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interviewRCF — L'Invité de la Matinale· 2 octobre 2022 15 min

Antoine Léaument, député LFI de l'Essonne

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Une rentrée parlementaire sous haute tension. Les députés retrouvent les bancs de l'Assemblée nationale aujourd'hui avec sur la table des dossiers brûlants, la réforme de l'assurance chômage, le vote du budget mais aussi la réforme des retraites. Les débats s'annoncent tendus alors qu'Emmanuel Macron menace déjà les députés d'une dissolution. Bonjour Antoine Léaumant.

0:24
Antoine Léaument

Bonjour.

0:25
Présentateur

Vous êtes député France Insoumise de l'Essonne. Alors avant de parler de cette rentrée, je voudrais vous faire réagir tout de même à cette actualité. Une deuxième main courante a été déposée par l'ex-compagne d'Adrien Quatennens, député et ancien ex-désormais coordinateur de la France Insoumise. Main courante pour des faits de harcèlement par SMS. Après donc une première main courante pour des faits de violence, il s'était donc mis en retraite sa fonction de coordinateur de la France Insoumise. Au sein du mouvement, vous aviez alors estimé que ça suffisait de se remettre en retraite cette fonction.

Mais aujourd'hui, avec cette deuxième main courante, doit-il démissionner de son mandat de député selon vous ?

0:59
Antoine Léaument

Non, je pense que là, il y a une deuxième main courante. C'est un fait nouveau. Adrien a reconnu des faits de violence. Les faits de violence sont condamnables, éminemment. C'est d'ailleurs ce que nous avons fait. Et vous l'avez dit, Adrien s'est mis en retrait du mouvement. Il s'est également mis en retrait de sa fonction parlementaire pour l'instant.

1:16
Présentateur

Il ne chègera pas cet après-midi ?

1:17
Antoine Léaument

Non. Il y a une main courante qui est déposée. C'est un fait nouveau. Mais néanmoins, il faut maintenant que ce soit la justice qui décide. Il y a une affaire judiciaire qui est en cours. Donc je pense que c'est ce qu'il faut laisser désormais faire. Je redis, parce que c'est important, que les violences sont toujours condamnables. Et je pense que nous avons pris une bonne décision en prenant les décisions que nous avions prises pour l'instant.

1:41
Présentateur

À quel moment il devra démissionner ? Quel est le seuil selon vous ?

1:45
Antoine Léaument

C'est à lui d'en décider d'une part. Après, il faut regarder ce qu'il y a dans cette main courante. Moi, je trouve qu'il y a une porosité désormais qui est totale entre la police et la presse. On a l'impression que dès qu'il se passe quelque chose au niveau de cette affaire-là, ça part directement dans la presse. Donc j'attends de savoir de quoi il s'agit et que la justice tranche. Il me semble que si Adrien devait être condamné, la décision devrait s'imposer, à mon sens.

2:14
Présentateur

Et en même temps, une porosité aussi avec le milieu politique. On sait que plusieurs partis, dont le vôtre, ont des cellules dédiées aux questions des violences sexistes et sexuelles, se chargent d'avancer sur ces questions, de traiter certains dossiers. Est-ce que c'est vraiment aux partis, notamment la France Insoumise, de s'en charger ? Ou est-ce qu'il ne faut pas justement laisser à la justice le temps de faire son travail ?

2:33
Antoine Léaument

C'est une question qui est assez complexe parce que, vous voyez, nous on a mis en place une cellule pour permettre aux femmes qui sont victimes de violences de pouvoir en parler pour que des mesures soient prises pour éviter qu'il y ait d'autres personnes qui soient victimes de violences sexistes et sexuelles. C'est ça l'idée de ce... ou que des actes se reproduisent. C'est ça l'idée de ce genre de cellules, ou pour qu'on évite de mettre à des postes de responsabilité des gens qui se seraient rendus coupables de violences sexistes et sexuelles.

Bon, je trouve que c'est des structures qui sont positives, qui vont dans le bon sens, qui permettent au moins d'agir sur ce plan-là auprès de femmes qui ne vont pas forcément vouloir aller porter plainte, aller devant la police, aller devant la justice. Parce que parfois, les femmes n'ont pas envie d'aller jusque-là. Et donc, c'est des structures qui ont une utilité qui est très forte. Et je trouve un peu...

3:26
Présentateur

Mais elles ne se suffisent pas elles-mêmes, de fait.

3:28
Antoine Léaument

Elles ne se suffisent pas elles-mêmes. Et il y a des actes qui sont répréhensibles et qui doivent être punis par la justice. Enfin, ça, il n'y a pas de souci là-dessus. Mais je trouve qu'il y a un peu un truc compliqué dans le fait de faire le reproche à ceux qui ont mis en place des cellules, de les avoir mises en place. Moi, je trouve qu'il faudrait peut-être aller regarder du côté de ceux qui n'ont pas mis en place de cellules.

Parce qu'on ne va pas nous faire croire qu'il y aurait des violences sexistes et sexuelles qui ne s'expriment qu'à l'intérieur des parties qui ont mis en place des cellules de veille sur ces questions-là et qui font des formations sur les violences sexistes et sexuelles. Je pense, à mon avis, qu'il en existe dans l'ensemble de la société puisque le patriarcat s'applique à l'ensemble de la société.

Donc, qu'on aille peut-être maintenant interroger des parties de droite, par exemple, ou d'extrême droite sur ce qu'ils ont décidé de mettre en place comme moyen pour les femmes à l'intérieur de leur partie de dénoncer des violences sexistes et sexuelles ou, en tout cas, de faire en sorte que des gens qui en sont responsables soit cessent d'avoir des responsabilités, soit interrogés, en tout cas au minimum, sur ce qu'ils ont fait. Mais après, il y a une question qui est une question qui demeure centrale qui est la question du contradictoire. C'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir seulement d'un côté des gens qui disent « il s'est passé ça » et il y a une tension parce que...

4:35
Présentateur

Dans le cas d'Adrien Catenins, il l'a reconnu.

4:37
Antoine Léaument

Dans le cas d'Adrien Catenins, c'est très spécifique, il l'a reconnu. Mais ce n'est pas le cas, par exemple, pour Julien Bayou. Et je pense qu'il y a une tension qui s'exprime entre d'abord faire confiance à la parole des femmes et ça, c'est notre règle et ça doit rester notre règle parce que dans l'immense majorité des cas, c'est vrai et il faut donc regarder concrètement ce que disent les femmes et de l'autre côté, qu'il y ait un point de vue contradictoire parce qu'il faut, dans n'importe quelle situation, que la personne qui est accusée de violences, sexistes et sexuelles puisse dire quelle était la nature de ses actes selon lui. Et je dis selon lui parce que ce sont des hommes.

5:16
Présentateur

Antoine Léomant, la rentrée parlementaire, c'est donc aujourd'hui pour les députés qui retournent sur les bancs de l'Assemblée. Tout à fait. Avec cette épée de Damoclès, malgré tout, Emmanuel Macron n'exclut pas de dissoudre l'Assemblée nationale. Il l'a dit. Si les députés venaient à voter une motion de censure, est-ce que vous le redoutez ?

5:31
Antoine Léaument

Non. Alors déjà, je pense que cette menace s'adresse aux députés républicains. En fait, Macron, il est dans une situation de tension. Il est obligé de faire passer ses lois et il ne peut faire des 49-3 que sur un PLF, un projet de loi de finances, un projet de loi de finances de la Sécurité sociale et un autre texte dans une année parlementaire. Donc il est bloqué. Il a besoin du fait que les républicains le soutiennent sur certains textes et notamment sur la question de la réforme des retraites. Donc là, il envoie un gros message qui est « Maintenant, vous rentrez dans le rang parce que sinon, je dissous l'Assemblée nationale et on sait tout ce qui va se passer. Votre parti va être dissous.

Votre parti va disparaître dans cette élection et il restera les trois forces politiques qui sont celles issues de l'élection présidentielle, les macronistes, la NUPES et le Rassemblement national. » Donc le message s'adresse aux républicains. Il ne faut pas se tromper de message. Mais nous...

6:20
Présentateur

Vous ne croyez pas que ça puisse arriver ?

6:21
Antoine Léaument

S'il le fait, tant mieux. Parce que si M. Macron dissout l'Assemblée nationale, ça nous donne une chance de pouvoir remporter la victoire et d'appliquer notre programme. Moi, je ne compte pas attendre cinq ans de regarder M. Macron dérouler un programme libéral quand nous avons besoin de partage de la richesse. Je ne compte pas attendre cinq ans de partager la richesse quand il y a 2000 personnes qui meurent dans la rue chaque année et qu'à l'autre bout de la chaîne, on a Total et des grands groupes qui font des super profits, des maxi-bénéfices qui distribuent des dividendes qui sont indécents. Et je ne peux pas me dire qu'on va attendre cinq ans pour régler ce problème.

Et pour la planète non plus. Je veux dire, vous avez vu l'été qu'on a vécu ?

6:56
Présentateur

Justement, vu le contexte, est-ce qu'on peut se permettre ce blocage et des nouvelles élections ?

6:59
Antoine Léaument

Le blocage, il vient de Macron. Le blocage vient de Macron. Le système libéral ne fonctionne plus. Dans tous les autres pays d'Europe, ils sont en train de mettre en place cette taxe sur les super profits. Alors nous, on nous dit non, on va attendre que la Commission européenne décide. Très bien, on va attendre combien de temps ? Les autres ont déjà pris ces décisions-là. Et là, on est en train de nous demander à nous de faire la retraite à 65 ans pour rattraper leur bêtise à eux. Mais jamais de la vie, on va faire ça. Jamais de la vie, les gens sont d'accord avec ça.

On appelle, nous d'ailleurs, à participer à une marche le 16 octobre contre la vie chère et contre cette réforme des retraites. Et je dis aux gens qui nous écoutent, on n'a jamais rien obtenu autrement que par la lutte. Les congés payés, ça ne nous a pas été donné. Les 35 heures, ça ne nous a pas été donné. À chaque fois, on s'est battus pour obtenir des victoires. Et il ne faudrait pas croire que parce que la dernière fois, on s'est fait rentrer dedans avec des tirs de LBD et des grenades qui font exploser les mains, qu'il ne faut pas avoir peur. Il ne faut pas avoir peur de ce gouvernement.

Il faut entrer dans l'action, se mobiliser et marcher le 16 octobre, quel que soit, et je vais le dire, c'est nous qui appelons à cette marche, très bien. Mais je veux dire, quelle que soit l'orientation politique des gens, quels que soient les choix politiques des gens, pensez à votre avenir. Pensez au fait que si vous ne vous mobilisez pas dans la rue, si vous n'allez pas dans la rue le 16 octobre, eh bien ensuite, M. Macron va s'en prendre à nos droits. Il va s'en prendre au droit à la retraite à 62 ans pour l'instant. Nous, nous proposons la retraite à 60 ans. On préfère essayer de conquérir des droits. Et il va s'en prendre à votre pouvoir d'achat d'une manière générale.

8:17
Présentateur

Sur la réforme des retraites, justement, votre collègue François Ruffin, qui est aussi député insoumis, demande à ce qu'un référendum soit organisé sur cette question. Vous y êtes favorable, vous aussi ?

8:26
Antoine Léaument

Complètement d'accord. Moi, de toute façon, d'une manière générale, je suis favorable au référendum parce que c'est l'expression du vote populaire et du choix populaire sur des sujets divers et variés. Donc la retraite, demandons aux gens s'ils sont pour ou contre la retraite à 65 ans. Vous allez voir que le résultat va être assez, comment dire, massif dans un sens. Et on pourrait d'ailleurs aller plus loin.

8:47
Présentateur

Pour autant, beaucoup de gens ont voté pour Emmanuel Macron en sachant ce qu'il avait prévu de faire.

8:51
Antoine Léaument

Les gens ont voté pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. C'est-à-dire, au premier tour, il y a eu une répartition en trois grands blocs. On devrait dire quatre parce qu'il y avait aussi l'abstention. Mais il y a eu trois grands blocs. Il y a eu le bloc NUPES, on va dire, de la gauche, le bloc macroniste et puis le bloc d'extrême droite dans lequel il y avait Mme Le Pen et M. Zemmour. Bon, il y a trois blocs qui sont à peu près équivalents dans la société. Ça veut dire que le bloc qui a gagné représente un tiers de l'électeur. Il y a 66% des gens qui ne sont pas d'accord avec M. Macron. Et par ailleurs, il y a tous ceux qui ne sont pas allés voter.

Et ceux-là, il ne faudrait pas les oublier non plus. Ceux qui ne sont pas allés voter, je ne pense pas que ce soit parce qu'ils avaient piscine ou je ne sais pas quoi. C'est qu'une partie d'entre eux n'est plus d'accord du tout avec ce système politique. Et moi, j'invite celles et ceux qui, justement, n'ont plus confiance dans ce système politique à regarder ce qu'il y a à l'intérieur des programmes.

Nous, nous proposons de le changer, ce système politique, de passer à une sixième république, de mettre en place des choses comme le référendum d'initiative citoyenne pour que, justement, quand un gouvernement décide de faire la retraite à 65 ans, les gens puissent dire « Nous, on n'est pas d'accord avec ça, donc on va faire un référendum pour décider sur cette question-là ». Donc vraiment, il faut, y compris pour les gens qui n'y croient plus, et je le dis comme ça, qui n'y croient plus, qui ne croient plus dans l'action de rue, eh bien, regardez l'histoire, regardez comment on a obtenu des choses, on les a obtenues par l'action. Je veux dire, Louis XVI, il n'est pas parti de son plein gré.

Louis XVI, il est parti parce qu'au bout d'un moment, il avait fait n'importe quoi, trahi la patrie et que les gens ont décidé d'aller le chercher directement aux Tuileries. Donc, on n'obtient rien dans notre pays, on n'a jamais rien obtenu autrement que par la lutte.

10:20
Présentateur

Il y a un autre dossier assez explosif là aussi, c'est la réforme de l'assurance chômage qui sera en débat dès aujourd'hui à l'Assemblée. Elle prévoit, pour rappel, une modulation de l'indemnité plus stricte quand trop d'emplois sont non pourvus et plus généreuse quand le chômage est élevé. Vous, vous y êtes opposé à la France insoumise. Qu'est-ce que vous préconisez à la place ?

10:41
Antoine Léaument

Déjà, on peut regarder ce qui se fait pour l'instant et regarder si la logique de M. Macron fonctionne. 61% des gens qui sont au chômage ne sont pas indemnisés. Je vous dis le chiffre. 61% des gens qui sont au chômage ne sont pas indemnisés. Seulement 39% sont indemnisés. Si jamais la logique de les gens ne vont pas travailler parce qu'ils ont une assurance chômage était respectée, ça voudrait dire que 61% des gens devraient immédiatement retourner dans l'emploi vu qu'ils ne sont pas indemnisés. Donc cette logique ne marche pas puisqu'ils ne sont pas dans l'emploi. Donc quelle est la question qui se pose ? Est-ce qu'il y a assez d'emplois à pourvoir pour les gens ? La réponse est non.

Il y a en moyenne un emploi pour 17 demandeurs d'emploi. Il n'y a pas assez d'emplois dans le pays. Le problème n'est pas que les chômeurs n'aient pas envie de travailler. Le problème est qu'il n'y a pas d'emplois. Et je sais la logique des gens qui disent « Non mais quand on veut un emploi, on en trouve. » Ben oui, mais d'accord, mais dans quelles conditions ? Si j'ai une formation de Bac plus 5 dans un domaine très spécifique, je ne vais pas avoir envie d'aller trouver un emploi qui est le premier emploi qui vient parce que ce gouvernement m'oblige à trouver cet emploi-là.

On obtient des qualifications, des qualifications qui sont utiles pour le pays, qui ne sont pas juste utiles pour nous pour avoir un gros salaire, qui sont utiles pour le pays. On se forme pour non seulement nous, mais pour une collectivité aussi, pour l'ensemble du pays. Donc il faut qu'on essaye de créer des emplois qui correspondent aussi aux formations des gens.

Donc ce qui est une bonne logique, c'est justement d'indemniser correctement les gens, déjà pour qu'ils puissent être dans un rapport de force avec les patrons, et j'assume ça, j'assume le fait qu'il faut qu'on puisse être dans un rapport de force avec le patron, qu'on puisse demander des meilleures conditions de travail, qu'on puisse demander des meilleurs salaires, et ça on est plus en force pour les obtenir si jamais on est indemnisé parce qu'on sait qu'on va pouvoir tenir un peu plus longtemps, premier point.

Et deuxième point, les aides qui sont versées, déjà c'est des droits, c'est des droits qu'on obtient par le financement qu'on fait nous en travaillant de ces droits futurs, si jamais on arrive au chômage. Et puis ensuite le fait d'être indemnisé, ça permet de chercher un emploi qui correspond bien, et puis de payer tous les trucs qui sont nécessaires pour chercher un emploi, parce que désormais si vous n'avez pas internet, vous ne trouvez pas d'emploi, si vous n'avez pas le téléphone, vous ne trouvez pas d'emploi, si vous n'avez pas d'adresse de logement, vous ne trouvez pas d'emploi.

Donc il faut garantir le fait que quand une personne perd son emploi, parce que c'est ça le chômage, c'est quand on perd son emploi, on a des droits qui s'ouvrent, qu'on a participé à financer parce qu'on travaillait, et donc quand une personne perd son emploi, on l'aide à retrouver un emploi, mais que donc on assure le fait qu'elle puisse vivre dignement.

13:13
Présentateur

Sur le budget également, qui va être débattu très prochainement, dans les prochains jours à l'Assemblée, il y a la question des super profits que vous évoquiez qui ne fait pas partie du projet de loi, comment vous allez faire pour remettre le sujet sur la table ?

13:25
Antoine Léaument

On va amender. Nous, de toute façon, on fait ça sans arrêt. On fait des amendements, et puis des fois on fait des amendements un peu piquants. Je me souviens que sur la loi pouvoir d'achat, on avait été assez critiqué pour avoir voulu changer le titre de la loi pouvoir d'achat en projet de loi en fumage, mais l'enfumage était réel, puisqu'il parlait de pouvoir d'achat et personne ne voulait augmenter le SMIC. Je rappelle quand même que nous avons proposé l'augmentation du SMIC à l'Assemblée nationale, et que les macronistes et le Rassemblement national ont voté contre.

Madame Le Pen, qui prétend vouloir défendre le pouvoir d'achat, Madame Le Pen a voté contre l'augmentation du SMIC à 1 500 euros. Ça, il faut que ça soit entendu par les gens. Quand Le Pen est dans l'Assemblée, elle ne défend pas le pouvoir d'achat des gens. Donc, sur le projet de loi de finances, pour répondre à votre question, on va amender.

On va amender en proposant les super profits, on va amender en proposant un certain nombre de choses, on va amender par exemple en proposant de mettre le milliard sur la table contre les violences faites aux femmes, parce que ça, ça fait 4 ans qu'on leur propose aux macronistes, 4 ans qu'ils ne le votent pas, alors que c'est ce que demandent les associations féministes. Donc voilà, on va amender et faire nos propositions. Et puis, on verra. Si jamais les macronistes votent avec nous, on sera très contents. J'en doute, j'en doute. Mais on verra. Peut-être que sur certains sujets, ils se diront qu'après tout, nous avons raison et qu'ils ont tort.

Ou peut-être que sur certains sujets, ils ne seront pas assez mobilisés dans l'Assemblée nationale, parce que c'est ce qui s'est déjà passé dans l'été. Nous sommes plus nombreux et nous sommes, comment dire, combatifs. Donc, il ne faut pas compter sur nous pour aller se coucher à 2h du matin si jamais la séance dure jusqu'à 6h. Nous, on est là jusqu'à 6h du matin. Donc, on oblige tous les autres à être là jusqu'à 6h du matin.

14:58
Présentateur

Eh bien, les débats s'annoncent ou le... Merci beaucoup Antoine Alléomand, député France Insoumise de l'Essonne. Vous étiez le grand invité de cette matinale. Sous-titrage ST' 501