🔴 Édition Spéciale : François Bayrou, l’interview événement sur LCI avec Darius Rochebin
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Isabelle Martichoux, bonsoir.
Bonsoir Darius.
Éditorialiste politique de LCI, merci à vous, merci à vous. David Ducan aussi, bonsoir. Bonsoir Darius. Pascal Péry, vous êtes notre spécialiste économie. On va beaucoup parler évidemment d'économie ce soir et vous allez introduire quelques-uns des chiffres que le Premier ministre approuvera ou contredira. On verra. On verra. Voilà, vous êtes prêt à tout. De même que sont prêts à tout les intervenants plus politiques ce soir. Jean-Claude Mailly, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes l'ancien secrétaire général de force ouvrière. Évidemment, les syndicats sont en conclave en ce moment. Sur la question des retraites, ce sera un chapitre très important avec le Premier ministre dans un instant.
Et puis Alain Madelin, bonsoir. Bonsoir. Ancien ministre de l'économie et des financières. Dans cette émission, on avait votre successeur très lointain, Éric Lombard, je ne sais pas si vous l'avez regardé. Je l'ai regardé. Il est un peu moins libéral que vous. Ça ne vous a pas échappé. Ça ne nous a pas échappé non plus. Voilà, bon, vous êtes le seul libéral de France en même temps, donc ce n'est pas dur. Non, non, non, non, non, non, une espèce en voie d'apparition. Vous êtes quelques-uns. Vous êtes une espèce protégée, en tout cas, sur ce plateau. Vous êtes là. Merci beaucoup. J'aimerais tout de suite vous poser la question.
Allez, le lieu commun des éditorialistes qui disent François Bayrou est habile, c'est vrai, habile. Il a survécu pour l'instant, mais pourra-t-il faire quelque chose ? Elisabeth Martichoux, on a tous des lieux communs dans notre métier. Ça, c'est le poncif de base. Partons de là.
Oui, ce qui va durer, ce qui va survivre aux censures qui s'annoncent sur les budgets. Évidemment, on attend des réponses. Ça va être passionnant ce soir, parce qu'on l'attend là-dessus. Des réponses précises. Il y a encore des sujets qui sont un petit peu dans le brouillard sur faut-il travailler plus, quelles concessions aux socialistes, comment maintenir les LR. D'ailleurs, question aussi, comment va-t-il, par quelle méthode, il peut tenir entier ce socle commun, qui n'a de commun que le nom, car on voit bien que ce sont les fameuses grenouilles qui veulent partir de la brouette ? La fin de vie, question très importante. Le Premier ministre est sous pression.
Il doit clarifier sa position. C'est une des questions sur lesquelles on l'attend ce soir.
David Doucan, peut-il surprendre François Bayrou ? Ce n'est pas un père de rôle de l'année, il le dit lui-même, il en plaisante lui-même. Il a 73 ans et pourtant, il a surpris.
Oui, il a surpris parce qu'il a en réalité employé une méthode radicalement opposée à celle de Michel Barnier. C'est-à-dire qu'au fond, François Bayrou, il s'est dit oui, c'est important de prendre les Français à témoin, de les mettre face aux réalités, mais la pression de l'opinion publique, en réalité, n'a plus prise sur les forces politiques. C'est ça qu'il a compris. Et donc, il a choisi ses interlocuteurs. Ses interlocuteurs, ce sont les partis politiques. Au fond, François Bayrou, il a adhéré à la réalité politique que nous traversons. Certes, elle est nouvelle pour nous, Français, sous la Ve République. Nous n'avions jamais connu une telle situation.
François Bayrou l'a comprise et il s'est employé à l'utiliser. On verra si cela fonctionne. Moment fort, dès jeudi. Jeudi, commission mixte paritaire, quel texte, quel compromis sur le budget. Ce soir, je crois savoir que François Bayrou a prévu de vous réserver certaines réponses qui passionneront les socialistes. Certaines précisions, je vous le dis. Je vous le dis. J'ai un peu échangé avec ses proches. Et donc, il y aura des avancées, des précisions ce soir qui nous permettront de tirer les conclusions de savoir si ça passera, si ce budget passera et nous le saurons dès la fin de semaine.
Alors ça, c'est l'habileté à court terme. L'habileté à long terme, c'est les réformes. Prenons l'image du château de cartes. Pascal Péry, il doit bouger une carte, s'en fâcher sur sa droite, s'en fâcher sur sa gauche. Est-ce que c'est une gageure ?
Ah oui, l'exercice est complexe. Mais j'ai envie de vous dire que le pays ne peut plus attendre. La situation actuelle, elle ne peut pas durer. Ce n'est pas possible. Vous avez vu aujourd'hui les chiffres du chômage. Le chômage a augmenté de façon très spectaculaire. Catégorie A au cours du dernier trimestre de l'année. C'est le produit direct du désordre politique. Les entreprises retiennent leurs investissements. Il y a peu de perspectives. Des secteurs entiers sont à l'arrêt. Aujourd'hui, attendent des réformes. L'économie n'attend pas. La politique éventuellement, on peut discuter.
J'observe d'ailleurs que dans les chiffres qui nous sont communiqués, quelques milliards de plus, en général, je tiens le langage inverse, quelques milliards de plus pour assurer un peu de stabilité, de visibilité, de lisibilité de la politique contre le prix du désordre. Le prix du désordre, il a été chiffré à 12 milliards d'euros depuis la toute dernière dissolution. C'est un prix que nous ne pouvons plus payer.
Vous avez raison. Il se passe des choses et on sera en prise très directe, y compris sur des chiffres qui évoluent ce soir. Ceux du chômage. Très longtemps, on a vécu dans l'idée que c'était une question en partie dépassée. Pas pour tout le monde, mais en partie dépassée. Non, non. Les chiffres du chômage remontent de façon assez inquiétante et vous dites que c'est directement lié à ce pays à l'arrêt.
C'est en partie lié à... Bien sûr, c'est la fin des aides Covid. Il y a de nombreux facteurs. Il y a de nombreux facteurs. Il y a moins d'investissement dans les entreprises. On est sortis des aides Covid. Vous connaissez la formule. Quand la mer se retire, on voit les baignures nues. Et là, vous aviez des entreprises qui étaient en difficulté, qui étaient en situation de tension, qui ont été aidées, maintenues d'ailleurs par les aides d'État, les aides publiques qui ont duré beaucoup plus longtemps que le Covid n'a duré en réalité. Et puis, il y a l'effet du désordre politique. Je rencontre des chefs d'entreprise tous les jours autour de moi.
Tous les projets d'embauche aujourd'hui sont gelés. Donc, il y a un flux sortant, mais il n'y a pas de flux entrant.
La politique est faite de vacherie, évidemment. C'est le sel. Mais ça révèle aussi une certaine réalité du débat politique. Écoutez Édouard Philippe. Évidemment, peut-être qu'un jour, François Bayrou sera aussi candidat à l'élection présidentielle. Il l'est depuis 2002. Il est l'éternel candidat depuis 2002. Je ne l'ose même pas. Est-ce qu'on lui posera la question tout à l'heure ? Est-ce qu'on peut encore poser la question à François Bayrou ? Nous serions déçus que vous ne le fîtes pas. Oui, très bien. Vous me l'autorisez d'avoir réussi. On verra. On verra. En tout cas, il y a beaucoup de candidats potentiels. Édouard Philippe ne manque pas d'envoyer une pique.
Alors, est-ce que c'est une pique à François Bayrou ? Est-ce que c'est une pique à Emmanuel Macron ? Une pique pour les deux ? En tout cas, il dit en substance les deux ans qui viennent, ce sera long.
Nous soutenons le gouvernement et nous le faisons à notre façon. Sans illusion, malheureusement, sur le fait que nous ne ferons rien de décisif dans les deux ans qui viennent. Deux ans. Deux ans. C'est long, deux ans.
Si j'ose dire, il soutient le gouvernement comme l'accord de le pendu. Là, c'est une formule, évidemment. Il commence par dire on soutient, mais enfin, deux ans, c'est long.
C'est aussi une référence au vignol de l'art. Oui, bien sûr. Il a dit aussi, Édouard Philippe, la stabilité a un prix. Mais attention, ce prix commence à coûter de plus en plus cher. Dans le même moment. Oui, il faudra que ça s'équilibre. Oui, mais d'ailleurs, Pascal, tout à l'heure, je voulais rebondir sur ce que vous disiez. L'entourage de François Bayrou fait circuler de plus en plus un chiffre ces jours-ci qui est celui de la censure, c'est-à-dire une nouvelle censure. C'est 100 millions par jour. Ça, c'est ce qui a été analysé. 100 millions par jour. Pourquoi est-ce qu'il prépare les esprits ainsi ? Parce qu'au fond, il faudra bien payer le prix de la stabilité.
Et le prix de la stabilité, c'est quoi ? Ce sont les demandes des socialistes.
Alors, Jean-Claude Mailly, vous êtes là, ancien secrétaire général de Force Ouvrière. Certains de vos anciens camarades, mais aussi des syndicats, sont là dans ce conclave. François Bayrou, démocrate, chrétien, il aime bien ce nom, de conclave un peu papade. Est-ce que vous avez une idée de ce qui s'y passe à l'heure où nous parlons ? Est-ce qu'effectivement, un compromis est possible sur les retraites ?
C'est toujours possible. Quand vous démarrez... D'abord, moi, je trouve que c'est une bonne formule que le gouvernement renvoie aux interlocuteurs sociaux, syndicats, patronats, le soin de discuter de tout, en fait. Tout est sur la table. Alors après, est-ce que... Moi, je le souhaite. À titre personnel, je souhaite qu'ils arrivent à trouver une formule. Il y a toujours une voie de passage. Ça veut dire que du côté syndical, il faut faire des efforts et du côté patronal, il faut faire des efforts aussi. Et là, je pense qu'il faut les laisser négocier. Le gouvernement, d'ailleurs, ne leur a pas fixé, à part de dire qu'il ne faut pas que ça coûte plus cher qu'aujourd'hui.
Ça, c'est le point clé. Mais après, il n'a pas mis de lettre de cadrage. À part ça, il les laisse discuter. Et il faut discuter de tout. Mais il y a une possibilité, oui, je pense.
Est-ce qu'il y a une marge ? J'aimerais vous soumettre, on la soumettra tout à l'heure au Premier ministre, cette équation qu'il fait qui est évidemment vertigineuse sur le manque à gagner des retraites chaque année. Il dit que chaque année, on peut faire cette soustraction toute simple qui montre qu'il manque 55 milliards.
Oui, c'est 360 milliards distribués et puis 300 ou 330 de cotisations.
Il parle aussi de la compensation par l'État du manque pour les retraites des fonctionnaires. C'est une question qui doit trancher. Est-ce que le conclave... Je ne sais pas ce que vous en pensez.
Moi, je pense qu'il y a une étude qui a été faite récemment par l'Institut Molinari qui est très intéressante qui explique que si à l'image du Québec à l'image de la Banque de France chez nous ou du Sénat l'État avait provisionné le coût de la retraite des fonctionnaires ça nous ferait un terme économisé entre 35 et 50 milliards d'euros. On peut utiliser un autre mot si l'État avait capitalisé. Oui, c'est ça. Oui, d'accord. Mais ça ne me change pas. Non, non, non, non. Non, mais par exemple c'est une piste sur les fonctionnaires.
Est-ce qu'il y a une marge à la maglin ? Commentez s'il vous plaît pour nous les quelques chiffres qu'on affiche là. C'est François Bayrou qui les donne. C'est le gouvernement qui les donne et d'une certaine manière ça les met eux-mêmes dans une position difficile. 380 milliards d'euros par an c'est ce qui est versé, n'est-ce pas ? 325 milliards rentrent. Manquent 55 milliards. Quand on voit ça est-ce qu'il y a la moindre marge de reculer ?
Attendez, d'abord les 55 on a fait une petite discussion ici, fonctionnaires compris. Indiscutablement il y a un déficit financier tout de suite. sur le lointain je suis beaucoup plus présent sur ceux qui sont capables de savoir ce que sera le marché du travail dans 42 ans. On aura les robots il va se passer beaucoup de choses laissons ça de côté. Mais à l'heure actuelle vous pouvez faire un accord j'ai toujours pensé qu'il serait fait et que Bayrou va le réussir cet accord contre vents et marées et contre le scepticisme général.
pourquoi si l'on accepte de supprimer le tabou le totem de l'âge de la retraite qui n'a pas énormément d'importance lorsque l'on calcule et que l'on trouve une autre formule de calcul qui permette de résoudre l'équation financière que vous posez là mais il y en avait une c'était ce qu'on appelait la loi Touraine c'est-à-dire que on reculait progressivement l'âge de la retraite. Ça offre une base de discussion après je ne sais pas comment ils vont s'arranger laissons faire les partenaires sociaux mais il peut y avoir et je pense même qu'il y aura un accord. Vous êtes très optimiste.
Toujours. Vous faites confiance à François Bayrou ? Et aux partenaires sociaux.
Je lui fais confiance sur cette capacité à comprendre les partenaires sociaux et à savoir mieux que beaucoup de prédécesseurs j'en ai vu un tout à l'heure mieux que beaucoup de prédécesseurs comment effectivement on peut faire progresser la France en utilisant toutes ces énergies. Bayrou il est démocrate chrétien il partage avec les libéraux une idée importante ça s'appelle la subsidiarité. La subsidiarité ça consiste tout bêtement à dire ce que les citoyens ce que les familles ce que les associations ce que les partenaires sociaux ce que les entreprises ce que les activités locales sont capables de faire par eux-mêmes il faut leur laisser faire. C'est ça la doctrine de Bayou.
Oui il a remis le dialogue social sur le devant de la scène.
sur le devant de la scène au fond c'est le coût c'est l'assurance vie et au bon endroit David chez les partenaires sociaux la retraite c'est une assurance qui est gérée par les partenaires absolument qui doit l'être en tout cas qui doit l'être Agir Carco est géré est fort bien géré très bien géré fort bien géré très bien géré la régime donnons la retraite aux partenaires sociaux vous allez voir ils vont bien la gérer si on les responsabilise financièrement mais la discussion et d'ailleurs voilà la discussion est sous l'égide de Matignon dans le cadre posé par Matignon avec cette mission flash commandée à la cour des comptes et temps donc François Bayrou ce faisant met le dialogue social au coeur de son action dans ce début ce qui veut dire quoi ça veut dire que si vous censurez François Bayrou vous censurez le dialogue social et ça c'est une épée de Damoclès non pas sur le gouvernement mais sur les socialistes voilà la difficulté alors évidemment il faut que le premier ministre leur envoie quand même des signaux il faut leur faciliter un peu la tâche cette assurance vie lui donne combien de temps ?
mais il faut que le budget passe déjà Darius parce que non mais il faut que le budget passe à la fois pour notre stabilité politique mais tout court parce que vous avez vu les chiffres du chômage au quatrième trimestre si on continue dans l'instabilité ça va être vraiment une catastrophe mais le le il y a un élément à avoir en tête et qui est beaucoup utilisé par les proches du premier ministre une deuxième censure ce n'est pas la même chose que la première nous sommes d'accord Pascal les français ne le supporteront pas c'est mon sentiment
ça c'est intéressant parce qu'il y a la pression des chiffres réels vous l'avez dit le chômage aujourd'hui les 100 millions par jour que coûte la censure mais il y a aussi la pression de l'opinion et à ce titre là rappelons que Michel Barnier a écouté pardon essuyer les plates 74% des français c'est un sondage qui est de Doxa aujourd'hui veulent que la gauche conclue un accord avec François Bayrou et il bénéficie aussi de cet écosystème si on peut dire François Bayrou pour essayer de passer l'hiver si je puis dire en termes budgétaires
plus que ça François Bayrou a une assurance vie voilà une assurance vie qu'il ne paye pas très cher d'ailleurs puisqu'il peut encore la payer à crédit avec la proportionnelle
la course la course aux milliards l'addition du gouvernement 53 milliards à trouver 21 milliards de recettes et 32 milliards de réduction des dépenses ce qui frappe je faisais allusion à l'entretien avec votre successeur Eric Lombard sur cette antenne peut-être qu'il peut être votre prédécesseur d'ailleurs tout peut arriver Alain Magelin il y avait peu d'annonces concrètes sur les réductions possibles de défense je rappelle ce chiffre incroyable la France à 57% du PIB la France a les dépenses publiques les plus élevées de la zone euro
et les plus inefficaces aussi elles sont à un niveau élevé et la satisfaction du public est médiocre malgré tout donc il y a un problème d'efficacité de la dépense publique on peut s'interroger sur la réforme de l'État
où sont les postes où est le principal poste d'économie quand on regarde ça un chef d'entreprise qui regarderait ça réfléchirait comme ça quel est le principal poste d'entreprise
sans aucune hésitation la protection sociale pourquoi ? la normalisation alors écoutons
les divers thèses
il y a un la protection sociale c'est ce qui coûte un tiers de la dépense publique en France on a deux régimes de retraite qui sont des régimes obligatoires à la différence de nos voisins un certain nombre de nos voisins il y a un calcul qui a été fait très récemment par un économiste qui appelle Bertrand Martineau qui montre que sur une période de 25 ans l'efficacité du capital est de 4% par an là où l'efficacité du modèle actuel est de 1% par an ça veut dire que en pivotant c'est à dire qu'en réservant une partie de l'effort d'épargne que nous réalisons les uns et les autres pour la retraite c'est pas de l'épargne mais c'est un investissement malgré tout on pourrait soit augmenter les pensions soit baisser les cotisations et donc faire droit à une demande qui s'exprime massivement dans la population les français disent l'écart entre le brut et le net sur ma fiche de paye
est beaucoup trop élevé vous êtes en train de nous dire l'argent dans le privé c'est 4% et dans le public 1%
c'est la démonstration de Bertrand Martineau absolument et c'est fait sur des bases extrêmement documentées vous achetez ça ?
je pense que pardon mais je pense que vous prenez mal le problème en disant la question c'est celle des économies c'est effectivement la question d'aujourd'hui dans la hâte il faut faire des économies il faut trouver quelques nouvelles taxes etc mais ce n'est pas la question qui se pose la question qui se pose c'est celle plus globale de l'efficacité de la dépense publique parce que c'est celle-là qui a un sens renier, couper, taxer c'est idiot ce n'est pas un projet politique non c'est une urgence on est tout à fait d'accord on est tout à fait et bien cette urgence ce sera le bricolage qu'il va me confirmer tout à l'heure aussi moins injuste attendez pourquoi vous êtes si pessimiste c'est forcément du bricolage oui parce qu'il ne faut pas raconter d'histoire si vous voulez Darius quand on avait des majorités absolues massives et donc un pouvoir politique particulièrement soutenu personne n'a jamais été capable de faire des économies de tenir des budgets à l'exception d'Edouard Philippe d'ailleurs peut-être en début du premier mandat d'Emmanuel Macron donc c'est pas avec une assemblée morcelée façon puzzle que vous allez pouvoir avoir une réelle politique budgétaire ambitieuse ce qui est important en revanche c'est quand même d'envoyer les bons signaux et bien ils ont été envoyés voilà vous avez manqué une marche dans le discours de politique générale de François Bayrou il a dit ça c'est le budget 2025 je vous le présente mais je sais bien que c'est un fusil un coup je sais bien que on peut pas reconduire le projet le prochain budget avec la même technique parce que ce sera la désespérance sociale ce risque d'être l'explosion sociale et ce aura des effets récessifs donc j'essaie d'avoir un coup d'avance et François Bayrou que vous accusiez vous supposiez son immobilisme en réalité il est en train de faire une révolution il a dit pour la première fois j'ai pas entendu un président de la république j'ai pas entendu un premier ministre avant lui dire ce qu'il a dit dans son discours de politique générale il a dit prochain budget on le fera base zéro ça veut dire quoi ?
ça veut dire qu'au lieu de faire une reconduction des finances des dépenses telles qu'elle est aujourd'hui on dit non non Coco tu vas repenser le budget à zéro tu vas repenser toutes les missions de l'état à zéro
on peut faire ça on peut faire ça en 6 mois avant le budget 2026
attendez on peut en faire beaucoup
on peut en faire
beaucoup en 6 mois on en fera beaucoup plus bien évidemment en 5 ans il a le courage de faire ça dans une situation politique où il n'a pas de majorité c'est à dire que c'est chez lui une conviction il faut penser avant de dépenser repenser les missions de l'état avant de dépenser et je crois que c'est une méthode qui est absolument la meilleure possible pour faire face au choc du futur pour répondre à la demande des français qui nous disent alléger soulager débureaucratiser c'est la demande et il est là en phase avec l'opinion réussira-t-il à le faire il va y avoir bien évidemment des freins mais c'est pour ça que je pense que la seule chose sur laquelle il puisse s'appuyer c'est l'opinion et l'opinion elle demande ça elle a compris qu'il fallait une dépense publique efficace pas moins de dépenses publiques une dépense publique efficace si elle est efficace on est prêt où ça
où ça prenons l'exemple des fonctionnaires est-ce que on va voir tout à l'heure les chiffres ils sont tout à fait étonnants en réalité on verra aussi les annonces de François Bayon dans ce domaine là est-ce que le nombre de fonctionnaires va baisser ou paradoxalement est-ce qu'il peut en tout cas augmenter un peu de 3000
ah alors voilà une nouvelle on a payé ça pour les socialistes oui ça a été alors c'est le renoncement aux 4000 suppressions d'emplois à l'éducation nationale c'est la création d'emplois ici ou là enfin j'allais dire c'est à peine le trait de plume quand même 3000 non la vraie question c'est de savoir si on a des fonctionnaires et on en a vraiment besoin je défends le service public l'efficacité du service public on en a besoin aux endroits où s'expriment les besoins de la population il y a une demande de service public la santé la sécurité la justice etc mais en effet la seule formule je partage l'avis d'Alain Madelin sur des questions comme des ministères comme l'agriculture l'industrie etc le tourisme c'est repenser la place de l'état est-ce que l'état a une place à cet endroit comment non mais comment comment le faire et avec quelle mission et qui il y a une grille est-ce que cette est-ce que d'où vient la mission a-t-elle été remplie est-elle légitime l'a-t-on bien mise en concurrence ou qu'est-ce que la concurrence pourrait nous apporter est-ce qu'on peut le faire autrement son concession de services publics etc est-ce qu'on peut le faire autrement à l'intérieur de l'administration et comment utiliser les fonctionnaires il y a plein de talent dans la fonction publique si vous leur dites on va supprimer le statut de la fonction publique si vous leur dites on va réduire le nombre de fonctionnaires vous allez vous mettre tout le monde à dos alors que justement dans cette mission de réformer l'état ce sont ceux qui sont en première ligne tous les jours ils ont en face à eux des usagers qui ne sont pas contents pourquoi ?
parce que ce ne sont pas des bureaucrates on leur impose une bureaucratie à l'heure actuelle c'est 400 000 normes 130 000 décrets 11 500 lois et au bout les fonctionnaires qui sont chargés de faire bouger tout ça pas étonnant
qu'il y ait quand même des heures de temps en temps vous me faites l'impression pardon si je peux vous taquiner un peu de gens qui veulent faire un régime avant l'été et puis en fait ne rien manger en moins en réalité parce que ça fait des jours ça fait des semaines même qu'on dit il faut des réductions de dépenses réduction de dépenses ça fait mal c'est pas vrai c'est un mensonge je veux dire que c'est un dolore c'est le ministre qui a le plus allégé son budget lorsqu'il était en place où est-ce qu'il peut y avoir quelles questions on peut poser tout à l'heure à François Bayron en disant voilà là il va falloir réduire
mais alors là ce budget là vous n'en aurez pas des vraies grosses de baisse de dépenses publiques on va avoir du rabot ligne par ligne pour bon an mal an atteindre les quelques milliards qui nous permettront d'envoyer le bon message afin de ne pas être complètement ridicule sur la place mondiale et c'est le seul objectif ensuite si on se projette un peu plus loin comme nous le suggérait à la main de l'un si on va un petit peu plus loin les vrais moi contrairement peut-être à mes camarades je vous le dis si vous voulez faire de la vraie dépense publique il faut moins de fonctionnaires pardon on peut tourner ce problème dans tous les sens et puis il faut ah il y a plus libéral que vous à la main de l'un et puis Dario non mais le jeune là je n'ai rien contre mais ce sera le résultat des réformes c'est pas le préalable mais bien sûr on est d'accord on est d'accord si on réforme l'état il faut que la conséquence soit que l'état soit plus efficace et donc il y a moins de besoins en personnel pour le faire tourner c'est pas l'état qui est en cause Pascal c'est pas l'état qui est en cause la dépense sociale la dépense sociale le fameux pognon de dingue d'Emmanuel Macron le fameux pognon de dingue d'Emmanuel Macron sauf que Emmanuel Macron au fond il a eu le discours mais les actes n'ont pas suivi ça s'appelle tout simplement faire une politique d'évaluation ce que la France ne sait pas faire
ça fait 20 ans mais oui mais on le fait toujours pas mais ce que dit Alain Mabou effectivement la France a s'évalué
on évalue le fonctionnement actuel et on travaille parce que des missions il y en a eu je me souviens sous Sarkozy la révision générale de la politique publique etc ça n'a pas marché donc il faut se donner alors ça ne règle pas pour répondre à Isabelle on ne règle pas ça en 6 mois je suis bien d'accord mais si on n'enclenche jamais la mécanique de réflexion et d'aller vers de vraies réformes on ne le fera jamais pareil sur la protection sociale il faut aujourd'hui qu'on travaille sur le financement de la protection sociale est-ce que tout doit être de la cotisation ou pas est-ce qu'il faut de l'impôt quel type d'impôt moi je mets au défi tout le monde autour de la table de prendre un tableau de financement de la Sécu et de comprendre c'est pour ça que la première réforme préalable à toute réforme de la protection sociale Jean-Claude Maillet ne me démentira pas c'est distinguer ce qui est assurance c'est distinguer de ce qui est solidarité à partir de ça je peux réformer si je ne fais pas ça avant je ne peux rien faire
alors peut-être que je vais nous renvoyer à nouveau comment disiez-vous tout à l'heure Darius à nos lieux communs nos pensifs n'est-ce pas qui nous habillent vous êtes susceptibles
Elisabeth
non non non
vous êtes taquine
voilà je suis taquine mais je suis prête à l'autocritique et l'autodérisation non mais je plaisante ce que je veux dire c'est qu'on prête là depuis quelques minutes à François Bayrou des ambitions extravagantes que tous ses prédécesseurs ou aucun de ses prédécesseurs n'a eu en tout cas aucun n'est passé à l'acte de cette façon or François Bayrou pardon s'il survit au budget c'est déjà bien c'est déjà bien et est-ce que Pierre Dac n'aura pas raison l'immobilisme est en marche rien ne l'arrêtera quelle sera sa marge de manœuvre politique pour aller au-delà d'adouber Bruno Retailleau avec ses décrets sur l'immigration c'est quand même une question très importante aussi Mais attendez quand même
François Bayrou a parlé dans sa déclaration de politique générale il y a eu un chapitre assez concret en tout cas dans la présentation sur ce qu'il appelle les agences beaucoup de Françaises et de Français à mon avis c'est la première fois qu'ils entendent en détail cette explication sur ces agences commissions, comités qui représenteraient des dizaines de milliards au budget c'est bien ça ? C'est 80 milliards 80 milliards
On dit 1200 agences 80 milliards on va pondérer les choses c'est qu'il y a eu une croissance très nette de la dépense de ces agences
Alors qu'est-ce que c'est ces agences ?
Simplement on a transféré de l'Etat vers les agences le règlement d'une partie de l'argent qui finissait au service du public c'est pas de l'argent qui s'est c'est pas des frais de fonctionnement simplement le tuyau qui conduisait si vous voulez au public a changé et donc on a chargé alors pendant ce temps-là on a maintenu effectivement des fonctionnaires d'Etat mais peut-être qu'il faudra s'interroger effectivement pour savoir si on a les bons fonctionnaires au bon endroit On peut aussi se poser des questions pour savoir si alors ça c'est une thèse personnelle le cuisinier de la ville d'ici les Moulineaux ou le jardinier de la ville de Clamart doivent être absolument fonctionnaires moi je pense que non je pense pas que c'est une c'est pas attaché à la fonction publique on peut repenser la fonction publique mais ce que vous dites c'est qu'en effet il y a en France des agences certaines sont redondantes il est aujourd'hui question de les fusionner je ne suis pas sûr que ce soit une source d'économie et pour documenter mon point de vue je m'adosse je m'adosse à la réforme Hollande sur les régions est-ce que les régions est-ce que la constitution de grandes régions a conduit à des économies ou à des...
la réponse c'est non
il faut la suppression le haut commissariat au plan a été supprimé par le Sénat la semaine dernière le gouvernement a dit à quel point il était contre
c'est 4 collaborateurs c'est plus d'un milliard
de budget par an
non non vous confondez les frais de fonctionnement et le reste non non non c'est 4 ou 5 collaborateurs et c'est un bel appartement qui donne sur les invalides bon ça restera du domaine public qu'il arrive donc c'est pas là qu'on va trouver des économies
est-ce que là il y a des réductions réelles à attendre oui ou non il y a des agences qui sont connues l'agence nationale du sport par exemple
si vous supprimez pas non si vous voulez des vraies économies c'est des décisions désagréables donc ça veut dire qu'il faut qu'il y ait des gens mais ça veut dire assumer le fait que des personnes perdent leur emploi enfin voilà donc je suis pas certain que nous soyons dans un contexte politique
qui le permette est-ce que le mouvement qu'on voit dans d'autres pays va résonner dans certaines têtes aux Etats-Unis on n'a pas les prudences et beaucoup diront heureusement la France a une tradition sociale qui fait qu'on ne taille pas comme ça à l'âge on voit l'exemple extrême à l'Argentine en Argentine où ils avaient un déficit très considérable ils ont légèrement rattrapé vous aviez un côté tronçonneuse depuis le début de cette émission voilà c'est vous d'habitude la tronçonneuse Anne-Madelein historiquement ce côté afuera de Milley qui a arraché comme ça etc ce sera jamais en France évidemment tout le monde dira
un sécateur
beaucoup diront heureusement mais quoi qu'il en soit est-ce que quelque chose de ça va infuser en France oui oui ça apparaît dans le débat public de plus en plus j'ai vu qu'Éric Ciotti à la tête de son nouveau parti ça a été ouvertement inspiré Madame Pécresse quand elle était je vous interromps regardez l'image elle apparaît là sur le grand écran le Premier ministre arrive ici dans la tour de TF1 et d'LCI il va nous rejoindre sur ce plateau dans quelques minutes voilà il est accueilli par Thierry Tuillier Guillaume Debré le Premier ministre donc il prendra la parole sur tous les sujets qu'on est en train d'évoquer ici dégrenés sur les retraites sur les économies à réaliser sur les diminutions de dépenses évidemment dont on est en train de parler avec de la difficulté c'est ça qui me frappe c'est à dire que comme disait François Mitterrand en théorie tout le monde est pour la réforme mais personne n'est pour la réforme en particulier dès qu'on entre dans le détail évidemment et surtout pour ce Premier ministre là qui doit survivre puisque c'est l'équation
c'est bien pour cela qu'il faut être capable de faire mûrir les réformes de les faire comprendre l'administration a un rôle très important il faut qu'elle soit actrice vous pouvez faire dans l'administration des start-up administratifs moi je rêve de la start-up administration parce qu'il y a beaucoup de talents qui peuvent essayer de regarder comment on réforme de l'intérieur comment à l'intérieur d'ailleurs on peut faire des services différents comment on peut créer d'autonomie comment etc donc je suis persuadé qu'aujourd'hui il y a toutes les énergies pour être capable d'avancer dans le sens des réformes à condition qu'il y ait le soutien de l'opinion le soutien de la société civile parce que sinon il va quand même y avoir des blocages à l'intérieur de l'administration mais je pense que c'est un jeu gagnant gagnant on a tous à y gagner quand l'état est plus compétitif cela signifie que la France est plus compétitive cela signifie qu'il y a davantage de croissance cela signifie que les salaires augmentent c'est toute une chaîne là que l'on met on l'a prise dans le mauvais sens depuis des années toujours plus de dépenses publiques toujours plus d'interventions il s'agit maintenant de la prendre dans l'autre sens
toujours plus de liberté est-ce que je peux vous poser une question de vrai béotien la dette quand on regarde l'énormité de la dette parce qu'au fond le mal vient de là c'est 3 300 milliards de dettes l'endettement de la France qui représente 112% du PIB regardez ça c'est le compteur de la dette qui est en train de tourner comme un compteur de taxi extrêmement rapide qu'on aurait laissé tourner depuis les années 80 en tout cas
ça tourne depuis le début du 19ème siècle il est perpétuel depuis bien longtemps
certains diront depuis l'intendant Fouquet on peut toujours on peut remonter tant qu'on veut en tout cas est-ce qu'un jour on remboursera ça on entend parfois ça me frappe dans les anti-chambres de ministères des gens qui disent en réalité de toute façon une dette n'est pas faite pour être remboursée non mais
d'abord l'état n'est pas un ménage c'est pas une entreprise non plus et si vous rapportez la dette ce qu'on doit rembourser notre déficit sur la maturité moyenne de la dette je ne sais pas si ce que je dis est très clair qui est de l'ordre de 8 ans en réalité la photographie n'est plus du tout la même on mesure la dette et on mesure le déficit année par année c'est pas clair ce que je raconte la maturité moyenne de la dette quand vous consolidez les dettes on a une maturité moyenne c'est une échéance si vous voulez qui est autour de 8 ans
de toute façon une dette pour un pays tous les pays sont endettés les Etats-Unis le sont dans des proportions extravagantes c'est pour ça
c'est pour ça qu'on dit qu'elle est perpétuelle non elle est perpétuelle et ce qui nous coûte c'est les intérêts d'emprunt mais si on utilise la dette pour investir pour produire de la valeur de la valeur matérielle ou immatérielle du bien-être c'est une bonne dette mais là on a une mauvaise dette mais là on a une dette qui sert un peu à arroser le sable c'est ça la question
est-ce qu'il est vrai c'est Thierry Breton qui a eu cette formule j'entendais hier là-dessus Eric Lombard le rejoignait que les grandes réformes sociales de 1936 ont été payées par le travail et la production bravo mais qu'en revanche les grandes réformes sociales depuis 81 tant mieux mais elles ont été payées par la dette la dévaluation puis la dette
la dette a succédé à la dévaluation c'est à peu près le même outil c'est deux faces d'un même outil qui permet d'acheter du temps et d'une très grande lâcheté parce que ça repousse le tas de sable un peu plus loin en fait on confie à nos enfants à nos petits-enfants le soin de passer la serpillère et on profite du bien-être immédiat ce qui est particulièrement lâche à l'échelon individuel comme à l'échelon collectif
est-ce que ça veut dire que la dette pardon s'il n'y avait pas l'euro s'il n'y avait pas l'euro
qu'est-ce qui se passerait ? ça fait longtemps qu'on aurait évalué on aurait fait on n'aurait pas franchi l'année 2002 oui c'est ça c'est terrible on aurait d'évaluer
l'euro protège oui est-ce que l'euro protège ou est-ce qu'il rend irresponsable ? ah c'est intéressant la gestion
le rend irresponsable la gestion politique de l'euro pas la gestion de la banque centrale mais la gestion politique c'est-à-dire quand vous avez eu l'accord de Chirac et de son homologue allemand pour dire en 2001 on s'en fout allez on y va à partir de ce moment-là
l'euro était foutu qui a dit on s'en fout ? vous dites Chirac est-ce qu'il y en a d'autres qui au fond dans le fond de leur tête
on dit on s'en fout on dit
comme le disait Pascal Péry à d'autres c'est d'autres qui paieront
la crise de 2008 tout le monde a dit ça le Covid
tout le monde a dit ça mais même ce que rappelait Bruno Le Maire vous partagez cette sévérité ? il y a beaucoup de reproches à lui faire mais Bruno Le Maire quand il allait voir les responsables au Parlement et dès qu'il voulait faire une économie on lui disait non pas cela on te demande nous au contraire de dépenser davantage Emmanuel Macron il y a quelques jours qui demande à François Bayrou d'arrêter de réduire aux sécateurs par la tronçonneuse les dépenses sur le sport post-Jouges Olympiques qui est responsable c'est l'euro ou ce sont les présidents de la République ? c'est un équilibre
entre la politique l'économique et le social il faut trouver l'équilibre pour répondre à votre question en deux mots la dette on la fait rouler tant qu'on peut mais finalement on la rembourse par la croissance pas en serrant la ceinture si on a la croissance il faut donc il faut la croissance la croissance la croissance la croissance on se traîne avec un 1% de croissance c'est là tout notre problème on mérite mieux on gâche nos talents on décourage les énergies on mérite 3% de croissance et à 3% de croissance je vous assure tout va mieux et on finit par rembourser nos dettes avec les outils qui sont les nôtres aujourd'hui les capacités les ressources que nous avons avec plus de compétitivité et des entreprises ça c'est relativement facile et de l'état le problème essentiel la compétitivité de la France c'est la compétitivité des entreprises plus la compétitivité de l'état
une des séries de questions qu'on va poser au premier ministre concerne évidemment les impôts qu'est-ce qui va se passer on a compris on verra s'il confirme cette promesse qu'il n'y aura pas d'impôts nouveaux pour les ménages en 2025 est-ce que ce sera le cas en 2026 on vous posera aussi la question mais qu'est-ce qui se passe
sur le front de l'impôt écoutez ce qu'a dit le premier ministre il s'est engagé sur ce terrain vous allez l'interroger c'est que les impôts n'augmenteront pas pour les classes moyennes Eric Lombard
l'a répété il y a un sous-vente
il n'y a pas de définition statistique de ce que sont les classes moyennes moi je fais le pari que l'impôt sur le revenu des personnes physiques n'augmentera pas on a grosso modo une enveloppe de 10 à 12 milliards d'euros à récupérer sur une bonification de l'impôt sur les sociétés sur un impôt une taxe sur les transactions financières et sur les très hauts revenus c'est pas suffisant évidemment pour arriver aux 20 milliards d'euros additionnels qui sont annoncés par le gouvernement il y a des petites choses qu'on n'a pas très bien vues par exemple les droits d'assises sur l'électricité c'est une augmentation de la fiscalité tout le monde consomme de l'électricité donc le prix de l'électricité va baisser c'est un peu un trompe-l'oeil parce que l'électron a baissé mais les droits d'assises et un bout de la TVA vont augmenter donc Pascal il faudra être très attentif jeudi à un sujet les frais de notaire oui c'est exact parce que les socialistes veulent que les départements puissent à loisir augmenter ses frais de notaire et ça je suis désolé mais ce n'est pas un impôt qui épargne les classes moyennes parce que les classes moyennes dans le pays ont bien le droit aussi d'accéder à la propriété et donc là ça sera un sujet à mon avis sur le plan politique explosif et c'est un impôt qui tue le secteur de la construction
jeudi on verra ce qu'il en est aussi de l'impôt des plus fortunés c'est une des discussions politiquement les plus sensibles est-ce qu'on attend de la part de ce gouvernement des mouvements
en tout cas les socialistes donc je le rappelle qui détiennent la clé de la censure ou de la non-censure lors du prochain budget le demandent le réclament donc on en revient au prix de la stabilité le prix de la stabilité tel que l'a énoncé Dord-Philippe
Elisabeth Martichoux on comprend que dans chacune des réponses du Premier ministre on verra ce qu'il dit il y a une pesée d'intérêt entre stabilité politique et l'économie et à chaque fois qu'est-ce qu'on sacrifie pour l'un ou pour l'autre
François Bayrou veut durer il veut durer plus longtemps que son prédécesseur il veut même durer jusqu'à l'automne prochain et la préparation du prochain budget donc en effet entre la promesse de baisser le déficit et puis la nécessité d'obtenir au moins une quarantaine de voies il suffirait pour dire les choses entre 21 et 23 voies socialistes pour le faire tomber que ce soit la semaine prochaine que ce soit sur le PLFSS c'est-à-dire la sécurité sociale donc il doit absolument donner des gages aux socialistes tout en gardant encore une fois les LR bon c'est une il va vous dire comment il va évidemment veiller à cet arbitrage sans renier sur la promesse de faire baisser le déficit il ne peut pas se le permettre
le Premier ministre va nous rejoindre dans quelques instants seulement c'est vraiment un moment important puisqu'on attend vous le disiez un certain nombre d'annonces très concrètes sur l'avenir politique de ce gouvernement mais aussi sur le quotidien des Françaises et des Français j'aimerais que vous nous disiez encore un mot de François Bayrou lui-même il a 73 ans il a une très longue carrière politique le centrisme beaucoup prédisait que le pouvoir ne serait plus là le pouvoir est entre ses mains aujourd'hui un pouvoir considérable il emploie ce mot très particulier de co-responsabilité avec le Président de la République
il ne l'exerce pas de façon verticale c'est un gros changement par rapport à Emmanuel Macron il est horizontal et on voit bien qu'il laisse ses ministres s'exprimer ça s'appelle la polyphonie nous a expliqué sa porte-parole et par ailleurs il est assis j'entendais un de ses amis qui le comparait pardon à Colombo vous savez avec son impair un peu flou voilà c'est l'espèce de bon sens aussi mais parfois voilà il est dans la généralité donc ce soir on espère que sur un certain nombre de points il va être plus précis
on parlera aussi des référendums est-ce que les français seront consultés notamment sur la question de l'immigration sur la question de la fin de vie et là-dessus il a des convictions personnelles qui comptent énormément
sur la personnalité de François Bayrou qui ne va pas tarder à vous rejoindre il ne faut pas croire que c'est parce qu'il est centriste un gentil François Bayrou c'est un dur et c'est un homme qui manie et maîtrise le rapport de force au point que sa nomination sa nomination à Matignon a été la conséquence d'un rapport de force parmi les plus rudes qu'on ait pu raconter ces dernières années dans la vie politique il s'est imposé comme on le dit c'est ce qu'on raconte
c'est le récit c'est le récit qu'il en a fait et Emmanuel Macron n'a pas contredit ça n'a pas été démenti
ça n'a pas été démenti mais il a voulu
en tout cas il a beaucoup insisté pour que ça c'est vrai qu'il est perçu parce qu'il est centriste peut-être pardon comme un politique un peu mou alors qu'effectivement il ne l'est pas
pas du tout
donc il y a beaucoup à prendre effectivement lui qui l'attend depuis si longtemps il a dit il avait dit j'ai été nommé je savais je serais nommé un jour quand ce serait vraiment extraordinairement difficile en France
on parlera du travail puisqu'on verra ces chiffres extrêmement impressionnants sur la différence des heures travaillées dans des pays comme les Etats-Unis qui travaillent beaucoup plus et la France le Premier ministre dira ce qu'il pense de certaines des idées qui ont été mises sur la table qui pour l'instant ce sont des hypothèses pendant ces 7 heures de travail annuel non rémunérées ça paraît à la fois très peu de choses et ce serait une petite révolution conceptuelle
c'est un peu anecdotique la question c'est le taux d'emploi c'est la formation des jeunes en particulier avec des formations qui correspondent aux attentes du marché notamment dans le domaine scientifique et puis c'est le taux d'emploi des seniors
regardez ces images c'est François Bayrou le Premier ministre accueilli dans la tour de TF1 aidé le CI par Rodolphe Bellemare Thierry Tuillier par Guillaume Debré et le Premier ministre qui nous rejoint sur ce plateau merci beaucoup Monsieur le Premier ministre entretien exclusif émission spéciale avec beaucoup d'annonces d'annonces que l'on attend je vous en prie vous êtes là Monsieur le Premier ministre merci beaucoup de nous rejoindre vous allez plus vite que la musique Monsieur le Premier ministre vous deviez être amené et puis voilà vous avez pris d'assaut le plateau de LCI merci beaucoup François Bayrou d'être là bonsoir
si j'ai une feuille de papier ça sera mieux alors on va vous amener une feuille de papier et si j'ai un verre d'eau ça sera encore mieux
voilà ça ça reste dans les budgets pour l'instant on peut encore se l'offrir une feuille de papier je peux vous l'offrir si vous voulez et un verre d'eau merci beaucoup François Bayrou d'être avec nous ce soir j'aimerais d'abord un petit mot d'introduction si vous le voulez bien je rappelle que vous avez 73 ans vous avez occupé à peu près tous les postes sauf président pour l'instant et jamais encore premier ministre qu'est-ce que ça fait premier ministre qu'est-ce que vous découvrez dans la fonction
en fait lorsqu'on est engagé comme je le suis on est engagé parce qu'on veut changer les choses on n'est pas engagé pour faire carrière pour avoir un galon de plus sur les épaules je vous ça me serait complètement indifférents on est engagé parce qu'on se dit dans les difficultés du pays qui sont grandes et que j'ai annoncé depuis très longtemps comme vous savez dans les difficultés du pays peut-être y a-t-il quelque chose à faire tout le monde considère que c'est impossible on a j'ai même cité à la tribune de l'Assemblée nationale un sondage dans lequel on disait que 84% des français pensaient que le gouvernement ne se maintiendrait pas et j'ai même dit les 16 autres pourcents je ne sais pas où ils trouvent leur optimisme
est-ce que je peux vous faire une remarque personnelle vous avez l'air heureux avec Guillaume Debré notre directeur général je vous ai rendu visite dans votre bureau vendredi matin à l'aube et vous m'avez l'air heureux oui
c'est-à-dire c'est une longue période un long temps de combat de très grandes difficultés de traverser du désert comme on dit et dans le désert il n'y avait pas souvent des sources bienfaisantes c'était un peu plus rude que la plupart des carrières politiques on va parler on va parler c'est parce que je savais ou en tout cas je croyais où il fallait aller et où il fallait aller c'est précisément la situation d'aujourd'hui c'est-à-dire un pays en très grande difficulté on va en parler qui n'a pas de budget qui n'a pas de majorité et ce pays en très grande difficulté si on le laisse aller il s'enfonce dans la division et tout l'effort qui est le mien toute l'inventivité si j'en ai c'est précisément pour le réunir
Monsieur le Premier ministre on va parler des réformes de fond et vraiment merci de nous accorder du temps puisqu'on va parler de l'immigration on va parler des retraites on va parler de beaucoup de sujets qui engagent la France pas seulement pour cette génération mais pour les suivantes mais encore faut-il pour cela exercer le pouvoir au-delà d'une censure éventuelle ce soir est-ce que vous êtes en mesure de nous annoncer un compromis ça passe par là un compromis plus solide avec les socialistes sur le budget
alors vous vous dites avec les socialistes mais moi je regarde l'ensemble de ceux qui pourraient censurer ou soutenir et je ne m'intéresse pas qu'à un seul bord
qu'à un seul bloc cette commission mixte paritaire où il y a effectivement sénateur député de tout bord
alors peut-être il faut expliquer le budget ayant été rejeté à l'Assemblée nationale une première fois il est parti au Sénat mais évidemment il y a urgence parce que si nous n'avions pas de budget alors la France serait dans une situation désastreuse la France et chacun d'entre nous le le il y a à peu près 18 millions de personnes voilà ça c'est
voilà vous avez droit au verre d'eau et au papier voilà
vous voyez qu'on fait des progrès il faut demander c'est comme ça
c'est comme pour le budget
et donc c'est une 18 millions de français verraient leur impôt sur le revenu mécaniquement augmenté et presque un million de français qui ne paient pas d'impôt aujourd'hui parce que leurs revenus sont trop faibles entreraient directement dans l'impôt
on reviendra à l'impôt mais entrons dans cette mécanique elle est un peu aride mais enfin est-ce que oui ou non vous êtes en mesure aujourd'hui de dire dans cette commission là c'est ces jours prochains entre ces diverses tendances il va y avoir un compromis
moi j'ai confiance dans le sentiment de responsabilité de tous parce que le parti socialiste qui en effet a présenté des demandes nombreuses et ont obtenu un certain nombre de réponses mais ils ne sont pas les seuls d'autres aussi les républicains le grand centre tous avaient des recommandations vous les avez découplés pardon de LFI
je me permets de dire je sens que vous êtes fier de ça je vous ai vu plusieurs fois faire le geste en disant ça je les ai dessoudés vous faites comme ça je les ai dessoudés je n'ai jamais employé excusez-moi pardon découplés découplés je n'ai jamais employé une expression vulgaire non mais ce n'est pas dessoudés la soudure découplés c'est le mot que vous avez utilisé
ça n'est pas je ah bah si non j'ai seulement défendu une idée un projet et une thèse et je ne veux pas parler de ces forces politiques comme si elles étaient instrumentalisées c'est pas du tout mon projet c'est un débat de fond mais je sais une chose absolue indiscutable c'est que les élus socialistes comme les élus d'autres courants ils sont rentrés dans leur circonscription et ils ont rencontré des centaines de personnes qui leur ont dit mais vous pouvez pas nous laisser comme ça vous ne pouvez pas faire que notre pays soit montré du doigt en Europe comme le seul pays incapable d'avoir un budget parce que si on n'a pas de budget alors aucune des décisions nouvelles qui ont été annoncées ne peut être remplies Monsieur le Premier Ministre
il faut faire un chemin vers la droite et vers la gauche ça vous en convenez ?
Non il faut que chacun ait la certitude qu'il est entendu et il faut que les aspirations des uns deviennent compatibles avec les aspirations des autres et c'est ma responsabilité
Alors quelles sont les mesures que vous pouvez annoncer qui vont permettre de rapprocher les points de vue de cette manière ?
Vous savez bien qu'on a déjà lancé sur les retraites une concertation un travail en commun avec les syndicats de salariés et avec les représentants des entreprises et c'était une demande qui était portée depuis très longtemps de la même manière on a augmenté le budget de la sécurité sociale ce qu'on appelle l'ondame c'est-à-dire le budget de l'assurance médicale qui était qui a été augmenté de 12 milliards 12 milliards ça veut dire 12 000 millions d'euros je traduis souvent parce que le calcul mental est devenu à part chez les jeunes gens qui sont là sans doute ça c'est le François Bayrou
prof et on parlera de l'école tout à l'heure on fera une interroge
générale tout à l'heure j'espère que vous êtes prêts sur ce plateau le calcul mental parfois échappe
dit 12 milliards c'est 12 000 millions est-ce que je peux vous soumettre un certain nombre de points concrets parce qu'il y a des attentes on va progresser pas par pas puisqu'il y a beaucoup d'attentes très concrètes des portes que vous pouvez ouvrir ou fermer ou laisser entre ouvertes comme vous le souhaiterez on a parlé par exemple de l'abandon définitif de la suppression des 4000 postes d'enseignants pour la gauche c'est important y êtes-vous prêt pas seulement pour la gauche
j'ai été ministre de l'éducation nationale et ce geste qui consiste à dire c'est un sujet tellement important que cette année en effet nous n'allons pas supprimer les 4000 postes qui étaient annoncés c'est la décision que j'ai annoncée elle est définitive elle est définitive et elle est délicate parce que je n'ai pas dissimulé au Sénat où je l'ai annoncé je n'ai pas dissimulé que 4000 postes inscrits c'est une chose encore faut-il qu'il y ait des candidats au concours pour devenir enseignant et depuis des années c'est d'ailleurs une des formes de crise de l'éducation nationale depuis des années les candidats au concours ne sont pas suffisamment nombreux pour remplir les postes ou ne sont pas au niveau exigé pour devenir enseignant et donc ces 4000 postes ont été réinscrits et c'est une manière de dire là est notre priorité beaucoup ils seront sensibles la deuxième manière c'est que j'ai fait du ministère de l'éducation nationale de l'enseignement supérieur de la recherche et de la formation professionnelle j'en ai fait le premier de la liste des ministères et je l'ai confié à Elisabeth Borne ancienne première ministre ministre d'état avec une carrière personnelle qui fait qu'elle a occupé beaucoup de responsabilités et était un modèle de progression républicaine à droite
à droite beaucoup espéraient espèrent et là aussi vous pouvez me répondre c'est pas que à droite mais un effort sur les grands ministères régaliens l'armée la justice l'intérieur est-ce que vous allez faire un geste
cet effort est annoncé tenu et maintenu quel est-il ?
il y aura tous les programmes annoncés seront respectés je cite quelques exemples pour le ministère de la défense vous savez qu'on avait voté une grande loi pour dire on va s'équiper et Dieu sait que les temps sont difficiles sont dangereux les menaces sont immenses on va s'équiper la loi sera intégralement respectée pour le respect de ses engagements de la même manière donc augmentation de fait pour les armées ministères de la justice on a prévu 1500 magistrats et greffiers de plus cette année cet effort sera intégralement respecté il n'est pas vrai qu'on sacrifie l'essentiel l'essentiel on le préserve même si ce budget n'est pour moi été préparé par le gouvernement précédent il est un débat précédent au parlement à l'assemblée nationale l'intérieur aussi
l'intérieur aussi sera
de la même manière vous savez bien les problèmes de sécurité que nous avons devant nous illustration ces derniers jours je ne peux pas ne pas penser à ce jeune garçon qui s'appelle s'appelait Elias et qui a été pour lui extorquer son téléphone portable on lui a donné un coup de couteau qu'il a tué par des jeunes qui avaient été repérés dont on savait qu'ils avaient des comportements délictueux simplement qui avaient été laissés en liberté dès cette semaine nous allons examiner à l'assemblée nationale une proposition de loi que Gabriel Attal va présenter cette proposition de loi elle consiste à faire que 16 ans 17 ans avant d'être majeur vous puissiez être jugé dès l'instant que vous faites des actes graves vous puissiez être jugé immédiatement dans les 48 ou 72 heures
qui viennent pour être très concret c'est une responsabilité pénale supplémentaire qui sera introduite pour certains types de mineurs
c'est une responsabilité et c'est la possibilité de juger immédiatement vous savez bien que lorsqu'un mineur commet un acte comme cela vol violence et Dieu sait que le sentiment d'impunité se déploie aujourd'hui ces jeunes ont pour la plupart le sentiment que de toute façon il ne leur arrivera rien si le jugement traîne 6 mois 8 mois le sentiment d'impunité est renforcé et ils font les cadors dans leur bande dans leur rue dans leur quartier et tout cela va être il va être rendu possible qu'immédiatement on puisse les juger Gérald Darmanin
était notre invité dans cette même émission il y a quelques jours et il disait cette chose incroyable il y a en France des gens qui sont condamnés à une peine de prison et qui ne la font pas ça paraît inouï beaucoup beaucoup
comment est-ce possible parce qu'au-dessous d'une certaine peine de prison et bien la peine n'est pas exécutée où on met un bracelet électronique mais y compris ne serait-ce que pour des raisons
de manque de place est-ce que cela sera fini ?
Alors vous posez une question très très difficile j'ai été fugacement garde des Sceaux le temps entre la décision de construire une prison même si la commune c'est le cas de la ville de Pau a un terrain offre le terrain fait qu'on aille le plus vite possible le temps de construction d'une prison est parfois de 8 ans comment vous voulez qu'on fasse face à tout ça je m'arrête une seconde j'ai décrit l'urgence dans laquelle nous étions on n'a pas de budget on n'a pas de majorité il est vital pour le pays qu'on ait un budget et qu'il soit adopté mais ça ne veut pas dire qu'il faut s'arrêter là parlons-en j'avais employé l'expression de Himalaya lorsque je suis entré mais l'Himalaya c'est une chaîne de montagne qui fait plus de 2000 km de long et qui comporte je crois 8 sommets de plus de 8000 mètres et bien il faut partir à l'assaut de tous ces sommets mais ça a moins de charme que les Pyrénées je peux vous le dire nous ne pouvons pas baisser les bras et nous trouver dans une situation où nous constatons la gravité des problèmes du pays et nous nous attendons pour les régler et la détermination qui est la nôtre qui est celle du gouvernement et la mienne c'est qu'une fois le budget adopté alors nous allons partir à l'assaut sans exception sans exception de tous les problèmes que nous identifions et qui font aujourd'hui l'extrême difficulté du pays
François Bayrou parlons-en le budget la réalité du budget et là on n'est pas seulement dans l'avenir immédiat du gouvernement mais effectivement dans un certain nombre de réformes de fonds votre gouvernement pose lui-même cette équation difficile il faut trouver 53 milliards n'est-ce pas 21 milliards de recettes 32 milliards de réduction de dépenses où trouver ces milliards quand on voit que dans une entreprise quand on veut réduire un des postes évidents c'est la masse salariale est-ce que oui ou non pour vous c'est un tabou de toucher au nombre de fonctionnaires est-ce que la France réduira le nombre de ses fonctionnaires
vous avez employé le futur et vous avez raison parce que ça ne peut pas se faire immédiatement on ne peut pas le faire du jour au lendemain d'abord parce que les fonctionnaires ont tous un statut protégé par la loi qui fait qu'on ne peut pas licencier du jour au lendemain et d'une certaine manière heureusement parce qu'un pays a besoin de stabilité dans cette organisation mais je vous dis ceci l'habitude pour faire les budgets je vais vous dire comment ça se passe c'est que on prend le budget de l'année précédente et on l'augmente automatiquement à peu près du montant de l'inflation et ça peut plus durer comme ça parce que si on ne n'examine pas en profondeur ce que l'état fait ce que les collectivités locales font ce que les innombrables agences qui dépendent de l'état font mais vous n'avez pas répondu François Bayrou pour l'instant vous répondez très habilement mais pas sur le nombre de fonctionnaires je vous ai dit je suis persuadé que les moyens de l'état sont mal distribués aujourd'hui je suis persuadé que notre organisation qui n'a pas été revue depuis des décennies peut-être 4 ou 5 décennies cette organisation elle doit être repensée en profondeur Monsieur le Premier ministre
est-ce que ça peut être sans douleur pardon beaucoup de pays autour de nous en d'autres temps les anglais les allemands etc un jour ont dû réduire le nombre de leurs fonctionnaires ça n'enlève rien la qualité des fonctionnaires on n'est pas en train de dire que les fonctionnaires ont démérité mais c'est le mouvement je rappelle que la France c'est un record à les dépenses publiques les plus élevées de la zone euro en termes de PIB c'est 57% du PIB ça mérite quand même une question directe oui ou non pour vous est-ce qu'il faut réduire le nombre des fonctionnaires vous dites au futur peut-être au futur mais est-ce qu'il faudra le réduire
ça dépend des missions au total il y a des missions je pense par exemple à la santé dans lesquelles vous voyez qu'on ne peut pas avoir des réponses par oui ou par non je sais que c'est votre habileté au total oui on peut dire que la charge totale diminuera ou non au total oui mais prenez la santé vous avez des infirmières vous avez des aides soignantes au lit du malade évidemment ça n'est pas là qu'on va réduire le nombre vous avez des médecins on n'en a pas assez c'est pas là qu'on va réduire le nombre alors où ça dans l'organisation administrative qui tourne autour de tout ça c'est vrai pour la santé c'est vrai pour l'école c'est vrai quelquefois pour les collectivités locales c'est vrai pour l'ensemble de l'état il y a une réforme à conduire qui fasse que les moyens aillent au bon endroit et aujourd'hui je ne crois pas que les moyens de l'état aillent au bon endroit ils ne vont pas assez au terrain et trop dans tout ce qui est bureaucratie, paperasse vous avez donné un exemple
vous avez donné un exemple ce sont les agences ça a été un moment fort de déclaration de politique générale vous dites 1000 agences environ agences, commissions, autres comités etc. ça représente beaucoup d'argent 82 milliards c'est ça ? oui alors
je crois que le chiffre exact enfin pour autant qu'on connaisse le chiffre exact c'est pas rassurant ce que vous me dites ben oui je ne suis pas rassuré et je ne veux pas vous rassurer c'est pas ça la question au contraire je veux qu'ensemble on réfléchisse il paraît qu'il y en a 1244 c'est pas moi qui ai fait ce calcul
c'est incroyable vous êtes en train de me dire que vous premier ministre de la France vous n'avez pas le nombre exact parce que c'est un je vous dis un nombre exact
1244 c'est difficile de trouver plus nombre mais c'est un tel embrouillamini que vous l'avez découvert je ne l'ai pas découvert ça fait des années qu'on en parle le budget a augmenté je ne dis pas qu'elles ne font rien il y en a de tout à fait utiles France Travail c'est une agence et c'est tout à fait utile
question précise d'ailleurs est-ce que vous allez renoncer aux 500 postes à France Travail
je ne crois pas qu'il y ait dans l'état actuel du budget ces 500 postes là donc je reviens à la question 1244 agences personne ne sait exactement comment elles sont organisées personne ne sait exactement comment elles sont contrôlées il y en a qui marchent sûrement
qui a fait ça
20 années d'organisation différentes et qui se comprennent très bien qu'est-ce qu'on a voulu faire on a voulu trouver plus de souplesse que dans l'organisation hiérarchisée de l'état on a voulu qu'on puisse recruter des gens plus facilement peut-être licencier des gens plus facilement pour que ça marche mieux mais ça marche pas mais visiblement comme toujours la bureaucratie s'introduit là-dedans alors je peux vous parler d'un progrès majeur j'ai été commissaire au plan et j'ai dit le plan ça doit faire de la stratégie il y a une agence qui s'appelle France Stratégie mais elle ne fait pas d'analyse stratégique elle fait de l'évaluation et elle fait
résultat tout ça est-ce que ce monstre que vous nous décrivez ce monstre va maigrir oui ou non
oui nécessairement et il faut que ces agences soient organisées de manière différente j'avais commencé à vous dire qu'elles coûtaient de plus en plus cher il y a 6 ans c'était 19 milliards puis c'est passé l'année suivante à 23 milliards cette année c'est 83 milliards vous mesurez ce que ça signifie alors il y en a certaines qui sont très utiles et très puissantes mais bien sûr il faut que tout ça soit réinterrogé et je vais faire en sorte avec le Parlement que cet ensemble-là ce maquis-là soit élucidé
François Bayrou la France championne en matière de dépenses publiques la France championne en matière sociale un tiers du PIB voué aux prestations sociales record d'Europe les dépenses de santé 10% du PIB là aussi c'est les plus élevés en Europe tant mieux autant être généreux mais est-ce que c'est tenable ?
Non alors ça n'est pas tenable vous venez de changer de sujet on avance mine de rien vous êtes passé du budget de l'État des réductions de dépenses au budget de l'assurance sociale des assurances sociales on est devant nous sommes le pays qui a le pacte social le plus généreux du monde est-ce que ce pacte social est tenable ? Non parce que par exemple sur les retraites il y a de moins en moins de gens qui travaillent et il y a de plus en plus de personnes pensionnées à la retraite il y avait de plus avant que les réformes n'interviennent et pourquoi est-ce que ce pacte avant de parler des mesures de gestion dont je veux bien parler pourquoi est-ce que ce pacte n'est pas tenable ?
parce que démographiquement nous sommes devant un problème de la France parce que le nombre d'enfants du pays baisse le nombre d'enfants que font naître les familles françaises baisse vieux thème chez vous déjà quand vous étiez au plan oui mais même un tout petit peu avant or nous avons un contrat social qui est je disais unique au monde pourquoi est-il unique au monde ?
tous les pays qui nous entourent tous les pays développés ont un contrat social qui est très simple c'est chacun pour soi je paie pour les études de mes enfants si je suis malade je sors ma carte bleue je m'assure moi-même et pour la retraite je fais retraite qu'on appelle par capitalisation les fonds de pension c'est-à-dire chacun s'occupe de lui-même et de sa famille alors qu'est-ce qui peut être changé ?
en France attendez n'allez pas plus vite que la musique en France c'est pas du tout ça ça n'est pas le chacun pour soi c'est le tous pour un c'est la collectivité qui organise l'école des enfants jusqu'à l'enseignement supérieur c'est la collectivité qui vous assure contre la maladie c'est la collectivité qui vous garantit une retraite si vous travaillez et c'est la collectivité qui vous assure contre le chômage vous vous rendez compte ces cinq choses-là et le seul pays au monde qui fasse que tout le monde est garanti c'est la France ça ne peut marcher que si le tenant allons dans le détail il faut quand même progresser le résultat de ça qu'est-ce que c'est ?
comprenez d'abord arrêtons-nous pour comprendre ça ne peut marcher que si le tous pour un les tous sont assez nombreux ce qui fait que la crise démographique du pays menace notre modèle social personne ne le dit et pourtant cette réalité-là elle est cruelle et tragique
alors parlons de la démographie parlons de la démographie puisqu'il n'y a pas 36 solutions si on veut corriger ça il faut faire plus de bébés voilà méthode Debré trois enfants et plus on n'y est pas au contraire on a baissé on est maintenant à 1,62 par femme quelques-uns d'entre nous y sont voilà combien avez-vous d'enfants ?
six enfants six enfants vous avez fait un gros effort moi je suis à deux il faut que tout le monde ici évidemment contribue à l'effort national quoi qu'il en soit il y a cette solution-là où il y a la migration sur notre antenne deux de vos ministres ont donné deux visions différentes est-ce qu'on a besoin de la migration pour l'emploi et à terme pour payer les retraites Bruno Retailleau dit l'immigration n'est pas une chance pour la France Eric Lombard hier sur notre antenne dit ce n'est pas ma vision bien sûr la France doit rester un pays d'immigration de travail question simple qui a raison ? les deux centristes ?
non pas du tout centristes c'est un des sujets les plus lourds que nous ayons devant nous et que tous les pays européens ont devant eux et tous les pays du monde vous avez vu l'élection de Trump tous les pays du monde ont cette question devant eux Trump la première chose qu'il a faite de manière publicitaire c'est charger des charters pour ramener des migrants chez eux en Colombie la Colombie les a refusés alors ils décident pardon pardon
est-ce que ça n'est que publicitaire certains disent quand même avec certains arguments cette histoire de Colombie il a réussi à faire plier la Colombie en quelques heures là où la France ne réussit pas à faire plier des pays d'origine depuis des années
et bien c'est exactement ce que j'ai dit au ministre de l'Intérieur monsieur Retailleau que vous indiquiez j'ai dit que la question cruciale que nous avions devant nous c'est est-ce qu'on peut ou pas ramener dans leur pays d'origine les OQTF OQTF obligation de quitter le territoire français pour l'instant on n'y arrive pas il y a à peine 7% des décisions d'obligation de quitter le territoire qui sont exécutées pourquoi pas par mauvaise volonté ni de la police ni de la justice même si ça retarde beaucoup même s'il y a des délais qui sont très importants mais pour une raison précise c'est que les pays d'origine ne veulent pas reprendre leurs ressortissants est-ce qu'on peut régler cette question ça veut dire qu'il faut organiser des pressions ouvertes ou discrètes sur les pays qui sont d'origine de ces ressortissants pour qu'ils assurent leur premier devoir qui est de reprendre leurs nationaux
est-ce que est-ce que oui ou non la France a besoin d'une migration de travail est-ce que oui ou non elle a besoin des migrants pour payer à terme les retraites séparez les deux questions alors immigration de travail oui ou non
je pense que pour le travail il y a des métiers dans lesquels on ne trouve plus de français qui veulent les assurer et ça n'est pas juste de ne pas le voir et ceux qui travaillent dans ces métiers là s'ils acceptent un d'être assidu au travail deux d'apprendre le français la langue est un instrument d'intégration magique et trois ils acceptent nos principes de vie les gens disent des valeurs des principes de vie par exemple le principe que chez nous c'est pas la religion qui fait la loi le principe fondamental de la nation française c'est que la religion est une affaire de conviction personnelle ou familiale mais ça n'est pas la religion qui fait la loi est-ce que nous aurons
à terme besoin des migrants madame merkel l'avait dit elle avait assumé ça on trouve ça insupportable ou louable chacun jugera elle avait dit oui il a pris un million plus d'un million de syriens dans un seul coup on a besoin de cette migration pour payer les retraites si facilement
mais est-ce que le calcul est juste non en tout cas c'est certain qu'il y a une partie de la population française qui n'assume pas un certain nombre de métiers j'ai souvent dit promenez-vous dans les rues de nos villes regardez les échafaudages portez votre regard sur ceux qui sont sur les échafaudages et vous allez voir d'où ils viennent assez rarement des centres-villes les plus les plus traditionnellement nationaux ils viennent très souvent de l'étranger et c'est une machine à intégrer le travail à la condition que nous sachions garantir l'ordre nous sommes dans quel désordre sommes-nous qu'est-ce que dit le ministre de l'Intérieur et en quoi a-t-il raison vous ne pouvez pas accepter que dans le pays il y ait des dizaines ou centaines de milliers de personnes qui sont en situation irrégulière et que l'économie emploie souvent que l'économie emploie souvent se satisfait d'employer à bas prix et qui sont oui peut-être pas peut-être sûrement en situation irrégulière aucun pays du monde ne peut accepter j'étais à Mayotte il n'y a pas il n'y a pas longtemps Lille nos compatriotes maorais on va parler de Mayotte sont dans une situation insupportable parce que entre 20 et 25% de la population est en situation irrégulière parlons-en s'il vous plaît
un projet existe pour Mayotte pour restreindre le droit du sol pour qu'il faille un an de présence des parents en tout cas de la mère sur le territoire maorais pour que l'enfant soit français à sa majorité est-ce que d'abord cette réforme verra le jour oui je crois est-ce que c'est un coin enfoncé dans le dogme où chacun dira comme il veut du droit du sol est-ce que ça va donner une forme de modèle pour la France je crois avoir été le premier il y a des années
dans une campagne présidentielle antérieure a proposé que à Mayotte et en Guyane on regarde en face cette question du droit du sol mais en dehors au-delà de ça Mayotte et Guyane c'est ça la question et la proposition de loi qui va être examinée au Sénat cette proposition de loi elle dit une chose très simple vous ne pouvez pas venir en France pour accoucher pour que l'enfant soit français
est-ce qu'on en tirera des leçons pour la métropole en général pour le territoire métropolitain
il y aura des débats c'est-à-dire il y aura des débats il va y avoir tout le débat au parlement sur ce sujet là vous y seriez favorable non je pense qu'il faut faire attention c'est des très grands sujets d'abord c'est la constitution c'est-à-dire que ça fait partie de la loi fondamentale du pays et beaucoup de ceux qui sont français nés à l'étranger beaucoup beaucoup beaucoup s'intègrent tout à fait harmonieusement à l'intérieur du pays Mais Valéry Giscard d'Estaing
rappelez-vous 91 centristes de grandes familles centristes comme vous l'avait proposé 91 passé au droit du sang il avait utilisé à l'époque vous vous souvenez une formule très controversée il avait parlé d'invasion migratoire Chirac l'avait disons félicité pour cela il soutenait à l'époque est-ce que ce débat vous dites qu'il va revenir ?
On va le traiter sur Mayotte et sur la Guyane j'espère Pas au-delà Et on va dire une chose simple on ne peut pas détourner notre droit fondamental ancestral qui vient de l'ancien régime on ne peut pas détourner ce droit pour faire de l'immigration forcée illégale
Un mot encore sur l'immigration s'il vous plaît dans votre déclaration de politique générale vous avez une formule qui a beaucoup frappé les esprits vous parlez d'un village pyrénéen et vous dites l'installation étrangère d'une famille étrangère dans un village des Pyrénées suscite un mouvement de générosité une famille à l'inverse 30 familles qui s'installent et le village se sent menacé des vagues de rejets se déploient et vous dites l'immigration est une question de proportion ce seuil d'intégration que vous décrivez pour un village des Pyrénées est-ce qu'il est atteint selon vous pour la France entière ?
En tout cas je pense que c'est la question fondamentale je sais bien qu'on ne la regarde pas en face ou on n'ose pas la regarder en face je pense que l'attitude par rapport aux migrants elle n'est pas la même selon que vous avez 20% ou 30% c'est le cas à Mayotte de la population ou bien que vous avez une proportion faible dans un cas il y a un accueil et dans l'autre cas il y a un rejet Est-ce que ce seuil
est arrivé à l'échelle de la France ?
Oui en tout cas on s'en approche vous voyez le sentiment de blocage qu'il y a d'un certain nombre de gens mais il y a des métiers qui ouvrent à la possibilité d'une intégration et je vous répète que pour moi c'est le travail la langue et les principes de vie qui sont les trois conditions pour que cette intégration
se fasse Un mot encore et ensuite on passera à d'autres sujets si vous le voulez bien notamment les retraites mais sur cette question de l'intégration on comprend vous-même l'importance que vous lui accordez vous y êtes arrivé de vous-même la transformation démographique de la France dans une précédente émission vous prenez une photo de votre classe je crois à Naï et vous êtes là tous les gamins vous êtes jeunes gamins il n'y a que des blancs et oui pourquoi pas c'est vrai qu'on remarque cela une foule française aujourd'hui est différente d'une foule de votre enfance il y a des français qui sont gênés de ça pour des raisons culturelles civilisationnelles ils se disent que quelque chose de la culture d'avant est en train de passer d'autres qui sont réjouis ce qu'ils disent mais c'est le grand mouvement du monde comment définissez-vous ça est-ce qu'il y a une logique souhaitable selon vous ou pas souhaitable que la France soit métissée
je n'aime pas ce qui défend enfin je n'aime pas que l'on défende cela comme un principe je ne crois pas que ce soit mieux d'être métissé que de ne pas l'être je pense que les apports étrangers sont positifs pour un peuple à condition qu'il ne dépasse pas une proportion je pense que la rencontre des cultures est positive mais dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion de ne plus reconnaître votre pays de ne plus reconnaître les modes de vie ou la culture dès cet instant-là vous avez rejet on y est en France selon vous est-ce qu'on y est en France oui ou non on approche en tout cas c'est dans cette zone qu'on se trouve et un certain nombre de villes ou de régions sont dans ce sentiment-là je répète pour moi c'est une question de proportion et cette question de proportion elle est très rapidement et très souvent atteinte je reprends l'exemple de Mayotte il est très intéressant et je pourrais le prendre dans d'autres territoires d'outre-mer Mayotte ce n'est pas des rejets ce sont des rejets qui deviennent violents et avec des teintes d'exclusion et de racisme alors que ce sont les mêmes cultures même religion même langue et même famille simplement les apports des îles voisines sont ressentis comme une agression mais monsieur le Premier ministre pardon
et c'est la même chose vous avez utilisé des mots très forts dont je vous demande de préciser vous avez dit on peut avoir un sentiment de submersion et vous avez dit en France on s'approche de ça vous pensez vraiment ça qu'en France on s'approche d'un sentiment de submersion
je pense que beaucoup de français et beaucoup de quartiers ou beaucoup de villes ont le sentiment que ça n'est plus maîtrisé et il suffit de voir les faits divers pour mesurer que les les les manquements les délits les se concentrent et on ne voit plus que ça ceux qui regardent vos écrans ne voient plus que ça ils ont le sentiment que c'est forcément des étrangers ou des immigrés qui manquent au devoir que nous avons et tant que nous n'aurons pas garanti l'ordre sur notre sol c'est à dire la certitude que quand quelqu'un est en situation irrégulière celui-là et bien on peut le raccompagner chez lui avec le respect qu'on doit aux personnes humaines mais pour garantir que notre loi est respectée que nos décisions sont respectées
en ce sens-là est-ce que le binôme Retailleau d'Armanin c'est vraiment un des piliers de votre gouvernement est en train de créer un changement politique
mais en tout cas il a été voulu comme ça ça fait des des temps immémoriaux que la police dit nous on les arrête mais les juges les libèrent et on les retrouve le lendemain matin dans les quartiers les ça veut dire les jeunes c'est souvent des jeunes délinquants et souvent en effet culturellement en situation de rupture
est-ce que c'est une manière démocratique de reprendre du terrain politique à Mme Le Pen non excusez-moi on a le droit de faire des calculs en politique on a le droit d'agir et d'avoir des calculs politiques c'est pas tabou
excusez-moi c'est la plus mauvaise manière de réfléchir si vous faites les choses pour gagner des parts de marché sur des adversaires politiques alors c'est que vous n'avez pas de conviction personnelle moi j'ai une conviction personnelle c'est que l'ordre c'est pour les plus fragiles l'ordre c'est pour les plus pauvres l'ordre c'est pour ceux qui peuvent pas se défendre tout seul autrement vous vous trouvez dans une société de type américain dans laquelle vous constituez un quartier avec une milice avec une sécurité privée que vous payez pour être tranquille dans votre quartier c'est le contraire de la république française vous entendez ça c'est le contraire
vous êtes un paradoxe le contraire de ce qu'on nous croit parce que vous êtes un vous êtes un centriste et vous avez toujours manifesté une très grande écoute pour ce qu'on appelle les extrêmes je suis frappé de voir que Jean-Luc Mélenchon vous dit toujours homme cultivé vous n'êtes pas d'accord avec lui mais vous dites homme cultivé vous exprimez un très grand respect je peux dire ça à son sujet et d'ailleurs à ses électeurs idem pour le rassemble national vous avez toujours été respectueux de Marine Le Pen là où d'autres la décrivaient comme un danger pour la démocratie pourquoi ?
d'abord vous avez très bien compris alors donc je vous donne acte de ce point là pourquoi ?
parce que ce sont des français Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon à eux deux à la dernière élection présidentielle ils ont obtenu écoutez bien entre 16 et 17 millions de voix si vous ne vous rendez pas compte que la manière dont on parle d'eux nourrit les électeurs qui les rejoignent si à chaque instant vous faites de chacun d'entre eux l'ennemi public numéro un dans une société qui a tellement de problèmes vous lui apportez sur un plateau d'argent des millions de voix et puis est-ce qu'on a surjoué ça pardon François Bayon laissez-moi finir la phrase laissez-moi finir la phrase et puis je n'aime pas qu'on cloue au pilori des français même s'ils se trompent je trouve que forcément nous les connaissons tous ce sont des voisins ce sont des cousins ce sont des gens que nous fréquentons dans l'entreprise ou dans le quartier ou dans les associations je n'aime pas qu'on parle d'eux avec mépris avec rejet ou avec violence je pense que tout ça nourrit d'abord une division profonde à l'intérieur du pays et je crois que ce dont on a besoin c'est d'un pays uni mais surtout et en plus ça les sert la violence des uns sert la violence des autres et ce dont on a besoin désormais c'est de pacifier le pays c'est de faire en sorte que ok nous reconnaissons nos différences je sais très bien que avec ces forces politiques là je ne pense pas du tout la même chose
là vous avez fait référence même à Henri IV vous avez dit il y a quelque chose de ça c'est à dire qu'on soit catholique ou protestant un jour on passe à autre chose
ben c'est même le fondement de la nation française depuis ce roi que j'ai tant aimé et sur lequel j'ai tant écrit et pas parce qu'il était de chez moi mais parce qu'il a créé l'identité de la France et l'identité de la France c'est la tolérance et au delà de la tolérance un jour la compréhension mutuelle on a fait deux phrases je vois que vous vous impatientez pas du tout je vous écoute avec la plus grande intention deux phrases on a découvert les vertus de la laïcité pour la religion ou la philosophie c'est à dire ça n'est pas parce que vous ne croyez pas la même chose que moi que je vous dénie la qualité d'être un citoyen français et bien je suis persuadé persuadé que cet effort de laïcité on doit le faire aussi en politique ça n'est pas parce qu'il y a des gens qui ne croient pas la même chose que moi que je peux leur dénier le droit d'être français Alors François Bayrou
vous êtes allé très loin dans cette laïcité peu d'entre vous l'ont fait dans cette partie-là du spectre politique avec Marine Le Pen vous avez offert votre parrainage en 2022 pour la présidentielle dans cet esprit-là en disant tout le monde doit pouvoir participer vous aviez parlé d'une banque de la démocratie est-ce qu'il en reste quelque chose franchement est-ce qu'elle vous reste reconnaissante est-ce que ça va compter dans la donne politique
Vous n'allez pas me croire si je vous le dis mais je vais vous dire les choses quand même si vous croyez que j'ai fait ça Non je ne dis pas ça mais le résultat de ça
le résultat de ça si vous croyez est-ce que vous avez un lien disons avec Mme Le Pen qui différencie de ce que par exemple était le lien avec M. Barnier
Si vous croyez qu'une décision aussi lourde de conséquences que de proposer une banque de la démocratie et une banque des signatures pour l'élection présidentielle alors que cette candidate qui allait réunir un score de 40% des voix au deuxième tour était menacée de ne pas pouvoir participer à cette élection Bien sûr mais avouez que c'est quand même très différent
du front républicain qu'on a vu au dernier législatif Pas du tout Pas du tout Le front républicain n'y est participé Entre dire que quelqu'un est un danger c'est ça le front républicain est un danger pour la démocratie libérale et dire il faut qu'il participe on ne peut pas dire les deux à la fois ça peut être beaucoup
Vous vous trompez sur toute la ligne Jean-Luc Mélenchon je suis en désaccord radical avec son approche et quelle est son approche il l'a très bien expliqué Conflictualisé Tout conflictualisé c'est à dire vous prenez tous les problèmes du pays et vous faites de tous une guerre parce que à terme ça favorisera la révolution une révolution je redoute beaucoup Est-ce que je peux vous provoquer François Bayrou est-ce que je peux vous provoquer Vous ne m'avez pas laissé finir Je vous laisse finir et je vous provoque
Allez-y
Jean-Luc Mélenchon je suis en désaccord radical avec lui est-ce que pour autant je veux l'interdire de vie politique je suis en désaccord radical sur le Moyen-Orient Vraiment Est-ce que je pense de mon droit de l'interdire de la vie politique Vous vous trompez sur toute la ligne Je pense que la lutte contre les extrêmes si le mot de lutte est adapté en tout cas le combat contre les extrêmes le fait qu'on refuse de leur céder le terrain je pense que ce combat-là il ne peut être conduit qu'en montrant qu'on n'est pas
soi-même dans la violence Monsieur le Premier ministre je me rappelle François Mitterrand qui citait souvent un texte de Monterland syncrétisme et alternance et qui avait une forme de gourmandise pour les extrêmes il avait eu des gens des amis très à droite d'extrême droite même et il avait fait entrer les communistes au gouvernement les deux choses est-ce qu'il y a quelque chose de ça est-ce qu'il y a quelque chose
de ça chez vous ?
est-ce qu'il y a quelque chose de ça chez vous ?
J'ai comme lui beaucoup pensé à la France j'ai comme lui beaucoup pensé à la France sous la bord de l'histoire de la France et je pense à la France sous la bord du respect que j'ai pour les citoyens français quels qu'ils soient je combats les idées je combats encore davantage les arrière-pensées je n'ai jamais manqué une seule une seule fois à ce combat-là j'ai participé au Front Républicain parce qu'on était sur le point de voir un des deux extrêmes l'extrême droite prendre le pouvoir et pour moi ça n'est pas acceptable
pour le pays Alors, application de ce raisonnement à la situation présente 31 mars Marine Le Pen affronte une échéance extrêmement importante ont été requis contre elle l'inéligibilité à l'exécution provisoire de la prison vous aviez été accusé dans une affaire d'assistant parlementaire elle n'est pas tout à fait semblable mais enfin elle est comparable on peut dire ça oui comparable l'accusation est comparable vous l'avez très mal ressenti et vous avez souvent dit que ça a été une épreuve très dure notamment pour des personnes chères qui sont décédées depuis lors oui est-ce que ce serait une erreur que Marine Le Pen une erreur politique qu'elle soit déclarée inéligible
la responsabilité du gouvernement ne peut pas porter sur la justice mais je pense qu'il est très dérangeant que des jugements soient prononcés sans qu'on puisse faire appel et deuxièmement je considère que cette accusation là c'est à dire l'idée que l'aide que le Parlement européen mobilise pour aider les parlementaires européens à faire leur travail il est une accusation injuste que de penser que le parti politique ne les aide pas parti politique ça fait élire un député européen puisque c'est sur une liste c'est lui qui les choisit ça les aide à défendre leurs idées surtout quand ils sont minoritaires c'est une position claire c'est celle de la défense et enfin troisièmement c'est le seul vecteur pour les faire réélire et donc j'ai toujours considéré tout en prouvant que nous n'étions pas que je n'étais pas avec nombre de mes amis certains ont été condamnés injustement et ils feront appel mais je ne trouve pas que ça soit juste
c'est clair abordons la question frontalement la question un jour des ministres Rennes peuvent-ils siéger dans un gouvernement d'union je rappelle François Mitterrand il l'a fait avec les communistes à une époque où les missiles l'Union soviétique qui payaient les soviétiques qui payaient qui donnaient du cash au parti communiste français c'était quand même quelque chose sont entrés au gouvernement est-ce qu'un jour DRN peut entrer dans un gouvernement d'union par exemple avec des modems par exemple avec des LR
je ne le crois pas parce que les idées fondamentales ce qu'on appelle les valeurs on le voit en Italie
Mélanie on le voit même aux Pays-Bas les libéraux gouvernent avec Vilders etc ça commence à bouger qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore
oui mais c'est pas mon idée jamais vous dites jamais mon idée est que l'union est nécessaire mais à condition qu'elle respecte un certain nombre de principes communs vous voyez j'emploie pas le mot de valeur parce qu'il m'énerve l'utilisation à tout bout de champ du mot de valeur je le trouve un peu dévalué donc mais très précisément je pense qu'un gouvernement ne peut être formé que de personnes qui partagent qui ont en commun les principes qui les font vivre ensemble et vous voyez que ça n'est pas le cas ni avec le Rassemblement National ni avec le François Bayrou
vous aimez la conversation ça me frappe parce qu'on avait un ordre j'ai mes feuilles en désordre parce qu'on avait un ordre vous savez chapitré ne respectez pas l'ordre vous connaissez laissez-vous aller à votre instinct les journalistes sont scolaires vous savez ils sont un peu comme ça allez alors mon instinct m'amène un peu aux impôts parce que là quand même on ne peut pas dire alors franchement c'est le désordre vous dérapez dans le sens il faut travailler quand même il faut travailler François Bayrou on ne peut pas seulement se faire plaisir parlons des impôts parce que ça c'est un peu plus douloureux il y a beaucoup de clarifications qu'on attend de votre part ce soir d'abord oui ou non est-ce que on peut s'engager à ce que les ménages français je parle bien des ménages n'auront pas d'impôts nouveaux en 2025 oui est-ce que c'est valable aussi pour 2026 on sait souvent que le diable se cache dans les détails comme on disait à l'école religieuse chez vous Darus Rochebin oui François Bayrou
j'ai franchement j'ai suffisamment de mal à établir et à faire voter le budget 2025 sans que vous me demandiez des engagements sur le budget 2026 d'abord je vous remercie parce que ça veut dire que vous considérez que le gouvernement vous offre la durée vous voyez on est généreux des plages de temps qui lui permettent d'agir mais franchement je crois alors je vais vous dire quelque chose qui compte beaucoup pour moi je crois que le budget 2026 devrait être très différent du budget 2025 parce que je compte bien que nous allons ensemble construire une action publique de l'état qui sera très différente de la situation que nous avons aujourd'hui je pense qu'il faut que nous reprenions comme sur une page blanche les politiques publiques que nous adoptons et que nous examinions les moyens que nous y mettons
alors attendez avant 2026 parti comme ça ça marchera pas restons un peu sur 2025 quand même parce que là vous nous baladez un peu ça c'est vous qui vous faites des reproches à vous même alors allons-y on a dit donc pas de nouveaux impôts pour les ménages 26 pas d'engagement qu'est-ce qu'il en est des contributions exceptionnelles des très hauts revenus d'abord très hauts revenus c'est combien
je sais pas ce que fixera la commission mixte paritaire
bon admettons 250 000 c'était ce que par personne et par an c'est ce qui était précédemment c'est des revenus très importants est-ce que cet impôt là quoi qu'il en soit sera maintenu est-ce que c'est votre souhait en tout cas
c'est un impôt qui a été défini comme un impôt momentané pour la situation de crise une année je crois qu'ils avaient dit
deux ans vous avez reculé maintenant c'est ça
je n'ai rien reculé du tout vous laissé la commission c'était fixé et la commission va dire
ce qu'il en est la contribution des très grandes entreprises qui ont un chiffre d'affaires au-delà d'un milliard là aussi si j'ai bien compris il y a l'idée de le réduire à un an est-ce que ça c'est maintenu aussi
oui cette contribution est maintenue et elle est on va voir ce que dira la commission mixte paritaire mais elle est d'une année
est-ce que ça n'est pas une erreur de frapper là on parle au moins d'entreprises qui marchent en France tout à l'heure vous ironisiez vous-même sur les agences et sur ce désordre des agences dont on ne sait pas très bien ce qu'elles font là on a des entreprises qui marchent qui tiennent leur compte contrairement à Bercy qui n'a même pas su prévoir son déficit qui est passé de 4-4 à 6 en quelques mois franchement ne me mettez pas mal avec plus de gens que je ne le suis aujourd'hui sérieusement on se dit que l'argent est mieux là et produisera plus de richesses nationales que dans les mains de l'État
pour l'instant je vais vous dire exactement ce que je pense ce que je pense c'est que toujours frapper l'entreprise et toujours frapper ce qu'on appelle les grandes entreprises c'est se tromper de cible je pense que les grandes entreprises c'est très souvent les entreprises qui réussissent qui exportent et donc qui sont à la pointe de ce que nous savons faire de mieux les français et dire c'est un scandale et elles doivent payer je trouve que c'est très mal pensé et donc je n'ai pas envie d'en faire la règle la France est-elle en train en revanche il y a quelque chose à quoi il faut qu'on regarde de près c'est les fraudes fiscales ou en tout cas les abus fiscaux le fait qu'on se serve d'un certain nombre de règlements pour ne pas payer d'impôts ou pour payer moins d'impôts que ce qu'on devrait payer et notamment quand on a beaucoup de moyens il y a là quelque chose qui n'est pas acceptable votre regard sur la richesse toute fraude toute fraude est à pourchasser et à regarder on est d'accord qui n'est pas d'accord
mais ça ne se fait pas qui votre regard sur la richesse en France on avait la discussion hier début de discussion avec le ministre de l'économie des finances Bernard Arnault qui est un investiture de Donald Trump est-ce que pour vous c'est un motif de fierté
en tout cas j'ai une position très simple moi ce qui me gêne ce n'est pas la richesse c'est la pauvreté donc tant mieux s'il y a des riches si vous savez ce que je crois profondément c'est que l'argent ça ne fait pas le bonheur contrairement à ce qu'on croit je pense que que ça n'est pas si évident et d'avoir créé une entreprise française qui porte l'image de la France ce que monsieur Arnault a fait je trouve que que en tout cas ça ne mérite pas d'être ciblé mais autre chose est de faire qu'il n'y ait pas d'abus je pense que l'argent ne peut pas diriger tout et je vais aller un tout petit peu plus loin l'argent ne peut pas diriger les consciences et donc il est très important que nous ayons des règles par exemple de pluralisme qui garantissent qui garantissent que l'information ou la culture puisse se développer dans le pluralisme et pas uniquement être soumis à l'argent vous pensez monsieur Musk pour ce que j'en vois et pour ce que je pense il est dangereux pour vous en tout cas il crée une menace sur les démocraties grâce aux moyens immenses qui sont les siens sans mesure puisque c'est maintenant monsieur Arnault ayant été détrôné c'est monsieur Musk qui est la première fortune du monde beaucoup plus de milliards oui ça change tous les ans
ça a l'air bien parti pour rester en haut
peut-être on pourra en dire un mot dans une seconde parce qu'il s'est passé aujourd'hui quelque chose d'absolument inouï mais je pense que l'argent ne doit pas vous donner le droit de diriger les consciences voilà il s'est passé quelque chose aujourd'hui qui précisément concerne monsieur Musk et les autres un événement inimaginable hier encore hier 26 janvier aujourd'hui on est le 27 il s'est passé un événement incroyable c'est que dans ce domaine de l'intelligence artificielle qu'on croyait entièrement dominée par les Etats-Unis et qu'on croyait absolument dominée par les centaines de milliards qu'on y investissait 500 milliards chez eux qui seront levés il y a une entreprise chinoise qui avec 5 millions millions entre 1 million et 1 milliard c'est fois 1000 avec 5 millions et avec des puces des circuits électroniques classiques on dira a obtenu semble-t-il ça a été annoncé aujourd'hui un résultat des performances plus importantes que Tchad GPT bon espoir pour l'Europe
on se dit là que l'Europe aussi peut peut-être régater
non mais vous avez l'air de dire ça en souriant il faut une minute qu'on s'y arrête on est menacé de domination la Chine au mois de décembre c'est-à-dire il y a 15 jours a passé le cap des 1 000 milliards d'excédents commerciales de bénéfices commerciales domination incroyable les Etats-Unis ont lancé des centaines de milliards comme vous l'indiquiez pour gagner la technologie les chercheurs pour que ils deviennent non seulement incontournables mais dominants dans toutes les situations et on croyait jusqu'à hier que l'Europe n'avait aucune chance puis on vient de découvrir que avec des mises de fond modestes l'intelligence humaine était capable d'aller plus loin que l'intelligence artificielle on verra la suite si on ne regarde pas ça en face avec une conviction qui est très simple qui est réveillez-vous les Européens et les Français réveillez-vous nous avons les chercheurs en intelligence artificielle les plus reconnus de la planète entière mais beaucoup partent aux Etats-Unis actuellement vous le savez comment oui ils partent aux Etats-Unis
parce qu'on les paye et bien qu'on se ressaisisse mais est-ce que ça ne dit pas est-ce que ça ne dit pas l'apologue que vous venez de décrire le grand problème c'est-à-dire on a plein de bonnes idées mais la puissance économique est en train de monter aux Etats-Unis pendant qu'elle est en train de reculer ici notamment notamment pour le poids des retraites venons-y s'il vous plaît François Bayrou la grande affaire de notre génération j'aimerais partir de votre équation c'est vous qui l'avez donné lors de la DPG cette équation vertigineuse 380 milliards de recettes 325 milliards de cotisations manque donc 380 milliards de pensions de pensions de versement de pensions versées et manque donc 55 milliards dont 45 milliards empruntés quand on se voit quand on voit un tel vertige vous avez ouvert un conclave bravo tout à l'heure sur ce plateau les commentateurs vous félicitaient ils disaient c'est bien c'est le dialogue social mais est-ce qu'il y a un autre sens possible économiquement que d'aller de l'avant vers les 64 ans quand on regarde ça
c'est pas les 64 ans qui me choquent travailler plus travailler plus c'est une nécessité il n'y a aucun moyen de s'en sortir ni pour le niveau de vie ni pour la production du pays que d'avoir de plus en plus de gens qui travaillent et de plus en plus de gens qui travaillent quand ils sont seniors la question c'est il faut qu'ils le choisissent et je suis persuadé qu'il existe des accords qui peuvent faire qu'il y ait incitation pour ceux qui le veulent à travailler plus on est dans une
pardon mais c'est un peu un compte regardez les chiffres comparer comparer avec les Etats-Unis les heures travaillées par an aux Etats-Unis 835 heures 835 heures par an France 664 ce sont deux mondes on voit bien que ça ne suffit pas de dire allez les gars si vous avez envie de travailler un peu plus c'est autre chose c'est une culture du travail c'est une logique je ne dis pas qu'on est plus heureux là-bas je ne dis pas qu'on est plus heureux mais le résultat économique
est différent pardon de vous dire ça vous mélangez tout parce que 660 heures comme vous le savez c'est 1600 heures par an 1607 heures par an que le travail représente pour un salarié dans notre pays ce que vous expliquez c'est qu'il n'y a pas assez de gens au travail parce que on n'a pas créé assez d'emplois si nous avions le taux d'emploi de nos voisins il n'y aurait à l'heure actuelle pas de problème de financement des retraites si nous avions la production de la productivité la capacité du pays par personne à produire nous n'aurions pas de problème de financement des retraites et si nous avions le taux d'emploi des seniors comparable aux autres pays et bien il n'y aurait pas de problème de financement des retraites mais sur la question sur la question précise je vous prends au passage je vous saisis pour que vous ne vous échappiez pas même si vous avez envie de vous échapper vous voyez vous êtes en train de décrire la situation que je crois vrai que d'autres organisations du travail d'autres créations d'emploi et d'autres progrès de la productivité peuvent faire que nous ne soyons plus devant ce mur de dette que les retraites représentent je suis persuadé qu'on peut y arriver et qu'on peut alors je suis persuadé j'espère qu'on peut y arriver par des accords qui feront que il y aura plus de départ à la carte je pars plus tôt avec moins je pars plus tard avec plus vous espérez que ça sorte de ce conclave j'espère que cette concertation sociale qu'on a lancée qui est tout à fait unique parce que on est devant une situation que tout le monde dénonce à l'envie et tout d'un coup il y a les bonnes volontés syndicales et d'entreprises qui disent après tout on pourrait peut-être en discuter c'est tout à fait nouveau dans notre pays François Bayrou
répondez quand même à l'objection vous savez que tellement de gens la font ils gagnent du temps c'est à dire au fond vous avez critiqué les prédécesseurs avec raison tous ceux qui ont dit allez les enfants paieront est-ce que vous n'êtes pas en train de faire la même chose c'est à dire je finis
je fais exactement
le contraire est-ce que vous n'êtes pas en train de gagner du temps parce que vous avez besoin de temps non rester etc non en disant allez même si on recule sur cette réforme des retraites au moins je resterai premier ministre je pense qu'il ne faut pas reculer et je vous signale
ce sera forcément une première si il y a compromis ce sera reculade non en aucune manière c'est parce que vous avez cette vision complètement dépassée de la situation pardon de dire ça c'est la vision du président de la république
qui a été élu réélu qui a dit que c'était la réforme historique sur laquelle il ne fallait pas revenir
c'est une réforme historique mais peut-être la définition de cette réforme son organisation la manière dont elle a été présentée dans l'urgence ou conçue par des gens qui étaient tous de bonne volonté mais simplement je pense qu'il y a mieux à faire alors je décris la situation comme elle était j'ai été pas seul beaucoup de gens qui étaient là la Madeleine qui tout à l'heure était là et puis la CFDT qui s'exprime souvent sur votre plateau était favorable à la retraite à points qu'est-ce que c'est la retraite à points c'est une retraite plus souple à la carte où chacun peut aménager son temps de travail de manière à la fois à équilibrer les régimes de retraite et à garantir sa vie personnelle
est-ce qu'une piste ce sont les dérogations pour la pénibilité est-ce que là c'est-à-dire que la pénibilité par carrière par métier même on peut descendre à un certain niveau de précision c'est une piste de compromis où là on va sortir au moins par le haut
je crois que oui je pense que c'est pas la même chose de partir à 64 ou 65 ou 66 ans comme on veut alors qu'on a un métier qui a été préservé qui n'est pas une usure physique et être je pense toujours je pense toujours à ça quand je vois les hommes c'est souvent des hommes qui dans notre pays sont sur les trottoirs en train d'étaler à la taloche le bitume brûlant et à respirer les vapeurs du bitume brûlant ou qui sont couvreurs sur les toits ou qui portent des charges ou qui sont dans des métiers nerveusement usants c'est pas la même chose
à l'arrivée est-ce que vous avez quand même un âge de référence tout ce que vous dites est frappé au coin du bon sens et toute personne de bon sens vous suivra mais à l'arrivée il faut bien un âge de référence on voit autour de nous en Europe la plupart des pays sont au-dessus 67, 66, 65 il faut bien articuler un âge de référence quel est-il pour vous ?
je ne crois pas moi que ça se résume à un âge de référence je crois que ça se résume à une question qui est la question de l'équilibre financier possible du régime de retraite et donc la question c'est le nombre de personnes au travail ça c'est la question et le nombre de personnes au travail que nous avons en France aujourd'hui parce qu'on est mal organisé ou parce qu'on n'a pas pensé à aider à encourager à inciter ce nombre de personnes au travail est trop faible et donc je crois mais alors de toute ma certitude je crois qu'il y a d'autres types d'organisations possibles encore une fois ça avait été décrit par ceux innombrables qui étaient pour la retraite par points depuis les libéraux jusqu'à la CFDT et peut-être au-delà je ne crois pas qu'on arrivera à la retraite par points là maintenant parce que c'est trop bloqué mais je pense que c'est une piste pour l'avenir
travailler plus la piste des 7 heures de travail supplémentaires par an non rémunérés pour financer la protection sociale c'est intéressant ce soir de vous voir fermer ouvrir des portes comme je le disais tout à l'heure on a bien compris que c'est une hypothèse de travail je ne vais pas vous enfermer est-ce que ça se fera ou non mais vous-même est-ce que vous y êtes favorable ou non ? moi-même je pense que le travail doit être payé donc c'est pas une bonne idée
donc j'écoute ça a été une proposition parlementaire j'écoute et je suis prêt à discuter il y aura discussion au sein de la CMP et on comprend que c'est pas une bonne idée selon vous a priori une règle simple tout travail mérite salaire on n'y est pas et je pense qu'il est bien que les gens puissent travailler plus notamment s'ils le choisissent et qu'il faut le faciliter mais le travail ne doit pas être gratuit je pense que ceux qui travaillent ont droit
à un salaire est-ce que ça montre à quel point on est désespéré quand on en est à gratter comme ça pardon mais quand on lit ça quand on met sur le papier 10 minutes de plus par semaine 2 minutes par jour tout ça paraît tellement dérisoire je vois des sourires autour de moi parce qu'effectivement un gouvernement qui en est à gratter comme ça ça n'est pas un gouvernement qui en est là oui oui mais enfin c'est quand même votre ministre qui l'a exprimé c'est la discussion bien sûr parlementaire on voit tout à l'heure sur ce plateau on comparait à ce qui se passe dans d'autres pays du monde avec des milleilles alors là c'est l'autre extrême qui dit afuera etc qui parle de taille de coupe claire dans l'état et là on en est à dire on va bouger de 2 minutes par jour vous voyez que je n'en suis pas là
vous voyez que c'est pas ce que je défends au moins donnez-moi acte comme on dit je vous le donne je vous donne le point monsieur le Premier ministre quand on est sur le titre je pense que le travail doit être payé je pense qu'on ne travaille pas on n'est pas assez nombreux au travail c'est un pays qui s'est déshabitué mais le travail doit être payé
quel est votre regard plus général sur les retraités d'abord est-ce que définitivement l'idée est enterrée j'ai cru comprendre que c'était le cas mais de votre bouche ça a un autre poids de taxer davantage ou d'avoir une cotisation une contribution exceptionnelle des retraités au-dessus d'un certain seuil ceux qui ont les meilleurs revenus
oui mais au-dessus d'un certain seuil vous verrez que le seuil dans l'esprit de ceux qui décident ça est assez bas 2000 euros j'ai entendu si vous trouvez que 2000 euros c'est la richesse moi j'ai eu beaucoup de controverses sur ce sujet ça vous a choqué mais pour moi c'est la retraite de beaucoup de nos contemporains pas tous mais de beaucoup et quand il y a des retraites trop basses il y a une chose qui a été faite depuis l'élection du président de la république c'est qu'on a remonté les petites retraites le seuil des petites retraites a été remonté de manière inédite ça ne s'était jamais fait avant avec cette puissance là et on a eu raison de le faire
est-ce que ça montre que le système est arrivé au bout le président de la république avait choqué avec sa fameuse formule le pognon de dingue mais la formule n'était pas mauvaise si on écoutait ce qu'il disait ensuite parce qu'il disait pognon de dingue par rapport à l'effort social on l'a dit tout à l'heure la France est une championne en matière d'aide sociale et pourtant on en est à à raciociner sur des petites retraites effectivement 2000 euros est-ce qu'effectivement le système social français est arrivé à une limite
j'ai été l'autre jour sur une autre chaîne c'est bien interpellé je parlais de la CFDT là je vais parler de la CGT la secrétaire générale de la CGT m'interpellait à distance et elle a dit mais enfin vous vous rendez compte ce pays il n'y a rien qui marche l'éducation ça marche pas la santé ça marche pas la justice ça marche pas la police ça marche pas là ça marche pas tous les services publics là ça marche pas faire tant d'efforts
pour avoir autant de retraités paupérisés
c'est pas bien c'est exactement la question qui est posée nous sommes le pays du monde qui prélève le plus sur l'activité nous sommes le pays du monde qui fait le plus de dépenses publiques et pourtant aucun de nos services publics ne marche de l'aveu même de ceux qui en sont les utilisateurs et les acteurs qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire qu'il faut qu'on reconstruise et il faut qu'on reconstruise sur des principes nouveaux c'est très difficile je vous dis pas que je vais faire ça en trois mois je ne cherche pas à gagner du temps je vous assure ne prenez pas votre regard vous n'êtes pas accusé François Bayrou non je ne suis pas accusé j'ai pas l'intention de l'être d'aucune manière et pas de vous accuser non plus mais vous voyez bien la question un pays qui consacre autant de ses ressources aux services publics et aux assurances
sociales comment en sortir est-ce qu'un jour la France aura son moment schroeder ça a existé en Allemagne en Allemagne un chancelier à peu près centriste social-démocrate mais là c'est vraiment très très doux comme social-démocratie et l'homme qui a fait reculer qui a fait maigrir l'Etat maigrir vraiment maigrir assez durement qui a créé beaucoup d'auto-entrepreneurs pas très bien payé mais en poussant au dynamisme qui a diminué les impôts est-ce que c'est tabou en France on voit bien quand on demande allez-y donner des chiffres précis tout le monde recule excusez-moi pour moi
il n'y a rien de tabou si l'on prend conscience ensemble de la gravité des déséquilibres créés du fait que nous sommes un pays en danger et un pays en étant en danger de pauvreté croissante parce que ce qui a fait notre fierté l'industrie l'agriculture la production la production intellectuelle ce qui a fait notre fierté est en crise à peu près dans tous les domaines il y a bien des raisons à tout ça et ça ne peut se penser que si l'on garde à la fois l'idée d'un contrat social qui fait que tout le monde est à un filet de sécurité et que tout le monde a une chance vous m'aviez promis de parler d'éducation vous ne l'avez pas fait un mot encore un mot encore sur la si on garde ça alors je crois qu'on peut reconstruire en cherchant la meilleure comment je peux dire le meilleur déploiement possible le meilleur avenir possible pour un pays qui retrouve ce qui nous manque tellement c'est à dire l'optimisme
on comprend bien l'optimisme la croissance il faut ça c'est la seule magie pour paraphraser des ronsards mais il y a quand même une nécessité de trouver 53 milliards les personnes retraitées les boomers générations dont je suis je ne bat vous êtes un peu voilà ceux qui ont été dans les moins que vous naturellement dans les trente glorieuses et leur effet de traîne on dit beaucoup avec raison pas tous on vient de parler de ceux qui sont paupérisés mais une partie ont plus d'argent que les plus jeunes générations est-ce qu'il y a une logique à aller chercher là un peu plus d'efforts
vous voyez très bien ce qu'on risque de faire vous avez une société qui a déjà des problèmes formidables et vous voulez insécuriser tout le monde y compris les retraités peut-être un jour faudra qu'on pose ce type de questions mais je n'ai pas envie que cette émission fasse passer dans la tête de tous ceux qui ont travaillé toute leur vie et qui ont des pensions de retraite j'ai pas envie qu'on leur fasse passer qu'on va vous cibler et c'est vous qui allez payer tout ça je ne crois pas ça je pense que nos problèmes le premier de nos problèmes c'est que nous ne produisons pas assez nous n'avons pas assez d'emplois je l'ai déjà dit nous n'avons pas assez de capacités agricoles industrielles intellectuelles nous ne valorisons pas ce que nous sommes et tout le but qui est le mien c'est que on sorte de la dépression générale on sorte de de cet abattement dans lequel on se trouve et qu'on trouve des raisons d'y croire parce qu'il y a plein de raisons d'y croire je disais à l'instant si vraiment nous avons ce qui est la vérité prouvée les meilleurs ingénieurs capables dans le numérique de trouver l'intelligence artificielle dont tout le monde dit voilà la clé pour l'avenir est-ce que vous croyez que ça signifie que nous sommes un pays qui est fichu est-ce que quelque chose
de l'optimisme américain là vous inspire on a compris tout à l'heure vous n'aimiez pas Elon Musk je suis pour l'optimisme
bernet je suis pour l'optimisme français je suis pour l'optimisme gaulois et je suis pour l'optimisme européen je n'ai pas besoin d'aller chercher des sources d'optimisme vous avez tout à fait raison
mais on voit bien cette espèce d'énergie jusque dans sa brutalité l'absence totale de tabou cette idée qu'une religion une culture une économie si elle ne progresse pas recule aller sur Mars dépenser les crypto-monnaies même au prix de certains conflits d'intérêts est-ce que vous dites c'est entièrement mauvais ou quand même une part de vous dit chapeau Trump chapeau Musk d'avoir cette énergie là alors qu'en Europe comme vous le disiez tout à l'heure on est content avec notre petit 1% de croissance on est assez bien
on n'est pas content je ne suis pas content beaucoup le sent je pense que l'Europe est en danger parce que précisément elle ne progresse pas et que les Européens ne croient pas qu'ils puissent progresser et je répondrai tout à l'heure à la question que vous aviez posée avant et vous êtes échappé avant que je puisse apporter la réponse sur quoi je vous trouve les commentateurs en général pardon ne prenez pas ça pour une attaque personnelle je trouve que vous êtes devant Trump et devant Musk comme le petit oiseau devant le serpent dans le livre de la jungle vous êtes hypnotisé
il faut vous au contraire on s'est beaucoup trompé on disait rappelez-vous on disait Reagan étant fasciste on disait on a beaucoup dit les commentateurs l'ont beaucoup dit en fait Reagan a été courageux mais les commentateurs oui
mais les acteurs moins et donc je n'ai pas du tout l'intention de me laisser enfermer dans vos cadres là François Bayrou l'éducation et vous essayez vous au sens générique je ne parle pas de vous personnellement et si on se mettait à regarder nos capacités à nous plutôt que d'être fasciné par le trumpisme le mosquisme le je ne sais pas quoi d'autre qui vient de l'autre côté de la tontique monsieur le premier ministre c'est comme ça depuis la guerre on passe son temps à regarder de l'autre côté moi je crois que nos richesses elles sont en nous elles sont principalement en nous français si nous sommes capables de tout reprendre monsieur le premier ministre
vous êtes un phénomène dans la vie politique simplement déjà parce que vous avez survécu vous êtes cultivé à une époque où il y a beaucoup de politiciens beaucoup d'hommes et femmes politiques dont on sent bien que c'est quasi écrit par McKinsey ou par des publicitaires qui leur font des formules l'éducation vous incarnez par toutes les fibres l'éducation dans ce cas là de classique vous pouvez citer des vers latins je crois que vous pouvez citer le début de l'Iliade le début de l'Eneïde comme peu toute cette culture là c'est en grande partie perdue est-ce que c'est une douleur est-ce qu'il y a une forme de rétablissement de la culture et de l'éducation classique possible en France
est-ce que c'est une douleur oui et je ne suis pas tout seul on est des milliers en France à considérer qu'avoir perdu cette culture parce qu'elle est en partie perdue en grande partie perdue c'est une perte de chance pour le pays et pour ceux de ses enfants qui viennent de loin je parle jamais d'éducation sans penser à ceux qui viennent des milieux d'où je suis d'où je viens c'est-à-dire des villages loin dans les Pyrénées et des milieux qui n'avaient ni pouvoir ni influence ni richesse mais simplement qui par les livres ont découvert que le monde pouvait s'ouvrir pardon j'en parle avec émotion pourquoi parce que qui est-ce qui souffre de ça pas les enfants des milieux favorisés les enfants des milieux favorisés ils ont les codes ils savent comment on se comporte ils ont les relations de leur famille je ne leur reproche pas mais c'est la vérité regardez comme le monde des pouvoirs qui était ouvert autrefois se trouve aujourd'hui refermé regardez comme les grandes écoles certaines des grandes écoles dans lesquelles on pouvait entrer quand on venait de loin sont aujourd'hui refermées parce que il y a un problème d'organisation de l'éducation alors je vais vous dire les choses précises qui sont pour moi très importantes et qui sont urgentes et qui sont très difficiles et j'en ai parlé avec la ministre d'état naturellement un le plus urgent de tout il faut qu'on parte à la reconquête de l'écrit vous en êtes c'est le monde de l'image qui aujourd'hui a envahi la totalité du champ intellectuel de la culture on a besoin de reconquérir l'écrit tous les jeunes maîtres de conférences qui sont en première année d'université ils décrivent un monde dans lequel l'orthographe recule tous tous le disent de l'orthographe la capacité à écrire trois paragraphes convenablement je ne dis pas absolument sans faute comment ça se remonte comment ça se remonte ça et bien je vais vous dire ce que je crois je l'ai dit à la ministre ce que je crois c'est qu'il faut faire de l'écrit à l'école tous les jours et même dans tous les cours enfin on n'est pas obligé de faire ça en français mais le prof d'histoire il peut faire deux paragraphes tous les jours écrire une pensée construite tous les jours et la rentrée prochaine en forme si j'osais je dirais même la graphie l'écriture au sens physique du terme former les lettres tout ceci a complètement disparu ce sera concrètement non mais pour être très précis
ce sera à la prochaine rentrée au programme vous voulez que ce soit ça
je vais suggérer et défendre ça et peut-être certains diront c'est réac moi je dis c'est pas réac c'est progressiste c'est le progressisme le plus grand les instituteurs de la 5ème république enfin des précédentes républiques
surtout
les instituteurs de la 3ème république
est-ce qu'il y a un danger sur l'école aujourd'hui commémoration d'Auschwitz la libération d'Auschwitz 27 janvier des images très fortes que nous avons diffusées ici sur LCI tout à l'heure Bruno Retailleau sur notre antenne il y a quelques jours disait cette chose vertigineuse ça n'empêche évidemment pas de parler aussi des atrocités à Gaza et d'autres questions ou de la colonisation mais il disait beaucoup d'enseignants ont peur d'enseigner la Shoah ça paraît inouï dans la France dans la république française en 2025 parce que ça provoque des réactions qu'on ne faire Charlie Hebdo qu'on ne faire ce genre de phénomène est-ce que vous êtes déterminé à imposer que cela change
je suis déterminé à dire que l'histoire ce sont des faits c'est pas des opinions on s'est laissé entraîner à considérer que ces grands événements terrifiants anti-humains puisque c'est aujourd'hui l'anniversaire de l'ouverture d'Auschwitz du fait que les armées en entrant les armées je ne sais même pas si elles savaient ce qu'elles allaient découvrir ces armées là ont tout d'un coup ouvert les portes de l'univers le plus atroce d'écrasement de la personne humaine qu'on pouvait imaginer ce n'est pas une opinion ce n'est pas mon opinion c'est un fait et d'être entré dans un monde où l'on confond les faits et les opinions il paraît qu'il y a des gens qui croient que la terre est plate que la terre soit une sphère ce n'est pas une opinion
c'est un fait j'aimerais vous entendre un peu sur la situation que nous vivons tout à fait atypique vous jouez maintenant un rôle tout à fait atypique vous utilisez ce terme de co-responsabilité il y a eu la 5ème république version classique avec un président qui a sa majorité forte d'ailleurs il y avait aussi d'ailleurs des problèmes dont il est le chef dont il est le chef deuxième cas de figure la co-habilitation et on vit là des heures tout à fait inédites vous dites co-responsabilité est-ce que ça veut dire que vous êtes l'égal du président de la République
non je n'ai pas ce genre de revendication mais je vais vous dire exactement ce que je dis en décrivant ces trois solutions possibles
bon l'actuel quand le président
de la République a une majorité à lui notamment après son élection alors c'est normal qu'il ait un rapport d'influence très fort sur le gouvernement est-ce que vous espérez que ça revienne en 2027 est-ce que c'est le but d'y revenir on verra 2027 ça dépend vous dites ce que vous espérez ça dépend qui est élu président de la République ah tiens il y a des présidents de la République dont je pourrais espérer qu'ils aient de l'influence et des présidents de la République dont je souhaite qu'il n'en ait pas trop on en reparlera je vais se continuer vous voyez ce que bon deuxième solution le président de la République se trouve avec une majorité contre lui c'est ce qu'on appelle la cohabitation c'est-à-dire une épreuve de force la majorité parlementaire impose au président de la République de prendre des décisions qui vont à l'encontre de ses préférences troisième solution celle dans laquelle nous sommes aujourd'hui personne n'a gagné les élections personne n'a de majorité et personne ne peut imposer sa volonté à d'autres le Parlement est redevenu le lieu du débat de la discussion des affrontements on vote est-ce qu'une part de vous s'en réjouit vous êtes ensemble
vous avez toujours défendu l'importance du Parlement est-ce qu'une part de vous s'en réjouit est-ce que d'une façon c'est mieux
c'est pas que je m'en réjouis mais ça ne me gêne pas et donc cette situation je la décris comme de co-responsabilité je connais très bien le président de la République il me connaît très bien et chacun d'entre nous lui à la place éminente qui est la sienne c'est le seul qui soit élu par le suffrage universel et moi à la place qui est la mienne d'entraîneur du gouvernement de sélectionneur du gouvernement vous avez un rapport particulier
vous avez beaucoup contribué à le faire élire en 2017 incontestablement est-ce qu'il est vrai que vous vous voyez par exemple oui toujours oui pourquoi
parce qu'il est président de la République et parce que nous n'avons pas le même âge on n'est pas de la même génération et parce que tout le monde ou à peu près je vais vous raconter une anecdote après et puis peut-être parce qu'il y a entre nous comme une forme de respect un peu différent de la du copinage habituel mais quant au vouvoiement vous savez moi j'ai vécu j'ai bien connu Jacques Chirac Jacques Chirac il avait une technique extrêmement simple il se faisait tutoyer de tous ses adversaires et ses amis le vouvoyaient peut-être c'est une marque d'amitié que d'avoir ce rapport de respect
est-ce qu'il est vrai que vous vous êtes imposé vous avez dit un certain nombre de choses vous avez dit je l'ai convaincu ça veut bien dire que vous avez d'une certaine manière plaidé votre cause est-ce que vous avez dû forcer le destin
il est président de la République sa responsabilité est de nommer le chef du gouvernement il a le droit d'hésiter entre plusieurs options et peut-être a-t-il hésité et peut-être ai-je saisi l'occasion de partager avec lui l'idée que je me faisais de la responsabilité de Premier ministre et peut-être qu'il n'avait pas exactement la même donc vous l'avez convaincu non je dis pas ça parce que ça c'est votre présentation des choses je dis que j'ai défendu une certaine vision du gouvernement vous savez Nicolas Sarkozy et d'autres présidents de la République c'est son anniversaire demain avaient dans l'idée de supprimer le Premier ministre je me suis toujours opposé à cette idée dans les conversations que j'ai eues nombreuses avec le président de la République d'aujourd'hui sur ce sujet je me suis toujours opposé à cette idée j'ai toujours pensé qu'il fallait les deux responsabilités et que l'équilibre entre les deux responsabilités c'était la Ve République
l'article 11 de la Constitution fait que dans la possibilité d'un référendum possibilité ouverte par le président de la République dans sa délocution de début d'année de nouvel an le gouvernement il faut le lire le gouvernement joue le rôle important est-ce que c'est une idée qui vous séduit ?
c'est pas le gouvernement joue un rôle important dans l'article 11 il y a deux possibilités de demander au président de la République un référendum la première possibilité c'est le gouvernement et la deuxième possibilité c'est les deux chambres votant dans les mêmes termes est-ce que vous pourriez saisir la première possibilité ? oui sur quel sujet ? c'est formidable parce que dès que vous avez obtenu une réponse vous voudriez vous savez non je peux pas dire ça je pense que ça ne peut être
il y a quand même des idées sur la table attendez
je pense que ça ne peut être que vous avez le droit d'avoir des idées et j'ai le droit et j'ai le droit d'avoir des réponses comme disait Georges Marchais
vous venez avec vos réponses je viens avec mes questions non c'est le contraire quand même attendez l'immigration il y a quelques sujets qui
dans l'immigration ne peut pas constitutionnellement même pas par préférence ne peut pas être un sujet de référendum de Gaulle avait un peu bousculé vous savez comme moi d'abord vous posez quelle question ? vous êtes pour ou contre l'immigration ? vous soumettez un texte par exemple vous soumettez un texte vous croyez que c'est une question de référendum moi je ne le crois pas donc non à référendum sur l'immigration
c'est clair
pas possible
le champ du référendum
est très clairement défini par les institutions il faut que ce soit l'organisation des pouvoirs publics économiques ou sociales
est-ce que la fin de vie la fin de vie qui serait un sujet et on va parler de vos convictions puisque là-dessus vous avez une conviction qui vous tient extrêmement à cœur serait un sujet de manière de tirer vers le haut le débat public parce que c'est un débat on a la vie qu'on le veut là-dessus noble
franchement je pense qu'il y aurait là un risque je ne dis pas que que ça ne puisse pas être saisi mais je pense qu'il y aurait un risque ce sont des sujets vous parlez de mes de mes positions sur ce sujet j'ai pris une décision en effet qui a provoqué des débats cette décision c'est de dire on a deux sujets qui vont être examinés par le parlement s'il y a deux sujets qui vont être examinés il faut pouvoir voter sur chacun de ces deux textes différemment si on en a envie pas pour retarder je ne retarderai pas je suis absolument décidé à ce que les deux questions puissent être examinés par le parlement
donc pour bien clarifier à ceux qui nous écoutent c'est la question des soins palliatifs d'un côté et c'est la question de l'assistance disons du droit à mourir dans la dignité telle qu'il est défini oui de l'aide à mourir l'aide à mourir
alors ce que je dis c'est que ça n'est pas la même question les soins palliatifs et Dieu sait que tous nous vivons hélas cette expérience parmi nos nos proches les soins palliatifs pour moi ça n'est pas un droit c'est un devoir c'est à dire que toute notre société tout notre système de santé a le devoir de proposer à tous ceux qui sont malades à ce point l'assistance qui se résume en une phrase que Jean Léonetti l'auteur du premier texte avait prononcé et que je trouve formidable il avait dit les soins palliatifs ça veut dire je ne te laisserai pas tout seul et je ne te laisserai pas souffrir et pour moi ça c'est un devoir imprescriptible on ne peut pas y échapper ça c'est le premier texte il y a un deuxième texte qui suscite des débats de conscience extrêmement forts est-ce qu'il faut l'euthanasie ou le suicide assisté est-ce que notre société doit l'organiser comme il existe en Belgique en Suisse dans des conditions un peu diverses mais enfin comme il existe ailleurs oui est-ce qu'on doit l'organiser sur ce sujet là un très grand nombre de personnes ont des convictions chevillées au corps
expliquez-nous la vôtre pardon François Bayrou sur l'antenne de TF1 document extrêmement fort d'Audrey Crespo-Mara qui interviewait Charles Bietry vous l'avez peut-être vu beaucoup ici sans doute ont vu ce document tout à fait saisissant et poignant où Charles Bietry témoigne dans la situation où il est il lance un appel pour que le droit mourir dans la dignité pour que la loi passe ça n'est pas votre avis pourquoi ? expliquez pourquoi d'où vient mais vraiment excusez-moi d'où vient la conviction vous prévestissez ma pensée non non je vous la pose je vous demande quel est votre avis
vous savez ce document là est un document bouleversant et il va y avoir un débat sur ce sujet mais je connais d'autres personnes atteintes de la même maladie exactement et qui sont d'un avis différent et même une des membres du gouvernement a son mari qui a eu la même maladie hélas et qui n'est pas du tout de ce sentiment là je dis que c'est un débat de conscience il y a des gens qui considèrent que ce droit doit être favorisé et d'autres qui considèrent que la vie est imprescriptible et d'autres qui considèrent qu'ils ne savent pas exactement où ils en sont si vous saviez le nombre de personnes depuis que j'ai annoncé cette décision le nombre de personnes qui m'ont dit je suis d'accord avec vous d'un bout à l'autre de l'échiquier politique du parti communiste jusqu'au rassemblement national en passant par toutes les nuances et d'autres qui m'ont dit tu sais je suis content que tu aies dit ça parce que j'étais persuadé d'un côté et aujourd'hui je doute et je vais aller de l'autre que le débat
ait lieu est-ce que c'est le chrétien en vous qui est influencé aussi par est-ce que c'est la conviction chrétienne qui compte
c'est comme si on pouvait déraciner ce qu'on croit de ce qu'on est c'est impossible mais je crois que je vais vous dire le plus profond de ce que j'ai qu'est-ce qui influence le citoyen en moi c'est le père de famille que je suis et peut-être aussi le fils que j'ai été on touche là à quelque chose qui tient au sens de la vie à la vie et au sens de la vie et il y a des gens j'ai reçu des lettres bouleversantes une femme une dame m'a écrit en disant voilà j'ai une fille trisomique elle est tellement gentille que le jour où je vais partir je suis sûr que pour faire plaisir elle est capable de dire moi aussi je veux partir comme ma maman et vous parliez de la Belgique on a apporté cette aide à mourir à des adolescents simplement parce qu'ils étaient mal dans leur peau et bien tout ceci ceux qui disent c'est mon droit de choisir de mourir ils ont le droit de le dire et ceux qui disent attention je vois là des ris ils ont le droit
de le penser on sent François Bayrou que c'est vraiment une conviction très forte en vous votre père est mort dans un accident alors que vous étiez extrêmement jeune ça a été un événement fondateur pour vous est-ce que ça compte dans cette réflexion philosophique
tout compte vous avez une vie dans cette vie il se produit beaucoup d'événements beaucoup des êtres que vous aimez vous sont arrachés et et ces êtres là ils vous façonnent j'ai souvent dit que pour moi la mort n'existait pas que je pardon de cette confidence elle est trop intime moi je ne crois pas que les morts soient morts croyez à la présence des morts je crois à la vie je crois que pardon parce que là je livre des convictions trop trop franches je crois que la vie ne s'interrompt pas tout au long de son cours et je crois que ceux qui sont de l'autre côté continuent à avoir avec nous quelque chose comme une relation je peux même vous dire je crois qu'ils influencent autant qu'ils peuvent notre vie alors peut-être vous me prendrez pour un fou nombreux me prendront pour un fou mais enfin en tout cas il y a des siècles et des siècles de spiritualité qui pensent ça puis il y a des gens qui ne croient pas du tout c'est vieux comme au maire
on fait l'appel des morts qu'est-ce qu'il vous dit ce père qui est mort alors que vous étiez si jeune
il me dit fais ce que tu peux ton boulot d'homme c'est de faire ce que tu peux comme dit-il j'ai fait ce que j'ai pu et je pense que la chaîne de la transmission c'est ceux qui font ce qu'ils peuvent qui passent le témoin à ceux qui feront ce qu'ils pourront je pense que notre devoir d'homme c'est ça notre devoir d'homme au sens féminin masculin c'est d'être humain François Bayrou
puisque vous nous parlons de choses personnelles j'aimerais quelques mots encore là-dessus c'est ce que vous êtes d'où vous venez c'est pas indifférent vous avez été bègue mais bègue absolument et il y a beaucoup de témoignages de vos anciens condiscipes qui disent voilà je me rappelle certains disaient vous ne pouviez pas prononcer Shakespeare
pas seulement
s'il n'y avait eu
que Shakespeare je ne pouvais pas prononcer c'était une souffrance c'était une souffrance c'est dégueulasse oui vous êtes vous êtes un jeune garçon c'est plus souvent des garçons que des filles c'est presque toujours des garçons que des filles les filles c'est plus souvent anorexie c'est bizarre les êtres humains il y a des il y a des deux cas mais oui c'est dégueulasse parce que vous portez en vous en tout cas moi je portais en moi des torrents de mots des espèces de geysers de choses que j'avais bêtement à dire et puis vous avez ce truc qui intervient et qui vous bloque la bouche ça vous rattrape parfois oui bien sûr mais on n'arrête jamais là pendant la déclaration de politique générale on ne cesse jamais non c'est pas ça mais on ne cesse jamais vous savez quelque chose pour vous même aussi Darius l'enfant qu'on a été il ne disparaît jamais
même vous c'est sûr tout le monde ici quel chemin parcouru le Béga Naï et Matignon
oui alors c'est le métier d'homme c'est votre qu'est-ce que c'est faire de la politique c'est accepter d'être citoyen c'est-à-dire accepter qu'on est en partie responsable aussi faible qu'on soit on est en partie responsable de ce qui se passe on n'est pas des spectateurs assis sur le bord de la route qui regardent les coureurs passer en disant pédale feignant François Bayrou moi j'ai vu ça assez souvent dans l'école des Pyrénées le mec il est sur un transat il a le Ricard à côté de lui et les coureurs cyclistes passent et il dit pédale feignant être citoyen c'est le contraire de ça
François Bayrou vous avez été je crois candidat à la présidence de la République depuis toujours 2002 je crois vous êtes depuis 2002 toujours je ne vais pas vous forcer à mentir ma charité fait que je ne vais même pas vous demander si vous êtes candidat en 2027 parce que vous allez devoir mentir je vous évite un péché François Bayrou
si si je vous l'évite absolument pas vous voulez que je vous la pose je pense que ça serait la question la plus stupide je m'évite d'empêcher moi aussi et la réponse la plus stupide qu'on pourrait faire
cela étant cette perspective là François Bayrou on ne va pas épiloguer là dessus vous n'allez pas me dire maintenant que vous êtes candidat à la présidence vous l'avez toujours été ces derniers temps vous êtes évidemment quand on a été premier ministre qu'on a l'âge que vous avez vous allez rendre très bonne forme voilà et qu'est-ce qui peut qu'est-ce qui peut se passer en 2027 selon vous on voit bien que tout se recompose sous nos yeux du camp présidentiel il ne reste pas grand chose franchement pour il a été réélu très bien Emmanuel Macron restera comme une étape très importante de la 5ème République mais est-ce qu'il peut y avoir un macronisme après Macron
j'ai souvent dit au président de la République que macronisme n'était pas le bon mot je pense qu'il appartient à ce courant central qui est pour moi le courant clé et je pense qu'il en est authentiquement et je pense que ce courant clé il a une responsabilité que les autres ne peuvent pas est-ce qu'il peut gagner en 2027 est-ce qu'il peut
gagner en 2027 réunir est-ce que ce courant réorganisé peut gagner en 2027
oui si nous ne manquons pas l'étape que nous avons là c'est pourquoi je ne vous aurais pas répondu sur 2027 parce que la question c'est 2025 le désespoir du pays vous voyez bien qu'il y a un désespoir dans le pays une espèce de découragement de haussement d'épaule en disant bon de toute façon encore un il n'obtiendra rien
regardez la vacherie du jour elle vous est destinée Edouard Philippe Edouard Philippe il commence par dire il vous soutient mais si j'ose dire il vous soutient comme la corde soutient le pendu parce qu'il ajoute sans illusion malheureusement sur le fait que nous ne ferons rien de décisif dans les deux ans qui viennent deux ans c'est long deux ans il vous dit réponse à Edouard Philippe il vous dit vous ne ferez rien
vous voyez c'est très intéressant je ne connaissais pas cette déclaration mais c'est très intéressant c'est exactement ça que je combats tous les jours le tous ceux qui croient qu'il n'y a rien à faire qu'on ne pourra rien faire c'est pas tout à fait ce qu'il dit il dit que vous ne ferez rien
c'est pas ça
non non non c'est pas non non non que dans ces conditions là vous ne pourrez rien faire non non ne déformez pas la citation on lui demandera on va l'inviter la citation est on ne peut rien faire dans ces conditions dans les deux ans
dans ces deux ans là
est-ce qu'on peut quand même faire quelque chose non seulement on peut mais on doit vous comprenez bien ce que je décris un pays désespéré qui a le devoir de retrouver de l'espoir de l'optimisme de la volonté du savoir-faire et de et de l'inventivité en théorie oui
François Bayrou mais regardez depuis le début de l'émission on vous dit couper les fonctionnaires compliqués on verra les agences quelles agences on va réduire vous dites je ne peux pas vraiment en citer mais enfin c'est très compliqué excusez-moi je n'annule pas tout ce que vous avez dit je dis que c'est très difficile vous êtes devant un château de cartes vous enlevez une carte vous risquez de perdre votre droite une autre autre gauche
un agent de désespérance vous êtes là derrière votre micro derrière votre écran vous prenez le public qui est parti à Théron c'est pas bien François Bayrou excusez-moi ça fait une heure et demie je ne sais pas combien de temps qu'on est ensemble que j'essaie de vous montrer avec précision que précisément il y a un chemin et vous en revenez au début de l'émission comme si on n'avait rien dit en disant non mais après tout il n'y a rien à faire excusez-moi je ne partage aucun de ces jugements François Bayrou je pense qu'il y a que c'est très difficile que honnêtement si on était raisonnable on n'aurait pas relevé ce pari je n'aurais pas relevé ce pari je pense que mais je pense qu'il y a un chemin
Aristide Briand Aristide Briand disait cette chose terrible il disait la politique c'est dire des choses aux gens et vous êtes un je dis ça sans méchanceté vous êtes une conversation extrêmement agréable on a entendu et vous êtes un personnage politique extraordinairement cultivé etc. mais votre marge est si étroite on sent bien que pour éviter de tomber par la droite ou par la gauche voilà le chemin de crête est étroit
excusez-moi et en 40 la marge de De Gaulle elle était quoi ? quelle était sa marge ? et en 54 la marge de Mendès elle était quoi ?
il n'avait ni l'un ni l'autre aucune chance De Gaulle il était tout seul excusé du peu face à la l'envahissement de l'armée allemande qui venait d'écraser notre armée et il était un pauvre colonel qui a été promu général à titre temporaire et il a dit on ne laissera pas tomber tout ça et Mendès il a dit écoutez on n'a peut-être aucune chance mais je vais le faire et j'ai excusez-moi c'est c'est dans ce camp là que je me range c'est à dire ceux qui pensent que c'est pas parce qu'il n'y a aucune chance qu'il ne faut rien faire votre voix politique parce que je pense je pense au contraire de vous je pense que je pose des questions François Béroux je ne pense pas tout petit journaliste ne le prenez pas mal ne le prenez pas mal vous me cherchez vous me trouvez et donc le le le le je pense au contraire de vous que précisément on se taille un chemin à la serpe à la machette au sabre d'abordage à je ne sais quoi mais il faut le faire avec un minimum de compréhension de la situation Monsieur le Premier ministre
votre chemin politique vous n'avez il y a un article il faut lire je crois que c'est dans l'éclair des Pyrénées votre premier article ça s'appelle un jour viendra c'est ça ? J'ai 22 ans ou 23 ans donc ça fait 51 ans vous n'avez pas changé de position à l'époque vous n'avez jamais été communiste jamais gaulliste non plus pourquoi jamais gaulliste ?
parce que j'ai 17 ans en 68
le bac en 68 le bac en 68
oui mais j'ai 17 ans je vais avoir 17 ans quand les événements de mai 68 arrivent et à l'époque ça paraissait le conservatisme ça paraissait vu alors que cet homme était un génie un révolutionnaire capable de faire la révolution sans mettre le pays à feu et à sang et que si j'avais été mieux formé j'aurais compris que le chemin qu'il donnait était précieux Serait-il désespéré
aujourd'hui les partis reviennent il disait un jour le diable reviendra dans le confessionnal on y est c'est à dire que au lieu d'avoir une cinquième république classique c'est vous qui l'avez décrite très bien tout à l'heure les partis s'imposent de tous côtés le petit réchaud est rallumé chacun bidouille un peu
les partis ont le droit et le devoir d'exister je crois même qu'ils sont d'utilité publique mais le devoir du gouvernement est de ne pas être prisonnier des partis
est-ce que ça veut dire que vous espérez qu'on en sorte vraiment en 2027 j'ai compris d'abord en 2025 mais est-ce que l'urgence à terme c'est qu'on sorte de ça c'est à dire qu'il y ait un président des républiques élu avec une majorité claire est-ce que ça reste le but ou est-ce qu'on a changé demandé il y aura des coalitions etc comme ça se fait ailleurs au fond est-ce que la 5ème république est finie ?
non la 5ème république elle est vitale parce que la 5ème république elle apporte une réponse à ce que vous décrivez de si inquiétant c'est à dire le fait que les uns empêchent les autres d'avancer la 5ème république comme elle a élu un président au suffrage universel ce président il organise les choses pour que le pluralisme ne soit pas paralysant et c'est ce qu'on essaie de faire un pluralisme qui ne soit pas paralysant est-ce que le pluralisme peut un jour prochain être démenti je ne le crois pas
monsieur le premier ministre merci beaucoup d'avoir été notre invité vous allez nous quitter merci beaucoup l'émission n'est pas finie le public est très attentif vous n'endormez pas les gens en tout cas je ne sais pas si vous réussirez mais au moins là vous mettez de l'animation
intellectuelle vous avez dit un jour viendra n'en doutons pas c'était le titre de cet article un jour viendra le jour viendra quand on y est on est au pied du mur et comme disait un de mes amis c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur
dans quelques instants les éditorialistes vont nous rejoindre Émilie Broussoulou qui est là va lancer la suite de la soirée puisque les annonces que vous avez faites concernant l'enseignement les positions que vous avez prises concernant l'immigration concernant Marine Le Pen etc. vont évidemment alimenter les discussions que nous avons ce soir merci beaucoup monsieur le Premier ministre bonne chance pour la part qui est collective puisque il y a la part de partisanes et puis à la part collective que nous devons tous partager merci beaucoup François Bayrou d'avoir été notre invité je vous en prie et je vous passe la parole Émilie
bonsoir Darius bonsoir à tous cette grande soirée se poursuit sur LCI avec le débrief de cette interview événement de François Bayrou il le confirme sur LCI oui il y aura des taxes pour les grandes entreprises non il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur les ménages même les plus riches mais attention le Premier ministre prévient il faudra complètement rebattre les cartes pour le budget 2026 et puis quand on parle de la question des retraites il n'est pas tendre avec nous François Bayrou dit qu'on s'est déshabitué au travail a-t-il raison de dire ça ?
on en débat dans un instant sur ce plateau avec des invités politiques des chefs d'entreprise vous allez les voir s'afficher avec notamment Laurent Jacobelli le porte-parole du Rassemblement National on sera aussi notamment avec Dominique Schellcher le PDG de Coopérative U Agnès Évren une voix LR et puis bien sûr des voix de gauche comme Patrick Caner mais aussi Manuel Bompard tous seront sur ce plateau écoutons d'abord le Premier ministre sur notre politique d'immigration François Bayrou le dit en sans détour oui il y a un sentiment de submersion
je ne crois pas que ce soit mieux d'être métissé que de ne pas l'être je pense que les apports étrangers sont positifs pour un peuple à condition qu'il ne dépasse pas une proportion je pense que la rencontre des cultures est positive mais dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion de ne plus reconnaître votre pays de ne plus reconnaître les modes de vie ou la culture dès cet instant là vous avez rejet
et nous rejoignent sur ce plateau Isabelle Saporta merci beaucoup Isabelle Saporta on varie les points de vue politique vous êtes notre éditorialiste de gauche Isabelle Saporta mais aussi Elisabeth Martichoux qui nous a rejointe à nouveau merci à vous Elisabeth
Guillaume Roquette
bonsoir plus à droite Isabelle Saporta
légèrement
de moins en moins voilà et puis Patrice Duhamel mémoire de la 5ème république dont on vient de parler vous avez sans doute été frappé comme moi comme tout le monde des propos du premier ministre sur l'immigration en particulier quand il parle de submersion en disant on n'en est pas là mais on s'en approche quel est le message que passe selon vous c'est jamais un hasard quand un personnage de cette importance dit cela à ce moment là Isabelle Saporta
vous lui avez demandé finalement de trancher entre le ministre de l'intérieur que vous avez reçu sur ce plateau monsieur Retailleau et le ministre de l'économie monsieur Lombard au fond l'un était pour cette vague submersive enfin parler déjà de cette vague submersive et de cette angoisse identitaire Retailleau et de l'autre côté on avait le ministre de l'économie qui lui était pour une immigration choisie il a fait mine de ne pas choisir entre les deux mais sauf qu'il a choisi il a dit au fond et il a très fortement soutenu très fortement soutenu Retailleau tout en ne fait mise en part mais on y reviendra sans doute plus tard la question démographique qui l'inquiète notamment pour pour les on a le sentiment qu'il vous a convaincu écoutez en tout cas j'ai vu un homme sincère c'est évident qui prenait à bras le corps les questions qui semblait au fond quand même être très inquiet de la façon dont les français allaient percevoir ses ministres et qui a au fond un petit peu devant vous ce soir Darius puni quelques-uns de ses ministres c'est à dire qu'il les a remis en place notamment pour les questions des sept heures de travail du travail supplémentaire gratuit il a dit on ne travaille pas gratuitement la question de la fiscalisation potentielle des retraites il a dit écoutez non on n'est pas riche à 2000 euros et je ne veux pas qu'on mette les retraités dans une situation d'anxiété non je trouve qu'au fond il a été lui plus clair que ses ministres nous l'ont été ces derniers jours
les invités politiques vont se succéder sur ce plateau comment ont-ils reçu ces messages à commencer par le RN puisqu'on l'a entendu sur l'immigration mais aussi sur la personne de Marine Le Pen François Bayrou a dit des choses extrêmement intéressantes qui feront réagir dans les jours prochains vous allez nous rejoindre s'il vous plaît Laurent Jacobelli vous êtes le représentant député RN de Moselle porte-parole du Rassemblement National merci beaucoup bonsoir ce soir le Premier ministre a eu des propos très tranchés sur Marine Le Pen il donne par exemple tort il faut dire les choses à la justice sur la question de l'accusation concernant les assistants parlementaires en substance il dit il prend le parti de la défense est-ce que vous y avez été sensible bonsoir
oui écoutez c'est une preuve d'honnêteté intellectuelle de la part du Premier ministre qui a je crois répondu à vos questions en tout cas en la matière au dehors des clivages habituels sans faire d'attaques à domine et c'est vrai il dit ce que nous disons ces attaques judiciaires contre Marine Le Pen sont injustes et en tout cas personne ne comprendrait vous dites merci merci François Bayrou je ne dis pas merci François Bayrou mais je dis en tout cas que son analyse
ça vous arrache la bouche il a quand même été très loin on peut réécouter peut-être la séquence il va extrêmement loin pardon peut-être parce qu'il a vécu la même chose que nous pardon de vous couper mais effectivement il va extrêmement loin je ne sais pas si vous avez entendu la même chose il prend ouvertement parti de Marine Le Pen contre le parti de la justice en étant Premier ministre c'est quand même quelque chose
il a assumé ce soir et c'est une des caractéristiques de cette émission des principes et ce principe là qui consiste en effet à trouver jugé injuste si je puis dire les accusations
le réquisitoire contre le réquisitoire
oui le réquisitoire alors que lui-même on le rappelle a été mis en cause dans l'affaire des euros députés européens il l'a assumé totalement comme il a assumé le fait que le rassemblement national ne participerait pas à un gouvernement d'union nationale comme il a affirmé qu'il ne fallait mépriser aucun des électeurs et surtout pas c'est ce qu'on a compris ce justement de Marine Le Pen il a ainsi il y a d'autres principes il a dit sur la fin de vie c'était très frappant aussi il a complètement assumé le choix très contesté par exemple par la présidente de l'Assemblée nationale mais on y reviendra de couper en deux le texte mais sur le rassemblement national et sur ce sujet là c'est vrai que Marine Le Pen ce soir a dû boire du qu'il est non ?
Laurent Jacobili
rien qu'avoir le sourire de Laurent Jacobili
non mais je souris parce que je suis en agréable compagnie non non effectivement je dois dire et nous l'avons toujours dit d'ailleurs de monsieur Beyrou il est un démocrate sincère il reconnaît les oppositions et il n'est pas dans cette forme d'arc républicain qui viserait à exclure les uns parce qu'il ne pense pas comme vous il a toujours été dans le sens de la démocratie par exemple avec les signatures pour les parrainages il a toujours dit qu'il était anormal que des candidats qui représentent des larges mouvements d'opinion puissent être empêchés de participer aux élections à cause des parrainages je crois que là-dessus il n'a jamais changé d'avis je vais vous dire s'il y a bien un point sur lequel le rassemblement national et le modem ont des points communs c'est sur la vision de la représentation démocratique que ce soit par la proportionnelle par la banque de la démocratie ou par le droit qu'a chacun d'être représenté
pour le reste je serai plus critique les mots ont un point quand le premier ministre dit on est proche du sentiment de submersion Guillaume Roquet c'est quelque chose
oui mais tous les mots comptent on se focalise sur le mot submersion pourquoi ? parce qu'il a été utilisé par le rassemblement national le concept de submersion migratoire mais il faut bien écouter François Bayrou il dit il y a un sentiment de submersion migratoire ça veut dire quoi le sous-titre ? ça veut dire ok j'entends ce que pensent les gens du rassemblement national mais sur le fond je ne suis pas d'accord avec eux parce qu'Éric Dupond-Moretti disait exactement la même chose en parlant de l'insécurité il disait quand il était garde des Sceaux il y a un sentiment d'insécurité et
il a parlé de proportion
ce que ne disait pas du tout le garde des Sceaux il parle de proportion objective là vous n'êtes pas tout à fait il dit il suffit de voir les faits divers on a le sentiment qu'il y a une origine il a répété ce mot là et moi je pense que dans l'esprit de François Bayrou le sentiment s'oppose à la réalité c'est pour ça que je ne pense pas qu'il y ait ce soir qu'il y ait ce soir pardon un tournant dans la position de François Bayrou sur l'immigration et je le pense il aurait dû
aller plus loin qu'un broquet
il est assez cohérent parce qu'il dit nous avons besoin d'immigration nous avons besoin de cette immigration de travail et il pense que si les immigrés qui arrivent en France ont un travail ils pourront s'intégrer il dit s'il y a le travail la langue et puis le respect de notre façon de vivre ça veut dire qu'il est dans une logique qui est positive et c'est d'ailleurs son droit le plus strict mais c'est pour ça que je comprends qu'il ait du mal qu'il ne veuille pas plus exactement trancher puisque quand Darius Rochemin lui pose la question est-ce que l'immigration est une chance pour la France oui ou non il dit les deux mais tout est dans tout est dans ces deux mots mais je pense qu'il est sincère je pense que c'est pas forcément ou seulement du calcul il y a aussi cette idée ok je vois bien parce que je ne suis pas sourd ni aveugle qu'il y a un problème au niveau des français mais néanmoins j'ai pas fondamentalement trouvé d'avis
je crois que Guillaume Roquet n'arrive pas à comprendre ce qu'est un centriste et un versement là il y a deux il y a vraiment deux logiques c'est comme ça je ne suis pas assez intelligent ou le contraire je ne sais pas je ne juge pas mais en tout cas ce sont deux mondes effectivement à la droite que vous représentez et les centristes il y a quelque chose qui ne se comprendront jamais
on a eu pendant une heure et demie un pur exercice de centriste comme on a rarement vu sous la 5ème république et ça vous a plu ? ah oui mais moi enfin ça m'a plu oui mais ça m'intéresse beaucoup parce que c'est voilà c'est une sensibilité dont je suis assez proche est-ce que c'est habile cette façon effectivement au moins de durer ?
non mais je pense que cet exercice là d'abord il est très sincère ça a été dit très authentique il est comme ça moi je le connais très bien depuis très longtemps il est comme ça il a toujours été comme ça il ne changera pas et il pense aussi je pense que vous avez dû le voir avant de préparer cette émission ce qui est normal moi je l'ai vu aussi le même jour d'ailleurs pour autre chose et il pense vraiment qu'il est là exactement là où il faut au moment où il faut et que la situation politique est arithmétique que la composition de l'assemblée impose qu'il soit là et impose le compromis et que pour faire des compromis c'est lui qui est le mieux placé voilà ce qu'il pense d'où l'exercice d'équilibriste alors je dis exercice de pur centrisme exercice d'équilibriste parce que on pourrait ajouter que sur l'immigration vous avez posé à juste titre la question sur le référendum il aurait pu dire oui il faut d'abord passer par un référendum pour adapter la constitution et pourquoi pas il a clairement dit non est-ce qu'il y a une jubilation il a l'air heureux ça on peut pas lui retirer il est très bien dans ses baskets ça c'est sûr
il a l'air effectivement très heureux il nous a beaucoup parlé de lui de sa philosophie parfois de manière très éthérée moi j'ai pensé aux téléspectateurs qui vous regardaient et qui attendent des réponses concrètes qui veulent qu'on leur parle de leur vie de leur sécurité de leur pouvoir d'achat de leurs impôts de comment ils vont prendre soin de leurs aînés de leur sécurité ils vont se coucher ce soir en n'étant pas plus intelligents pas plus informés c'est pas si clair que quand ils sont arrivés on a eu comme ça l'impression d'avoir un premier ministre dans les nains comme ça qui survolait les choses qui faisait parfois de la philosophie assez intéressante d'ailleurs au moment où on attend quand même un homme d'action d'action concrète dans un moment où notre pays va mal mais ce soir on ne sait pas comment il va relancer l'économie mais il peut pas trancher avant la commission mixte paritaire il peut bien avoir une idée quand même
il peut pas dire je fais confiance à l'Assemblée nationale et dire voilà mon avis c'est pas possible
vous avez beaucoup plus d'expérience d'analyse de la 5ème république que moi et vous savez très bien qu'un premier ministre parle à des députés des députés de son camp pour influer sur les choses mais dans une situation
c'est la première fois sous la 5ème république la majorité n'existe pas donc c'est vrai que les comparaisons ne sont pas si nombreuses il a fermé des portes la question de Darius c'était précise les profs il y aura bien 4000 profs en plus 7 heures d'endomadaire gratuite il n'y en aura pas il y a eu plusieurs précisions quand même pas d'impôt supplémentaire sur les ménages vous dites c'est pas clair
alors moi je trouve que c'est pas clair effectivement pour 25 oui pas pour 26 pas d'impôt en 25 pour les classes moyennes mais est-ce qu'on considère que la hausse des droits lorsque l'on achète un bien immobilier par exemple n'est pas un impôt déguisé est-ce qu'une taxe sur les sodas n'est pas un impôt déguisé il y a 12 milliards et demi d'impôts supplémentaires qui vont s'abattre sur les entreprises ça veut dire moins d'emplois quand on attaque le coût de l'immobilier etc. ça veut dire moins de pouvoir d'achat donc il y a un impact sur la vie des français
est-ce qu'il vous inquiète est-ce que François Bayrou peut manger un peu la laine sur le dos du RN avec Retailleau avec des déclarations comme celle-là qui c'est une façon aussi d'entendre une partie d'un sentiment d'une partie de l'opinion est-ce qu'il peut manger un peu du territoire du RN
moi je trouve très intéressante la réaction de Guillaume Roquette comme celle de M. Giacobéli sans vouloir du tout vous mettre dans le même sac pardonnez-moi Guillaume et pardonnez-moi M.
Giacobéli mais si vous voulez c'est qu'au fond et c'est un peu le problème du centrisme vous avez dit j'adore les centristes j'ai pas dit ça c'est une sensibilité qui est proche de la mienne qui est proche de la mienne oui mais je trouvais l'exercice très intéressant ce soir je suis entièrement d'accord avec vous si ce n'est que ce qu'on peut voir c'est que quand les positions sont tranchées personne n'est au fond satisfait et c'est à dire que ça va être ça et quelque part tout à l'heure Darius vous lui avez dit finalement vous avez en quelque sorte choisi le parti socialiste vous avez dit non non moi je ne choisis personne et effectivement à force de vouloir faire des signaux à tout le monde sans qu'on sache vraiment la droite elle entend sentiment d'insécurité elle entend sentiment de submersion elle n'entend pas la question aussi tranchée que vous le dites et au fond elle ne retrouve pas Retailleau moi je l'ai retrouvé vous voyez mais pas Guillaume Roquet vous vous trouvez qu'il manque de précision mais maintenant mettons-nous un tout petit peu à sa place dès qu'il précisera quoi que ce soit vous allez lui tirer dessus comme le PS va lui tirer dessus et il sera attendu à chaque fois qu'il va se dévoiler à chaque fois qu'ils ont dit par exemple la fiscalisation des retraites ça n'est pas possible levé de bouclier il a renoncé non mais je suis d'accord il a renoncé les heures en plus renoncement donc si vous voulez bien sûr qu'il n'annonce rien puisqu'à chaque fois qu'ils annoncent quelque chose et il envoie ses ministres d'ailleurs de façon très habile c'est pas lui qui fait les annonces lui il les retire quand elles vous déplaisent à vous les politiques la question c'est que maintenant vous lui dites vous n'êtes pas précis mais au moment où il le sera tous les fusils seront armés contre lui
mais vous savez l'échéance est la même après la fameuse commission mixte paritaire on aura un budget qui nous sera donné d'accepter ou de ne pas accepter et il y aura qui dit un 49.3 toujours la même menace de censure donc ce moment de vérité il existera et puisque monsieur Bérou se dit un homme de dialogue il est important qu'on sache avant où il veut aller pour justement lui dire attention monsieur le premier ministre là c'est une ligne rouge où bon d'accord on peut aller dans cette voie là monsieur le premier ministre mais si on n'a pas cette phase là on va se retrouver après la commission mixte paritaire et il ne va pas comprendre ce qui lui arrive soit parce qu'il passe à travers les gouttes et ce sera j'imagine une bonne surprise pour lui parce qu'on a compris ce soir qu'il voulait durer à peu près aussi longtemps probablement que l'interview mais je pense que j'en aurais dit plus en 10 minutes comme si un jour vous êtes premier ministre mais en tout cas soit il aura la censure donc c'est important de le savoir avant moi je ne sais pas ce qu'il veut faire sur l'immigration j'ai rien compris ah si par exemple le droit du sol le droit du sol
il a précisément répondu Mayotte sauf à Mayotte et pas à Métropole vous n'êtes pas d'accord
mais il a pris le parti de monsieur Lombard et pas le parti de monsieur Retailleau
c'est pas un très bon sens quel est votre souhait il y a au RN semble-t-il plusieurs lignes j'ai entendu monsieur Bardella dire dites-moi si je me trompe qu'il considérerait que dès que possible une dissolution sera d'actualité sera souhaitable inévitable est-ce que c'est l'avis du parti en général ça veut dire que dès que possible vous espérez que ce gouvernement tombe par une dissolution nous espérons qu'il y aura une dissolution pour que nous ayons une majorité pour éviter justement d'avoir un premier ministre dès la rentrée septembre prochain
dès que c'est possible je crois que c'est possible en juillet ce qui veut dire que ça ne peut pas avoir lieu avant août ou septembre et effectivement il faut le faire il faut le faire pour éviter d'avoir un premier ministre qui dit le contraire de tout et à nouveau le contraire de ce qu'il a dit avant
décision de justice du 31 mars
mais bien sûr quelle que soit la décision de justice il faut une majorité à ce pays il faut un objectif clair il faut des mesures claires on va ouvrir
les chapitres économiques merci beaucoup et bien que ce n'est pas le cas merci beaucoup Laurent Jacobelli avec Dominique Schellcher qui va nous rejoindre dans un instant Émilie
oui il va nous rejoindre il a évidemment été question des impôts François Bayrou a été on ne peut plus clair qui va devoir passer à la caisse et bien d'abord les grandes entreprises écoutez-le
je pense que les grandes entreprises c'est très souvent les entreprises qui réussissent qui exportent et donc qui sont à la pointe de ce que nous savons faire de mieux les français et dire c'est c'est un scandale et elles doivent payer je trouve que c'est très mal pensé et donc je n'ai pas envie d'en faire la règle
Dominique Schellcher comment est-ce que vous avez entendu ces déclarations du Premier ministre ce soir ?
c'est positif et constructif pour les entreprises il a bien dit que l'impôt exceptionnel serait provisoire alors on comprend bien qu'il faut contribuer à la situation actuelle de la France mais le fait que ce soit provisoire c'est plutôt une bonne chose pour le monde des entreprises
il a même dit un an au lieu de deux ans c'était ce qui était dans les tuyaux tout à fait
vous êtes d'accord que c'est quand même un peu bizarre d'avoir un Premier ministre qui dit à juste titre les grandes entreprises c'est formidable elles exportent elles réussissent pendant sa déclaration de politique générale il avait parlé de la poule aux oeufs d'or qu'il ne fallait pas tuer donc il dit elles sont formidables on a vraiment besoin d'elles et donc je leur mets un impôt supplémentaire l'année prochaine
oui mais pour une année ponctuelle comme ça a été parfaitement dit non moi ce qui m'a frappé ce soir et si vous permettez j'ai pris plusieurs notes pendant cette intervention je pense qu'il y a beaucoup d'éléments il n'y a pas beaucoup de propositions concrètes mais il y a beaucoup d'éléments de constats sur lesquels beaucoup de chefs d'entreprise à mon avis vont être d'accord la première chose quand il dit ce qui a fait notre fierté est en crise dans tous les domaines c'est quand même fort la santé l'éducation l'agriculture l'agriculture on la touche de près en ce moment elle est en crise notre organisation qui n'a pas été revue depuis 4 ou 5 décennies doit être revue en profondeur et je propose de faire un budget base zéro un budget base zéro c'est ce qu'on fait tout le temps dans les entreprises
qu'est-ce que c'est budget base zéro on reprend tout sans prendre en compte on fait table rase du passé
on ne tient pas compte des historiques et on recommence à zéro ça c'est pour 2026 il se projette en plus tout à fait pour le monde de l'entreprise
mais en quoi est-ce que ça amène des mesures immédiates vous qui avez écouté avec attention Guillaume Roquet le constat dont parle à l'instant monsieur Schollcher est-ce que ça amène des actions selon vous
j'aimerais le croire j'en suis pas complètement convaincu cette idée de budget base zéro elle est très satisfaisante en gros c'est une entreprise qui dit allez on fait comme si on avait été créé ce matin mais vous ne pouvez pas faire ça en France où il y a je crois 5 600 000 fonctionnaires qui ont d'ailleurs François Bayrou l'a rappelé la sécurité de l'emploi et donc qui sont là jusqu'à la fin de leur vie active vous ne pouvez pas à mon avis faire un budget base zéro avec des administrations qui chaque année et c'est nécessaire pour un certain nombre d'entre elles touchent des budgets qui sont considérables vous ne pouvez pas dire tiens après tout je vais remettre à plat le budget d'éducation nationale imaginez que vous vous disiez ça vous disiez bon on touche pas au statut des profs mais on va donner un chèque à tous les parents ça s'appellerait le chèque scolaire et ils seraient libres d'aller mettre leurs enfants là où ils veulent est-ce que vous pensez que c'est réaliste je crains que non et c'est pour ça que je trouve François Bayrou est à la fois extrêmement ambitieux et il n'est jamais médiocre dans sa volonté dans son objectif mais je me demande si parfois cette volonté de voir les choses en grand n'est pas un moyen de ne rien annoncer de concret
le retour des impôts on vit quand même un moment où je rappelle pendant 7 ans Emmanuel Macron a tenu sur la ligne pas d'impôts et la France a gagné en attractivité dans le monde etc il faut absolument reconnaître ça est-ce qu'on est en train là de rechuter vous qui représentez les entreprises est-ce que vous craignez ça que la France rechute dans cette vieille addiction nationale
on ne peut pas rechuter on a les prélèvements obligatoires les plus hauts d'Europe c'est pas possible donc il faut être extrêmement vigilant je rejoins ce qui vient d'être dit c'est un exercice extrêmement difficile de faire un budget basse zéro et dans l'entreprise quand on le fait c'est extrêmement difficile mais il faut se faire mal on est à l'heure où on n'a plus le choix et où on doit se faire mal et il a esquissé quand même une piste que le maquis des agences soit réinterrogé alors ça c'est un sujet qui revient régulièrement avec je crois un chiffre 1244 agences de cité ben voilà que ce maquis soit réinterrogé ce serait positif pardonnez-moi mais vous n'avez pas l'air très affecté par cette annonce de François Bayrou qui dit quand même que les grandes entreprises vont être taxées pour vous ça ne va rien changer pour la grande distribution qu'est-ce que ça change par exemple ?
alors en l'occurrence moi je représente une confédération de PME donc nous globalement on va être peu touchés par cette mesure là mais j'entends dans le monde de l'entreprise que si c'est transitoire si c'est un moment si ça concerne les grandes entreprises si ça n'est pas amené à durer dans le temps il y a de l'ouverture et de l'écoute dans cet esprit de dire si ça ne dure pas beaucoup dans le temps voilà il a dit un an oui mais ça change quelque chose est-ce que c'est si important que ça finalement ce qui va être dégagé comme argent est-ce que c'est suffisant de faire ça pendant un an ça va contribuer les chiffres qui sont sortis quand la mesure était quasiment acquise l'année dernière c'était des chiffres relativement importants donc oui ça va contribuer au budget et il y avait cette idée des entreprises de dire la situation est exceptionnelle on est d'accord pour un geste exceptionnel donc il ne faut pas l'écarter il est là et c'était acquis
mais à vous entendre François Bayrou a formulé des propositions qui sont assez nouvelles on a l'impression que bon la fusion des agences ça fait longtemps qu'on en parle alors le budget effectivement bas zéro c'est une ambition un peu folle en 6 mois parce qu'il faut aussi évaluer l'action publique quand on reprend tout à zéro pour savoir ce qu'on garde ce qu'on a fait mais ça vous intéresse cette façon de parler de l'état
mais tout à fait ce que je voulais vous dire par ailleurs il y a le constat sur le fond qui est de dire on a beaucoup le constat on ne peut que être d'accord et après ce qui est intéressant c'est quand même la forme moi je trouve qu'il y a un certain parler vrai dont on n'avait plus forcément toujours l'habitude un parler vrai où on comprend les choses il a dit des choses toutes simples on a besoin de stabilité de quoi ont besoin les français et les entreprises de confiance et donc ça veut dire de la stabilité il a parlé il faut sortir de l'abattement par un optimisme gaulois c'est des choses simples mais la confiance elle va aussi se reconstruire par des petites choses comme ça je suis étonné que vous ne citiez pas une phrase vous avez relevé à juste titre un certain nombre de phrases moi celle qui m'a le plus frappé c'est le pacte social n'est pas tenable je l'avais noté ah oui je l'avais noté je ne dis pas que c'est nouveau parce qu'il y en a d'autres qui ont dit ça avant lui mais je crois que d'ailleurs lui c'est la première fois qu'il l'exprime dans ces termes là et si c'est pour avoir une traduction comme il l'a laissé entendre pour le budget 2026 là on rentre dans quelque chose alors Guillaume dira il aura raison que ce n'est pas précis mais c'est une idée générale qui veut dire quelque chose quand même
c'est à dire qu'est-ce que ça peut vouloir dire effectivement quand le premier ministre dit l'édifice social français on le rappelle la France et le pays les chiffres le disent alors il y a beaucoup de paupérisation etc mais au total le plus social d'Europe et même
trop généreux c'est ce qu'il a dit
voilà ça ne marche plus
on arrive à une limite c'est à dire que nous sommes l'état le plus social d'Europe parce que nous sommes l'état où les charges sur ceux qui travaillent sont les plus élevées c'est à dire pour faire court en moyenne quand vous touchez 100 euros de salaire à la fin du mois votre patron a payé 200 euros le reste il ne s'est pas mis dans la poche il a payé en charge sociale donc si on dit que ce pacte social n'est plus tenable qu'est-ce que ça veut dire ou bien ça veut dire qu'il faut qu'il y ait d'autres personnes que les actifs qui supportent une partie du poids donc ça veut dire par exemple augmenter les prélèvements obligatoires sur les retraités et le Premier ministre a dit non et je ne vois pas quelle est la solution ou alors ça veut dire baisser les prestations mais là on n'a rien entendu non plus de précis et je vous
François Bayrou