge la monnaie de sa pièce, si j'ose dire, en finançant la guérilla afghane qui essaye de chasser les troupes soviétiques qui ont franchi la frontière en 79.

19:36
Présentateur

Donc, merci pour ce petit cours d'histoire, ce petit rafraîchissement. de la connaissance. Oui,

19:44
Invité

tout le monde, tout le monde, c'est ça, je pense.

19:46
Présentateur

Le parallèle avec le fils dans le BTP, c'était un petit peu désuègue, ou même pas du tout.

19:53
Invité

Mais ça permettait de rappeler que c'est la France qui a accouché militairement aux États-Unis.

19:56
Présentateur

Pour revenir à ce qui se passe en ce moment où on voit des querelles intestines, des armées qui se rendent de la pièce ou qui se rendent le coup de gourdin, on va où avec une raréfaction des ressources, des difficultés à maintenir 2200 calories par tête de PIB dans les pays occidentaux, avec des tensions de guerre économique qui n'ont pas été anticipées en France et en Europe. Comment vous voyez la suite de l'histoire d'abord pour l'Europe et ensuite pour la France ?

20:33
Invité

Vous voulez m'entraîner sur un terrain ? Je ne veux pas vous entraîner. Non, non, non, mais la question incite quand même à se poser des questions qui sont des questions, je dirais, matérielles, qui sont des questions aussi pratico-pratiques. Vous avez raison, l'énergie, c'est fondamental.

20:49
Présentateur

Pour résumer très bien, c'est est-ce que l'Europe va se faire dépecer sur l'autel de la mondialisation et la France sera le lambeau de chair pendouillant d'un cadavre mort-vivant ?

21:05
Invité

Alors là, pour répondre à cette question, il faut savoir si la France va rester dans la trajectoire qui a été fixée par sa classe dirigeante depuis à peu près 40 ans. Actes uniques, puis construction Maastricht, puis traité de Lisbonne et édification d'une sorte d'État. Enfin, ce n'est pas un État d'ailleurs, il voudrait que ce soit un État, c'est la déclaration récente de Draghi. Mais enfin, une espèce de saut dans l'inconnu post-démocratique, post-nationale avec une organisation juridico-bureaucratique très molle en fait, qui agrège les États-nations et les démocraties et qui les vide un peu de leur substance pour faire l'Europe. Est-ce que la France va rester là-dedans ?

S'il reste là-dedans, c'est certain que l'euro, qui était déjà la variable d'ajustement du dollar et qui a commis cet exploit absolument insensé d'être à la fois à la merci des Chinois et à la fois à la merci des Américains, plutôt économiquement et commercialement des Chinois et plutôt stratégiquement et militairement des Américains, là, pour le coup, la France et les autres acteurs de cette Union européenne risquent d'être bel et bien dépecés, effectivement. D'autant plus dépecés que la guerre en Ukraine, je vais dire, a abîmé l'acteur le plus solide de ce système européen qu'est l'Allemagne. En fait...

22:36
Présentateur

L'Allemagne, ce n'est pas l'homme malade de l'Europe.

22:38
Invité

L'Allemagne, ça devient l'homme malade de l'Europe. En fait, l'Allemagne, qu'est-ce que c'est que l'Europe ? Il faut revenir peut-être à l'origine, qu'est-ce que c'est que cette idée d'Europe ? Et on va faire la jonction avec le management, on va essayer. Le management, c'est une illusion de vouloir diriger toutes les sociétés humaines et en particulier les États comme on dirige les entreprises. Et c'est de vouloir les diriger sans bien commun, sans intérêt général, sachant que l'idée du bien commun ou d'intérêt général peut varier du tout au tout. Si vous êtes chez Al-Qaïda ou si vous êtes à la tête de la Belgique, vous n'avez pas la même définition du bien commun.

Mais on peut imaginer que pour diriger efficacement, il faut avoir une définition du bien commun. Il faut avoir une stratégie, il faut avoir quelque chose qui va relier les dirigeants aux dirigés. C'est quelque chose qui va permettre d'exercer l'autorité, la fameuse autorité qu'on cherche partout. Qu'est-ce que c'est l'autorité ? C'est quand les dirigeants et les dirigés partagent une même échelle de valeur, se reconnaissent dans les mêmes buts. Ce qui signifie que le dirigeant...

23:45
Présentateur

Dans les mêmes sanctions ?

23:47
Invité

Un minimum, oui. Forcément, même si le diriger a plus de chances ou plus de moyens d'échapper à la sanction. Mais en tout cas, il ne faudra pas trop que ça se voit. Parce qu'un dirigeant censé... Un dirigeant censé... Une anecdote à cet égard pour montrer à quel point la notion d'intérêt général, il ne faut pas la confondre avec le fait d'être sincère ou pas sincère. On s'en fiche que les dirigeants soient sincères ou pas sincères. L'essentiel, c'est qu'ils se sentent obligés. C'est la formule de l'ancien régime « noblesse oblige ». Ça existait avant la noblesse dans les tribus et ça existe bien après la noblesse.

Noblesse oblige toujours parce qu'un dirigeant doit toujours se sentir obligé parce qu'il lui permet d'exercer l'autorité sur les gens qu'il dirige. On m'a raconté que... Et c'est une anecdote je pense exacte que François Mitterrand...

24:35
Présentateur

C'est « je pense » ou « je suis sûr ».

24:37
Invité

Non, je suis sûr quand j'ai vérifié moi-même. Je ne pouvais pas vérifier

24:43
Présentateur

par construction.

24:45
Invité

Si, si, parce que vous allez voir c'est assez éclairant.

24:47
Présentateur

Non mais si c'est éclairant d'un bruit de couloir ça n'éclaira rien du tout.

24:51
Invité

Je ne suis pas d'accord avec vous. Il y a des anecdotes d'ailleurs qui mériteraient un peu comme certaines fleurs fausses sont tellement belles qu'elles sont plus belles que les vraies. Certaines anecdotes même si elles sont fausses sont quand même pleines d'enseignements. Donc là, en l'occurrence on, je ne sais pas si vous vous souvenez mais DSK on l'avait vu dans une voiture de luxe une Porsche quelque chose comme ça. Il voulait a priori se présenter au nom de la gauche. François Mitterrand on sait que c'est un homme qui aimait vivre qui aimait les belles choses les belles femmes etc. Les femmes ne sont pas des choses. J'ai dit les belles choses et les belles femmes.

Bien sûr ce ne sont pas des choses. Comment avez-vous pensé une chose pareille ?

25:31
Présentateur

Je n'ai pas entendu votre ponctuation c'est pour ça.

25:34
Invité

Très bien je vais essayer de rendre audibles mes virgules. François Mitterrand secrétaire général du parti socialiste qui ne s'était pas encore présenté à la présidence de la République secrétaire général du PS donc parti de gauche à l'époque un vrai parti même de masse mais très à gauche on lui propose un grand publicitaire qui est encore connu qui parle beaucoup de gens qui ont réussi ou pas leur vie en ayant des Rolex avant 50 ans lui propose de le raccompagner chez lui au volant d'un véhicule de luxe.

26:03
Présentateur

C'est votre anecdote c'est ça ce qu'on vous a rapporté ? Et Mitterrand dit évidemment qui vous a rapporté ça ?

26:09
Invité

Qui m'a rapporté ça ? C'est le publicitaire en question c'est Jacques Seguéla et Jacques Seguéla Mitterrand dit à Jacques Seguéla mais vous plaisantez je suis secrétaire général du parti socialiste il est hors de question que je monte dans une voiture de sport une voiture de luxe alors c'est pas on voit bien que François Mitterrand c'est quelqu'un qui pouvait jouer avec les règles qui était tout à fait cynique on l'appelait le florentin etc.

c'est pas une affaire c'est pas du tout une affaire de je dirais de sincérité mais il se sentait obligé par sa charge il n'était pas encore président de la république mais il incarnait un parti de gauche donc pour lui c'était incompatible de faire ça je mettrais plus de noms

26:50
Présentateur

donc l'intérêt général oblige je dirais qu'il ne se sentait pas obligé je pense qu'il était calculateur mais c'est la même chose d'accord

26:56
Invité

c'est la même chose sauf qu'aujourd'hui fort des enseignements tirés des écoles de commerce ou du paradigme des écoles de commerce c'est à dire l'illusion suivant laquelle on peut gouverner en son nom propre et dans son intérêt propre parce qu'en fait toute idée du bien commun de l'intérêt général a été dissoute a été dissoute à la fois par le modèle du marché offre et demande du modèle disons néoclassique modèle d'économie pur et parfait qui explique qu'il n'y a rien there is no such thing as society comme disait Margaret Thatcher

27:28
Présentateur

en français

27:28
Invité

la société n'existe pas il n'existe que des intérêts individuels ça c'est la dimension disons un peu de droite un peu néoclassique un peu libérale et de l'autre côté vous avez le même acide qui va attaquer la notion d'intérêt général qui vient plutôt de la déconstruction de la gauche de toutes ces pensées des années des années 70 qui maintenant nous reviennent un peu en boomerang sous forme de wokisme et qui attaque l'idée que quelque chose de plus grand que l'individu que l'individu ne peut pas se suffire à lui-même qu'il ne peut pas trouver en lui-même sa propre fin il s'inscrit dans une société qu'il dépasse il s'inscrit dans un bien commun qu'il dépasse et ça si on parle comme les psychanalystes on appellera ça le surmoi et donc le modèle d'économie pure et parfait comme on peut dire la déconstruction de la philosophie des années 70 ça va attaquer du côté droit et du côté gauche cette idée de surmoi de sorte qu'il n'y a plus que l'individu de sorte qu'il n'y a plus que le moi et donc on n'a plus que des dirigeants qui ne croient pas dans l'intérêt général ou pensent que l'intérêt général c'est un pur prétexte c'est quelque chose qui ne les oblige en rien et qu'ils vont pouvoir gouverner au nom de l'individu alors il y a donc un miroir entre le fait qu'eux dirigent dans leur intérêt et le fait qu'ils proposent comme modèle d'organisation de la société une société dans laquelle il n'y a rien au-dessus que de l'individu et qui permettent aux individus de se réaliser eux-mêmes d'aller au bout de leurs rêves au bout de leurs désirs de leurs intérêts voilà et ça explique pourquoi on peut avoir cette formule complètement stupéfiante prononcée par le président de la république vous pouvez aller dans une gare et dans une gare vous pouvez croiser des gens qui ne sont rien là ça veut dire que le masque tombe en fait la vision du président de la république c'est qu'il n'est plus du tout obligé en fait par sa charge par sa fonction après tout qu'il pense ça c'est une chose qu'il le dise il est en train de scier consciencieusement la branche sur laquelle il est assis donc je ne sais pas si ce que je vous raconte est suffisamment clair je pense que c'est l'idée d'intérêt général et de bien commun qui a été attaquée à la racine

29:49
Présentateur

la France l'Europe dans tout ça on va où ? on revient sur l'Europe

29:53
Invité

l'Europe c'est l'idée qu'on peut se passer de la politique et à la place d'une organisation politique on va avoir une organisation économique c'est vraiment ça le point de départ

30:04
Présentateur

est-ce que je peux vous demander de baser votre analyse ou ton analyse d'une façon beaucoup plus terre-à-terre c'est-à-dire plus pragmatique plus fonctionnelle plus opératif c'est-à-dire faire je suis d'accord qu'il faut toujours faire des parallèles avec l'histoire ou se reconnecter à l'histoire pour pouvoir au moins lire le présent et peut-être anticiper l'avenir d'une façon concrète avec la guerre avec les russes où on est un petit peu short et tong en termes d'armement de production d'armement et de capacité à se réveiller oui non on s'est un peu réveillé on était en short on n'a rien anticipé bon passons donc d'une façon plus pragmatique concrètement maintenant qu'est-ce qui nous attend pour les deux prochaines années je vous demande même pas à 5 ans donc pour les deux prochaines années pour l'Europe est-ce qu'il y a une dislocation géopolitique de l'Europe est-ce que ça va être permettez-moi l'expression chacun son cul et Dieu pour tous est-ce que pour la France il va y avoir un système qui va friser entre la main sur le coeur nous sommes drapés dans les dans les standards de la vertu des libertés mais concrètement parlant on va se faire ravager notre économie parce que on n'aura pas pris des mesures proactives pour pouvoir anticiper ce qui se passe en face donc concrètement parlant vous êtes optimiste pas optimiste comment ça va se passer en termes économiques en termes militaires en termes journalistiques en termes d'anticipation les répercussions à 5, 10, 15 ans sur notre système éducatif notre système de soins notre art de vivre à la française les gens passaient des meilleurs et ensuite on passera sur les questions migratoires

31:51
Invité

d'y entre parce que là d'y entre je vous laisse

31:55
Présentateur

un boulevard pour choisir

31:56
Invité

oui mais il faut il faut choisir il faut serrer un peu les problèmes parce que là on part un peu dans toutes les directions

32:01
Présentateur

si vous avez un laser vous pouvez identifier les problèmes je vous écoute

32:04
Invité

d'abord il me semble que Poutine a quasiment emporté la partie c'est difficile il ne faut pas trop s'aventurer là dessus parce qu'il y a eu tellement de morts de part et d'autre qu'à un moment ou un autre le front peut craquer les choses peuvent se renverser mais a priori ça prend cette tournure là a priori à l'heure où on parle les américains commencent à dire qu'ils n'ont plus tellement d'armes à leur donner et qu'ils n'ont plus tellement d'argent à leur donner les élections américaines s'approchent donc je pense que l'affaire est un peu pliée pour Poutine deuxième considérant on aurait pu imaginer du côté de l'Europe parce que le cœur de l'Europe c'est l'économie c'est vraiment le fantasme de transformer enfin de substituer une organisation politique une organisation économique bar trait d'union une organisation juridique le tout étant axé sur l'intérêt individuel pur c'est une économie de marché qui fonctionne dans l'intérêt individuel avec une ouverture à la tolérance à toutes les valeurs et tous les gars du monde viennent et s'installent comme ils sont comme chez McDo et enfin c'est un droit qui garantit si vous voulez les contrats l'individu etc et le gouvernement donc tout ça fait système

33:16
Présentateur

venez comme vous êtes avec le McDo ça n'a rien à voir

33:18
Invité

c'est à dire

33:19
Présentateur

on ne dit pas

33:20
Invité

venez comme vous êtes ah bah je pense que l'idée de l'Europe c'est de de de de de substituer un état à des états-nations de substituer une sorte de zone aéroportuaire de libre-échange de où il y a une sorte de il n'y a pas de taxes et où les gens peuvent circuler librement et ils viennent comme ils sont si

33:41
Présentateur

avec un renforcement de nous sommes l'Europe on a plus de poids économiques donc on peut survivre alors ça c'est ce qui a été vendu alors on peut survivre entre le bloc l'ancien bloc communiste le bloc américain on essaye de survivre en faisant un grand bloc le problème c'est qu'on n'a pas la même langue

34:00
Invité

alors on fait un grand bloc à la condition de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de stratégie stratégique va nous protéger ad vitam d'une part et d'autre part qu'il n'y aura même plus il n'y aura plus de il n'y aura plus de conflits en fait mais surtout à l'intérieur de ce de ce système là on voit que ce qui aurait pu déclencher une crise dans les deux ans à venir sur cette histoire de deux ans relativement court terme c'est qu'il y ait un différentiel parce qu'il y a eu des différentiels très importants de trajectoire économique de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de Et comme l'endettement français s'est accru rapidement finalement je ne dis pas que Poutine a rendu service à l'Europe mais je dis que s'il n'y avait pas eu ce problème gazier et cette inflation importée et c'est vraiment ce qui risque d'être un gros gros choc enfin ce qui est déjà un gros choc économique pour l'Allemagne les les les les sentiers de croissance entre l'Allemagne d'un côté et les autres pays européens se seraient écartés créant une tension qui aurait pu faire effectivement à relativement court terme faire sauter la zone euro maintenant tous les pays de la zone euro sont dans la mouise y compris l'Allemagne y compris l'Allemagne ce qui va peut-être effectivement avoir comme effet de pousser comme ça a été le cas avec Draghi vous savez qu'il avait accepté de refinancer contrairement à ce que les statuts de la BCE prévoient qui interdisent totalement à la banque centrale européenne de refinancer des obligations d'état et Draghi avait pris alors pas directement mais indirectement sur sur le marché secondaire racheter des obligations et les refinancer là je pense que tout le monde est tellement dans la panade il y a tellement d'inflation il y a tellement de ralentissement de croissance il y a tellement de déficit même si l'Allemagne je crois ils sont à peu près à 60% d'endettement de leur PIB donc ils sont très en dessous de nous mais tout de même pour eux ils vont devoir pousser cette politique là donc je pense qu'à court terme je ne vois pas l'euro exploser maintenant les dirigeants européens sont toujours dans cette folie de vouloir dépasser les démocraties et les états-nations en fabriquant je ne sais même pas comment le qualifier d'ailleurs on parle d'état et Mario Draghi a dit on va faire un état européen mais somme toute qu'est-ce que c'est qu'un état c'est pas nécessairement une démocratie un état mais un état c'est au moins disons une force obligatoire une force de police une force militaire ce qui implique depuis le démarrage des premiers états un impôt la possibilité de lever un impôt si vous pouvez lever un impôt et si vous pouvez finalement exercer une force de coercition en clair tuer parce qu'un état l'état c'est James Bond il est license to kill l'état tout état est capable de donner la mort les policiers sont armés les militaires sont armés il faut pour ça pouvoir prélever l'impôt et pour prélever l'impôt l'état protège aussi le but n'est pas de tuer le but évidemment qu'il protège l'armée protège je n'ai pas dit autre chose leur capacité à tuer c'est supprimer c'est le fameux truc de Weber c'est-à-dire le monopole de la violence légitime supprimer la possibilité aux gens qui sont à l'intérieur de cet état donc la population sur un territoire donné soumis à un gouvernement donné de régler leur conflit par la violence donc ça c'est le monopole de l'état donc c'est ça l'état l'état ça suppose de lever un impôt et d'entretenir une force publique moi je vois une chose c'est que le seul argent dont dispose l'Union Européenne c'est l'argent que les états veulent bien lui donner l'Europe n'a absolument pas la légitimité n'a pas la force morale ou psychologique suffisante pour lever l'impôt si demain on vous dit on lève un impôt européen Bruxelles lève un impôt les gens vont se révolter et voyez bien que cette capacité à lever un impôt et d'être légitime pour lever un impôt est tout à fait liée au fait que personne ira se faire trouver la peau pour la zone euro pourrait mourir pour le drapeau français et de la même façon qu'on paye ses impôts en France

38:07
Présentateur

pas tous pour le drapeau français

38:09
Invité

j'ai l'impression en ce moment là c'est une autre question hélas d'ailleurs mais c'est pas c'est pas une fatalité non plus mais on va je sens que vous voulez passer un autre sujet mais on était sur les deux ans dans les deux ans moi je vois pas l'euro la zone euro explosée et je pense que ce projet à mon avis qui se déroule je dirais avec le désintérêt et à mon avis un air un peu l'air un peu goguenard des peuples enfin je pense que la plupart des peuples européens regardent leurs dirigeants sans comprendre exactement ce qu'ils font pourquoi

38:44
Présentateur

pourquoi ils comprennent pas

38:46
Invité

parce que si vous voulez les dirigeants nationaux qui sont élus on peut les aimer ou pas mais enfin bon même s'il y a beaucoup d'abstention et je pense que la montée de l'abstention évidemment est directement corrélée à la fuite en avant vers cet échelon européen vers le fait de déplacer le pouvoir

39:04
Présentateur

c'est votre interprétation

39:05
Invité

je pense que oui c'est mon interprétation mais je pense qu'elle est assez vérifiable c'est à dire qu'après le référendum de 2005 si on reste sur notre pays on voit bien que l'abstention avant et après ne sont plus du tout au même étiage au même niveau

39:18
Présentateur

j'ouvre une parenthèse par rapport à ce que tu ou que vous avez déjà évoqué le management des états comme une entreprise c'est ça ?

39:26
Invité

oui c'est exactement ça

39:27
Présentateur

ici il n'y a que des patrons vous êtes patron de votre société ? oui bon quand il y a des échecs comme ça qu'on a pu voir sur l'anticipation des guerres l'anticipation de l'inflation l'anticipation des conflits dans une entreprise vous faites quoi quand en face de vous il n'y a pas de résultat ?

vous dites merci bien vous rentrez chez vous maintenant vous mettez une petite engelade vous essayez de sortir un petit peu de former votre salarié ou votre collaborateur pour qu'il soit plus performant là en politique on a toujours l'impression il n'y a jamais de sanctions bon mis à part le directeur de la DRM qui a sauté la veille ou le surlendemain conflit avec les russes là on n'a pas l'impression qu'il y ait des sanctions comme dans une entreprise genre dans le privé

40:19
Invité

pardon parce qu'il y a une sanction qui s'appelle l'élection

40:21
Présentateur

ouais non mais ça c'est l'argument l'argument à gogo on va se faire sanctionner dans les élections bon le parti socialiste ils ont mangé bon puis ils ont bien mangé

40:31
Invité

et la DRM aussi ex-partie du gouvernement qui trustait à eux deux jusqu'à 80% de l'électorat

40:36
Présentateur

et donc un petit malin qui est arrivé qui a fait bon on fait un peu des deux et qui est malin peut-être école de commerce en tout cas c'est l'inspiration oui dans les boîtes on discute avec d'autres patrons quand il y a un échec pareil les gens ils se font virer à grands coups de pieds en cul

40:57
Invité

alors je vais répondre à ça

41:00
Présentateur

alors je veux bien vous avez raison le parti socialiste bon ils ont morflé peut-être les collections de montres ou des canaries comme ça mais

41:07
Invité

je vois pas du tout à qui vous faites allusion non plus très bien ça tombe bien on a les mêmes non allusions sur le évidemment que le capitalisme a une corde de rappel évidemment qu'il y a un compte de résultat évidemment que les gens peuvent pas perdre de l'argent à gogo ceci étant dit j'attire quand même votre attention sur le fait que l'attention de tout le monde mais la tienne oui pardon sur le fait que la gouvernance d'entreprise a muté quand même elle a muté

41:42
Présentateur

je me perds un petit peu de rentrer je t'en prie

41:45
Invité

merci et là on va être terre à terre justement

41:47
Présentateur

la gouvernance d'entreprise moi je vois pas trop ça comme de la gouvernance je vois plutôt ça comme de la cavalerie de la cavalerie budgétaire c'est à dire que on est mauvais mais on a le chéquier et on fait de la dette donc je vois pas du tout de gouvernance je vois surtout de la cavalerie et tous les patrons qui nous écoutent savent pertinemment ce que veut dire la cavalerie

42:09
Invité

mais là tu t'inscris pardon te couper mais tu t'inscris dans une lecture qui est une lecture assez néoclassique en disant un peu comme dans le film là des sur ceux qui qui arrêtent de fumer on dit fumer c'est bien fumer c'est pas bien pas fumer c'est bien bon voilà là le modèle néoclassique dit le privé voilà c'est ça le privé c'est bien le public c'est pas bien d'accord donc le privé il y a une sanction le public il n'y a pas de sanction c'est vraiment l'argumentation néoclassique je veux bien qu'on y revienne mais ce qui me semble intéressant pour faire la jonction c'est de rappeler que cette on peut dire explosion enfin des appelé la mondialisation financière pour commencer avant qu'elle devienne une mondialisation commerciale a permis de transférer le poids du risque qui pesait sur le capital au travail c'est à dire que pendant très longtemps le capitalisme à l'origine c'est des gens qui vont engager leur propre argent et qui risquent de le perdre ils risquent de le perdre ils jouent ils arrivent donc dans une situation où ils font travailler des gens qui sont salariés certes qui en croquent beaucoup moins mais évidemment qui ne prennent quasiment aucun risque et l'idée d'un patron un peu à la Michelin paternaliste mais c'est quand même un modèle qui est bien ancré dans une espèce de vision où il y a un surmoi Michelin familial mais on retrouve ça dans tous les pays capitalistes jusque dans les années 70 70 du 20ème siècle on a l'idée que le dirigeant capitaliste noblesse oblige pour lui il se fait fort de protéger ses salariés et c'est sa responsabilité à lui si son argent est perdu c'est son argent et qu'est-ce qui va se passer avec cette ouverture des marchés financiers à l'aube des années 80 toute cette révolution néoclassique libérale etc qu'est-ce qui va se passer je vous donne la parole tout de suite un bon patron c'est ça oui mais ça ça reste les patrons de PME ça existe encore Michelin c'est pas une PME non mais parce qu'il y a encore dans les grandes réussites les gens qui réussissent brillamment dans le capitalisme ça existe encore ce sont des gens qui ont cette espèce d'éthique qui ont encore un surmoi bon mais c'est pas le modèle des fonds de pension c'est pas le modèle du turbo capitalisme qu'est-ce qui se passe il se passe qu'à un moment ils vont ouvrir les marchés financiers d'accord ces marchés financiers vont permettre deux choses ils vont se dire le risque va désormais peser sur les salariés et plus sur les détenteurs du capital les détenteurs du capital eux ils veulent 15% de ROI si t'as 14,5 le blé il part immédiatement dans une autre boîte qui est plus rentable donc tu vois ils ont refilé le grisby aux salariés qui va devenir la variade d'ajustement les salariés qu'est-ce qui va se produire on va dire ah oui mais il y a maintenant une hausse des charges sociales je connais ce discours par coeur oui mais vous vous rendez compte la part des dépenses publiques accrue de manière extraordinaire etc c'est pas faux c'est pas faux et d'ailleurs ça devient absolument malsain au bout d'un moment non seulement l'impôt devient confiscatoire mais à un moment tu peux te poser la question de savoir qu'est-ce qu'ils font avec ce pognon de dingue comme dit l'autre soit mais c'est une conséquence ce n'est pas une cause c'est pas l'état qui s'est mis à croître c'est le capitalisme qui a décidé de ne plus prendre aucun risque et qui a décidé surtout de s'investir et c'est le deuxième effet qui se coule de cette ouverture des marchés financiers de s'investir là où le travail est le moins cher possible et comme il s'est investi là où le travail est le moins cher possible il a dégagé une sur-valeur il a exigé d'ailleurs une sur-valeur et c'est comme ça qu'on a eu si tu veux non seulement cet écartement de revenus mais cette psychologie cette nouvelle psychologie du fait que finalement eh bien on pouvait comme on pouvait jouir sans entrave comme dit 68 on pouvait faire du profit sans gêne ou sans entrave y compris au détriment de son propre pays y compris au détriment de ses salariés et donc qu'est-ce que c'est que ce management qu'est-ce que c'est que cet art du management enfin cette science du management c'est un moyen de noyer le poisson de raconter aux gens pourquoi c'est formidable de penser qu'ils ne vont pas avoir d'augmentation de salaire pourquoi c'est formidable de penser qu'ils vont être virés etc.

et donc cette mentalité là s'est répandue et c'est cette mentalité là qui maintenant a déteint sur l'état et qu'on voit à la tête de l'état mais en fait ni l'état ni le vrai capitalisme à l'origine ne fonctionnent comme ça ils fonctionnent effectivement avec des cordes de rappel ils fonctionnent avec un surmoi ils fonctionnent avec l'idée que le dirigeant et les dirigés partagent un intérêt général et qu'au nom de cet intérêt général on peut réussir ou échouer et si on échoue effectivement on est sanctionné là c'est plus tout à fait le cas là il y a eu un transfert de responsabilité dans une idée qu'il n'y a plus que l'individu il n'y a plus rien au-dessus de l'individu et donc l'individu il cherche à maximiser son profit constamment et c'est à ça qu'on aboutit aujourd'hui c'est-à-dire que le jeune d'abord il n'y a plus de salariat le salariat qu'est-ce que c'est ?

c'est inscrit dans un collectif de travail dans un groupe dans un intérêt général dans un cap dans un cap qu'est-ce que veulent faire les plus jeunes ?

ils veulent créer leur propre boîte voilà donc ils sont dans une optique d'optimiser sous contrainte de chercher leur intérêt leur intérêt individuel etc de la même façon on peut considérer que l'explosion des charges sociales l'explosion des dépenses publiques avec un métier cotisation sociale cotisation oui parce que ça peut être vu effectivement comme un revenu comme un revenu différé on cotise et puis ensuite on récupère l'argent je suis d'accord avec toi mais enfin les niveaux de prélèvement obligatoire deviennent fous et grèvent bien sûr la compétitivité mais il faut bien voir que c'est un résultat c'est un résultat d'une survaleur d'un surprofit qui a été arraché par un capital qui s'est groupé c'est l'inverse finalement du communisme du ouvrier de tout pays ou prolétaire de tout pays unissez-vous là les fonds de pension c'est capitaliste ou détenteur d'épargne de tout pays unissez-vous et nous allons ensemble arracher le plus de valeur possible au travail voilà c'est ça qui s'est produit et pour éviter des effets d'explosion politique et sociale le système a mis en place non seulement ces filets de sécurité qui existaient déjà depuis les 30 glorieuses mais a maintenu en fait à flot réussi en fait à avoir d'abord une baisse des coûts de la consommation ce qui a quand même permis pendant un temps de stabiliser les choses l'ouvrier français ou l'employé français parce que les ouvriers en n'en a plus beaucoup ont vu leur salaire stagner mais en échange ils ont trouvé dans des supermarchés des produits à bas coût de main d'oeuvre qui étaient fabriqués à l'autre bout du monde donc ça a permis un peu de maintenir leur niveau de vie d'un autre côté beaucoup se sont retrouvés sans emploi la croissance en tendance sur le long terme en Europe et on revient à ta problématique de l'Europe a commencé à ralentir sur le long terme et il n'y avait que l'Allemagne finalement et quelques pays du Nord qui arrivaient à tirer leur épingle du jeu mais il faut bien comprendre que que ce soit l'Allemagne ou que ce soit le capitalisme français qui fonctionne bien en général ils sont axés sur l'exportation ils sont axés sur et la production et la vente et l'exportation dans des zones où la croissance économique est plus forte et dans des zones où la consommation est plus forte et d'abord évidemment l'Asie

49:43
Présentateur

j'ouvre une petite parenthèse comme ça tu peux savourer ton verre d'eau Château-la-Pompe 2023 merci tu sembles connaître les arcanes du système financier tu sembles connaître les les le système capitalistique est-ce que tu mets des billes dedans pour essayer est-ce que t'en croques c'est-à-dire avoir une intime connaissance d'un système est-ce que t'as décidé d'en croquer est-ce que t'es positionné sur les marchés est-ce que tu fais de l'anticipation des choses comme ça ou tu fais comme beaucoup d'experts en bitcoin c'est-à-dire ils brassent du vent à la télé et quand tu leur poses la question tu roules en Porsche t'es un château ah non j'ai pas de porte mais je connais très très bien donc il y a des sociologues qui vont pas sur le terrain mais ils parlent il y a des investisseurs qui parlent des marchés mais ils sont pas sur les marchés est-ce que toi t'es positionné est-ce que t'as mis tes billes à gauche à droite

50:43
Invité

alors je vais te répondre mais ta question est vraiment intéressante parce qu'elle traduit le fait qu'il y a enfin qu'on a intégré ce schéma un peu américain où quelqu'un pèse ou ne pèse pas ou presque la valeur d'un individu c'est sa capacité à dégager de l'argent non seulement sur les marchés

51:05
Présentateur

c'est sa capacité à mettre en pratique ce qu'il préconise c'est ça est-ce que tu manges ce que tu racontes

51:11
Invité

alors ça m'est arrivé une ou deux fois parce que j'étais je devais un peu me refaire comme on dit j'avais vraiment besoin d'argent donc j'ai voilà j'ai utilisé des on va dire des anticipations entre guillemets qui sont pas des anticipations d'ailleurs assez si étonnantes que ça ça m'est arrivé une fois ou deux mais comme ce n'est pas mon moteur moi c'est pas mon moteur de faire de l'argent non je n'occupe pas mon temps à ça c'est pas quelque chose qui me

51:39
Présentateur

faire de l'argent pour ensuite se donner les moyens de changer le monde c'est bien aussi non ?

51:43
Invité

j'ai peut-être pas cette ambition c'est vrai qu'il y a quelque chose d'ambivalent peut-être dans dans ma personne j'allais dire personnage mais je ne suis pas un personnage mais dans ma personne c'est de me voir avec un peu de recul on essaie tous d'avoir un peu de recul sur soi c'est que finalement les gens de gauche pensent que je suis de droite les gens de droite pensent que je suis de gauche et l'autre caractéristique que j'ai c'est que j'ai eu des fonctions de direction je suis un peu un homme d'action voilà et en même temps je fais des bouquins et j'essaie de réfléchir donc je ne suis pas vraiment pour les gens contemplatifs ou pour les intellectuels plutôt un homme d'action et pour les hommes d'action je suis plutôt un contemplatif ou un intellectuel donc voilà moi ça me va très bien d'être dans cet entre-deux et de ne pas finalement moi le rapport que j'ai à l'argent est assez simple je peux le décrire c'est que je tu gagnes j'ai toujours gagné depuis assez longtemps dizaines de milliers d'euros par mois à peu près

52:40
Présentateur

net ? brut ?

52:42
Invité

brut pas net ça fait quoi ? 5000 balles ? entre 5000 et 7000 oui entre 5000 et 7000 par ailleurs l'idée enfin mon rapport à l'argent c'est de ne pas en avoir besoin voilà je n'ai jamais cherché à gagner de l'argent mais je suis

52:59
Présentateur

quand tu n'en as pas t'inquiète pas tu en as besoin

53:01
Invité

mais c'est précisément l'idée c'est précisément l'idée de ne pas enfin de ne pas le prendre pour enfin je ne sais pas moi ça me enfin je je conçois parfaitement que les gens se lancent dans cette aventure dans une aventure enfin qui est d'accumuler des signes ou des symboles ou des choses comme ça d'une valeur en fait qui est assez abstraite d'ailleurs

53:21
Présentateur

qu'est-ce que tu penses des gens qui parlent sans manger ce qu'ils racontent ? c'est-à-dire ? c'est-à-dire je te prends l'exemple des experts en bitcoin il y en a beaucoup qui donnent des conseils à gauche alors il y en a certains qui sont très très bons et qui mangent d'ailleurs la plupart du temps ce qu'ils racontent mais la plupart la plupart ça reste que du blabla c'est-à-dire que quand tu leur demandes bon est-ce que tu manges ce que tu racontes ?

ah bah non moi je ne suis pas entrepreneur je ne suis pas dans l'action je suis dans l'analyse est-ce que est-ce que tu connais des gens comme ça experts de plateau télé qui n'ont jamais fait de terrain qui n'ont jamais essayé d'infiltrer qui ont une vieille expérience qui date d'années d'années d'années de décennies

54:04
Invité

la rente quoi en fait

54:06
Présentateur

ouais même pas de la rente oui je dirais ouais si peut-être la rente la rente passé ou un vernis passé une le côté lumineux d'un passé mais en fait ils sont as-been ils ne connaissent pas la réalité des choses ils ne vont jamais sur le terrain et puis ils prêchent des choses mais ils en ont les conséquences ce n'est pas pour eux t'en connais des comme ça ?

54:28
Invité

oui mais mais ce qui est enfin je ne prêche pas non plus ce culte du terrain il y a différentes façons de de de de de comprendre le monde voilà Marcel Proust

54:41
Présentateur

a jamais été sur le terrain

54:44
Invité

je pense que ses livres sont enfin disent beaucoup de choses sur la nature humaine moi ce n'est pas trop mon style de littérature mais je suis plutôt Joseph Kessel que Marcel Proust mais enfin quand on lit Proust on se rend compte qu'il y a quand même une une analyse très assez assez puissante de de la manière dont fonctionnait la société l'individu le mec est jamais sorti de ses salons de ses salons parisiens donc on peut on peut il y a de multiples façons de de réfléchir et d'analyser la situation maintenant ce que tu décris est vrai c'est à dire qu'il y a l'archétype un peu du toutologue avec des phrases toutes faites avec des citations avec une espèce de petit vernis c'est c'est assez français finalement ce ce modèle

55:31
Présentateur

c'est pas français

55:32
Invité

ça doit exister dans pas mal de pays

55:35
Présentateur

mais on a attention ici on touche pas la France tu prêches un converti un fanatique je te coupe encore je t'en prie tu parlais de variables d'ajustement alors salarial alors clairement les salariés ils ont plein plein la gueule avec la nouvelle idéologie capitalistique dévoyée on est loin des familistères et on est loin de tout ça t'es d'accord avec moi là la variable d'ajustement en termes de peuple qui ont des mauvaises décisions mauvaises anticipations c'est l'angle de courbure de l'échine du peuple qui permet de maintenir le système c'est le fait que le peuple n'a pas encore compris que faire de la cavalerie budgétaire avec un état on le paye dans 10-15 ans avec réduction des services publics incapacité de faire valoir notre parole à l'étranger parce que économiquement parlant on a un collier étrangleur de ceux qui détiennent notre dette ou ceux qui veulent nous faire chanter comment ça se passe ?

tu penses que la variable d'ajustement du peuple français va continuer à lui faire courber les Chines est-ce que tu as confiance dans le peuple français ? est-ce que ça veut dire quelque chose d'ailleurs encore le peuple français ?

56:49
Invité

si on en croit Fourquet et d'autres analystes assez avisés il y a une sorte d'archipélisation il y a une sorte de dispersion façon poste du peuple français moi est-ce que c'est intuitif purement intuitif est-ce que c'est reste de lecture ou la fréquentation de gens d'un autre âge Charles Pasqua des Jean-Pierre Chevènement mais oui j'ai cette j'ai cette impression très subjective parce qu'on parle de quelque chose de subjectif un peuple c'est un affectio sociétatiste comme disait Romain c'est un sentiment qui va relier des gens qui partagent une langue qui se reconnaissent dans un gouvernement sur un territoire pas un gouvernement mais un mode de gouvernement en l'occurrence la république et qui ont cette impression d'avoir une affinité ensemble je suis désolé mais quand on voit alors ça peut être tout à fait trivial mais un match de la coupe du monde c'est quand même un révélateur qu'il existe un affectio sociétatiste français peut-être même d'ailleurs là où certains ne voudraient pas ou pensent qu'il n'y a plus d'affectio sociétatiste français je suis le premier à penser qu'il y a un grave problème moi je préfère parler d'assimilation d'intégration mais d'assimilation des enfants et même des petits-enfants d'une certaine immigration c'est vrai mais quand il y a un match de coupe du monde tu vois que tout le monde sort le drapeau français donc ça veut dire quelque chose quand il y a un attentat le pays se sent intégralement meurtri beaucoup plus que si l'attentat survient chez le voisin et quand un pays de la zone euro marque un but dans une compétition internationale les gens ne sortent pas leur drapeau leur drapeau européen donc je pense que cette affectio sociétatiste même si c'est rentré même si c'est une espèce de même si c'est avec beaucoup de pudeur parce que le patriotisme français est pudique il a toujours été pudique c'est pas le patriotisme américain oui ça existe les français sont conscients il y a d'ailleurs une fierté blessée j'aime beaucoup cet auteur Philippe Diribard qui a écrit beaucoup de choses sur la notion de prestige mais qui a bien analysé aussi ce qu'était finalement au fond l'identité française et Philippe Diribard dit il y a une tension particulière en France c'est un pays comme tout le monde sait enfin en tout cas parce que les gens qui ont lu Tocqueville savent que c'est le pays de la passion de l'égalité il y a une folie de l'égalité c'est le pays qui invente le maître étalon voilà tout le monde doit être sous une même toise parce que c'est un un état qui va accoucher d'une nation et d'un peuple et puis il y a ce côté aussi d'ailleurs un peu mesquin un peu jaloux on veut pas que le voisin ait plus etc et simultanément et pour la même raison d'ailleurs logique c'est le pays où les gens cherchent à se distinguer cherchent le prestige cherchent l'honneur cherchent une forme une forme de reconnaissance même très symbolique et d'ailleurs parfois le symbolique au détriment du réel ce qu'avait compris Adolf Hitler il suffit de donner aux Gaulois l'illusion que la moitié de leur territoire a été contrôlé c'était la zone libre pour qu'ils soient contents finalement et ce qui était très malin de la part d'Hitler parce que c'est un territoire notre territoire est quand même assez vaste il fallait immobiliser beaucoup de troupes donc il y a quelque chose comme ça dans la psychologie française qui est la passion de l'égalité et la passion de la distinction tous les français rêvent d'avoir d'être président de quelque chose ou d'avoir une décoration et en même temps tous les français ont cette idée que personne voilà le plus grand enfin comme dit Montaigne le plus grand roi n'est jamais assis que sur son cul donc ça c'est très très français et Philippe Diribarne utilise la fameuse tirade du non merci dans Cyrano de Bergerac pour dire la France c'est ça c'est un peuple de citoyens qui aspirent tous à être des aristocrates voilà et ça c'est ça c'est vraiment très français donc si tu poses la question est-ce qu'il existe encore quelque chose comme la France est-ce que cette idée elle est morte ou pas non je pense qu'elle n'est pas morte maintenant pardon j'ai fait une grande digression on va revenir à ta question à ta variable d'ajustement on est dans un paradoxe à nouveau parce que on est en mauvaise décision prise oui je crois que les français sont inquiets ils sont inquiets pour l'ordre public ils sentent qu'on peut être dans une situation de bascule où l'ordre public va céder et où il va y avoir le retour vraiment d'une violence d'une violence politique d'une violence à grande échelle on la sent poindre déjà non non c'est à bas bruit

1:01:30
Présentateur

le venin le venin le venin politique dans la parole politique

1:01:35
Invité

alors la violence dans la parole et pas que dans la parole 120 attaques au couteau par jour le propre de cette violence les sources de ça c'est une donnée de 2017 et c'est à vérifier c'est à vérifier non pas le chiffre lui-même j'en suis sûr mais la source est-ce que c'est le ministère d'intérieur qui ressent ça probablement parce qu'il n'y a que lui qui doit avoir ces données-là c'est pour 2017 ce qui me semble juste pas intéressant non c'est tout sauf intéressant c'est qu'il y a ça exprime autre chose cette violence exprime autre chose qu'une simple violence disons de volonté de voler ou de s'approprier le bien d'autrui etc il y a il y a une sorte de rage là-dedans qui s'exprime il y a une montée de violence dite gratuite c'est ça c'est quand même important donc les chiffres pour la Corse non j'ai pas les chiffres pour la Corse j'ai pas les chiffres pour la Corse mais par contre j'ai été cet été en Corse où ça ?

je suis baladé j'avais un bateau j'ai fait un peu de cabotage mais c'est un grand bateau tu veux tout savoir tu veux tout savoir c'était l'Océanis 500 non non de Cyril Hanida tu fais l'évasion fiscale c'est un bateau à voile pas du tout l'optimisation fiscale tu penses que ce sera la première personne à qui je raconterai non non je fais pas d'évasion fiscale et en l'occurrence avec un copain on a loué un catamaran j'aime plus c'est assez gros parce qu'on était nombreux un truc dans ce goût là un vieux truc un vieux truc mais c'était confortable très confortable c'était un peu un promène touriste

1:03:20
Présentateur

un permis au turier où il y avait un équipage

1:03:22
Invité

non non moi je l'ai pas mon pote était prof au glénand donc il manœuvrait ça très très bien

1:03:28
Présentateur

il s'est navigué

1:03:28
Invité

c'est un vrai marre

1:03:30
Présentateur

oui les glénands c'est magnifique

1:03:32
Invité

c'est de la pêche on a pas fait de pêche parce qu'on avait pas de matos malheureusement j'aime beaucoup la

1:03:38
Présentateur

attention pas de pêche dans les parcs autour de la Corse c'est bien

1:03:42
Invité

vers Boton

1:03:42
Présentateur

et puis pas l'encre n'importe comment bon j'essaye de te déconcentrer un petit peu continue

1:03:47
Invité

non non mais ça marchera pas parce que ce que je voulais te dire c'est que cet été cet été j'ai vu partout où je suis passé dans les petits villages cette idée que Yvan Gloria a T donc Yvan c'est Yvan Colonna et Yvan Gloire à toi et c'est incroyable parce que on voit que la nature horreur du vide comme il n'y a plus de patriotisme français comme il n'y a plus d'affectio-societatisme français la nature d'une certaine façon reprend ses droits parce que les êtres humains

1:04:15
Présentateur

c'est pas la vie de tous les corses c'est à dire Yvan Gloire à T ah non non

1:04:21
Invité

tu as raison tu as raison mais c'est un phénomène étonnant il faut nuancer mais c'est un phénomène étonnant parce que alors il y a des tas de corses qui sont persuadés que Yvan Colonna est innocent etc mais le simple fait que l'idée de son innocence soit propagée comme une traînée de poudre et l'idée qu'il soit un martyr désormais de la Corse parce que tué par un djihadiste dans sa prison ça ça montre que les peuples ont besoin de martyr ils ont besoin de sacrer ils ont besoin de se sentir appartenir à un collectif et la nature encore une fois a horreur du vide c'est une démonstration chimiquement pure que l'être humain qui est un mammifère grégaire qui vit en groupe qui vit sur un territoire qui s'approprie à un territoire et qui a besoin d'être relié par cette affection sur cet étatiste si tu le fais disparaître si tu prétends qu'il n'y a plus d'identité nationale qu'il n'y a plus de patriotisme d'une façon ou d'une autre ce besoin il va trouver un moyen de s'exprimer ailleurs de sorte que les Corses redeviennent Corses les Bretons redeviennent Bretons les Juifs redeviennent Juifs les Musulmans redeviennent Musulmans et ainsi de suite donc chacun se tourne vers ce qui peut lui donner une identité et un sentiment d'appartenance parce que tout simplement en tant qu'être humain on ne peut pas se passer de ce sentiment et le plus fascinant

1:05:39
Présentateur

les gilets jaunes

1:05:39
Invité

on peut dire ça comme ça oui c'est un peu l'identité

1:05:43
Présentateur

de ceux qui n'avaient pas d'identité c'était une riche idée d'ailleurs que Sarkozy nous impose le gilet jaune un peu

1:05:49
Invité

mais ta remarque est juste parce que finalement c'était un peu c'est un peu l'identité de ceux qui n'en avaient pas puisque la surclasse internationale qui va d'aéroport en aéroport les fameux Anywhere de Goodhart de l'anglais Goodhart eux ils ont une sorte de prestige et d'appartenance collective qui n'est plus nationale certes mais tout de même ils se sentent appartenants et d'ailleurs dans les quartiers dits sensibles ou dits populaires certains appellent ça des quartiers populaires autrement dit des quartiers pauvres pas que il y a d'autres quartiers pauvres là je parle des banlieues où il y a des espèces de ghettos un peu refermés sur eux-mêmes et tout ça beaucoup de trafic de stupéfiants là ce qui est fascinant ça se voit à l'ONU cette loi de l'impossibilité pour les êtres humains de vivre en territoire sans être dans un groupe et sans se sentir appartenir à un lieu finalement les gens de la grande borne se tapent dessus contre les gens de la cité d'à côté en fait spontanément l'être humain va recréer un micro patriotisme c'est ce que j'ai essayé d'expliquer ce que j'avais vu en Corse on n'en sort pas en fait comme on ne sort pas de la guerre on ne sort pas non plus de ce besoin

1:06:59
Présentateur

d'appartenance collective il ne faut pas comparer les corses avec la grande borne

1:07:03
Invité

non mais attention là on ne peut plus comparer aujourd'hui parce que tout devient extrêmement sensible en fait on ne peut pas penser sans comparaison mais bien sûr qu'il y a toujours des points qui invalident la comparaison là il y a beaucoup de choses qui n'ont rien à voir entre la grande borne et les corses mais il y a un point commun c'est qu'il y a le besoin de sécréter une appartenance collective et de se sentir en tant qu'individu relié à un groupe un groupe qui donne un prestige qui donne une fierté et qui engage d'ailleurs une forme d'hormone agressive ou de violence c'est-à-dire que si on va chercher des noises aux Corses ils seront là ils vont répondre si on cherche des noises à la grande borne ils seront là ils vont répondre et ainsi de suite c'est toute la folie de l'Europe l'Europe c'est un affectio-socialitatis absolument abstrait et sans aucun sans aucune chair aucune mémoire aucune sensibilité et donc personne n'ira se faire trouver la peau pour défendre l'Europe l'Europe c'est une abstraction en fait c'est une idée c'est l'idée d'une utopie qui n'est plus ni le troisième Reich ni l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques qui est une sorte de troisième utopie cette troisième utopie je pense que c'est l'idée que les gens peuvent vivre sur un territoire sans affectio-socialitatis donc sans se faire la guerre sans avoir quelque chose qui soit au-dessus d'eux et qui toise l'individu et surtout c'est une c'est une utopie dangereuse parce que on est dans le vide en quelque sorte on est dans le vide on a démonétisé les nations et on n'a rien d'autre à la place

1:08:40
Présentateur

ils sont sympas les Corses ils sont fantastiques

1:08:44
Invité

ils sont adorables ils sont fantastiques c'est une terre sublime

1:08:47
Présentateur

où les gens t'as déjà voyagé un petit peu en dehors de la France

1:08:50
Invité

un peu un peu

1:08:53
Présentateur

combien de temps

1:08:53
Invité

je suis pas un grand voyageur mais je veux

1:08:55
Présentateur

t'as voyagé où combien de temps par quel moyen t'as fait un club made voir Zazat ou t'as pris tes baskets un sac à dos t'as appris trois mots du coin pour

1:09:10
Invité

je suis encore une fois je vais passer pour un un centriste mais ni l'un ni l'autre mon capitaine c'est à dire que j'ai passé par exemple une fois dans ma vie pratiquement deux mois en Egypte dans une famille au Caire

1:09:26
Présentateur

Kouloutanam

1:09:28
Invité

le lawa non mais je je suis pas arabophone

1:09:32
Présentateur

d'accord voilà et donc t'as passé deux mois sans apprendre un seul mot

1:09:35
Invité

oh si mais j'ai des vagues de vagues souvenirs allez donne moi non non non là voilà pas de donc j'ai me suis baladé parce que dans l'école dans l'école de commerce que je dirigeais j'ai installé

1:09:51
Présentateur

c'était où en Egypte au Caire au Caire pardon merci au Caire je t'en prie le quartier

1:09:55
Invité

pas très loin de Mbaba tu connais Mbaba quartier assez populaire près de la place Tahrir pas très loin mais pas tout à fait à cause de la place Tahrir non t'as même je me suis ok c'est ça je me suis baladé un peu en Chine notamment dans le Yunnan alors je suis pas resté très longtemps mais j'ai fait beaucoup d'allers autour c'est un voyage organisé par qui non c'est j'ai installé une j'ai installé une succursale on peut dire ça comme ça une antenne de l'école de commerce que je dirigeais à Kunming donc à la frontière enfin dans le sud de la Chine à la frontière entre le Vietnam et la Chine et c'est un territoire magnifique d'ailleurs qui est une grande zone de tourisme pour les Chinois et donc j'y ai essayé assez fréquemment

1:10:42
Présentateur

les égyptiens ils t'ont renommé ils t'ont donné un surnom ou pas ?

1:10:47
Invité

oui mais je vais pas le dire là c'est quoi ton surnom

1:10:51
Présentateur

ou ton nom ton prénom ton nouveau prénom

1:10:54
Invité

c'est bien les égyptiens ils sont très sympas les égyptiens mais quel prénom ils t'ont donné ? non je le dirai pas là parce que c'est pas c'est un peu c'est un peu voilà folklo on va dire ça comme ça pourquoi folklo ?

non parce qu'en fait ce que j'avais pas compris en réalité c'est que quand on t'invite à manger à un moment de toi-même tu dois dire stop et moi je pensais que c'était poli tu vois bien je dis pas stop tu vois bien qu'en fait je pensais que c'était au contraire poli de manger tout ce qu'on me donnait mais on m'a donné des quantités absolument astronomiques donc ça les a beaucoup fait rire en fait jusqu'à ce que j'ai compris qu'en fait je pouvais pas mon espérance de vie elle est vraiment si j'avallais tout ce qu'ils me proposaient comme calories j'allais pas vivre très longtemps voilà non mais en fait c'est un c'est les peuples qui ont beaucoup souffert qui font ça en général bien sûr bien sûr il y a un rapport à la nourriture qui est un peu névrotique c'est vrai t'as été de balader un peu dans le sud de l'Egypte ?

non j'ai pas été en Haute-Egypte j'ai été beaucoup est-ce que t'as assisté en quelle année ça ? en 97 je dirais

1:11:59
Présentateur

97-98 est-ce qu'il y avait des problèmes de migrants déjà à l'époque ?

1:12:05
Invité

non pas à ma connaissance il n'y avait pas de problèmes de migrants mais il y avait déjà j'ai assisté quand même à des arrestations très très musclées des muhabara des services oui en bus

1:12:15
Présentateur

ceux qui ont des espèces de berets noirs et des grands manteaux noirs genre Matrix exactement

1:12:20
Invité

et qui ont arrêté vraiment c'était c'était très violent et là c'était je me suis rendu compte aussi que le monde occidental pour un arabe pour un égyptien pour un tunisien pour un algérien etc ça pouvait quand même enfin un algérien non mais dans beaucoup de ces pays être arrimé au monde occidental ça pouvait signifier quand même répression torture etc il y avait une sorte d'inversion un peu des codes dans le monde au Proche-Orient

1:12:51
Présentateur

comment tu vois le phénomène de flux migratoires comment tu vois la politique européenne de gestion des flux migratoires comment tu vois la Turquie la gestion des flux migratoires grâce à la Turquie ou à cause de la Turquie comment tu vois l'Europe face aux fondamentaux qui se détraquent le climat l'économie l'énergie les ressources est-ce que les chemins ou les routes migratoires vont créer des soucis est-ce que c'est une chance c'est pas une chance pour toi est-ce que vu la démographie européenne qui stagne un peu c'est peut-être bien pas bien tu vois où je veux en venir bien sûr je t'écoute

1:13:30
Invité

alors d'abord on oublie toujours et notamment les gens qui critiquent on va dire la mondialisation ou le capitalisme oublient toujours que ces flux migratoires c'est le complément de la libre circulation du capital ou des marchandises la mondialisation postule pardon

1:13:52
Présentateur

ou c'est des gens qui souffrent

1:13:54
Invité

mais ça change pas ça change pas le fait que le modèle capitaliste pose comme principe qu'il y a un marché mondial et que les facteurs de production doivent circuler donc l'argent doit circuler et bien les services doivent circuler et là certains disent halte au feu et je pense qu'ils ont en partie raison mais par contre ils ne disent pas halte au feu lorsque le facteur travail circule et le facteur travail circule aussi pour le bon plaisir du capital puisque grâce à ça on sait bien l'armée de réserve les salaires n'augmentent pas beaucoup on peut payer les gens avec un lance-pierre etc ce que l'Europe pratique à l'intérieur de l'Europe avec les travailleurs détachés il le pratique aussi à l'extérieur il n'y a pas que l'Europe d'ailleurs parce que la Grande-Bretagne sortie de l'Europe continue d'ailleurs à avoir beaucoup d'immigration pour cette raison donc c'est d'abord je pense que être favorable à la liberté de circulation des migrants et à l'accueil des migrants c'est tout de même un réflexe capitaliste enfin on est c'est un signe de ralliement au capitalisme normalement les gens les salariés les salariés les plus modestes devraient être absolument hostiles à cette libre circulation disons du facteur travail entre guillemets parce que le sujet c'est bien sûr que ça devient une question morale c'est-à-dire que critiquer l'immigration c'est dans le camp du mal et tous les migrants sont maintenant des gens qui fuient non seulement la misère la torture etc et tous les migrants économiques deviennent automatiquement des demandeurs d'asile l'asile n'est pas une mauvaise chose en tant que telle mais l'asile comme les gens à peu près informés le savent c'était vraiment réservé à très peu d'individus dans la constitution et dans nos principes il s'agit de se battre pour la liberté et ça correspondait à des profils type Solzhenitsyn là c'est pas Solzhenitsyn là c'est des centaines de milliers de gens dont on ferait pareil à leur place on ferait exactement pareil à leur place

1:15:51
Présentateur

L'asile climatique t'y crois t'y crois pas ?

1:15:54
Invité

C'est un autre sujet oui j'y crois mais il n'est pas alors je vais répondre à la question je pense que les migrations à l'intérieur de l'Afrique parce que la transition démographique n'est pas terminée en Afrique vont d'abord se dérouler à l'intérieur du continent le plus simple pour les Africains dans des zones qui deviennent répulsives pour des raisons climatiques ou parce que les états s'écroulent les économies s'écroulent etc. et qu'ils cherchent à gagner un peu mieux leur vie ils vont d'abord se monter au nord ou sur le sud

1:16:19
Présentateur

ou ils cherchent simplement à survivre

1:16:21
Invité

oui bien sûr et là il y a une vision quand même qui est assez faussée qu'on a nous c'est qu'on se méfie beaucoup du pourtour méditerranéen du sud de la Méditerranée donc le Maghreb pour l'essentiel puisqu'ils sont francophones mais la transition démographique a bien démarré dans ces pays j'ai regardé la Tunisie par exemple les gens ignorent que ça y est on est en dessous du seuil de renouvellement des générations en Tunisie la Tunisie c'est un pays qui fait 1,9 enfant par femme donc l'idée de l'Europe c'est à la fois soit un espoir soit une crainte l'idée qu'on va payer les retraites qu'on va combler les trous démographiques parce qu'on va faire venir des jeunes qui vont bosser et financer nos retraites ou qu'on va maintenir comme ça à flot notre économie ou alors c'est une crainte parce qu'on va être submergé c'est la théorie du grand emplacement moi je pense que ce qui est quand même fou dans cette histoire totalement fou c'est et là on se dit qu'il y a quelque chose qui tourne vraiment par rond c'est que tu ne peux pas vouloir des choses qui sont totalement contradictoires autrement dit si tu penses que tu as besoin de migrants pour financer tes retraites le premier réflexe que j'ai c'est pourquoi les mêmes qui disent mais faites venir à nous des millions de migrants les mêmes sont contre la relance de la politique de natalité c'est quand même très étrange voilà une première contradiction qui c'est qui ces gens là bon ceux qui nous gouvernent depuis il y a quelque chose qui fonctionnait très bien en France c'est la politique de natalité voilà elle a été cassée par François Hollande réservée aux plus modestes donc en partie effectivement à des populations qui sont fraîchement arrivées qui n'ont pas encore qui ne sont pas encore tout à fait dans le train démographique français on est à peu près à quoi 1,8 enfant par femme en France un peu plus entre 1,8 et 1,9 en partie grâce à l'immigration si on retire l'effet de l'immigration je crois qu'on est à 1,67 il y a un seuil qui est pratiquement irréversible c'est 1,5 et là nous on est obsédé justement par la question des migrations c'est la question que tu poses c'est-à-dire bombe démographique on sait que la transition démographique elle n'est pas terminée le Sahel notamment pour ce qui nous concerne qui a encore des pays avec 4,5 enfants par femme ce que faisait la Tunisie en fait il y a dans les années 80-90 en Tunisie il y avait 4 ou 5 enfants par femme aujourd'hui je rappelle en Tunisie il y a moins de 2 enfants par femme donc ces pays du Sahel vont faire leur transition démographique ils n'ont pas encore fait leur transition démographique qu'est-ce qui se passe quand il y a une explosion de la démographie comme ça s'il y a non seulement x2 x3 en termes de population et donc avec potentiellement des problèmes de subsistance aggravés par le tableau climatique et deuxièmement il va y avoir aussi un rajeunissement de la population et en fait je pense que ces migrations elles vont elles sont d'abord attirées par la mise en place de pompes aspirantes que sont cette protection sociale qui est ouverte totalement à tous et c'est une autre contradiction très forte de vouloir maintenir un système de protection sociale très fort et de l'ouvrir de manière universelle là c'est automatiquement faire sauter la banque puisqu'on sait qu'il y a de l'autre côté de la Méditerranée des candidats par millions qui peuvent venir et profiter de ces systèmes donc là c'est une contradiction donc je pense qu'il faut choisir son camp soit on dit bon faites venir faites venir plein de gens mais dans ce cas renoncez au système de protection sociale ou alors vous les défendre comme l'ont très intelligemment compris les sociodémocrates danois vous les défendre votre système de protection sociale mais dans ce cas il faut limiter les flux migratoires et en ce qui concerne tu me posais la question sur la Turquie la Turquie et même maintenant le Maroc ont compris qu'il y a un chantage migratoire qui peut facilement être exercé par ces pays en disant moi j'ouvre les vannes si j'ouvre les vannes tout de suite vous allez voir ce que vous allez voir donc financez-moi faites des transferts financiers budgétaires et comme ça je vais moi contrôler les migrants à votre place ce qu'on fait d'ailleurs pour la France fait la même chose pour la Grande-Bretagne par exemple ce que faisait Kadhafi bien sûr bien sûr mais en fait donc cette question des flux migratoires elle est d'autant plus grave qu'on a en même temps disons la volonté de dépasser les états-nations et donc on ne croit plus nous-mêmes dans notre modèle assimilationniste donc au moment où on renonce au modèle assimilationniste on fait venir beaucoup de gens dans une économie qui tourne d'ailleurs vraiment parce que l'immigration c'est pas un phénomène moral c'est ça l'erreur intellectuelle centrale de ce problème de l'immigration c'est de vouloir traiter l'immigration suivant une grille morale bien ou mal en fait l'immigration n'est ni bonne ni mauvaise en tant que telle si ton économie est au plein emploi tu n'as pas de chômage du tout et qu'au contraire tu es en tension ça peut être intéressant pour toi de faire venir de la force de travail qui va augmenter améliorer encore ta croissance ta richesse ta production etc

1:21:34
Présentateur

tu vas taper les ressources chez les copains que tu corromps les gouvernements qu'il y a sur place et que tu t'en mets plein les fouilles tu parles de la Russie

1:21:42
Invité

là ? non de la Chine la France non ? ah bah oui enfin on n'est pas les seuls à faire ça

1:21:46
Présentateur

mais moins je pense d'ailleurs que les autres mais qui aime bien châtie bien donc en français on peut s'auto-châtier c'est ça ? donc quand tu vois ça est-ce qu'on a aussi nous la France une obligation morale c'est-à-dire que notre société thermo-industrielle alors peut-être moins parce qu'on est la France on a un système thermonucléaire donc on émet moins de carbone puis on fait gaffe on envoie notre pollution que chez les chinois mais est-ce qu'on a pas une responsabilité morale par rapport au réchauffement climatique ?

quand tu vois que certaines zones du monde avec un taux d'humidité très important une augmentation des températures ça devient létal de se balader la journée est-ce qu'on a pas aussi une responsabilité face au monde nous les occidentaux les prêcheurs du capitalisme appelle ça comme tu veux comment on fait pour réagir comment on fait pour que ça se calme un peu comment on fait pour tendre la main comment on fait pour aussi essayer d'apeser les souffrances qu'il y a chez les autres est-ce qu'on coopère ou est-ce qu'on fait des murs ?

je discutais tu parlais d'anecdotes je discutais avec un copain un vieux vieux vieux en plus copain il me disait très bien informé il me disait ils ne savent pas encore où est-ce qu'ils vont construire le mur alors on fait quoi ? on construit des murs alors que ça ne sert à rien surtout nous c'est un peu compliqué avec la Méditerranée on fait quoi ?

1:23:16
Invité

encore une fois c'est intéressant la manière dont tu poses la question parce que tu la poses sur un angle moral du rachat d'un péché d'une dette d'un péché originel de l'Occident sous forme d'émissions de carbone sous forme de prédation de destruction des matières premières de colonisation etc. est-ce qu'il faut

1:23:36
Présentateur

cette conduite introspective ?

1:23:37
Invité

non je ne pense pas je pense que la colonisation est un phénomène par exemple qui est très très mal compris la colonisation c'est pas l'invention de l'Occident l'esclavage c'est pas l'invention de l'Occident si l'Occident inventait quelque chose c'est la décolonisation c'est la seule civilisation qui a décidé d'être décolonisée c'est la seule civilisation qui a aboli l'esclavage c'est pas donc l'Occident je veux bien que l'Occident a commis des prédations à une échelle apocalyptique

1:24:02
Présentateur

c'est vrai ? il y avait de l'esclavage un peu partout entre tribus

1:24:05
Invité

l'esclavage est un universel humain l'esclavage n'avait jamais cessé chez les romains oui voilà exactement exactement ce qui me paraît frappant et intéressant c'est vraiment cette idée du péché originel qu'on retrouve dans les dimensions walkie c'est à dire on aurait c'est le fardeau de l'homme blanc autrement dit et ça ça nous poursuit le fardeau de l'homme blanc ça nous a obligés à coloniser à aller entre guillemets casser les pieds de ces peuples premiers parce que le phénomène de colonisation c'est le décalage temporel la colonisation c'est quelque chose qui s'impose même si tu ne le veux pas parce que tu as des sociétés qui peuvent techniquement pas moralement mais techniquement vivre à des époques complètement différentes à des siècles et des siècles de différence et ça crée une sorte d'appel d'air et je pense que c'est le phénomène de la colonisation on le voit comme une sorte d'une imposition violente et nous en France on a cette idée de la colonisation avec par exemple la guerre d'Algérie la décolonisation très violente de la guerre d'Algérie la guerre d'Algérie c'était plutôt une exception à la règle de la colonisation française la guerre d'Algérie il y a eu un transfert de population européenne et je pense que la colonisation de peuplement évidemment elle est très compliquée ensuite à gérer parce qu'il y a des gens qui viennent et qui s'installent chez les autres et qui prétendent être chez eux donc au bout d'un moment ça devient très difficile et ça a été très difficile et très violent et tu vois on retrouve ce problème avec l'immigration l'immigration ça peut être un bénéfice et moi je pense je ne fais pas partie de ceux qui pensent que l'immigration il y a une barrière culturelle s'ils ont telle ou telle religion on ne peut pas etc non mais il y a des conditions pour que ça se passe bien la condition c'est qu'il y a une croissance économique forte donc ton économie en est besoin et c'est vrai pour toi mais c'est vrai aussi pour ceux qui arrivent c'est important aussi d'avoir disons énormément d'enfants indigènes parce que l'assimilation ne peut se faire que par les enfants c'est les enfants qui font que les nouveaux venus les enfants des nouveaux venus immigrés vont se transformer en français c'est parce que les nouveaux arrivants se retrouvent dans des classes où il y a beaucoup d'enfants français c'est les enfants français qui vont les transformer en français donc résoudre le problème de la baisse de la natalité en faisant venir des palanqués de gamins qui vont se retrouver entre eux dans des ghettos c'est une idée complètement folle et la critique de la colonisation de peuplement par exemple d'Algérie c'est-à-dire que les européens disent on est chez nous on s'installe chez vous et là ça serait plus légitime en sensaire c'est-à-dire qu'on prend des populations qui vont se concentrer rester entre elles et dire on ne fait pas partie de votre société nous on veut installer une contre-société et ça ça serait bien donc pourquoi ça serait mal dans un sens et bien dans un autre parce qu'on en revient à cette idée de péché originel de l'Occident qui est une vieille idée chrétienne on a croqué la pomme etc etc donc pour répondre à ta question je pense que l'image qui me vient c'est celle du Titanic c'est-à-dire que si d'aventure il y avait une catastrophe planétaire sous forme climatique par exemple et qu'il y ait des canaux de sauvetage et que les pays du Nord soient des canaux de sauvetage est-ce que faire venir 4 ou 5 ou 6 fois la proportion des gens dans le canaux de sauvetage sur le canaux de sauvetage pour que tout le monde coule est-ce que ça servirait à quelque chose ?

Non on coulerait aussi et on les sauverait pas davantage Il y a des pays du Sud aussi

1:27:27
Présentateur

après le tropique du cancer et après le tropique du Kéat

1:27:30
Invité

Bien sûr bien sûr et je pense que les zones de haute et de basse pression je vais essayer d'expliquer à l'intérieur de l'Afrique par exemple c'est sur le continent africain et on le voit en Tunisie par exemple le président tunisien a des positions qu'on pourrait qualifier de xénophobes ou d'extrême droite il a un discours extrêmement virulent

1:27:49
Présentateur

contre les migrants qui a amené à énormément de violence

1:27:52
Invité

énormément de violence énormément de violence on voit que ces pays dits du Sud et notamment des pays musulmans n'ont aucune forme de pitié et aucune forme de compassion pour des migrants qu'il s'agisse des migrants économiques climatiques c'est quoi ton surnom

1:28:08
Présentateur

d'égyptien tu me diras pas non

1:28:10
Invité

tu fais de la plongée t'es bien essayé pas avec tu parles de palanquer moi je suis un plongeur très amateur je suis pas un pro de la plongée tu crois en dieu oui

1:28:21
Présentateur

c'est à dire que t'es un ami imaginaire

1:28:26
Invité

non c'est pas un ami imaginaire c'est que ce qui me fascine c'est le problème de la conscience c'est à dire que c'est pas la question c'est pourquoi c'est pas pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien c'est pourquoi on en est conscient pourquoi on a ce regard cet oeil ouvert sur le monde il doit y avoir il doit y avoir une raison à ça je ne sais pas si en revanche cette raison elle nous est accessible peut-être que non mais il y a une sorte de il y a un code il y a quelque chose il y a un programme enfin il y a quelque chose qui est qui est quand même assez fascinant dans l'organisation de l'univers et dans notre organisation parce que tu n'arrives pas à l'expliquer non fascinant d'abord parce que j'en suis conscient alors est-ce que ça veut dire que je me prends pour le centre du monde non mais on ressent quand même une idée d'harmonie cette idée elle est elle court dans toutes les civilisations humaines est-ce que c'est le mystère par exemple de l'art est-ce que le fait d'écouter une symphonie ou de voir une oeuvre d'art qui a traversé les siècles ça te renvoie à l'idée d'une sorte d'ordre d'organisation de l'univers et d'harmonie de l'univers peut-être peut-être en tout cas je n'ai jamais douté qu'il y avait quelque chose plutôt que rien en fait qu'il y avait quelque chose qu'il y avait une raison pour laquelle on avait cet oeil ouvert sur l'univers

1:30:06
Présentateur

tu crois en quel dieu ?

1:30:10
Invité

tu vas à la messe ? non je ne vais pas à la messe je ne vais pas à la messe et j'ai plutôt tu fais carême ? non non non je ne suis pas du tout contre les rites il s'avère que je n'adhère pas à aucune religion connue je pratique aucune religion connue mais c'est plutôt une sorte d'intuition de l'organisation de l'univers tu es franc-maque ? non

1:30:39
Présentateur

on t'a proposé ?

1:30:42
Invité

on propose à beaucoup de gens

1:30:44
Présentateur

tirer les bouboules c'est ça ? c'est un trêve de plaisanterie tu ne me diras pas ton surnom en égyptien ? si tu me donnes le tien

1:30:52
Invité

je te donne le mien non mais parce que le tien il est dissible ou pas ? oui si tu veux le dire

1:30:58
Présentateur

alors le mien je t'explique vas-y le mien il m'a été donné parce que je suis l'esclave de paix d'accord et toi c'est parce qu'on t'appelle poubelle de table c'est ça ? il y a un côté comme ça d'accord donc c'est moi à l'horizon tu vois chacun son karma c'est pas une histoire de karma c'est une histoire de compréhension compréhension t'as été à un mariage égyptien ? non du tout ?

1:31:26
Invité

non j'ai raté quelque chose apparemment ah ouais

1:31:29
Présentateur

surtout dans le sud extraordinaire mais c'est un pays absolument fascinant oui les égyptiens moi je préfère les égyptiens du sud la haute égypte ils sont plus cool ils sont plus fun

1:31:42
Invité

mais j'étais dans une famille qui venait de coptes qui venait de haute égypte

1:31:46
Présentateur

donc des chrétiens donc des chrétiens j'adore l'égypte ah mais c'est facile

1:31:51
Invité

on en parle

1:31:52
Présentateur

je ferai une émission spéciale égypte revenons à notre énergie à la chine et à ceux censés anticiper les conneries faire des plans à 30 ans y'a pas un commissaire au plan comment il s'appelle déjà comment il s'appelle déjà

1:32:11
Invité

ça me dit rien un centriste là Bérou un petit jeune ouais un petit jeune un start-upper de la politique

1:32:21
Présentateur

ouais ouais ouais là y'a un papier du financial times qui dit bon la chine est en train de sécuriser ses approvisionnements en uranium ça va mettre à peu près 5 ans à l'Europe pour pouvoir reconstruire une chaîne d'approvisionnement en dehors de Moscou c'est quoi ça c'est une erreur européenne c'est une erreur française de ne pas avoir anticipé ça c'est mais moi

1:32:44
Invité

il me semble encore une fois au risque de décevoir ceux qui attendent des professions apocalyptiques ou catastrophistes moi je pense que à partir du moment où la Russie a gagné sa guerre contre l'Ukraine ça va être un peu business as usual tu planes à 100 000 toi non non je veux pas dire que la Russie va nous vendre va nous revendre son gaz comme si c'était rien passé bon marché etc mais je pense que d'abord la Russie va quand même continuer à se méfier de la Chine et que là elle était bien contente finalement de pas se mettre complètement à dos la Chine mais la politique d'un état est quand même dans sa géographie je pense que la Russie est quand même très inquiète de ce qui peut arriver en Sibérie dans le voisinage d'une puissance aussi disons en plein boom comme peut l'être la puissance chinoise deuxièmement je pense que cette idée on s'est fait un peu peur avec cette démondialisation démondialisation il peut y avoir les gens vont anticiper les Chinois vont anticiper les Américains vont anticiper et nous on va rester comment ?

en short et en tom ? non parce que parce que tout de même moi je ferais le distinguo entre les questions militaires stratégiques de sécurité et les questions économiques si on est dans le business et dans l'économie il faut les découpler les Américains n'ont pas intérêt à ruiner l'Europe ça va pas les intéresser de ruiner l'Europe

1:34:02
Présentateur

à quelle échelle de temps ?

1:34:06
Invité

pour des raisons de sécurité ça les intéressait de couper les easy gaziers de l'Allemagne

1:34:12
Présentateur

ah non tu parles du pipeline ça les intéressait

1:34:15
Invité

ça les intéressait

1:34:17
Présentateur

t'as écouté t'as écouté l'ancien directeur de Stratford en 2015 en 2016 qui parle de ça non tu l'as vu ? non je l'ai pas vu qu'est-ce qu'il dit ? il dit quand même on va pas savoir comment arriver à persuader les Allemands de couper le cordon bélical résumé trivialement

1:34:33
Invité

oui c'était la seule possibilité qu'il y ait vraiment une indépendance un peu stratégique de l'Europe enfin la vague idée d'une indépendance stratégique de l'Europe c'est effectivement les matières premières russes et et la la technologie l'industrie allemande de l'Europe de l'Ouest tu joues au risque ?

j'ai joué j'y ai joué j'y ai joué depuis longtemps mais ce qui m'a vraiment beaucoup frappé c'est que j'ai lu le bouquin de Maurice Gourdeau-Montagne qui était le Sherpa de Chirac à l'époque où Chirac et Poutine n'étaient pas à la colle mais enfin quand même Poutine avait été assez estomaqué que la France tienne tête aux Etats-Unis dans l'affaire de l'Irak et à un moment Poutine ce que raconte Gourdeau-Montagne je pense que c'est vrai dans ses mémoires lui dit que Poutine veut faire savoir à Chirac qu'ils ont de beaux restes en matière de mathématiques de chercheurs et de technologies militaires et qu'ils sont très très intéressés à monter un partenariat avec l'Allemagne et la France là on est dans les années 2003-2004 et je pense que là quelque chose pouvait se jouer avec la Russie donc si ton idée c'est de dire que la Russie va pas passer l'éponge ou tourner la page c'est vrai que l'énergie va être plus chère en Europe c'est vrai est-ce que pour autant les Etats-Unis et la Chine vont cesser de commercer est-ce qu'on va aller vers la démondialisation est-ce que le plan de dédollarisation de la Russie et de la Chine va fonctionner comme ça à court terme moi je ne le sens pas trop comme ça mais je peux toujours me tromper

1:36:19
Présentateur

Comment t'analyses les BRICS ? Comment t'analyses l'Arabie Saoudite ?

1:36:25
Invité

Alors je pense que les gens en ont un peu marre quand même de l'extratoritorialité des lois américaines que ça c'est quand même c'est quand même poison

1:36:35
Présentateur

pour tout le monde Ça a été quand même gage de paix la Pax Americana pendant des années non ?

1:36:44
Invité

On le fait

1:36:45
Présentateur

l'avocat du diable

1:36:45
Invité

Oui tu peux parce que ça a eu cet effet là mais ça a eu surtout cet effet là paradoxalement pendant la guerre froide à partir du moment où les Etats-Unis n'ont plus d'adversaires en face ils ne se sont plus tellement tenus non plus ils ont commencé un peu à faire n'importe quoi et à propager le désordre et le chaos et à se transformer vraiment en une puissance hégémonique

1:37:11
Présentateur

Ils ont l'avenir la démocratie C'est ça et les droits de l'homme et les écoles pour les petites filles

1:37:17
Invité

Et c'est comme ça qu'ils rachètent les OADS et c'est comme ça qu'ils détruisent l'Irak et c'est comme ça etc Oui bien sûr mais cette histoire là

1:37:24
Présentateur

On ne casse pas mes rêves c'est bientôt Noël on n'a pas tous la chance d'avoir un ami imaginaire

1:37:29
Invité

Tu peux te donner ses coordonnées si tu veux Père Noël ? Non L'ami imaginaire L'ami imaginaire c'est plus vraiment l'ami américain En fait les Etats-Unis c'est vrai qu'ils ont offert une sorte d'assurance d'assurance vie à la fois militaire c'est la sécurisation par exemple des routes maritimes par la Navy américaine Surtout dans le collier de Perle Surtout dans le collier de Perle exactement dans les détroits aussi du Golfe Persique et tout ça que ça ça se payait parce qu'il faut toujours payer son service de sécurité C'est comme l'OTAN

1:38:12
Présentateur

non ?

1:38:13
Invité

C'est ça c'est l'OTAN L'OTAN c'est le vigile en fait de la mondialisation

1:38:18
Présentateur

Ou le mafieux

1:38:20
Invité

C'est un peu la même chose Tu payes une carte protection mais qu'est-ce que c'est

1:38:25
Présentateur

qu'un mafieux ? J'ouvre une parenthèse en 2024 on va faire une émission sur les religions c'est pour ça que je suis un petit peu taquin

1:38:31
Invité

Je sens en tout cas t'es prêt là t'es tout à fait prêt et vous allez inviter toutes les trucs humainiques j'imagine comme émission

1:38:39
Présentateur

On va commencer par notre ami François Très bien Je t'ai coupé

1:38:47
Invité

Oui il faut tout de suite viser viser haut

1:38:49
Présentateur

voir loin Oui au pire on arrivera sur la lune

1:38:52
Invité

En tout cas on en était où sur l'ami américain c'est ça ?

L'ami américain Le mafieux Le mafieux Je pense qu'il a pris un peu trop ses aises Voilà il a pris un peu trop ses aises Il a agi justement ce modèle de la mondialisation c'est le modèle du bon plaisir individuel vrai pour les individus et pour les dirigeants et pour chaque individu qui pense qu'il n'y a rien au-dessus de lui les Etats-Unis se sont comportés vraiment de manière absolument absolument égoïste et ce qui est normal d'ailleurs parce que plus aucune force pouvait les arrêter et donc des acteurs comme la Russie et comme la Chine se sont dit c'est très inquiétant c'est très inquiétant on ne veut pas qu'il nous arrive ce qui est arrivé à des entreprises qui se sont fait complètement essorer on ne veut pas beaucoup de pays se sont dit commencer par l'Iran c'est quand même très inquiétant d'être dans le collimateur des Etats-Unis ils peuvent pour un oui pour un non sur n'importe quel prétexte détruire l'Etat et créer le chaos etc donc tous ces gens-là ont cherché des gages et pour revenir à l'Arabie Saoudite oui l'Arabie Saoudite ne veut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et se dit les Etats-Unis on ne sait pas trop sur quel pied danser si un jour je ne sais trop quelle coalition au sein du Congrès se retourne contre nous on va se retrouver pieds et poingliés ou chassés par un coup d'Etat ou je ne sais trop quoi donc la manière dont les Etats-Unis ont lâché leurs alliés les uns derrière les autres ont été de défaites en défaites pardon en plus ça a incité ces pays dans un calcul absolument rationnel à se dire ce ne sont pas des gens fiables ou des gens sérieux donc on va soit s'organiser complètement de notre côté parce qu'on n'a plus le choix soit au moins ne pas mettre nous deux oeufs dans le même panier et avoir deux fers au feu et sincèrement je pense que c'est ce que la France aurait dû faire je pense que la France n'est pas terminée n'est pas finie ce plan européen c'est-à-dire ce plan de remplacer des gouvernements par une zone de libre-échange omni-tolérante ouverte aux migrants ouverte à tous les vents de la mondialisation et sous protection militaire américaine c'est très très imprudent oui c'est plus qu'imprudent donc la France là-dedans elle pourrait tout à fait reprendre ses billes la comparaison avec l'Inde est peut-être difficile parce que l'Inde maintenant est un pays qui a une masse critique mais la comparaison avec la Turquie à mon avis tient la route la Turquie a un PIB beaucoup plus petit que le nôtre a pas une population beaucoup plus importante que la nôtre et la Turquie arrive à naviguer pardon grosse inflation oui la Turquie a une grosse inflation mais la Turquie pour le coup ne sera pas nécessairement coupée du gaz russe voilà donc elle a réussi à naviguer et à défendre ses intérêts de nation ses intérêts d'état dans cet univers assez chaotique école de commerce le centre de l'économie c'est quoi ?

le centre de l'économie c'est pas que le pétrole c'est l'énergie c'est l'énergie en général oui il y a plusieurs sources d'énergie

1:42:17
Présentateur

et donc la Chine qui sécurise ses approvisionnements en uranium qui achète des mines qui passe des contrats à long terme

1:42:23
Invité

logique et plus fou encore qui va nous fournir la technologie de nos centrales dernier cri en plus si j'ai bien compris de 4ème génération

1:42:35
Présentateur

il nous restera quoi ? il nous restera

1:42:37
Invité

à nous reprendre en main il nous restera à atterrir dans la vraie vie dans le vrai monde peut-être c'est moins confortable que des rêveries douillettes ça c'est encore une autre question mais en tout cas pour le coup je pense que la France c'est pas en claquant des doigts ça va pas se faire tout seul mais la France a des moyens de se redresser d'abord un état il y a toujours une culture de l'état importante il y a une démographie aussi 1,8 même si c'est en partie dû à l'immigration pas que on est au-dessus de ce seuil fatidique de 1,5 on peut reprendre notre démographie la Chine c'est un des états du monde on parle beaucoup de la Chine qui sécurise ses approvisionnements en uranium etc la Chine c'est un pays quand même qui fait moins de 1 enfant par femme la démographie comme dit l'autre c'est vraiment le destin c'est à dire que ce qui est inscrit là dans le destin de la Chine c'est que demain la majorité des Chinois seront des petits vieux et il n'y a pas je ne vois pas les jeunes Chinois pousser deux chaises roulantes de vieux Chinois on sait que la démographie c'est souvent oublié mais c'est un des moteurs de l'économie donc oui l'économie ça fonctionne avec de l'énergie tu as tout à fait raison mais l'économie ça fonctionne aussi avec un renouvellement des générations et un moteur et une croissance démographique

1:44:06
Présentateur

au détriment du biotope

1:44:07
Invité

pas nécessairement pas nécessairement tu as des exemples oui le nucléaire c'est plutôt pas mal

1:44:14
Présentateur

l'économie pas au détriment du biotope

1:44:17
Invité

je vois ce que tu as je pensais que tu faisais allusion

1:44:21
Présentateur

les papous l'économie papou nuit à son biotope est-ce que l'économie des mayas oui nuisait à leur biotope qu'est-ce que ça a donné à force de construire des monuments avec de la chaux de 18 cm d'épaisseur sur tous leurs monuments

1:44:36
Invité

oui et puis le maïs je crois que c'était des trucs c'était des cultures qui

1:44:40
Présentateur

est-ce que l'économie abîmait les terres on peut on peut avoir une économie un système capitalistique durable dit durable dit on essaye de survivre sans se prendre le ciel sur la tête c'est toujours ce qui s'est passé jusqu'à présent c'est toujours pris le ciel sur la tête

1:45:01
Invité

à la fois on dit que les civilisations

1:45:04
Présentateur

pourrissent avant de tomber et que l'homme c'est l'inverse c'est-à-dire que l'homme pourrit après sa mort mais les civilisations pourrissent avant leur mort est-ce que tu sens un pourrissement de nos civilisations ?

1:45:22
Invité

c'est-à-dire que la réponse est presque dans la question si tu poses cette question elle était impossible à poser même il y a 30-40 ans elle était quand même assez bizarre assez extrémiste et elle est plus extrémiste parce qu'on a tous maintenant dans la tête que la civilisation occidentale est gagnée par une sorte de dégoût d'elle-même en réalité

1:45:42
Présentateur

de forfaiture

1:45:44
Invité

et puis on parle on parlait tout à l'heure de l'attitude à l'égard des flux migratoires mais c'est pratiquement dans tous les domaines qu'il y a un comportement

1:45:59
Présentateur

l'attitude face à l'homme pas aux flux migratoires face à l'idée qu'on se fait de l'humanité et si tu as vu des expulsions de migrants en Egypte les balance à la frontière une petite bouteille d'eau et puis salut bon pas tous

1:46:14
Invité

non mais ça c'est d'un point de vue c'est aussi un point de vue très judéo-chrétien c'est pas l'idée que que l'autre est un frère c'est pas c'est pas un universel humain pour le coup vraiment mais je parlais je fais allusion à la civilisation occidentale moi je dirais deux choses je dirais qu'on a oui cette conscience aujourd'hui en Occident d'être sur une phase déclinante parce que on attend enfin ce qui faisait la force de l'Occident c'est le c'est un peu l'idée de du prophétisme qui est commune aux juifs et aux chrétiens c'est à dire d'attendre quelque chose de l'avenir et d'être capable d'une forme d'optimisme le défaut des civilisations occidentales c'est qu'elles sont assez instables mais leur force c'est quand même d'espérer quelque chose de l'avenir et cette idée même pas du mythe du progrès à la mode Auguste Comte etc mais juste simplement le fait de se projeter sur l'avenir ce qui est vraiment enfin ce qu'on voit d'ailleurs dans le fait de faire des enfants ce qu'on voit dans le fait d'investir le taux d'investissement ce qu'on voit dans le fait de transmettre de former les jeunes générations l'idée que quelque chose voilà va nous succéder et que demain peut être meilleur qu'aujourd'hui cette idée là elle est effectivement attaquée à la racine je pense qu'elle est attaquée à la racine pour revenir au point de départ sur cette idée qu'il n'y a rien au-dessus de l'individu l'individu est le début et la fin de lui-même finalement dans ce modèle d'économie pur et parfum de modèle néoclassique qui est aussi le modèle 68 art l'individu est sa propre fin en quelque sorte et là il y a quelque chose de très déprimant là-dedans on a l'impression qu'il n'y aura rien après nous donc d'une certaine façon le seul le seul mouvement le seul mouvement enfin le mot comment on pourrait dire le seul courant de pensée qui verbalise et qui rend conscience ce dégoût de soi des occidentaux c'est le wokisme par exemple mais en dehors du wokisme il y a de multiples expressions de cette espèce de fatigue d'être soi donc oui on a cette impression qu'on est un peu à la fin de l'empire romain qu'on ne croit plus dans nos modèles et qu'on est fatigué d'être ce que nous sommes en fait de porter pourquoi tu juges entre guillemets le wokisme comme ça moi je ne juge pas le wokisme j'écoute ce que le wokisme dit il dit quoi le wokisme dit que tous les qu'est-ce que j'entends oui d'abord les wokismes comme tu sais les woke refusent d'être appelés eux-mêmes woke c'est rien du tout à l'origine c'est eux qui ont forgé ce terme et maintenant ils le rejettent ce que disent les woke c'est que tous les péchés du monde viennent du mal blanc occidental hétérosexuel du patriarcat etc en fait c'est la la conscience enfin aucune civilisation ne peut fonctionner sans avoir une sorte de confiance en soi de confiance dans son propre modèle dans ses propres valeurs le wokisme c'est l'expression de la détestation de soi par l'occident à l'intérieur de l'occident l'occident se rejette lui-même alors bon c'est pas la première fois qu'il le fait mais c'était déjà le mythe du bon sauvage de vouloir penser qu'il y avait que nous étions dans la faute et dans le péché et qu'en dehors du monde occidental il y avait un être humain qui était à l'abri de toute de toute flétrissure mais désormais nous pensons que la pollution les crises économiques les totalitarismes l'esclavage la colonisation etc tout et les guerres ça vient du monde occidental si l'occident se liquide lui-même disparaît eh bien voilà on va sauver le monde en quelque sorte c'est aussi pour ça qu'il y a ce rapport aux migrants c'est-à-dire que le migrant c'est un peu celui qui va racheter les péchés du monde et comme nous avons beaucoup péché alors nous polluons beaucoup nous détruisons le monde nous prenons les matières premières du monde en fait la France a jamais aussi peu piqué les matières premières de l'Afrique alors que la Russie et la Chine s'en emparent et font main basse comme jamais mais jamais alors moins on pique les matières premières de l'Afrique et plus on s'accable de piquer les matières premières de l'Afrique et plus on laisse les autres le faire à notre place tout en nous accusant toujours de le faire ça c'est absolument fascinant mais si t'avais une chose positive à dire sur les woke c'est toujours bon

1:51:15
Présentateur

de penser contre soi voilà question internet bonsoir l'équipe demandez à Guillaume qu'il vous parle de son dernier rapport avec l'ARCOM et de l'association France Souveraine issue de la revue de la revue Front Populaire tu veux t'exprimer tu veux pas t'exprimer c'est en cours c'est pas

1:51:37
Invité

oui non c'est en cours et puis je suis un peu jugé parti dans l'histoire donc j'en dirais pas grand chose si ce n'est que France Souveraine c'est vrai que c'est une émanation de la revue de Michel Onfray Front Populaire que je pense beaucoup de gens connaissent maintenant et que Front Populaire ni France Souveraine qui a rassemblé au départ les lecteurs et les abonnés de Front Populaire n'a d'objectif ou d'intention politique ni à se présenter à des élections ni d'ailleurs à avoir un positionnement qu'on pourrait ranger dans une case droite gauche centre extrême etc le propos de Michel Onfray avec la revue de Front Populaire c'était de rassembler les souverainistes de gauche de droite du centre des extrêmes de nulle part et d'ailleurs donc bon voilà je pense que l'Arcom je fais confiance à l'Arcom et à cette autorité administrative pour ne pas me compter comme étant un représentant de telle ou telle chapelle politique en fait vraiment je peux dire beaucoup de bêtises comme tout le monde mais en tout cas je ne défends pas une chapelle ou un camp en particulier d'ailleurs c'est intéressant on peut peut-être faire une insise sur cette notion de souverainisme moi j'aime pas trop cette expression mais en tout cas de souveraineté pour moi la souveraineté c'est normalement un bien commun on parlait de bien commun tout à l'heure ou d'intérêt général ça devrait les gens de gauche comme de droite devraient se réclamer de la souveraineté après tout la souveraineté c'est ce qui nous réunit c'est les institutions du 4 octobre 58 c'est l'article 3 de la constitution c'est vraiment la pierre de touche la souveraineté c'est le synonyme de démocratie c'est la nation qui se gouverne elle-même c'est rien d'autre que ça la souveraineté donc la souveraineté les souverainistes ne devraient pas être un parti politique ou être une chapelle en quelque sorte tous les partis en démocratie en république devraient être souverainistes voilà alors il s'avère que quand on regarde prenons juste l'histoire de la république rapidement de 1789 jusqu'à aujourd'hui il y a toujours eu dans l'histoire de notre république des gens pour contester le régime républicain il y a eu des monarchistes peut-être jusqu'en 1877 puis ensuite il y a eu le courant socialiste marxiste puisque le royalisme avait quasiment disparu voilà il était un peu folklorique sous les années 20-30 mais il a disparu pratiquement et ensuite il y a eu jusqu'à peut-être en 1989 en 1991 un courant qui voulait voilà le courant le courant communiste le courant socialiste enfin tous les courants possibles et imaginables de l'extrême gauche révolutionnaire qui voulaient la dictature du prolétariat qui voulaient jeter à bas la république bourgeoise on peut dire c'était une contestation de cette notion de souveraineté donc tu vois la monarchie l'idée monarchique contestait la notion de souveraineté républicaine et le marxisme contestait la notion de souveraineté républicaine et là on se dit bon bah c'est fini 1989 1991 il n'y a plus de combattants en quelque sorte et la république a définitivement gagné où l'idée de démocratie est définitivement gagnée c'est raté c'est raté parce que justement le courant des européistes cette idée de vouloir fabriquer une sorte d'état européen c'est précisément de porter atteinte à la souveraineté nationale et populaire l'idée de l'Europe la construction de l'Europe c'est vraiment un dépassement de la démocratie et c'est ça que moi j'ai démissionné de France Souveraine mais France Souveraine n'était pas un parti c'est plus une sorte de think tank qui réfléchissait à comment cette idée cardinale et clé dans le système républicain démocratique c'est à dire de la souveraineté nationale et populaire était en train d'être remise en cause lentement mais sûrement avec une idée justement de management avec une idée qu'on n'allait plus avoir une démocratie politique on allait avoir une sorte de gouvernance d'entreprise à l'échelle européenne en quelque sorte et que finalement les autorités avec la souveraineté européenne nous préparaient une sorte de fusion acquisition c'est ni plus ni moins une fusac en réalité entre des pays avec l'idée que c'est le marché mondial c'est qu'on doit on doit régir le tout non plus en fonction d'une majorité de suffrages exprimés mais on doit régir le tout de manière quasiment scientifique ou mathématique à partir de lois de l'économie pour que ça soit conforme aux besoins du marché mondial en fait c'est ça la construction européenne

1:56:06
Présentateur

question internet les 20% alors on vérifiera les chiffres plus tard ou maintenant question de Cizelle bonsoir Cizelle comment

1:56:14
Invité

je dis bonsoir Cizelle

1:56:15
Présentateur

les 20% les plus riches de la planète monopolisent plus de 94% des richesses du monde c'est de la détestation de soi c'est judéo-chrétienne

1:56:24
Invité

non mais ces 20% à mon avis ne sont plus à l'heure qu'il est que des occidentaux déjà pour commencer et je pense que c'est un ce n'est pas comment cet écartement des revenus lié à la mondialisation c'est à dire lié à cette utopie de faire disparaître les démocraties au profit d'une sorte de pilotage automatique via le marché mondial et la bonne gouvernance et le management et une sorte de science qui dit faites du marketing faites de la communication manipulez les peuples comme si manipulez les peuples comme ça etc et il y aura un pilotage automatique et ce sera une optimisation sous contrainte de la gouvernance laquelle gouvernance va fonctionner au profit des plus riches ça c'est pas exactement notre régime politique l'Occident ne croit pas à la mondialisation capitaliste c'est un dévoiement du modèle occidental je ne sais pas si j'ai répondu à Cizel mais sa remarque ça consiste à dire que les occidentaux sont plus riches ou est-ce que ça consiste à dire il faut lui poser la question qu'il y a un dévoiement ou une corruption des démocraties occidentales avec un écartement des revenus et une hyper concentration des revenus et là c'est vrai qu'on passe d'une idée à l'autre c'est deux idées distinctes à l'intérieur de toutes les démocraties occidentales maintenant il y a une hyper concentration des revenus et une explosion façon pose des classes moyennes qui était quand même le baril centre des démocraties et de l'autre côté on continue à avoir une concentration des richesses dans les pays occidentaux mais c'est pas exactement la même chose je pense que s'il y a une concentration des richesses dans les pays occidentaux c'est d'abord parce que jusqu'à maintenant jusqu'à la mondialisation donc c'est quand même assez récent ce sont les pays occidentaux qui étaient les plus productifs tu joues au tennis ?

non enfin si mais tennisman

1:58:21
Présentateur

comment analysez-vous les très mauvaises alors question de Anne comment analysez-vous la très mauvaise situation économique de la Grande-Bretagne Brexit ? Ok

1:58:31
Invité

Bon très mauvaise situation est-ce qu'elle est beaucoup plus catastrophique que les pays de la zone euro il faudrait enfin que les pays de la zone euro que les pays de l'Union Européenne tout court ça mériterait d'être vérifié je pense que la Grande-Bretagne n'est pas sortie de ce modèle de mondialisation qui est un modèle où je répète l'idée l'idée assez simple le capitalisme ne veut plus de risque concentre des revenus et veut jouer à risque version économique à l'échelle planétaire au détriment des classes moyennes donc oui c'est quelque chose qui n'est pas très stable qui ne fonctionne pas bien donc la Grande-Bretagne elle est sortie de l'Union Européenne mais elle continue exactement la même politique de mondialisation qui ne fonctionne pas qui n'est pas équilibrée

1:59:20
Présentateur

Est-ce que tu as un sujet que tu souhaiterais aborder avec nous ?

1:59:24
Invité

Je réfléchis peut-être qu'on peut revenir un instant sur cette histoire Bruno Le Maire Oui c'est fascinant Bruno Le Maire tu cherchais un ami invisible lui il est c'est un je ne sais pas si Bruno Le Maire il peut m'inspirer quoi que ce soit l'homme qui voulait mettre à genoux l'économie russe c'est ça ?

1:59:51
Locuteur

Non

1:59:51
Présentateur

l'homme qui nous parle d'inflation Emmanuel Macron peut-être comment il s'appelle notre ministre des affaires étrangères comment tu sais ?

2:00:06
Invité

Le ministre actuel des affaires étrangères comment s'appelle-t-il ? J'ai un trou de mémoire Emmanuel Macron non mais il s'appelle comment le ministre des affaires étrangères ? C'est pas le Drillon ?

Non le Drillon c'était avant attends il va me revenir enfin ça va me ça va me revenir tout à l'heure C'est peut-être une femme non c'est peut-être pas une femme C'est Colonna oui c'est Catherine Colonna exactement mais tu vois c'est intéressant que que je que je n'ai pas le nom tout de suite parce que ils sont absolument interchangeables et qu'en fait à part Emmanuel Macron c'est une de ses caractéristiques voilà les gens qu'il qu'il place enfin j'exagère un peu parce que je pense que il y a quand même quelques ministres dits politiques c'est-à-dire qui ont qui ont quand même des ambitions personnelles sont assez affichées enfin pas ou alors ils les cachent très très mal Gérald Darmanin Gabriel Attal etc.

et que pour la plupart le reste des ministres sont des gens complètement interchangeables

2:00:59
Présentateur

Entre les deux tu choisirais qui ? Oui j'ai choisi

2:01:02
Invité

Aucun des deux voilà c'est réglé non aucun des deux

2:01:05
Présentateur

Tu vois l'élection en 2027 ça se passe bien pas bien plutôt centre droite gauche comment ça se passe ?

2:01:16
Invité

Marine Le Pen la vie est plutôt sur les starting blocks elle est plutôt sur les starting blocks parce que la bonne gouvernance l'idée de mélanger malheureusement on n'a parlé que de l'aspect économique des choses avec le système capitaliste libre marché tout privatiser privatiser les pertes enfin nationaliser les pertes et privatiser les gains et tout ça et cette idée de bonne gouvernance capitaliste avec construisons l'Europe qui protège les marchés contre l'intérêt des salariés on a parlé de ça mais on n'a pas vu que c'était quand même très connecté à une vision très très extrême des droits de l'homme quand même on n'a pas bouclé cette affaire mais on établit rarement le lien qu'il y a entre un état finalement assez peu répressif le gouvernement des juges on va dire ça comme ça l'état de droit donc vraiment le droit qui neutralise un peu le côté régalien ou répressif ou punitif de l'état et ce modèle économique pourquoi il y a ce lien entre les deux parce qu'au coeur du sujet au coeur du dispositif il y a le bon plaisir individuel de même qu'on peut faire du business sans entrave de même qu'on peut se déplacer être dans un port enfin comme on veut aller s'installer dans n'importe quel pays les juges estiment qui sont-ils pour juger d'autres individus et pour les mettre en prison et pour restreindre leur liberté donc le système est un peu bouclé comme ça et donc moi je pense que le système il arrive à bout de course c'est à dire que cette bonne gouvernance elle elle fait erreur système elle bug alors là elle a bugué sur la guerre en Ukraine avec des effets de bord évidemment très graves sur l'inflation l'énergie etc

2:03:06
Présentateur

les médias ils traitent correctement le sujet de la guerre en Ukraine de la guerre en Ukraine ou de la guerre israélo-palestinienne ou de la guerre au Nigeria ou de la guerre au Yémen au Tigré en Ethiopie

2:03:19
Invité

non bah non non non ils traitent pas enfin on a une vision qui est très très très parcellaire du monde d'ailleurs cette représentation de la mondialisation c'est toujours les mêmes pays c'est une sorte de couche la communauté internationale oui c'est ça c'est une fine pellicule les questions des Etats-Unis de la Chine de l'Union Européenne vaguement de quelques émergents et voilà prenons la guerre Éthiopie avec le Tigré là et l'Érythrée 500 000 morts en deux ans voilà personne n'en a entendu parler donc pour répondre à ta question non je pense qu'il n'y a pas il suffit d'ailleurs de regarder les médias anglo-saxons les médias britanniques tu te rends compte qu'il y a tout un continent complètement oublié qui est gigantesque enfin plus d'un milliard d'habitants tout ce monde indo-pakistanais il s'y passe des choses c'est très important c'est très intéressant en France il n'y a pas de son pas d'image voilà par exemple mais on pourrait multiplier les exemples donc oui on a une représentation du monde qui est finalement assez limitée et les médias ont des prismes qui sont très très étroits sur cette guerre en Ukraine moi ce que je trouve intéressant c'est qu'on a on sent un peu la perte du point de vue français c'est à dire que on a des partisans de Joe Biden et des ukrainiens et on a des partisans de Poutine parce que Poutine va nous venger des woke je ne sais pas trop quoi et de l'autre côté on a Joe Biden et Zelensky qui va défendre la démocratie et les droits de l'homme non seulement c'est une vision extrêmement manichéenne mais surtout nous français nous sommes sommés en quelque sorte de prendre parti c'est à dire que la position consistant à dire écoutez c'est une tragédie les deux partis comme dans la question israélo-palestinienne d'ailleurs c'est pas les bons contre les méchants c'est pas les indiens contre les cow-boys ça ressemble plus à une tragédie grecque où les acteurs de ce conflit dans les deux cas vraiment sanglants ont de bonnes raisons de se battre d'ailleurs et on serait à leur place on se battrait aussi c'est un discours inaudible absolument inaudible il faut que à la mode américaine tout soit restitué en bien et en méchant il y a se battre

2:05:27
Présentateur

et puis il y a les bouchées le Hamas

2:05:31
Invité

oui bien sûr qu'il y a des bouchées mais le problème de ces de ces bouchées c'est que c'est que ce sont les bouchées ne sont pas toujours des imbéciles c'est le il n'y a pas ça nous révulse donc on a l'impression que l'inhumanité la cruauté le sadisme poussé à un certain niveau c'est forcément l'expression d'une bestialité ou d'une bêtise dans le cas du Hamas malheureusement je crains que cette horreur absolue du 7 octobre c'est quelque chose qui a été pensé méticuleusement pensé méticuleusement exécuté d'ailleurs

2:06:10
Présentateur

est-ce que la réponse israélienne ne va pas provoquer une arithmétique de la rébellion dramatique pour la région et dramatique pour le monde est-ce que la réponse israélienne ça fait des gamins qui se font écraser sous les décombres ça fait des femmes et des enfants et des personnes âgées ravagées est-ce que les répercussions de cette réponse ne va pas plus cette délétère qu'autre chose

2:06:41
Invité

avec la distance qu'on a nous parce qu'on n'est pas partie prenante directement oui c'est ce qu'on se dit et on sait bien que quand on fait des dégâts collatéraux on prépare des ennemis c'est sûr c'est une bande annonce c'est un plan le bombardement des civils à Gaza c'est un plan de communication pour le Hamas ou pour ce qui viendra après le Hamas qui peut être pire que le Hamas fantastique on est d'accord là-dessus mais du point de vue des israéliens je ne suis pas certain d'abord qu'ils aient beaucoup d'autres issues la vengeance je ne dirais pas que c'est la vengeance je pense qu'il y a une dimension disproportionnée dans la réaction pas sur le plan moral mais sur le plan simplement du body count comme disait donc le saxon mais surtout il y a pour eux cette idée qu'il faut vraiment qu'ils marquent les esprits qui frappent un grand coup pour avoir un effet dissuasif que s'ils ne font pas ça non seulement la leçon ne va pas être retenue et puis surtout les capacités opérationnelles en face ne seront pas détruites donc pour eux il n'y a pas tellement de choix en plus je pense que les israéliens sont dans cette optique il y a très longtemps c'est la phrase de Goldamer les juifs je pense que ça s'applique davantage aux israéliens d'ailleurs mais la formule originale de Goldamer c'est les juifs préfèrent désormais et préfèreront à l'avenir les reproches aux condoléances c'est à dire qu'en fait il y a vraiment engrammé chez les israéliens l'idée que quand les juifs d'Europe se sont fait assassiner personne n'a bougé et ça n'a intéressé personne et quand on a proposé à Roosevelt de bombarder les voies ferrées il a dit je ne fais pas à l'égard des juifs et ça ils l'ont gardé en tête et donc ils se sont dit bon le monde entier va nous détester mais de toute façon ils nous détestent déjà et de toute façon on a déjà failli passer à la casserole une fois donc on ne repassera pas deux fois à la casserole là où ça devient une vérité là où je peux comprendre aussi de ce point de vue israélien c'est qu'effectivement avec le recul qu'on a nous on dit mais attendez les gars vous êtes justement en train de creuser à votre propre tombe et c'est la force prémonitoire de la conférence de presse du général de Gaulle après la guerre de 67 de dire mais ce que vous avez fait est incroyable vous avez réussi d'abord vous avez bâti un état à la sueur de votre front vous l'avez et vous avez réussi finalement à vous bon an mal an à vous faire accepter si vous allez plus loin vous allez être rejeté et devenir complètement illégitime pour les israéliens ils pensent qu'ils sont de toute façon dès le départ illégitimes que les arabes ont refusé de faire la paix et qu'ils refuseront toujours de faire la paix donc la seule solution c'est de leur imposer un rapport de force et la seule solution on l'a vu en ces jordanies c'est de grignoter de grignoter etc moi je crois aussi qu'on peut tout faire avec des baïonnettes dit Bonaparte sauf rester à ci-dessus là il va y avoir une administration militaire israélienne à Gaza combien de temps ça va durer quels effets ça va avoir sur la population et sur la sécurité d'Israël grand point d'interrogation et au-delà de toutes ces considérations il y a quand même une bombe à retardement démographique si on considère que Gaza la Cisjordanie et les arabes israéliens au total ça fait quoi ?

ça fait 6-7 millions de personnes il y a 6-7 millions de juifs en face les uns et les autres n'ont pas la même démographie si on ajoute qu'à l'intérieur de la population israélienne il y a en plus une minorité croissante de fanatiques religieux qui se reproduisent vitesse grand V tout ça c'est assez inquiétant pour la stabilité de long terme de l'état d'Israël donc mon diagnostic comme je ne vois pas de catastrophe je pense que les choses vont je disais business as usual c'est à dire que je ne vois pas la démondialisation et une rupture totale entre les Etats-Unis et la Chine il y a quand même beaucoup d'intérêts économiques croisés et à un moment tout le monde va reprendre les activités commerciales classiques de la même façon je pense que les Israéliens vont militairement l'emporter il y a une telle disproportion de force donc ils vont leur mettre une pilée et je pense que business as usual c'est à dire l'Arabie Saoudite même si l'Arabie Saoudite a envie de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et quand même de faire des risettes à la Russie et à la Chine ça ne veut pas dire que l'Arabie Saoudite ne va pas avoir intérêt avec les technologies militaires israéliennes avec l'aide qui voudra l'aider trouver un allié contre l'Iran parce qu'à mon avis l'Arabie Saoudite est quand même beaucoup plus inquiète par l'Iran bien sûr que par Israël donc la plupart des pays arabes vont moi je pense que le véritable danger c'est la bombe démographique pour l'avenir sur le territoire disons Israël plus Israël plus Israël plus Gaza c'est ça et à l'intérieur d'Israël c'est ça qui est dangereux pour Israël les états arabes attention les états arabes il faut peut-être découpler les gouvernements arabes des populations arabes justement qui ne sont pas tout à fait alignées sur leur gouvernement mais enfin les gouvernements arabes moi je pense ont accepté Israël comme un fait accompli et je ne les vois pas faire la guerre à Israël ou monter des coalitions à court terme voilà moi je pense que Israël a 15 ou 20 ans devant eux et aujourd'hui l'opinion mondiale est à cran et c'est normal mais le temps va passer et c'est le calcul aussi des Israéliens

2:12:07
Présentateur

Israël reconnaît la cour pénale internationale ou pas ?

2:12:11
Invité

je crois que non mais tu le sais peut-être

2:12:15
Présentateur

je te pose la question

2:12:16
Invité

alors il faut le vérifier je ne serai pas catégorique

2:12:20
Présentateur

on vérifiera est-ce que tu as trois bouquins à conseiller à notre communauté ? ah un livre

2:12:30
Invité

que j'avais lu rapidement trop rapidement et que j'ai relu récemment et que je trouve vraiment très puissant avec une préscience une prémonition incroyable le dernier livre de Bruno Le Maire voilà tu as trouvé l'ami très visible non c'est Christopher Lash la culture du narcissisme texte de 79 de sociologue historien américain assez connu c'est un peu un classique Lash est très étonnant dans ses prémonitions je recommande à tout le monde de lire ce texte il y a une anticipation justement je reviens un peu à cette idée d'une société sans surmoi en fait qu'est-ce que ça peut donner une société qui essaye de fonctionner de manière totalement narcissique en considérant que les individus ne sont plus sous une loi commune c'est Christopher Lash alors tu dis trois livres c'est ça ?

bon allez on va rester dans les dans les relectures enfin moi je ne l'avais pas lu mais on m'a conseillé de le lire mais c'est un texte qui est déjà qui date un peu c'est Paul Yonnet voyage au coeur du malaise français texte qui avait fait polémique à l'époque et qui est un texte qui pose une question d'une actualité brûlante c'est qu'est-ce qui se passe si on attaque sous couvert de SOS racisme de retour aux origines de valoriser les origines des immigrés en creux dit Yonnet c'est quand même une mise en cause de ce qui fait le creuset français de ce qui fait l'affection sociétatiste français de ce qui fait un peu la marque de fabrique ou la signature de la nation française c'est évidemment quelque chose de très de très abstrait de très subjectif c'est l'idée que la France ne connaît que des citoyens égaux et bien en fait valoriser il explique ça et valoriser dans un contexte de montée de l'extrême droite on est dans les années 80 et de montée parallèle de SOS racisme qui valorise les origines et bien en fait on est en train d'abîmer vraiment le récit national et Yonet dit qu'il y a quand même quelque chose de très très dangereux là-dedans alors il ne parle pas de guerre civile mais il dit qu'effectivement on va vers des temps très troubles voyage au cœur du malaise français Paul Yonet livre des années 80 je précise tout de suite c'est des lectures qui sont récentes et c'est des textes que je trouve que je recommande parce qu'il me semble que ce n'est pas nécessairement des textes toujours très connus Gabriel Martinez-Gro historien aussi s'appelle La fascination du djihad mais c'est quelqu'un qui a travaillé beaucoup il a fait un livre qui s'appelle La traîne des empires je crois il a travaillé beaucoup sur les grandes invasions musulmanes les invasions de la steppe La fascination du djihad c'est absolument fascinant c'est un livre qui s'appuie beaucoup sur la pensée d'Ibn Khaldun probablement le père de tous les sociologues ce grand penseur du monde arabo-musulman qui est à peu près à l'âge de la renaissance pour nous et dit et ce que raconte Ibn Khaldun que reprend Martinez-Gro c'est qu'une société ne peut fonctionner finalement que si elle a une cohésion on revient à cette idée d'intérêt général elle a une cohésion forte et elle est prête à défendre les armes à la main cette cohésion et elle est toujours consciente que l'inimitié la guerre peuvent être de retour et pourquoi il est fait référence à Ibn Khaldun parce qu'Ibn Khaldun a vécu l'effondrement de ces sociétés notamment de l'Andalousie c'est-à-dire des sociétés qui étaient des sociétés issues d'une conquête de peuples du désert très aguerris qui avaient conquis des sociétés qui se sont on dirait aujourd'hui dans notre vocabulaire qui se sont un peu embourgeoisées empâtées et qui finalement trois quatre cinq générations après n'étaient plus en mesure de se défendre et qui veut la paix prépare la guerre et comme il n'était plus en mesure de se défendre comme finalement il n'avait plus le terme arabe c'est d'assabia c'est-à-dire de cohésion de force de cohésion mais en même temps de croyance très forte qui les reliait entre eux et qui leur permettait d'avoir une raison d'aller à la guerre ensemble finalement comme cet assabia s'était effondré et bien ces empires se sont effondrés et voilà c'est ce que rappelle Martinez-Gro dans ce texte ça me fait penser à cette expression qui est très à la mode qui est le vivre ensemble et je pense que ce texte de Gabriel Martinez-Gro Martinez-Gro étant son nom de famille s'appelle La fascination du djihad et il traite de cette question de l'expression du vivre ensemble et il dit il n'y a pas de vivre ensemble en fait il y a une société ne peut tenir que si ceux qui habitent ensemble dans la cité ou dans la société donnée sont capables de mourir côte à côte pour un bien commun ensemble si ce bien commun disparaît ils ne sont pas capables de se défendre les uns à côté des autres et bien la cité disparaît et il n'y a pas de vivre ensemble il y aura un mourir séparément

2:17:56
Présentateur

est-ce que tu as un conseil pour les jeunes générations une bouteille à la mer quelque chose d'impérissable qui restera sur les réseaux oula oula oula avant la prochaine tempête solaire

2:18:06
Invité

l'important c'est là c'est la transmission c'est à dire finalement on en revient à cette idée il faut quelque chose qui pour vivre heureux il ne faut pas vivre pour soi paradoxalement non pas caché non plus mais il faut quelque chose qui dépasse l'individu c'est ce qui fait il y a une espèce de fuite en avant dans un moment très bref qui est ce moment de la vie une espèce de fuite en avant mais cette fuite en avant elle n'a un sens elle a un sens que si on est précédé par quelque chose on est suivi par quelque chose donc je dirais faites des enfants faites tout le contraire de ce que vous raconte le wokisme faites des enfants transmettez et recherchez quelque chose qui vous dépasse en fait c'est plus égoïste le narcissisme l'idée de vivre pour soi de rechercher son intérêt de se réaliser soi-même enfin tout ce délire des enfants ?

oui j'ai des enfants combien ? deux tout ce délire de développement personnel comme on dit ça rend malheureux finalement ça rend malheureux la clé d'une vie réussie c'est quand même de transmettre enfin de faire quelque chose qui va qui est plus important que soi tout simplement

2:19:49
Présentateur

Guillaume Bigot

2:19:51
Invité

merci merci Sky bye